Hermès

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Hermès Ingenui, copie romaine d'un original grec du , musée Pio-Clementino, Vatican Dans la mythologie grecque, Hermès ( / Hermễs, nom grec, / Hermãs en dorien) est une des divinités de l'Olympe. Il est le dieu du commerce, le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, des voleurs, le conducteur des âmes aux Enfers et le messager des dieux. Il correspond au Mercure des Romains
Hermès

Hermès Ingenui, copie romaine d'un original grec du , musée Pio-Clementino, Vatican Dans la mythologie grecque, Hermès ( / Hermễs, nom grec, / Hermãs en dorien) est une des divinités de l'Olympe. Il est le dieu du commerce, le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, des voleurs, le conducteur des âmes aux Enfers et le messager des dieux. Il correspond au Mercure des Romains

Mythe

Jeunesse

Fils de Zeus et de Maïa, et donc petit-fils d'Atlas, il naît un matin dans une caverne du mont Cyllène en Arcadie. Selon l’Hymne homérique qui lui est consacré, à midi il a déjà inventé :
- l'art de faire le feu au moyen des / pureĩa (morceaux de bois frottés l'un contre l'autre) ;
- les raquettes, pour effacer ses traces ;
- la lyre, fabriquée à partir d'une carapace de tortue ;
- la syrinx. Le soir, en Piérie, il vole les troupeaux de son demi-frère Apollon. Quand Apollon découvre son voleur, Hermès le charme en jouant de la lyre ; Apollon lui donne en échange de l'instrument son troupeau, une baguette d'or (la / rhábdos, futur caducée) et le don de prophétie mineure grâce aux / psễphoi (cailloux utilisés pour la divination) ; il le fait également maître de l'oracle des Thries (femmes-abeilles). Selon Pausanias, il est élevé par Acacos, fils de Lycaon, par ailleurs fondateur d'Acacésion en Arcadie, d'où son épiclèse d'« Acacésien ».

Amours et descendance

Vénus, Mercure et Amour, par le Corrège (v. 1525) Il apparaît souvent sous les traits d'un jeune homme « à sa première barbe, dans le charme de cet âge » (l'Odyssée, X, 278, trad. Jaccottet). Il se plaît en la compagnie des Charites et des Heures. Devant le spectacle d'Arès et d'Aphrodite faits prisonniers par Héphaïstos, il s'exclame que lui aussi aimerait dormir dans les bras de la déesse, fût-ce au prix de trois fois plus de chaînes. Avec Aphrodite justement, Hermès engendre Hermaphrodite, divinité bisexuée, mais aussi Éros dans les traditions plus tardives. Il est, selon les auteurs, le père de dieux rustiques à la sexualité débridée tels Pan, son fils par « la fille de Dryops » (Hymne homérique à Pan) ou par la nymphe Thymbris ou Hybris (pseudo-Apollodore), ou par la nymphe Pénélope (les Dionysiaques), voire par Pénélope, femme d'Ulysse (divers récits post-homériques) ; comme Pan ou comme le dieu phallique Priape, parfois également donné pour son fils (Hygin, Fables), il est d'ailleurs souvent représenté sexe dressé (il aime la beauté humaine), et ses amours sont aussi bien féminines (nymphes) que masculines (Pollux, frère jumeau de Castor et archétype du guerrier valeureux, ou le bel Anthéos d'Assessos par exemple). On le range également volontiers parmi les prétendants de Perséphone et divers chants des Dionysiaques (notamment VI) lui reconnaissent pour épouse Peithô, la déesse de la Persuasion. Hermès est également le père d'amants mythologiques célèbres, comme Abdère (amant d'Héraclès) ou Daphnis (de Pan ou Apollon). Parmi ses autres enfants, on compte notamment :
- Autolycos avec Chioné
- Céryx
- Échion et Éthalidès, deux argonautes
- Les satyres, avec la nymphe Arémosyne

Fonctions

Peinture du plafond des grands appartements, château de Versailles Lors de la guerre de Troie, il prend parti pour les Achéens mais ne participe guère à la bataille. Cependant il se retrouve face à Léto mère d'Apollon et d'Artémis mais refuse de la combattre. Il se contente d'être le messager et l'interprète (on rapproche son nom du mot / hermêneús, « interprète ») de Zeus. Ainsi, il guide au mont Ida Aphrodite, Athéna et Héra qui concourent pour la pomme d'or, afin de les soumettre au jugement de Pâris. Il escorte Priam, venu chercher le corps d'Hector, dans le camp grec ; il avertit (sans succès) Égisthe de ne pas tuer Agamemnon ; il transmet à Calypso l'ordre de libérer Ulysse. Après la guerre, c'est lui qui amène Hélène en Égypte. De même, c'est lui qui, d'après le pseudo-Apollodore, devant enlever Io sur demande de Zeus, tue Argos aux cent yeux, placé en surveillance par Héra, d'où son épiclèse d'« Argiphonte » ( / Argeiphóntês, « tueur d'Argos ») — l'interprétation de cette épithète est pourtant sujette à caution : la légende d'Argos est probablement postérieure à Homère, qui emploie déjà cette épiclèse ; une autre interprétation traduit par « à la lumière blanche, éblouissant ». Guide des héros tout comme Athéna, il conduit Persée dans sa quête de Méduse et guide Héraclès dans les Enfers. C'est le conducteur des âmes vers Hadès, d'où son épithète de / Pompaĩos, puis plus tard « Psychopompe » (en grec / Psukhopompós). À la fin de l'Odyssée, on le voit ainsi conduisant les âmes des prétendants dans le pré de l'Asphodèle.

Culte

Hermès agoraios et les Charites, relief de l'agora de Thasos, v. 480 av. J.-C. C'est avant tout la personnification de l'ingéniosité, de la métis, ou intelligence rusée et de la chance. C'est donc le dieu du commerce, des voyageurs et des voleurs, des pasteurs et de leurs troupeaux, ainsi que des orateurs ou des prostituées. Il est, parmi les dieux grecs, le plus proche des hommes et le plus bienveillant à leur égard : il leur donne l'écriture, la danse, les poids et mesures, la flûte et la lyre, le moyen de produire une étincelle lorsque le feu s'est éteint. Il était de coutume de placer des empilements de pierres en son honneur aux carrefours : chaque voyageur ajoutait une pierre à l'édifice. On appelait également Hermai des bornes en pierre, placées le long des routes, qui étaient surmontées de la tête du dieu et portaient, en leur centre et en relief, ses attributs virils (voir le scandale de la mutilation des Hermès, Hermocopides, où fut mêlé Alcibiade). Toute rencontre ou accident imprévu sur une route est appelé « don d'Hermès » (en grec / hermaion qui désigne aussi de notre coup de chance. Il donne la parole à Pandore la première femme et l'emmenera aux hommes. Il est en outre, avec Héraclès, le patron des gymnases et palestres où son buste est toujours présent. Il protège donc les sportifs et est le fondateur des concours de lutte. Hermès conduisant une chèvre au sacrifice, cratère à figures rouges, v. 360-350 av. J.-C., musée du Louvre Les offrandes préférées d'Hermès, comme dieu des orateurs, sont le lait mêlé de miel et les langues d'animaux. Bien qu'il soit un dieu très populaire, son culte public est peu développé. Plusieurs régions de la Grèce, au premier chef l'Argolide, intègrent dans leur calendrier un mois qui lui est dédié, / Hermaios (mi-octobre à mi-novembre). Il semble avoir été associé à une fête des morts. Dans une symbolique similaire, un sacrifice lui est offert, toujours à Argos, le trentième jour suivant des funérailles. À Athènes, au troisième jour des Anthestéries, une offrande de gruau de graines est consacrée à Hermès Chtonien. Il est célébré sous le nom de Kadmilos au sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace comme le compagnon d'Axieros-Déméter, la Grande Mère. Aux époques tardives et dans l'Égypte hellénisée, il se confondra avec Thot (nom grec — le nom égyptien était Djehuty), le dieu des savoirs cachés, et deviendra ainsi l'auteur mythique, sous le nom d'Hermès trois fois le plus grand, ou trismégistos, ou Hermès Trismégiste, d'une véritable bibliothèque ésotérique qui nourrira notamment les études des alchimistes du Moyen Âge.

Épithètes, attributs et sanctuaires

Versailles
- Ses attributs : le pétase (chapeau rond), le caducée, les sandales ailées ( / pedila), le strigile (instrument utilisé par les gymnastes pour se racler le corps), la bourse d'argent ;
- Ses animaux favoris : le bélier ;
- Épiclèses :
- Acacésien ( / Akakếsios),
- Argiphonte ( / Argeiphóntês),
- Chtonien ( / Chthónios),
- Psychopompe ( / Psukhopompós) ;
- Épithètes :
- « à la houlette d'or » ( /
Khrusórrapis
) ;
- Sanctuaires : spécialement en Crète et au mont Cyllène ; en Arcadie et à Pharai.

Sources

- (XIV, 435).
- (Hermès, passim).

Voir aussi

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Sujets connexes
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