Satellites naturels de Jupiter

Infos
La planète Jupiter possède 63 satellites naturels connus. La plus grande planète du système solaire s'entoure ainsi du plus grand nombre de satellites par comparaison avec les autres planètes.
Satellites naturels de Jupiter

La planète Jupiter possède 63 satellites naturels connus. La plus grande planète du système solaire s'entoure ainsi du plus grand nombre de satellites par comparaison avec les autres planètes.

Découverte des satellites

Premières découvertes

Les premières lunes de Jupiter furent découvertes en 1610, lorsque Galileo Galilei observa les lunes galiléennes (Io, Europe, Ganymède et Callisto), les quatre grands satellites du système jovien. Il s'agissait de la première observation de lunes autre que celle de la Terre. Il est possible cependant qu'une observation antérieure ait été réalisée en 362 av. J.-C. par l'astronome chinois Gan De X. Zezong, The Discovery of Jupiter's Satellite Made by Gan De 2000 years Before Galileo, Chinese Physics 2 (3) (1982), pp. 664-667. Au cours des quatre siècles suivants, avant l'ère spatiale, huit autres satellites furent découverts : Amalthée (1892) E. E. Barnard, Discovery and Observations of a Fifth Satellite to Jupiter, Astronomical Journal, vol. 12, iss. 275, p. 81-85 (1892) , Himalia (1904) C. D. Perrine, Sixth Satellite of Jupiter, Harvard College Observatory Bulletin n° 173, pp.1-1 , Élara (1905) C. D. Perrine, Seventh Satellite of Jupiter, Harvard College Observatory Bulletin n°. 178, pp.1-1 , Pasiphaé (1908) J. Melotte, Recent Observations of the Moving Object Near Jupiter, Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 20, p. 184 , Sinopé (1914) S. B. Nicholson, Discovery of the Ninth Satellite of Jupiter, Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 26, pp. 197-198 , Lysithéa et Carmé (1938) S. B. Nicholson, Two New Satellites of Jupiter, Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 50, n° 297, pp. 292-293 , et Ananké (1951) S. B. Nicholson, An Unidentified Object Near Jupiter, Probably a New Satellite, Publications of the Astronomical Society of the Pacific, vol. 63, pp. 297-299 . Pendant les années 1970, deux autres satellites furent observés à partir de la Terre : Léda (1974) C. T. Kowal, K. Aksnes, B. G. Marsden & E. Roemer, Thirteenth Satellite of Jupiter, Astronomical Journal, vol. 80 (juin 1975), pp. 460-464 et Thémisto (1975) IAUC 2845: Prob. NEW Sat OF JUPITER; 1975g , qui fut ensuite perdu puis retrouvé en 2000 IAUC 7525: S/1975 J 1 = S/2000 J 1 .

Voyager

Avant l'arrivée de sondes spatiales dans l'environnement de Jupiter, 13 satellites étaient donc connus (14 en comptant Thémisto). Les missions Voyager, qui survolèrent le système jovien en 1979, permirent la découverte de trois nouvelles lunes : Métis IAUC 3507: Sats OF JUPITER; SATURN; Notice et Thébé IAUC 3470: Sats OF JUPITER; Sats OF SATURN en mars 1979 sur des photographies de Voyager 1, Adrastée en juillet 1979 par Voyager 2 D. C. Jewitt, G. E. Danielson, S. P. Synnott, Discovery of a new Jupiter satellite, Science, vol. 206 (23 novembre 1979), p. 951 .

Dernières découvertes

Entre 1979 et 1999, aucun nouveau satellite de Jupiter ne fut découvert et il fallut attendre des progrès suffisants dans le domaine des détecteurs pour que les observations reprennent. Le 6 octobre 1999, le programme Spacewatch découvrit ce qui fut initialement considéré comme un nouvel astéroïde, mais qui fut rapidement identifié comme une nouvelle lune de Jupiter, Callirrhoé IAUC 7460: S/1999 J 1, . Un an plus tard, entre le 23 novembre et le 5 décembre 2000, l'équipe de Scott S. Sheppard et David C. Jewitt de l'Université d'Hawaii débuta une campagne systématique de dépistage des petites lunes irrégulières de Jupiter. L'équipe varia au fil du temps, incluant Yanga R. Fernández, Eugene A. Magnier, Scott Dahm, Aaron Evans, Henry H. Hsieh, Karen J. Meech, John L. Tonry, David J. Tholen (tous de l'Université d'Hawaii), Jan Kleyna (Université de Cambridge), Brett James Gladman (Université de Toronto), John J. Kavelaars (Institut Hertzberg d'astrophysique), Jean-Marc Petit (Observatoire de Besançon) et Rhiannon Lynne Allen (Université du Michigan / Université de Colombie Britannique). Elle utilisa des capteurs de photoscope, les plus grands au monde, montés sur deux des treize télescopes situés au sommet de Mauna Kea à Hawaii : le Subaru (8, 3 m de diamètre) et le Canada-France-Hawaii (3, 6 m). Les observations de 2000 révèlèrent dix nouvelles lunes, portant le total de satellites à 28 après la redécouverte de Thémisto au début de l'année 2000 : Calycé, Jocaste, Érinomé, Harpalycé, Isonoé, Praxidiké, Mégaclité, Taygèté, Chaldèné et IAUC 7555: Sats OF JUPITER; 2001B; 2001C . L'année suivante, du 9 au 11 décembre 2001, onze autres lunes furent découvertes, amenant le total à 39 : Hermippé, Eurydomé, Spondé, Calé, Autonoé, Thyoné, Pasithée, Euanthé, Orthosie, Euporie et Aitné IAUC 7900: Sats OF JUPITER; XTE J0929-314; C/2002 C1 . L'année 2002 fut moins fructueuse et une seule lune, Arché, fut découverte MPEC 2002-Y22 : S/2002 J 1 . En revanche, une session d'observation menée du 5 au 9 février 2003 conduira à la découverte de 23 nouveaux satelltes David C. Jewitt, Scott S. Sheppard, An abundant population of small irregular satellites around Jupiter, Nature, Vol 423, p. 261, Mai 2003 : Eukéladé, , , , , Hélicé, Aoédé MPEC 2003-E11 : S/2003 J 1, 2003 J 2, 2003 J 3, 2003 J 4, 2003 J 5, 2003 J 6, 2003 J 7 , Hégémone IAUC 8088: S/2003 J 8; 2003bn; 2003bg; IGR J19140+098 , , , Callichore, IAUC 8089: Sats OF JUPITER; 2003bo, 2003bp, , 2003bq; C/2002 V1 , Cyllèné, Coré, , , , IAUC 8116: Sats OF JUPITER, SATURN; C/2003 G2 , , Carpo IAUC 8125: S/2003 J 19, S/2003 J 20; 2003dx, 2003dy, 2003dz, 2003ea, 2003eb; C/2003 H2 , Mnémé IAUC 8138: C/2003 K2; C/2003 K3; S/2003 J 21 , Telxinoé IAUC 8276: S/2003 J 22; 2004M, 2004N, , 2004O; C/2003 B2, C/2003 C1, , C/2003 D1 et IAUC 8281: S/2003 J 23; 2004Q; 2003lt, 2004R . La plupart des 47 satellites découverts après 2000 possèdent des orbites éloignées, excentriques, inclinées et rétrogrades; ils font en moyenne 3 kilomètres de diamètre, le plus grand atteignant à peine 9 km. On pense que ce sont tous des corps astéroïdaux ou cométaires capturés, possiblement fragmentés en plusieurs morceaux. En 2006, on connaissait 63 lunes à Jupiter, le record du système solaire. Il est possible que d'autres lunes plus petites (moins d'un km de diamètre) restent à découvrir.

Table des satellites

Notez que les satellites extérieurs semblent déroger à la troisième loi de Kepler dans cette liste. Ceci provient de ce que la table est triée par ordre de période moyenne croissante, ce qui est, dans ce cas-ci, différent de l'ordre de distance moyenne croissante : les satellites extérieurs ont des orbites en évolution constante, et les valeurs moyennes ne restent pas en correspondance comme les valeurs instantanées le font. Les paramètres orbitaux des lunes portant une désignation temporaires sont susceptibles d'être corrigés dans un proche avenir.

Groupes

Les satellites de Jupiter peuvent être regroupés en plusieurs groupes. Les regroupements intérieurs sont facilement identifiables :
- Groupe d'Amalthée
- Lunes galiléennes Les satellites irréguliers de Jupiter. Les satellites irréguliers progrades:
- Thémisto, isolé spatialement.
- Groupe d'Himalia, reserré, dont les demi-grands axes sont de l'ordre de 11, 86 ± 0, 695 Gm et les inclinaisons de 27, 5 ± 0, 8°. Les excentricités varient de 0, 11 à 0, 25.
- Carpo et , deux autres satellites isolés Le premier diagramme illustre les orbites des satellites irréguliers de Jupiter. L'excentricité des orbites est représentée par les segments (de périastre à apastre) avec l'inclinaison représentée sur l’axe vertical. Les satellites au dessous de l’axe horizontal sont progrades, ceux au-dessous sont rétrogrades. Le demi-grand axe est exprimé en gigamètres (millions de kilomètres) et la fraction du rayon de la sphère de Hill. Le diagramme suivant montre séparément la distribution de l’inclinaison contre l’excentricité pour les satellites rétrogrades, en facilitant l’identification des groupes. La quasi-totalité des satellites extérieurs rétrogrades irréguliers de Jupiter semblent pouvoir être regroupés en trois grandes familles, partageant des caractéristiques orbitales communes et portant le nom de leur plus gros membre respectif. Ces familles correspondent à des regroupements en demi-grand axe, mais aussi en inclinaison et en excentricité. Inclinaisons des orbites (en °) en fonction de leur excentricité
- Le groupe de Carmé est centré sur un demi-grand axe de 23, 404 Gm, une inclinaison de 165, 2 ± 0, 3° et une excentricité comprise entre 0, 238 et 0, 272. Seul est un peu à part, à cause de sa grande excentricité.
- Le groupe d'Ananké est centré sur un demi-grand axe de 21, 276 Gm, une inclinaison de 149 ± 0, 5° et une excentricité comprise entre 0, 216 et 0, 244. Ses limites sont cependant plus floues. Les huit lunes formant le cœur du groupe (, , Euanthé, Orthosie, Harpalyké, Praxidiké, Thyoné, , Ananké, Jocaste) sont bien groupées, mais l'attribution des huit autres au groupe est plus ou moins discutable.
- Le groupe de Pasiphaé, enfin, comprend toutes les autres lunes externes, à l'exception de , la plus externe ; il est centré sur un demi-grand axe de 23 624 Mm, une inclinaison de 151, 4 ± 6, 9° et une excentricité comprise entre 0, 156 et 0, 432. Si ce groupe correspond à une réalité physique, il doit être ancien pour que ses membres soient aussi dispersés.
- , la lune les plus extérieure de tout le système, est isolée.

Nomenclature

Plusieurs astéroïdes portent les mêmes noms que certaines des lunes de Jupiter : (9) Métis, (38) Léda, (52) Europe, (85) Io, (113) Amalthée, (239) Adrastée et (1036) Ganymède. Les satellites découverts entre 1904 et 1951 (Himalia, Élara, Pasiphaé, Sinopé, Lysithéa, Carmé et Ananké) ne furent officiellement nommés qu'en 1975, bien après le décès de leurs découvreurs. Ils n'étaient connus que par leurs désignations en chiffres romains (Jupiter VI à Jupiter XII). Voir Nomenclature des satellites naturels.

Voir aussi

===
Sujets connexes
Adrastée (lune)   Amalthée (lune)   Ananké (lune)   Aoédé (lune)   Arché (lune)   Astéroïde   Autonoé (lune)   Callichore (lune)   Callirrhoé (lune)   Callisto (lune)   Calycé (lune)   Carmé (lune)   Carpo (lune)   Comète   Coré (lune)   Cyllèné (lune)   Eukéladé (lune)   Europe (lune)   Galileo Galilei   Ganymède (lune)   Groupe d'Ananké   Groupe d'Himalia   Groupe de Carmé   Groupe de Pasiphaé   Hawaii   Himalia (lune)   Hégémone (lune)   Hélicé (lune)   Io (lune)   Jocaste (lune)   Jupiter (planète)   Lois de Kepler   Lune galiléenne   Lysithéa   Lysithéa (lune)   Léda (lune)   Mauna Kea   Mnémé (lune)   Métis (lune)   Observatoire Canada-France-Hawaii   Orthosie (lune)   Pasiphaé (lune)   Pasithée (lune)   Phénomène mutuel   Praxidiké (lune)   Programme Voyager   Rétrograde   Satellite irrégulier   Satellite naturel   Satellites naturels d'Uranus   Satellites naturels de Neptune   Satellites naturels de Saturne   Sinopé (lune)   Spacewatch   Sphère de Hill   Spondé (lune)   Système solaire   Taygèté (lune)   Telxinoé (lune)   Terre   Thyoné (lune)   Thébé (lune)   Thémisto (lune)  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^