Capitalisme

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On appelle « capitalisme » un système économique qui possède une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, protégées par un système de lois et usages :
- liberté d'entreprendre avec les risques associés, éventuellement pondérés par les systèmes assurantiels ;
- appropriation privée possible de services (par exemple : fourniture d'eau) et de ressources naturelles (plus ou moins difficilement, lentement ou couteusement renouvelables, voire non-renouv
Capitalisme

On appelle « capitalisme » un système économique qui possède une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, protégées par un système de lois et usages :
- liberté d'entreprendre avec les risques associés, éventuellement pondérés par les systèmes assurantiels ;
- appropriation privée possible de services (par exemple : fourniture d'eau) et de ressources naturelles (plus ou moins difficilement, lentement ou couteusement renouvelables, voire non-renouvelables (par ex. : cas d'une espèce qui disparaîtrait suite à surexploitation) ou non renouvelable aux échelles humaines de temps ( pétrole ou charbon par exemple) ;
- propriété privée des moyens de production ;
- une certaine liberté des échanges économiques ;
- recherche du profit, pour notamment rémunérer des actionnaires et/ou compenser leurs prises de risque ;
- possibilité d'accumulation de capital et de spéculation ;
- salariat et développement d'un « marché du travail ». Dans les sociétés réelles, ces caractéristiques peuvent exister indépendamment les unes des autres, et chaque trait peut être plus ou moins prononcé. La propriété des ressources et moyens de production y est en fait souvent partagée entre des individus, groupements et des États, donnant naissance à une gamme continue de sociétés d’économie mixte. Par ailleurs, la séparation entre les rôles de détenteur de capitaux (rémunéré par le profit) et de travailleur (rémunéré par un salaire) tend à devenir plus floue, ces derniers pouvant posséder une part plus ou moins grande des moyens de production, dans un contexte de plus en plus mondialisé. De même, la propriété privée des ressources ou moyens de production peut coexister avec un haut degré d’interventionnisme de la part de l'État, par exemple la fixation autoritaire des prix et des conditions d’échange, que condamne théoriquement le libéralisme économique. De telles pratiques dites « non-libérales » peuvent être souhaitées par certains propriétaires privés ou publics de ressources et moyens de production qui y voient un moyen de protéger et augmenter leurs profits en demandant à l’État de les protéger contre la concurrence, éventuellement contre la volonté des consommateurs. Par ailleurs, dans un régime libéral, les propriétaires de moyens de production peuvent arbitrer de diverses façons entre le souci de servir les consommateurs, la recherche du profit et l'accumulation de capital. On considère néanmoins qu'en régime capitaliste, le mobile principal de l'activité économique est la recherche du profit qui trouve sa contrepartie dans le risque (Larousse 2000). On parle parfois de capitalisme d’État pour désigner une situation où toutes les ressources et tous les moyens de production seraient propriété d'un État, ce qui est à l’opposé du capitalisme au sens classique (voir définition). Il peut être le fait d'un groupe au pouvoir qui les utiliseraient dans son propre intérêt, comme le ferait une personne privée, et non dans l’intérêt de la collectivité. Il doit alors s'appuyer sur un système autocratique, autoritaire à totalitaire, militaire ou religieux pour imposer ses points de vue.

Étymologie et définition succincte

Capitalisme et capitaliste, dérivé de capital, a d'abord signifié (1753Dictionnaire historique de la langue française, édité par Alain Rey, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1992.) l'état de la personne qui possède des richesses. Le sens moderne est donné par Richard de Radonvilliers en 1842. Il est repris par Pierre Leroux (1848), William Thackeray (1854, première apparition en anglais), Pierre Joseph Proudhon (1867), Louis Auguste Blanqui (1869), parmi d'autres. Karl Marx et Friedrich Engels parlent de forme capitaliste de production («kapitalistische Produktionsform»), puis dans Le Capital de capitaliste. Au début du , le terme est de plus en plus utilisé, comme avec Max Weber dans L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme en 1904. L'analyse de l'émergence du capitalisme selon Max Weber est maintenant la référence : le capitaliste (pour des raisons que Weber analyse comme religieuses) renonce à consommer ses biens tout en voyant dans leur quantité un indicateur de conduite de sa vie ; il s'organise donc de façon rationnelle et méthodique dans le seul but de produire, et il accumule et investit ses biens pour en produire de plus en plus, non pas dans un but de consommation future ou de sécurité, mais dans une logique de pure croissance. C'est là, et seulement là, qu'il apparait une rupture majeure par rapport aux systèmes antérieurs, qui fonctionnaient (à l'exception des plus primitifs) également au moins en partie sur la recherche de profit et l'accumulation de capital. C'est en 1906 que Werner Sombart parle de capitalisme moderne, celui dont il est question ici. Le capitalisme est à l'origine un concept, sociologique, d'analyse du fonctionnement économique de certaines sociétés. On oppose alors le capitalisme
- à l'économie primitive, où les échanges sont marginaux et chaque groupe exploite la nature pour son propre compte.
- à l'économie de potlatch, où les échanges, même importants, ne visent pas à une accumulation de capital (ni parfois même à la consommation : il arrive que les biens soient détruit purement et simplement à l'issue de l'échange), mais à une démonstration symbolique de puissance statutaire.
- au communisme, qui désigne d'une manière générale une théorie d'organisation politique, sociale et économique sans classe sociale censée bénéficier de la mise en commun des moyens de production et des biens de consommation pour répondre aux besoins de chacun (cependant, peu d'expériences de société communiste ont été réalisées).
- au socialisme d'État, où la propriété privée est réduite au minimum, et où tout le capital productif est géré collectivement ; toutefois, dans ce contexte économique, on trouve aussi le terme de capitalisme d'État, que certains socialistes utilisent pour désigner l'économie où l'État est seul et unique propriétaire de capital, ce qui n'en fait, de leur point de vue, qu'un capitalisme totalitaire (nota: l'expression est née avant la diffusion des idées de Weber, ce qui a un impact direct sur le sens à donner au mot "capitalisme" : il faut entendre le sens de 1750-1850, et non le sens moderne) On notera par ailleurs que les formes politiques sont rarement "pures" en pratique, de sorte que le capitalisme coexiste très largement avec les autres systèmes. De nombreux théoriciens préconisent même explicitement des formes mixtes, avec des dosages variés selon le domaine et le but. Le capitalisme est dépendant du système politique et législatif en place : Il nécessite: : - une protection juridique de la propriété privée et des droits de propriété intellectuels (brevetage..) : - des moyens pour faire respecter cette propriété (Justice, Police, Armée). Il est communément admis qu'un État est nécessaire pour remplir ce rôle. Mais dans la réalité, le capitalisme fonctionne très largement (et même essentiellement, pour le grand commerce international) sur la base d'un arbitrage privé, où l'État n'intervient qu'à titre d'acteur potentiel en dernier ressort (sachant qu'il ne faut pas négliger l'effet économique d'une simple possibilité d'intervention). On notera aussi que les anarcho-capitalistes considèrent que l'État est illégitime et dangereux, et qu'on peut parfaitement s'en passer en s'appuyant sur le droit naturel, sa propre capacité de défense, et des organismes privés. Pour eux, le capitalisme apparaît à la fin du , puis est décrit et théorisé par Karl Marx au milieu du . Depuis la fin de la Guerre froide, le capitalisme tend à s'appuyer principalement sur les capitaux financiers, devenus la forme de capital la plus influente du système, dans un contexte d'interdépendance et de mondialisation croissante. Les marchés boursiers et les régulations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) étant les organes de régulation du système.

Historique et formes du capitalisme

Les premières formes de capitalisme au sens moderne sont graduellement apparues en Occident à la suite du Moyen Âge, d'abord dans les cités marchandes d'Italie et d'Europe du Nord (Ligue de la Hanse, Pays-Bas). Le système prend son essor avec la Révolution industrielle. Le capitalisme est le produit d'initiatives et d'adaptations successives au cours du temps. Il a pris diverses formes, qui pour la plupart coexistent encore de nos jours et continuent d'évoluer.

Formes de capitalisme

De nombreux auteurs distinguent plusieurs formes de capitalisme, selon la nature des moyens de production qui prédominent ou qui leur semblent prédominer dans une société. Ils repèrent ainsi, selon les circonstances historiques:
- un capitalisme à base foncière, exploitant les rentes constituées par les différences de rendement agricole ;
- un capitalisme minier, interférant avec la politique internationale quand le contrôle des ressources relève du pouvoir politique ;
- un capitalisme industriel, exploitant un stock de machines onéreuses concentrées dans des manufactures ou usines ; la place accordée aux travailleurs est alors variable, elle peut se réduire à un rôle d'objet sans plus d'importance qu'un cheval ou qu'un tas de charbon, ou obtenir plus de respect et de considération comme dans le fordisme ;
- un capitalisme financier portant sur des biens abstraits (actifs financiers) non directement liés aux équipements de production. Cette forme de capital, le capital financier, est l'objet d'anathèmes nombreux, y compris de la part de capitalistes. La mutation des conditions de production fait appel de plus en plus au capital-savoir On parle aussi de deux formes archétypiques de capitalisme:
- le "capitalisme rhénan", caractérisé par un poids majeur des banques (détentrices de près de la moitié des actions des sociétés cotées, et très influentes sur les autres entreprises), et une influence importante de syndicats puissants ;
- le "capitalisme anglo-saxon", désignant une forme où ce sont les actionnaires individuels, souvent regroupés dans des fonds d'investissement, dont les fonds de pension pour les futurs retraités, qui ont l'influence déterminante.

Mécanismes

Dans un régime capitaliste, les biens qui forment le capital, comme tous les facteurs de production, appartiennent à des personnes ou des entreprises privées. Les rôles de détenteur de capitaux, d’apporteur de travail et d’entrepreneur y sont dissociés et peuvent être joués par des individus différents, chacun cherchant à satisfaire ses propres objectifs. Si pour l'analyse théorique il est commode d'insister sur cette séparation, en pratique un même individu peut jouer simultanément ou successivement plusieurs de ces rôles, en plus de son rôle de consommateur. Une des caractéristiques essentielles du capitalisme est de fonctionner sur la base de la recherche du profit par le capitaliste. Le profit effectivement réalisé dépend, lui, de la réaction du marché aux offres des entrepreneurs qui mettent en œuvre ce capital. Dans le régime capitaliste, l’existence de l’entreprise est soumise au jugement des détenteurs de capitaux, sous la contrainte de satisfaire les actionnaires, qui tiennent le destin de l'entreprise entre leurs mains. Les intérêts des hommes en tant qu'entrepreneurs sont donc subordonnés à leurs intérêts en tant que consommateurs ou détenteurs de capitaux. Cette pression subie par les producteurs tend à mettre les facteurs de production entre les mains de ceux qui savent le mieux les utiliser pour la satisfaction des actionnaires.

Cas particulier de certaines entreprises

Si, en général, le profit s'entend comme une maximisation financière pour le capitaliste en tant qu'investisseur, il existe des cas particuliers où le capitaliste recherche une maximisation à un autre titre que celui d'investisseur (d'une certaine façon, il réclame un profit en nature et non en argent). C'est notamment le cas pour les sociétés où l'investissement dans l'entreprise est subsidiaire parce que l'investisseur assume d'autres rôles, et que le capital n'est pas complètement séparé des autres éléments de l'entreprise.

Travailleurs indépendants

Un secteur très important dans les pays d'économie de marché, sont les travailleurs indépendants. Le détenteur du capital a la particularité d'être à la fois le travailleur unique et le chef d'entreprise. Une variante de cette modalité est la société familiale, dont le capital est entièrement détenu par un groupe d'individus proches, qui tient également les commandes de l'entreprise. Il n'a de compte à rendre à personne en-dehors du groupe. Des entreprises importantes, parfois de taille mondiale, sont ainsi en dehors de la Bourse.

Coopératives, mutuelles, associations, GIE, et l'économie sociale

Très généralement, les entreprises de l'économie sociale, qui regroupent les coopératives, les associations et les mutuelles :
- lient l'obtention du service à une adhésion (historiquement souvent soumise à une condition de statut de la personne, mais de plus en plus libre) ; de ce fait,
- elles ont un capital détenu par les usagers (mutuelles, associations, coopératives de crédit et de consommation) ou par leurs salariés (coopératives de production et SCIC), et
- elles ont un capital variable, au gré des entrées et sorties de membres.
- appliquent le principe démocratique « une personne, une voix » pour les prises de décision, mais
- préfèrent traduire le profit en service « en nature », au profit de leurs adhérents (dans le cas où les bénéficiaires du service ne sont pas les adhérents, mais une population qu'il s'agit d' "aider", on peut discuter de savoir s'il s'agit encore d'une forme capitaliste car pour prendre l'exemple des assurances ou des mutuelles payantes, le profit engrangé est supérieur à l'aide fournie - car les versements se poursuivent que l'on rencontre ou non l'accident- ) ; Ces entreprises peuvent tenir une place importante dans certains secteurs économiques (par exemple en France : la banque, l'assurance, la santé ; les coopératives agricoles ont même une place dominante dans le négoce et la transformation agricole). Rien n'oblige les adhérents à être des personnes physiques : ainsi, des personnes morales et notamment des entreprises peuvent également s'associer sous cette forme. Un Groupement d'intérêt économique leur permet de coopérer sur certains points non stratégiques ou pour lesquels la concurrence à moins d'avantage que la coopération. Cela leur permet de mettre en place des services communs (carte bancaire, approvisionnement de magasin, marketing, exportation, recherche, etc.). Deux des trois plus grands systèmes français de grande distribution sont construits autour d'un GIE, dont les adhérents sont les magasins distributeurs, propriétés de capitalistes locaux. Le terme d'économie sociale recouvre des sociétés et groupes très divers. Ce secteur représente environ 10% des emplois en France .

Institutions

Pour des raisons historiques, il existe des groupes particuliers dont les autorités politiques reconnaissent un rôle spécifique. Les chambres de commerce, par exemple.

Cas particulier de l'État

L'État dans les pays "capitalistes"

L'État dispose d'un "domaine privé", correspondant aux propriétés privées d'un individu ordinaire ou d'un groupe privé. Très souvent, la distinction n'est pas bien faite entre ce domaine privé et le domaine public (la partie dont l'État est gestionnaire pour le compte de la collectivité). D'autant que dans certains cas un même bien peut appartenir, en fonction des circonstances, au domaine privé de l'État ou au domaine public, et que la gestion des possessions de l'État (publiques ou privées) est l'occasion de débats aussi bien théoriques que pratiques.
-Par rapport à son domaine privé, l'État se trouve en théorie dans la même situation qu'un capitaliste ordinaire. Mais c'est en fait rarement le cas : les impératifs et les méthode de gestion politiques l'emportent très généralement sur les exigences économiques.
-Par ailleurs, il arrive, dans le cadre d'une économie de marché, que l'État agisse avec une participation capitalistique, mais en recherchant une optimisation politique et non une optimisation économique de sa participation : voir économie mixte et société d'économie mixte.

L'État dans les pays "communistes"

Les communistes qui n'ont pas adhéré aux conceptions et aux pratiques qui ont instauré les régimes du "bloc communiste", ont dès la fin du désigné par capitalisme d'État le cas où l'État est propriétaire de tout le capital (ou presque). Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, les états soviétiques ayant pratiqué cette économie, fonctionnent sous un régime de libéralisme économique avec une privatisation pratiquement totale, en général avec une appropriation par les anciennes élites.

L'impérialisme et le colonialisme

L´impérialisme et le colonialisme ont parfois été présentés comme des formes extrêmes du capitalisme, notamment par Rudolf Hilferding (Le Capital financier, 1910), Rosa Luxemburg (L'Accumulation du capital, contribution à l'explication économique de l'impérialisme, 1913), ou Lénine (L´Impérialisme stade suprême du capitalisme, 1916). L'existence de pays capitalistes qui ne sont ni impérialistes ni colonialistes, par exemple la Suisse et les pays scandinaves, peut être présentée comme une réfutation de cette thèse. À cela, les auteurs marxistes répondent que ces pays sont de fait intégrés à un ensemble économique plus grand, dans lequel il y a une certaine division du travail entre les États. A l'argument inverse qu'il existe des pays impérialistes qui ne sont pas capitalistes, par exemple la Rome antique ou l’Union soviétique, les auteurs marxistes répondent qu'ils ne prétendent pas que l'impérialisme est exclusivement capitaliste, mais que à un certain stade de développement, le capitalisme est forcément impérialiste, ce qui est fort différent. Une puissance économique et technique (notamment en matière d'armement et de logistique) supérieure est un facteur nécessaire à l'expansion impérialiste et coloniale d'un État, et de ce point de vue, du fait du capitalisme, les États européens ont été les premiers et les mieux dotés en canons, navires et chemin de fer, conserves et moyens médicaux. Dans l'autre sens, une telle puissance économique peut rechercher des ressources qu'elle ne trouve pas ou plus sur son territoire, et le commerce pacifique n'est pas le seul moyen d'y parvenir. On peut remarquer aussi que, dans le cas de l'Angleterre victorienne, les échanges avec les colonies (importation des colonies vers la métropole de matières premières, de biens agricoles et textiles, poussant la production en métropole vers des biens plus élaborés) ont été un facteur favorable au développement du capitalisme. En revanche, à l'inverse, pour l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles, les richesses tirées d'Amérique du Sud ont plutôt constitué un frein qu'un moteur de développement économique. Enfin, l'habitude prise par des gouvernements de déporter (ou de forcer à fuir) vers les colonies les criminels (ce qui incluait à leurs yeux des opposants politiques) peut également être mentionnée comme facteur politique favorable au capitalisme, bien que d'autre formes de répression sans lien avec les colonies ont pu avoir le même effet.

Critiques du capitalisme

classe du capitalisme, incluant l'importance du soutien de l'armée ou de l'industrie de l'armement et du clergé. Le capitalisme est l'objet de nombreuses controverses. Ces controverses peuvent porter:
-sur l’accumulation du capital en elle-même,
-sur la propriété du capital,
-sur le comportement des propriétaires du capital,
-sur les conséquences humaines, sociales, écologiques et économiques d'un système dont la logique de fonctionnement est la croissance du capital. On trouve sous un régime capitaliste de nombreuses inégalités de revenu, de patrimoine, des déséquilibres d'imposition favorisant le capital au détriment du travail, etc. Beaucoup y voient un scandale spécifique au capitalisme, et préconisent d'autres systèmes. Une autre caractéristique avancée pour le capitalisme est une forme de schizophrénie : à cause de la séparation des rôles, le même individu s'inflige à lui-même, via la machine sociale et économique, une bonne partie des tourments dont il se plaint (l'exemple archétypique étant qu'on ne peut à la fois réclamer des prix bas et des services à tout moment du jour et de la semaine, et se plaindre des « délocalisations » ou des conséquences négatives pour les travailleurs). Voir à ce sujet Devereux pour qui la schizophrénie est une psychose ethnique, nourrie et entretenue par la civilisation. Récemment, des critiques ont vu jour devant une forme exacerbée du capitalisme, comme celle de Jean Peyrelevade qui parle de "capitalisme total"Jean Peyrelevade, Le capitalisme total, Seuil, 2005.. Cet auteur propose notamment d'interdire les stocks-options comme part de la rémunération des dirigeants pour éviter les conflits d'intérêts et d'offrir des dividendes plus avantageux aux actionnaires anciens afin de limiter les allers retours spéculatifs.

Le jugement des courants de pensée économiques

Marxisme

L'analyse marxiste, inspirée par Karl Marx à travers plusieurs ouvrages, dont le plus connu est Le Capital, est que dans une société capitaliste, le prolétariat est obligé de vendre sa force de travail pour subvenir à ses besoins. Ils sont contraints de travailler pour vivre. Cette dépendance les place dans une situation d'exploitation (domination) par les capitalistes, propriétaires du capital. La force de travail seule ne produit que de la valeur d'usage, pas de valeur d'échange, elle nécessite des matières premières et des moyens de production, donc l'usage de capital, détenu par les capitalistes. Le travail vivant (l'usage de la force de travail) est transformé en travail mort (le capital)Karl Marx, Le Capital, chapitre 10.. Dans les entreprises qui survivent à la compétition, le salaire est moindre que ce que le travail effectué a créé comme valeur d'échange, une part étant prélevée par le capitaliste (propriétaire individuel, ou actionnaires) au titre de la « rémunération du capital » (le bénéfice de l'entreprise). En plus de ce bénéfice, le capitaliste regagne le capital investi, qui retourne alors à l'accumulation du capital (développement de l'entreprise qui lui permettra à son tour d'acheter d'autres groupes, qui lui profiteront à leur tour, outils de marketing, publicités...). Le capitalisme implique aussi des crises de surproduction, car le but de l'économie capitaliste n'est pas de répondre à une demande, mais d'accroître les profits du capital. À cela, les marxistes opposent la socialisation des moyens de production, qui devraient être contrôlés par la collectivité dans l'intérêt de la collectivité entière et non plus d'une classe possédante. Cette transformation des rapports de production doit entraîner dans la perspective marxiste la disparition des classes sociales. Selon les marxistes le capitalisme oppose les êtres humains entre eux (notamment par la lutte des classes), ils souhaitent donc l'abolition du capitalisme, afin de remplacer la compétition par la solidarité (ce serait alors le passage d'un capitalisme largement développé vers le socialisme - ou communisme).

Libéralisme classique

Pour les libéraux classiques, le système ne doit pas être jugé (seulement) en terme d'utilitarisme, mais (surtout) d'un point de vue moral : il appartient aux entreprises et aux actionnaires de déterminer ce qu'elles font de leur capital de départ. Les libéraux ne nient pas les rapports de forces économiques, mais ils nient que l'on puisse les équilibrer ou les résoudre : on peut selon eux seulement les déplacer avec une perte due à la prise en compte de critères moins pertinents du point de vue de l'allocation optimum des ressources, et sans garantir de « justice sociale ». Toute notion d'arbitrage est alors considérée comme un leurre.

Libéralisme néoclassique

L'école néoclassique d'économie voit dans le capitalisme une coopération générale (la concurrence poussant les acteurs à se positionner au mieux compte tenu des positions des autres) qui inclut les générations passées et futures, et un accroissement de production général qui bénéficierait à tous. Une interférence du pouvoir politique ne peut que perturber le système économique et provoquer des pertes et bloquer la société

Interventionnisme

Les interventionnistes de gauche et de droite jugent le système à ses résultats sociaux. Selon eux, le capitalisme produit des rapports entre riches et pauvres toujours plus déséquilibrés en terme de pouvoir et d'inégalités économiques, et une sclérose sociale qui nuit à l'économie générale. Il appartient alors au pouvoir politique de rétablir à la fois l'équilibre et les conditions de la prospérité générale et de développement. Selon leur sensibilité à l'un ou l'autre aspect et leur appréciation globale de la situation, les utilitaristes préconiseront un arbitrage politique variable adapté.

Citations

- « Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme ; et le marxisme, c'est le contraire. » (attribuée à Henri Jeanson).

Voir aussi


- Capital
- Histoire du capitalisme
- Émergence du capitalisme selon Max Weber
- Karl Marx, Le Capital, Marxisme économique
- Mouvement des enclosures
- Mutualité, association, économie sociale
- Libéralisme économique, Libéralisme
- Fordisme
- Nationalisation
- Anti-capitalisme, Socialisme
- Capitalisme d'État, Capitalisme monopoliste d'État
- Mercantilisme
- Objectivisme (Ayn Rand)
- Capitalisme cognitif, Infocapitalisme, pronétariat
- Bourse, Krach boursier, Finance comportementale

Bibliographie

-Capitalisme, Socialisme, et Démocratie, Joseph Schumpeter
-le Capitalisme, Alain Cotta, collection que sais-je ?
-L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, Max Weber
-La Dynamique du capitalisme, Fernand Braudel,
-Œuvres économiques, Frédéric Bastiat,
-Le Capital, Karl Marx
-Dix-huit leçons sur la société industrielle, Raymond Aron
-Le Nouvel esprit du capitalisme, Luc Boltanski

Notes et références


- Catégorie:Concept et outil théorique marxiste an:Capitalismo ar:رأسمالية ast:Capitalismu az:Kapitalizm bg:Капитализъм bs:Kapitalizam ca:Capitalisme cs:Kapitalismus da:Kapitalisme de:Kapitalismus el:Καπιταλισμός en:Capitalism eo:Kapitalismo es:Capitalismo et:Kapitalism eu:Kapitalismo fa:سرمایه‌داری fi:Kapitalismi fo:Kapitalisma gl:Capitalismo gu:મૂડીવાદ hak:Chṳ̂-pún chú-ngi he:קפיטליזם hi:पूंजीवाद hr:Kapitalizam hu:Kapitalizmus id:Kapitalisme is:Kapítalismi it:Capitalismo ja:資本主義 ka:კაპიტალიზმი ko:자본주의 la:Capitalismus ln:Kapitalismɛ lt:Kapitalizmas mk:Капитализам mr:भांडवलशाही ms:Kapitalisme nl:Kapitalisme nn:Kapitalisme no:Kapitalisme pl:Kapitalizm pt:Capitalismo qu:Kapitalismu ro:Capitalism ru:Капитализм scn:Capitalismu simple:Capitalism sk:Kapitalizmus sl:Kapitalizem sr:Капитализам sv:Kapitalism th:ทุนนิยม tr:Kapitalizm uk:Капіталізм uz:Kapitalizm vi:Chủ nghĩa tư bản yi:קאפיטאליזם zh:资本主义 zh-min-nan:Chu-pún-chú-gī
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