Conciergerie

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---- La Conciergerie. De gauche à droite : la tour de l'Horloge, la tour de César, la tour d'Argent et la tour Bonbec. La Conciergerie et les bouquinistes. La Conciergerie en gros plan. La Conciergerie est l'ancien Palais de la Cité qui fut la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du . De nos jours, l'édifice longe le quai de l'Horloge, sur l'Île de la Cité, dans le I arrondissement de Paris. Il fut converti en prison d'État en 1392, apr
Conciergerie

---- La Conciergerie. De gauche à droite : la tour de l'Horloge, la tour de César, la tour d'Argent et la tour Bonbec. La Conciergerie et les bouquinistes. La Conciergerie en gros plan. La Conciergerie est l'ancien Palais de la Cité qui fut la résidence et le siège du pouvoir des rois de France, du . De nos jours, l'édifice longe le quai de l'Horloge, sur l'Île de la Cité, dans le I arrondissement de Paris. Il fut converti en prison d'État en 1392, après l'abandon du palais par Charles V et ses successeurs. La prison occupait le rez-de-chaussée du bâtiment bordant le quai de l'Horloge et les deux tours ; l'étage supérieur était réservé au Parlement. La prison de la Conciergerie était considérée pendant la Terreur comme l'antichambre de la mort. Peu en sortaient libres. La reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée en 1793.

Origine du mot Conciergerie

La Conciergerie désigne d'abord le logement du concierge, puis par extension la prison dans laquelle il maintenait ses prisonniers. Le concierge était chargé des clefs du palais royal et des chandelles (cierges) d'éclairage.

Historique : Du palais de la Cité à la Conciergerie

La Conciergerie Le palais de la Cité fut la demeure des comtes de Paris. Ce palais fut habité par le roi Eudes Ier de France. Hugues Capet établit dans le palais la Curia Régis (le Conseil royal) et divers services de son administration. Robert II de France le fit rebâtir.

Saint-Louis

Saint-Louis fit construire la Sainte-Chapelle entre 1242 et 1248. Au nord le palais de Saint-Louis ne joignait la Seine que par un bâtiment nommé "Salle sur l'eau" et flanqué de la tour Bombec (ou Bon-bec) qui doit son nom au fait que s'y trouvait la salle où était pratiquée la "question" (la torture) qui faisait avouer les suppliciés.

Philippe IV

Philippe IV de France fit reconstruire le palais. Les travaux furent achevés en 1313 sous l'impulsion d' Enguerrand de Marigny. Des enclaves morcelaient alors le terrain royal, et Philippe IV de France expropria les occupants. Il fit bâtir une enceinte (plus décorative qu'utilitaire) qui bordait la Seine et qui renforçait les tours toujours existantes dites "tour d'Argent" (allusion au trésor royal qui y avait été gardé) et la "tour César" (ainsi nommée en souvenir de la présence des romains et dû au fait que la tour est bâtie sur des fondations romaines). De vastes salles furent construites au nord et au sud du palais de la Cité.

La salle des Gardes

La salle des Gardes fut édifiée vers 1310 et servait d'antichambre au rez-de-chaussée de la Grand'Salle.

La Grand'Salle

La Grand-Salle était la pièce où le roi tenait ses "lits de justice" et dans laquelle avaient lieu les réceptions. Les repas étaient servis sur la table de marbre noir (dont il reste un vestige à la Conciergerie). C'était une salle immense supportée par une file de piliers qui la séparait en deux nefs couvertes de berceaux lambrissés. Murs et piliers étaient ornés de statues représentant chacun des rois de France.

La salle des Gens d'armes

right Cette salle est exceptionnelle (le plus grand vestige de salle civile médiévale d'Europe) : longue de 64 mètres, large de 27, 5 mètres et haute de 8, 5 mètres à la clé, elle fut édifiée en 1302 et 1313 par Enguerrand de Marigny. Elle servait de réfectoire aux très nombreux personnels (environ 2 000 personnes) employés au service du roi. La façade Est, donnant sur la rue de la Barillerie (absorbée depuis par le boulevard du Palais) fut également remodelée et complètée. Du côté de l'ouest (en direction de l'actuelle pointe du Vert-Galant), on dessina les jardins. Derrière le verger et le jardin, on réédifia le logement du roi. Philippe IV fit construire le logement du "concierge".

Jean II

Vers 1350, Jean II de France fit construire à l'angle du palais de la Cité le pavillon carré des cuisines qui était destiné au "commun" de l'hôtel du roi. Les quatre travées ouest de la salle des Gens d'armes furent isolées du reste de la salle par des grilles et par un mur.

Tour de l'Horloge

right Jean II fit construire une tour à l'angle nord-est du palais de la Cité. Cette tour de guet rectangulaire fut nommée tour de l'Horloge car la première horloge publique de France y était installée. Cette horloge fut remplacée en 1585 par celle de Germain Pilon, toujours en place. En 1358, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, fit assassiner des conseillers de Jean II, sous les yeux de son fils, le futur Charles V.

Charles V

Charles V de France décida de quitter le Palais de la Cité pour l'hôtel Saint-Pol; il y maintint son administration (Parlement, Chambre des Comptes, Chancellerie) et nomma un concierge. Au Moyen Âge, la Conciergerie constitue alors la prison du palais. C'est alors que débute l'histoire de la prison de la Conciergerie.

Charles VII

Charles VII de France y installa le Parlement de Paris.

Louis XVI

Louis XVI de France y fit construire de nouveaux bâtiments.

La Conciergerie sous la Révolution

Ce fut sous la Révolution que la Conciergerie vécut ses heures les plus tragiques. Depuis cette époque, l'édifice est devenu le véritable symbole de la Terreur. Le 6 avril 1793, le Tribunal révolutionnaire s'était installé au premier étage, dans l'ancienne grand-chambre du parlement de Paris. L'accusateur public, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d'Argent. Dès lors, tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province, et qui devaient comparaître devant le tribunal, furent progressivement transférés à la Conciergerie. Leur nombre ne cessa d'augmenter, surtout après le vote de la loi des suspects du 17 septembre.

"L'antichambre de la mort"

Portrait de Marie-Antoinette réalisé à la Conciergerie quelques jours avant son exécution. Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal révolutionnaire et avaient été condamnés à mort n'étaient pas ramenés dans leur cachot. Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l'arrière-greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central. Dès que l'exécuteur et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé salle de la toilette pour y être dépouillés de leurs effets personnels, tondus et attachés. Encadrés par des gendarmes, les condamnés - parfois plusieurs dizaines - traversaient la salle du guichet et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel boulevard du Palais). C'est là que les attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine. C'est donc à la Conciergerie que des milliers de détenus vécurent leurs derniers instants. Parmi eux, on retiendra Marie-Antoinette d'Autriche, Charlotte Corday, Manon Roland, les Girondins, Philippe d'Orléans, la comtesse du Barry, Georges-Jacques Danton, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Antoine Lavoisier, Élisabeth de France et Maximilien Robespierre.

Les principales pièces de la prison

La salle des Gardes

Anciennement réfectoire du Palais, elle fut réservée à la prison des hommes et sommairement compartimentée en cachots. Devant l'afflux des prisonniers, elle fut divisée par un plancher installé à mi-hauteur, permettant d'aménager ainsi deux salles superposées. C'est au-dessus de la salle des Gardes, au premier étage, dans l'ancienne grand-chambre du parlement de Paris, que siégeait le Tribunal révolutionnaire.

La rue de Paris

Ce que l'on a baptisé la rue de Paris fut, elle aussi, annexée à la prison des hommes et de ce fait compartimentée en minuscule cellules. Celles des "pailleux" étaient réservées aux prisonniers sans ressources ; celles des "pistoles" étaient louées aux prisonniers les plus fortunés.

Le Grand Préau

Il s'agissait de l'ancien jardin du roi, auquel s'était substitué une vaste cour rectangulaire. Celle-ci était entourée d'une galerie compartimentée en cachots pour les hommes.

Le couloir central

Sombre et étroit, il distribuait sur son parcours de nombreuses pièces : la salle du guichet, le bureau du concierge, le greffe, l'arrière-greffe, le parloir, une pièce de repos pour les guichetiers, l'infirmerie, la chapelle, quelques cellules pour femmes...

La cour des Femmes

Ancien jardin bordant le logis du roi, cette cour était le lieu de promenade des femmes. Elle était entourée de cellules dont le confort variait suivant les possibilités pécuniaires des détenues. Dans cette cour, les femmes lavaient leur linge à une fontaine (aujourd'hui encore existante); sur l'une des tables de pierre, elles prenaient leur repas. L'endroit fut, dans la vie cellulaire révolutionnaire, un lieu important pour la vie sociale des prisonniers. Dans un coin subsiste ce qui fut le "côté des Douze" : un enclos triangulaire séparé par une grille de la cour des femmes, et qui dépendait du quartier des hommes. Grille pathétique s'il en est en ces heures de tragédie, séparant des êtres qui se chérissaient, tout en pemettant un relatif rapprochement.

Le bureau du greffier

Il a été reconstitué dans le musée de la Conciergerie. C'était là que l'on inscrivait, dès leur arrivée, les noms des détenus sur les registres. Cette pièce est devenue la buvette du Palais de Justice.

La salle de la toilette

A cet endroit, les condamnés à mort étaient dépouillés de leurs objets personnels au profit de l'État : bijoux, tabatières, lunettes, montres... Chacun d'eux était ensuite assis sur un escabeau, avait les mains liées derrière le dos, puis le col de sa chemise était échancré afin d'avoir les cheveux coupés au ras de la nuque. Les condamnés étaient ensuite escortés jusqu'à la cour du Mai, où attendaient les charrettes qui devaient les conduire sur leur lieu d'exécution.

La petite chapelle royale

Dite "Chapelle des Girondins", existait déjà au Moyen Âge. La tradition y situe le lieu dans lequel les vingt-et-un Girondins attendirent la mort dans la nuit du 29 au 30 octobre 1793.

La première cellule de Marie-Antoinette

La première cellule de Marie-Antoinette d'Autriche fut installée dans l'ancienne chambre de réunion des guichetiers (une cellule humide composée d'un lit de sangle, d'un fauteuil en canne, de deux chaises et d'une table) donnant sur la cour des femmes par une étroite fenêtre. Après une tentative d'évasion (voir Alexandre Gonsse de Rougeville), Marie-Antoinette fut transférée dans la deuxième cellule. (La reconstitution de la cellule de la reine a été faite pour une moitié sur l'authentique cellule et pour l'autre moitié sur la travée contiguë à l'est). Un paravent la séparait des gendarmes, assurant sa surveillance.

La seconde cellule de Marie-Antoinette

Située à côté de la petite chapelle royale. Louis XVIII de France fit ériger à l'endroit même de la cellule de la reine, qui fut coupée par un mur, une chapelle. La moitié ouest fut réunie à la chapelle par un local où la tradition situe les dernières heures de Maximilien de Robespierre.

Après la Révolution

Au , furent détenus à la Conciergerie des prisonniers célèbres tels que : Georges Cadoudal, Michel Ney, le prince Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) et les anarchistes Felice Orsini et Ravachol. La Conciergerie garde cette fonction carcérale tout au long du et son appropriation au régime cellulaire est autorisée par arrêté du 15 mai 1855 lors des travaux de réfection des cellules par Louis-Joseph Duc. Le monument perd son statut de prison en 1914, il est classé monument historique, il est ouvert au public. Le nom de Conciergerie désigne alors à la fois une partie du quartier de détention, c'est-à-dire la prison des femmes, et l’ensemble des salles gothiques, à savoir la salle des gens d’armes, la Rue de Paris, la salle des gardes et les cuisines. Ainsi, le nom de Conciergerie désigne des réalités différentes au cours des siècles mais elle a une origine pénitentiaire pratiquement depuis sa création. Une partie de la Conciergerie nommée Dépôt des étrangers est utilisée à cet effet, au 3, quai de l’Horloge, 75001 Paris. C'est un Centre de rétention administrative. Il était question de fermer ce site, mais au 12 juillet 2007, ce n'est toujours pas le cas.

Le Palais de Justice

Le palais de Justice de Paris et la cour du Mai, dans laquelle stationnaient les charrettes des condamnés à mort sous la Terreur. Le Palais de Justice, situé dans le Ier arrondissement de Paris, fut le siège du Tribunal révolutionnaire du 6 avril 1793 au 31 mai 1795. Certains bâtiments du palais de la Cité se trouvaient en ce lieu. En 1776, un incendie consuma la partie s'étendant entre la Conciergerie et la Sainte Chapelle. La façade qui domine la Cour de Mai, de toute l'entrée principale du Palais, fut reconstruite entre 1783 et 1786. Le Palais de justice prend une nouvelle dimension politique et sociale sous la Restauration. En effet, depuis Louis XVIII et Charles X, le débat judiciaire dispute la préférence au débat parlementaire. De nouveaux postes sont créés mais les locaux ne suffisent plus à accueillir le volume croissant des affaires. C’est à ce moment que les tout premiers travaux de restauration sont entrepris au Palais. Les affaires judiciaires ne cessant d’augmenter, la Monarchie de Juillet lance un vaste programme d’agrandissement du Palais. Jean-Nicolas Huyot est chargé de rédiger un projet d’agrandissement et d’isolement afin d’en faire un édifice majestueux. En 1840, Duc et Dommey, suite au décès de Huyot, sont nommés pour mener à bien ce projet. Louis-Philippe ne verra cependant pas l’achèvement du Palais, à cause de la Révolution de 1848. C’est sous Napoléon III que les travaux vont trouver leur rythme de croisière. Les travaux sont quasiment achevés lorsque éclatent les événements de 1870. Allumé en divers endroits du Palais de justice par la Commune agonisante, le feu du 24 mai 1871 réduit à néant presque un quart de siècle de travaux. Dès lors, tout est à recommencer. Daumet est nommé architecte du Palais après le décès de Duc en 1879. Les plans sont refaits et les travaux recommencent en 1883. La Conciergerie est néanmoins achevée à cette date. Depuis 1914, le Palais n’a pas connu de travaux d’une telle envergure. La conciergerie se visite. Elle abrite ponctuellement des expositions. On y trouve aussi une reconstitution des geôles révolutionnaires des cellules à pailleux, à pistole et celle de Marie-Antoinette, la lame de la guillotine qui servit à l'exécution de Lacenaire. On trouve un témoin de la crue de 1910 à environ 1 mètre de hauteur de la salle donnant accès aux tours d'argent et César. Le monument est géré par le Centre des Monuments nationaux.

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