La Maison dorée de Samarkand

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La Maison dorée de Samarkand (en italien La casa dorata di Samarcanda) est une bande dessinée d'Hugo Pratt, 26 aventure de Corto Maltese. Elle succède à Fable de Venise. Ce récit débute en décembre 1921 à Rhodes et se termine au mois de septembre 1922 à la frontière qui sépare l’Afghanistan des Indes. Corto traverse à travers trois états naissants : la République Turquie, l'Union soviétique et l'Iran de Reza Pahlavi. Il est à la recherche d
La Maison dorée de Samarkand

La Maison dorée de Samarkand (en italien La casa dorata di Samarcanda) est une bande dessinée d'Hugo Pratt, 26 aventure de Corto Maltese. Elle succède à Fable de Venise. Ce récit débute en décembre 1921 à Rhodes et se termine au mois de septembre 1922 à la frontière qui sépare l’Afghanistan des Indes. Corto traverse à travers trois états naissants : la République Turquie, l'Union soviétique et l'Iran de Reza Pahlavi. Il est à la recherche du trésor du roi perse, Cyrus – caché par Alexandre le Grand –, prétexte pour libérer Raspoutine de la « Maison dorée ».

L'histoire

Cerfs gardant l'entrée du port de Rhodes En décembre 1921Les dates sont issues des Mémoires de Corto Maltese, Michel Pierre, Casterman, 1988., Corto Maltese est à Rhodes. Il a découvert dans les notes du baron Corvo que Edward John Trelawnay aurait caché les mémoires de son ami Lord Byron « sous la lune sur la mosquée Kawakly ». Il embarque pour se rendre en Asie Mineure. Après avoir réussi à trouver le manuscrit, il est interpellé par un individu qui le prend pour un certain Timur Chevket. Ses dénégations sont inutiles, car la ressemblance est telle, qu'elle ne résiste à aucun démenti. Il est donc conduit à une réunion d’un mouvement nationaliste où ce Chevket est attendu. Le général Enver Pacha, évincé par Kemal, devenu président de Turquie, il veut prendre sa revanche. Pour conquérir le pouvoir, il a rompu avec les Bolcheviks et rejoint les musulmans anticommunistes. Chevket/Corto doit partir le retrouver au Turkestan. Au sortir de la réunion, Corto ne pense qu’à une chose : disparaître au plus vite. Il retourne chez son hôtesse et amie, Cassandre, lui raconte sa mésaventure. Le soir, il étudie la carte et le manuscrit trouvés. Le lendemain, il traverse la Méditerranée pour se rendre en Asie Mineure. Quand il débarque sur les côtes du golfe d’Adalia, corto est repéré par une patrouille qui reconnaît en lui Chevket. Il est emmené dans un camp de déserteurs turcs où il fait la connaissance d’un de leurs prisonniers : une actrice nommée Marianne. Il arrive à Adana, en Cilicie, en janvier 1922 et s’introduit dans une école derviche où il pense pouvoir être aidé pour libérer son ami Raspoutine de la prison appelée la « Maison dorée de Samarkand »Appelée ainsi car on ne peut s’y évader qu’à travers les rêves dorés provoqués par les volutes de haschisch.. Corto s’apprête à quitter Adana quand il retrouve une Marianne énamourée qui veut partir avec lui. Elle l’entraîne dans un Théâtre d'ombres où se joue une représentation de KaragözKaragöz est le pendant de Guignol. Personnage principal du théâtre de marionnettes turc, c’est l’image de l’homme du peuple bourru et loyal.. Intrigué par une marionnette à l’effigie de Raspoutine, il se retrouve nez à nez avec une vieille connaissance qui recherche aussi le fameux trésor. Assommé, dépouillé, il est jeté dans un camion militaire conduit par des soldats kurdes qui roulent rejoindre le commandant Chevket à Van. Arrivé dans la cité en mars 1922, Corto redoute la rencontre avec son sosie. Il fait la connaissance du vieil iman, Zorah qui intercède en sa faveur auprès des prêtres pour qu’il puisse traverser l’Azerbaïdjan. Avant de franchir la frontière le vieux Zorah veut lui confier une fillette arménienne de 11 ans. Elle est la seule rescapée du massacre de ses parents. Il faudrait qu’il l’aide à rejoindre sa famille en Arménie russe. Une automobileLes voitures sont dessinées par Guido Fuga, ami de Hugo Pratt. attend Corto. A l’intérieur la « vieille connaissance », accompagnée de Marianne, l’invite à monter pour franchir la frontière. Sa véritable identité est maintenant reconnue par les nationalistes turcs, grâce aux papiers trouvés sur lui après son agression. Quant à la petite arménienne, elle est retenue en otage par leur chef, en échange du trésor. Le trio franchi la frontière, entre en Perse et se dirige vers la forteresse d’Alamüth. Joseph Djougachvili à 24 ans Au même moment, dans la « Maison dorée », Raspoutine est traîné devant le général Chevket qu’il prend pour Maltese et s’étonne de le voir en uniforme d’officier turc. Après avoir réussit à le convaincre qu’il n’est pas celui qu’il croit, le général lui propose de le libérer s’il accepte son offre. Au vu de son dossier, il lui a trouvé toutes les « qualités » pour devenir instructeur de l’armée d’Enver Pacha. De leur côté, Corto et ses deux accompagnatrices sont arraisonnés par des soldats de l’armée rouge peu après leur arrivée à la forteresse d’Alamüth. Menacé d’être fusillé, Corto fait intervenir son vieux camarade, Joseph Djougachvili, qu’il n’a pas revu depuis l’année 1907, lorsqu’ils étaient à Ancône. Grâce à cet appui, Corto Maltese obtient sans difficulté les permis pour embarquer avec ses acolytes à Baku et traverser en juin 1922 la mer Caspienne jusqu’à Krasnovodsk. Pendant ce temps, dans la citadelle d’Enver Pacha, près de Baldzhuan, au Turkestan (actuel Tadjikistan), Timur Chevket, présente le nouvel instructeur militaire au général. Entre temps, il a eu connaissance de l’existence de celui que l’on prend pour lui ; qu’il est à la recherche d’un fabuleux trésor dont la gamine arménienne est la monnaie d'échange. Il en a d'ailleurs confié la garde à Raspoutine. L’attitude de la fillette à son égard, déplait déjà à Raspoutine et il la poursuit pour la corriger. Acculée au bord d’un ravin, elle n’a d’autre recours que de lui lancer un caillou bien ajusté pour se défendre. Assommé il tombe dans le précipice. Dix Jours après, la tête enveloppée d’un pansement, Raspoutine sort de son coma. Marianne est à son chevet. Il s’est passé beaucoup de choses en dix jours. Corto lui apprend qu’il a rendez-vous avec Chevket au Kafiristan, qu'il sera avec la jeune arménienne pour l'échanger contre ses indications pour trouver le trésor. Appâté par le trésor, Raspoutine veut s’y rendre avec lui. Soudain, la citadelle est attaquée par un bataillon arménien de l'armée rouge. Le combat fait rage. Corto et Raspoutine tentent de s’y soustraire… Bientôt les Arméniens se replient. Croyant qu’il est le maître d’œuvre de ce recul, Enver Pacha vient à cheval, le féliciter Raspoutine ne le dément pas. Cette trêve n’est qu’un sursis, le général le sait, car ses hommes l’abandonnent. Sachant sa cause perdue, il rend à Raspoutine sa liberté et, sabre au clair, s'élance au galop vers les fantassins ennemis. L’occasion est trop belle pour les Arméniens. Ce 4 août 1922, ils vont enfin se venger de leur bourreau. Il faut retrouver les femmes et fuir cet enfer. Mais l’une d’entre elles est enceinte et ne peut les suivre. Elles resteront ensemble pendant qu’ils iront au devant de Chevket afin de de découvrir le « Grand Or », trésor d’Alexandre. 5 septembre 1922, près du fleuve Kafirnagamjour, lieu du rendez-vous fixé avec Chevket, la nuit tombe déjà sur la frontière afghane. :Corto Maltese : « Ma mère dit que rencontrer son double porte malheur...»

Protagonistes

Les personnages historiques
-Le président de la nouvelle république turque, Mustafa Kemal Atatürk.
-Le général turc Enver Bey ou Enver Pacha, l’un des responsables du génocide des Arméniens en 1915. Les principaux personnages de fiction
-Corto Maltese
-Raspoutine
-Le général Timur Chevket, sosie de Corto, chef du mouvement Pantourien, ami d’Enver Pacha.
-Cassandre, amie de Corto à Rhodes.
-Marianne, actrice.
-Venexiana Stevenson, aventurière.

Analyse

La Maison dorée de Samarkand accumule les péripéties des bandes dessinées d'aventure classique tout en leur ôtant leur caractère conventionnel, tous les mystères étant généralement résolus sur-le-champPour ce paragraphe, sauf précision, : Groensteen (1986). Le scénario est dans ses grandes lignes lui aussi déceptif : le trésor cherché n'est jamais trouvé, Corto ne rencontre jamais son double dans la réalité. Corto y est plus perdu que dans les albums précédents, et est l'objet de multiples charges ironiques de la part de Pratt, qui le dépeind plein d'incompréhension face à la myriade de personnages secondaires qu'il croise. C'est que cet album, entre drogues et souvenirs, accorde une place primordiale au rêve, dans une succession de « morceaux d'anthologies » (le souvenir rencontrées lorsque Corto fume, la danse avec Raspoutine, l'échange en ce dernier et la princesse) qui confirment l'importance de Pratt dans la bande dessinée. Il confirme le glissement de plus en plus prononcé de Corto Maltese vers l'onirique, qui trouve son achèvement en 1992 .

Postérité

Accueil critique

Comme pour tous les albums de Corto Maltese, La Maison dorée de Samarkand est particulièrement bien accueillie par la critique, malgré les difficultés de publications. Les Cahiers de la bande dessinée lui consacrent ainsi leur rubrique « L'Indispensable » en novembre 1986.

Adaptations

La Maison dorée de Samarkand a été adapté en 2003 par Henri Colomer en un moyen-métrage d'animation réalisé par Richard Danto et Liam Saury pour les Studio Canal. Corto Maltese est doublé par Richard Berry, Raspoutine par Patrick Bouchitey et Marianne par Catherine Jacob.

Publications

Les Derviches tourneurs d'Adana. La Maison dorée de Samarkand est la seule aventure de Corto Maltese a être publiée simultanément en italien et dans la traduction française, à partir de septembre 1980. Cependant, (A SUIVRE) en interrompt la publication en janvier 1981, et il faut attendre la création du magazine Corto en 1985 pour voir la fin de l'histoire publiée. L'année suivante, l'album est édité.

Revues

- La Maison dorée de Samarkan, dans (A SUIVRE) n°31-32 à 37, Casterman, août-septembre 1980 - janvier 1981.
- La Casa dorada di Samarkand, dans Linus n°9/1980 à 1/1981, éditeur du magazine, septembre 1980 - janvier 1981
- La Maison dorée de Samarkan, dans Corto n°1 à 7, Casterman, mai 1985- janvier 1986

Albums (en français)

-La Maison dorée de Samarkand, édition brochée, noir et blanc, Casterman, 1986.
-La Maison dorée de Samarkand, édition reliée, couleurs, 1992.

Annexes

Notes et références

Sources

Revues

-Thierry Groensteen, Yves Mayence et Arnaud de la Croix (trois articles distincts), « L'indispensable : La Maison dorée de Samarkand », dans Les Cahiers de la bande dessinée n°72, novembre-décembre 1986, pp. 4-5

Internet

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