Suite (mathématiques)

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En mathématiques, une suite d'un ensemble E est une famille d'éléments de E indexée par l'ensemble des entiers naturels \mathbb N ou par une partie A de \mathbb N. Autrement dit, une suite est une application de \mathbb N vers E ou de A vers E. De manière vulgarisée, on pourrait dire qu'une suite est une liste d'objets mis en ordre, chacun ayant un numéro d'ordre. On note classiquement une suite (u_n), ou (u_n)_n \in \mathbb N. Cas particuliers :
- Si E \subseteq \
Suite (mathématiques)

En mathématiques, une suite d'un ensemble E est une famille d'éléments de E indexée par l'ensemble des entiers naturels \mathbb N ou par une partie A de \mathbb N. Autrement dit, une suite est une application de \mathbb N vers E ou de A vers E. De manière vulgarisée, on pourrait dire qu'une suite est une liste d'objets mis en ordre, chacun ayant un numéro d'ordre. On note classiquement une suite (u_n), ou (u_n)_n \in \mathbb N. Cas particuliers :
- Si E \subseteq \mathbb N, alors la suite est dite « entière ».
- Si E \subseteq \mathbb R, alors la suite est dite « réelle ».
- Si E \subseteq \mathbb C, alors la suite est dite « complexe ».
- Si A est une partie finie, alors la suite est dite « finie ».
- Si (u_n) est une suite et que \exists N \in \mathbb N \quad \forall n \geq N \quad u_n = 0 , alors (u_n) est une suite « presque nulle », ou « nulle à partir d'un certain rang ».

Fragments d'histoire

Les suites numériques sont liées à la mathématique de la mesure (mesures d'un phénomène prises à intervalles de temps réguliers) et à l'analyse (une suite numérique est l'équivalent discret d'une fonction numérique). La notion de suite est présente dès qu'apparaissent des procédés illimités de calcul. On en trouve, par exemple, dans la mathématique babylonienne, chez Archimède, spécialiste des procédés illimités d'approximation (séries géométriques de raison 1/4) pour des calculs d'aires et de volumes, ou, plus récemment en Égypte au 1 siècle après Jésus-Christ, dans le procédé d'extraction d'une racine carrée par la méthode de Héron d'Alexandrie : : Pour extraire la racine carrée de A \;, choisir une expression arbitraire a \; et prendre la moyenne entre a \; et A \over a et recommencer aussi loin que l'on veut le processus précédent En notation moderne, cela définit la suite de nombres: :a_0 = a \; et, pour tout entier n \;, a_= 1 \over 2(a_n + A\over a_n) On retrouve ensuite cette préoccupation plusieurs siècles plus tard (à partir du ) avec la méthode des indivisibles (Cavalieri, Torricelli, Pascal, Roberval). Dans l'Encyclopédie Raisonnée de d'Alembert et Diderot (1751), une grande part est laissée aux suites et séries dont le principal intérêt semble être leur convergence: :Suite et série : se dit d'un ordre ou d'une progression de quantités qui croissent ou décroissent suivant quelques lois. Lorsque la suite va toujours en s'approchant de plus en plus de quelque quantité finie (...) on l'appelle suite convergente et si on la continue à l'infini, elle devient égale à cette quantité. C'est ainsi que l'on voit Bernoulli, Newton, Moivre, Stirling et Wallis, s'intéresser aux suites pour approcher des valeurs numériques. C'est à Lagrange que l'on doit, semble-t-il, la notation indicielle. L'étude des suites ouvre la porte à celle des séries entières dont le but est d'approcher, non plus des nombres, mais des fonctions. Dans la seconde moitié du , le développement des calculateurs et des ordinateurs donne un second souffle à l'étude des suites en analyse numérique grâce à la méthode des éléments finis. On en retrouve l'usage aussi dans les mathématiques financières. Parallèlement à ces études de suites pour leur convergence, se développe un certain goût pour l'étude de la suite non tant pour sa convergence mais pour son terme général. C'est le cas par exemple d'un grand nombre de suites d'entiers comme la suite de Fibonacci, celle de Lucas ou, plus récemment, celle de Syracuse. Sont aussi particulièrement étudiées les suites de coefficients dans des séries entières ou les suites de nombres découvertes lors de dénombrements.

Notations

Soit A une partie de \mathbb N. Soit u \in E^A une suite d'éléments de E. Nous notons u_n, l'image u(n) de l'entier n par u. Ainsi, les images de 0, 1, 2, \dots, n sont notées u_0, u_1, u_2, \dots, u_n. On dit que u_n est le terme de rang n, ou d'indice n de la suite u. Nous notons en général la suite u : (u_n)_n \in A qui est donc une application. Lorsque A = \mathbb N, nous notons plus simplement la suite : (u_n) \, . Lorsque A = \mathbb N_n = = \1, 2, \dots, n\, nous pouvons noter la suite (u_k)_1 \le k \le n ou encore (u_1, u_2, \dots, u_n). L'ensemble des suites d'éléments de E, indexées par une partie A de \mathbb N se note \mathcal F\left(A, E\right) ou E^A.

Remarque

Nous ne devons pas confondre la suite u = (u_n)_n \in \mathbb N avec l'ensemble des valeurs de la suite \u_n / n \in \mathbb N \ qui est l'image directe de \mathbb N par u. Par exemple, considérons la suite \left((-1)^n\right), l'ensemble des valeurs de la suite est \-1, 1\.

Exemples

La suite nulle est la suite dont tous les termes sont nuls : :\left(0, 0, 0, 0, \dots \right) Pour des raisons de commodité, pour tout élément k de E on identifie k et la suite : :\left(k, k, k, \dots \right) Posons \forall n \in \mathbb N, u_n=1 \over ; u = (u_n)_n \in \mathbb N est la suite des inverses des nombres entiers. Celle-ci peut être représentée par: :\left(1, \frac, \frac, \frac, \frac, \frac, \cdots \right)

Terme général et récurrence

Une suite étant une application de A (partie de \mathbb N) dans E , il est intéressant, voire primordial, de connaître l'image de n pour tout n de A. Si u_n est donné comme expression de n et permet un calcul direct du nombre, on dit que l'on connait le terme général de u_n. Cependant, si A = \n \in \mathbb N, n \geq n_0\, la nature de l'ensemble de départ permet de définir la suite par une relation de récurrence : le terme d'indice n est donné comme fonction de n et des termes d'indices k, kn. La propriété de récurrence permet d'affirmer qu'il suffit alors de donner u_ pour en déduire tous les termes. En pratique, la détermination de u_n\, va nécessiter le calcul de tous les termes de u_ à u_\, , soit une opération bien longue. En programmation, cette récurrence a donné lieu à la création des fonctions récursives. Une partie de la recherche sur les suites va consister à déterminer le terme général d'une suite connaissant sa relation de récurrence. Exemple : la suite définie par u_0 = 1 et, pour tout entier n, u_= (n+1)u_n est la suite des factorielles : u_n = n!

Somme des termes d'une suite

Si E est un groupe additif, on note : :\sum_^u_n ou :\sum_p \le n \le qu_n la somme : :u_p + u_ + \cdots + u_q Voir aussi : Série (mathématiques).

Exemples de suites

Suite arithmétique

C'est une suite à valeurs dans un groupe additif, définie par récurrence par : \begin u_ = a\\ \forall n \geq n_0, \quad u_ = u_n + r \end son terme général est alors : u_n = a + (n - n_0)r\,

Suite géométrique

C'est une suite à valeurs dans un corps, définie par récurrence par : \begin u_ = a\\ \forall n \geq n_0, \quad u_ = qu_n \end son terme général est alors : u_n = a q^\,

Suites arithmético-géométriques

C'est une suite à valeurs dans un corps, définie par récurrence par : \begin u_ = U\\ \forall n \geq n_0, \quad u_ = au_n + b \end
-Si a = 1, la suite est arithmétique
-Si a\neq 1 son terme général est alors : u_n = \frac + a^ \left(U - \frac\right)

Suites récurrentes linéaires à coefficients constants

Une suite récurrente linéaire est définie par une relation de récurrence : : u_ = a_0u_n + a_1u_ + \cdots+ a_u_ où a_0, a_1, …a_ sont p scalaires (a_0 non nul). L’entier p est appelé l’ordre de la récurrence. Sont entièrement connues les suites à récurrence linéaire d’ordre 1 (suite géométrique) et 2 (suite récurrente linéaire). Une suite récurrente linéaire d’ordre 2 célèbre est la suite de Fibonacci. L’étude des suites récurrentes linéaires d’ordre p fait appel à la notion d’espace vectoriel et au calcul matriciel.

Quelques suites célèbres

Il est assez surprenant que ce soit dans l'univers des suites d'entiers que l'on trouve les suites les plus célèbres :
-la suite de Fibonacci où chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent et dont on connaît le terme général et sa relation avec le nombre d'or
-la suite de Conway, piège de test de QI, où chaque terme est la description à voix haute du terme précédent
- la suite de Syracuse ou de Collatz définie par une relation de récurrence simple : le terme suivant est obtenu en prenant, ou bien la moitié du terme précédent si celui-ci est pair, ou bien le triple du terme précédent augmenté de un si celui-ci est impair. Cette suite reste encore une énigme pour les mathématiciens.

Limite de suite

-Voir article détaillé: Limite de suite

Suite convergente

La notion de limite d'une suite est classique en topologie et les cas de convergence dans \R ou \mathbb C est un cas particulier de cette définition. De façon simpliste, une suite a une certaine limite lorsque ses points se rapprochent de la valeur limite lorsque l'indice devient grand. Définition générale : Soit E un espace muni d'une topologie \mathcal O. On note \mathcal O(u) l'ensemble des ouverts contenant u. On dira que la suite (u_n)_n\in\mathbb N\in E^\mathbb N est une suite convergente vers u^
-\in E si : \forall O\in\mathcal O(u^
-), \exist N\in \mathbb N tel que \forall n > N, u_n \in O. Cette définition se traduit plus simplement pour des suites convergente dans \R ou \mathbb C Suite réelle convergente On dira que la suite u est convergente vers u^
- lorsque pour tout \eta\in\mathbb R_+^
-, il existe N\in\mathbb N tel que pour tout n\in\mathbb N, n>N: :|u_n-u^
-|\le\eta On dit alors que u tend vers u^
-, et on le note : :\lim_n\rightarrow+\inftyu_n=u^
- Suite complexe convergente La même définition s'applique en écrivant, à la place d'une valeur absolue, un module.

Limites infinies

Pour les suites réelles, on élargit le champ des limites possibles aux deux limites infinies + \infty et -\infty avec les définitions suivantes Définition 1 : On dira que la suite u est divergente vers +\infty lorsque pour tout M\in\mathbb R_+^
-, il existe N\in\mathbb N tel que pour tout n\in\mathbb N, n>N: :u_n>M On dit alors que u tend vers +\infty, et on le note : :\lim_n\rightarrow+\inftyu_n=+\infty Définition 2 : On dira que la suite u est divergente vers -\infty si, pour tout M\in\mathbb R_+^
-, il existe N\in\mathbb N tel que pour tout n\in\mathbb N, n>N: :u_nu_
-Suite décroissante:On dira que la suite (u_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est décroissante lorsque : :\forall n \in \mathbb N, u_\le u_
-Suite strictement décroissante: On dira que la suite (u_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est strictement décroissante lorsque : :\forall n \in \mathbb N, u_< u_
-Suite super croissante: On dira que la suite (u_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est super croissante lorsque : :\forall n \in \mathbb N, u_>\sum_^u_i

Exemples

La suite définie \forall n \in \mathbb N par U_n = 2n+1 est strictement croissante sur \mathbb R.

Critères

Propriété 1 : critère de croissance Propriété 2 : critère de décroissance

Limites de suites monotones

Suite monotone bornée L'axiome de la borne supérieure, permet de démontrer facilement : Si (u_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est croissante (resp. décroissante) et majorée par M (resp. minorée par m), alors (u_n)_n \in \mathbb N est convergente et \lim_n \rightarrow + \inftyu_n \le M ( \mbox \lim_n \rightarrow + \inftyu_n \ge m ). De cette propriété, découle la remarque suivante : Si :
- (u_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est croissante
- (v_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est décroissante
- \exist N\in \mathbb N tel que : \forall n > N on a u_n \le v_n alors : :(u) et (v) sont convergentes et \lim_n\rightarrow+\inftyu_n\le\lim_n\rightarrow+\inftyv_n Suite monotone non bornée Si (u_n)_n\in\mathbb N\in \mathbb R^\mathbb N est croissante (resp. décroissante) et non majorée (resp. non minorée ), alors (u_n)_n \in \mathbb N tend vers + \infty (resp. - \infty)

Suites adjacentes

- voir article détaillé : Théorème des suites adjacentes. Deux suites réelles (a_n)_n \in \mathbb N et (b_n)_n \in \mathbb N sont dites adjacentes lorsque :
- l'une est croissante
- l'autre est décroissante
- la suite (a_n-b_n)_n \in \mathbb N converge vers 0 L'intérêt des suites adjacentes est qu'elles permettent d'une part de prouver l'existence d'une limite, d'autre part de fournir un encadrement de celle-ci aussi fin qu'on le souhaite. Ceci grâce aux deux propriétés suivantes:
-Si deux suites réelles (a_n)_n \in \mathbb N et (b_n)_n \in \mathbb N sont adjacentes, alors elles convergent et ont la même limite \ell.
- De plus, en supposant (a_n)_n \in \mathbb N croissante et (b_n)_n \in \mathbb N décroissante on a : ::\forall n \in \mathbb N, a_n \leq a_ \leq \ell \leq b_ \leq b_n

Suites particulières

Suites de Cauchy

-''Voir article détaillé : Suite de Cauchy Dans ce paragraphe, on supposera que ( \mathbb E, d) est un espace métrique. Une suite (u_n)_n \in \mathbb N est dite de Cauchy lorsque : \forall \eta \in \mathbb R^
-_+, \exist N \in \mathbb N tels que : \forall p \in \mathbb N, \forall q \in \mathbb N, p \ge N et q \ge N \Rightarrow d(u_p, u_q)\le\eta On démontre que
- Toute suite convergente est une suite de Cauchy.
- Toute suite de Cauchy est bornée. On appelle espace complet un espace où toute suite de Cauchy est convergente.

Suites extraites

- Voir article détaillé : Sous-suite Soit (u_n)_n \in \mathbb N une suite à valeurs dans un espace E\, . Si \mathbb N \rightarrow \mathbb N , n \mapsto \sigma(n) est une fonction strictement croissante (une telle fonction s'appelle une extractrice), on dit que la suite (u_\sigma(n))_n \in \mathbb N est une suite extraite (ou sous-suite) de la suite (u_n)_n \in \mathbb N . Grosso modo, c'est la suite (u_n)_n \in \mathbb N pour laquelle on n'a gardé que certains termes (une infinité quand même). Ces suites extraites se révèlent intéressantes quand on cherche à déterminer des valeurs d'adhérence.

Suites équivalentes

Définition Soient (u_n)_n \in \mathbb N et (v_n)_n \in \mathbb N deux suites à valeurs réelles. (u_n)_n \in \mathbb N et (v_n)_n \in \mathbb N sont équivalentes si et seulement si
-\exists (\varepsilon_n)_n \in \mathbb N telle que \lim_n \to \infin (\varepsilon_n) = 0
- \exists N \in \mathbb N tel que \forall n \geq N, u_n = v_n. (1 + \varepsilon_n) On note alors u_n \sim v_n Remarque Si v_n \ne 0 à partir d'un certain rang, alors u_n \sim v_n si et seulement si \lim_n \to \infin \over = 1

Suites prépondérantes

Définition Soient (u_n)_n \in \mathbb N et (v_n)_n \in \mathbb N deux suites à valeurs réelles. On dit que (u_n)_n \in \mathbb N est négligeable devant (v_n)_n \in \mathbb N si et seulement si :
-\exists (\varepsilon_n)_n \in \mathbb N telle que \lim_n \to \infin (\varepsilon_n) = 0 et \ u_n = \varepsilon_n v_n, ce qu'on note u_n = o(v_n) Remarque Si v_n \ne 0 à partir d'un certain rang, alors u_n = o(v_n) si et seulement si \lim_n \to \infin \over = 0 Exemple Considérons u_n = 1 \over n^2 et v_n = 1 \over n Posons \varepsilon_n = 1 \over n On a alors :
- u_n = \varepsilon_n. v_n
- \lim_n \to \infin 1 \over n = 0 D'où 1 \over n^2 = o (1 \over n)

Voir aussi

- Suite d'entiers
- Adhérence (mathématiques)
- Suite de Skolem

Lien externe et sources

- sur Gallica. Tome XV (voir p 93)
-
- catégorie:Analyse réelle
- ar:متتالية bg:Редица da:Talfølge de:Folge (Mathematik) en:Sequence eo:Vico es:Sucesión matemática fa:توالی fi:Lukujono gl:Sucesión (matemáticas) he:סדרה hr:Niz hu:Sorozat (matematika) id:Barisan io:Sequo it:Successione (matematica) ja:列 (数学) ko:수열 nl:Rij (wiskunde) no:Følge pl:Ciąg (matematyka) pt:Seqüência matemática ro:Şir (matematică) ru:Последовательность scn:Succissioni (matimatica) simple:Sequence sl:Zaporedje sv:Följd th:ลำดับ uk:Послідовність (математика) vi:Dãy (toán học) zh:序列
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