Siège de Paris (885-886)

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Le siège de Paris (885-886) est le siège de la ville de Paris par la grande armée danoise qui a eu lieu en 885 et 886. Le siège s'est soldé par la capitulation de Paris.
Siège de Paris (885-886)

Le siège de Paris (885-886) est le siège de la ville de Paris par la grande armée danoise qui a eu lieu en 885 et 886. Le siège s'est soldé par la capitulation de Paris.

Le témoignage d'Abbon de Saint-Germain-des-Prés

Grâce au témoignage de ce moine, nous pouvons revivre ce fameux siège de Paris par la grande armée danoise, qui permit au comte Eudes de Paris de prétendre à la couronne de Francie occidentale. Abbon était jeune lorsqu'il assista à cette confrontation. Il relate ce qu'il a vu, et synthétise ce que les Parisiens ont ressenti lors de ce siège, qui dura 87 jours, du 24 novembre 885 au 16 février 886. Abbon n'acheva son ouvrage que 9 ans après le siège, soit en 897.

Contexte historique

Les rois carolingiens tentèrent d'endiguer les invasions vikings, mais face à l'ampleur des attaques, ils ne purent répondre de manière efficace. Depuis 799, date de la première attaque viking sur l'Europe chrétienne, les Vikings essayent d'étendre leur emprise sur tout le continent. Le 24 novembre 885, une véritable armée se présente aux portes de la cité parisienne. Paris avaient déjà dû faire face aux Vikings en 845, 856, 861 et 865. En 845 et 856, les envahisseurs avaient mis à feu et à sang les faubourgs, mais ils n'avaient jamais osé attaquer l'île fortifiée de la Cité.

Une armée extraordinaire aux portes de Paris

Il faut aborder les effectifs d'Abbon avec beaucoup de rigueur, car ceux ci ne sont que des ordres de grandeur. Il n'y a pas eu 40000 vikings. Par contre, on peut avancer que les Francs étaient sans conteste en sous-effectif étant donné que l'Ost était en campagne. Peut-être à un contre cent, sans compter bien évidemment les habitants de la cité parisienne, en se limitant aux 200 champions chrétiens.

Les noms des hommes présents lors du siège

Eudes rejoignant Paris à travers les assiégeants'', Histoire de France de François Guizot, gravure d'Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, 1883 Le récit d'Abbon sert à grandir le personnage d'Eudes, mais il n'oublie pas pour autant d'autres personnages qui participèrent avec autant d'enthousiasme et de courage à cet affrontement. Notons, du côté viking, le nom de Siegfried, qui ne devait pas être chef de cette armée, mais plutôt une sorte d'ambassadeur sachant maîtriser le latin afin de pouvoir parlementer avec les chrétiens. Bien évidemment, Abbon est plus prolixe en ce qui concerne le camp chrétien. Nous avons donc le comte Eudes, fils de Robert le Fort, et futur roi de la Francie occidentale ; le comte Régnier Ier de Hainaut ; Gauzlin (mort en 886), l'évêque de Paris ; l'abbé Ebles de Saint-Denis, neveu de Gauzlin, puisque étant le fils de sa sœur Bilchilde. Nous avons également le nom de 12 champions connus sous la dénomination générique des "douze combattants héroïques de la tour" : Ermenfrois, Hervé, Herland, Ouacre, Hervi, Arnoud, Seuil, Jobert, Gui, Hardre, Aimard et Gossouin.

L'arrivée des Danois

Siegfried demande à parler à la plus haute autorité de la cité. Gauzlin, l'évêque de Paris, accepte de le rencontrer. Siegfried demande à ce que les Parisiens laissent passer la flotte plus en amont, en échange de quoi, la cité ne sera pas attaquée. Gauzlin refuse la proposition de l'ambassadeur viking. Les Vikings lancent leur premier assaut contre la cité le 26 novembre 885, puis recommencent les 27 et 28. Les Francs peuvent compter sur un dispositif défensif efficace, à savoir un pont muni d'échauguettes et le tout, couvert par une tour, dont le rayon d'action des archers et des jets de projectiles rend toute progression impossible. Durant ce premier assaut 300 assaillants sont tués ce qui oblige les Vikings à changer de tactique en vue d'assiéger la ville.

Le siège

Tandis qu'ils édifient leur camp à Saint-Germain l’Auxerrois, la cavalerie viking pille les alentours. Durant deux mois, ils construisent divers engins de sièges. Abbon note la construction de trois béliers, de catapultes, ainsi que de loups. Les Francs, de leur côtés, s'équipent d'un mangonneau ou d'un trébuchet.

L'assaut général

Les béliers, les catapultes et les loups mettent à mal les défenses de la cité. L'évêque Gauzlin en appelle alors à la vierge Marie, tandis que la population parisienne en appelle aux reliques de saint Germain. Fragilisée par les attaques vikings, la tour de la défense parisienne s'enflamme et s'écroule sur elle-même avec les douze champions. L'évêque Gauzlin décide alors de négocier avec les Vikings, leur proposant 60 livres contre leur retraite. Epuisé, il trouvera la mort des suites d'une blessure contractée pendant l'assaut. Payé, Siegfried entraîne sa troupe à la conquête facile de Bayeux mais nombre de soldats - dont il n'est par ailleurs pas le chef - n'ont pas profité de ce tribut et refusent de le suivre. Ils persistent dans leurs attaques mais ne remportent pas de succès.

L'arrivée du roi des Francs

Charles le Gros n’ose pas affronter les Vikings, et préfère, selon Abbon, payer un tribu cent fois plus élevé que ce qu’avait proposé Eudes. De plus, il permet aux Vikings de piller en amont de Paris, rendant ainsi vaine la résistance chrétienne.

Voir aussi

Article connexe

- Abbon de Saint-Germain-des-Prés ===
Sujets connexes
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