Musique concrète

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La musique concrète est une musique (aussi appelé musique pour bande) créé dans les années 1950 en France par Pierre Schaeffer. Ce style restera très francophone (France, Belgique, Canada). On peut voir les prémisses de la musique concrète chez les bruitistes italiens (comme Russolo). La grande différence qui existera au début entre le bruitisme et la musique concrète est l'enregistrement sur support, d'abord sur vinyle, puis sur bande, disque dur,
Musique concrète

La musique concrète est une musique (aussi appelé musique pour bande) créé dans les années 1950 en France par Pierre Schaeffer. Ce style restera très francophone (France, Belgique, Canada). On peut voir les prémisses de la musique concrète chez les bruitistes italiens (comme Russolo). La grande différence qui existera au début entre le bruitisme et la musique concrète est l'enregistrement sur support, d'abord sur vinyle, puis sur bande, disque dur, DAT... Tout d'abord, les enregistrements se sont faits grâce aux disques vinyles. Une à quatre personnes jouaient avec des échantillons pendant qu'une autre platine gravait le mixage des premières platines. Ce procédé coutait très cher : en temps (il fallait beaucoup répéter pour créer un "orchestre" de platines) et en nombre de personne. Une par platine, une qui surveillait l'enregistrement et une qui dirigeait l'"orchestre". Le magnétophone va révolutionner la création concrète car on peut couper la bande et coller des bouts de son à l'endroit, mais aussi à l'envers. Cet outil va permettre de contrôler le temps de la composition mais parallèlement va empêcher toute interprétation car tout est fixé sur support. C'est après avoir écouté un disque vinyle rayé que Pierre Schaeffer s'est rendu compte de l'évolution de l'écoute mais aussi de la capacité de l'oreille à décontextualiser un son. Le terme de "musique concrète" s'opposera à celui de "musique abstraite", musique qui nécessiterait le concours d'un médium (comme la partition) pour réaliser l'idée musicale du compositeur alors que pour la musique concrète le compositeur travaille directement sur le son lui-même. Pierre Schaeffer rend public les premiers résultats de ses recherches en 1952 dans son ouvrage intitulé À la recherche d'une musique concrète. Cette musique consiste alors pour lui à enregistrer des sons sur une bande magnétique puis à monter ces "objets sonores" de telle sorte qu'ils deviennent des "objets musicaux".

Historique

C’est grâce à l'arrivée du magnétophone (1939) et de la bande magnétique, puis la généralisation de l’utilisation des procédés magnétiques dans l’industrie phonographique (1945), que les tenants de la musique concrète pourront commencer l’exploration du phénomène sonore. Son studio d’essai situé à Paris deviendra le Groupe de Recherche de Musique Concrète (G.R.M.C.) en 1951, installé à la Radiodiffusion-télévision française (R.T.F.). Pierre Schaeffer se servira de l’étude et du classement des sons pour bâtir ce qu’il nommera les objets musicaux. Plusieurs compositeurs, parmi lesquels Pierre Boulez, Luc Ferrari, Karlheinz Stockhausen ou Jean Barraqué, passeront au G.R.M.C. effectuer quelques études concrètes. En 1958, après trois ans passés à l’écart du groupe, Pierre Schaeffer le prend en main et met en place sa réorganisation administrative, esthétique et morale. Le G.R.M.C. devient le G.R.M.. Pierre Schaeffer voulait poser les postulats de la recherche, qu’il nommait déjà « l’expérience musicale ». Il définira grâce à cette expérience la notion d'acousmatique, mot emprunté à Pythagore qui signifie « perception des sons dont on ignore l'origine ». En 1948, Pierre Schaeffer compose sa première oeuvre : Les cinq études de bruits. Elle sera créée sur la radio R.T.F. le 5 octobre 1948 dans un "concert de bruits" présenté par Jean Toscane. Ce concert comprenait les pièces suivantes :
- Étude n° 1 Déconcertante ou Étude aux tourniquets ;
- Étude n° 2 Imposée ou Étude aux chemins de fer ;
- Étude n° 3 Concertante ou Étude pour orchestre ;
- Étude n° 4 Composée ou Étude au piano ;
- Étude n° 5 Pathétique ou Étude aux casseroles. Pierre Schaeffer sera rejoint quelques mois plus tard en 1949 par Pierre Henry. A eux deux, ils sont en France les fondateurs et les exemples de ce mouvement qui durant toutes les années 1950 marquera plusieurs générations. La Symphonie pour un homme seul (1950) restera le concert le plus célèbre de leur collaboration et la première grande œuvre de musique concrète. Plusieurs versions de l'œuvre existent. La première qui comprend 22 titres fut créée à l'École Normale de Musique le 18 mars 1950. Une version plus courte, 11 titres, fut ensuite donnée le 27 mai 1951. Mais c'est la version ballet, créée en collaboration avec Maurice Béjart le 31 juillet 1955 au Théâtre des Champs-Elysées qui donna à l'œuvre son rententissement mondial. On retrouvera ensuite les influences de cette démarche en musique électronique et en informatique musicale, et chez d'autres théoriciens de la musique du XX siècle. Edgar Varèse (1950), fut un grand partisan de ces recherches sur le sonore et utilisera dans son Poème électronique. Chez les Beatles et les Pink Floyd dans les années 60, et encore récemment, le goût des artistes pour la musique électronique affilié à celui des enregistrements concrets a donné une renaissance au mouvement : Christian Fennesz et Francisco Lopez, par exemple, utilisent beaucoup de techniques empruntées à la musique concrète. Aujourd'hui, en 2006, le travail de composition de Michel Chion, qu'il nomme encore très volontairement "musique concrète", manifestant par là son attachement à un genre musical toujours plus que vivace (Requiem, La Tentation de Saint Antoine, L'Isle Sonante...), de François Bayle (L'expérience acoustique, Toupie dans le ciel, La main vide...), de Lionel Marchetti (La grande Vallée, Dans la Montagne (ki ken taï), Adèle et Hadrien (le livre des vacances), Noord five atlantica...) ou de Denis Dufour (Bocalises, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Bazar punaise, Chanson de la plus haute tour, Voix Off...) et de Pierre Henry, bien sûr, tout comme le travail très poétique de : Christian Zanési, Bernard Fort, Michèle Bokanovski, David Aubrun, Marc Favre, Jean-Marc Duchenne, Francis Dhomont, Patrick Ascione... ...est un bon exemple de la vigueur sans cesse renouvelée de la musique concrète, tant chez des compositeurs de haute maturité que chez d'autres, plus jeunes, qui élèvent habilement cet art du haut-parleur à la hauteur des ambitions de Pierre Schaeffer... ==
Sujets connexes
Années 1950   Denis Dufour   Genre musical   Groupe de recherches musicales   Informatique musicale   Jean Barraqué   Karlheinz Stockhausen   Lionel Marchetti   Luc Ferrari   Magnétophone   Maurice Béjart   Michel Chion   Musique bruitiste   Musique pour bande   Musique électronique   Patrick Ascione   Pierre Boulez   Pierre Henry   Pierre Schaeffer   Pink Floyd   Radiodiffusion-télévision française   Son (physique)   Symphonie pour un homme seul  
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