Arganier

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L'arganier (Argania spinosa) est un arbre endémique du Maroc (dans la région du sud-ouest et en particulier la plaine du Souss). Nom scientifique : Argania spinosa (L.) Skeels, famille des Sapotacées. Noms vernaculaires : arganier, argane, argan, bois de fer. Il était appelé précédemment Sideroxylon spinosum, puis Argania sideroxylonNouaïm R, Chaussod R, L'arganier et ses champignons, Pour la Sciences, Octobre 2007, p76-80.
Arganier

L'arganier (Argania spinosa) est un arbre endémique du Maroc (dans la région du sud-ouest et en particulier la plaine du Souss). Nom scientifique : Argania spinosa (L.) Skeels, famille des Sapotacées. Noms vernaculaires : arganier, argane, argan, bois de fer. Il était appelé précédemment Sideroxylon spinosum, puis Argania sideroxylonNouaïm R, Chaussod R, L'arganier et ses champignons, Pour la Sciences, Octobre 2007, p76-80.

Description

L'arganier est un arbre aux rameaux épineux -d'où spinosa- de 8 à 10 m de haut, très résistant et qui peut vivre de 150 à 200 ans. Il est parfaitement adapté à l’aridité du sud-ouest marocain et sa silhouette est caractéristique: cime large et ronde, tronc noueux, tortueux et assez court, souvent formé de plusieurs parties entrelacées. Les fruits L'arganier fournit un bois très dur, appelé bois de fer, utilisé essentiellement comme bois de chauffage. L'arbre peut perdre ses feuilles transitoirement en cas de grande sécheresse. Les fleurs blanches à jaune verdâtre apparaissent en mai-juin. Le fruit est une baie ovale, fusiforme de 30 mm de long environ, jaune-brun à maturité contenant une noix très dure abritant deux ou trois "amandons". Un arbre en produit environ 8 kg par an. Les feuilles, vert sombre et coriaces, sont consommées par les chameaux. Par contre, contrairement à une légende tenace, les chèvres elles ne montent pas spontanément dans l'Arganier, en effet baucoup de bergers se font un plaisir de mettre leurs chèvres dans l'arbre, pour que les touristes puissent prendre quelques clichés et ceci contre quelques dirhams. Son système racinaire est particulièrement profond mais dépourvu de poils absorbants (racines « magniloïdes ». Il profite d'une symbiose avec différents types de champignons pour pallier cette déficience, seuls ces derniers pouvant apporter les différents nutriments à l'arbre. La reproduction artificielle et la mise en culture de celui ci nécessite ainsi l'inoculation de plusieurs espèces de champignons au niveau de ses racines. La population Imazighen (berbère) de l’Atlas a toujours utilisé l’huile d’argan pour ses vertus alimentaires et cosmétiques. Tout comme le thé, l’huile d’argan accompagnée de miel est offerte aux invités en signe d’hospitalité.

Distribution géographique

L'arganier daterait de l'ère tertiaire, époque où existait vraisemblablement une connexion entre la côte marocaine et les îles Canaries. Il se serait alors répandu sur une grande partie du Maroc puis, au quaternaire, l'arganier aurait été refoulé au Sud-Ouest par l'invasion glaciaire, ce qui expliquerait l'existence actuelle de quelques colonies vers Rabat (région de Khémisset) et très au Nord près de la côte méditerranéenne dans les Beni Snassen. Aujourd'hui la plus grande concentration d'arganiers se trouve dans la région du Souss où elle couvre près de  hectares. Depuis 1998, une zone de  hectares entre Agadir et Essaouira a le statut de Réserve de la Biosphère octroyé par l’UNESCO.

Problèmes de l'arganier

Chèvres sur l'arganier Malheureusement l'arganier est menacé de disparition, car les signaux d'alarme se multiplient ces derniers temps à propos de cet arbre : il subit diverses agressions. Les problèmes auxquels cet arbre est confronté sont multiples :
-L'arganeraie marocaine régresse en termes de superficie et surtout de densité : en moins d'un demi-siècle, la densité moyenne de l'arganeraie nationale est passée de 100 arbres/ha à 30 arbres/ha, tandis que les superficies couvertes régressaient en moyenne de 600 ha par an (statistiques du ministère de l'agriculture marocaine).
-L'aire de l'arganier se dégrade d'année en année sous l'effet conjugué de l'accroissement de la population, de l'apparition des cultures intensives (notamment le maraîchage sous serres).
-Utilisation sauvage du bois d'arganier pour produire du charbon.
-Manque de collaboration entre les principales parties concernées (les aménageurs forestiers et les chercheurs universitaires) pour mettre en place des projets de transplantations.
-Absence de moyens modernes de production de l'huile d'arganier, et mauvaise commercialisation de cette dernière par les autorités locales et régionales.

Quelles perspectives pour l'arganier ?

La problématique et l'enjeu sont donc actuellement, non seulement d'enrayer le processus de régression de l'arganeraie, mais aussi de replanter une partie de ce qui a été perdu, afin que l'arganier redevienne ce qu'il a toujours été : un pivot dans un système agraire traditionnel, basé sur l'exploitation de l'arbre, l'élevage et la céréaliculture. Les problèmes de l'arganeraie étant essentiellement dûs aux conséquences d'une interaction irrationnelle de l'homme avec son milieu environnant dans cette aire, il semble que toute politique de réhabilitation de cette espèce végétale, si elle veut connaitre quelque chance de succès, doit obligatoirement s'attacher à rationaliser cette intervention de l'homme sur la nature, et donc s'articuler nécessairement autour des actions ou objectifs prioritaires suivants :
-information et sensibilisation des usagers, mais aussi de toute l'opinion publique nationale, sur les spécificités, l'importance et l'intérêt de la conservation de cet arbre.
-replantation et développement de l'arganier, par l'allocation des moyens nécessaires aux travaux de recherche scientifique en cours sur les techniques de reproduction et de transplantation, par la mise au point de techniques appropriées d'exploitation et de valorisation des produits de l'arganier.
-ouverture sur des coopérations internationales, pour financer tous les projets de replantation, et il serait utile que le Maroc cherche des coopérations étrangères pour accélérer les replantations.
-limiter l’exploitation de l’arganier par la mise en place d’un calendrier annuel, afin de laisser cet arbre se développer naturellement.

Collectivités locales

La production d'huile d'argan représente une ressource économique très importante pour les coopératives locales de la région d'Essaouira. Ces coopératives sont en commerce équitable et en partie financés par de grands organises.

Bibliographie

- O. M'Hirit, M. Bensyane, F. Benchekroun, S.M. El Yousfi, M. Bendaanoun, L'arganier, une espèce fruitière-forestière à usages multiples, éd. Pierre Mardaga, Sprimont (Belgique), 1998, ISBN 2-87009-684-4
- Rachida Nouaim, L'arganier au Maroc, entre mythes et réalités, éd. L'Harmattan, Paris, 2005, ISBN 2-7475-8453-4

Liens

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Sujets connexes
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