Louis XIV de France

Infos
Louis XIV, nommé à sa naissance Louis-Dieudonné et surnommé par la suite le Roi-Soleil ou encore Louis le Grand (Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638 – Versailles, 1715) est, du 14 mai 1643 jusqu’à sa mort, roi de France et de Navarre, le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne. Louis XIV, qui a régné pendant 72 ans, est le chef d'État qui a gouverné la France le plus longtemps, et le souverain qui est parvenu à l'â
Louis XIV de France

Louis XIV, nommé à sa naissance Louis-Dieudonné et surnommé par la suite le Roi-Soleil ou encore Louis le Grand (Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638 – Versailles, 1715) est, du 14 mai 1643 jusqu’à sa mort, roi de France et de Navarre, le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne. Louis XIV, qui a régné pendant 72 ans, est le chef d'État qui a gouverné la France le plus longtemps, et le souverain qui est parvenu à l'âge le plus avancé. Il est aussi le monarque qui a régné le plus longtemps en Europe. Louis XIV accède au trône quelques mois avant son cinquième anniversaire, mais après une minorité très marquée par la révolte de la Fronde (1648-1652), il n’assume personnellement le contrôle du gouvernement qu’à partir de la mort de son Premier ministre, le Cardinal Mazarin, en 1661. Il ne prit jamais de Premier ministre, et accentua encore son rôle direct dans l'État après la mort de ses puissants ministres Colbert (1683) et Louvois (1691). Son règne marqua l'apogée de la construction séculaire d'un absolutisme royal de droit divin. Louis XIV vit son autorité absolue bénéficier de la fin historique des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes, qui marquaient la vie du royaume depuis plus d'un siècle. Louis XIV a accru le territoire de la France et sa puissance en Europe. Il mène la diplomatie et la guerre à son gré en combattant durant plusieurs séries de guerres européennes. Il fait fortifier les villes conquises par Vauban et entoure ainsi les nouvelles frontières de leur « ceinture de fer », dans le cadre d'une politique territoriale de « pré carré » qui redessine et rationalise les limites du pays. Son gouvernement personnel coincide également avec un effort de développement économique, commercial et colonial, mené notamment par son ministre Colbert, et qui est le volet économique de la recherche de la prédominance française. Sous son règne, la France acquiert une prééminence européenne non seulement politique et militaire mais aussi culturelle grâce à la présence de figures intellectuelles protégées par le mécénat royal, tels que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre. D'autres plus indépendants, tels le poète La Fontaine, le philosophe Blaise Pascal, l'épistoliaire Mme de Sévigné, le moraliste La Bruyère ou le mémorialiste Saint-Simon font également du règne l'apogée historique du classicisme français. Ces performances culturelles contribuent au prestige de la France, de son peuple, de son langage parlé dans toutes les élites et les cours d'Europe, et bien sûr de son roi. Il est dès son vivant parlé du « siècle de Louis XIV », sur le modèle des siècles de Périclès et d'Auguste, ou encore du « Grand Siècle ». Louis XIV avec l'aide de Colbert, a enrichi le royaume en appliquant le mercantilisme, une politique cherchant a faire entrer l'argent en encourageant les exportations et en limitant les importation. Ainsi des manufactures royales comme celle des gobelin sont crées pour accroître la production Nationale. L'une des grandes œuvres du roi a aussi été la mise en place d'un État centralisé et absolutiste. Il le dirige après 1682 depuis le vaste château de Versailles, dont il a ordonné la construction. Ce dernier, modèle architectural de nombreux palais européens par la suite, est le cadre d'une étiquette très élaborée à laquelle il soumet la noblesse de cour, qu'il tient étroitement en main auprès de lui. Louis XIV réduisit aussi le rôle des Parlements, réprima les ultimes révoltes antifiscales paysannes, entretint un très long bras de fer avec les jansénistes et prit la décision controversée de la révocation de l'édit de Nantes en 1685, qui a été promulgué en 1598 par Henri IV. La fin de son long règne fut ternie par l'exode massif des protestants persécutés, par une série de revers militaires, par les famines très meurtrières de 1693 et de 1709, par la révolte engendrant la guerre des Camisards, et par de nombreux décès dans la famille royale. Mais la régence de son successeur Louis XV qui a alors cinq ans, se déroule sans heurts, ce qui témoigne de la stabilité du royaume établie par le monarque. Habité de l'idée de sa gloire et de son droit divin, soucieux d'accomplir en permanence son "métier de roi", Louis XIV est devenu l'archétype du monarque absolu.

La jeunesse

Louis Dieudonné

Anne d'Autriche et le futur roi Louis XIV Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, Louis est le fruit d'unions politiques multiculturelles puisque ses grands-parents paternels Henri et Marie de Médicis, étaient français et italien. Ses grands-parents maternels, Philippe et Marguerite d'Autriche étaient espagnol et autrichien, bien que tous deux Habsbourg, proches parents l'un de l'autreC. Carretier a calculé que sur huit générations, le sang de Louis XIV avait des origines espagnoles (36 %), françaises (28 %), germanique (11 %) et italien (8 %), le reste étant slave, anglais, savoyard et lorrain (in F. Bluche, Louis XIV, Paris, Fayard, p 33).. Le petit Louis reçoit le titre de premier fils de France et le titre plus traditionnel de Dauphin de Viennois. Il est nommé Louis-Dieudonné parce que sa venue au monde est considérée comme un miracle. Cela faisait vingt-trois ans que le royaume attendait en vain sa naissance. Son père et sa mère n'y croyaient plus depuis longtempsIrrité de voir tant de courtisans parler de "miracle", Louis XIII aurait répliqué que "ce n'était point là si grand miracle qu'un mari couchât avec sa femme et lui fasse un enfant" (Claude Dulong, Anne d'Autriche, Gallimard).. La naissance de Louis est suivie, deux ans plus tard, par celle de Philippe, d'abord titré duc d'Anjou, puis duc d'Orléans. Elle éloigne du trône le frère du roi régnant, Gaston d'Orléans, comploteur impénitent dont le cardinal de Richelieu, Premier ministre de Louis XIII, craignait qu'il ne mène en cas d'accession au trône une politique favorable aux nobles et aux Habsbourg. La naissance tant espérée d'un Dauphin est ainsi une victoire politique pour Richelieu. À la mort de son père, l'enfant devient roi sous le nom de Louis . Comme il n'a que cinq ans, sa mère, Anne d'Autriche, devient régente. Elle choisit contre toute attente le cardinal Mazarin comme Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l'époque dont beaucoup n'apprécient pas qu'un Italien, fidèle de Richelieu, dirige la France.

L'éducation du roi

Louis , enfant, en costume romain. En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis , se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l'éducation du jeune monarque et de son frère. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de M. le duc d'Anjou ». Malgré les efforts des différents précepteurs engagés pour prodiguer cours de latin, histoire, mathématiques, italien et dessin, Louis n'est pas un élève très travailleur. Mais, suivant l'exemple du grand collectionneur d'art qu'est Mazarin, Louis se montre très sensible à la peinture, à l'architecture, à la musique et surtout à la danse qui est à l'époque une composante essentielle de l'éducation d'un gentilhomme : on dit que le jeune Louis s'entraîne à danser environ deux heures par jour de l'âge de 7 à 27 ans. Il est aussi grand amateur de chasse et du jeu de paume.

Louis, le "miraculé"

Louis , en costume de sacre (1648) Dans son enfance, Louis échappe à plusieurs reprises à la mort :
-A 5 ans, il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal. Il est sauvé in extremis.
-À 10 ans, le 10 novembre 1647, il est atteint de la variole. Dix jours plus tard, les médecins n'ont plus aucun espoir mais le jeune Louis se remet "miraculeusement".
-Le 30 juin 1658, le roi est victime d'une grave intoxication alimentaire lors de la prise de Bergues dans le Nord. Le lundi 8 juillet, on lui donne les derniers sacrements et on commence à préparer la succession mais Guénaut, le médecin d'Anne d'Autriche, lui donne un émétique à base d'antimoine et de vin qui guérit encore une fois "miraculeusement" le roi.

L'épreuve de la Fronde

Le Grand Condé, d'abord ferme soutien du pouvoir royal devient l'opposant le plus déterminé Après avoir célébré sa première communion à l'église Saint-Eustache le 25 décembre 1649, Louis qui n'a alors que 12 ans, entre au conseil en 1650. C'est l'époque de la Fronde, une contestation de l'autorité royale par les parlements et la noblesse qui allait marquer durablement le monarque. En réaction à ces événements, Louis s'appliqua plus tard à continuer le travail commencé par Richelieu : affaiblir les membres de la noblesse d'épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée et à la noblesse de robe. En 1648, le parlement de Paris s'oppose fermement aux impôts levés par Mazarin pour continuer la guerre contre l'Espagne. La journées Barricades contraint le roi à quitter Paris une première fois. S'il revient assez vite dans la capitale, les exigences des parlementaires, appuyés par le très populaire Albert de Gondi, obligent Mazarin à envisager un coup de force. En pleine nuit et dans le plus grand secret, le roi et sa cour quittent la capitale dans le but de l'assiéger et de la remettre à obeissance. L'affaire se complique quand des personnalités de la haute noblesse apportent leur soutien à la fronde : le prince de Conti, frère de Condé, Beaufort, petit-fils d'Henri IV et quelques autres veulent renverser Mazarin. Si après quelques mois de siège, Paris se rend au roi, Mazarin ne parvient pas à imposer sa volonté aux parlementaires et le conflit politique demeure. En 1650, une nouvelle fronde appelée fronde des Princes se construit autour du tumultueux prince de Condé. Les princes sont arrêtés sur l'ordre de Mazarin, ce qui aboutit à une nouvelle guerre civile, relayée essentiellement dans les provinces (Bordeaux). En 1651, Gondi et Beaufort, leaders de la première fronde s'allient avec la fronde des princes, pour renverser Mazarin. L'appui du duc d'Orléans et une émeute parisienne obligent Mazarin à s'exiler. Le 8 février 1651, la reine et le jeune Louis essaient de s'enfuir de la capitale mais alarmés les parisiens envahissent le palais royal où loge le roi, désormais prisonnier de la fronde. Le 7 septembre 1651, le lit de justice déclare majorité du roi. Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour marcher sur Paris. Défait, Condé se jette dans Paris qui se soulève devant le retour d'exil de Mazarin. Le pouvoir royal doit de nouveau assiéger Paris. Le deuxième exil de Mazarin, les exactions des troupes de Condé, les troubles populaires et le ras-le-bol de la guerre mettent un terme à la fronde, devenue impopulaire. Si la plupart des Grands font leur soumission, Condé trahit la France pour se mettre au service de l'Espagne qui a profité du désordre pour reprendre du terrain en Flandre. L'arrestation de Gondi, éternel comploteur, et son exil permet de mettre un terme définitif aux troubles. Louis est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims mais il laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu’il continue sa formation militaire auprès de Turenne.

Son mariage avec Marie-Thérèse d'Autriche

Philippe dans l'Île des Faisans en 1659. On distingue la fille de Philippe IV, future reine de France, derrière lui. Pendant le voyage du jeune roi, le 7 novembre 1659, les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées qui fixe les frontières entre la France et l'Espagne. De son côté, Louis accepte bon gré, mal gré de respecter une des clauses du traité : épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), fille de Philippe , roi d'Espagne, et d'Élisabeth de France. Il est à noter que les époux sont cousins germains, et ce doublement, la reine mère Anne d'Autriche étant la sœur de Philippe IV, et Elisabeth de France la sœur de Louis XIII. Ce mariage a cependant pour but de rapprocher la France de l'Espagne. Il a lieu le 9 juin 1660 à Saint-Jean-de-Luz. Louis ne connaît sa femme que depuis 3 jours, celle-ci ne parle pas un mot de français mais le roi "l'honore" fougueusement et devant témoins dès la nuit de noceJean-Christian Petitfils, Louis , Perrin, 2002. (selon d'autres sources, cette nuit de noces, contrairement à l'usage, n'eut pas de témoin) Georges Bordonove , "Les Rois qui ont fait la France , Louis XIV, Roi Soleil" , Pygmalion , 1983

Personnalité du Roi-Soleil

Le soleil comme emblème

Louis XIV choisit pour emblème le soleil. C'est l'astre qui donne vie à toute chose, mais c'est aussi le symbole de l'ordre et de la régularité. Il régna en soleil sur la cour, les courtisans et la France. En effet, les courtisans assistaient à la journée du roi comme à la course journalière du soleil.(Cf: Une journée à Versailles) Il apparaît même déguisé en soleil lors d'une fête donnée à la cour.

Louis XIV, une force de la nature

On dit du roi qu'il n'était pas grand – 1, 57 m – mais qu'il était d'une grande élégance et en imposait par sa prestance, sa beauté et sa superbe. Malgré tout, il était robuste : jamais fatigué, il ne craignait ni le chaud ni le froid, ni la pluie ni la grêle, et ne comprenait pas que l'on puisse en souffrir. Comme tous les Bourbons, c'est un gros mangeur, dont l'appétit gargantuesque étonne les témoins. De plus, il est un inconditionnel de la danse, il aime les spectacles de ballets et du jeu de paume. Comme presque tout Capétien, c'est aussi un passionné de chasse infatigable. C'est un homme passionné et curieux de tout ce qui l'entoure. Ses oreilles sont partout. Grâce à ses suisses qui espionnent tout et tout le monde à Versailles, il est plus vite que tout le monde mis au courant de ce qui se dit sur lui.

Un amant fougueux

Madame de Maintenon, l'épouse secrète du roi Louis a de très nombreuses maîtresses, parmi lesquelles Louise de La Vallière, Marie-Angélique de Fontanges, Madame de Montespan, Madame de Maintenon (qu'il épousa secrètement après la mort de la Reine, sans doute dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, en présence du Père de La Chaise qui donna la bénédiction nuptiale). Adolescent, il fait la rencontre d'une nièce de Mazarin, Marie Mancini. S'en suivra entre eux une grande passion, contrariée par le cardinal, qui, conscient des intérêts de la France et des siens, préfère lui faire épouser l'infante d'Espagne. En 1670, Jean Racine s'inspira de l'histoire du roi et de Marie Mancini pour écrire "Bérénice". On dit souvent que Mademoiselle Catherine de Beauvais, surnommée Cateau La Borgnesse, déniaisa le roi, mais les historiens en doutent fortement. Cependant, cette femme "issue de peu" eut l'extrême honneur de recevoir un cadeau étonnant d'Anne d'Autriche (la reine mère) : elle est payée en pierres précieuses, prévues initialement pour les travaux du Louvre, avec lesquelles elle s’est construit un hôtel particulier à Paris, aujourd’hui situé au 68, rue François-Miron, l'hôtel de Beauvais. Plus tard, grand amateur de femmes, le roi fait aménager des escaliers secrets dans Versailles pour rejoindre ses différentes maîtresses. Ces liaisons irritent la compagnie du Saint-Sacrement, un parti de dévots. Bossuet, comme Madame de Maintenon, tentent de ramener le roi à plus de vertu.

Ses nombreuses maîtresses et favorites

- Louise Françoise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours (1644+1710),
- Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan (1668),
- Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, veuve du poète Scarron dite "la belle indienne" qu'il épousera en secret après le décès de la reine,
- Marie Mancini, nièce du cardinal de Mazarin qui deviendra Madame la Connétable de Colonna,
- Olympe Mancini, comtesse de Soissons (1655), et Hortense Mancini, sœurs de la précédente,
- Louise de Nesles, comtesse de Mailly (+1751),
- Lucie de La Motte-Argencourt (1657),
- Marie-Elisabeth de Ludres (1676 à 1677),
- Anne-Julie de Rohan-Chabot, princesse de Soubise (1674 à 1676),
- Mademoiselle de Thianges (1683)
- Lydie de Rochefort-Théobon
- Marie Angélique de Scoraille de Roussille, marquise puis duchesse de Fontanges (+1681), dite « Mademoiselle de Fontanges »
- Henriette Anne Stuart d'Angleterre, sa belle-sœur,
- Claude de Vin des Œillets, dite « mademoiselle des Oeillets »
- Anne-Lucie de La Mothe-Houdancourt,
- Catherine-Charlotte de Gramont, princesse de Monaco, épouse du prince de Monaco.

Politique

L'apogée de l'absolutisme

Louis en 1661 par Charles Le Brun. À 23 ans, il décide de prendre réellement le pouvoir en devenant monarque absolu. Également connu sous le nom de Roi soleil, Louis renforce la monarchie qui devient monarchie absolue de droit divin. Le 13 avril 1655, le roi décrète 17 édits visant à renflouer les caisses de l’État. La légende raconte qu'à cette occasion, il aurait déclaré aux parlementaires réticents le célèbre mais contesté : « l’État c’est moi ! ». En fait, il ne l'a jamais déclaré. Il dit même le contraire sur son lit de mort, en 1715 : « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours ». Louis se dissocie de l'État, dont il se définit lui-même comme, seulement, le premier serviteur.

L'élimination de Fouquet

Nicolas Fouquet, le flamboyant surintendant sera écarté du pouvoir pour permettre au Roi-Soleil de mieux briller. À la mort de Mazarin, le 9 mars 1661, la première décision de Louis est de supprimer le poste de Premier ministre et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement mais l'entourage du roi n'est pas convaincu de sa stature d'homme d'État. Louis doit faire ses preuves et prouver son autorité. Six mois plus tard, le 5 septembre 1661, jour de ses 23 ans, le roi, suivant les conseils de Jean-Baptiste Colbert, fait arrêter Nicolas Fouquet par d'Artagnan et supprime également le poste de surintendant aux Finances. Même si Fouquet a effectivement commis quelques malversations, il n'en a pas commis plus que Mazarin ou Colbert. Il s'est même montré plutôt efficace durant les huit ans passés à son poste et, grâce à lui, les finances de la France se sont un peu remises des dépenses liées à la guerre de Trente Ans et à la Fronde de 1648. Mais le roi a besoin de montrer qui dirige le pays et d'éliminer celui qu'il considère comme un trop grand ambitieux. Après trois ans d'un procès truqué par le roi, Fouquet est remplacé par Colbert en 1665. Le règne personnel du Roi-Soleil commence.

Les grandes réformes

Jean-Baptiste Colbert succèdera à Fouquet après avoir organisé son "élimination". La première partie du règne de Louis est marquée par de grandes réformes administratives et principalement l'augmentation de la pression fiscale. C'est ainsi que s'opère le passage d'une monarchie judiciaire (où la principale fonction du roi est de rendre justice) à une monarchie administrative (le roi est à la tête de l'Administration). Les finances, dirigées par le surintendant Colbert, viendront supplanter la justice en tant que première préoccupation du Conseil d'en-haut. Celui qui aurait normalement dû être en charge de la justice, le chancelier, qui, sous Louis XIV sera François-Michel Le Tellier, va lui-même délaisser la justice pour se consacrer essentiellement aux affaires de guerre. Il crée le code Louis en 1667, sorte de code civil, le code criminel en 1670, le code forestier, l'édit sur les classes de la Marine en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673. François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d'État à la Guerre, rival de Colbert au sein du conseil royal Au fil du temps, deux clans vont se mettre en place à ses côtés et cohabiter tout en rivalisant l'un avec l'autre. Le clan Colbert va gérer tout ce qui touche à l'économie, la politique étrangère, la Marine et la culture alors que le clan Le Tellier-Louvois va avoir la mainmise sur la Défense. Le roi fait ainsi sienne la devise « diviser pour mieux régner ». En ayant deux clans rivaux sous ses ordres, il est certain qu'ils s'auto-contrôleront et que cela empêchera toutes dérives permettant à un de ses ministres de réussir un coup d'État contre lui. Jusqu'en 1671, le clan Colbert domine mais, quand commencent les préparatifs de la guerre de Hollande, les réticences de Colbert qui rechigne à se lancer à nouveau dans de grandes dépenses commencent à le discréditer aux yeux du roi. De plus, l'écart d'âge entre Colbert (52 ans à l'époque) et le roi (33 ans) fait que le roi se rapproche naturellement de Louvois qui n'a que 30 ans et la même passion : la guerre. Jusqu'en 1685, c'est le clan Louvois qui est le plus influent.

Sa politique étrangère

15 mai 1685 : le doge de Gênes est contraint à venir s'excuser dans la Galerie des Glaces de Versailles (par Claude Guy Hallé, château de Versailles) Depuis la naissance de Louis , la France a continuellement été en guerre contre l'Espagne et plus généralement contre l'hégémonie des Habsbourg en Europe. Elle participe directement au dernier tiers de ce qu'on a appelé ensuite la guerre de Trente Ans conclue en 1648 par les traités de Westphalie. La France doit ensuite gérer des conflits intérieurs liés à la Fronde menés par le prince de Condé mais dont l'Espagne est le principal soutien.

Louis , le guerrier

Le 23 juin 1658 à Dunkerque, les Français récemment alliés aux Anglais (gouvernés à l'époque par Lord Oliver Cromwell) remportent une victoire importante contre Condé et l'Espagne lors de la bataille des Dunes. Ce fut une des premières grandes victoires du jeune Louis qui n'a que 20 ans à l'époque. Territoire sous règne français et conquêtes de 1552 à 1798 Louis a consacré 32 années sur 54 à faire la guerre. Au début de son règne, l'autre grande puissance en Europe est l'Espagne. En 1715, c'est le Royaume-Uni, et en particulier l'Angleterre, qui est devenu le concurrent le plus redoutable. Le roi laisse Colbert gouverner et avec l'aide de Michel Le Tellier puis du marquis de Louvois, il réorganise l'armée : unification des soldes, création de l’hôtel des Invalides en 1670, réforme du recrutement. Cette nouvelle impulsion politique limite la désertion et augmente le niveau de vie de la gent militaire. Il demande à Vauban de construire une ceinture de fortifications autour du territoire (politique du pré carré). Il dispose alors d'une armée de 300 000 hommes ce qui en fait de loin la première armée d'Europe, capable de tenir tête à des coalitions rassemblant de nombreux pays européens. Pour renforcer le pouvoir de la France dans le monde, Louis XIV engage le royaume dans une multitude de guerres et batailles :
-de 1667 à 1668, la guerre de Dévolution ;
-de 1672 à 1678, la guerre de Hollande qui se conclut par le fameux traité de Nimègue ;
-de 1688 à 1697, la guerre de la ligue d'Augsbourg (également appelée guerre de Neuf Ans) ;
-de 1701 à 1713, la guerre de Succession d'Espagne. Statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour (Lyon) Ces guerres agrandissent considérablement le territoire français. Sous le règne de Louis , la France conquiert la Haute-Alsace, Metz, Toul, Verdun , le Roussillon, l'Artois, la Flandre française, Cambrai, la Franche-Comté, la Sarre, le Hainaut et la Basse-Alsace. Ces acquisitions consacrent l'hégémonie française en Europe et ceux qui, comme le doge de Gênes, se risquent à défier le roi ne tardent pas à en payer les conséquences. Cependant, l'état de guerre permanent mène l'État au bord de la banqueroute, le forçant à lever de lourds impôts sur le peuple, mais aussi sur la noblesse (impôts de la Capitation, du Dixième). Même la famille royale doit payer des impôts.

La Marine

Représentants de l'État visitant la galère "la Réale" en construction à l'arsenal de Marseille. Tableau attribué à Jean-Baptiste de la Rose. A la mort de Mazarin, en 1661, la Marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement correct. À la même période, la marine anglaise comptait 157 vaisseaux (dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons), soit un rapport de 1 à 8 avec la Marine française. Les flottes de la république des Provinces-Unies en comportent 84. Contrairement à une idée très répandue, Louis XIV s’intéressa personnellement et contribua avec Colbert à l’essor de la marine de guerre française. Dès 1662, il crée le corps des galères, qui a l'avantage de constituer une flotte à la fois militaire et commerciale. Il préside une fois par semaine le conseil de la Marine et suit avec le plus grand soin les détails de la mobilisation des ressources, fixant chaque année l’ampleur des armements, nommant en personne tous les officiers de vaisseau ou encore choisissant le nom de chaque vaisseau fabriqué. Le roi souhaite que son armée de mer devienne aussi puissante et redoutée que son armée de terre, non tant pour combattre que pour disposer d'un instrument de dissuasion permettant de ne pas combattre. Le 7 mars 1669, il crée le titre de secrétaire d’État à la Marine et nomme officiellement Colbert premier titulaire du poste. Dès lors, Colbert et son fils vont mobiliser des ressources humaines, financières et logistiques sans précédent qui ont permis, pratiquement ex nihilo, de faire de la France une puissance militaire navale de premier rang. L’objectif fixé par Colbert était d’atteindre une flotte de 120 vaisseaux dont 72 d’au moins 50 canons. À sa mort en 1683, la Royale comptait 117 vaisseaux, 1 200 officiers et 53 000 matelots. De 1661 à la mort de Louis XIV en 1715, 381 vaisseaux et frégates furent construits.

Sa politique économique

Économie

Le roi et Colbert par Charles Le Brun La politique économique de Louis est simple : le roi dépense à la guerre tout l'argent que Mazarin puis Colbert s'évertuent à faire rentrer dans les caisses de l'État. Sous Mazarin, cette pression fiscale est à l'origine de nombreuses rébellions aussi bien au niveau de l'aristocratie (la Fronde) que du peuple (les jacqueries) :
- la révolte des sabotiers de Sologne (de avril à août 1658).
- la révolte du Boulonnais en mai 1662 (aussi appelée « révolte des Lustucrus »). Après Mazarin, Colbert a lui aussi multiplié les initiatives économiques :
- il invente sa propre version du mercantilisme qu'on appelle ensuite le colbertisme. Son concept se résume en quelques mots : augmenter les exportations et réduire les importations.
- il crée les manufactures qui peuvent être d'État (tapisseries de Beauvais, des Gobelins) ou privées (Saint-Gobain). Pour faire rentrer des devises, Colbert favorise l'exportation par des aides d'État et limite les importations en instaurant un protectionnisme fort. Il incite les meilleurs artisans d'Europe à venir travailler en France pour disposer des produits de la meilleure qualité possible et donc plus faciles à vendre.
- pour faciliter le commerce, il améliore les infrastructures en créant des routes. Avec l'aide de son fils, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, il développe la marine marchande pour vendre les produits et la "marine royale" (militaire) pour protéger les convois.
- il favorise le développement des colonies et la création des compagnies commerciales : Compagnie des Indes Orientales (Océan indien), Compagnie des Indes Occidentales (Amériques), Compagnie du Levant (Méditerranée et Empire ottoman) et Compagnie du Sénégal (Afrique) pour promouvoir le commerce triangulaire des esclaves.

Le développement des colonies

Carte de l'Amérique en 1681
- En 1654, la Nouvelle-France (l'Acadie et le Canada) est colonisée pour ses ressources naturelles, surtout les pelleteries. Elle est gérée par la Compagnie de la Nouvelle-France.
- En 1659, un premier comptoir français, nommé "Saint-Louis" en hommage au roi, est installé sur l'île de Ndar au Sénégal. Le pays fut cédé à la Compagnie du Sénégal en 1673 pour transférer des esclaves noirs aux Antilles.
- En 1665, Louis crée la Compagnie française des Indes orientales basée initialement à Madagascar. La même année, Colbert rachète la Guadeloupe à Charles Houel du Petit Pré, ancien directeur de la Compagnie des îles d'Amérique, et l'île de la Martinique à Jacques Dyel Duparquet. Tous ces territoires sont confiés en gestion à la Compagnie des Indes qui fit faillite en 1674, date à laquelle ces territoires sont rattachés au domaine royal.
- En 1677, sur ordre du roi, l'amiral d'Estrées reprend la Guyane française aux Hollandais.
- En 1682, La Salle fonde à l'embouchure du Mississippi une nouvelle colonie française qui est nommée Louisiane (Nouvelle-France) en l'honneur du roi Louis.
- En 1697, le traité de Ryswick attribue la moitié Ouest de l'île de Saint-Domingue, (aujourd'hui Haïti) à la France. Pavillon du Roi-Soleil Malgré tout, les colonies sont plus une priorité pour Colbert que pour le roi. On a besoin de chair à canon pour mener les guerres en Europe et on n'envoie que très peu de gens aux colonies : les engagées et les jeunes orphelines surnommées « les filles du roi » au Canada (Nouvelle-France). Colbert entrevoit, lui, les ressources potentielles dans le développement des colonies mais dans sa correspondance avec les intendants de la Nouvelle-France, il est strict : les colonies servent au royaume et ne doivent pas se développer au détriment de l'industrie française. Pour favoriser l'accroissement naturel, il crée des amendes pour les colons masculins célibataires de plus de 20 ans et les filles de plus de 16 non mariés. En outre, il alloue la somme de 300 livres aux familles de plus de 10 enfants.

Le Code noir

En Mars 1685, Louis promulgue le « Code noir », autorisant le plein usage des esclaves dans les colonies. Ses détracteurs y voient une institutionnalisation de l'esclavage. Il était conçu comme une limitation des sévices et permettait de donner un statut aux esclaves. Avant son établissement, les esclaves étaient considérés comme un bien matériel, au même titre qu'une chaise. Avec ce code, il leur est reconnu un droit à la propriété, limité mais existant, un droit à la retraite et une obligation de bon traitement pour les propriétaires ainsi que l'obligation de bien les nourrir. Ce code, bien que mal appliqué du fait de la pression des colons sur la justice, aurait eu le mérite d'avoir voulu accorder un cadre à la traite des Noirs de l'époque.

Sa politique religieuse

Les réformes religieuses

Louis est partisan du gallicanisme, une France chrétienne unifiée mais indépendante du pape. Le 13 décembre 1660, le roi fait savoir au Parlement qu’il a décidé d’éradiquer le jansénisme, ce qui ne l'empêche pas de choisir Simon Arnauld de Pomponne pour secrétaire d'État, en 1671, après la Paix de l'Église. Pour les mêmes raisons, il combattit également le protestantisme et la compagnie du Saint-Sacrement. Si au début de son règne, Louis connait quelques différends avec la papauté (Alexandre VII a même été menacé de guerre en 1662), le règne du Roi-Soleil connaît une orientation plus religieuse à partir de 1684. La reine Marie-Thérèse et Colbert meurent en 1683 et l'austère Madame de Maintenon devient l'épouse secrète du monarque. On dit qu'elle fut l'une des farouches partisanes de la révocation de l'édit de Nantes. Aujourd'hui, cet argument est de plus en plus contesté par les historiens.

Révocation de l'édit de Nantes

Après la révocation de l'édit de Nantes, le protestantisme devient interdit sur le territoire français L'édit, signé à Nantes le 13 avril 1598 par le roi de France Henri , autorisait la liberté de culte aux protestants dans certaines limites, et leur accordait la possession de certaines places fortes militaires. Le versant militaire de l'édit de Nantes, à savoir la possibilité pour les protestants de conserver des places fortes militaires, avait été révoqué sous le règne de Louis lors de la paix d'Alès en 1629. Le versant religieux de l'édit de Nantes fut révoqué par Louis en octobre 1685 (édit de Fontainebleau, contresigné par le chancelier Michel Le Tellier). Le protestantisme devient dès lors interdit sur le territoire français. Cette révocation entraînera l'exil de beaucoup de huguenots vers des pays protestants : l'Angleterre, les États protestants d'Allemagne, les cantons protestants de Suisse, les Provinces-Unies et ses colonies, comme celle du Cap. On estime à environ le nombre d'exilés, dont beaucoup d'artisans ou de membres de la bourgeoisie. Les protestants les plus pauvres étaient soumis depuis 1679 aux dragonnades. Ainsi, le catholicisme était rétabli, les temples transformés en églises ; mais chez beaucoup d'entre eux, l'adhésion au catholicisme restait superficielle. Les récents travaux de Michel Morrineau et de Janine Garrisson ont beaucoup nuancé les conséquences économiques de la révocation. Ainsi, on s'aperçoit qu'en 1686 l'économie française a été particulièrement faste. La formation d'une diaspora française en Europe a permis de créer de nouveaux marchés d'exportation, mais aussi d'asseoir l'essor européen de la langue française au siècle suivant. La révocation de l'édit de Nantes a aussi pour conséquences indirectes des soulèvements de protestants dans le Languedoc dont la guerre des Camisards constitue le paroxysme. Le protestantisme était à l'époque de Louis XIV minoritaire en France, et n'a jamais constitué plus de 10 % de la population française y compris lors des guerres de religion au . Cette révocation permit donc, en France, une limitation de la religion protestante et une conversion progressive au catholicisme. En "domestiquant" la noblesse, le roi "domestiqua" aussi la religion. Si de nombreux nobles s'affichèrent protestants au , c'était davantage affaire de politique que de foi, bien que certains adhérèrent pleinement à la religion de Calvin. Louis XIV, en créant une cour reposant sur l'équilibre des forces entre factions nobiliaires, réussit à convertir bon nombre de nobles protestants, qui, pour acquérir une charge à la cour durent se convertir à la religion du roi : le catholicisme. Le protestantisme en France sur le plan symbolique contredisait ce qu'Elisabeth Labrousse a bien formulé sur son ouvrage portant sur la révocation : le royaume de France ne devait être que sous le règne de l'Unique "un roi, une foi, une loi". À la mort de Mazarin, Louis XIV, avec l'appui de ses ministres restreignit petit à petit les privilèges accordés aux protestants par la monarchie en 1598, jusqu’à vider le texte de sa substance. La révocation n'est pas un coup de tête soudain du monarque, mais une lente et douce agonie du parti protestant en France qui, sans chefs et polémistes charismatiques, ne pouvait résister à la propagande et aux moyens mis en place par les catholiques, qu'ils soient dévots, gallicans ou même jansénistes.

La politique de Louis XIV vis-à-vis du judaïsme

Paradoxalement, autant Louis XIV fut hostile à l'Église réformée, autant fut-il plutôt favorable aux Juifs. Son règne marque en effet un tournant dans la politique du pouvoir royal vis-à-vis du judaïsme. En 1648, le traité de Westphalie attribue les Trois-Évêchés et l'Alsace à la France. Les Juifs qui y habitent ne sont pas exclus du royaume bien que l'édit de 1394 expulsant les Juifs de France soit encore théoriquement applicable. En outre, en 1657, Louis XIV est reçu solennellement avec son frère à la synagogue de Metz. Sa politique, peut-être parce que Colbert voit dans les Juifs une population favorisant l'activité économique, permet le développement de la communauté juive lorraine qui croît sensiblement durant son règne.

Sa politique culturelle

Louis le Bâtisseur

Le dôme de l'Hôtel des Invalides Dans l'esprit du roi, la grandeur d'un royaume doit aussi se mesurer par son embellissement. Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera la restauration du palais et du jardin des Tuileries confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre. Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture. Outre le château de Versailles que Louis fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d'inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux, tout comme à Saint-Germain, le château qui vit le début de son règne, il confia la restauration des jardins à Le Nôtre. Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le Pont Royal (financé sur ses propres deniers), l'observatoire, les Champs-Elysées, les Invalides, la place Vendôme, mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l'Espagne, l'Empire, le Brandebourg et la Hollande. Deux arcs de triomphe rues Saint-Denis et Saint-Jacques célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes. Il fait modifier aussi profondément la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon, Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes telles que Versailles pour la cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d'Alsace sont crées ou développées. Pour faciliter le développement de la Royale, il développe les ports et arsenaux de Brest et de Toulon, crée un port de guerre à Rochefort, des ports de commerce à Lorient et Sète et fait construire le port franc et l'arsenal des galères à Marseille.
-En 1680, création de la Comédie-Française.
-En 1681, ouverture du canal du Midi, qui relie l'Atlantique à la Méditerranée, en passant par Toulouse.
-En novembre 1682, le roi place le collège royal Louis le Grand à Paris sous son haut patronage.
-En 1702, Paris est divisée en vingt quartiers. Création de l'éclairage public et d'une police dans les rues de la capitale.

Louis , Patron des Arts

Molière, un des artistes favoris de Louis Après l'arrestation de Fouquet, le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l'époque tels que Molière (en signe d'amitié, le roi accepta d'être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun ainsi que le jardinier Le Nôtre. Il place l'Académie française sous son contrôle et devient son "protecteur". Il dépense aussi d'importantes sommes dans l'amélioration du Louvre avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale. Il y emménagea en 1682 après plus de 20 ans de travaux.

Fin de règne et succession

Louis et sa famille par Nicolas de Largillière Des problèmes de succession et la santé dégradée du roi assombrissent la fin de son règne. En 1711, son fils Louis de France (le Grand Dauphin) meurt de la variole à 49 ans. L'année suivante, son petit-fils devenu dauphin, le duc de Bourgogne (29 ans) et le deuxième fils de celui-ci (5 ans) meurent lors d'une épidémie de rougeole. Le dauphin avait déjà perdu son aîné en 1705, il ne lui reste qu'un fils, le futur Louis XV.

Branche française

Louis XV, l'arrière petit-fils de Louis XIV lui succédera en 1722 après la régence de son oncle, Philippe d'Orléans Quant à l'autre, le duc de Berry, il meurt en 1714 des suites d'une chute de cheval. Hormis le roi d'Espagne, le seul descendant mâle légitime de Louis est alors le duc d'Anjou, fils cadet du duc de Bourgogne et son arrière-petit-fils. Né en 1710, c'est un petit garçon de santé fragile. Comme il ne reste qu'un petit nombre de princes du sang dans d'autres branches, Louis décide de renforcer la famille royale en donnant, dans son testament de 1714, le droit de succession au duc du Maine et au comte de Toulouse, deux fils illégitimes qu'il avait eu de Madame de Montespan. Cette décision violait les lois fondamentales du royaume, qui avaient toujours écarté du trône les enfants illégitimes, et rencontra une incompréhension souvent scandalisée. Il semble que le roi ait en fait été prêt à contredire les vieilles lois de succession pour écarter du trône son neveu Philippe d'Orléans, successeur potentiel et dont il se méfiait beaucoup. Mais c'est finalement son arrière-petit-fils "officiel" et petit-fils du grand dauphin, le duc d'Anjou, âgé de cinq ans, qui devient roi sous le nom de Louis XV, la régence étant exercée, durant sa minorité, par le duc d'Orléans, neveu et gendre de Louis .

Branche espagnole

Le deuxième fils du grand dauphin devient roi d'Espagne en 1700 sous le nom de Philippe . Il renonce à ses droits à la succession du trône de France à l'issue de la guerre de Succession d'Espagne, par le traité d'Utrecht. Louis réalise ainsi son rêve de mettre un membre de la dynastie des Bourbons (son petit-fils en l'occurrence) sur le trône d'Espagne. Malgré de nombreux renversements suivis de restauration, la Maison de Bourbon conserve la couronne d'Espagne jusqu’à notre époque. L'actuel roi d'Espagne, Juan Carlos , est ainsi un descendant de Louis .

Les derniers jours

Louis meurt le 1715 à 8h15 du matin, la veille de ses 77 ans, d'une gangrène sénile à la jambe, entouré de ses courtisans, après avoir agonisé pendant deux ou trois jours. Ses derniers conseils au futur roi Louis XV furent de ne pas l'imiter dans son goût pour les bâtiments, de soulager la misère de ses peuples, "ce que j'ai le regret de ne pas avoir fait", et de vivre en paix avec ses voisins. Il avoua même : "J'ai trop aimé la guerre." Sur son lit de mort, il déclare aussi : « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. » Son règne aura duré 72 ans et 100 jours (54 années de règne effectif si on retire la période de la régence de 1643 à 1661). Il est enterré, muni des Sacrements de l'église catholique, comme se doit de l'être le "Roi Très Chrétien", dans la basilique Saint-Denis. Sa disparition ne semble pas avoir soulevé beaucoup d'émotion parmi les courtisans ni parmi le peuple, lassés d'un long règne à la fin assombrie. Le Parlement de Paris cassa son testament dès le lendemain 2 septembre, ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires. Pour la plupart de ses sujets, le souverain vieillissant était devenu une figure de plus en plus lointaine. Le cortège funèbre de Louis XIV fut même hué ou raillé sur la route de Saint-Denis. Cependant, de nombreuses cours étrangères, même traditonnellement ennemies de la France, eurent conscience de la disparition d'un monarque d'exception : l'Electeur de Saxe n'eut besoin d'aucune précision de nom lorsqu'il annonça solennellement à ses ministres: "Messieurs, le Roi est mort."

Descendance

Louis a de nombreux enfants légitimes et illégitimes. De sa femme, Marie-Thérèse d'Autriche, le roi a six enfants (3 filles et 3 garçons) dont un seul survécut à l'enfance : De ses maîtresses, il a également 16 ou 17 enfants dont huit furent légitimés : De l'union du roi avec Mademoiselle de La Vallière naissent :
- la première Mademoiselle de Blois (1666-1739), mariée au prince de Conti ;
- le comte de Vermandois (1667-1683). De Madame de Montespan naissent :
- le duc du Maine (1670-1736) ;
- Louis César, comte de Vexin (1672-1683) ;
- Mademoiselle de Nantes (1673-1743), mariée au duc de Bourbon ;
- Louise-Marie-Anne, mademoiselle de Tours (1674-1681)
- la seconde Mademoiselle de Blois (1677-1749), mariée à Philippe d'Orléans, le futur régent ;
- le comte de Toulouse (1678-1737). En 1679, l'affaire des poisons consommera la disgrâce dans laquelle Madame de Montespan, ex-favorite du roi était tombée quelques mois auparavant. Le roi aura également d'autres enfants non-reconnus dont:
- Avec Claude de Vin des Œillets:
- Louise de Maisonblanche (1676-1718)

Citations

- « C'est toujours l'impatience de gagner qui fait perdre. »
- « Il est très malaisé de parler beaucoup sans dire quelque chose de trop. »
- « Ceux qui ont assez de mérite pour réussir le plus souvent, trouvent quelque magnanimité à reconnaître leurs fautes. » (dans "Mémoires pour l'éducation du Dauphin")
- « Rien n'étant plus indigne que de voir d'un côté toutes les fonctions et de l'autre le seul titre de Roi. » (à propos du Premier ministre, dans "Mémoires pour l'éducation du Dauphin")
- « L'État c'est moi » (citation attribuée de manière contestée)

Notes et références

Bibliographie


- Biographies
- Yves Marie Bercé, Louis , Cavalier Bleu coll Idées reçues, 2005, (ISBN 2846701229) ;
- Lucien Bély, Louis premier d'entre les rois, Gisserot, coll. Histoire, 2005, (ISBN 287747772X ) ;
- François Bluche, Louis , Hachette, coll. « Pluriel », 1999 (1 édition 1986) (ISBN 2012789870) ;
- Jean-Christian Petitfils, Louis , Perrin, 2002, (ISBN 2235023142 )
- Gérard Sabatier, Versailles ou la figure du roi, Albin Michel, coll. « Bibliothèque des idées », 1999 (ISBN 222610472).
- Béatrix Saule, La journée de Louis XIV, 16 novembre 1700, Actes Sud.
- Synthèse
- par Voltaire - 1751
- Olivier Chaline, Le régne de Louis , Flammarion, 2005 (ISBN 2082105180) ;
- Pierre Goubert, Le siècle de Louis , Livre de Poche, coll. « Référence », 1998 (ISBN 2253905453) ;
- Joel Cornette, Chronique du règne de Louis , SEDES, coll. Regards sur l'Histoire, 1997 (ISBN 2718190116) ;
- Hubert Methivier, Le siècle de Louis , PUF, coll. Que sais-je, 1995 (ISBN 2253905453) ;
- André Corvisier, La France de Louis Ordre intérieur et place en Europe SEDES, coll. Regards sur l'Histoire, 1994 (ISBN 2718136766 ) ;
- François Bluche, Le temps de Louis Hachette, coll Vie quotidienne, 1994 (ISBN 2012351050) ;
- Ragnhild Hatton, L'Époque de Louis , Flammarion, 1992 (1 édition 1969) (ASIN 2080609904) ;
- Robert Mandrou, Louis en son temps, PUF, coll Peuples et Civilisations, 1990 (ISBN 2130358640)
- Monographies
- Faruk Bilici, Louis et son projet de conquête d'Istanbul, Turk Tarih Kurumu, 2004 (ISBN 9751617014)
- Daniel Dessert, 1661, Louis prend le pouvoir. Naissance d'un mythe ?, Complexe, coll poche, 2000 (ISBN 287027792X) ;
- Hervé Hasquin, Louis face à l'Europe du Nord, Racines, coll.Racines de l'Histoire, 1995 (ISBN 2873863900 ) ;
- Peter Burke, Louis : les stratégies de la gloire, Seuil, 1998 (1 édition 1995 (ISBN 2020206382) ;
- Pierre Goubert, Louis et vingt millions de français, Hachette, coll. « Pluriel », 1998 (1 édition 1970) (ISBN 201278870X) ;
- Jean Meyer, 1638, La Naissance de Louis , Complexe, coll. Mémoire des siècles, 1989 (ISBN 2870273037)

Voir aussi

===
Sujets connexes
Absolutisme   Acadie   Académie française   Académie royale de peinture et de sculpture   Affaire des poisons   Alexandre VII   Alsace   André Le Nôtre   Angleterre   Anne d'Autriche (1601-1666)   Antilles   Antimoine   Antoine Arnauld   Antonin Nompar de Caumont   Architecture   Armand de Bourbon-Conti   Arsenal   Artois   Auguste   Basse-Alsace   Bataille des Dunes (1658)   Belfort   Bergues   Besançon   Blaise Pascal   Boulonnais   Bourbons (dynastie française)   Brest   Briançon   Bérénice (Racine)   Cambrai   Canada (Nouvelle-France)   Canal du Midi   Capitation   Capétiens   Catherine-Charlotte de Gramont   Catholicisme   Ceinture de fer   Chancelier   Charles Houël   Charles Le Brun   Charles Perrault   Charles de France (1686-1714)   Charlotte-Élisabeth de Bavière (1652-1722)   Chasse   Chronologie de la France sous Louis XIV (1643-1715)   Château de Marly   Château de Versailles   Classicisme   Claude Guy Hallé   Claude Louis Hector de Villars   Claude de Vin des Œillets   Code Louis   Code forestier   Code noir   Colbertisme   Commerce triangulaire   Communion   Compagnie de la Nouvelle-France   Compagnie des Indes Occidentales (française)   Compagnie des îles d'Amérique   Compagnie du Levant   Compagnie du Saint-Sacrement   Compagnie du Sénégal   Compagnie française des Indes orientales   Comté de Hainaut   Comté de Roussillon   Comédie-Française   Connétable   Conseil d'en haut   Cour royale   Danse   Dauphin (titre)   Denier (monnaie)   Descendance de Louis XIV   Dessin   Doge   Droit divin   Duc d'Orléans   Dunkerque   Empire colonial français   Empire ottoman   Esclavage   Espagne   Europe   Flandre française   France   Franche-Comté   François Bluche   François Michel Le Tellier de Louvois   François d'Aix de La Chaise   François de Vendôme   Françoise Marie de Bourbon (1677-1749)   Fronde (histoire)   Galerie des Glaces   Gallicanisme   Galère (navire)   Gangrène   Garde suisse   Georges Bordonove   Gouvernement   Grand Siècle   Guadeloupe   Guerre de Dévolution   Guerre de Hollande   Guerre de Succession d'Espagne   Guerre de Trente Ans   Guerres de Louis XIV   Guyenne   Généalogie des Bourbons   Gérard Sabatier   Gênes   Habsbourg   Haute-Alsace   Haïti   Henri IV de France   Hervé Hasquin   Histoire   Histoire de France au XVIIe siècle   Histoire des Juifs en France   Hortense Mancini   Hyacinthe Rigaud   Hôtel des Invalides   Isabelle de Ludres   Italien   Jacquerie   Jacques-Bénigne Bossuet   Janine Garrisson   Jansénisme   Jean-Baptiste Colbert   Jean-Baptiste Lully   Jean-Christian Petitfils   Jean Bart   Jean II d'Estrées   Jean Racine   Jean de La Fontaine   Jeu de paume   Journée des barricades (1648)   Juan Carlos Ier d'Espagne   Jules Hardouin-Mansart   Jules Mazarin   La Bruyère   Languedoc   Latin   Le Cap   Lille   Liste des Secrétaires d'État à la Marine (France)   Liste des maîtresses des rois de France   Liste des monarques de France   Liste des rois d'Espagne   Liste des rois de Navarre   Lit de justice   Lorient   Louis Alexandre de Bourbon   Louis Armand Ier de Bourbon-Conti   Louis Auguste de Bourbon   Louis III de Bourbon-Condé   Louis II de Bourbon-Condé   Louis Le Vau   Louis XIII de France   Louis XIV, ascendance sur trois degrés   Louis XIV (homonymie)   Louis XV de France   Louis de Bourbon, comte de Vermandois   Louis de France (1661-1711)   Louis de France (1682-1712)   Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon   Louise Françoise de Bourbon (1673-1743)   Louise de La Vallière   Louise de Maisonblanche   Louisiane (Nouvelle-France)   Lycée Louis-le-Grand   Lyon   Madagascar   Madame de Maintenon   Madame de Montespan   Maison de Bourbon   Maison de Condé   Manufacture des Gobelins   Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683)   Marie Angélique de Fontanges   Marie Anne de Bourbon (1666-1739)   Marie de Médicis   Marseille   Martinique   Mathématiques   Mercantilisme   Metz   Michel Le Tellier (1603-1685)   Mississippi (fleuve)   Molière   Monaco   Monarchie   Musique   Mécénat   Mémoires   Neuf-Brisach   Nicolas Boileau   Nicolas Fouquet   Nicolas de Largillière   Noblesse   Nouvelle-France   Observatoire astronomique   Oliver Cromwell   Olympe Mancini   Paix d'Alais   Palais du Louvre   Palais royal   Pape   Paris   Parlement   Parlement (Ancien Régime)   Parlement de Paris   Peinture   Philippe III d'Espagne   Philippe IV d'Espagne   Philippe V d'Espagne   Philippe d'Orléans (1674-1723)   Philippe de France (1640-1701)   Pierre Corneille   Pierre Goubert   Pierre Mignard   Pierre Séguier   Place Bellecour   Place Vendôme   Place des Victoires   Politique anti-protestante de Louis XIV   Pont Royal   Protectionnisme   Protestantisme   Provinces-Unies   Pré carré   Périclès   Reims   René Robert Cavelier de La Salle   Robert Mandrou   Rochefort (Charente-Maritime)   Rougeole   Royaume-Uni   Régence   Régence (1715-1723)   Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)   Saint-Germain-en-Laye   Saint-Gobain   Saint-Jean-de-Luz   Sarre (département)   Simon Arnauld de Pomponne   Société d'Ancien Régime   Sologne   Statue équestre   Sète   Sébastien Le Prestre de Vauban   Sénégal   Sévigné   Toul   Toulon   Traité de Nimègue   Traité de Ryswick   Traité des Pyrénées   Traités de Westphalie   Trois-Évêchés   Tuileries   Us et coutumes à la cour de Versailles   Variole   Verdun (Meuse)   Versailles   Vexin   Vin   Voltaire  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^