Marcus Junius Brutus

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Buste en marbre de Marcus Junius Brutus Marcus Junius Brutus (vers 85 av. J.-C. - 23 octobre 42 av. J.-C.) est un sénateur romain, juriste et philosophe de la fin de la République, fils de Servilia, la maîtresse de Jules César, auquel il donna le coup fatal, en le poignardant le 15 mars 44 av. J.-C.. Jules César aurait alors dit en grec « καὶ σύ, τέkνον; » (Kaì sú, téknon ?, en latin Tu quoque, Brute, fili mihi ?), signifiant « Toi aus
Marcus Junius Brutus

Buste en marbre de Marcus Junius Brutus Marcus Junius Brutus (vers 85 av. J.-C. - 23 octobre 42 av. J.-C.) est un sénateur romain, juriste et philosophe de la fin de la République, fils de Servilia, la maîtresse de Jules César, auquel il donna le coup fatal, en le poignardant le 15 mars 44 av. J.-C.. Jules César aurait alors dit en grec « καὶ σύ, τέkνον; » (Kaì sú, téknon ?, en latin Tu quoque, Brute, fili mihi ?), signifiant « Toi aussi, mon fils ? ».

Origine

Brutus prétendait descendre de Lucius Junius Brutus qui en -509, après le viol de Lucrèce, renversa le dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe et, de ce fait, fonda la République romaine. Il est le fils de Marcus Junius Brutus, partisan de Marius, et de Servilia Caepionis, demi-sœur de Caton d'Utique, et naquit en 85 av. J.-C.

Biographie

Brutus passa une grande partie de sa jeunesse en Grèce à étudier la philosophie. Intellectuel, agissant après une grande réflexion, il suivit le parti de Pompée dans la guerre civile (malgré le fait que Pompée fit exécuter son père lorsque Marcus était tout enfant), et combattit à la bataille de Pharsale (-48), pensant que c'était dans ce parti qu'il serait le plus utile à Rome. César, qui l'aimait, et qui, même, disait-on, était son père , l'appela auprès de lui après sa victoire, et le combla de faveurs. Ces faveurs « intéressées » ne l'empêchèrent pas de garder ses idéaux républicains et de vertu. Ne voyant qu'une solution afin de sauver la République romaine d'un déclin d'ores et déjà amorcé, Brutus décida par fidélité aux principes républicains de former un coup d'État « légaliste » contre le dictateur. Les meneurs de l'assassinat de César attribuèrent à Brutus le rôle de fidèle poursuivant des traditions familiales en dépeignant César comme avide du titre de roi et de l'autorité royale. César, au moment de mourir, le voyant au nombre des conjurés, s'écria : « Et toi aussi, mon fils? » Après ce meurtre, Brutus, poursuivi par Marc Antoine, se réunit à Cassius, et livra bataille à Marc Antoine et à Octave dans les plaines de Philippes en Macédoine. Il fut vaincu, et, avec Cassius, se suicida de désespoir. On dit qu'il s'écria en mourant le 23 octobre 42 av. J.-C.: « Vertu, tu n'es qu'un nom » ; mais cette parole désespérante n'a rien d'authentique, et « les mœurs ne sont que des mots ». Sa veuve, Porcie, la fille de Caton d'Utique, se suicida en avalant des charbons ardents, dès qu'elle connut la nouvelle de cette mort: Robert Garnier a composé une tragédie sur ce sujet : Porcie (1568). Brutus cultivait un très grand intérêt pour les lettres et la philosophie. Il est courant de songer qu'il embrassa le stoïcisme, mais il se situait en fait dans l'héritage de Platon et de l'Académie et put y puiser des raisons d'intervenir contre César Plutarque, Brutus II, 2 "Parmi les philosophes grecs, aucun en vérité, ne lui était inconnu ou étranger, mais il avait un culte particulier pour les platoniciens. Il n'appréciait guère ce qu'on appelle la Nouvelle Académie et la Moyenne Académie ; il restait attaché à l'Ancienne Académie" (tr.fr. A.-M. Ozanam, Gallimard, Paris, 2001, p. 1786) ; voir D. Sedley, "The ethic of Brutus and Cassius", Journal of Roman Studies, 87, 1997, pp. 41-53 . Il avait composé un éloge de Caton d'Utique et d'autres ouvrages qui ne nous sont pas parvenus, en particulier un De virtute et un De patientia - il ne reste toutefois de lui que quelques lettres à Cicéron et à Atticus. Cicéron lui avait dédié son traité De claris oratoribus. Plutarque a écrit sa Vie.

La mort de Brutus

Le dernier discours de Brutus

Brutus s'exprimant à ses troupes, pour la dernière fois : Ce m'est une très grande joie, en cet instant, de constater que je n'ai été trahi par aucun de mes amis. Si j'avais des reproches à faire, je n'en ferais qu'à la Fortune. Non pour moi, mais pour ma patrie. Car je m'estime, pour ma part, plus heureux que nos vainqueurs. Dans le passé comme aujourd'hui, oui, je suis plus heureux qu'ils ne le seront jamais. Je laisserai au moins une réputation de vertu. De cela, ils ne triompheront jamais par les armes. Et tout leur argent ne parviendra pas à la ternir cette vertu. Ils ne pourront empêcher la postérité de voir en eux des individus méchants et injustes, qui auront mis à mort des hommes de bien, loyaux et justes, dans le but d'usurper un pouvoir auquel ils n'avaient aucun droit. Quant à vous, vous avez tenté la Fortune. S'il vous reste une chance de faire la paix avec nos ennemis, saisissez-la et pensez à vous conserver. Allez-vous-en, maintenant. Homme d'honneur, de conviction, imprégné d'un idéalisme hors du commun et d'une vertu sans faille, Brutus fera donc don de sa vie pour la République romaine, qui s'achèvera cependant avec sa mort.

Sa mort vue par les historiens de l'Antiquité

La mort de Brutus a été relatée par les historiens de l'Antiquité :
- Dion Cassius, 47, 49 : Renonçant à sauver sa vie et croyant indigne de lui d’être pris, il se réfugia, lui aussi, dans la mort. Après s’être écrié, comme Hercule : " malheureuse vertu ! tu n’étais qu’un mot ; je te cultivais comme une réalité, et tu étais l’esclave de la fortune " ; Il pria un de ceux qui se trouvaient avec lui de le tuer.
- Plutarque, Vie de Brutus, 63 : puis il se retira à l’écart avec deux ou trois personnes seulement, dont Straton. Il l'avait connu en étudiant la rhétorique. Il approcha le plus près de lui, et prenant son épée à deux mains par le manche, il se laissa tomber de son haut sur la pointe, et il se tua ainsi.
- Appien, 4, 17 : Lors Brutus se retournant vers ses amis, leur parla ainsi : " Puis qu’il en est donc ainsi, je ne suis plus utile en quoi que ce soit à ma patrie". Alors il appela un de ses principaux amis, nommé Straton, et il le pria de vouloir avancer sa mort. Et voyant que ce Straton temporisait et voulait le persuader d'adopter de meilleures pensées, il appela l’un de ses esclaves pour exécuter ce projet. Alors Straton lui dit : " En donnant ce dernier ordre, tu ne manqueras pas davantage d'un ami que d'un esclave !" Et aussitôt, il lui fit passer son épée à travers le corps, sans que Brutus se retirât ni ne remuât.

Personnage littéraire

Tragédies françaises

Brutus apparaît dans trois tragédies humanistes françaises :
- Iulius Caesar de Marc-Antoine Muret (1553)
- César de Jacques Grévin (1560)
- Cornélie de Robert Garnier (1574)

Shakespeare

Brutus apparaît dans la pièce de William Shakespeare, Jules César, voici un extrait de Brutus s'expliquant devant le Peuple romain : BRUTUS : S'il y a parmi vous quelque vrai ami de César, eh bien, qu'il sache que l'amour que Brutus portait à César n'était pas moindre que le sien. Et s'il me demande pourquoi Brutus s'est dressé contre César, voici ma réponse : je n'aimais pas César moins, j'aimais Rome davantage. Préférez-vous César vivant et mourir esclaves ? ou César mort, et tous vivre libres ? César m'aimait et je le pleure. Il connut le succès, je m'en réjouis. Il fut vaillant, je l'honore. Mais il fut ambitieux et je l'ai tué. Pour son amitié des larmes. Pour sa fortune, un souvenir joyeux. Pour sa valeur, du respect. Et pour son ambition, la mort. Qui parmi vous est assez vil pour accepter d'être esclave ? Si un tel existe, qu'il parle. Car lui, je l'ai offensé. Qui est assez grossier pour ne pas désirer d'être un Romain ? Si un tel être existe, qu'il parle. Car lui, je l'ai offensé. Qui est abject au point de n'aimer son pays ? Si un tel homme existe, qu'il parle. Car lui, je l'ai offensé. Je m'arrête et j'attends. TOUS :Personne Brutus, personne ! BRUTUS : Alors, je n'ai offensé personne. Je n'ai rien fait à César que vous ne feriez à Brutus.William Shakespeare, Jules César, Acte III, scène 2

Marc Aurèle rend hommage à Brutus

" De Sévère : l'amour de la famille, de la vérité et de la justice, et grâce à lui la découverte de Thraséas, Helvidius, Caton, Dion et Brutus, la notion d'un gouvernement démocratique, fondé sur l'égalité et le droit d'expression, et d'un empire respectant par-dessus tout la liberté de ses sujets ; mais aussi le culte constant et régulier de la philosophie, la bienfaisance, la libéralité, l'espérance et la foi en l'amitié, la franchise envers ceux qu'il désapprouvait et la transparence envers ses amis, qui n'avaient jamais à s'interroger sur ce qu'il voulait. " Marc Aurèle, Ecrits pour lui-même, 14.
- L'empereur Marc Aurèle fut stoïcien, il semble associer ici Dion à Brutus, tous deux platoniciens, comme l'avait fait avant lui PlutarqueP. Hadot éd., Marc Aurèle, Ecrits pour lui-même, I, Les Belles Lettres, CUF, Paris, 1998, pp. CLXX-CLXXIV et 30-31

Œuvres

- Traité de la Vertu de Marcus Junius Brutus (ce manuscrit n'a pu être retrouvé)

Bibliographie

- Brutus, assassin par idéal., Anne Bernet, Perrin, 2001.
- Brutus de Roger Breuil -Editions Gallimard- -1945-
- Brutus et la fin de la République de Gérard Walter -Payot 1938-

Notes

Voir aussi

Source partielle

Catégorie:Personnalité politique de la Rome antique Catégorie:Juriste romain Catégorie:Philosophe romain Catégorie:Assassin Catégorie:Décès par suicide Catégorie:Naissance en -85 Catégorie:Décès en -42 bg:Марк Юний Брут ca:Marc Juni Brut tiranicida cs:Marcus Junius Brutus cy:Marcus Junius Brutus da:Marcus Junius Brutus de:Marcus Iunius Brutus el:Βρούτος en:Marcus Junius Brutus eo:Marko Bruto es:Marco Junio Bruto eu:Marko Bruto fi:Marcus Brutus gl:Bruto he:מרקוס יוניוס ברוטוס hr:Marko Junije Brut hu:Marcus Iunius Brutus it:Marco Giunio Bruto ja:マルクス・ユニウス・ブルートゥス ka:მარკუს ბრუტუსი ko:마르쿠스 브루투스 la:Marcus Iunius Brutus lt:Markas Junijus Brutas nl:Marcus Junius Brutus no:Marcus Junius Brutus pl:Marek Juniusz Brutus pt:Marcus Junius Brutus ru:Марк Юний Брут sv:Marcus Junius Brutus uk:Брут Марк Юній ur:بروٹس zh:马尔库斯·尤尼乌斯·布鲁图
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