Paralysie supranucléaire progressive

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La paralysie supranucléaire progressive (PSP), est aussi dite maladie de Steele-Richardson-Olszewski. Elle a été en effet identifiée comme une maladie à part entière, et donc spécifique au début des années 1960 par les trois Professeurs neurologues Steele, Richardson et Olszewski, qui lui ont donné leurs noms. Elle affecte aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes aux États-Unis et en Europe (40 à 60 000, selon les estimations). La PS
Paralysie supranucléaire progressive

La paralysie supranucléaire progressive (PSP), est aussi dite maladie de Steele-Richardson-Olszewski. Elle a été en effet identifiée comme une maladie à part entière, et donc spécifique au début des années 1960 par les trois Professeurs neurologues Steele, Richardson et Olszewski, qui lui ont donné leurs noms. Elle affecte aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes aux États-Unis et en Europe (40 à 60 000, selon les estimations). La PSP provoque des lésions du tronc cérébral affectant progressivement l’équilibre, la vue, la mobilité, la déglutition et la parole. La PSP demeure toutefois méconnue et quand elle se déclare, elle est encore mal diagnostiquée avec pour conséquence des traitements initiaux souvent mal adaptés. Ainsi, la plupart des patients atteints de PSP rapportent que leur médecin généraliste ignorait tout de cette maladie jusqu'à ce que le diagnostic soit fait par un neurologue et avec l'aide d'examens par IRM.

Une maladie rare et orpheline

La PSP peut être difficile à reconnaître au début car les troubles initiaux sont également présents dans d’autres maladies neurodégénératives, comme notamment celles de Parkinson et d'Alzheimer. On considère que la PSP représente 5 à 10 % des syndromes parkinsoniens. Aux États-Unis comme en Europe où la maladie est maintenant mieux reconnue, bien que demeurant encore souvent insuffisamment bien dépistée, on estime à plusieurs dizaines de milliers les personnes qui en seraient atteintes de chaque coté de l’Atlantique. Toute maladie est une maladie de trop mais la PSP fait partie de celle où le nombre de personnes atteintes demeure malgré tout relativement faible, ce qui en fait une maladie rare. C'est là toute la cruauté de cette rareté, car elle est aussi d'autre part une maladie orpheline car à ce jour aucun médicament n'a pu démontrer une efficacité thérapeutique avérée dans le traitement de la PSP. Cette absence de traitement spécifiquement adapté à sa pathologie est, pour le malade et sa famille, la source de bien des désarrois.

Symptomatologie

Les symptômes les plus précoces sont un ralentissement intellectuel, des modifications du comportement pouvant se manifester sous forme d'une perte d'intérêt pour les activités journalières ordinaires ou d'une irritabilité et d'une susceptibilité croissantes. Ces troubles comportementaux font penser à un état dépressif. L'élocution change, elle aussi, avec une impression de bégaiement, de nasillement et de difficultés à émettre des phrases compréhensibles. Ainsi ces symptômes donnent une fausse impression de sénilité. Mais le symptôme le plus impressionnant est la perte d'équilibre à la marche, responsable de chutes inexpliquées, la perte d'équilibre s'aggrave au point de rendre la marche difficile voire impossible. A ces troubles de la mobilité viennent s'ajouter des troubles plus insidieux tels que des difficultés visuelles. Ces problèmes visuels résultent d'une incapacité à guider les yeux correctement du fait de la faiblesse ou de la paralysie des muscles qui contrôlent les globes oculaires. Enfin comme les troubles de la vision, les troubles de la déglutition font partie des symptômes plus tardifs de la maladie, ceux-ci pouvant entraîner des " fausses routes " alimentaires.

Perspectives thérapeutiques

Les traitements actuels sont essentiellement symptomatiques et cherchent à lutter contre la gêne occasionnée par la maladie. A ce titre la famille et l'entourage du patient sont essentiels, mais ils doivent eux-mêmes être soutenus et aidés dans cette lutte. La recherche vise à mieux comprendre les mécanismes de la dégénérescence neuronale, afin de ralentir l’évolution de la maladie. Un règlement sur les médicaments orphelins a déjà été adopté par le parlement européen depuis le 15 décembre 1999. Le projet européen NNIPPS, portant sur 800 patients s’est proposé en 2001 d’étudier les spécificités cliniques, cognitives, neuro-radiologiques et histologiques de la PSP. Les résultats définitifs de cette étude ne sont pas encore publiés, mais nous savons hélas, à ce jour, que les essais n'ont pas donné les résultats d'efficacité escomptée. Des recherches sont également réalisées sur les bases génétiques ou sur la nature des troubles oculomoteurs et de l’équilibre qui sont caractéristiques de l’affection. Le facteur héréditaire n'est pas la caractérisation de la maladie. Enfin de très nombreuses études et recherches sur le cerveau permettent de comprendre de mieux en mieux les mécanismes complexes de son fonctionnement et de son dysfonctionnement. Il y a lieu de penser qu'à terme ces travaux déboucheront sur des thérapies d'autant plus intéressantes qu'elles concerneront tout un ensemble de maladies neurodégénératives et non pas seulement la PSP.

La protéine TAU, une protéine impliquée dans la P.S.P.

Le codage des protéines obéit à des mécanismes biochimiques et moléculaires complexes, à dessin d'assumer des fonctions normales de vie ou de mort (apoptose) de nos cellules. La protéine tau, comme toutes les autres est codée par nos gènes et tout être humain fabrique de la protéine tau qui est normalement non pathogène. Le gène codant la protéine tau est situé sur le chromosome 17. La protéine tau est une protéine fortement exprimée dans les neurones et se situe principalement dans les axones. Elle est associée aux microtubules et interagit avec les microtubules via des domaines spécifiques de liaison aux microtubules et favorise leur assemblage et leur stabilité. L'interaction de la protéine tau avec les microtubules est régulée par phosphorylation. Tau est une phosphoprotéine qui contient environ 80 sites potentiels de phosphorylation. La régulation de l’état de phosphorylation de la protéine tau résulte des activités conjointes de protéines kinases et de protéines phosphatases. En général, une hyperphosphorylation de la protéine tau diminue son affinité pour les microtubules, ce qui peut entraîner leur déstabilisation et par conséquent une désorganisation du cytosquelette. Or, une perturbation du cytosquelette intervient au cours de l’apoptose neuronale, indiquant que des modifications de l’état de phosphorylation de la protéine tau pourraient jouer un rôle important dans la mort neuronale par apoptose. De très nombreuses maladies sont liées à des dérèglements de mécanismes qui contrôlent l’apoptose. Toute anomalie de l’apoptose peut être responsable du déclenchement et de la progression de nombreuses pathologies caractérisées par un déficit ou à l’inverse par une activation inappropriée des mécanismes apoptotiques. Ainsi, l’apoptose pourrait être impliquée dans la mort neuronale observée au cours de maladies neurodégénératives telles que la PSP. Les études postmortem de cerveaux de patients atteints de PSP montrent la dégénérescence des cellules nerveuses du cerveau en un certain nombre de zones où la présence de protéine tau pathogène est systématique. Cette présence se caractérise par des agrégats anormaux de cette protéine, sans qu'il soit établi à ce jour, s'ils sont la cause ou la conséquence de la mort cellulaire. La PSP est une tauopathie, qui peut être qualifiée de "pure" dans la mesure où cette maladie ne semble mettre en jeu qu'un mécanisme pathogène lié à la protéine tau (ou à sa phosphorylation), ce qui n'est pas le cas par exemple pour la maladie d'Alzheimer, autre tauopathie pour laquelle la protéine tau est aussi très étudiée. Un espoir : Dans l'étude de l'Université du Minnesota, menée sur des souris, les chercheurs ont réussi à contrôler la production des protéines tau dans le cerveau de leurs cobayes. En stimulant la production de protéines tau, les chercheurs ont réussi à créer une démence proche de la maladie d'Alzheimer chez les souris : leurs résultats aux tests de mémoire chutaient rapidement. Mais quand les chercheurs ont stoppé la production de nouvelles protéines dans le cerveau des souris, non seulement la mémoire a cessé de se détériorer, mais les performances aux tests ont commencé à s'améliorer. Le cerveau des souris était donc capable de récupérer une partie du terrain que les protéines tau lui avaient fait perdre. (Marion Garteiser, journaliste santé - 02/08/2005) De cette seule expérience, il n'est pas possible de dire aujourd'hui si un tel résultat est reproductible chez l'être humain. Toutefois ce résultat est très encourageant, si l'on considère que jusqu'à la date de ces expériences, confirmées par d'autres depuis, il était tenu pour irréversibles les pertes de capacités intellectuelles dues aux maladies neuro-dégénératives comme celle d'Alzheimer, mais aussi comme celle de la PSP.

Sources

- Catégorie:Maladie neurodégénérative Catégorie:Maladie de l'encéphale de:Progressive supranukleäre Blickparese en:Progressive supranuclear palsy fi:Progressiivinen supranukleaarinen halvaus it:Paralisi sopranucleare progressiva nl:Progressive Supranuclear Palsy
Sujets connexes
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