Cyclone tropical

Infos
En météorologie, un cyclone tropical est un type de cyclone (dépression) qui prend forme dans les océans de la zone intertropicale. Structurellement, un cyclone tropical est une large zone de nuages orageux en rotation autour de son centre et accompagné de forts vents. On peut les classer dans la catégorie des systèmes convectifs de méso-échelle puisqu'ils ont un diamètre inférieur à une dépression classique, dite synoptique, et que leur source d'énergie pr
Cyclone tropical

En météorologie, un cyclone tropical est un type de cyclone (dépression) qui prend forme dans les océans de la zone intertropicale. Structurellement, un cyclone tropical est une large zone de nuages orageux en rotation autour de son centre et accompagné de forts vents. On peut les classer dans la catégorie des systèmes convectifs de méso-échelle puisqu'ils ont un diamètre inférieur à une dépression classique, dite synoptique, et que leur source d'énergie principale est le dégagement de chaleur latente causé par la condensation de vapeur d'eau en altitude dans leurs orages. On peut ainsi considérer le cyclone tropical comme une machine thermique, au sens de la thermodynamique. L'importance de la condensation comme source principale d'énergie différencie les cyclones tropicaux des autres phénomènes météorologiques, comme les dépressions des latitudes moyennes, qui puisent leur énergie plutôt dans les gradients de température préexistants dans l'atmosphère. Pour conserver la source d'énergie de sa machine thermodynamique, un cyclone tropical doit demeurer au-dessus de l'eau chaude, qui lui apporte l'humidité atmosphérique nécessaire. Les forts vents et la pression atmosphérique réduite au sein du cyclone stimulent l'évaporation, ce qui entretient le phénomène. Le dégagement de chaleur latente dans les niveaux supérieurs de la tempête élève la température à l'intérieur du cyclone de 15 à 20°C au-dessus de la température ambiante dans la troposphère à l'extérieur du cyclone. Pour cette raison, on dit des cyclones tropicaux qu'ils sont des tempêtes à « noyau chaud ». Notons toutefois que ce noyau chaud n'est présent qu'en altitude - la zone touchée par le cyclone à la surface est habituellement plus froide de quelques degrés par rapport à la normale, en raison des nuages et de la précipitation. L'ouragan Ivan près de la Grenade, le 7 septembre 2004.

Classification et terminologie

Types

Noms donnés aux cyclones tropicaux par bassin: 1) Ouragan 2) Typhon 3) Cyclone. Les cyclones tropicaux sont divisés en trois groupes principaux : les dépressions tropicales, les tempêtes tropicales, et un troisième groupe dont le nom varie selon les régions.
-Une dépression tropicale est un système organisé de nuages, d'eau et d'orages avec une circulation atmosphérique définie en surface et des vents soutenus maximum de moins de 17 mètres par seconde (33 nœuds ou 38 mi/h ou 62 km/h)
-Une tempête tropicale est un système organisé de nuages, d'eau et d'orages avec une circulation définie en surface et des vents soutenus maximum entre 17 et 33 mètres par seconde (34-63 nœud ou 39-73 mi/h ou 62-119 km/h)
-Un cyclone tropical dont le vent soutenu maximum excède 33 mètres par seconde (environ 119 km/h). Le terme utilisé varie selon les régions, comme suit :
-Ouragan (origine contestée: dHurican , du caraïbe pour «Dieux du mal» ou de l'Arawak huracana signifiant «vent d'été») dans l'Atlantique Nord, l'océan Pacifique à l'est de la ligne de changement de date, et le Pacifique Sud à l'est de 160°E
-
Typhon dans le Pacifique Nord à l'ouest de la ligne de changement de date
-
Cyclone tropical
' dans le Pacifique Sud-Ouest à l'ouest de 160°E, et dans l'océan Indien. Cette terminologie est définie par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). En d'autres endroits dans le monde, les cyclones tropicaux ont reçu les noms de Baguio aux Philippines, de Chubasco au Mexique et Taino en Haïti. Le terme Willy-willy retrouvé souvent dans la littérature comme un terme local en Australie est erronné car il désigne en fait un tourbillon de poussière

Catégories

Grenade par l'ouragan Ivan en septembre 2004. On utilise une échelle de 1 à 5 pour catégoriser les ouragans selon la force de leur vent, selon l'échelle de Saffir-Simpson. Un ouragan de catégorie 1 a les vents les plus faibles, alors qu'un ouragan de catégorie 5 est le plus intense. Cette classification est relative, car des cyclones de catégories inférieures peuvent tout de même causer des dommages supérieurs à ceux des catégories supérieures, selon l'endroit frappé et les dangers qu'elles provoquent. En fait, les tempêtes tropicales peuvent elles aussi causer de graves dommages et des pertes de vies, surtout en raison des inondations. Le National Hurricane Center (le centre de prévision des cyclones tropicaux aux États-Unis) classifie les ouragans de catégorie 3 et plus comme étant des ouragans majeurs. Le Joint Typhoon Warning Center classifie les typhons dont les vents atteignent au moins 150 mi/h (241 km/h) comme étant des super typhons. La définition de vents soutenus recommandée par l'OMM est une moyenne de dix minutes. Cette définition est adoptée par la plupart des pays. Toutefois, quelques pays utilisent des définitions différentes : les États-Unis, par exemple, définissent les vents soutenus en vertu d'une moyenne d'une minute, mesurée à 10 mètres au-dessus de la surface. Les ingrédients d'un cyclone tropical incluent une perturbation météorologique pré-existante, des mers tropicales chaudes, de l'humidité, et des vents relativement faibles en altitude. Si les conditions requises persistent suffisamment longtemps, elles peuvent se combiner pour produire les vents violents, les vagues incroyables, les pluies torrentielles, et les inondations qui sont associées à ce phénomène. Il existe une contrepartie polaire au cyclone tropical, appelé le cyclone polaire, dont l'extrême est la dépression polaire.

Baptême des cyclones

Le fait de donner un prénom aux cyclones tropicaux remonte à plus de deux siècles . Cela répond à un besoin de différencier chaque événement des précédents. Ainsi les Espagnols donnaient au cyclone le nom du saint patron du jour. Les ouragans ayant frappé Porto Rico, le 13 septembre 1876 puis 1928, s'appellent tous les deux San Felipe. Le dernier avait frappé la veille la Guadeloupe et reste appelé le "Grand Cyclone" de 1928. L'armée américaine, du début du jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, avait l'habitude d'utiliser l'alphabet phonétique des transmissions militaires avec l'année. En 1949, ce système fut officialisé dans l'Atlantique Nord. Mais au bout de trois années, en 1953, la liste répétitive fut remplacée par une autre liste utilisant, comme souvent dans l'armée, des prénoms exclusivement féminins. En 1954, la liste précédente fut reprise, mais il fut décidé de changer de liste chaque année. Depuis 1979, suite aux critiques des mouvements féministes, les cyclones tropicaux sont baptisés avec des prénoms alternativement masculins et féminins. Un principe de cycles fut aussi établi. Basé sur 6 ans et six listes, les années paires débutent par un prénom masculin et impaires un prénom féminin. Ainsi la liste de 2000 est la même que celle de 1994 ; la liste de 2001 reprend celles de 1989 et 1995. Mais lors de graves cyclones, les noms de ces derniers sont supprimés de la liste et remplacés afin de ne pas choquer la population en lui rappelant de trop mauvais souvenirs. Ainsi, dans la liste 2004, Matthew a remplacé le nom de Mitch. L'Ouragan Mitch tua environ 18 000 personnes dans l'Amérique Centrale en 1998. Les prénoms sont des prénoms en anglais, espagnol et français. Les six listes prévoient 21 prénoms courants de A à W mais sans Q ni U, plutôt pauvres en prénoms. Ensuite, il est prévu d'utiliser les lettres grecques. En 2005, année de record avec 27 cyclones, la liste fut totalement utilisée jusqu'à Wilma, puis jusqu'à la lettre grecque Zeta. Comme les cyclones tropicaux ne se limitent pas au bassin Atlantique, des listes similaires sont confectionnées pour les différents secteurs des océans Atlantique, Pacifique et Indien :
-Dans le bassin de l'océan Atlantique, le National Hurricane Center (NHC) de Miami est officiellement chargé de nommer les cyclones.
-Le bassin de l'océan Pacifique est divisé entre plusieurs secteurs vu son étendue. Le NHC de Miami nomme ceux de la portion Est, le NHC de Honolulu du centre-nord, le centre japonais de celui nord-ouest et le sud-ouest revient au Bureau of Meteorology (BOM) australien et aux centres météorologiques de Fidji et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
-La dénomination dans l'océan Indien revient au BOM et au centre météorologique de l'Île Maurice selon le secteur. Cependant, dans les secteurs nord, sous-continent indien et Arabie, les cyclones ne sont pas nommés.

Lieux de formation

Carte montrant la trace de tous les cyclones tropicaux entre 1985 et 2005. Les points montrent la position des cyclones par intervalle de 6 heures, et la couleur correspond à l'Échelle de Saffir-Simpson. Presque tous les cyclones tropicaux se forment à moins de 30° de l'équateur et 87% se forment à moins de 20° de celui-ci. Comme la force de Coriolis donne aux cyclones leur rotation initiale, ceux-ci se forment rarement à moins de 10° de l'équateur (la composante horizontale de la force de Coriolis est nulle à l'équateur) La formation d'un cyclone tropical à l'intérieur de cette limite est toutefois possible si une autre source de rotation initiale se manifeste. Ces conditions sont extrêmement rares et de telles tempêtes se forment, croit-on, moins d'une fois par siècle. La plupart des cyclones tropicaux se forment dans une bande d'orages tropicaux qui encercle le globe terrestre, et qu'on appelle la zone de convergence intertropicale (ZCIT). De par le monde, il se forme en moyenne 80 cyclones tropicaux par année.

Bassins principaux

Il y a sept principaux bassins de formation des cyclones tropicaux :
- L'ouest du Pacifique Nord : les cyclones tropicaux dans cette région affectent souvent la Chine et Taiwan, le Japon et les Philippines. Ils y sont appelés typhons (du chinois : 台风(taifeng)). C'est de loin le bassin le plus actif, comptant pour le tiers de tous les cyclones tropicaux dans le monde. Les agences météorologiques nationales, ainsi que le Joint Typhoon Warning Center (JTWC) ont la responsabilité d'émettre les prévisions et les avertissements dans ce bassin.
- L'est du Pacifique Nord : il s'agit de la deuxième zone la plus active au monde, et aussi la plus dense (le plus grand nombre de tempêtes dans une zone relativement réduite d'océan). Les tempêtes qui se forment dans ce bassin peuvent atteindre l'ouest du Mexique, Hawaii et très rarement la Californie. Le Central Pacific Hurricane Center est responsable des prévisions pour la partie ouest de cette zone, et le National Hurricane Center est chargé de la partie est.
- L'est du Pacifique Sud : les cyclones dans cette région affectent généralement l'Australie et l'Océanie. Ils sont suivis et prévus par l'Australie et la Nouvelle-Guinée. Ils atteignent parfois la Nouvelle-Calédonie.
- Le nord de l'océan Indien : on divise ce bassin en deux régions, le Golfe du Bengale et la Mer d'Arabie. Le Golfe du Bengale domine le décompte, avec 5 à 6 fois plus de cyclones que la mer d'Arabie. Les cyclones qui se forment dans ce bassin sont historiquement les plus meurtriers. Notons particulièrement le cyclone de Bhola de 1970, qui fit 200 000 victimes. Les pays affectés par ce bassin incluent l'Inde, le Bangladesh, le Sri Lanka, la Thaïlande, la Birmanie et le Pakistan. Chacun de ces pays émet des prévisions et des avertissements. En de rares occasions, un cyclone provenant de ce bassin peut affecter la Péninsule d'Arabie. Comme en 1981 lorsque une tempête tropicale à touché le détoit d'Ormuz et le sultanat d'Oman et déversé des quantités d'eau totalement inhabituelles dans cette région (65 millimètres à Mascate).
- Le sud-est de l'océan Indien : les cyclones se formant dans cette région affectent l'Australie et l'Indonésie. Ils sont suivis et prévus par ces pays. Ils touchent également les iles Cocos et l'ile Christmas.
- Le sud-ouest de l'océan Indien : il s'agit du bassin le moins bien compris, en raison d'un manque de données historiques. Les cyclones se formant ici affectent Madagascar, le Mozambique, l'île de la Réunion, l'ile Rodrigues, l'île Maurice, les Comores (dont Mayotte), la Tanzanie et le Kenya. Les prévisions pour ces cyclones sont émises par le Centre Météorologique Régional Spécialisé de l'île de la Réunion, service de Météo-France. Les baptêmes sont par contre réalisés par le centre météorologique de l'île Maurice et par celui de Madagascar.
- L'Atlantique Nord : c'est le bassin tropical le plus étudié. Il inclut l'océan Atlantique, la mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique. Le nombre de cyclones tropicaux formés dans ce bassin varie grandement d'une année à l'autre, entre un seul et une vingtaine. Ils y sont appelés ouragans (de l'espagnol huracàn). Les États-Unis, le Mexique, l'Amérique centrale, les Caraïbes et le Canada peuvent être affectés par ces cyclones. Les prévisions pour ces cyclones sont émis pour tous les pays de la région par le National Hurricane Center, basé à Miami (Floride) ; le Centre canadien de prévision d'ouragan, basé à Halifax (Nouvelle-Écosse) émet des prévisions et des avertissements concernant les cyclones tropicaux qui menacent le territoire et les eaux canadiennes.

Zones de formation inhabituelles

Formation inhabituelle au large de l'Espagne en 1992. Les zones suivantes produisent très rarement des cyclones tropicaux :
- Atlantique Sud : des eaux moins chaudes, l'absence d'une zone de convergence inter-tropicale, et la présence de cisaillement vertical du vent contribuent à rendre très difficile la formation de cyclones tropicaux dans cette région. On y a toutefois observé deux cyclones tropicaux : en 1991, une faible tempête tropicale au large de l'Afrique (qui à touché l'ile de Sainte-Hélène), et le cyclone Catarina (parfois aussi appelé Aldonça), qui frappa la côte brésilienne en 2004.
- Le centre du Pacifique Nord : le cisaillement dans cette zone limite grandement les chances de développement de cyclones tropicaux. Toutefois, cette région est souvent fréquentée par des cyclones s'étant formés dans le bassin beaucoup plus favorable de l'est du Pacifique Nord.
- La Méditerranée : des tempêtes qui semblent apparentées par leur structure à des cyclones tropicaux se produisent parfois dans le bassin méditerranéen. De telles tempêtes se sont formées en septembre 1947, septembre 1969, janvier 1982, septembre 1983 et janvier 1995. La nature tropicale de ces tempêtes demeure matière à débats.
- Grands Lacs (Amérique du Nord) : bien que très au nord, la grande superficie de ces lacs peut devenir un terrain propice au développement convectif intense quand leur température est à son maximum et que de l'air très froid d'altitude y passe en automne. Une tempête en 1996 (voir Cyclone de 1996 sur le Lac Huron) sur le Lac Huron avait des caractéristiques similaires à celles d'un cyclone tropical ou subtropical, dont un œil au centre durant un temps bref .
- Le Pacifique Sud: sans être une région à fort risque, le Pacifique sud à l'est du méridien 180 n'est pas épargné par les perturbations de ce type. Entre 1831 et 1998 au moins 30 cyclones (vent moyen égal ou supérieur à 118 km/h) et environ 22 tempêtes tropicales (90km/h63 nœuds)!! Category 3+ (>95 nœuds) |- | Nord-ouest du Pacifique || Avril || Janvier ||align=center| 26, 7 ||align=center| 16, 9 ||align=center| 8, 5 |- | Sud de l'océan Indien || Octobre || Mai ||align=center| 20, 6 ||align=center| 10, 3 ||align=center| 4, 3 |- | Nord-est du Pacifique || Mai || Novembre ||align=center| 16, 3 ||align=center| 9, 0 ||align=center| 4, 1 |- | Nord-Atlantique || Juin || Novembre ||align=center| 10, 6 ||align=center| 5, 9 ||align=center| 2, 0 |- | Australie et sud-ouest du Pacifique || Octobre || Mai ||align=center| 10, 6 ||align=center| 4, 8 ||align=center| 1, 9 |- | Nord de l'océan Indien || Avril || Décembre ||align=center| 5, 4 ||align=center| 2, 2 ||align=center| 0, 4 |

Formation et développement

La formation des cyclones tropicaux est toujours un sujet de recherche scientifique intensive, et n'est pas encore complètement comprise. Cinq facteurs sont en général requis pour que la formation d'un cyclone tropical soit possible :
- La température de la mer doit dépasser 26, 5 degrés Celsius jusqu'à une profondeur d'au moins 60 mètres, avec une température des eaux de surface atteignant ou dépassant 28 à 29°C. L'eau chaude est la source d'énergie des cyclones tropicaux. Lorsque ces tempêtes se déplacent sur la terre ou sur des eaux plus froides elles faiblissent rapidement.
- Les conditions doivent être favorables à la formation d'orages. La température atmosphérique doit diminuer rapidement avec l'altitude, et la troposphère moyenne doit être relativement humide.
- Une perturbation atmosphérique pré-existante. Le mouvement vertical ascendant au sein de la perturbation aide au démarrage du cyclone tropical. Un type de perturbation atmosphérique relativement faible, sans rotation, appelé onde tropicale sert généralement de point de départ à la formation des cyclones tropicaux.
- Une distance de plus de 10 degrés de l'équateur. La force de Coriolis démarre la rotation du cyclone et contribue à son maintien. Dans les environs de l'équateur, la composante horizontale de la force de Coriolis est quasi-nulle (nulle à l'équateur), ce qui interdit le développement de cyclones.
- Absence de cisaillement vertical du vent (un changement de force ou de direction du vent avec l'altitude). Trop de cisaillement endommage ou détruit la structure verticale d'un cyclone tropical, ce qui empêche ou nuit à son développement. À l'occasion, un cyclone tropical peut se former en dehors de ces conditions. En 2001, le typhon Vamei s'est formé à seulement 1, 5° au nord de l'équateur, à partir d'une perturbation pré-existante et des conditions atmosphériques relativement fraîches reliées à la mousson. On estime que les facteurs qui ont mené à la formation de ce typhon ne se répètent que tous les 400 ans. Il est également arrivé que des cyclones se soient développés avec des température de surface de la mer à 25 degrés Celsius ou moins (ex. Vince en 2005). Quand un cyclone tropical de l'Atlantique atteint les latitudes moyennes et prend sa course vers l'est, il peut se ré-intensifier sous la forme d'une dépression de type barocline (aussi appelée frontale). De telles dépressions des latitudes moyennes sont parfois violentes et peuvent à l'occasion conserver des vents de force d'ouragan lorsqu'elles atteignent l'Europe.

Structure

Structure d'un cyclone tropical: Bandes de pluie concentriques, l'Œil et son mur. Les flèches jaunes et bleues montrent le mouvement de l'air et des nuages. (Source: NOAA). Un cyclone tropical intense comprend les éléments suivants :
- Dépression : tous les cyclones tropicaux sont en rotation autour d'une zone de basse pression atmosphérique à la surface de la Terre. Les pressions mesurées au centre des cyclones tropicaux sont parmi les plus basses que l'on puisse mesurer au niveau de la mer.
- Une couverture nuageuse centrale dense : une zone concentrée d'orages et de bandes de pluie entourant la dépression centrale. Les cyclones tropicaux avec une couverture centrale symétrique ont tendance à être intenses et à bien se développer.
- Œil : un cyclone tropical intense développe en son centre une zone de subsidence (mouvement descendant). Les conditions dans l'œil sont normalement calmes et sans nuages, bien que la mer puisse être extrêmement agitée. L'œil est l'endroit le plus froid du cyclone à la surface, mais le plus chaud en altitude. Il est habituellement de forme circulaire et son diamètre varie de 8 à 200 km. Dans les cyclones de moindre intensité, la couverture nuageuse centrale dense couvre le centre du cyclone et il n'y a pas d'œil.
- Mur de l'œil : il s'agit d'une bande circulaire de convection et de vents intenses sur la bordure immédiate de l'œil. On y retrouve les conditions les plus violentes dans un cyclone tropical. Dans les cyclones les plus intenses, on observe un cycle de remplacement du mur de l'œil, en vertu duquel des murs concentriques se forment et remplacent le mur de l'œil. Le mécanisme à l'origine de ce phénomène est encore mal compris.
-Écoulement divergent : dans les niveaux supérieurs d'un cyclone tropical, les vents s'éloignent du centre de rotation et manifestent une rotation anticyclonique. Les vents de surface sont fortement cycloniques, mais faiblissent avec l'altitude et changent de direction de rotation près du sommet de la tempête. Ceci est une caractéristique unique des cyclones tropicaux.

Observation

Avions de la National Oceanic and Atmospheric Administration (USA) : les chasseurs de cyclones. Les cyclones tropicaux intenses posent un problème particulier quant à leur observation. Comme il s'agit d'un phénomène océanique dangereux, on dispose rarement d'instruments sur le site même du cyclone, sauf lorsque celui-ci passe sur une île ou une zone côtière, ou un navire infortuné se trouve pris dans la tempête. Même dans ces cas, la prise de mesures en temps réel n'est possible qu'en périphérie du cyclone, où les conditions sont moins catastrophiques. La prise de mesures au sein même du cyclone est toutefois possible par avion. Des avions spécialement équipés, généralement de gros quadrimoteurs turbopropulsés, peuvent voler dans le cyclone, prendre des mesures directement ou à distance, et y lancer des sondes. On peut aussi imager la tempête par radar météorologique, lorsque relativement près des côtes, donnant des informations sur la structure et l'intensité des précipitations. Les satellites géostationnaires et circumpolaires peuvent obtenir des informations en lumière visible et en infrarouge partout au-dessus du globe. On en tire l'épaisseur des nuages, leur température, leur organisation et la position du système ainsi que la température de surface de la mer. Certains nouveaux satellites à orbite basse sont même équipés de radars.

Effets

Andrew (1992), le second cyclone tropical le plus coûteux de l'histoire des États-Unis, après Katrina (2005). Maison conçue pour résister aux cyclones (ici après l'ouragan Dennis de 2005) Le relâchement de chaleur dans un cyclone tropical mature peut excéder 2x1019 watts. Cela équivaut à détonner une bombe thermonucléaire de 10 mégatonnes toutes les 20 minutes. Les cyclones tropicaux au grand large causent de grosses vagues, de la pluie forte, et des vents violents. Ceci dérange les routes de navigation et coule parfois des navires. Toutefois, les effets les plus dévastateurs des cyclones tropicaux se produisent quand ils frappent la côte et entrent dans les terres. Dans ce cas, un cyclone tropical peut causer des dommages de 4 façons :
- Vents violents : des vents de force d'ouragan peuvent endommager ou détruire des véhicules, des bâtiments, des ponts, etc. Les vents forts peuvent aussi transformer des débris en projectiles, ce qui rend l'environnement extérieur encore plus dangereux.
- Onde de tempête : les tempêtes de vent, y compris les cyclones tropicaux, peuvent causer une montée du niveau de la mer et des inondations dans les zones côtières.
- Pluie forte : les orages et les fortes pluies provoquent la formation de torrents, lavant les routes et provoquant des glissements de terrain. Fin novembre 2004, l'un de ces épisodes pluvieux a touché le nord des Philippines et fait quelque 500 morts et disparus.
- Tornades : les orages imbriqués dans le cyclone donnent souvent naissance à des tornades. Bien que ces tornades soient normalement moins intenses que celles d'origine non-tropicale, elles peuvent encore provoquer d'immenses dommages. Les effets secondaires d'un cyclone tropical sont souvent aussi destructeurs :
- Épidémies : le milieu humide et chaud dans les jours qui suivent le passage du cyclone, avec en plus la destruction de l'infrastructure sanitaire, rend possible des épidémies qui peuvent mettre des vies en danger longtemps après le passage du cyclone.
- Pannes de courant : les cyclones tropicaux font souvent de lourds dommages aux installations électriques, privant de courant des dizaines de milliers de personnes, coupant les communications et nuisant aux secours.
- Problèmes de transport : les cyclones tropicaux détruisent souvent des ponts, viaducs, et routes. Ceci complique le transport de vivres, de médicaments et de matériel de secours vers les zones qui en ont besoin. Paradoxalement, ou apparemment, le passage meurtrier et destructeur d’un cyclone tropical peut avoir des effets positifs sur l’économie des régions touchées, et du pays en général, ou plutôt sur son PIB. Par exemple, en octobre 2004, après une saison cyclonique particulièrement intense dans l'Atlantique, 71 000 emplois ont été créés dans le bâtiment pour réparer les dégâts subis, notamment en Floride.

Cyclones notables

Cyclones historiques

Archives

Il n' y a guère de données écrites antérieures au XIX siècle sur le continent américain concernant spécifiquement des données météorologiques. En extrême-orient, les données sont beaucoup plus anciennes et complètes et il existe, par exemple, un registre des typhons sur les Philippines qui se sont produits entre 1348 et 1934. Il existe cependant des méthodes scientifiques permettant d'identifier et de dater des événements anciensLiu KB, Suar la trace des ouragans anciens, Pour la Science, septembre 2007, p 82-89, constituant une paléotempestologie, terme créé en 1996. Ce sont en particulier l'étude des sédiments des lacs côtiers montrant la présence de sable marin, la relative pauvreté en oxygène 18, un isotope lourd, qu'on peut retrouver dans les cernes des arbres ou dans les concrétions des grottes.

Océan Atlantique

- Ouragan de Galveston, en 1900, une des catastrophes les plus graves aux États-Unis
- Camille en 1969, dans le sud des États-Unis
- Hugo, en 1989 sur les Antilles
- Andrew, en 1992, en Louisiane et en Floride
- Floyd, en 1999, le long des côtes américaines, avec un fort impact en Caroline du Nord
- Katrina qui endommagea gravement La Nouvelle-Orléans en 2005

Océan Pacifique

- Cyclone Ingrid
- Cyclone Larry

Océan Indien

- Firinga en 1989 sur l´île de la Réunion

Actualités

Saison cyclonique 2004


- Le 26 mars 2004, le premier ouragan de l'Atlantique sud Catarina a touché les côtes du Brésil. Le typhon Khanun
- Le 18 septembre 2004, la tempête tropicale Jeanne ravage Haïti et fait plus de 3000 morts.
- Le 10 octobre 2004, le typhon Ma-on s'éloigne de Tokyo au Japon : une dizaine de morts dénombrés. On a mesuré des vents de 140 Km/heure et des précipitations importantes. Ce cyclone était le vingt-deuxième de l'aire Asie-Pacifique et le neuvième à frapper directement le Japon depuis juin 2004. La semaine précédente, le typhon Meari, avait fait 22 morts et six disparus.
- En 2004, le typhon Rananim a fait 164 morts et 1 800 blessés en Chine. On a estimé les pertes économiques à 18 milliards d'euros.
- La saison des cyclones de juin à octobre 2004 a été une des plus meurtrières depuis plusieurs années : 23 cyclones ont été dénombrés dans la zone Asie-Pacifique. Le bilan humain des 10 cyclones ayant frappé le Japon est de 102 morts. Le bilan matériel au Japon est aussi important: au moins 155 milliards de yens (1, 4 milliard de dollars) de dégâts. Les typhons les plus violents au Japon au ont dévasté Muroto en 1934 (3 000 morts) et dans la baie d'Ise en 1959 (5 000 morts).

Saison cyclonique 2005


- En juillet 2005, l'ouragan Dennis provoque plus de 50 morts et de nombreux dégâts à Cuba. Avec des vents de 300 km/h, il est passé à la catégorie 4 de l'échelle de Saffir-Simpson qui compte 5 niveaux. Le caractère précoce de cet ouragan a été souligné. Au moins 1, 5 million de personnes ont été évacuées par les autorités cubaines. Il toucha également fortement la péninsule du Yucatan au Mexique.
- Le 18 juillet 2005 le typhon Haitang a fait quatre morts sur l'île de Taïwan.
- Le 29 août 2005, l'ouragan Katrina après avoir fait 7 morts le 25 août en Floride a touché les côtes de Louisiane, inondant 80% de la Nouvelle-Orléans et ravageant la ville de Biloxi. Les vents auraient atteint 280 km/h en rafale. Les victimes pourraient se compter par milliers et les dégâts en milliards de dollars.
-4-8 septembre : le typhon Nabi provoque la mort et la disparition de 32 personnes en Corée du Sud et au Japon. D'après la police japonaise, 143 personnes sont blessées, et près de 10 000 maisons sont inondées. Les vents avaient atteint 144 Km par heure. Nabi est le 14 typhon de la saison dans cette région d'Asie-Pacifique.
- Le 10 septembre : le typhon Khanun passe au large de Taiwan.
- Le 24 septembre : l'ouragan Rita touche terre au Texas et provoque indirectement par l'élévation du niveau de la mer, la rupture d'une digue entraînant une nouvelle inondation de la Nouvelle-Orléans.
- En octobre 2005, l'ouragan Stan, classé catégorie 1, a fait 196 morts au Mexique et en Amérique centrale à cause des inondations catastrophiques et des glissements de terrain.
- Fin octobre 2005 : l'ouragan Wilma, né dans la mer des Caraïbes, provoque d'importantes inondations dans la péninsule du Yucatan, en Haïti et Jamaïque avant de traverser la Floride.
- Fin décembre 2005 : l'ouragan Epsilon et la tempête tropicale Zeta, sont les tempêtes finales dans le saison cyclonique Atlantique Nord de 2005.

Autres saisons cycloniques

saison 2005. De gauche à droite, les ouragans Jova et Kenneth, et la tempête tropicale Max

Voir aussi

===
Sujets connexes
Afrique   Alerte cyclonique   Alerte météorologique   American Meteorological Society   Amérique centrale   Antilles   Arabie   Australie   Bangladesh   Biloxi   Birmanie   Brésil   Bureau of Meteorology   Californie   Canada   Caroline du Nord   Centre canadien de prévision d'ouragan   Cisaillement   Comores   Convection   Corée du Sud   Cuba   Cyclone   Cyclone Catarina   Cyclone Ingrid   Cyclone Larry   Cyclone de 1996 sur le Lac Huron   Cyclone de Bhola   Cyclone polaire   Degré Celsius   Digue   Dépression (météorologie)   Dépression polaire   Environnement Canada   Fidji   Firinga   Floride   Force de Coriolis   Golfe du Bengale   Golfe du Mexique   Google Earth   Gradient   Grands Lacs (Amérique du Nord)   Grenade (pays)   Halifax (Nouvelle-Écosse)   Hawaii   Haïti   Inde   Indonésie   Infrarouge   Inondation   Jamaïque   Japon   Juillet 2005   Kenya   La Nouvelle-Orléans   Lac Huron   Louisiane   Lumière visible   Madagascar   Mascate   Mayotte   Mer des Caraïbes   Mexique   Miami   Mozambique   Muroto   Mètre   Météo-France   Météorologie   National Oceanic and Atmospheric Administration   Nouvelle-Calédonie   Nouvelle-Écosse   Nuage   Océan Atlantique   Océan Pacifique   Océanie   Oman   Onde de tempête   Orage   Orbite géostationnaire   Orbite polaire   Organisation météorologique mondiale   Ouragan Andrew   Ouragan Camille   Ouragan Dennis   Ouragan Epsilon (2005)   Ouragan Floyd   Ouragan Hugo   Ouragan Ivan   Ouragan Jeanne   Ouragan Katrina   Ouragan Mitch   Ouragan Rita   Ouragan Stan   Ouragan Vince   Ouragan Wilma   Ouragan de Galveston   Oxygène   Pakistan   Papouasie-Nouvelle-Guinée   Philippines   Porto Rico   Pression   Pression atmosphérique   Précipitation   Radar météorologique   Rodrigues   République populaire de Chine   Saison cyclonique 2005 (Pacifique central-nord)   Saison cyclonique 2005 (Pacifique nord-est)   Saison cyclonique 2006 (Atlantique nord)   Saison cyclonique 2006 (Pacifique central-nord)   Saison cyclonique 2006 (Pacifique nord-est)   Saison cyclonique 2006 (Pacifique nord-ouest)   Saison cyclonique 2007 (Atlantique nord)   Saison cyclonique 2007 (Pacifique nord-est)   Saison cyclonique 2008 (Atlantique nord)   San Felipe   Satellite météorologique   Seconde (temps)   Seconde Guerre mondiale   Septembre 2004   Sri Lanka   Système convectif de méso-échelle   Taiwan   Tanzanie   Température   Température de surface de la mer   Tempête   Tempête tropicale Zeta (2005)   Texas   Thaïlande   Thermodynamique   Tornade   Tourbillon de poussière   Tropical Prediction Center   Tropique   Troposphère   Typhon Vamei   Université d'État du Colorado   Vent   Wilma   Yen   Zone de convergence intertropicale  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^