Claude Allègre

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Claude Allègre, né le à Paris, est un géochimiste et un homme politique français.
Claude Allègre

Claude Allègre, né le à Paris, est un géochimiste et un homme politique français.

Jeunesse

La famille Allègre est originaire du village de Ceilhes dans l'Hérault. Claude Allègre est le fils d'une institutrice et d'un agrégé de physique-chimieÉric Aeschimann, , Libération.fr. À l'adolescence il se lie avec Lionel Jospin, au côté duquel il réside à la cité universitaire Jean Zay d’Antony. Il est resté depuis lors son ami fidèle et un soutien politique. Il termine ses études docteur en sciences physiques.

Carrière scientifique

Universitaire brillant, Claude Allègre se tourne ves la géochimie. Ses travaux ont essentiellement porté sur des problèmes de géochimie terrestre, se basant sur l'étude des éléments trace et des isotopes. Ses contributions ont facilité par la suite la compréhension de la constitution de la croûte et du manteau terrestres et aussi de l'interaction entre ces deux couches de la Terre. Allègre a également conçu des modèles sophistiqués d'un certain nombre de processus géologiques comme le volcanisme, l'évolution de l'atmosphère terrestre et la formation des nébuleuses planétaires. Avec l'américain G.J.Wasserburg, il a développé un certain nombre de techniques de datations isotopiques, et notamment la méthode de datation par le système Samarium-Neodyme. C'est ce qui lui a valu d'obtenir en 1986 le prix Crafoord en compagnie de Wasserburg. En 1968 son équipe de géochimie, installée depuis un an dans les locaux d’une usine de Saint-Maur-des-Fossés est rattachée à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et déménage dans le nouveau Campus de Jussieu. En 1976, après être devenu directeur de l'IPGP, il est amené à préconiser, lors du réveil du volcan la Soufrière en Guadeloupe, l'évacuation d'urgence de la population par crainte d'une éruption avec nuées ardentes, s'opposant au volcanologue Haroun Tazieff qui diagnostique une simple éruption phréatique, ce qui s'avèrera exact. En 1992, il succède à Maurice Allègre à la présidence du Bureau de recherches géologiques et minières. Chroniqueur au magazine Le Point, il dénonce violemment, le , la décision de désamiantage de l'université de Jussieu et qualifie l’affaire de « phénomène de psychose collective ». En 2004, dans le livre Quand on sait tout, on ne prévoit rien, il estime que les coûts relatifs au désamiantage de certains bâtiments du campus de Jussieu n'étaient pas justifiés, les risques réellement encourus étant « pour ainsi dire nuls » selon lui.

Carrière politique

Claude Allègre adhère au Parti socialiste en 1973. Conseiller spécial de Lionel Jospin au ministère de l'Éducation nationale de 1988 à 1992 il est souvent qualifié, en raison de son influence, de « ministre officieux » ou de « vice-ministre » de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il est notamment l'initiateur du plan « Université 2000 ». Il fait partie des conseillers de Lionel Jospin qui refusent le renvoi des jeunes filles musulmanes « voilées » des écoles publiques et par là même il s'oppose au projet de loi sur le port du voile islamique en France dans les établissements scolaires. Jeudi 31 aout, sur RTL, Claude Allègre a confirmé qu'il "ne reprendrait pas sa carte" du Parti socialiste en janvier. "Cela me fait mal au cœur parce que cela fait 34 ans que je suis membre de ce parti", a-t-il déclaré. Il n'a cependant pas exclu de revenir au PS si "demain une nouvelle direction" était désignée. Il a affirmé qu'il "restait profondément de gauche et beaucoup plus que le programme du PS".

Ministre de l'Éducation nationale (1997-2000)

Claude Allègre est nommé le ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Lionel Jospin. Son prédécesseur, François Bayrou, entendait cogérer le ministère avec les syndicats, dont le SNES, alors présidé par Monique VuaillatValeurs actuelles du 31 mars 2000. Claude Allègre entend réformer l'enseignement supérieur. Il réforme la gestion du personnel enseignant, supprime les heures supplémentaires des professeurs et contribue à mettre en place le système de diplômes européen LMD. Il défend la nécessité d'un rapprochement de l'école et de l'entreprise et d'un « décloisonnement » des systèmes. En ce sens, il rencontre des chefs d'entreprise ; la loi Allègre de 1999 sur l'innovation et la recherche permet aux universitaires et aux chercheurs de créer une entreprise de type startup et de déposer des brevets. Toutefois, ses annonces à la télévision et à la radio ont conduit à une opposition croissante des syndicats enseignants. Le , il prononce la phrase : « il faut dégraisser le mammouth » .. Cette phrase est souvent citée comme le point de départ du conflit. Les chiffres qu'il annonce en septembre 1997 sur le taux d'absentéisme des enseignants sont bien supérieurs à la réalité et entrent en contradiction avec les chiffres de ses propres services. En plus de leurs revendications, les syndicats dénoncent de manière récurrente les paroles prononcées et le choix des termes : « massification » de l'école, « Les enseignants ont quatre mois de vacances et, en plus, ils prennent leurs congés formation sur la scolarité ». Il se retrouve par ailleurs isolé avec Pierre-Gilles de Gennes, en opposition à la majorité des physiciens français, lorsqu'il renonce à mettre en œuvre en France un projet de synchrotron de nouvelle génération. Il préfère une participation au synchrotron anglais Diamond pour des raisons budgétaires. Roger-Gérard Schwartzenberg, son successeur au ministère de la recherche, reviendra sur ce choix et lancera la construction du synchrotron Soleil. Le conflit avec les enseignants conduit à des manifestations en mars 2000 qui contraignent Claude Allègre à remettre sa démission. Jack Lang lui succède au ministère.

Opposition à Ségolène Royal

Au sein du PS, après le retrait de Lionel Jospin, en 2002, il milite pour le retour de ce dernier à des responsabilités nationales. Au printemps 2006, il espère voir Jospin se porter candidat et tente de s'opposer à la montée en puissance de Ségolène Royal pour la candidature aux élections présidentielles. Au cours d'une émission à France-Inter, il lui fait le reproche d'être une "politicienne professionnelle". Le 28 septembre, il déclare sur France-Info C'est Dominique Strauss-Kahn qu'il soutient pour les primaires socialistes de novembre 2006. À la suite de l'échec de ce dernier durant les primaires du PS, il décide de soutenir Jean-Pierre Chevènement, qu'il préfère de loin à Ségolène Royal. Chevènement finit par se désister en faveur de cette dernière. Le 13 mars 2007 (avant le premier tour des élections) sur RTL, il déclare : Claude Allègre a précisé ne pas s'être entretenu avec la candidate socialiste à l'Elysée depuis "quatre ans, cinq ans". , a-t-il déclaré. Ségolène Royal a été ministre déléguée à l'Enseignement scolaire quand Claude Allègre était ministre de l'Education. En septembre 2007 Claude Allègre publie un livre d'entretien avec Dominique de Montvalon, directeur adjoint de la rédaction du Parisien/Aujourd'hui en France. Ce livre, "La défaite en chantant", Plon, revient sur l'échec de la gauche aux élections présidentielle et législatives du printemps. Il s'en prend à Ségolène Royal, dont il juge les capacités insuffisantes pour la présidence de la République, mais aussi et surtout à François Hollande ( " Il a foutu un bordel noir" au PS ) et à Lionel Jospin qu'il épargnait jusque là. (http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070830.OBS2634/hollande_a_foutu_un_bordel_noirau_ps_estime_claude_alle.html) (http://www.liberation.fr/actualite/politiques/275114.FR.php)

Controverse sur le réchauffement climatique

En 2006, Claude Allègre publie une chronique hebdomadaire dans le magazine L'Express. Les 21 septembre 2006 et 5 octobre 2006[http://www.lexpress.fr/idees/tribunes/dossier/allegre/dossier.asp?ida=452950 L'Express du 05/10/2006 : "Climat: la prévention, oui, la peur, non", il crée une polémique dans ses chroniques de L'Express : il affirme douter de l'influence humaine sur le climat, et prétend que le réchauffement global n'est pas le phénomène essentiel. Selon ses dires, les changements en cours relèvent plus d'une grande variabilité des phénomènes que d'un réchauffement global. Il critique l'augmentation du budget consacré à la climatologie tout en demandant plus d'études pour établir la cause des dérèglements climatiques et leurs effets. Ces affirmations provoquent des réactions indignées des Verts et de nombreux scientifiques climatologueshttp://www.lemonde.fr/web/article/0, 1-0@2-3228, 36-821441@51-816848, 0.html. Dans une séance de l'Académie des Sciences à laquelle Claude Allègre ne s'était pas rendu, l'ensemble des arguments avancés par les amis du géochimiste, ses collègues académiciens Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, ont été analysés en détail et réfutés par les climatologues Hervé le Treut, de l'Académie des sciences et Édouard Bard, professeur au Collège de Francehttp://www.lefigaro.fr/sciences/20070314.FIG000000106_climat_polemique_entre_academiciens.htmlhttp://www.liberation.fr/actualite/sciences/240724.FR.php.

Chronologie

-1976-1986 : directeur de l'Institut de physique du globe de Paris.
-1984-1985 : délégué national à la recherche
-1985 : membre de la National Academy of Sciences
-1987 : membre du comité directeur du Parti socialiste
-1988-1992 : conseiller spécial auprès de Lionel Jospin
-1989-1994 : député au parlement européen
-1990 : membre du bureau exécutif du Parti socialiste
-1992 : conseiller régional de Languedoc-Roussillon
-1992-1997 : président du conseil d'administration du Bureau de recherches géologiques et minières
-1995 : membre de l'Académie des sciences
-4 juin 1997 - 27 mars 2000 : nommé ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Lionel Jospin
- membre du conseil national du Parti socialiste
-membre du conseil d'administration du groupe Ipsos (2002).

Distinctions

- 1986 : prix Crafoord pour la géologie
- 1987 : médaille Wollaston
- 1994 : médaille d'or du CNRS

Bibliographie

- La défaite en chantant, conversations avec Dominique de Montvalon, Plon, 2007
- Ma vérité sur la planète, Plon, 2007
- Un peu plus de science pour tout le monde, Fayard, 2006
- Le défi du monde, avec Denis Jeambar, Fayard, avril 2006
- Dictionnaire amoureux de la science, Plon, octobre 2005
- Géologie isotopique, Belin, 2005
- Quand on sait tout, on ne prévoit rien, Fayard, 2004
- Un peu de science pour tout le monde, Fayard 2003
- Galilée, Plon, 2002
- Changer de politique, changer la politique, Éditions de l'Aube, 2002
- Histoires de Terre, Fayard, 2001
- Les Audaces de la vérité, (entretiens avec Laurent Joffrin), Robert Laffont, 2001
- Vive l'École libre !, Fayard, 2000
- Toute vérité est bonne à dire, avec Laurent Joffrin, Robert Laffont, 2000
- Dieu face à la science, Fayard, 1997
- Questions de France, Fayard, 1996
- La défaite de Platon, Fayard, 1995
- L'âge des savoirs, Gallimard, 1993
- Écologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993
- Introduction à une histoire naturelle, Fayard, 1992
- Économiser la planète, Fayard, 1990
- Douze clés pour la géologie (entretiens avec Émile Noël, Belin, 1987
- De la pierre à l'étoile, Fayard, 1985
- Les Fureurs de la Terre, Odile Jacob, 1987
- L'Écume de la Terre, Fayard, 1983
- Introduction à la géochimie (en collaboration avec G. Michard), PUF, 1973. Il collabore également depuis 2002 à l'élaboration de scénarios pour la télévision :
- 2006 : Galilée ou l'amour de Dieu de Jean-Daniel Verhaeghe (avec Jean-Claude Carrière)
- 2002 : La Bataille d'Hernani de Jean-Daniel Verhaeghe (avec Jean-Claude Carrière).

Voir aussi

- Processus de Bologne
- Haroun Tazieff
- La Valeur de la Science

Notes et références

Catégorie:Membre de l'Académie des sciences (France) Catégorie:Ministre français de l'Éducation nationale Catégorie:Ministre français de la Recherche Catégorie:Député européen 1989-1994 Catégorie:Volcanologue Catégorie:Naissance en 1937 Catégorie:Lauréat de la Médaille d'or du CNRS Catégorie:Membre étranger de la Royal Society Catégorie:Géochimie br:Claude Allègre de:Claude Allègre en:Claude Allègre
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