Travail (économie)

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En économie, le travail est un facteur de production de l'économie. Il est fourni par des employés en échange d'un salaire. Le processus d'entrée et de sortie d'emploi se fait par le marché du travail. Le travail est une notion complexe dont l’étude est à la fois du ressort de l’économie, de la philosophie politique, et du droit. L'étude économique théorique en est faite par l'économie du travail.
Travail (économie)

En économie, le travail est un facteur de production de l'économie. Il est fourni par des employés en échange d'un salaire. Le processus d'entrée et de sortie d'emploi se fait par le marché du travail. Le travail est une notion complexe dont l’étude est à la fois du ressort de l’économie, de la philosophie politique, et du droit. L'étude économique théorique en est faite par l'économie du travail.

Importance

Le travail et son corollaire le chômage sont des éléments importants de la situation économique d'un pays. Son statut est disputé, d'une vision faisant du travail un devoir moral (le travail éloignant le vice) et social (le bien-être collectif dépendant du nombre de travailleurs et de leur productivité) à une vision faisant du travail une exploitation et une aliénation (le droit à l'oisiveté favorisant la vie de l'esprit). Dans certains pays touchés par le chômage de masse, on rencontre également des revendications sous la forme d'un « droit au travail ». Le travail est un élément important pour l'appartenance des individus à une société, ce qui explique le désarroi d'une partie des chômeurs involontaires.

Origine

Étymologie

Le mot travail vient du bas latin tripalium formé de trois pieux, deux verticaux et un placé en transversale, auquel on attachait les animaux pour les ferrer ou les soigner, ou les esclaves pour les punir (instrument de torture). Au , Travail désigne ce qu'endure la femme pendant l'accouchement (travail = tourment, souffrance) Au : « Se donner de la peine pour »

Historique

L'esclavage a été utilisé au cours de l'Antiquité pour accomplir les tâches les plus dures. En Europe occidentale pendant le Moyen Âge, il a été remplacé par le servage, moins contraignant, qui instaurait une obligation de travail pour les paysans envers leurs seigneurs. En France, le servage a quasiment disparu après la guerre de Cent Ans, et, persistant localement, a été définitivement aboli pendant la Révolution française. L'usage de l'esclavage a perduré plus longtemps dans certaines parties du monde, notamment aux Amériques et dans le monde arabo-musulman. Le travail des enfants est resté usuel jusqu'au dans les pays développés. Il perdure encore dans les pays en développement.

Types de travail

Le travail peut se faire sous le régime du salariat, ou comme travailleur indépendant. Le télétravail se développe depuis la fin du .

Règlementation du travail

Les règles du travail sont déterminées par le Code du Travail et s'imposent aux employeurs comme aux salariés. Chacun se doit de respecter les lois et la réglementation du travail. Il existe un certain nombre de règles ayant valeur internationale, dans les conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) ou dans le cadre du droit européen. Le droit du travail s'est progressivement constitué sous pression du mouvement ouvrier avec l'élimination du travail des enfants, la lutte pour la baisse du temps de travail, pour l'amélioration des conditions de travail et la reconnaissance du syndicalisme. En France, le corps de l'inspection du travail est chargé de veiller à ce respect, au besoin en faisant appel à la Justice. Employeurs ou salariés du privé peuvent aussi faire appel au conseil de prud'hommes pour trancher un litige.

Implication dans le travail

Le choix du métier et de son temps de travail, à temps plein, à temps partiel (lorsque la durée de travail n'est pas imposée à l'individu par la crainte du chômage) est fonction des préférences individuelles des individus, qui choisissent entre leurs préférences pour la consommation et le loisir.

Opposition capital-travail

Un débat récurrent oppose la rémunération du capital et la rémunération du travail. La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est approximativement stable sur le long terme, aux alentours de 2/3. Les économistes libéraux considèrent que la tendance devrait être à laisser le marché du travail tendre vers son équilibre, qui serait un équilibre de plein emploi, et que toutes les contraintes règlementaires fixées perturbent le bon fonctionnement et créent du chômage. Pour les socialistes, la précarisation des travailleurs serait en contradiction avec la valorisation du travail. Ils pensent aussi que ce ne sont pas les charges sociales qui pèsent trop sur les entreprises, mais la répartition capital-salaire.

Critique radicale du travail

Certains refusent que le débat reste cantonné à la répartition du travail, et s'en prennent au travail en lui-même. Ils avancent que la productivité a explosé au cours du , et que cela ne s'est pas répercuté sur la quantité de travail à fournir. Ils ajoutent que le travail moderne est généralement déconnecté de sa finalité : le travailleur devenant un simple rouage d'un système économique qui le dépasse, ironiquement exhorté à produire plus alors et que nous consommons trop d'énergie par rapport à notre planète. Ces idées, relativement peu théorisées, peuvent se rencontrer chez des partisans de la décroissance, voire des anarcho-communistes.

Thématique Valeur « travail »

En France, la « valeur travail » a été mise en exergue au cours de la campagne présidentielle française de 2007 par Nicolas Sarkozy. Une idée phare du sarkozisme est le retour au travail, en réaction à ce qui est vu comme sa dévalorisation : coût du travail trop élevé, minima sociaux trop élevés par rapport aux revenus du travail, réduction du temps de travail instituée par le gouvernement socialiste en 2002.

Quelques citations

-« Paressons en toutes choses, hormis en aimant et en buvant, hormis en paressant. », Lessing.
-« Ô Paresse, prends pitié de notre longue misère ! Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines ! », Lafargue.
-« Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin. », Voltaire.
-« L'oisiveté est mère de toute psychologie. En quoi la psychologie serait-elle...un vice? », Nietzsche.
-« L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions. », Albert Jacquard.
-« La force de travail est une marchandise que son possesseur, le salarié, vend au capital. Pourquoi la vend-il ? Pour vivre. Mais la manifestation de la force de travail, le travail, est l'activité vitale propre à l'ouvrier, sa façon à lui de manifester sa vie. Et c'est cette activité vitale qu'il vend à un tiers pour assurer ses moyens de subsistance nécessaires. Son activité vitale n'est donc pour lui qu'un moyen de pouvoir exister. Il travaille pour vivre. », 1847, Karl Marx, Travail salarié et capital.
-« C'est pour parvenir au repos que chacun travaille, c'est encore la paresse qui nous rend laborieux. », Jean-Jacques Rousseau.
-« Le travail implique la pénibilité, le salariat, la subordination. », Alain Caillé.
-« On croit d'abord qu'on travaille pour soi, on se figure ensuite qu'on travaille pour sa femme, on est persuadé plus tard qu'on travaille pour ses enfants, on s'aperçoit en fin de compte qu'on travaille pour travailler. », Auguste Detœuf, propos d'Oscar Barenton, confiseur.
-« Les sociétés humaines ne sont pas soumises d'emblée et toujours aux contraintes de la rareté matérielle qu'elles ne songent pas d'abord et avant tout à accumuler des choses utiles. Elles manifestent au contraire leur écart à la nécessité matérielle et le refus de s'y plier... », Revue du MAUSS n°18
-« Le travail est ce que l'homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa vie. », Raoul Vaneigem
-« Parce qu'il ne faut plus travailler, parce qu'il ne faut plus souffrir, parce qu'il ne faut plus rien faire... Ah, ce maudit paradis ! Hélène, il n'y a rien de pire que le paradis sur terre ! », Čapek
-« Tous ces gens qui réclament du travail : de l'argent leur suffirait !" », Coluche.

Notes et références

Voir aussi

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Sujets connexes
Accouchement   Alain Caillé   Albert Jacquard   Anarcho-communisme   Antiquité   Auguste Detœuf   Campagne présidentielle française de 2007   Chômage   Code du travail (France)   Coluche   Commerce triangulaire   Conditions de travail   Conseil de prud'hommes (France)   Contrat de travail   Convention collective   Coût du travail   Division du travail   Droit   Droit du travail   Délocalisation   Employé   Ergonomie   Esclavage   Esclavage dans le monde arabo-musulman   France   Gouvernement Lionel Jospin   Guerre de Cent Ans   Inspection du travail   Jean-Jacques Rousseau   Karel Čapek   Karl Marx   Latin   Lessing   Libéralisme économique   Marché du travail   Marché du travail en France   Minima sociaux   Motivation   Mouvement ouvrier   Moyen Âge   Métier   Nicolas Sarkozy   Occident chrétien   Organisation internationale du travail   Partenaires sociaux   Paul Lafargue   Pays développés   Pays en développement   Philosophie politique   Plein emploi   Productivité   Précarité   Raoul Vaneigem   Revue du MAUSS   Réduction du temps de travail   Révolution française   Salaire   Salariat   Sciences économiques   Servage   Société (sciences sociales)   Sophisme d'une masse fixe de travail   Syndicalisme   Temps de travail   Torture   Travail des enfants   Travailleur indépendant   Télétravail   Valeur « travail »   Voltaire  
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