Peuplier

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Les peupliers sont des arbres du genre Populus de la famille des Salicacées. Le genre populus englobe 35 espèces des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord. Il comprend aussi de nombreux hybrides naturels ou créés par l'homme. Les peupliers, arbres à la croissance rapide se rencontrent rarement en forêt dense mais plutôt dans les ripisylves et aux abords des zones humides où comme les saules, ils sont appréciés des castors. Ils cro
Peuplier

Les peupliers sont des arbres du genre Populus de la famille des Salicacées. Le genre populus englobe 35 espèces des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord. Il comprend aussi de nombreux hybrides naturels ou créés par l'homme. Les peupliers, arbres à la croissance rapide se rencontrent rarement en forêt dense mais plutôt dans les ripisylves et aux abords des zones humides où comme les saules, ils sont appréciés des castors. Ils croissent sur les terrains humides voire temporairement inondés. Leur système racinaire, important, souvent superficiel et traçant (comme celui du peuplier d'Italie par exemple) peut détruire des murs, soulever les enrobés bitumés et coloniser des tuyaux d'égouts. Certaines espèces (peuplier tremble) peuvent pousser sur des sols sableux pauvres et supportent relativement bien les embruns marins, à une certaine distance de la mer toutefois. En dehors des espèces spontanées, de nombreuses variétés ou cultivars sont à la disposition des sylviculteurs (populiculteurs). Le séquençage du génome du peuplier a été annoncé en 2004 et publié en 2006. Le peuplier est l'essence qui a fait l'objet du plus grand nombre d'essais et de test d'arbres génétiquement modifiés (une souche en France, par l'INRA et d'autres au Canada).

Origines

Les paléobotanistes s'accordent à donner aux peupliers une origine fort ancienne, parmi les Angiospermes. Le Suisse O. Heer attribue au genre populus certaines empreintes de feuilles simples rencontrées dans le Néocomien de Kome, sur la côte ouest du Groenland (P. primaeva Heer). Dans le Cénomanien d'Athané, les Dicotylédones deviennent nombreuses et le genre populus y est bien représenté à côté des fougères, des cycadées, des quercus, ficus, laurus, magnolia, rhamnus, myrica, etc. mais seulement avec des feuilles rappelant celles de la section des Turanga. Les Turanga seraient donc des formes primitives. Il semble que ce n'est qu'au Sénonien que les représentants des autres sections sont apparus.

Bois

C'est un bois blanc, léger, tendre, assez résistant, adhérant et peu fissile. Il est facile à coller, à teinter, à peindre, à clouer et à agrafer mais il se scie et se ponce difficilement. Les peupliers sont cultivés de façon industrielle par des « populiculteurs » dans des zones dédiées dites peupleraies. Les belles billes servent au déroulage. On en fait des panneaux (lattés, contreplaqués), boîtes à fromage, emballages légers pour fruits et légumes, bourriches d'huîtres ou allumettes. La seconde qualité est généralement mise à profit pour la fabrication de palettes ou de pâtes à papier.

Principales espèces

Le genre Populus est divisé en six sections :
- la section Turanga : Populus euphratica Oliv., P. pruinosa Schrenk, P. ilicifolia (Engler) Rouleau
- la section Leuce :
- la sous-section Trepidae (trembles) : le tremble (Populus tremula L.), P. adenopoda Maximowicz, P.davidiana Dode, P. gamblei Dode, P. glandulosa Uyeki, P. grandidentata Michx, P. guzmanantlensis R.Vasquez & Cuevas, P. monticola Brandegee, P. ningshanica C. Wang et S. L. Tung, P. rotundifolia Griffith, P. sieboldii Miquel, P. simaroa Rzed, P. tremuloïdes Michx, P. wulianensis S.B. Liang et X. W. Li.
- la sous-section Albidae (peupliers blancs) : le peuplier blanc (Populus alba L.)
- la section Aigeiros (peupliers noirs) : une espèce européenne le peuplier noir (Populus nigra L.), plusieurs espèces nord-américaines :Populus deltoides (Bartr.) Marsh. (plusieurs sous-espèces : P. deltoides subsp. deltoides, P. deltoides subsp. monilifera et P. deltoides subsp. wislizeni) ;
- la section Tacamahaca (peupliers baumiers) : Populus trichocarpa, P. amurensis Komarov, P. angustifolia James, P. balsamifera Mill., P. ciliata Wallich Royle ex, P. girinensis Skvortov, P. haoana W.C. Chen et C.Wang, P. hsinganica C. Wang & Skvortzov, P. Laurifolia Ledebour, P. hyrcana Grossh, P. intramongolica T.Y. Sun & E.W. Ma, P. kangdingensis C. Wang & S.L. Tung, P. keerqinensis T. Y. Sun, P. nakaii Skvortzov, P. pamirica Komarov, P. platyplylla T.Y. Sun, P. pseudomaximowiczii C. Wang & S.L. Tung, P. pseudosimonii Kitagawa, P. purdomii Rehder, P. qamdoensis C. Wang & S.L. Tung, P. schneideri (Rehder) N. Chao, P. simonii Carrière, P. suaveolens Fisch, P. szechuanica C.K. Schneider, P. trinervis C. Wang & S.L. Tung, P. wenxianica Z.C. Feng et J.L. Guo, P. wuana C. Wang & S.L. Tung, P. yatungensis C. Wang & S.L. Tung, P. yuana C. Wang & S.L. Tung, P. yunnanensis Dode.
- la section Leucoides : P. heterophylla L., P. lasiocarpa Olivier, P. pseudoglauca C. Wang & S.L. Tung, P. wilsonii C. K. Schneider.
- la section Abaso : représentée par une seule espèce le Populus mexicana Wesm. ex DC., 1868 Les espèces naturelles ont été utilisées pour créer des cultivars depuis le . Certains hybrides se sont fixés à l'état sauvage. On trouve les principales espèces de peupliers :
- Populus nigra - le peuplier noir (Asie et Europe)
- Populus nigra L. var. italica Mœnch - le peuplier d'Italie ou de Lombardie
- Populus nigra napolitana - le peuplier de Naples
- Blanc de Garonne - cultivar créé à partir de populations locales
- Vert de Garonne - cultivar créé à partir de populations locales
- Populus alba L. - le peuplier blanc
- Populus trichocarpa Torr. & Gray ex Hook. - le peuplier baumier
- Populus deltoides (Bartr.) Marsh. - le peuplier deltoïde
- Populus simonii - le peuplier de Simon
- Populus tremula L. - le tremble
- Populus yunnannensis - le peuplier du Yunnan
- Populus canescens (Ait.) Sm. - le peuplier grisard (sans doute un hybride naturel de P. alba et P. tremula)
- Populus × canadensis Mœnch - le peuplier hybride euraméricain (hybride de P. deltoides femelle et P. nigra mâle)
- les peupliers hybrides interaméricains - ensemble d'hybrides de P. trichocarpa et P. deltoides
- Populus lasiocarpa Oliv., 1890 - peuplier de chine

Séquençage génétique

Le peuplier (Populus trichocarpa) a été le premier arbre dont le génome a été entièrement séquencé. Il a été choisi pour son « petit » génome qui contient 485 millions de paires de bases (le génome du pin en contient 40 à 50 fois plus) réparties sur 38 chromosomes. L'autre critère de choix a été la capacité de cet arbre à grandir de 5 m par an, permettant d'évaluer efficacement les modifications génétiques. Environ 45 500 gènes codant des protéines ont été identifiés.

Maladie

De nombreux clones se sont montrés particulièrement sensibles aux rouilles et à certains insectes défoliateur, qui semblent systématiquement s'adapter après quelques années aux clones sélectionnés pour leur résister.

Ecologie et sylviculture des peupliers

Les peuplements naturels Les différences entre les espèces de peuplier sont aussi importantes qu’il n’y a de similitudes dans la gestion de leurs peuplements naturels. Dans les régions chaudes et sèches ou dans les régions proches du Cercle Arctique, les peupleraies se confinent aux plaines inondables et aux bords de cours d’eau où elles constituent le plus souvent des peuplements quasiment purs sur plusieurs kilomètres. Dans les forêts boréales et tempérées, les peupliers sont communément rencontrés soit en formations pures soit en peuplements mélangés. La sylviculture appliquée se base prioritairement sur les modes de régénération privilégiés par tel ou tel groupe de peupliers. Ainsi la sylviculture des trembles se basera notamment sur leurs hautes capacités à drageonner alors que la gestion des peupliers des zones désertiques (P. euphratica, P. fremontii, …) se basera préférentiellement sur la reproduction sexuée. La régénération végétative Cette voie de reproduction naturelle a été privilégiée par les trembles (drageonnement). Elle a conduit à la création de peuplements monoclonaux et ce sans aucune intervention de l’homme. L’évolution d’un arbre issu de semis vers un peuplement monoclonal prend des dizaines de siècles. Dans la région des Grands Lacs et l’Alaska, la taille moyenne de ces peuplements monoclonaux varie de 2 à 8 ares ce qui est très faible comparé aux peuplements des Montagnes Rocheuses. Dans le sud de l’Utah, un peuplement monoclonal naturel couvre 43 ha, ce qui en fait probablement le plus grand organisme vivant du monde. Il est composé de 47000 tiges et pèse, selon les estimations, 6000 tonnes (Grant et al. 1992). Dans le passé, la régénération des trembles était principalement conditionnée par les incendies alors que la régénération des autres groupes (peupliers blancs, baumiers, noirs, ….) était surtout conditionnée par les perturbations des cours d’eau (érosions, alluvionnements, inondations, ….) ou les migrations de grands mammifères qui cassaient et enterraient des branches en favorisant le bouturage. Les peuplements de trembles sont habituellement exploités en coupe à blanc. Des essais de coupes progressives ont provoqué un moins bon drageonnement et une croissance plus faible des pousses, la présence d’un étage arboré aussi diffus soit-il semblant défavoriser la régénération massive et rapide de ces peupliers. La performance du drageonnement est également conditionnée par la température du sol, des réserves en hydrates de carbone du système racinaire, du génotype, de la présence de déprédateurs (grands herbivores, insectes, …), des conditions de récolte et de nombreux autres paramètres (Maini 1967 ; Zasada et Schier 1973 ; Shepperd et Fairweather, 1994). L’exploitation forestière doit être particulièrement respectueuse du sol si l’on veut s’assurer d’un bon drageonnement. Les phénomènes de compaction et les blessures de l’appareil racinaire (favorisant la diffusion de l’armillaire) et diminuant d’autant les capacités du peuplement à se régénérer (Navratil et al. 1996). Dans les sites où la régénération est optimale, on compte de 30.000 à 100.000 drageons par hectare. Bien que moins prolifique que les trembles, le P. balsamifera a également une proportion à drageonner. Par exemple dans les forêts boréales occidentales du Canada on compte 3000 tiges/hectare après exploitation (Navratil et Bella, 1990). Le P. balsamifera compte également d’autres stratégies de régénération végétative (bouturage, rejet de souche, …). D'autres peupliers drageonnent mais se reproduisent également par d’autres méthodes de régénération végétative ; rejets de souches, bouturage ou décurtation (beaucoup plus rare). Pour ces espèces, la régénération végétative est privilégiée dans les conditions stationelles moins favorables. La régénération sexuée Moins importante dans le développement de la sylviculture des tremblaies hors vallée, elle est par contre essentielle pour les systèmes forestiers ripuaires. La durée de vie de la graine étant très courte (moins de deux à trois semaines), il est impératif que la période d’ensemencement coïncide avec la fin des inondations. La réussite du semis est conditionnée par un lit d’ensemencement humide, complètement dépourvu d’autres végétaux et bien ensoleillé. Ces conditions sont généralement remplies sur les grèves, atterrissements et terrasses soit érodées par les crues, soit nouvellement créées par les dépôts alluvionnaires. La simultanéité entre la fin des crues et la période d’ensemencement des peupliers est le fruit de longues années d’évolution. Les interventions sur les cours d’eau comme leur détournement, la stabilisation des berges, la création de barrage, les pompages, diminuent voir rendent impossible la régénération naturelle. Bien que les graines puissent se déplacer sur plusieurs kilomètres grâce notamment aux courants de convection (ou en cas de grands vents), la plupart du temps elles se déposent à peine à une centaine de mètres de leurs génitrices. La sylviculture des trembles Les règles de gestion des trembles sont relativement simples. Les trembles ont été appelés par Graham et al. (1963) les arbres phoenix et ce pour une bonne raison car ils peuvent en un à deux ans après perturbation de leur milieu (exploitation, tempête, incendie, …) reconquérir et dominer le site. La sylviculture la plus communément appliquée est basée sur la régénération naturelle par drageonnement et n’est suivie d’aucun autre traitement jusqu’à l’exploitation. La forte concurrence entre les plants assure une sélection rapide dans le peuplement. Des baisses de croissance ou autres effets liés à la densité n’auraient que peu d’impacts sur la production volumique; en fait les peuplements denses sont moins susceptibles d’être affectés par les attaques d’insectes et les maladies. L’exploitation à blanc étoc continue d’être le système d’exploitation dominant (notamment sur le continent nord-américain). Ceci dit, lesexigences de gestion durable de la forêt ont impliqué la pratique de certaines variantes. Par exemple dans l’Alberta, sur la coupe, l’Alberta Pacific Corporation laisse sur pied +/- 5% du volume à exploiter afin de rencontrer les objectifs de la conservation de la nature(Stelfox 1995). Toujours dans l’Alberta, dans la gestion des peuplements mixtes trembles - conifères, les peupliers sont exploités en premier afin de permettre le maintien des conifères. Le but n’en est pour autant pas l’élimination des trembles mais bien le maintien de la forêt mixte. Dans le nord des Grands lacs, l’Administration forestière oriente sa gestion pour favoriser la conversion de certaines peupleraies vers des systèmes forestiers à espèces longévives (selon les mêmes principes que la conversion du taillis en futaie appliquée en Europe). Le maintien d’arbres sur la mise à blanc diminue fortement la vigueur et la croissance des drageons. Perala (1977) indiquait que 2, 4 à 3, 6 m2/ha de tiges sur pied sur la coupe réduisaient la croissance des drageons de 35 à 40%. Par contre Doucet (1989) citait des exemples de parcelle ayant un bon drageonnement malgré la conservation de 14 m2/ha d’arbres sur pied. Une autre étude du Superior National Forest of Minnesota menée par Stone et al. (2000) indiquait qu’une réserve de 75 arbres/ha uniformément répartis diminuait le drageonnement de 33 à 41 % mais sans pour autant affecter la croissance de ceux-ci. En pratique, les arbres laissés sont soit répartis uniformément sur la parcelle, soit concentrés en petits groupes de 10 à 30 arbres. La taille recommandée des surfaces d’exploitation par mise à blanc est de l’ordre de 4-5 ha et celles-ci doivent être idéalement dispersées dans des peuplements âgés. Dans les bons sites (index stationnel de 24, 5m à 50 ans), les exploitations ont une rotation de 25 à 30 ans avec une surface terrière de 25 à 30m2/ha (Perala 1977). La sylviculture des autres types de peupliers Pour les autres peupliers, les conditions d’exploitation peuvent être semblables mais nombre de peupleraies naturelles sont souvent remplacées par des plantations. Dans les formations forestières liées aux cours d’eau à fortes perturbations, les peupliers sont parmi les premiers colonisateurs avec les saules et les aulnes. Selon les cas, ces formations forestières peuvent évoluer vers des peuplements dominés par des essences plus longévives. La sylviculture des peuplements naturels peut présenter plusieurs scénarii adaptés aux types de peuplements (mélangés ou purs) et aux objectifs attendus (évolution vers un autre faciès forestier ou pérennisation de la peupleraie). Dans ces peupleraies, les éclaircies, quand cela s’avère possible, sont pratiquées très tôt et fréquemment. Généralement l’exploitation des peupliers est réalisée par la méthode des mises à blanc qui permet ensuite la régénération avec la même espèce. Cette méthode est cependant contre-indiquée pour certaines espèces (P. euphratica, P. pruinosa, …) occupant les zones désertiques car elle fragilise le peuplement et hypothèque la régénération naturelle. Dans ces types de peuplements, on choisira des exploitations d’arbres isolés ou par groupes de quelques arbres (4-5) afin de conserver un état forestier protecteur tout en assurant aux rejets ou aux semis des conditions suffisantes de développement. Quand les jeunes plants ont dépassé le stade critique, on peut agrandir les « cônes » de régénération. Ceci dit, les régénérations naturelles sont essentiellement axées sur la colonisation de nouveaux sites via l’ensemencement et moins par la régénération sur même site même si cette dernière est fréquente pour les espèces drageonnant aisément. Sylviculture des plantations de peupliers La culture de peuplier repose sur trois piliers essentiels : la qualité du cultivar utilisé, la qualité de la station et les traitements appliqués à la culture. Pépinières Un des grands avantages des peupliers est que le matériel de qualité supérieure peut être rapidement disponible en grande quantité. C’est d’autant plus vrai pour les peupliers des sections Aigeros et Tacamahaca dont le bouturage est relativement facile. La multiplication chez les trembles est un peu plus difficile car elle nécessite des boutures avec talon racinaire appelées barbatelles. Les produits de la pépinière peuvent être assez différents selon le mode de propagation, les coûts, le type de plantation envisagé, les conditions de plantation, … Les boutures non racinées sont produites à partir de bois d’un an et varient selon les modes de production du mini bouturage (2-3 cm)au bouturage plus classique (15cm à maximum 100 cm). Dans le cadre d’une production intensive avec des densités de plantation supérieures à 700 tiges/ha, on emploiera préférentiellement des boutures classiques. Ce type de plantation nécessite une préparation du sol comparable à une culture agricole traditionnelle et demande un contrôle de la végétation adventice aussi minutieux. Pour des plantations moins denses (< 400 tiges/ha), on préfèrera l’emploi de plançons ; la longueur de ceux-ci peut varier entre 1, 5 m et 5 ou 6 m. Ce type de matériel permet les replantations dans des milieux plus difficiles (tels qu’en forêts) et le contrôle de la végétation devenant adventice moins crucial. Ces plançons sont produits à partir des boutures classiques, installées à +/- grande densité selon les conditions climatiques (température, ensoleillement, …) et le calibre des boutures désiré. Ainsi, dans la plaine du Mississipi, les écartements sont typiquement de 0, 3m x 0, 3m soit légèrement moins de 0, 1m2/plant ; les plançons sont produits en 1 ou 2 ans et dans ces conditions, l’irrigation est fréquente. Ces fortes densités sont pratiquées afin d’empêcher le développement de branches latérales ce qui permet de réduire fortement l’habillage des plants ; cette pratique fonctionne particulièrement bien avec les P. deltoïdes et P. x euramericana mais moins avec les hybrides moins héliophiles tels que P. trichocarpa x P. deltoïdes ou P. trichocarpa x P. nigra. Autre exemple, en Belgique, la densité pratiquée est de 5000 à 10000 plants / ha soit des écartements de 1m x 2m à 1m x 1m. Classiquement, les plançons sont produits en 2-3 ans selon les cultivars ; l’irrigation y est rare mais la production nécessite une main-d’oeuvre importante pour l’habillage des plants. Les plants de trembles peuvent être transplantés à partir de barbatelles d’un an soit à la taille d’un semis d’un an (60 à 100 cm). La production de plants en container est plus anecdotique. Elle peut être réalisée soit à partir de semis, de mini boutures, de boutures ‘en vert’ ou de boutures de racine (tremble). Elle n’est quasiment pas utilisée en Europe et est commune pour des plantations en milieux arides. La compétition entre le peuplier et la végétation adventice est importante et il est d’autant plus nécessaire de la réduire que les plants installés sont petits. Plusieurs méthodes peuvent être envisagées : • Méthode mécanique : dans les parcelles plantées densément, une préparation du sol est nécessaire. Bien pratiquée elle permet de réduire de façon importante la végétation adventice. Lorsque l’écartement le permet, il est encore possible de désherber mécaniquement entre les lignes. • Méthode chimique : un arsenal d’herbicides déjà employés dans l’agriculture existe et est bien connu. Les plus utilisés des deux cotés de l’atlantique sont à base de glyphosate. Les traitements sont particulièrement nécessaires pendant les premières années dans les plantations à fortes densités ou dans les sites à forte pression herbacée comme les plantations en prairie. • Méthode du mulching : plus naturel, il permet le contrôle de la végétation pendant une certaine période mais après, celle-ci réapparaît ; son emploi permet d’améliorer l’économie hydrique mais crée également un abri pour les rongeurs. • Méthode du film plastique : c’est une variante du mulching, la couverture est assurée par un film plastique. Cette technique est notamment pratiquée dans certaines régions d’Europe afin d’optimaliser la réserve hydrique du sol et de limiter l’emploi de phytocides. En pépinière, les problèmes essentiels sont liés aux maladies telles que les rouilles, le Marssonina sp. et les dépérissements de pousses. Ces derniers étant favorisés par de fortes attaques des deux premières maladies, c’est sur celles-ci que vont se concentrer les efforts du pépiniériste. Les maladies foliaires et en particulier les rouilles feront l’objet de traitements appropriés (emploi des fongicides agréés selon les états). Les dépérissements des pousses sont causés par de nombreux agents différents comme Discosporium populeum, Cytospora chrysosperma, Phomopsis oblonga, … Les déprédateurs les plus gênants en pépinière sont les défoliateurs comme les chrysomèles et les altises (notamment Chrysomela scripta aux USA) et les insectes xylophages tels que les sésies et les saperdes. Ici aussi des insecticides adaptés existent et peuvent être utilisés selon les législations nationales. Plantations Le sol idéal est bien aéré, riche, bien alimenté en eau et suffisamment profond (profondeur de la nappe à plus d’un mètre). Il a une texture limoneuse +/- légère avec un pH eau compris entre 5 et 7, 5 (Baker et Broadfoot 1979). Mais en fait, chaque espèce et hybride de peupliers a ses exigences ou ses tolérances propres (le P. tremula supportera mieux les sols acides, le P. heterophylla les stations mouilleuses, le P. euphratica les sols halomorphes, …). Les distances de plantations dépendent de l’espèce concernée et du produit envisagé. Dans la cadre d’une production de bois d’oeuvre de haute qualité et sans éclaircie, les plantations sont réalisées à très faible densité (entre 300 et 100 plants / ha) comme cela se pratique notamment en Europe. Dans les zones méridionales ce type de culture peut être associé à des spéculations agricoles telles que la production de blé, de betterave, de produits maraîchers, de soja, … Des densités plus importantes sont pratiquées notamment aux USA, avec des écartements variant de 1600 à 625 tiges / ha. Sans éclaircies, le produit de ces plantations alimentera l’industrie de la cellulose ou des panneaux (par ex. OSB). Dans d’autres régions comme la Chine, où les fortes densités sont régulièrement usitées, les bois d’éclaircies servent notamment comme petit bois de construction, bois pour les manches d’outils ou encore comme combustible. Les densités pratiquées dépendent également de l’espèce ou de l’hybride cultivé ainsi que desobjectifs de la plantation. Outre la production de bois, les peupliers sont également largement utilisés pour la restauration des sols, comme brise vent, comme barrière à l’ensablement, comme parasol, pour l’alimentation animale, pour l’industrie pharmaceutique, pour l’ornementation ou encore en phytoremédiation. Les cultures en alignements Les plantations en alignements sont largement pratiquées à travers le monde. Elles répondent à différents objectifs plus ou moins cumulables selon les cas. Les alignements permettent d’allier production de bois d’oeuvre et activité agricole (culture ou élevage) mais ceci est loin d’être leur seule fonction. Ainsi, ils sont largement utilisés comme brise-vent (notamment à l’aide de P. nigra var ‘Italica’), dans la lutte contre l’ensablement, comme arbre de bord de voirie (route, canaux, …), pour l’ombrage ou pour leurs qualités ornementales. Les écartements varient en fonction des objectifs alloués à l’alignement. En plantation brise-vent, les écartements varient entre 2 et 4 m. Dans la lutte contre l’ensablement ou en fixation de terre, les densités peuvent être largement augmentées (écartements entre 0, 5 m et 4 m). Les plantations orientées vers la production de bois d’oeuvre ont des écartements plus larges (généralement entre 4 et 12 m). La production en alignement est plus rapide qu’en peuplement mais nécessite plus d’entretien si l’on veut produire du bois de grande qualité (tailles de formation, élagages et émondages plus fréquents). Par exemple, en Belgique, la croissance du P. x euramericana ‘Robusta’ est en moyenne de 5 cm/an en peuplement forestier mais atteint facilement 7 cm/an en alignement. Les cultures à courtes rotations Ce système de culture est devenu très en vogue à travers le monde, l’objectif étant la production de biomasse en un temps très court pour la production cellulosique ou plus fréquemment comme biocombustible. Ce type de production ligneuse nécessite les mêmes conditions que l’agriculture classique : un travail du sol, des traitements herbicides (de pré-émergence et de post-émergence) les premières années et après chaque récolte, parfois des traitements insecticides (si attaques d’insectes défoliateurs) et des apports en fumure relativement importants. Dans les régions semi-arides et bien ensoleillées, l’irrigation ou la fertirrigation y est assez commune.

Voir aussi

- Forêt
- Agrosylviculture
- Papeterie ==
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