Francisco Morazán

Infos
Le Général José Francisco Morazán Quezada (1792-1842) est un caudillo d'Amérique centrale. Il fut Président de la République Fédérale d'Amérique centrale (1830-1834 ; 1835-1839) ainsi que chef d'Etat du Honduras (1827-1830), du Guatemala (1829), du Salvador (1839-1840) et du Costa Rica (1840). Il est considéré comme étant l'un des plus grands chefs militaires d'Amérique centrale et un personnage central de la vie politique centre-américaine du début du XIXe siè
Francisco Morazán

Le Général José Francisco Morazán Quezada (1792-1842) est un caudillo d'Amérique centrale. Il fut Président de la République Fédérale d'Amérique centrale (1830-1834 ; 1835-1839) ainsi que chef d'Etat du Honduras (1827-1830), du Guatemala (1829), du Salvador (1839-1840) et du Costa Rica (1840). Il est considéré comme étant l'un des plus grands chefs militaires d'Amérique centrale et un personnage central de la vie politique centre-américaine du début du XIXe siècle en tant que leader du mouvement libérale. Né à Tegucigalpa (Honduras) en 1792, d'un père créole venant des Antilles et originaire de Corse, il reçu une éducation visant une carrière politique et militaire. Il apprit le français et se familiarisa avec la pensée des Lumières et la révolution française; il s'intéressa aussi à l'histoire de l'Europe, à la guerre d'indépendance d'Espagne et à l' Antiquité grecque et romaine. Sa formation militaire théorique s'appuya sur les guerres napoléoniennes.

Ses débuts militaires et politiques (1821-1827)

Lorsque fut déclarée l'indépendance de l'Amérique centrale vis-vis de l'Espagne, Morazán était un assistant du maire de Tegucigalpa. Cette municipalité était contre l'annexion de l'Amérique centrale à l'Empire mexicain alors que la municipalité voisine de Comayagua y était favorable. Le gouverneur de Comayagua prit des actions répressives contre Tegucigalpa qui y répondit par la formation d'une armée de volontaires. C'est ainsi que Morazán devint capitaine d'un bataillon, mais Tegucigalpa ne put empêcher l'annexion de l'Amérique centrale au Mexique. En 1823, après la sécession de l'Amérique centrale du Mexique, Francisco Morazán participa à la commission sur le pouvoir électoral de l'assemblée constituante centre-américaine, en vue d'une constitution fédérale pour les Provinces unies d'Amérique centrale. En 1824, il fut nommé secrétaire général du premier gouvernement de l'Etat du Honduras et présidé par son oncle Dionisio de Herrera. Le premier président de la République fédérale d'Amérique Centrale était Manuel José Arce, issu du parti libéral mais obligé par la majorité conservatrice du parlement de ne pas suivre son programme politique. En 1827, la guerre civile éclata entre les libéraux, trahis par Arce, et les conservateurs. Les troupes fédérales envahirent le Honduras et le Capitaine Morazán fut fait prisonnier et envoyé au Guatemala. Il arriva à s'échapper et rejoignit le Nicaragua pour prendre la tête d'une armée ayant pour but de renverser le nouveau gouvernement conservateur du Honduras. Le 27 novembre 1827, Morazán entra à Comayagua et prit le post de chef d'Etat du Honduras. C'est ainsi que Francisco Morazán devint le leader des libéraux centre-américains qui lui demandèrent son aide pour libérer les différentes régions occupées par les conservateurs.

L'invasion du Salvador et du Guatemala (1828-1829)

Le 30 juin 1828, Morazán démissionna de son poste de chef d'Etat du Honduras et prit la tête de l'Armée protectrice de la loi composée de 600 hommes d'origine hondurienne, nicaraguayenne et salvadorienne. Il partit libérer le Salvador des troupes fédérales avec cette armée hétéroclite composée de libéraux, de mercenaires et d'indiens. A San Miguel, Morazán perdit une partie de ses troupes car il interdit aux soldats de piller la ville, préférant les payer en réquisitionnant les commerçants. Malgré ces désertions et après quelques escarmouches, il entra à San Salvador en tant que libérateur en octobre de la même année. En 1829, fort d'une armée de plus de 2 000 soldats, Morazán pénétra au Guatemala dans l'intention de prendre la capitale fédérale et d'en finir avec le gouvernement conservateur. En mars, et après une bataille dont l'armée de Morazán sortit victorieuse, une conférence de paix à Ballesteros échoua malgré l'évidente supériorité de Morazán. Il pénétra dans la capitale fédérale, Ciudad de Guatemala, le 13 avril 1829 et fit arrêter les conservateurs du gouvernement de la fédération et du gouvernement de l'Etat du Guatemala (ainsi que les religieux réticents aux réformes libérales). Morazán n'accepta aucun compromis avec les conservateurs, il fit exiler ses opposants politiques et confisqua leurs biens et leurs terres qui devinrent propriété de la Fédération. La guerre civile était terminée, le mouvement conservateur était affaibli alors que les libéraux dominaient la région grâce à Morazán, qui prit le titre de Gouverneur provisoire du Guatemala.

Présidence de la République fédérale (1829-1838)

Drapeau de la République fédérale d'Amérique centrale (1824-1839) En 1829 Francisco Morazán fut élu Président de la République fédérale. Il tenta pendant son mandat de maintenir l'union de la région et de faire appliquer ses réformes libérales. Les réformes voulues par les libéraux étaient inspirées par les Lumières et le système politique américain et britannique : libre-échangisme au sein du pays, développement des exportations et protection de l'industrie du textile, liberté de culte, éducation pour tous, etc. En 1832, José María Cornejo, chef conservateur de l'Etat d'El Salvador, déclare son pays indépendant. Pour garder l'unité de la fédération, Morazán envahit le Salvador et fit nommer le libéral Mariano Prado comme chef d'Etat. Cette même année fut élu à la tête de la République fédérale le modéré José Cecilio del Valle, rédacteur de l'acte d'indépendance et respecté par les deux camps. Mais il mourut avant de prendre ses fonction et Morazán fut réélu président de la fédération. En 1834, le Salvador se proclama une nouvelle fois indépendant et Morazán envahit de nouveau le Salvador et décida d'installer la capitale fédérale à San Salvador pour mieux contrôler la région. En 1838, le Guatemala devait faire face au caudillo conservateur Rafael Carrera. Morazán fut appelé à l'aide et battu plusieurs fois les troupes de Carrera sans pouvoir le capturer. Entre temps, le Costa Rica et le Nicaragua s'étaient déclarés indépendants et l'assemblée fédérale avait décidé de laisser aux Etats la liberté de s'auto-administrer. Lorsque Morazán revint à San Salvador son mandat de président était terminé et la session parlementaire aussi, empêchant l'organisation d'élection. La République Fédérale d'Amérique centrale était morte.

Présidence du Salvador (1839-1840)

Le 11 juillet 1839, Morazán fut élu chef de l'Etat d'El Salvador mais les pays voisins, dirigés par des conservateurs, ne voulaient pas que le symbole du fédéralisme exerce une fonction de chef d'Etat dans la région. Le Honduras, le Nicaragua et le Guatemala s'allièrent et Morazán du fuir et s'exiler au Panama en 1840, où il écrit ses mémoires et le Manifeste de David (une receuil de ses réflexions sur son rôle politique et militaire dans la région et sur ses ennemis, en particulier Rafael Carrera). Morazán continua son exile au Pérou où il refusa de commander une armée.

Présidence du Costa Rica (1840-1842)

Dans les années 1840 les britanniques occupaient la côte Pacifique du Nicaragua, Morazán ne pouvait l'accepter et décida de retourner en Amérique centrale pour les chasser. Il retourna au Salvador où il réussit à enrôler assez de personnes pour faire tomber le dictateur costaricien Braulio Carrillo. Il entre ainsi à San José en avril 1842 en tant que libérateur. Morazán fut élu Président du Costa Rica et il fit intégrer le pays à la défunte République fédérale d'Amérique centrale et instaura le service militaire obligatoire. Les menaces de guerre et la présence de troupes salvadoriennes fit perdre à Morazán tout soutient populaire. Une révolte anti-Morazán éclata et le président dut fuir chez son ami Pedro Mayorga. Celui-ci le trahit et le livra à ses ennemis. Francisco Morazán fut jugé et condamné à mort. Il fut fusillé, sous son commandement, le 15 septembre 1842, soit le 21ème anniversaire de l'indépendance de l'Amérique centrale. = Hommages et monuments = Parc Morazán au Costa Rica Par son importance dans l'histoire de l'Amérique centrale et des différents pays qui la compose, Francisco Morazán est un personnage important dans l'imaginaire de la région. Il donna son nom à des départements au Salvador et au Honduras. Catégorie:Histoire du Costa Rica Catégorie:Histoire du Salvador Catégorie:Histoire du Guatemala Catégorie:Histoire du Honduras Catégorie:Histoire du Nicaragua de:José Francisco Morazán Quezada en:Francisco Morazán es:Francisco Morazán nl:Francisco Morazán Quesada nn:Francisco Morazán Quesada
Sujets connexes
Amérique centrale   Antilles   Augustin Ier du Mexique   Caudillo   Conservatisme   Corse   Costa Rica   Créole   Grèce antique   Guatemala   Guatemala (ville)   Guerres napoléoniennes   Honduras   Libéralisme politique   Lumières (philosophie)   Manuel José Arce   Mexique   Provinces unies d'Amérique centrale   Pérou   Rafael Carrera   Rome antique   Révolution française   Salvador   San José   San Salvador (Salvador)   Tegucigalpa  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^