Labyrinthe

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époque mycénienne à Pylos, Musée national archéologique d'Athènes Le terme labyrinthe, du grec , palais des haches (en latin labyrinthus), désigne dans la mythologie grecque une série complexe de galeries construites par Dédale pour enfermer le Minotaure. Par extension, un labyrinthe est un tracé sinueux, muni ou non d'embranchements, destiné à perdre ou à ralentir celui qui cherche à s'y déplacer. Ce motif, apparu dès la préhistoire, se retrouve
Labyrinthe

époque mycénienne à Pylos, Musée national archéologique d'Athènes Le terme labyrinthe, du grec , palais des haches (en latin labyrinthus), désigne dans la mythologie grecque une série complexe de galeries construites par Dédale pour enfermer le Minotaure. Par extension, un labyrinthe est un tracé sinueux, muni ou non d'embranchements, destiné à perdre ou à ralentir celui qui cherche à s'y déplacer. Ce motif, apparu dès la préhistoire, se retrouve dans plusieurs civilisations sous des formes diverses, notamment comme le chemin de Jérusalem dans certaines églises au Moyen Âge. Depuis le , le labyrinthe végétal se popularise dans les parcs, où il offre au visiteur un agencement de chemins séparés par des haies ou des zones herbeuses et fleuries. Par métaphore, un labyrinthe peut aussi être une situation ou un problème complexe qu'il est parfois difficile de résoudre.

Labyrinthes anciens

Préhistoire

La plus ancienne représentation d'un labyrinthe a été trouvée dans une tombe sibérienne datant du paléolithique : il s'agit d'un dédale de sept circonvolutions, entouré de quatre doubles spirales, gravées sur un morceau d'ivoire de mammouth Jacques Attali : "Les chemins de la sagesse", p.28. On trouve aussi des labyrinthes au temps du néolithique, au bord du Danube, près de la mer Egée, en Savoie, en Irlande, en Sardaigne, au Portugal, en Italie (au Val Camonina, il y a ans) à Malte ou encore à Belgrade, sur des figurines datant de 7000 ans. Ces tracés sont inscrits dans des carrés ou des cercles, accompagnés de dessins d'ours, d'oiseaux ou de serpents. Sur l'île de Gavrinis, en Bretagne, il a été découvert une galerie avec de multiples embranchements. Les changements de direction sont indiqués notamment par des spirales Jacques Attali : "Les chemins de la sagesse", p.35. Ces tracés labyrinthiques s'inscrivent toujours dans des lieux sacrés. Ainsi, d'après Jacques Attali, le labyrinthe s'inscrit non seulement comme un symbole, mais aussi comme le support d'un mythe, voire un mode de communication : un langage avant l'écriture Jacques Attali : "Les chemins de la sagesse", p.41.

Égypte ancienne

Le labyrinthe le plus ancien serait attribué, selon Hérodote, à Amménémès III, pharaon de la XIIe dynastie, qui aurait eu pour projet de construire près du lac Moéris (actuel Birket-Karoun), son palais monumental, comportant une suite de salles et couloirs sur plusieurs niveaux. Ce labyrinthe fut construit pour glorifier son pouvoir mais aussi pour rappeler aux Égyptiens le nom de leurs douze rois et célébrer la dodécarchie : Hérodote, "Histoires". Ce dernier aurait d'ailleurs inspiré Dédale pour la construction de la prison qui devait enfermer le Minotaure. La Pyramide de Hawara possède un véritable labyrinthe, pour accéder au temple funéraire. Selon Hérodote, ce labyrinthe comptait douze cours principales entourées de galeries et de salles. Strabon comptait autant de salles qu'il y avait de nomes en Égypte.

Grèce antique

Mosaïque romaine de Rhétie représentant le labyrinthe, Thésée et le Minotaure Le labyrinthe du Minotaure construit par Dédale se serait situé en Crète, sur l'île du roi Minos ; c'est en effet sur l'ordre de ce roi qu'il fut construit, afin d'y faire enfermer la créature monstrueuse née des amours de la reine Pasiphaé et d'un taureau. Les recherches archéologiques faites en Crète sur les palais minoens, notamment celui de Cnossos, révèlent des constructions étendues, dont le plan d'ensemble est complexe. Le mythe du Labyrinthe pourrait n'être qu'une transposition de cette complexité architecturale ; par ailleurs, les Crétois vouaient un culte au taureau. Étymologiquement, le mot dériverait du terme « labrys » qui désigne une hache, plus exactement une double hache comme celles dont on a retrouvé des reproductions gravées dans la pierre à Cnossos. Le mythe du Labyrinthe est une double représentation de l’Homme et de sa condition :
- Il est d’une part la représentation de l’Homme obscur à lui-même, qui se perd en essayant de se connaître. Il symbolise l’âme humaine dans toute sa complexité, en proie au mal (incarné par le Minotaure, être monstrueux). Toute rencontre avec le monstre se révèle fatale.
- Il représente d’autre part l’Homme face à l’univers : il est perdu, ne sait d’où il vient, où il est, où il va, et cherche à sortir de cet état, c’est-à-dire à trouver les réponses à ses questions. Seules trois personnes ont réussi à en sortir selon la légende Gilles Van Heems : "Dieux et héros de la mythologie grecque" :
- Tout d’abord, Dédale et son fils Icare. Ils y furent, selon les versions, enfermés par Minos lui-même, le commanditaire de l’ouvrage, qui voulait être certain que son créateur n’en évente pas les plans. Or, la conception était tellement parfaite que l’architecte lui-même était bien incapable d’en trouver la sortie. Il dut recourir à un ingénieux stratagème : fuir par les airs, en s’élevant grâce à des ailes faites de cire et de plumes. Pour d'autres, il fut puni pour avoir donné l'idée du fil à Ariane.
- Thésée, venu en Crète pour tuer le monstre. Ariane, fille de Minos, s’éprit du jeune homme ; au moment où il pénétrait dans le Labyrinthe, il reçut d’Ariane une pelote de fil qu’il déroula au fur et à mesure qu’il avançait et qui lui permit de retrouver son chemin, une fois sa mission accomplie (le fameux « fil d'Ariane »). Le Labyrinthe est ainsi la matérialisation de la question du sens de la vie : l'envol de Dédale et Icare peut symboliser l’élévation de l’esprit vers la connaissance ou celle de l’âme vers Dieu, qui permet de sortir de l’absurdité de la condition humaine. De même, l'amour pour un autre être (Ariane pour Thésée) permet de donner un sens à la vie. Cependant, la destinée humaine reste fragile :
- Ainsi, Icare, que la fougue de la jeunesse grisa, se rapprocha trop près du soleil (symbole de la connaissance, de la lumière, de la vérité) malgré les appels éplorés de son père. La chaleur fit fondre la cire, et le malheureux tomba dans la mer et se noya.
- Quant à Thésée, il quitta la Crète, emmenant Ariane avec lui, mais l’abandonna bientôt sur l’île de NaxosApollodore, Bibliothèque, Épitomé, I, 7-9.. Selon une des légendes, le dieu Dionysos, la trouvant endormie, en tomba amoureux et l’épousa. Une autre légende raconte que le désespoir d’Ariane fut tel qu’elle se jeta dans la mer. Certains affirment que c'est Dionysos qui avait envoyé un songe à Thésée pour lui dire qu'il voulait Ariane pour lui. D'autre part, après avoir fui la Crète, et en arrivant à Délos, Thésée inventa une danse en rond "sur une combinaison de mouvements alternatifs et circulaires" "Vie de Thésée", Plutarque, les uns derrière les autres, autour de l'autel d'Apollon. Cette danse évoquait le fil d'Ariane, les détours du labyrinthe, ....Elle fut dansée pendant très nombreuses années sur l'île de Délos et à Athènes "Le livre des labyrinthes", Paolo Santarcangeli, Gallimard 1974. La légende grecque reprend quelques aspects du mystère égyptien : la mort, la possibilité d'égarement, le fil conducteur, et la notion de non-retour. Mais la comparaison s'arrête là. En effet, autant pour les Egyptiens, le plus important était d'atteindre le centre, autant pour les Grecs, il importait de revenir.

Autres civilisations

Svastika (détail) couvrant le sol de la cathédrale d'Amiens Symbole d'un cheminement initiatique long et difficile, le labyrinthe est connu de nombreuses civilisations anciennes : les hommes préhistoriques, les Mésopotamiens, les Scandinaves, les Hopis, les Navajos, les Indiens, les aborigènes d'Australie, les Touaregs, les juifs de Palestine (datant de 2000 avant J.C.), les Mayas.... En Inde le labyrinthe est représenté sous la forme du mandala, art de tradition ancestrale, symbolisant le destin. Il s'agit d'un cercle sacré, au sein duquel on trouve des divinités bouddhiques. Il représente le mélange entre l'organisation du monde idéal, et le cheminement, long et difficile, de l'homme : le voyage intérieur . De même, en Chine, on trouve des labyrinthes gravés dans la grotte de T'ong T'ing, sous la forme de chemins d'encens dont la consumation sert à mesurer le passage du temps. Ils servent surtout la nuit, lorsque le soleil ne peut éclairer Jacques Attali : "Les chemins de la sagesse", p.36. En Scandinavie, il n'est pas rare de trouver nombre de labyrinthes, construits de pierres de différentes dimensions, afin de construire les murs d'un chemin. La figure de fylfot (svastika sacré) ainsi construite, et fondée sur neuf points (chiffre sacré), peut être trouvée sur des îles isolées. Elle sert pour des danses ou des jeux traditionnels . Dans ces différentes cultures, les labyrinthes de pierre ou de gazon présentent toujours un parcours unique avec sortie rapide. Parcourir le labyrinthe, seul ou avec l'ensemble de la communauté, est alors l'occasion d'une introspection. Les méandres symbolisent le cours de la destinée humaine, ses pièges et ses tourments. Pendant des millénaires, le labyrinthe a fasciné l'humanité par ses mystères, car un seul sentier mène au but. Des tracés de chemins tortueux ont été taillés dans les parois rocheuses du désert américain et sur les falaises scandinaves. Des dédales ont été taillés dans la tourbe du Pays de Galles et d'Angleterre (comme le Julian's Bower à Alkborough ). Monstres et géants font partie de ce mythe, et les Églises elles-mêmes se sont servies de son symbolisme. Aujourd'hui ils ne sont plus qu'une amusante curiosité, dont l'un des modèles les plus connus est celui de Hampton Court en Angleterre.

Labyrinthes d'églises

Labyrinthe digital situé à l'entrée de la cathédrale de Lucques (Italie). Lorsque survient le christianisme, au lieu d'effacer ou de combattre les signes des rites antérieurs, le culte les récupère, les absorbe : les dieux, les temples, les cathédrales, les reliques, les fêtes agricoles et les labyrinthes présents dans les tombeaux ou les différents espaces sacrés Jacques Attali : "Les chemins de la Sagesse", p.39 (À noter que la Bible n'évoque aucunement la présence d'un labyrinthe ; si ce n'est qu'indirectement avec celui qui aurait entouré et protégé la ville de Jéricho) René Dejean, "Les traboules de Lyon.Histoire d'une ville", p.45. Au , en 324 exactement, on rencontre déjà un labyrinthe qui se déployait dans le sol de la basilique chrétienne San Reparatus à El-Asnam en Algérie. Il faut attendre le pour voir apparaître des labyrinthes d'églises en Europe, où le plus ancien se trouve à la Basilique San Vitale de Ravenne en Italie. Mais le symbole hautement païen du labyrinthe est abandonné durant tout le Haut Moyen Âge, pour n'être repris qu'au . Ce trait est devenu commun à bon nombre d'églises, et de la plupart des grandes cathédrales d'Europe. Les plus vastes se trouvent dans les cathédrales françaises : Poitiers, Amiens, Arras, Auxerre, Reims, Bayeux, Chartres, Mirepoix, Saint-Omer, Saint-Quentin, Toulouse. Le labyrinthe y est toujours situé du côté ouest, la direction d'où viennent les démons (l'ouest étant la direction de la mort). Ne pouvant se déplacer qu'en ligne droite, ils étaient ainsi piégés avant d'arriver au chœur "Les mystères de la cathédrale de Chartres", Louis Charpentier, 1966. La plupart de ces cathédrales ont été construites par des ouvriers spécialisés, appelés compagnons, réunis en confréries ou fraternités. À cette période, il existait trois fraternités : les Enfants du Père Soubise, les enfants de Maître Jacques, et les Enfants de Salomon liés à l'Ordre du Temple. Ces derniers ont laissé sur les pierres ou les poutres, quelques signes gravés qui sont leurs signatures "Les maîtres-constructeurs de Chartres", John James, Garnier, 1990. Les anciens noms français utilisés pour désigner ces types de labyrinthe étaient : « dédale », du nom de son inventeur, « méandre » et « chemin de Jérusalem ». Le centre du dédale était lui nommé « paradis » ou encore « Jérusalem ». Il est fort vraisemblable que ceux-ci étaient « enfilés » réellement par des pénitents qui mimaient un pèlerinage en Terre Sainte, ce qui remplaçait un pèlerinage pour les pauvres. Les sinuosités, les détours devaient symboliser les tribulations de la vie chrétienne. Le dédale était une représentation optimiste de la sanction finale, car il ne comportait quasiment jamais d'embranchements, ni boucles, ni culs-de-sac. cathédrale de Chartres Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres est un imposant labyrinthe de douze mètres de diamètre, son dessin sur le sol a une signification complexe, et résulte d'une opposition de pavages blancs et bleus. Le centre était autrefois orné d'une plaque de cuivre représentant Thésée, Dédale et le Minotaure (retirée en 1793 pour fondre des canons pour la République). Un psaume se déroule sur les 150 m de son parcours. Autour du centre, les couloirs se déroulent en onze cercles : le chemin de Jérusalem ainsi représenté n'atteint pas la perfection, symbolisée par le nombre 12. Les déambulations des croyants (et notamment des pèlerins de Compostelle) lors de son parcours symbolique, un véritable chemin spirituel, sont l'occasion d'une introspection. Ils suivaient le tracé sans réellement contrôler la direction, commençant par se diriger droit au but, vers le centre, avant de s'en éloigner, forçant ainsi le fidèle à de multiples détours. Le labyrinthe n'est pas visible tout le temps, des bancs étant placés sur le dallage. Mais le vendredi, de Pâques à la Toussaint, (et parfois le reste de l'année, renseignements au diocèse de Chartres) il est découvert et les fidèles peuvent y déambulerLes mystères de la cathédrale de Chartres, Louis Charpentier, 1966. Ce labyrinthe a fait l'objet d'une étude récente très approfondie et détaillée, rendue publique en 1984, sous le titre "Une cathédrale se dévoile". À noter que, si le labyrinthe de Chartres est constitué d'arcs de cercles, celui d'Amiens est constitué de segments de droites, mais selon un plan rigoureusement identique à celui de Chartres. De même, la basilique de Saint-Quentin propose aussi, sur son pavé, un labyrinthe déambulatoire. On retrouve un des plus petits labyrinthes d'église à la cathédrale de Lucques en Italie (voir illustration). Il est gravé sur le mur, et mesure environ 50 cm de large. Les fidèles suivaient le parcours du doigt : c'est un labyrinthe digital. À l'intérieur, on reconnaît — mal — les figures usées de Thésée et du Minotaure gravées au centre. L'inscription dit « Ceci est un labyrinthe que bâtit le Crétois Dédale, et duquel nul y étant entré n'en ressortit sauf Thésée ; encore ne l'aurait-il pu sans Ariane, qui l'aida par amour ». Un labyrinthe se trouve dans les ruines de l'abbaye Saint-Bertin, à Saint-Omer. À la fin du Moyen-Âge, le labyrinthe devient synonyme de mal : il est le lieu maudit de la luxure, du péché et de l'errance. À partir du XIVe siècle, les hommes d'églises vont procéder à l'effacement des labyrinthes dessinés sur le sol. Ceux qui ne peuvent être détruits, sont détournés en jeux totalement dérisoires, ou sont cachés sous des tapis. En 1538, un arrêt du Parlement de Paris interdit encore ces dessins. Au XVIIIe siècle, on détruit ceux de la cathédrale de Sens, ou de l'abbaye de Saint-Omer, de Poitiers, d'Auxerre, d'Arras et d'Amiens (en 1825). Le labyrinthe de la cathédrale de Reims, est ainsi détruit en 1779 à cause du bruit généré par les jeunes fidèles qui s'amusaient de ces dédales pendant les offices. Celui-ci, appelé le labyrinthe de Salomon, était le signe de l'existence indéfinie et de la mutabilité de la matière. Cette mouvance de destruction massive est suivie dans tous les autres pays chrétiens, car ils représentaient une concession impardonnable au paganisme. Seuls subsistent encore aujourd'hui ceux de Saint-Quentin, Bayeux et Chartres (d'autres ont été reconstruits par la suite) "Les mystères de la cathédrale de Chartres", Louis Charpentier . Presque tous les folios du Livre de Kells comprennent au moins de petites enluminures telles que cette initiale décorée. Quelques labyrinthes, de formes diverses, ont ainsi été découverts dans toute l'Europe. Mais la structure dite « officielle » du labyrinthe d'église est une forme circulaire à onze anneaux concentriques. Depuis l'Antiquité, le cercle est le symbole de l'éternité, de l'infinité et par conséquent, de la puissance de la DivinitéLes mystères de la cathédrale de Chartres, Louis Charpentier, 1966. Il est aussi le symbole du soleil, et ce dernier, pour le christianisme, n'est autre que le Christ. Certaines enluminures labyrinthiques ont d'ailleurs été remarquées dans quelques manuscrits religieux, comme Le Livre de Kells (Book of Kells en anglais ; Leabhar Cheanannais en irlandais), réalisé par des moines celtes vers l’an 800. À travers les siècles, le labyrinthe d'église a connu différentes appellations : le dédale ( en référence à l'architecte du labyrinthe du Cnossos), le « chemin de Jérusalem » (le pèlerinage en Terre sainte), « la lieue » (faisant référence au temps qu'il fallait pour parcourir le labyrinthe à genoux), « la Via Dolorosa » (le chemin que prit le Christ entre le tribunal de Ponce Pilate et le Golgotha )...

Symbolisme du labyrinthe

Le cercle dans lequel s'inscrit le labyrinthe symbolise l'unité, la perfection : il renvoie à la finitude de la vie Jean Chevalier, et Alain Gheerbrant, "Dictionnaire des symboles", p.58. Dans de nombreuses cultures, l'Univers est représenté par une série de cercles concentriques. L'ovale représente en général le féminin, les lignes brisées rappellent les rivières, et les lignes droites, la pluie (l'eau étant le symbole de la vie). Le carré, quant à lui représente l'Univers ou la Terre, la Création, et la croix centrale, le Cosmos, avec une ligne verticale (symbole de l'esprit masculin) et une ligne horizontale (symbole de la matière féminine), dont le point de rencontre est l'humanité. Le labyrinthe est donc une représentation de la vie même Jean Chevalier, et Alain Gheerbrant, "Dictionnaire des symboles", p.63 . D'autre part, la spirale peut aussi représenter le devenir : elle implique une vision cyclique de l'histoire, "tout revient éternellement, mais avec une dimension nouvelle, parfaite contradiction de la ligne, de la conception unilinéaire du temps" Jean Haudry: Le Livre cosmique des Indo-Européens, 1987. Le labyrinthe est aussi un archétype de la Connaissance. Son itinéraire se situe entre les Cornes du Monstre que l'initié doit affronter. Son parcours est un chemin d'épreuves correspondant à l'imagerie symbolique d'un pont à traverser. Ce pont archétypal est dénommé, dans la tradition mazdéenne Pont de Cinvat. Il sépare deux univers selon Henry Corbin. Le passage d'un univers à l'autre s'effectue aux prix de cette traversée qui s'accomplit selon des stratégies précises, où rien n'est laissé au hasard, à l'image de la Sortie d'Égypte. Les directives devant mener à la sortie du labyrinthe sont consignées dans les rites et traditions. Le labyrinthe est aussi symbole de voyage. Union entre la spirale et la tresse, il représente un voyage différent selon que l'on doit traverser le labyrinthe, ou atteindre son centre. Dans le premier, l'épreuve est unique (le dernier voyage de l'homme vers la mort, ou le passage vers l'au-delà). Dans le second cas, l'épreuve peut être double, triple...car outre le fait d'atteindre le centre, encore faut-il pouvoir en sortir Jacques Attali : "Les chemins de la Sagesse", p.45. C'est l'image même de l'individu qui traverse une épreuve (physique, psychologique...), et qui doit sacrifier une partie de lui-même pour survivre. Celui qui a réussi devient un initié ; il entre dans une nouvelle vie (d'où l'importance des rites initiatiques depuis les hommes préhistoriques). Le face à face avec la mort permet à l'individu sa résurrection Jacques Attali : "Les chemins de la Sagesse", p.52. Pour Alain de Benoist Alain Benoist : Les traditions de l'Europe, éditions Labyrinthe, 1996, le thème du labyrinthe associe une construction royale et une promesse non tenue, qu'il s'agisse du roi Minos et du labyrinthe, de la construction des murailles de Troie, ou de la forteresse de Asgaard... Le thème implique d'autre part obligatoirement une femme ou une déesse (Hélène pour Troie, Ariane en Crète, ...)

Labyrinthes modernes

Labyrinthe moderne, de pierre sur eau, à Nijmegen Jusqu’à la Renaissance, les labyrinthes de déambulation étaient un objet de spiritualité et ne se trouvaient que dans les édifices religieux. Ce n’est qu'à partir du que des méandres de bosquets se répandirent dans de nombreux jardins d’Europe apportant au labyrinthe une dimension profane : le plaisir de se perdre et le jeu (notamment le jeu de l'oie). Les créateurs multiplièrent les circonvolutions artistiques et sophistiquées. Enfin, ultime avatar, le labyrinthe est devenu le jeu de la marelle. Le radical de ce mot signifie "pierre", ce qui n'est pas sans rapport avec la construction de l'architecte Dédale. Mais par la forme même du tracé, ce jeu évoque les églises avec leur nef, leur transept et le chœur. Pareille christianisation du mythe initial montre qu'il s'agit maintenant non plus de s'égarer ou d'interdire à quelqu'un de trouver la sortie, mais insiste sur le cheminement spirituel à suivre : l'âme doit passer de la terre (l'entrée de l'église) au ciel (symbolisé par le chœur) en connaissant diverses vicissitudes ( les cases de la nef et du transept). Mais il est vrai que jamais les enfants ne se sont rendus compte qu'ils jouaient en fait... le salut de leur âme. L'écrivain Jacques Attali « Chemins de Sagesse » Traité du Labyrinthe Jacques Attali - Éd. Fayard, 1996 use de cette métaphore pour décrire le monde moderne. Celui-ci s'est en effet tellement complexifié que la réussite d'un parcours dépend plus aujourd'hui, selon lui, du hasard des choix que du travail effectivement produit. Fort de ce constat, s'impose dès lors la naissance du concept de labyrintheur.

Labyrinthes végétaux

Labyrinthe végétal dans le « Jardin anglais » du parc Schönbusch, à Aschaffenbourg (Allemagne) Drielandenpunt, Pays-Bas C'est à partir du , que les Italiens transposent le labyrinthe dans les jardins. Aujourd’hui, largement répandu en Europe, le labyrinthe végétal est un concept touristique original — parfois éphémères (champ de maïs) ou permanents (thuyas) — qui se rapprochent des tracés initiatiques des époques païennes. Percés de dédales fantaisistes, ils s’accompagnent d'attractions basées sur des contes de fées, des énigmes à résoudre... En Europe, quelques réalisations peuvent être visitées, telles que celle de Guéret (Creuse) , celle du Jardin du prieuré d'Orsan (Cher - France), celle de Durbuy en (Belgique) ou encore celle de Evionnaz en (Suisse), celle du Château de Vendeuvre (France) . D'autres sont visibles à Toulon-sur-Arroux (Bourgogne - France), à Ribeauvillé (Haut-Rhin), au Château de Versailles, où le labyrinthe, créé par Le Nôtre en 1665, et détruit en 1778, n'existe plus mais figure encore sur le plan. N'oublions pas le labyrinthe du Petit Poucet dans les Jardins de Bagatelle , le labyrinthe de graminées et son jeu de l'oie au Parc du château de Chantilly, le labyrinthe de maïs de Beaugency ou encore celui du parc du château d'Auvers-sur-Oise . Jean-Sébastien Bach a réalisé une pièce musicale illustrant les tournoiements et la difficulté de sortir d'un labyrinthe végétal, à l'époque où ceux-ci étaient en faveur : Le Petit Labyrinthe musicalToccata et Fugue en ré mineur de Bach.

Les villes labyrinthes

Stonehenge Différentes villes ressemblent à des labyrinthes de part leur construction. Selon un manuscrit hébraïque datant du , la ville Jéricho serait formée de sept cercles concentriques (symbolisant les sept murailles de la ville) et créerait un labyrinthe « Chemins de Sagesse » Traité du Labyrinthe Jacques Attali - Éd. Fayard, 1996 . Ou encore Jérusalem associée au mythe du labyrinthe : ville sainte, elle est le centre de l'enseignement du Christ et l'aboutissement du pélerinage en Terre Sainte. Elle représente aussi la cité parfaite où l'on accédait à la rédemption de l'âme . De même, le site Stonehenge serait, selon l'écrivain Jorge Luis Borges L'Aleph, 1949, un labyrinthe avec plusieurs sorties http://www.stonehenge.co.uk/. Citons aussi, l'Île de Malekula (nord-est de la Nouvelle-Calédonie), qui possède de nombreux labyrinthes. Le centre de ces derniers, utilisés dans des rites sacrés, symbolise le passage entre le monde des vivants et des morts. Mais aussi Londres, où un labyrinthe de carreaux de céramique sur le mur d'une station de métro à Londres, Warren Street. Warren est le nom des terriers de lapins et de leurs dédales de galeries. Aux heures de pointe, les voyageurs ont deux minutes d'attente en moyenne entre chaque train. L'auteur du dédale a estimé qu'il fallait environ trois minutes pour le résoudre. N'oublions pas Tokyo, ville labyrinthe par excellence. Les croisements et les rues n'ont ni noms, ni signalisation. La ville juxtapose une suite de quartiers, d'escaliers, d'autoroutes empilés « Chemins de Sagesse » Traité du Labyrinthe Jacques Attali, p.91. New York aussi possède cette complexité : Paul Auster estime que sa ville natale est une ville labyrinthe. Dans son œuvre La cité de verre, les personnages se perdent dans les cheminements des avenues, n'étant nommées que par des numéros.

Labyrinthe et mathématiques

Symbolique et mathématiques dans les labyrinthes classiques

Les proportions du labyrinthe suivent les procédés mathématiques établis par Leonardo Pisano en 1202. Ces proportions correspondent au nombre d'or : \scriptstyle(1+\sqrt)/2\approx 1, 618 Les mystères de la cathédrale de Chartres, Louis Charpentier, 1966. Les labyrinthes sont en général de forme circulaire, même si on peut en découvrir de forme carrée ou octogonale. La position du labyrinthe, par rapport au reste de l'église ou autre lieu sacré, est déterminée par un tracé géométrique, mettant en œuvre des notions de géométrie sacré, comme la construction dite des trois tables Les mystères de la cathédrale de Chartres, Louis Charpentier, 1966 . D'autre part, la division du labyrinthe en quatre cadrans correspond à la croix du Christ, mais aussi aux quatre saisons, aux quatre points cardinaux... La symbolique des nombres est très présente dans le labyrinthe. Les références peuvent être bibliques, kabbalistiques... En général, le labyrinthe a onze anneaux, certains dix, d'autres sept : onze pour le profane, dix pour le clergé et sept pour l'initié Les mystères de la cathédrale de Chartres, Louis Charpentier, 1966.

Approche mathématique de la génération d'un labyrinthe

Une approche mathématique permet la génération de labyrinthes modernes. Les labyrinthes peuvent être modélisés dans un espace multidimensionnel, les plus courants étant les labyrinthes en deux dimensions. Concernant ces derniers, on discrétise le plus souvent l'espace en cellules carrées.

Le labyrinthe et les sciences

Pour expérimenter ses études psychologiques sur la mémoire, Burrhus Frédéric Skinner créa, dans les années 1930 et 1940, des boîtes dans lesquelles il élaborait des labyrinthes. À l'intérieur, il y plaçait des rats : ces derniers devaient parcourir ces labyrinthes le plus rapidement possible, signe d'apprentissage du trajet et de la mémorisation de ce dernier. Quelques années plus tard (1945), deux scientifiques Edward Tolman et Roman Honzik , compliquèrent ce labyrinthe, afin de démontrer l'apprentissage lent du rat .

Le labyrinthe dans l'Art

Le labyrinthe en littérature

La figure du labyrinthe apparaît souvent dans la littérature, comme évocation de sa forme elle-même, ou le plus souvent comme symbole d'un cheminement intérieur complexe. Dans l'œuvre scripturale, le labyrinthe prend toute sa dimension cérébrale. Certains auteurs , comme Jorge Luis Borges, valorise le labyrinthe, en le peignant comme le symbole de la perplexité des hommes, face aux mystères de la vie. De nombreuses œuvres sont impreignées du dédale, qui peut représenter un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur, de la forme à la contemplation, de l’espace à l’absence d’espace, du temps à l’absence de temps , de la multiplicité à l’unité. Le labyrinthe devient l’image d’un chaos ordonné et agencé par l’intelligence humaine. Comme principales œuvres littéraires, on peut citer, entre autres : Enfer, de Dante ( où Dante et Virgile descendent en Enfer à travers neuf cercles concentriques, descente relatée dans vingt-quatre chants), Gargantua de Rabelais (avec le labyrinthe de l'Abbaye de Thélème), qui trouve un écho dans Le Nom de la rose, d'Umberto Eco, 1980 (où le labyrinthe abritant la bibliothèque de l'abbaye se veut une représentation du monde qui transparaît finalement dans le classement des oeuvres), Les Métamorphoses d'Ovide (Livre VIII ), Le labyrinthe de Versailles de Charles Perrault, Ulysse, de James Joyce, 1922 ( roman qui relate les pérégrinations labyrinthiques de Léopold Bloom, petit bourgeois sans histoire, à travers les rues de Dublin, au cours du 16 juin 1904. Cette journée, appelée Bloomsday est célébrée tous les ans à Dublin), Les Gommes, d'Alain Robbe-Grillet, 1953(où le personnage principal, Wallas, nouvel enquêteur, erre dans une ville du Nord, afin de retrouver l'assassin de Daniel Dupont (dont le cadavre reste introuvable) le corps lui-même et ses propres souvenirs d'enfance), qui trouve un écho avec le roman Dans le labyrinthe 1959 , du même auteur, La cité de verre ou encore La solitude du labyrinthe, de Paul Auster, 1997 (où l'auteur Paul Auster répond à une série de questions sur sa vie, sa carrière, son œuvre, sa ville New York et de Brooklyn), Labyrinth, de Kate Mosse, 2006 (où le personnage principal, Alaïs, tente de percer le secret du Graal, en parcourant différents labyrinthes complexes), etc... Certaines œuvres littéraires enfantines traitent du labyrinthe et sa sympbolique. Un parfait exemple peut être donné dans Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll, 1865 où Alice doit parcourir un labyrinthe afin de pouvoir rejoindre la Reine de Cœur (chapitre 8); ou encore Le Petit Poucet de Charles Perrault, 1697 où le personnage principal sème des miettes de pain, puis des cailloux blancs, pour retrouver le chemin de sa maison.

Le labyrinthe en bandes dessinées

Quelques auteurs de bandes dessinées ont su exploiter la figure du labyrinthe dans leurs œuvres. Citons quelques exemples avec Le Labyrinthe infernal, tome 9 des aventures d'Adèle Blanc-Sec, par Jacques Tardi 2007, Le Labyrinthe, tome 4 de la série Relayer d'Eric Liberge et Vincent Gravé, 2006, Les Dix Dalles du labyrinthe, tome 2 de la série Tessa agent intergalactique de Nicolas Mitrix et Stéphane Louis , Dans les Idées Noires de Franquin ( où un prisonnier est enfermé dans une planète-labyrinthe), ou encore dans un des tomes de la série Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves de Marc-Antoine Mathieu, où le héros parcourt un ensemble de pièces en marchant sur le haut des murs.

Le labyrinthe au cinéma

Le thème du labyrinthe a été de nombreuses fois exploité au cinéma, notamment en science-fiction. En général, le personnage principal est enfermé dans un labyrinthe (physiquement ou psychologiquement) et tente par tous les moyens de s'en sortir. Citons seulement quelques exemples : Le Labyrinthe, Jan Lenica , 1963, Labyrinthe mystérieux, de Shuji Terayama, 1975, Shining, de Stanley Kubrick, 1979 (où le labyrinthe est une réelle obsession. C'est sur lui que repose la trame narrative. Le récit de Kubrick est labyrinthique et ses personnages repassent par les mêmes lieux et les mêmes étapes. Ce rituel leur apporte des perspectives nouvelles et de la lucidité), Glauber le film, labyrinthe du Brésil, de Silvio Tendler, 1981, Labyrinthe, de Jim Henson, 1986, Le Nom de la rose, de Jean-Jacques Annaud, 1986 ( où les deux personnages principaux tentent de trouver la bibliothèque de l'abbaye, et se perdent dans un labyrinthe de couloirs et d'escaliers. Ils y accèdent après nombre de péripéties et en sortent grâce à un fil tiré de la bure d'un des personnages, Adso de Melk. La représentation de ce labyrinthe n'est pas identique à celui du livre d'Umberto Eco), Le Labyrinthe des rêves, de Sogo Ishii, 1997, la série Chapeau melon et bottes de cuir, de Jeremiah S. Chechik, 1998, Cube, de Vincenzo Natali, 1999 , Harry Potter et la coupe de feu, de Mike Newell, 2005, ou encore la série Prison Break, de Paul Scheuring, 2005 ( où le personnage principal, Michael Scofield se fait tatouer le plan de de la prison dans laquelle est enfermé son frère, sous forme de labyrinthe, puis se fait lui-même emprisonner pour l'aider à s'évader . Enfin, citons un des derniers films en date, Le Labyrinthe de Pan, de Guillermo del Toro, 2006 (où la jeune Ofélia découvre, en 1944, un mystérieux labyrinthe, près de la grande maison familiale. Pan, le gardien des lieux lui révéle alors qu'elle est la princesse disparue d'un royaume enchanté. Pour découvrir la vérité, la jeune fille doit accomplir trois épreuves dans ce labyrinthe.

Le labyrinthe en musique

Quelques compositeurs ont su mettre en musique la complexité du labyrinthe. Ne citons que Le Petit Labyrinthe musicalToccata et Fugue en ré mineur de Bach de Johann Sebastian Bach, 1703-1707, Le Labyrinthe, Yves Duteil, 1976 , Les Folies D'Espagne - suite en mi - le labyrinthe, de Marin Marais (Compositeur), interprété par Marianne Muller , 2006, ou encore Song From The Labyrinth, de Sting, 2006. Un groupe de musiciens classiques (ensemble de musique ancienne XVIe -XVIIe- XVIIIe siècles) s'est nommé le labyrinthe .

Le labyrinthe dans la sculpture, en arts plastiques, en peinture

Du au de l'ère chrétienne, l'image du labyrinthe crétois figurait sur les pièces de monnaie : parfois représenté sous forme circulaire ou sous forme carréeAdonis Vassilakis, La Crète minoenne, 2000, ou encore sur les poteries grecques, des sculptures en marbre , des mosaïques . De nos jours, la sculpture du labyrinthe n'est pas dénuée de symbolisme. Depuis plusieurs années, Marta Pan élabore des labyrinthes, qui enferment l'espace vital de l'individu, et le protègent contre le monde extérieur . En 1996, Muriel Baumgartner a créé une exposition Labyrinthe, au Centre d'art contemporain Le Prieuré, à Gaillon . Waclaw Szpakowski, artiste polonais (1883-1973), a travaillé lui aussi sur des dessins formés d'une seule ligne, labyrinthique et rythmique . Les représentations du labyrinthe en peinture sont particulièrement nombreuses : qu'il s'agisse d'une peinture italienne du Thésée et Ariane , gardée au musée du Louvre de Paris, ou encore une illustration des Métapmorphoses (Livre VIII ) d'Ovide. Il a d'ailleurs été trouvé, il y a peu, une carte du monde datant du réalisée par Richard Hallington. Sur l'emplacement de la Crète, y figure un labyrinthe, avec l'inscription Laborintus is est domus Dealli (
Ceci est le labyrinthe, la maison de Dédale'') Dominique Naert: Le labyrinthe de la Cathédrale de reims, édition Sides, p.53.

Le labyrinthe dans le jeu

Le concept du labyrinthe a été exploité tout d'abord sous le nom de jeu de l'oie, puis sous celui de Labyrinthe. Depuis quelques années les jeux vidéos tels que Lara Croft, ou encore simplement « labyrinthe » exploitent cette figure complexe. De même, le pavillon du Labyrinthe était l'une des plus spectaculaires attractions grandeur nature de l'exposition universelle Expo 67 de Montréal en 1967, et comportait des innovations de projection d'images voisines de celles qui seront mises en place bien plus tard dans le Futuroscope. Le mythe de Dédale et du labyrinthe sont aussi un des quatre mythes fondateurs du Tarot : celui des différentes étapes du voyage initiatique vers la connaissance de soi.

Les fonctions des labyrinthes

Les labyrinthes peuvent avoir différentes fonctions, concrètes ou abstraites, ésotériques et/ou spirituelles. Le labyrinthe servait de calendrier annuel (le parcours du labyrinthe se divise en 31 arcs de cercle, ce qui représenterait les 31 jours par mois) ou encore de mesure des marées (un pictogramme de mouvements apparents combinés de la lune et du soleil, qui permettait de calculer la force et l'heure des marées): les Vikings auraient utilisé un labyrinthe formé de deux serpents lovés sur eux-mêmes pour déterminer le calcul des marées (heure et force). Il pouvait aussi représenter différents parcours tels que celui de la Pénitence (le labyrinthe est alors parcouru à genoux tout en récitant prières et psaumes, en signe de pénitence et pour obtenir la rémission des péchés), celui du Pèlerinage, ou encore celui de l'initiation ( ce parcours permet la transformation du moi, au centre même du labyrinthe et qui trouvera sa confirmation à la fin du voyage. La sortie du labyrinthe marque la victoire du spirituel sur le matériel, de l’éternel sur le périssable, de l’intelligence sur l’instinct, du savoir sur la violence aveugle) , ou celui du pénitencier ( la balade circulaire des condamnés décrite par Paul Verlaine dans son manuscrit Cellulairement)http://www.florilege.free.fr/verlaine/cellulairement.html Cellulairement.

Voir aussi

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