Mohammad Reza Pahlavi

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Mohammad Reza Chah Pahlavi , Alaa-Hazrat Homayoun, Shahanshah Aryamehr, Shahanshah-e Iran (que l'on peut traduire par Sa Majesté Impériale, Sa Grandeur, Roi des Rois, Lumière des Aryens, l'Empereur d'Iran) né le 26 octobre 1919 à Téhéran et mort en exil le 27 juillet 1980 au Caire, fut le dernier chah d'Iran du 16 septembre 1941 au 16 janvier (départ effectif du territoire iranien) ou (suppression du système monarchique et proclamation de la république
Mohammad Reza Pahlavi

Mohammad Reza Chah Pahlavi , Alaa-Hazrat Homayoun, Shahanshah Aryamehr, Shahanshah-e Iran (que l'on peut traduire par Sa Majesté Impériale, Sa Grandeur, Roi des Rois, Lumière des Aryens, l'Empereur d'Iran) né le 26 octobre 1919 à Téhéran et mort en exil le 27 juillet 1980 au Caire, fut le dernier chah d'Iran du 16 septembre 1941 au 16 janvier (départ effectif du territoire iranien) ou (suppression du système monarchique et proclamation de la république islamique) 1979.

Biographie

Jeunesse

Mohammad Reza Pahlavi est le fils aîné de Reza Khan (1878-1944), fondateur de la dynastie Pahlavi sous le titre de Reza Shah, et de la future reine Tadj ol-Moluk (1896-1982). Il est le frère cadet de la princesse Shams (1917-1996) et le demi-frère de la princesse Fatemeh Pahlavi, dite Hamdan Saltaneh (1912-1992), née d'une précédente union. En 1925, bénéficiant d'une éducation stricte à la fois militaire et occidentale, Mohammad Reza Pahlavi gagne le prytanée Nezam, deux jours après qu'une loi lui ait conféré le titre de prince héritier. Une fois son certificat d'étude obtenu, à la fin de l'été 1931, Mohammad Reza Pahlavi quitte l'Iran afin de poursuivre son instruction en Suisse, dans le canton de Vaud). En 1936, au terme des cinq années passées au collège du Rosey, à Rolle, le jeune prince revient au pays et achève son apprentissage à l'Ecole des Officiers de Danechkadéyé-Afsari. Il reçoit le diplôme des mains de son père le 28 septembre 1938, avec le grade de sous-lieutenant. Quelques mois plus tôt, le 26 mai 1938, le palais impérial annonce qu'une délégation conduite par le Premier Ministre Mahmoud Djam va se rendre au Caire pour convenir du mariage entre le prince héritier et Fawzia Bint Fuad, fille du roi Fouad Ier et soeur du jeune Farouk Ier, intrônisé deux ans auparavant. Les fiancés ne se sont jamais vus et il importe surtout à Reza Shah que la toute jeune dynastie Pahlavi gagne en légitimité aux yeux du monde. Le choix d'une princesse Qadjar étant hors de question, le vieux souverain accueille par contre très favorablement une union avec la couronne égyptienne. Moins d'un an plus tard, Le 16 mars 1939, Mohammad Reza Pahlavi épouse la princesse Fawzia au Palais royal d'Abidin, au Caire, selon le rite chiite. Une seconde cérémonie, de rite sunnite, se déroule à Téhéran, au Palais impérial du Golestan, le 25 avril 1939. Si d'un point de vue politique ce mariage apporte le prestige et la reconnaissance à la dynastie Pahlavi, il ne tarde pas à révéler ses failles. Eloignée des salons chics d'Alexandrie et du Caire, Fawzia, devenue reine d'Iran (malika Fawzia Pahlavi) à l'avénement de Mohammad Reza, ne s'adapte pas à la cour de Téhéran. Hormis la naissance d'une fille, la princesse Chahnaz, le 27 octobre 1940, l'union est vécue comme un échec relationnel. Rentrée dans son pays, la reine Fawzia se voit accorder le divorce par le gouvernement égyptien dès 1945. Ce n'est que trois ans plus tard que les autorités iraniennes confirment cette décision. Le divorce officiel est donc accordé le 17 novembre 1948, à la condition que la princesse Chahnaz reste sous la responsabilité de son père.

Accession au pouvoir

Suite à l'abdication de son père, écarté du pouvoir par les Britanniques au début de la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza devient Chah d'Iran le 16 septembre 1941. En 1953, le premier ministre nationaliste démocratiquement élu, Mohammad Mossadegh, le force à s'exiler suite à leur opposition sur la gestion des gisements pétroliers exploités par les Britanniques et les Américains, que Mossadegh veut nationaliser.

Retour sur le trône et réformes

Aidé par la CIA et le MI6 britannique au cours de l'Opération Ajax, le chah remonte rapidement sur le trône. L'ancien premier ministre Mossadegh est condamné à mort. Il fût cependant gracié par le Chah et sa peine sera commuée en un exil intérieur qui durera jusqu'à sa mort. Le Chah d'Iran devient un des dirigeants les plus importants du Moyen-Orient, car il gouverne un pays riche en gisement pétrolier et militairement puissant, tout en profitant de la bienveillance des États-Unis (Opération Ajax). Il abolit le système multipartite qui lui est hostile et instaure un régime autoritaire avec l'aide de la police politique iranienne, la SAVAK, et l'aide militaire des États-Unis. Le blason royal de la dynastie Pahlavi. Avec sa « révolution blanche », le chah modernise progressivement l'Iran pour en faire un pays occidentalisé. Son père Reza Chah avait lancé la construction d'un Iran laïc et à l'image de ce que Mustafa Kemal Atatürk a fait pour la Turquie : une révolution industrielle et culturelle. La révolution blanche concerne une série de mesures destinées à moderniser le pays, comme une réforme agraire, la constitution du corps de Sepah-e Danech (l'armée du savoir) pour alphabétiser les populations, la relève du suffrage universel, y compris pour les femmes, la mise en place d'un examen professionnel pour les aspirants théologiens islamiques (les mollahs) et ce en rupture avec les vieilles traditions religieuses.

La chute

Sa politique aboutit à une croissance économique très forte durant les années 1960 et 1970. Cependant, en 1978, devant la brutalité des méthodes de la SAVAK, le faste ostentatoire des plus riches et de la famille impériale et une sclérose démocratique, le président américain Jimmy Carter demande au chah de libéraliser son pays. Le chah fait appel à ses opposants les plus libéraux, comme Chapour Baktiar, pour tenter de sauver le régime impérial perçu comme trop autoritaire et trop occidentalisé en particulier par les conservateurs religieux. Le nouveau premier ministre, pour pouvoir rétablir la situation, demande au chah de quitter l'Iran pour une durée indéterminée (officiellement pour quelques semaines). Par mesure de sécurité, l'armée a bouclé tous les accès au quartier nord, la banlieue cossue où se situe la résidence des souverains. Le Chah et l'impératrice Farah quittent en hélicoptère le Palais de Niavaran pour l'aéroport de Mehrabad. Le 16 janvier 1979 l'avion transportant le couple impérial et quelques collaborateurs décolle, c'est le début de l'exil du Shah.

L'exil

Deux semaines plus tard, après avoir bloqué l'aéroport, le gouvernement Bakhtiar laisse l'ayatollah Khomeyni fouler le sol iranien. Après une lutte d'influence qui tourne à l'avantage du chef religieux, Chapour Bakthiar est contraint à la fuite : le dernier gouvernement du chah s'effondre. Le régime islamique s'impose et va organiser une purge (la plupart des anciens ministres et officiers de l'ancien régime, encore présents en Iran, sont jugés et exécutés). Des menaces sont proférées contre les pays qui accepteraient d'accueillir le chah, dont le retour est exigé : les chefs religieux veulent le juger. Accueilli dans un premier temps par le président Sadate, devenu au fil des années un allié et un ami fidèle, le Chah reste quelques semaines en Égypte avant de partir au Maroc sur l'invitation du Roi Hassan II. C'est alors que les services secrets français informent le souverain marocain que les religieux iraniens ont l'intention d'enlever des membres de sa cour comme monnaie d'échange. Hassan II refuse ce chantage, mais le Chah préfère éviter ce scénario : il décide donc de trouver une autre terre d'exil. L'exil va se poursuivre aux Bahamas, où le Chah et sa famille obtiennent un visa de 3 mois, et ensuite au Mexique. Atteint de la maladie de Waldenström, le Chah demande aux États-Unis le droit de l'accueillir le temps d'une opération chirurgicale. D'abord très réticente, l'administration Carter accepte à titre provisoire et pour raison médicale. L'admission du souverain dans un hôpital new-yorkais sera à l'origine de la prise d'otage de l'ambassade américaine de Téhéran. La situation devenant intenable, Mohamed Reza Pahlavi est à présent transféré sur une base militaire du Texas : sous la pression, le Mexique refuse le retour du Chah sur son sol. Panamá sera l'étape suivante de l'errance. Mais les mollahs tentent d'obtenir le retour du Chah. Le gouvernement panaméen, d'abord disposé à accueillir les souverains déchus, change de position : il ne verrait pas d'objection à négocier une extradition. Anouar el-Sadate, qui avait toujours demandé que les Pahlavi demeurent en Égypte, réitère son invitation. C'est donc le retour à la première destination d'exil, mais avant cela l'avion va être bloqué plusieurs heures dans l'archipel des Açores : des avocats, chargés par le régime islamique, tentent par ce moyen d'arrêter le Chah. L'avion décolle avant que les autorités locales ne reçoivent officiellement la demande. Mohammad Reza Pahlavi, extrêmement diminué par la maladie, est installé au Palais Koubeh avec les membres de sa famille. Transféré d'urgence, il doit se faire à nouveau opérer : sa rate a un grand volume et l'intervention subie à New York témoigne de négligences et d'erreurs de jugement déconcertantes. La seconde opération est réussie mais il s'avère que le cancer est arrivé à un stade beaucoup trop avancé : le foie est atteint. Suivra alors une agonie de plusieurs mois qui prendra fin le 27 juillet 1980. Le Chah a eu droit à des funérailles nationales organisées en Égypte, mais, par crainte de représailles, la plupart des chefs d'État en fonction ne firent pas le déplacement. Présent lors de la cérémonie, l'ancien président Nixon dénonça la lâcheté de la Maison Blanche et des alliés occidentaux. Le Chah est inhumé dans la mosquée Al-Rifai, au Caire. L’impératrice Farah Diba et l’héritier du trône, son fils Reza Pahlavi, sont très impliqués aujourd’hui dans les mouvements d’opposition au régime iranien au niveau international.

Annexes

Références

Bibliographie

- ANSARI Iman et GERMAIN Patrick: "Mon père, mon frère, les Shahs d'Iran - Entretiens avec le prince Gholam-Reza Pahlavi". Editions Normant 2004. ISBN 2-915685-06-1
- de CASTELBAJAC Bertrand: "L'Homme qui voulait être Cyrus". Editions Albatros 1997. ISBN 2-72730157X / ISBN 978-2727301578
- DIGARD Jean-Pierre, HOURCADE Bernard et RICHARD Yann: "L'Iran au XXe siècle - Entre nationalisme, islam et mondialisation". Editions Fayard, 1996, nouvelle édition 2007. ISBN 978-2-213-63210-0
- ESFANDIARI-BAKHTIARI, Princesse Soraya : "Le Palais des solitudes". Editions Hachette Littérature, 1998. ISBN 978-273820531-5
- KAPUSCINSKI Ryszard: "Le Shah", Editions 10-18, 1999 (dernière édition). ISBN 2-26402-086-5
- LEGRAND Catherine & Jacques: "Chroniques de l'histoire: Le Chah d'Iran". Jacques Legrand sa Editions Chronique - Hachette Distribution, 1998. ISBN 2-905 969-93-8
- NAHAVANDI Houshang : "Carnets secrets : chute et mort du Shah". Editions Osmondes, 2003. ISBN 2-00978-291503-602-2
- PAHLAVI Farah: "Mémoires". XO Editions, 2003. ISBN 2-84563-065-4
- PAHLAVI Mohammad Reza, "Réponse à l'histoire". Editions Albin Michel, 1979 (rééd. 2000). ISBN 978-2-22600877-0
- PAHLAVI Reza: "Pour l'Iran - Entretiens avec Ahmad Ahrar", Editions Flammarion, 2004. ISBN 2-08-068220-2
- RICHARD Yann: "L'Iran - Naissance d'une république islamique", Editions de La Martinière, 2006. ISBN 2-84675-210-9

Pour aller plus loin

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