Révisionnisme

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Le terme révisionnisme renvoie à plusieurs sens plus ou moins proches, désignant de façon globale des courants de pensée tendant à remettre en cause et modifier plus ou moins profondément un système idéologique ou politique établi, un traité international ou un texte de loi majeur, ou encore des faits considérés comme historiques. Les utilisations du terme à travers l'histoire ont été très nombreuses et variées. Son utilisation au sujet de la Seconde Guerre mon
Révisionnisme

Le terme révisionnisme renvoie à plusieurs sens plus ou moins proches, désignant de façon globale des courants de pensée tendant à remettre en cause et modifier plus ou moins profondément un système idéologique ou politique établi, un traité international ou un texte de loi majeur, ou encore des faits considérés comme historiques. Les utilisations du terme à travers l'histoire ont été très nombreuses et variées. Son utilisation au sujet de la Seconde Guerre mondiale a restreint dans le grand public l'usage du terme à ce seul sujet. Dans le domaine historique :
- Parmi les historiens, le mot a été traditionnellement utilisé dans un sens plus souvent neutre que péjoratif, pour décrire les travaux ou idées d'un historien qui remet en cause une perception répandue d'un sujet particulier. (Voir la section « Révisionnisme historique ».)
- La notion de révisionnisme peut également désigner, plus spécifiquement, la remise en cause de certains aspects de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale par la négation, la minimisation ou la contestation de certains éléments du génocide commis par les nazis. La plupart des historiens lui préfèrent aujourd'hui le terme de négationnisme. Les négationnistes eux-mêmes conservent généralement l'usage de « révisionnisme ».
- En élargissant cette dernière signification du mot, « révisionnisme » peut également être employé dans un sens péjoratif, utilisé par des observateurs non historiens, pour désigner un travail historique biaisé visant à établir que certains événements passés n'ont pas eu lieu. Dans le domaine politique :
- Au sein du mouvement socialiste, le terme de révisionnisme et l'abréviation « réviso » furent utilisés pour qualifier la position de courants marxistes qui prétendaient remettre en cause certaines des thèses révolutionnaires, ou, par la suite, s'écartaient de l'orthodoxie marxiste-léniniste. La principale utilisation du terme a été faite en Allemagne avec le socialisme révisionniste d'Eduard Bernstein au sein du SPD dans les années 1890. En France, les positions du Parti communiste français furent qualifiées de « révisionnistes » par certains groupuscules gauchistes.
- Au sein du mouvement sioniste, le sionisme révisionniste fut un mouvement créé par Vladimir Jabotinsky, qui affirmait que les termes du mandat britannique en Palestine devaient être revus pour faire apparaître explicitement l'objectif de la création d'un État juif. Aujourd'hui, le parti israélien Likoud est un descendant direct des sionistes révisionnistes.
- En France à la fin des années 1880, on désignait « républicains révisionnistes » les radicaux ayant soutenu le général Boulanger et le boulangisme à la fin du XIX siècle. Le Comité national républicain révisionniste réclamait en effet une "révision" de la constitution de la IIIe RépubliqueParmi ces revendication, l'élection du président de la République au suffrage universel, et l'affaiblissement du pouvoir parlementaire.
- En Allemagne, en Hongrie, et en Italie après 1918, le révisionnisme désigne les courants réclamant une révision du Traité de Versailles.

Révisionnisme historique

Le révisionnisme est une démarche critique consistant à réviser de manière rationnelle certaines opinions couramment admises en histoire, que ce soit par le grand public (le plus souvent), ou même par des historiens de profession non spécialistes de la période ou du domaine d'études considéré. Il se fonde sur un apport d'informations nouvelles, un réexamen des sources et propose une nouvelle interprétation (une ré-écriture) de l'histoire. Comme l'avait découvert Auguste Comte, l'histoire est une discipline fondamentalement ambiguë, où l'interprétation de la réalité historique doit souvent composer avec les vérités de son époque, l'historien se trouvant convoqué à tenir le discours attendu de lui par ses contemporains, sa société, en fonction des préjugés de son temps, de sa nation d'appartenance, etc. Un exemple flagrant, rapporté par Pierre Vidal-Naquet, en est l'œuvre de Jules Michelet, construisant au une patrie française éternelle, à travers une lecture romantique (et parfois romanesque) des faits historiques.Tout historien se doit donc d'être selon ces termes « révisionniste ». De nouveaux documents, de nouvelles sources, la levée de barrières politiques, idéologiques, sociologiques, etc., lui permettent de réviser et d'apporter avec une nouvelle vision, de nouvelles informations, de nouvelles sources, des éléments supplémentaires à la construction du fait historique. Un exemple de révisionnisme positif peut être trouvé dans l'étude des massacres de Katyn, effectués sur ordre de Staline et attribués par les Soviétiques, avec l'appui tacite des alliés notamment anglais, aux Allemands dans le contexte particulier au procès de Nuremberg. Dans l'immédiat après guerre, il était de « notoriété publique » que les Allemands étaient responsables. Les universitaires et médecins légistes qui affirmaient le contraire subirent des pressions diverses allant jusqu'à l'exclusion. A partir de la chute du mur de Berlin, le voile se leva peu à peu et Boris Eltsine finit par se rendre sur place et présenta ses excuses au peuple polonais. Le révisionnisme doit donc bien et toujours s'inscrire dans la démarche de l'historien. Un exemple de révisionnisme, à distinguer du négationnisme, concerne le nazisme. La fameuse querelle des historiens ayant eu cours surtout en Allemagne dans les années 1980, fut l'occasion pour certains historiens et philosophes (elle est donc mal nommée) allemands de présenter le nazisme avant tout comme une réaction au communisme et à examiner l'histoire du nazisme d'un point de vue emphatique, les deux approches tendant à minimiser la radicalité du nazisme, et également de la Shoah. Ce cas est extrêmement complexe puisqu'il a entremêlé débat méthodologique fondé et motifs politiques plus ou moins avouables. Mentionnons enfin que « révisionnisme » désigne très souvent dans des mouvements d'idées ou des idéologies politiques, des branches dissidentes, remettant en cause la tendance majoritaire. Le « révisionnisme » a également désigné le mouvement demandant la révision du procès Dreyfus, c'est d'ailleurs cette démarche qui donna son sens actuel au terme. Le terme a été également abondamment utilisé dans les années 1950 ; les tenants de la vulgate stalinienne taxaient volontiers (entre autres hérétiques) le gouvernement de la Yougoslavie de « révisionnisme titiste ».

Accusations de révisionnisme

L'historienne Annie Lacroix-Riz a fait l'objet d'accusations de révisionnisme , notamment par une association d'Ukrainiens en France qui a organisé une pétition « appelant les plus hautes autorités de l’État à tout mettre en œuvre pour lutter contre le révisionnisme stalinien », que l'on peut raisonnablement interpréter comme une demande de suspension comme professeur d'université. Annie Lacroix-Riz avait réduit la famine ukrainienne de 1932-1933 à « une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à "six millions de morts" », dénonçant une « opération de propagande », un « bobard », une « campagne de presse »Annie Lacroix-Riz, « Sur la "famine" en Ukraine en 1933 : une campagne allemande, polonaise et vaticane », 2004, que l'on peut consulter sur son . Si le caractère génocidaire de la famine ukrainienne est contesté, la responsabilité du pouvoir soviétique dans cette tragédie est généralement reconnue par les historiens. L'article a provoqué de vives réactions parmi les associations de la diaspora ukrainienne, dont le Congrès mondial ukrainien, suite à un article sur la « famine génocidaire » en Ukraine en 1933 (Holodomor), recueil de documents tendant à attribuer son imputation à Joseph Staline à une campagne de propagande, où elle remettait en cause les sources - provenant des chancelleries allemandes et italiennes de concert avec le Vatican - ayant servi à prouver son caractère organisé et à évaluer le nombre de morts. Annie Lacroix-Riz a accusé en retour le Congrès mondial ukrainien d'antisémitisme en s'appuyant sur une lettre de son Président, Askold S. Lozynskyj, au New York Times dans laquelle il affirmait « L’homme auquel Joseph Staline a confié la tâche de perpétrer ce crime était un juif, Lazar Kaganovich. (...) Norman Davies, le célèbre historien britannique, a conclu qu’aucune nation n’a perdu autant d’habitants au 20ème siècle que l’Ukraine. C’est en grande partie le résultat de l’activité à la fois des communistes et des nazis en Ukraine. Les Russes et les Allemands furent sauvages. Mais les juifs furent pire. Ils trahirent leurs voisins et le firent avec un zèle accompli ! », 18 juin 2002 (lettre reproduite sur le site d'Annie Lacroix-Riz)

Notes et références

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Sujets connexes
Affaire Dreyfus   Allemagne   Annie Lacroix-Riz   Années 1950   Antisémitisme   Auguste Comte   Boulangisme   Darwinisme   Eduard Bernstein   Génocide   Histoire   Holodomor   Italie   Joseph Staline   Jules Michelet   Likoud   Légende noire espagnole   Mur de Berlin   Nazisme   Négationnisme   Palestine   Palestine mandataire   Parti communiste français   Pierre Vidal-Naquet   Radicalisme   Révisionnisme au Japon   Révisionnisme irlandais   Seconde Guerre mondiale   Shoah   Sionisme révisionniste   The New York Times   Traité de Versailles   Ukraine   Vatican   Vladimir Jabotinsky   Vulgate   Yougoslavie  
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