Autogestion

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Au sens littéral, autogestion signifie gestion par soi-même : du grec autos « soi-même » et du latin gestĭo, « gérer ». Ses postulats sont la suppression de toute distinction entre dirigeants et dirigés, la transparence et la légitimité des décisions, la non appropriation par certains des richesses produites par le collectif, l'affirmation de l'aptitude des humains à s'organiser sans dirigeant. Elle ne se limite pas au seul champ économique.
Autogestion

Au sens littéral, autogestion signifie gestion par soi-même : du grec autos « soi-même » et du latin gestĭo, « gérer ». Ses postulats sont la suppression de toute distinction entre dirigeants et dirigés, la transparence et la légitimité des décisions, la non appropriation par certains des richesses produites par le collectif, l'affirmation de l'aptitude des humains à s'organiser sans dirigeant. Elle ne se limite pas au seul champ économique.

Historique

Historiquement, cette pratique a été développée par les Associations ouvrières des débuts de la révolution industrielle puis adoptée par la Première Internationale Ouvrière (Association internationale des travailleurs ou AIT) (« L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes »), conceptualisée par Pierre Joseph Proudhon et les anarchistes, par les libéraux et depuis quelques années ce mot est à l'honneur dans les entreprises (autonomie ou semi-autonomie - contrôlée par la hiérarchie - du travail personnel, mais certainement pas pouvoir gestionnaire sur l'entreprise et sur son chiffre d'affaire). Il existe cependant de nombreux exemples d'entreprises autogérées comme la mine de Tower Colliery dans le Pays de Galles ou bien le réseau français des sociétés coopératives ouvrières de production SCOP qui représente plus de 1200 entreprises et plus de 20000 salariés. Plus récemment encore, les pays latino-américains, sous l'effet de crises sociales et économiques, illustrent un nouveau développement de l'autogestion avec la réappropriation d'entreprises abandonnées ou mises en faillite par leurs propriétaires, notamment en Argentine avec par exemple l'entreprise Zanon, où le mot d'ordre était "Resistir, Occupar, Producir". Les communautés zapatistes du Mexique et leurs autogouvernements sont un autre visage de la pratique autogestionnaire. Mais c'est le maréchal yougoslave Tito qui fit inscrire l'autogestion dans la constitution de ce pays. Bien avant lui, la Commune de Paris (1871), la Russie des Soviets (1917), l'Espagne républicaine de 1936 à 1938, les kibboutz d'Israël, l'Algérie décolonisée, etc… ont alimenté les pratiques et les débats sur l'autogestion. Une partie du mouvement syndical s'est aussi approprié le modèle de l'autogestion, et l'a, depuis, délaissé (CFDT). Une autre partie y a toujours été hostile, pour des raisons stratégiques ou idéologiques (FO, CGT). Toutefois, les seules références syndicales contemporaines à l'autogestion restent minoritaires, cantonnées essentiellement aux syndicats de l'Union syndicale Solidaires (union auquel appartiennent les syndicats SUD), au courant École Émancipée et à la CNT. Enfin, un certain nombre de collectifs divers et d'entreprises adoptent toujours l'autogestion comme modalité démocratique et finalité : des squats, des radios libres, des librairies, des coopératives… Autonomie au sens d'autogestion : « mai 68 » à l'ORTF.

Pratique

La condition de base est que les membres d'un projet renoncent à penser, vouloir et décider pour les autres, mais se centrent au contraire sur ce qu'ils veulent pour eux-mêmes, qu'ils assument pleinement dès le départ le caractère personnel et situé de leurs demandes, leur statut de participants. Les clivages structuraux habituels entre « chefs » et « participants » disparaissent dès le départ, aux niveaux économique, politique, idéologique et psychologique; du moins s'agit-il d'une intention. Le principe de base étant la recherche de consensus. Il faut toutefois réaffirmer que l'autogestion se caractérise par une profonde pluralité, tant dans ses outils de décisions, que dans ses structures (association, scoop, sarl…) ou dans sa finalité (cogestion, hétérogestion, abolition du salariat…). Un projet autogéré se doit de se doter de structures permettant à chaque participant de faire connaître et valoir ses intérêts. L'autogestion n'implique pas une absence de règles, mais que les règles soient décidées par les personnes concernées. Trouver un consensus satisfaisant est un processus qui demande en général beaucoup de temps de discussion, mais la décision finale convenant aux intéressés, elle sera plus aisément applicable. L'autogestion est surtout défendue par les courants politiques se réclamant de l'anarchie, du conseillisme, du communisme libertaire, ou du syndicalisme-révolutionnaire. Le mouvement syndical français avec la CFDT propose à son congrès de 1970 une alternative à la société capitaliste : l'autogestion des entreprises. Des courants socialistes (PSU, Objectif socialiste, CERES) ou issus du trotskysme (AMR) se réclament également de l'autogestion. Après l'adhésion de Michel Rocard et de militants PSU, le Parti socialiste se proclama partisan du socialisme autogestionnaire dans les années 1970, qu'il a tenté de définir dans les "quinze thèses sur l'autogestion" des 21 et 22 juin 1975, sans remettre en cause les objectifs immédiats du programme commun. Après l'avoir combattu, le PCF adopte cette thématique par une déclaration solennelle adressée à la CFDT le 7 novembre 1977. Il inscrit le socialisme autogestionnaire dans ses statuts lors du XXIII Congrès en 1979. Les idées autogestionnaires ont reculé avec la perspective socialiste et le "recentrage" de la CFDT. Aujourd'hui elles sont encore portées par de petites formations : CNT, Fédération anarchiste, SCALP, Organisation communiste libertaire, Les Alternatifs, Alternative libertaire, Militant, Union des anarchistes… Dans une certaine mesure, on peut considérer Wikipédia comme la première encyclopédie autogérée.

Expériences d’autogestion

Une des expériences d'autogestion a eu lieu en Espagne républicaine en 1936-1939, principalement en Catalogne et en Aragon. Cette expérience était d'inspiration anarchiste. Les communistes, largement instrumentalisés par l'Union soviétique, y mirent fin dans la plupart des cas en 1937, afin de réorienter l'économie du pays vers la poursuite de la guerre et de réduire l'influence des anarchistes. Les dernières expériences s'arrêtèrent à la victoire de Franco. Les résultats furent très variables suivant les cas, mais on peut dire que ce fut en général un succès dans l'agriculture et un échec dans l'industrie. Il faut cependant signaler que très souvent, les matières premières et/ou les débouchés commerciaux traditionnels des usines se trouvaient en Espagne nationaliste, ce qui peut expliquer les problèmes rencontrés. La brièveté de ces expérimentations (le plus fréquemment de quelques mois) ne permet pas de tirer de conclusions définitives sur leurs résultats à long terme. On peut aussi citer l'expérience yougoslave, dont il faut distinguer deux parties : durant la première, centralisatrice et étatiste (de la fin des années 50 aux années 70), l'État centralise les informations et envoie des commandes aux industries. Les ouvriers sont supposés gérer l'entreprise pour répondre à cette commande, il ne s'agit donc pas d'un modèle de marché. Dans la seconde partie, au contraire, les ouvriers s'organisent comme le ferait une entreprise libérale : ils définissent la production, le marché est libre, etc. Autres exemples :
- Jansiac (La Nef des Fous)
- Le Wagon
- Lip
- Municipalidades issues de la révolte du Chiapas (1994)
- Recupération d'usines, d'écoles, d'hôpitaux par des ouvriers en Argentine à partir de 2001. Voir le documentaire de Naomi Klein "the take" 2004.
- Les coopératives de Mondragon. Voir le film de Anne Argouse et Hugues Peyret "les Fagor et les Brandt", ww.antoinemartinprod.com/

Critiques de l'autogestion

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Sujets connexes
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