Bourges

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Bourges est une commune française, située dans le département du Cher et la région Centre. Elle est aussi la capitale du Berry, ancienne province s'étendant aux départements de l'Indre et du Cher. Ses habitants sont appelés les Berruyers.
Bourges

Bourges est une commune française, située dans le département du Cher et la région Centre. Elle est aussi la capitale du Berry, ancienne province s'étendant aux départements de l'Indre et du Cher. Ses habitants sont appelés les Berruyers.

Devise

Summa imperii penes Bituriges (Le souverain pouvoir appartient aux Bituriges).

Géographie

La ville de Bourges est située sur l'Yèvre, à quelques dizaines de kilomètres du « centre exact de la France », en plein Berry. Parmi les quartiers de la cité, Asnières-lès-Bourges a son originalité.

Climat

Voici les données climatiques à (cliquer sur la carte de France).

Histoire

Bourges doit son nom au peuple gaulois des Bituriges Cubes.

Antiquité

Dans l'Antiquité, elle se nommait Avaricum (le nom celte étant Avaric qui se retrouve aussi dans le nom de la rivière Yèvre). Durant la guerre des Gaules, César en fit le siège, qui dura de long mois. Partout ailleurs en Gaule, Vercingétorix avait mis en place une politique de la terre brûlée : aucune ville, aucune ferme ne devait servir à l'approvisionnement des légions romaines. Cependant, les habitants d'Avaricum le supplièrent d'épargner leur cité, mettant en avant la sûreté de leur ville protégée par des défenses naturelles (telles que les marais) et par une puissante muraille au sud. De cette muraille, lui revenait la nomination de Ville rouge, au même titre que Le Mans. César réussit à prendre la cité en affamant ses combattants et en repoussant l'armée de secours de Vercingétorix. Des 40 000 hommes, femmes et enfants enfermés dans ses murs, seuls 800 en réchappèrent. Une fois la ville conquise, elle est reconstruite dans le style romain avec un plan carré et de nombreux complexes monumentaux sont construits : oppidum, porte monumentale, aqueducs, thermes et amphithéâtre. De nombreuses villas furent construites et la ville va atteindre une taille importante (supérieure à celle du Moyen Âge).

Moyen Âge

vue de Bourges depuis la cathédrale Idem Par la suite, pendant les invasions barbares, la ville se replie sur elle-même et une enceinte gallo-romaine est construite avec les restes des bâtiments officiels démantelés. La ville va progressivement s'endormir pendant la période mérovingienne qui ne laisse que peu de trace. En revanche, la période carolingienne est plus faste à en juger par les traces qu’elle laissa, bien que mal connue. De nombreux édifices vont être construits signe d’une réorganisation sociale, politique et religieuse. De cette époque date la construction d’un hôtel-Dieu et de la première cathédrale de Bourges, à l’emplacement de l’actuelle, par Raoul de Turenne. De cet édifice subsiste une crypte mérovingienne sous le chœur de l’édifice actuel. On assiste aussi à la construction d’un palais sous l’actuelle préfecture. De nombreuses abbayes vont être fondées avec l’appui du pouvoir royal comme celle de Saint-Ambroix. Une première vague d’églises va être construite telle que l'église Saint-Paul. Puis au , Bourges était le chef-lieu d'une vicomté jusqu'à ce que le dernier vicomte de Bourges, Eudes d'Arpin en 1101 vende ses fiefs pour 60 000 sous-or au roi de France afin de financer sa croisade. Bourges entre de ce fait dans les domaines royaux, propriétés propre de la couronne. Durant ce siècle la ville va connaître un nouvel âge d'or autour du chantier de la cathédrale et la construction d’une nouvelle enceinte sous l'impulsion du roi Phillipe Auguste. En effet, la ville est un centre religieux important même si elle ne possède pas de centre de pèlerinage. De nombreux prélats se succèdent dont certains vont connaître de brillantes carrières qui les mèneront même jusqu'au siège de Saint-Pierre. Conjugué à l'influence des familles locales qui sont devenues très proches du roi tels les de La Châtre, de Sully pour ne citer qu'eux, va concourir à la volonté de réaliser un édifice exceptionnel grâce à la puissance tant économique que politique des archevêques de Bourges. Le déclic vient par une nuit de tempête : la cathédrale foudroyée est en feu. Elle venait d'être reconstruite et n'était même pas encore achevée. Les décideurs hésitent mais peut-être par rivalité avec l'archevêque de Bourges, Henri de Sully, frère du constructeur de Notre-Dame de Paris décide en 1192 l'édification d'une nouvelle cathédrale sur un plan unique et original : cette cathédrale constituera un manifeste visible de la puissance de l'église berruyère mais aussi de la monarchie capétienne (les Anglais sont tout proches). De 1192 jusqu'au milieu du ce chantier démesuré va monopoliser toute la ville. Au la ville devient la capitale du duché de Berry qui est donné en apanage à Jean de Berry troisième fils du roi de France Jean le Bon, frère du roi Charles V. Ce grand seigneur fils, frère et oncle de roi, pair de France va développer dans sa capitale une cour fastueuse. Il va attirer dans la ville de nombreux artistes parmi les plus brillants de son temps. Ces grands chantiers vont profondément marquer la ville. Son plus grand ouvrage sera la construction d'un palais ducal (grand palais) bâti sur les restes de la muraille gallo-romaine et en continuité des restes d'un palais plus ancien appelé le petit palais (ancien palais des vicomtes de bourges dont la construction primitive remonterait à Pépin le Bref. Ce palais sera rattaché par une galerie (galerie du cerf) à la sainte-chapelle (ou chapelle palatine). De ces édifices ne subsistent que deux des salles d'apparat du grand palais (actuel conseil général), le petit palais méconnaissable sous une façade replaquée au (actuelle préfecture), la sainte chapelle a été complètement détruite certaines de ces verrières furent néanmoins placées dans les vitraux de l'église basse de la cathédrale. D'autre éléments montrent l'importance que joua ce prince mécène pour Bourges ainsi l'on peut citer comme autre réalisation : le vitrail central de la façade principale de la cathédrale (grand housteau), le célèbre manuscrit des très riches heures du duc de Berry, l'horloge astronomique situé à l'origine sur le jubé de la cathédrale (la première de France). Le dauphin, futur Charles VII de France, ayant trouvé refuge à Bourges va utiliser l'administration mise en place par son grand oncle le duc de Berry pour pouvoir reprendre le contrôle de son royaume (hôtel des monnaies, cour de justice, siège épiscopale) seront autant d'atouts, son fils futur louis XI naîtra d'ailleurs dans le palais des archevêques en 1423. Charles VII y promulgua la Pragmatique Sanction en 1438. Jacques Cœur, fils d'un marchand drapier sera l'un des habitants les plus illustres de cette époque, d'abord travaillant avec son père comme fournisseur de la cour ducale, il va connaître une ascension fulgurante. Il épouse la fille du prévôt de Bourges Macé de léodepart, puis va participer à la fabrication des monnaies (ce qui lui vaudra quelques déboires), puis il devient grand argentier c’est-à-dire fournisseur de la cour royale, il va ainsi développer un réseau commercial international grâce à l'établissement d'un réseau de comptoirs et d'une flotte commerciale. Mais sa fortune devient trop grande et va éveiller les jalousies et le conduire à sa perte. Traduit et condamné par la justice royale il devient un homme traqué il va trouver refuge auprès du pape Nicolas V, homme ruiné, tous les biens sont confisqués et vendus au profit du roi, il meurt en exil en 1456. La trace la plus marquante qu'il a laissée dans la ville est la construction d'un hôtel particulier encore existant aujourd'hui, le palais Jacques-Cœur. Bourges est également le siège d'un archevêché, dont relèvent les diocèses d'Albi, de Cahors, de Clermont, de Mende, du Puy-en-Velay, de Rodez, de Saint-Flour et de Tulle. Le diocèse fut l'un des tous premiers à être fondé par saint Ursin lors des premières campagnes d'évangélisation de la Gaule vers le . De ce fait le diocèse obtint des privilèges et les archevêques de Bourges devinrent primat des Aquitaines (cf. provinces romaines) et Patriarche de l'église romaine. Dès le Moyen Âge ces prérogatives furent contestées notamment par les archevêques de Bordeaux, et actuellement ne constitue plus qu'un titre honorifique. Les quatre « prud'hommes » administrent la ville, puis sont remplacés en 1474 par un maire et 12 échevins. Le 22 juillet 1487, le Grand incendie de Bourges encore appelé Grand incendie de la Madeleine détruisit le tiers de la ville et marqua le début du déclin de la capitale du Berry.

Renaissance

La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Bourges le 26 août, et le massacre des protestants y dure jusqu’au 11 septembre, p 286. En 1585, son gouverneur La Chatre se rallie à la Ligue dès son lancement, p 341.

Du à la Révolution française

Au la ville connaît un nouveau sursaut lié à deux évènements majeurs, la contre réforme d’abord dont les jésuites vont être les principaux réalisateurs et qui va se matérialiser à Bourges par la construction d’un de leurs lycées. Et la présence puis son rôle en tant que gouverneur du Berry du futur prince de Condé. Nouvelles idées et influence politique transforment la ville. La cité encore médiévale s’ouvre, les murailles sont détruites, de nombreux édifices public sont bâtis (hôpital général, carmel) ou réaménagés (Hôtel-Dieu, hôtel des échevins). Deux hommes jouent un rôle fondamental : un architecte, Le juge, qui réalise la plupart de ces chantiers et l’archevêque Michel Phélyppeaux de la Vrillère, grand courtisan, dont la famille est l’une des plus riches de France qui fait construire un palais archiépiscopal, des jardins à la française signés Le Notre et un grand séminaire. La vocation militaire de Bourges commença lorsqu'un régiment de Dragon y fut cantonné sous le règne de Louis XIV. Bourges et ses environs comptent désormais de nombreuses activités liées à la défense, notamment la soufflerie hypersonique du Subdray, les établissements MBDA (ex-Aérospatiale), l'Établissement d'expérimentation technique de Bourges (essais de tirs). Ce dernier établissement est le successeur de l'Ecole d'artillerie, implantée à Bourges en 1839 à la suite d'un lobbying intensif de la part des élus locaux.

Économie

- Technologies de pointe
- ESAM École supérieure d'application du Matériel (Armée de Terre)
- Fabrication et test d'armement (ETBS : Etablissement Technique de Bourges), GIAT industries devenu Nexter en décembre 2006
- Centre de Formation de la Délégation dénérale pour l'armement (DGA)
- Conception et fabrication Aéronautique, Aérospatiale. Anciennement Nord-Aviation. Puis en 2002 fusion avec Matra, pour devenir la société MBDA production missiles.
- Usine Michelin, traite essentiellement les pneus aéronautiques (fabrication et rechappage).
- Au , Bourges doit une partie de sa prospérité à sa traversée par le canal de Berry dont elle a d'ailleurs demandé la modification du tracé initialement prévu, vers 1811, afin d'être desservie par lui. Bourges est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Cher. Elle gère l'aéroport.

Administration

La ville est divisée en cinq cantons :
- Le 1 canton compte 12 069 habitants;
- Le 2 canton compte 11 227 habitants;
- Le 3 canton compte 20 882 habitants;
- Le 4 canton compte 16 111 habitants;
- Le 5 canton compte 12 191 habitants.

Démographie

Héraldique

283px 200px Il existe une variante : « D'azur à trois moutons d'argent, accornés de sable, accolés de gueules et clarinés d'or, à la bordure engrêlée de gueules; au chef cousu d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or. » Voir une L'on en trouve parfois une seconde, rarement utilisée, figurée ci-contre.

Monuments

Cathédrale Saint-Étienne Bourges est classée Ville d'Art et d'Histoire.
- La cathédrale Saint-Étienne de Bourges fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1992.
- Palais Jacques Cœur (voir Jacques Cœur)
- Musée Maurice-Estève, dans l'ancien hôtel des échevins
- Les marais de l'Yèvre et de la Voiselle, jardins familiaux et cultures maraîchères ont été classés en 2003 sur la Liste des monuments naturels et des sites.
- Les vestiges des remparts gallo-romains.
- Les restes du palais du duc Jean de Berry (aujourd'hui préfecture)
- La place Gordaine et ses maisons à pans de bois
- La grange des dîmes - rue Molière, près de la cathédrale
- Le palais archiépiscopal - ancien hôtel de ville - et son jardin à la française (jardin de l'archevêché) attribué à Le Nôtre.
- Le canal de Berry et les rives de l'Auron

Culture

Chaque année depuis 1977, se tient dans la ville un festival musical et culturel, qui dure environ une semaine et se déroule généralement en avril, le Printemps de Bourges. La ville a accueilli également une des premières Maisons de la Culture créées par André Malraux. Celle-ci fut inaugurée en 1964 par André Malraux et le général de Gaulle.

Sports

À l'heure actuelle, le principal club de sport de Bourges est le CJM Bourges Basket, qui a déjà remporté 5 Championnat de France et 3 euroligues dont 2 consécutives.

Personnalités liées à la commune

- Les rois de France Charles VII (1403-1461) et Louis XI (1423-1483).
- Jacques Cœur (1395-1456), célèbre marchand, y est né et y a fait construire un fastueux palais.
- Geoffroy Tory (1480-1533), pionnier de l'imprimerie
- Le poète Barthélemy Aneau y est né au début du .
- Le jurisconsulte Jacques Cujas y a enseigné jusqu'à sa mort en 1590.
- Étienne François Sallé de Chou, (1754-1832), avocat du Roi, député du Berry à l'Assemblée constituante de 1789, Premier Président de la Cour d'appel de Bourges.
- Le général de la Révolution et de l'Empire Jean-Baptiste Augier (Bourges 1769-1820), également député du Cher.
- Le poète Émile Deschamps y est né en 1791.
- L’abbé Moreux, célèbre astronome qui a fondé l'observatoire de Bourges.
-Paul-Adrien Bourdaloue (1798-1868), ingénieur des Ponts et Chaussées qui a laissé son nom au premier réseau de nivellement général de la France.
- L'artiste peintre Berthe Morisot y est née en 1841.
- L'écrivain Marguerite Audoux (1863-1937) y a passé son enfance dans l'orphelinat religieux de Bourges.
- L'écrivain Frédéric Boutet (1874-1941), auteur de romans et de nouvelles fantastiques, y est né.
- Marcel Bascoulard (1913-1978) est un des artistes de Bourges parmi les plus atypiques et les plus attachants.
- C'est aussi la ville de naissance du philosophe Vladimir Jankélévitch, (né en 1903, au 16 boulevard Gambetta) qui y a vécu durant son enfance et adolescence.
- La philosophe Simone Weil y enseigna une année en 1935.
-Le futur capitaine Dreyfus y a passé quelques mois en garnison.
-Alfred Stanke "Le Franciscain de Bourges" (1904-1975) : né à Dantzig, le frère Alfred Stanke est envoyé en 1939 par l'armée allemande à la prison du Bordiot de Bourges, où il emploiera toute son énergie à soulager les blessures des prisonniers torturés par la Gestapo et à aider les résistants en captivité, tout cela au risque de sa vie. De cet homme, il reste des souvenirs vivaces au travers d'un film, d'un livre et d'un timbre gravé en 2000.
-Jean-Christophe Rufin, un des fondateurs de médecin du monde, prix Goncourt 2001, avec "Rouge Brésil", y est né en 1952
- Xavier Bazot, écrivain, y est né le 15 décembre 1955, auteur entre autres de Un fraisier pour dimanche - 1996 - le serpent à plumes, qui s'inspire de son expérience de fils de pâtissier.
-Alain Calmat, vice-champion olympique de patinage artistique à Insbruck, champion du monde en 1965 à Colorado Spring, ancien ministre de la jeunesse et des sports du gouvernement Fabius (84-86) fut député du Cher de 1986 à 1988 et de 1988 à 1993.
-Jean-François Deniau, ancien ministre de Valéry Giscard d'Estaing, écrivain, membre de l'Académie française, fut également conseiller général du Cher, élu d'un canton de Bourges. ---- Anecdote en rapport avec le régiment de Bourges Bourges fut le siège du 95 régiment d’infanterie ; le 8 avril 1915, aux Eparges, dans le secteur de Saint-Mihiel, au cours de la contre-offensive du Bois-Brûlé, afin de galvaniser ses hommes épuisés, l'adjudant Péricard, commandant une section de ce régiment, lança cette apostrophe restée célèbre : « Debout les morts ! ». Marais de l'Yèvre et de la Voiselle

Villes jumelées

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Voir aussi

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Sujets connexes
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