Château de Condé

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Façade sud du château de Condé Situé à Condé-en-Brie (Aisne), sur la route du Champagne, à 100 km à l'est de Paris, le château de Condé est un domaine privé classé habité toute l'année. À la demande des Bourbon, des princes de Savoie puis du marquis de La Faye, les plus prestigieux artistes comme Watteau, Boucher ou Oudry réalisèrent ses somptueux décors du XVIIe et s. Ce château permet d'évoquer une partie de l'histoire de France au travers de personnages
Château de Condé

Façade sud du château de Condé Situé à Condé-en-Brie (Aisne), sur la route du Champagne, à 100 km à l'est de Paris, le château de Condé est un domaine privé classé habité toute l'année. À la demande des Bourbon, des princes de Savoie puis du marquis de La Faye, les plus prestigieux artistes comme Watteau, Boucher ou Oudry réalisèrent ses somptueux décors du XVIIe et s. Ce château permet d'évoquer une partie de l'histoire de France au travers de personnages illustres comme les Condé, les Savoie, La Fontaine ou Richelieu, sans oublier Olympe et ses « poudres » mystérieuses… L'aile Watteau et ses fresques découvertes récemment, la chambre de Richelieu, les appartements privés et l'exceptionnel salon décoré par Oudry constituent les attractions phares du château.

Photos

Image:Salle Servandoni.jpg|Salle décorée par Servandoni Image:Salon Oudry.jpg|Salon décoré par Jean-Baptiste Oudry (détail) Image:Chambre de Richelieu.jpg|Chambre du Cardinal de Richelieu Image:Chambre Olympe.jpg|Chambre d'Olympe Image:Chambre Watteau.jpg|Chambre du Musicien (détail de l'aile Watteau) Image:Escalier honneur.jpg|Escalier d'honneur Image:Cour honneur.jpg|Cour d'honneur (détail)

Historique

La proximité du confluent de la Dhuys et du Surmelin, affluent de la Marne va donner son nom au village de Condé-en-Brie. En effet la racine du mot Condé provient du mot d'origine celtique condatum signifiant étymologiquement « confluent ». Habité depuis les temps les plus reculés, ce lieu servit de théâtre en 500 à un combat opposant les Senones aux Condrusi. D'importants vestiges de cette époque subsistent dans les fondations du château. Ce sont probablement ceux d'une villa gallo-romaine. Le bienheureux Jean de Montmirail fut le premier seigneur de Condé. Ce n'était alors qu'un fief noble ayant haute et basse justice et autorisation de fourches patibulaires. Son gendre, Enguerrand III de Coucy construisit en 1200 le premier château digne de ce nom. Les murs de deux mètres d'épaisseur et les larges archères témoignent de cette période. Marie de Coucy, dernière de cette lignée, apporte en 1400 à son mari, le comte de Bar, les terres de Condé qui passent ensuite, toujours par le jeu des alliances, à la Maison de Luxembourg. En 1487, la Maison de Bourbon entre en possession de la seigneurie par le mariage de Marie de Luxembourg avec François de Bourbon, comte de Vendôme. Celle-ci passe ensuite à l'un de ses fils, Louis dit le cardinal de Bourbon-Vendôme, abbé de Saint-Denis, archevêque de Sens, évêque de Laon et de Luçon. Ce dernier transforme le château des Coucy en un très grand rendez-vous de chasse Renaissance dont l'édifice actuel ne représente plus qu'environ les deux tiers de la surface initiale. Ses armes surmontées du chapeau de cardinal, figurent encore au fronton d'une porte et d'une cheminée.

Le berceau de la Maison de Condé

Le château, encore fermé autour d'une cour carrée, était lui-même entouré de murs qui s'étendaient jusqu'à deux bâtiments de cette époque : la « porterie » à l'ouest devenue aujourd'hui une simple grange et la « capitainerie » à l'est, ancien logement du capitaine des gardes sous lequel étaient situées les prisons dont il subsiste encore la lourde porte et les verrous impressionnants. De nombreux souterrains, dont certains pourraient encore être réutilisés, reliaient entre eux les différents bâtiments au bord de la rivière. Louis, neveu du cardinal de Bourbon-Vendôme qui fut son tuteur se fit appeler « Monsieur le Prince ». Couramment désigné sous le nom de prince de Condé, ce titre lui resta sans doute parce qu'il affectionnait ce lieu après y avoir passé une partie de son enfance. À la mort de son oncle en 1556, il hérita des terres de Condé qui s'étendaient sur plus d'une dizaine de villages. Sa première épouse, Éléonore de Roye, y éleva ses enfants. Elle y mourut en 1564, après avoir été quelque peu délaissée par le prince, chef du parti huguenot. Après son assassinat à Jarnac par le capitaine de Montesquiou en 1569, la principauté de Condé resta dans la Maison de Bourbon jusqu'en 1624 date à laquelle elle passa à celle de Savoie par le mariage de Marie de Bourbon-Condé avec Thomas de Savoie-Carignan. Le château de Condé qui a le privilège d'avoir donné son nom à l'une des branches les plus illustres de la Maison de Bourbon , connut alors un sort moins enviable. En 1711, Louis XIV confisqua les biens des Savoie en France, sans doute pour se venger des échecs que lui avait fait subir le prince Eugène à la tête des armées autrichiennes. Le château mis sous séquestre, fut occupé militairement de 1711 à 1719 et se trouva en fort mauvais état quand il fut acheté par Jean-François Leriget de La Faye.

Jean-François Leriget de La Faye

Cet homme doué de nombreux talents fut à la fois un financier, un homme de lettres et un diplomate au service du roi Louis XIV et du Régent. Administrateur de la Compagnie des Indes, membre de l'Académie française, il fut aussi chef du Cabinet royal et conseiller particulier du roi. À ce titre, il était chargé de missions importantes, entre autres, celle de chercher une épouse pour le jeune Louis XV. Déjà propriétaire à Paris de deux hôtels où il donnait des réceptions littéraires, il voulut jouir d'une résidence « des champs » en transformant Condé à la mode du . Il en confia la réalisation à Servandoni, l'un des architectes du Palais Farnèse à Rome, maître du trompe-l'œil et spécialiste du décor de théâtre mobile. Celui-ci donna au château son aspect actuel. Il ne conserva que les trois bâtiments entourant la cour d'honneur. En supprimant la quatrième aile qui fermait la cour, il y fit entrer le soleil. Il refit les toitures et voulut donner à la façade l'aspect symétrique au goût du jour, mais il se heurta à la partie du treizième siècle et l'épaisseur des murs l'obligea à exercer son talent de trompe-l'œil en faisant des fausses fenêtres sur une partie de la façade. Il fut également chargé de décorer l'intérieur. Il remplaça l'escalier de pierre Renaissance par un vaste escalier d'honneur mettant en valeur les toilettes (modes vestimentaire) de l'époque. Il décora lui-même le grand salon central, consacré au théâtre et à la musique. Ses toiles peintes à la manière des décors de théâtre sont tendues sur les quatre murs, reproduisant en trompe-l'œil des statues de Girardon exécutées pour le parc de Versailles et des scènes mythologiques, copies des fresques du palais Farnèse. Le marquis de la Faye, grand collectionneur de tableaux, obtint en outre le concours de peintres célèbres de l'époque. Jean-Baptiste Oudry peignit pour un autre grand salon quatre magnifiques tableaux représentant des retours de chasse et de pêche. Les autres pièces furent décorées par Watteau, Lancret, Lemoyne et leurs élèves. Malgré les destructions de la guerre de 1914, nombreuses sont les peintures attribuées à ces écoles. Ce travail de décoration fut poursuivi par son neveu et héritier, Jean-François II Lériget de la Faye dont la fille épousa le comte de la Tour du Pin Lachaux. C'est elle qui, à la mort de son père, hérita du château et des terres de Condé qui appartinrent à cette famille jusqu'en 1814, date à laquelle, par héritage, la comtesse de Sade, belle-fille du célèbre marquis en devint propriétaire.

Les familles Sade et Pasté de Rochefort

La famille Sade posséda ces lieux jusqu'en 1983. Après l'épreuve des deux grandes guerres, qui endommagèrent gravement le château, elle commença l'œuvre de restauration toujours en cours. Le nouveau propriétaire, Alain Pasté de Rochefort n'est pas tout à fait étranger à Condé. Son ancêtre le capitaine Pasté était au l'un des deux capitaines de la garde privée du premier prince de Condé et a séjourné sans doute à maintes reprises à Condé pour cette raison. Il poursuit l'œuvre entreprise par ses prédécesseurs jusqu'à sa disparition accidentelle le 24 février 1993. Depuis sa femme aidée de ses enfants (Alice et Aymeri) poursuit l'œuvre de restauration. Les tâches à accomplir sont encore nombreuses. C'est dans un esprit de continuité que l'ensemble des travaux réalisés à Condé sont menés. Le château de Condé reste habité toute l'année.

Bibliographie

- Guillaume Glorieux: Le Château de Condé – Demeure des Princes. Somogy, Paris 2004, ISBN 2-85056-759-0. ==
Sujets connexes
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