Prohibition

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Agents de la prohibition aux États-Unis détruisant des barils d'alcool La Prohibition fait référence à plusieurs périodes de la première moitié du où la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation et la vente de boisson alcoolisée étaient prohibés dans certains pays, comme :
- la Finlande (1919 à 1932), appelé kieltolaki
- le Canada (1900 à 1948, dans une province, la minuscule et rurale Île-du-Prince-Édouard (moins de 80, 000 hab
Prohibition

Agents de la prohibition aux États-Unis détruisant des barils d'alcool La Prohibition fait référence à plusieurs périodes de la première moitié du où la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation et la vente de boisson alcoolisée étaient prohibés dans certains pays, comme :
- la Finlande (1919 à 1932), appelé kieltolaki
- le Canada (1900 à 1948, dans une province, la minuscule et rurale Île-du-Prince-Édouard (moins de 80, 000 habitants à l'époque) et pendant de plus courtes périodes dans plusieurs autres provinces)
- les États-Unis d'Amérique (1920 à 1933)

Autres sens de « prohibition »

Lexicologiquement, la prohibition de quelque chose signifie l'interdiction de sa présence ou de son usage. Ceci n'est pas toujours le fait des lois ou d'un gouvernement, comme les écoles qui peuvent par exemple prohiber le port des jupes courtes, ou certaines religions prohibant l'usage de moyens contraceptifs. En ce qui concerne l'alcool, le terme prohibition en jargon juridique, fait aussi référence aux autres lois interdisant la vente et la consommation d'alcool, en particulier, des lois locales qui ont un effet identique. Le 21 Amendement, qui a annulé la prohibition nationale aux États-Unis, donne explicitement aux États le droit de limiter ou interdire l'achat et la vente d'alcool. Ceci a mené à une mosaïque de lois, par lesquelles l'alcool peut être légalement vendu dans certains endroits mais pas dans toutes les villes ou tous les comtés d'un État.

Prohibition de l'alcool dans le monde

Canada

C'est la province de l'Île-du-Prince-Édouard qui fut la première à voter une loi en 1900 prohibant l'alcool et la dernière fut le Québec, en 1919 et pour à peine quelques semaines. Les provinces ont ensuite abrogé ces lois au cours des années 1920. Le Québec fut la première province à retirer sa loi dès 1920, n'imposant la prohibition que sur la période 1919-1920, tandis que celle de l'Île-du-Prince-Édouard fut la dernière à abroger sa loi de prohibition en 1948.

États-Unis

Aux États-Unis, la prohibition fut établie par le 18 amendement de la Constitution (ratifié le 29 janvier 1919) et par le Volstead Act (établi le 28 octobre 1919). La prohibition débuta dès le 16 janvier 1920, lorsque le 19 amendement prit effet. Le Volstead Act fut amendé afin d'autoriser les breuvages peu alcoolisés comme les bières légères (ne titrant pas plus de 3, 2 % d'alcool, 4 % en volume) grâce au Blaine Act du 17 février 1933. Le 19 amendement a été retiré au cours de la même année par la ratification du 21 amendement de la Constitution.

Fonctionnement et contournements

La Prohibition fait référence également à une partie du mouvement pour la Tempérance (Temperance movement) qui souhaitait que l'alcool fût rendu illégal. Sont alors apparus les prohibitionnistes, partisans de la prohibition. Ces derniers comptaient déjà quelques succès pour leur cause à leur actif. En 1905, trois États américains avaient déjà interdit l'alcool. En 1912, le nombre de ces États passa à neuf, et en 1916, la prohibition faisait déjà partie de la législation dans 26 des 48 États composant les États-Unis. Après le retrait de la loi fédérale, certains États continuèrent à imposer la prohibition, comme l'Oklahoma, le Kansas et l'État du Mississippi qui étaient toujours « secs » en 1948. L'État du Mississippi, au sein duquel l'alcool fut rendu illégal dès 1907, fut le dernier État à procéder au retrait de la prohibition, en 1966. Dès la parution du Volstead Act, la forte demande des consommateurs américains ne resta pas sans réponse. L'existence d'un grand marché potentiel suscita l'intérêt au Canada voisin ainsi qu'en Europe. Le commerce d'exportation, parfaitement légal, s'organisa à partir des "têtes de pont" que furent les grandes distilleries canadiennes, les possessions britanniques des Bermudes, des Bahamas et du Belize, mais aussi Saint-Pierre et Miquelon, cet archipel étant une colonie française où convergeaient les alcools canadiens, français et britanniques, avant d'être chargés sur les "rum runners" en vue d'être introduits sur le continent voisin.Cette colonie connut alors des années d'or jusqu'en 1933, année ou prit fin la Prohibition

Le crime organisé et Les Incorruptibles

Beaucoup de notables et politiciens américains admirent posséder de l'alcool durant la prohibition. Cette antinomie entre la législation et les pratiques couramment admises nourrit un mépris important et répandu de la population pour les autorités de l'État, ces dernières étant considérées comme fort hypocrites. La satire prit de multiples formes, incluant de célèbres films comme Keystone Kops. Certaines personnalités d'exception trouveront grâce aux yeux de la population américaine. Ainsi, les activités d'Eliot Ness et de son équipe de choc composée d'agents du Trésor, surnommée « Les Incorruptibles » (The Untouchables en anglais). Une autre exception sera le duo Izzy Einstein et Moe Smith, agents de la prohibition à New York, simplement surnommés « Izzy and Moe ». La presse américaine couvrira largement les qualités de ces rares exemples de probité : l'honnêteté proverbiale de Ness, alliée à son talent pour les relations publiques, les méthodes plus excentriques et plus déguisées mais cependant hautement efficaces de Izzy and Moe. La prohibition fournit une opportunité alléchante pour le crime organisé de mettre sur pied des filières d'importations, des fabriques ou encore un réseau de distribution illégal de boissons alcoolisées aux États-Unis, notamment au travers des speakeasies. Al Capone fut l'un des leaders de ces trafics d'alcool, renforçant grandement son empire criminel grâce aux profits des ventes illégales d'alcool. Eliot Ness s'opposera à Capone, dans un combat devenu légendaire. Il ne réussira cependant pas à faire tomber le criminel pour des méfaits graves (vente d'alcool ou meurtre), mais devra recourir à l'invocation des « privilèges indissociables au droit de la personne » pour faire tomber Al Capone sous le coup d'une loi fédérale, contournant les juridictions législatives (les juges corrompus protégeant Capone au niveau local). Celui-ci se verra imposer la peine maximale (10 ans). La production d'alcool étant tombée dans des mains criminelles ou étant assurée par des fabricants clandestins échappant à tout contrôle, la qualité du produit final variait grandement. Ainsi, de nombreux cas de buveurs souffrant de cécité ou subissant des lésions cérébrales graves furent répertoriés après l'ingestion d'un « bathtub gin » concocté à partir d'alcool industriel et autres poisons chimiques. Un incident resté dans les mémoires est lié au brevet médical (patent medicine) du gingembre de Jamaïque (Jamaica ginger), plus connu par ses consommateurs sous le nom de « Jake ». Il possédait un très fort degré d'alcool et permettaient à ceux qui consommaient ce médicament de contourner l'interdiction de l'alcool. Le Département du Trésor américain exigea des modifications dans la formule de ce dernier pour le rendre imbuvable. Certains revendeurs de Jake, peu scrupuleux, altéraient leur produit avec un plastifiant industriel pour tenter de contourner les tests gouvernementaux. En conséquence, des dizaines de milliers de victimes ont souffert de paralysie des mains et pieds, très souvent de manière permanente. La distillation amateur de liqueur n'était pas sans danger pour le producteur lui-même, le matériel de distillation trop primitif explosant parfois, provoquant incendies et ravages.

Problèmes engendrés

On notera que dans les années 1890, l'éthanol était le premier carburant utilisé par les voitures. Cet alcool servait de carburant pour les engins agricoles, les locomotives et les voitures, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. En 1919, La police de la prohibition détruisit les distillateurs d'alcool de maïs, qui servaient aux fermiers à produire à faible coût leur carburant d'éthanol. Les dépenses supplémentaires pour se procurer de l'éthanol carburant forcèrent les agriculteurs à se tourner vers le pétrole, qui était à l'époque fort peu cher. Beaucoup de problèmes sociaux furent attribués à l'ère de la prohibition. Un marché noir de l'alcool, rentable et souvent violent, s'est épanoui. Le racket surgit quand de puissants gangs corrompirent les agences dont la mission étaient d'assurer la prohibition. Les boissons les plus alcoolisées gagnèrent en popularité car leur pouvoir éthylique les rendaient plus rentables pour faire de la contrebande. Faire respecter la prohibition eut un coût élevé, tout comme l'absence du revenu des taxes sur l'alcool (environ 500 millions de dollars américains annuellement pour l'ensemble du pays) a durement entamé les réserves financières de l'État américain. Quand la prohibition cessa, le crime organisé perdit une part importante de ses revenus liés au marché noir d'alcool, conséquence directe de la concurrence des boissons alcoolisées en vente libre à des prix modérés. Le crime organisé se recycla dans la vente d'autres drogues illégales. Le marché noir repose sur la vente d'un quelconque produit illégal. D'un certain point de vue, la lutte contre les drogues modernes a été comparée à la prohibition. Ce dernier argument ainsi que la validité de l'analogie est cependant critiqué. La prohibition a eu un impact notable sur l'industrie de l'alcool au sens large au sein des États-Unis. Au moment où la loi fut abrogée, seule la moitié des brasseries d'avant la prohibition restaient encore ouvertes. La plupart des petites brasseries furent éliminées pour de bon. Étant donné que seules les brasseries industrielles survécurent à la prohibition, la bière américaine en vint à être méprisée, cette dernière ne présentant aucun caractère, si ce n'est celui d'être un produit de consommation de masse. Les connaisseurs de la boisson se plaignent de la faible qualité autant que du manque de variété dans la production. Certains jugent qu'il fallu attendre les années 1980 pour considérer qu'un minimum de savoir-faire a été réacquis par les brasseurs américains. Fred Maytag est traditionnellement crédité pour le début du renouveau de la tradition du brassage de la bière aux États-Unis, c'est la révolution des microbrasseries qui sortit la brasserie américaine de son état de complète décadence.

Voir aussi

- Bouilleur de cru
- Cocktail
- Boisson alcoolisée
- Speakeasy
- Les Incorruptibles
- John Barleycorn Roman autobiographique de Jack London raccontant de manière crue et prenante son rapport à l'alcool et son alcoolisme. Ce récit a joué un rôle important dans l'établissement de la prohibition.

Lien externe

- (EH.Net economic history encyclopedia) Catégorie:Histoire contemporaine des États-Unis Catégorie:Entre-deux-guerres Catégorie:Législation sur l'alcool ar:منع الكحول cs:Prohibice de:Alkoholprohibition en:Prohibition es:Ley seca eu:Lege lehor fi:Kieltolaki he:חוק היובש it:Proibizionismo ko:금주법 nl:Drooglegging (Verenigde Staten) no:Forbudstiden pl:Prohibicja pt:Lei Seca ru:Сухой закон sl:Prohibicija sr:Прохибиција sv:Förbudstiden zh:禁酒令
Sujets connexes
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