Hypnose

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L'hypnose désigne à la fois un état de conscience Thierry Melchior, Créer le réel, 1998 , les techniques permettant l'obtention de cet état de conscience et les techniques thérapeutiques utilisées pendant cet état. On attribue souvent l'invention du terme hypnose au médecin écossais James Braid en 1843. En réalité, le terme a été utilisé pour la première fois par le baron Etienne Félix d'Henin de Cuvillers en 1819.
Hypnose

L'hypnose désigne à la fois un état de conscience Thierry Melchior, Créer le réel, 1998 , les techniques permettant l'obtention de cet état de conscience et les techniques thérapeutiques utilisées pendant cet état. On attribue souvent l'invention du terme hypnose au médecin écossais James Braid en 1843. En réalité, le terme a été utilisé pour la première fois par le baron Etienne Félix d'Henin de Cuvillers en 1819.

Historique

Origines lointaines

-On peut retracer les origines lointaines de la pratique de l'hypnose chez les guérisseurs chamaniques.
-Les Sumériens (-4000) ont décrit sur leurs tablettes des méthodes hypnotiques.
-Il semblerait que certains bas-reliefs égyptiens décrivent des « passes » réalisées par un « magnétiseur ». L'énergie serait imagée par des croix ansées partant en direction du patient. Un papyrus trouvé par Georg Ebers contient la phrase « Pose ta main sur la douleur et dis que la douleur s'en aille ».
-Les Grecs anciens pratiquaient une médecine par les songes dans le sanctuaire d'Épidaure (culte d'Asclépios).
-Jean François Billeter fait un rapprochement entre les textes de Tchouang-Tseu et la transe hypnotique.

Le magnétisme animal

Il est généralement admis que l'histoire de l'hypnose commence au avec le médecin allemand Franz Anton Mesmer et le magnétisme animal. Mesmer est le premier à avoir Isabelle Stengers, L'hypnose entre magie et science, Les Empêcheurs de penser en rond, 2002 . Il postule l'existence d'un fluide magnétique universel dont on peut faire une utilisation thérapeutique. En 1784, les deux commissions nommées par Louis XVI pour étudier la pratique du magnétisme animal concluent que l'imagination est la véritable cause des effets attribués au magnétisme et nient l'existence du fluide. Parmi les successeurs de Mesmer, certains continuent à croire dans l'existence du fluide, tels Puységur ou Deleuze. D'autres, tels l'abbé Faria, le baron Henin de Cuvillers ou le médecin Alexandre Bertrand, rejettent la notion de fluide et se trouvent à l'origine des théories modernes de l'hypnose.

Du magnétisme animal à l'hypnose

Comme l'a montré Bertrand Méheust, on peut considérer que l'hypnose est une redécouverte de la pratique des magnétiseurs par des médecins, épurée de certains phénomènes jugés occultes et en tant que tels inacceptables par l'académie. Le premier à réutiliser les techniques du magnétisme animal tout en voulant se démarquer des magnétiseurs est le médecin écossais James Braid, qui publie en 1843 Neurypnologie, Traité du sommeil nerveux ou hypnotisme. En France, les travaux de Braid sont traduits, notamment par Joseph Durand de Gros, Alfred Velpeau, Eugène Azam et Paul Broca. Le médecin français Ambroise-Auguste Liébeault, qui s'intéresse depuis de nombreuses années au magnétisme, lit les publications de Velpeau et Azam et publie en 1866 Du sommeil et des états analogues considérés surtout du point de vue de l'action du moral sur le physique. Il y fait état de notions théoriques et pratiques largement proches de celles des magnétiseurs du courant "imaginationiste" tels l'abbé Jose Custodio da Faria, le médecin Alexandre Bertrand et le général François Joseph Noizet.

L'âge d'or de l'hypnose en France

Séance d'hypose, par Richard Bergh|left L'âge d'or de l'hypnose en France, de 1882 à 1892, est marqué par les polémiques entre l'École de la Salpêtrière de Jean-Martin Charcot et l'École de Nancy de Hippolyte Bernheim. Jean-Martin Charcot commence à étudier l'hypnose en 1878 sous l'influence de Charles Richet. En 1882, dans son livre Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, il réhabilite l'hypnose comme sujet d'étude scientifique en la présentant comme un fait somatique pathologique propre à l'hystérie. Hippolyte Bernheim, commence à s'intéresser à l'hypnose suite à sa rencontre avec le médecin Liébeault en 1882 considère quant à lui l'hypnose comme un phénomène de suggestion qu'il utilise avec une visée thérapeutique. Progressivement, il se détourne de l'hypnose formelle. Pour lui, . Parmi les grands praticiens de cette période, qui seront à la fois influencés par les travaux de Charcot et par ceux de Bernheim, on compte notamment le français Pierre Janet, le belge Joseph Delboeuf, les suisses Auguste Forel et Eugen Bleuler, les allemands Albert Moll, Leopold Löwenfeld et Albert von Schrenck-Notzing, l'autrichien Richard von Krafft-Ebing, le russe Vladimir Bechterew, les américains James Baldwin, Boris Sidis et Morton Prince, le suédois Otto Wetterstrand et le hollandais Frederik van Eeden.

Psychanalyse et hypnose

En 1885, Sigmund Freud bénéficie d'une bourse de voyage de la faculté de médecine de Vienne et passe quatre mois à la Salpêtrière avec Charcot. En 1886, s'inspirant des travaux de son maître parisien, il donne une conférence à Vienne sur l'hystérie masculine et, en 1887, il devient lui-même praticien de l'hypnose. En 1889, Freud se rend à Nancy avec sa patiente Anna von Lieben pour rencontrer Liébeault et Bernheim, dont il a traduit en allemand le livre De la suggestion & de ses applications à la thérapeutique. Cette même année, il décide d'appliquer la méthode de Janet qui est parvenu à guérir des malades de leurs symptômes en retrouvant et désuggérant sous hypnose divers souvenirs traumatiques de leur enfance. Dès l'automne 1892, Freud délaisse progressivement l'hypnose proprement dite au profit de la "concentration" à l'état de veille et surtout de la "Druckprozedur" consistant à presser sur le front des patients et à leur demander d'évoquer une idée ou une image. Cette technique, que Freud avait hérité de Bernheim restait une technique de type hypnotique qui avait notamment été utilisée par le magnétiseur danois Carl Hansen. Freud romp avec l'hypnose au début de l'année 1895. En 1917, lors de la dixneuvième conférence d'introduction à la psychanalyse, il déclare: . L'hypnose a été à la base de nombreux concepts psychanalytiques majeurs (inconscient, transfert, etc.). L'absence de neutralité du thérapeute, la possibilité du mensonge sous hypnose, ont conduit Freud à abandonner l'hypnose lors de la cure psychanalytique. La position de l'analysant, allongé sur un sofa, la thérapeute assis derrière lui, vient de la manière dont Freud conduisait ses séances d'hypnose. En dépit de l'interdit freudien, de nombreux psychanalystes ont continué à s'intéresser à l'hypnose et à la pratiquer. Parmi ces derniers, on peut mentionner en particulier Sandor Ferenczi, Lawrence Kubie, Léon Chertok ou François Roustang. Les rapports entre hypnose et psychanalyse ont également été étudiés par des philosophes tels Isabelle Stengers, Michel Henry et Mikkel Borch-Jacobsen.

Psychologie et hypnose

Le père allemand de la psychologie scientifique, Wilhelm Wundt s'est employé à condamner la pratique de l'hypnose dans Hypnotisme et suggestion, publié en 1892, en déclarant que selon lui « hypnotisme et occultisme sont étroitement liés ». Dans ce livre, il déclare également que « les suites fâcheuses que laisse après elle l'habitude de l'hypnose se manifestent dans l'amoindrissement de la résistance nerveuse et morale ». Comme Bernheim, Wundt ramène l'hypnose à la suggestion, qui est, selon lui, « la cause principale, sinon unique, des états hypnotiques ».

Milton H. Erickson

Une forme moderne de l'hypnose est issue des travaux de Milton Erickson (1901-1980), psychiatre américain, qui a passé toute sa vie à étudier l'hypnose et son utilisation en psychothérapie. Selon ses partisans, ses découvertes ont révolutionné la vision moderne de l'hypnose qui est très éloignée de ce que l'on croyait au début du . L'hypnose ericksonienne réhabilite après tant d'autres (Léon Chertok, Caycedo, etc.) l'hypnose abandonnée par Freud. Comme les formes traditionnelles de l'hypnose, quoique avec des difficultés méthodologiques particulières, elle permet des recherches scientifiques, notamment avec l'aide des récentes évolutions en imagerie médicale (IRMf et PetScan), qui a pu montrer que l'hypnose est bien un état spécifiquevoir notamment les travaux de Kosslyn ou de . Dans les années 1980 de nouvelles pratiques thérapeutiques utilisant l'hypnose voient le jour, dont la Programmation neuro-linguistique (PNL) et les thérapies brèves, inspirées en partie des travaux de Milton Erickson. Ainsi, chaque école tend à particulariser puis déployer tel aspect de la pratique complexe d'Erickson. Selon les partisans de la PNL, par exemple, l'accès facilité à l'inconscient permet de mieux comprendre le fonctionnement de l'esprit et ouvre des perspectives thérapeutiques nouvelles. L'hypnose éricksonnienne connait un développement de plus en plus important en France. Et ce n'est peut-être pas un hasard si c'est dans ce pays même (après avoir été travaillée par Mesmer, Puységur, Charcot, etc.) qu'elle retrouve un élan et une créativité féconde (cf François Roustang), à la fois ouverte aux innovations (PNL, thérapie brève, TCC, etc.) et refusant de laisser réduire sa pratique à de courageuses mais pathétiques réductions théoriques ou techniques. En cela, elle reste fidèle à la position d'Erickson qui refusait de faire de la théorie. Depuis plusieurs années de nombreuses écoles en France proposent des formations à l'hypnose thérapeutique ou médicale, notamment différents instituts Milton Erickson. Des psychologues, des médecins, des psychothérapeutes se forment à l'hypnose qui fait ainsi petit à petit son entrée dans les hôpitaux, comme au centre hospitalier de Seclin ou à l'hôpital d'instruction des armées Percy (Clamart). Au CHU de Liège (Belgique), l'hypnose est utilisée pour faire des opérations de chirurgie sans recours à une anesthésie générale. Cependant, cette pratique, comme d'autres techniques thérapeutiques, n'est encadrée d'aucune législation. Aussi il est important de se renseigner sur les compétences professionnelles du thérapeute qui la propose (lieu et durée de formation notamment).

L'hypnose comme état de conscience

Comme pour tout ce qui concerne l'expérience subjective humaine, il n'existe aucune théorie uniformément admise des phénomènes hypnotiques. La pratique de l'hypnose, comme l'écrit le psychiatre et grand spécialiste de l'hypnose Léon Chertok, manifeste l'instabilité du phénomène hypnotique, sa subjectivité, l'inconstance de ses résultats, suivant le sujet, son expérience et sa sensibilité, la difficulté de la maîtrise de la relation hypnotiseur-hypnotisé et, d'un point de vue purement scientifique, l'absence de critères objectifs de validation. L'hypnose est souvent considérée comme un état modifié de conscience. Cet état est différent d'autres états modifiés de conscience tels la relaxation ou de la méditation. Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique ou hypnogogique), hypnopompique ou plus profond. Certains considèrent que l'hypnose se différencie des autres états modifiés de conscience par la dissociation entre le conscient et l'inconscient. Cette dissociation permet à l'inconscient de se libérer des entraves et blocages du conscient et de se manifester de façon autonome par des phénomènes hypnotiques tels que la catalepsie, l'amnésie, l'hypermnésie, l'anesthésie, ou la régression en âge. C'est la présence de ce fonctionnement dissocié de l'inconscient qui permettrait de caractériser l'état d'hypnose. Milton Erickson définit aussi l'hypnose comme un état d'hyper concentration.

Techniques d'induction hypnotique

IL existe des dizaines de techniques d'induction. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises techniques, simplement des solutions adaptées à la psychologie de la personne à hypnotiser. Parfois il sera necessaire d'utiliser une méthode un peu directive, ou bien une action progressive, onirique, sera mieux adaptée. En fait il est judicieux d'utiliser les "vérités" physiologiques humaine pour induire l'hypnose. Un exemple; la respiration:" votre respiration est paisible, vous observez son rythme qui se ralentit, s'approfondit au fur et à mesure que vous vous detendez de plus en plus profondement". Cette proposition ne fait que décrire un fait physiologique vrai et la personne ne peut que croire en la vérité de ce qui advient. Elle devient ainsi coopérante et rapidement entre en hypnose. Le thérapeute se doit d'être attentif aux signes qui se manifestent lors de cette phase. Le palpitement des paupières par exemple, ou la déglutition plus fréquente font partie de ces signes. Il convient alors d'inclure ceci dans l'induction."Vos paupière palpitent, vous ressentez le besoin plus fréquent d'avaler votre salive, voici des signes qui montrent que, rapidement, vous allez entrer en hypnose." Plus généralement, il convient de "surprendre" l'esprit analytique et rationnel afin de réduire progressivement les résistances qu'il peut opposer. On appel ceci "techniques de confusion", exemple; on demande à une personne de penser à son pied droit, puis très vite à sa main gauche, très vite encore à la couleur des yeux de son père etc...Son esprit cohérent se trouve alors rapidement surchargé et préfère se refugier dans la détente qu'on lui propose par ailleurs. La relation avec le thérapeute est primordiale. Celui ci doit "suivre" son ou sa patiente avec la plus grande attention. Il est nécessaire de connaître par le dialogue préalable toutes les préférences, et les rejets de la personne afin d'utiliser ces éléments lors de l'induction et pendant toute la séance d'hypnose. Il est utile de répeter ici, que l'hypnotiseur doit être une personne connaissant très bien la psychologie humaine et avoir été formé longuement à l'hypnose.

Hypnose et Anesthésiologie

C'est dans le monde anglo-saxon que l'on trouve les précurseurs de l'utilisation de l'hypnose (alors encore appelée magnétisme animal) en anesthésie. On notera les travaux des médecins John Elliotson (Surgical operations in the mesmeric state without pain - 1843) et James Esdaile (Mesmerism in India and its practical applications in surgery and medecine - 1846) et du médecin James Braid (Hypnose ou Traité du sommeil nerveux, considéré dans ses relations avec le magnétisme animal - 1883). En France, les médecins Eugène Azam et Paul Broca rendent compte devant l'Académie des sciences d'une intervention pratiquée sous anesthésie hypnotique en 1859. En 1860, le chirurgien Alfred Velpeau présente les travaux de Braid à l'Académie des sciences. L'hypnose peut servir en médecine pour compléter, voire se substituer à l'anesthésie par sédatifs.

Hypnose et Psychothérapie

De nombreuses techniques de psychothérapie moderne découlent de l'hypnose, le terme psychothérapie a été créé en 1891 par Hippolyte Bernheim pour désigner sa pratique de l'hypnose médicale. En 1923, Pierre Janet déclarait : Pierre Janet, La médecine psychollgique, 1923. Par exemple, la sophrologie, au même titre que certaines techniques de relaxation, est une méthode récente (1961) née de l'hypnose. L'hypnose en tant que telle ne sert à rien, c'est un outil. Les indications courantes sont surtout psychologiques et psychosomatiques : angoisses, névrose, arrêt du tabac, perte de poids, stress, énurésie, insomnie, phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), timidité etc. mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel, etc. On la retrouve en psychologie ou dans certaines formes d'apprentissage. Certains l'utilisent en psychothérapie brèves puisque son principal intérêt est de permettre l'accès à l'inconscient. Selon ces praticiens, l’hypnose est considérée comme un amplificateur et un accélérateur de thérapie. Ce serait un moyen d’accéder à l'inconscient, de contourner les blocages et de permettre la formation de nouveaux comportements plus positifs pour la vie du sujet.

Hypnose et Science

Aujourd'hui, bien qu'on puisse aisément induire un état hypnotique, la science ne sait toujours pas expliquer ce qu'est l'hypnose. Le moins que l'on puisse dire par contre est que l'étude de l'hypnose (et plus largement des états modifiés de la conscience) ouvre de nouvelles pistes pour la compréhension de l'esprit humain, et plus largement refond notre vision de celui-ci. De nombreuses tentatives de réduction (cf. Isabelle Stengers) de l'hypnose à autre chose (« ce n'est que ... de la suggestion » ; « ce n'est que ... un jeu de rôle » ; etc.) ont été proposées mais sans parvenir à rendre compte de manière satisfaisante du phénomène. On peut néanmoins constater depuis ces dix dernières années, avec l'avancée en neurologie (entre autres l'IRM), que l'étude sur l'hypnose a avancé, tout comme sur le sommeil, qui gardait bon nombre de ses mystères. On a pu faire des rapprochements au niveau de certaines activités cérébrales sur un sujet en état d'hypnose et constater les différentes régions en activité par rapport à diverses activités pendant différentes phases de sommeil. On a pu découvrir que le sommeil propose (en gros) 3 phases par cycle de 2 heures :
-L'endormissement (durée 30 minutes~)
-Le rêve (durée de 30 secondes à une minute) on constate une onde dite alpha qui ressemble à celle d'un sujet hypnotisé. Grâce à l'IRM on constate que les régions cérébrales actives sont à peu de choses près identiques.
-Le sommeil lourd (durée 1h30~) On constate que pendant l'hypnose la zone correspondant au sens analytique critique reste active, mais altérée par la zone cérébrale du rêve et de l'imagination qui la domine. Normalement, un ordre qui va contre l'éthique (la morale) de la personne hypnotisée est rejeté, ignoré ou provoque (dans certains cas observés) un réveil et une perte de la transe. Toutefois, on a pu observer qu'une suggestion crédible, faite de manière à ce que le sens analytique ne la perçoive pas comme contraire au code éthique (au sens moral ou de valeurs), n'était pas forcément rejetée. Exemple de deux suggestions faites de manière différente :
- Vous êtes dans un sauna, il fait très chaud, de plus en plus chaud... très, très chaud, si chaud que vous enlevez quelques vêtements. (Ici le sujet sait pourquoi il les enlève et le mot flou "quelques vêtements" lui permettra d'enlever les vêtements qu'il désire sans le choquer. Selon les sujets, ce seront les chaussettes, la chemise, etc.)
- Vous êtes dans un sauna, il fait très chaud, de plus en plus chaud... très, très chaud, si chaud que vous enlevez votre soutien-gorge (Ici, dans tout les cas, la suggestion est un échec, car l'ordre s'oppose au sens moral et éthique des valeurs). Dans ce 2 ème cas, l'ordre n'est pas au profit du sujet, et dans sa transe il s'en rend compte. Quand on s'étouffe en compressant sa cage thoracique en sommeil, une sonnette d'alarme provoque le réveil. De même, un sujet hypnotisé possède cette même "sonnette d'alarme" lui permettant le réveil et la sortie de transe en cas de danger. Les études de neurosciences commencent depuis quelques années à s'intéresser à l'hypnose. Certaines ont montré qu'en transe hypnotique, l'activité cérébrale est différente de l'état de veille et du sommeil. Par exemple, dites « Rappelez-vous un agréable souvenir dans votre enfance » à un sujet éveillé, les fonctions d'association et d'abstraction s'activent naturellement dans le cerveau. Dites cette même phrase à une personne en hypnose, et immédiatement les fonctions motrices, sensorielles et oculaires s'activent dans son cerveau. En 1998, une équipe scientifique française a prouvé l’existence d’un état physiologique propre à l’hypnose . Les images prises par tomographie par émission de positron (TEP) montrent une réelle différence d’au moins quatre zones du cerveau, par rapport à l’état de veille ordinaire, celui de rêverie éveillée ou même de visualisation :
- le cortex visuel extratrié occipital
- le lobule pariétal inférieur
- le cortex prémoteur adjacent et précentral
- le cortex préfrontal ventrolatéral Enfin, le précunéus, servant à l’imagerie mentale, est totalement désactivé et l’électrooculogramme révèle des mouvements des yeux impossibles à simuler à l’état de veille ordinaire. Les zones cérébrales activées pendant l’hypnose sont majoritairement situées dans l’hémisphère gauche, ce qui correspond à un processus de reconstruction d’images mentales, puis de mise en mouvements et de maintient de ces images. Le fait que le précunéus (imagination) soit désactivé pendant l'hypnose et que, pourtant, la personne vive une expérience intérieure très vive en images, en pensées et en émotions, tend à prouver l'accès hypnotique à ce que les psychologues appellent l'inconscient. De manière générale, disons tout de même que l'hypnose est avant tout une approche visant à induire un état modifié de conscience chez un individu. Cet "état modifié de conscience", avec les limites que cette manière de décrire les choses comporte, peut prendre de multiples formes qui varient selon les croyances et attentes tant de l'hypnotiseur que de l'hypnotisé et du contexte qui les entoure. Les limites de l'observation dépendent des mêmes facteurs : ainsi, si l'hypnotiseur ne croit pas qu'une lévitation de la main soit possible en hypnose, celle-ci à peu de chances de se produire. Isoler l'hypnose chez une personne comme un phénomène en soi qui puisse être observable indépendamment de l'observateur et de l'observé (ainsi que du contexte qui les entoure) est comme isoler l'état amoureux chez une personne pour l'étudier ! On peut observer les effets de l'état amoureux (est-ce un "état" ou une "relation" ?) mais dire que l'amour vient de cela...

Hypnose et Sciences Humaines

Les travaux montrent surtout que l'hypnose pousse la science à ses propres limites : car quand il s'agit d'étudier « ce qu'est vraiment l'hypnose », on observe surtout que la personne en hypnose se conforme aux attentes implicites de l'expérimentateur. Ainsi, l'expérimentateur n'observe t-il jamais plus que ce qu'il s'attendait à observer. Et ce biais est actuellement irréductible. Alors l'hypnose ne serait-elle qu'un jeu de rôle ? Ce n'est évidemment pas si simple, car il y a bien un fonctionnement spécifique du cerveau, une facilitation des réponses aux suggestions, etc. Certaines des analyses les plus fécondes nous viennent actuellement du constructivisme (e.g.. Thierry Melchior). Ainsi, l'hypnose nous renvoie en miroir, qu'en sciences humaines la réalité ne se comprend pas, elle se construit. Et le langage y joue un rôle majeur. Ainsi, si on décrit une chaise, la description va avoir un effet minimal sur la chaise, mais va avoir un effet en revanche sur la perception de la chaise, ainsi que sur la perception des personnes qui écoutent. En hypnose, la réaction à la description est amplifiée : le langage (verbal et non-verbal) de l'expérimentateur ne décrit pas simplement ce qu'il observe : il décrit-construit les comportements qu'il observe, et sa construction a un effet majeur sur l'attitude de la personne observée. Melchior nomme ainsi nos concepts des "créalités" car notre réalité est une articulation de ces constructions. L'hypnose nous renvoie aussi en écho les limites de notre représentation de la conscience humaine. Ainsi, dire de l'hypnose qu'elle est un état modifié de conscience ne dit rien de particulier, sauf qu'elle est un "état" (opposable donc à un autre), "modifié" (rapport à un "état" qui serait celui de base : la veille ?), "de conscience" (qu'est-ce que la conscience?)... Notre perspective de la conscience en "états" est elle-même une construction critiquable. L'état de conscience, si on veut le nommer comme ça, fluctue toute la journée et on passe par de nombreux états modifiés de conscience. Ainsi, décrire ces fluctuations par rapport à un état de base est un repère qui aide à penser, encore faut-il ne pas trop y croire. C'est un peu comme dire que le "niveau de la mer" est de... alors que celle-ci est animée de vagues de manière constante. Le niveau 0 de la mer est un repère théorique et non réel. D'autres travaux en sociologie (e.g. Bertrand Méheust), en ethnologie, en linguistique, en psychologie contribuent de manière très intéressante à la compréhension de la "conscience" et de ses "états modifiés". Ces travaux convergent vers une nécessaire refonte de notre rapport au savoir...

Hypnose et Mémoire

Il convient de distinguer deux aspect dans ce chapitre. L'hypnose est elle un moyen de retrouver des souvenirs enfouis et l'hypnose peut elle permettre d'oublier? A la première question il me semble pouvoir répondre oui, sous certaine condition. Si je demande à une personne d'aller dans la pièce d'à côté en d'en ramener deux, sa première réaction va être de demander "deux quoi?". Il en est de même pour l'hypnose, chercher des souvenirs oui, mais lesquels. Une technique utilisée et appelée "pont d'affect" permet de retrouver le moment ou une émotion est apparue pour la première fois au cours d'une vie. Alors oui, dans ce cas, l'hypnose permet de remonter à des souvenirs parfois lointains et enfouis. Maintenant abordons le deuxième aspect; l'hypnose permet-elle d'oublier? Non, tout ce que nous vivons s'inscrit forcément dans notre mémoire et il est impossible d'y effacer quoi que ce soit. On peut toutefois transformer un souvenir pénible voir invalidant, en souvenir neutre; ceci s'appelle abréaction. Certaines techniques permettent de revivre des instants douloureux et de les "éteindre" par l'hypnose. Une autre possibilité, utilisée parfois lors de séances de renforcement du moi est de permettre (par des inductions directes) à la mémoire de s'organiser mieux; exemple: "Et dans l'état propice ou vous vous trouver, votre esprit inconscient peut écouter la proposition que je fais maintenant, votre mémoire afin de vous servir au mieux s'organise différemment pour retenir ce que vous désirer retenir sans effort, vous permettre d'acceder facilement aux souvenirs qui vous sont le plus utiles....". Ces inductions directes utilisées judicieusement ont une action réelle dans la vie quotidienne des personnes. remarque d'un internaute : il est possible, non pas de faire oublier, mais plutôt d'empêcher à la conscience d'accéder à certaines informations tels que un ou des chiffres, son nom, son âge et bien plus encore pendant une période plus ou moins longue. Cela dit il s'agit là essentiellement d'hypnose dite "de spectacle" mais en ce qui concerne les souvenirs plus complexes, chargés d'émotions, il s'agit d'une autre histoire.

Hypnose de Spectacle

Bien que souvent décriée par le corps médical, l'hypnose de spectacle a joué un rôle important dans l'histoire de l'hypnose. On sait notamment que c'est après avoir assisté à une démonstration du magnétiseur public Charles Lafontaine en 1841 que James Braid a commencé à s'intéresser aux phénomènes hypnotiques. On sait aussi que Sigmund Freud avait été durablement impressionné, étant jeune, par le magnétiseur public danois Carl HansenFreud présenté par lui-même, (1925-1935), Gallimard, Paris, 1984, p. 24. . Joseph Delboeuf, quant à lui, qui a fait des expériences avec le magnétiseur public Alfred D'Hont, dit Donato, se fait l'avocat des magnétiseurs de spectacle et demande Magnétiseurs et Médecins, 1890.

Citations

- Raphaël Chercheve
- Milton Erickson
- Milton Erickson
- Jacques Lacan

Notes et références

Bibliographie

La bibliographie sur le Magnétisme animal se trouve dans l'article du même nom.
-Joseph Durand de Gros, Cours théorique et pratique du Braidisme, ou hypnotisme nerveux, 1860
-Ambroise-Auguste Liébeault, Du sommeil et des états analogues considérés surtout du point de vue de l'action du moral sur le physique, 1866, Ed Masson, Paris
-Ambroise-Auguste Liébeault, Ébauche de psychologie, 1873
-Jean Martin Charcot, Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, 1882
-Ambroise-Auguste Liébeault, Étude du zoomagnétisme, 1883
-Hippolyte Bernheim, De la Suggestion dans l'État Hypnotique et dans l'État de Veille, Paris, 1884, (réed. L'Harmattan, 2004, )
-Ambroise-Auguste Liébeault, Confessions d'un médecin hypnotiseur, 1886
-Hippolyte Bernheim, De la Suggestion et de son Application à la Thérapeutique, Paris, 1886 (réed. L'Harmattan, 2005, )
-Henri Beaunis, Le Somnambulisme provoqué , 1886 (réed. L'Harmattan, 2007, )
-Alfred Binet, La psychologie du raisonnement : recherches expérimentales par l'hypnotisme, 1886
-Joseph Delboeuf, Une visite à la Salpêtrière, 1886
-Georges Gilles de La Tourette, L'hypnotisme et les états analogues au point de vue médico-légal, Paris, 1887
-Jules Liégeois, La question des suggestions criminelles, ses origines, son état actuel, 1897
-Jules Liégeois, La suggestion et le somnambulisme dans leurs rapports avec la jurisprudence et la médecine légale, 1899
-Ambroise-Auguste Liébeault, Thérapeutique suggestive, 1891
-Hippolyte Bernheim, Hypnotisme, suggestion, psychothérapie, 1891 (réed. Fayard, 1995, )
-Wilhelm Wundt, Hypnotisme et suggestion, 1892
-Hippolyte Bernheim, Le docteur Liébeault et la doctrine de la suggestion, 1907
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-François Roustang, Qu'est-ce que l'hypnose?, 1994, Ed.: Minuit,
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-François Roustang, La fin de la plainte, 2000, Ed.: Odile Jacob,
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-A. Bioy et D. Michaux (dir.), Traité d’hypnothérapie 2007, Paris : Dunod, Hypnose Hypnose ar:تنويم مغناطيسي ca:Hipnosi cs:Hypnóza da:Hypnose de:Hypnose en:Hypnosis eo:Hipnoto es:Hipnosis (técnica) et:Hüpnoos fa:هیپنوتیزم fi:Hypnoosi he:היפנוזה hr:Hipnoza hu:Hipnózis id:Hipnosis it:Ipnosi ja:催眠 lt:Hipnozė nl:Hypnose no:Hypnose pl:Hipnoza pt:Hipnose ru:Гипноз simple:Hypnosis sk:Hypnóza sl:Hipnoza sq:Hipnoza sr:Хипноза sv:Hypnos tr:Hipnoz uz:Gipnoz vi:Thôi miên yi:היפנאזיע zh:催眠
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