Incipit

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Incipit de Jacques le Fataliste. Un incipit est le début d’un texte, en général d’un roman (du latin incipio, is, ere : « commencer »). À l’origine, on désignait par ce titre la première phrase d’un roman, aussi nommée phrase-seuil. Il est cependant commun de nos jours de le considérer plutôt comme ayant une longueur variable. Il peut ne durer que quelques phrases, mais aussi plusieurs pages. Contrairement à l’incipit, l’excipit (ou clausul
Incipit

Incipit de Jacques le Fataliste. Un incipit est le début d’un texte, en général d’un roman (du latin incipio, is, ere : « commencer »). À l’origine, on désignait par ce titre la première phrase d’un roman, aussi nommée phrase-seuil. Il est cependant commun de nos jours de le considérer plutôt comme ayant une longueur variable. Il peut ne durer que quelques phrases, mais aussi plusieurs pages. Contrairement à l’incipit, l’excipit (ou clausule) est la fin d’un chapitre, d’un ouvrage (les derniers paragraphes, les dernières phrases). Dans le cas d’un article (d’encyclopédie, de journal), d’un descriptif, d’une note technique... on parle parfois de chapeau ou chapô pour désigner de façon moins savante l’incipit destiné à 'accrocher' l’attention du lecteur.

Rôle de l’incipit

L’incipit répond généralement à trois caractéristiques. Il informe, intéresse et noue le contrat de lecture.
- Il informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit.
- Il intéresse par divers procédés techniques, par exemple l’utilisation de figures de style ou encore en une entrée in medias res (le récit débute dans le feu de l’action).
- Il noue le contrat de lecture en indiquant au lecteur le code qu’il doit utiliser dans le cadre de sa lecture ; bref, il place différents signes annonciateurs du genre littéraire auquel il appartient.

Incipits célèbres

Certains incipits sont insolites (par exemple les déroutantes premières pages de Jacques le Fataliste et son maître de Diderot), et désarçonnent le lecteur en jouant avec les conventions du roman ; d’autres, par leur concision, leur force ou leur humour, ont marqué les esprits et ont su rester dans les mémoires.
- Jacques le Fataliste, (1773), Denis Diderot : Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
- Tristes Tropiques, (1955), Claude Levi-Strauss: Je hais les voyages et les explorateurs
- Point de lendemain (1777), Vivant Denon : J’aimais éperdument la comtesse de
-
- ; j’avais vingt ans, et j’étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J’étais ingénu, je la regrettai ; j’avais vingt ans, elle me pardonna ; et comme j’avais vingt ans, que j’étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l’amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes.

-Moby-Dick (1851), Herman Melville : Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela — peu importe combien exactement — comme j’avais la bourse vide, ou presque, et que rien d’intéressant ne me retenait à terre, l’idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. (traduction de Philippe Jaworski)
- Salammbô (1862), Gustave Flaubert : C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar.
- Du côté de chez Swann (1913), Marcel Proust : Longtemps je me suis couché de bonne heure.
- L'Étranger, (1942), Albert Camus : Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.
- Mémoires de guerre, (1954), Charles de Gaulle : Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France... Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison.
- Les Racines du mal, (2003), Maurice G. Dantec : Adreas Schaltzmann s’est mis à tuer parce que son estomac pourrissait.
- Madame Bovary, (1857), Gustave Flaubert : Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre.
- Germinal, (1885), Émile Zola : Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves.
- Aurélien, (1944), Louis Aragon : La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide.
- Cent ans de solitude, (1967), Gabriel García Márquez :
Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace.
- Manifeste du Parti communiste, (1848), Karl Marx et Friedrich Engels :
Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme.''

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