Identité (psychologie)

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L'identité est la reconnaissance de ce que l'on est, par soi-même ou par les autres. En psychanalyse, on peut parler de représentation du soi, et donc du moi.
Identité (psychologie)

L'identité est la reconnaissance de ce que l'on est, par soi-même ou par les autres. En psychanalyse, on peut parler de représentation du soi, et donc du moi.

Considérations diverses

Lipiansky (1992) propose que 'identité' du sujet peut être définie comme s'articulant autour d'une distinction entre identité du moi et identité du soi : « Le soi est l'aspect spécifiquement autoperceptuel. Cet aspect contient trois niveaux : la perception de soi, qui est l'ensemble des perceptions primaires brutes : le concept de soi, qui est l'ensemble des représentations de soi et le sentiment de soi, qui est la dimension affective. L'identité du moi renvoie aux fonctions cognitives actives et adaptatives, tournées vers la réalité. (1) » Ainsi, si l'identité est un processus cognitif et affectif par lequel le sujet se conçoit et se perçoit, elle est aussi la structure psychique qui résulte de ce processus . « C'est avec cette structure interne que le sujet va appréhender non seulement sa propre personne, mais également le monde qui l'entoure. (2) » Ainsi, l'identité est d'abord un système dynamique à la fois processus et structure qui bien qu'en construction permanente demeure une organisation stable. Interne au sujet, elle est également en interaction avec l'extérieur : « Le soi représente le pôle complètement interne. Le moi est tourné vers la réalité extérieure et au moyen de ses fonctions actives et adaptatives, il permet au sujet de s'accommoder à son environnement. (3) » Nous retrouvons la corrélation établie par Camilleri entre « le soi idéal » (ontologique) et « l'identité réelle » (pragmatisme en prise avec la réalité) sur laquelle nous reviendrons pour expliquer les stratégies identitaires. Les dimensions sociales (l'environnement, l'extérieur) et individuelles (interne au sujet) de l'identité s'interpénètrent donc intimement. En nous appuyant sur les travaux de différents auteurs, nous distinguerons ici trois « types » d'identités (4) qui sont en étroite interaction et qui constituent « l'identité » d'un sujet, comme nous la définissons dans sa globalité :

Approche écosystémique à l'identité

Dans une approche écosystémique, l’identité est une unité paradoxale qui assure à la fois l’identique (idem: semblable) et le différent (ipse: “soi-même”). Au niveau physique de la Biologie le différent est dans l’unicité de l’ADN et l’identique est dans la communalité dans l’espèce humaine. La notion d'identité se déploie au moins sur trois niveaux de type logique: le sujet individuel, le groupe et l'espèce où le “Même” identique est une concentration de pluralités, tandis que l' “Autre” différent est une singularité. À chacun de ces niveaux, comme celui du sujet individuel, cette notion d'identité peut se trouver dans les différents champs biologiques de la génétique et de l'immunologie, psychologiques du "soi" ou du "moi" en Psychologie et sociaux de ce particulier ou citoyen singulier en Sociologie dans la pluralité démographique de son pays.
- " L'identité constitue une sorte de bouclage indissoluble entre similitude/inclusion et différence/exclusion ". (Edgar Morin, "La Méthode 2. La vie de la vie", p. 271, Seuil, Paris 1980). D'autre part, l'identité se rapporte à la forme, structure ou qualité, tandis que l'égalité, elle, concerne la quantité, comme un grand cercle et un petit cercle sont identiques quant à leur circularité mais ne sont pas égaux quantitativement. Parler de l'un dans les termes de l'autre c'est introduire le paradoxe russellien logico-mathématique d'Épinémide qui dit: "Tous les Crétois mentent, je suis Crétois". Il en résulte une oscillation "oui-non-oui" à l'infini dans la confusion, ou en faisant l'amalgame, entre ce Crétois (un membre) et tous les Crétois (la classe) qui n'ont pas les mêmes propriétés et caractéristiques, comme la carte n'est pas le territoire et la représentation qui n'est pas ce qui est représenté. La forme s'obtient par comparaison et équivalence des propriétés et caractéristiques, tandis que la quantité s'obtient par des mesures après un découpage qualitatif pour savoir quoi quantifier et mesurer. Tout élève connaît cette distinction entre forme et quantité avec les "cas de similude des triangles" et les "cas d'égalité des triangles", au premier cycle de l'école secondaire française. Le phénomène de l'identité est du ressort du paradoxe existentiel où le sujet se rend à la fois à être identique et différent, comme le "désir mimétique" de l'enchevêtrement de la logique du désir dans son projet différentiel de différenciation avec la logique du mimétisme qui conduit à une similarité croissante dans l'identification. Au niveau symbolique est l'identité culturelle dans la communion autour des croyances de quelque religion et des règles de conduite de quelque morale, à la différence d'autres croyances et règles de conduite.

L'identité personnelle

« Subjective », elle renvoie le sujet à ce qu'il a d'unique, à son individualité. « Elle englobe des notions comme la conscience de soi et la représentation de soi. » Codol (5) estime qu'il ne s'agit en fait que d'une « appréhension cognitive de soi ». Elle englobe trois caractères qui vont ensemble : « constance, unité, reconnaissance du même. » Il ne s'agit cependant pas d'une constance mécanique et d'une analogie réifiée, ni de l'adhésion stricte à un contenu invariant et figé mais d'une « constance dialectique (6) » et dynamique impliquant le changement dans la continuité, dans une dynamique d'aménagement permanent des divergences et des oppositions.

L'identité sociale

Plus « objective », elle englobe tout ce qui permet d'identifier le sujet de l'extérieur et qui se réfère aux statuts que le sujet partage avec les autres membres de ses différents groupes d'appartenance (sexe, âge, métier, ...). L'identité sociale comprend les attributs catégoriels et statutaires qui se réfèrent à des catégories sociales où se rangent les individus (groupes, sous-groupes : « jeune », « étudiant », « femme », « cadre », « père »…). C'est souvent une identité « prescrite » ou assignée, dans la mesure ou l'individu n'en fixe pas, ou pas totalement, les caractéristiques. Cette identité sociale situe l'individu à l'articulation entre le sociologique et le psychologique. Elle envisage, comme le souligne Tajfel, le rôle joué par la catégorisation sociale qui selon lui « comprend les processus psychologiques qui tendent à ordonner l'environnement en termes de catégories : Groupes de personnes, d'objets, d'évènements en tant qu'ils sont équivalents les uns aux autres pour l'action, les intentions ou les attitudes d'un individu. (7) »

La théorie de l'identité sociale

- Les individus tentent d'accéder à (ou de maintenir) une identité sociale positive.
- L'identité sociale positive est basée, pour une large part, sur les comparaisons favorables qui peuvent être faites entre le groupe d'appartenance et certains autres groupes pertinents. Le groupe doit être perçu comme positivement différencié ou distinct des autres groupes pertinents.
- Lorsque l'identité sociale est insatisfaisante, les individus tentent soit de quitter leur groupe pour rejoindre un groupe plus positif, et/ou de rendre leur groupe distinct dans un sens positif. D'après Tajfel, H. & Turner J.C., The social identity of intergroup behaviour in S. Worchel & W.G. Austin (Eds), Psychology of intergroup relations , Nelson-Hall, 1986.

L'identité culturelle

Elle regroupe tout ce qui est commun avec les autres membres du groupe, telles les règles, les normes et les valeurs que le sujet partage avec sa communauté. On peut également parler de l'identité interculturelle dans les cas de contacts entre cultures différentes (donnant lieux à des processus d'enculturation et d'acculturation), identité qui comme le soulignent T. Rimoux et G. Hervelin (8) est alors « organisée autour d'une pluralité de systèmes autonomes les uns par rapport aux autres mais dépendants du contexte dans lequel ils s'actualisent. » L'identité culturelle renvoie donc aux descripteurs identitaires liés aux valeurs et aux codes auxquelles tiennent ou que revendiquent les individus, aux représentations sur ce que sont et doivent être les choses, et donc plus globalement à la question du sens. L'appartenance à une culture se traduit ainsi par l'adhésion aux normes et valeurs de cette culture. Selon Zavalloni (9) les valeurs sont le point de rencontre entre l'individu et la société, l'une des caractéristiques primordiales de l'identité étant qu'elle possède un noyau central de valeurs difficilement amovibles qui sont la liaison essentielle entre l'individu, sa culture et ses différents groupes d'appartenance. L'identité sociale peut créer une dérive identitaire, en cas de centrage quasi exclusif sur le groupe et indifférence, voire hostilité, vis à vis des autres groupes, et perte en parallèle d'une partie de l'identité personnelle et du sentiment d'appartenance à l'ensemble de l'humanité (identité planétaire) L'identité du territoire (pays, provinces, régions naturelles, petit pays) est un facteur essentiel de l'identité culturelle. La France apparaît d’ailleurs comme : « un pays de pays tirant son identité de sa diversité unique, et construisant son unité sur la richesse et la complémentarité de ses différences » (Revel). Cette identité, ainsi que le montre l'exemple de la Touraine et du Vendômois, apparaît comme une construction résultant notamment des travaux d'érudition des XIXe et XXe siècles.(10)

Notes

:1. Leanza, Y. & Lavallée, M. (1996). Enfants de migrants: l'apparente double appartenance. Collectif interculturel, 2(2), 87-105 :2. idem. :3. idem. :4. Zohra Guerraoui et Bertrand Troadec, Psychologie interculturelle, Armand Colin, Paris, 2000. :5. Codol J-P., Une approche cognitive du sentiment d'identité, in « Information sur les sciences sociales », SAGE, Londres et Beverly Hills, 20, 1, 111-136. :6. Hanna Malewska-Peyre, L'identité comme stratégie, in « Pluralité des cultures et dynamiques identitaires, Hommage à Carmel Camilleri », Jacqueline Costa-Lascoux, M-A Hily et G. Vermès (sous la dir. de), l'Harmattan, 2001. :7. Tajfel H., Bilig M., Bundy R.P., Flament C., Social catégorisation and intergroup behavbiour, European Journal of Social Psychology , 1, 149-178 cité et traduit par Geneviève Vinsonneau, Inégalités sociales et procédés identitaires, Armand colin, Paris, 1999. :8. Zohra Guerraoui, Bertrand Troadec, op. cité, 2000. :9. M. Zavalloni, Values, in H. Triandis and J. Berry (Eds.), Handbook of cross-cultural psychology , Allyn & Bacon, 1980. :10. Schweitz (Daniel), L'Identité traditionnelle du Vendômois : des travaux d’érudition locale à la reconnaissance d’un pays de la Vieille France (XVIIIe-XXe siècle), Vendôme, Editions du Cherche-Lune, 2007 ; id., Histoire des identités de pays en Touraine (XVIe-XXe siècle), Paris, L’Harmattan, 2001, 463-p.-XXVII p. de pl.

Bibliographie

ouvrage général:
- Edmond Marc, Psychologie de l'identité, Paris, Dunod, 2005 approches philosophiques de la notion d'identité personnelle :
- Stéphane Chauvier, Qu'est-ce qu'une personne, Paris, Vrin, 2003
- Stéphane Ferret, Le philosophe et son scalpel, Paris, Les éditions de minuit, 1993
- Stéphane Ferret, L'identité, Paris, Flammarion, 1998
- Mikaël Mugneret, (thèse de doctorat), Nancy, 2006, pour un panorama de différentes approches philosophiques du problème.
- Bruno Marchal, (thèse de doctorat), Lille, 1998

Identité de groupe : monographies sur les « jeunes »

- Joëlle Bordet, Les "jeunes de la cité", PUF, 1999 : bilan d'une recherche menée entre 1987 et 1993 sur la vie des adolescents dans les quartiers d'habitat social d'une banlieue parisienne.
- Nacira Guénif-Souilamas, Des "beurettes" aux descendantes d'immigrants nord-africains, Grasset, 2000 (réédition Des beurettes, Hachette, 2003).
- Lamia Missaoui, Les étrangers de l'intérieur. Filières, trafics et xénophobie, Payot, 2003 : le commerce de l'héroïne entre la France et l'Espagne par des jeunes de bonne famille.
- Gloria Diogenes, Itinerário de Corpos Juvenis: o Baile, o Jogo e o Tatame, Annablume, 2003 : l' « inclusion à l'envers » des gangs de jeunes au Brésil.

Voir aussi

-Communautarisme identitaire
-Psychanalyse
-Subjectivité
-Médiation interculturelle ==
Sujets connexes
Approche écosystémique   Banlieue   Biologie   Brésil   Citoyen du monde   Communautarisme identitaire   Culture   Désir mimétique   Edgar Morin   Héroïne   Jacqueline Costa-Lascoux   Joëlle Bordet   Moi   Morale   Médiation interculturelle   Perception   Psychanalyse   Psychologie   Religion   Représentation   Sociologie   Subjectivité   Unité paradoxale   Vendômois  
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