Denis Diderot

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Denis Diderot, né le 5 octobre 1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français.
Denis Diderot

Denis Diderot, né le 5 octobre 1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français.

Repères biographiques

Vingt années de son engagement dans l'œuvre des Lumières sont indissociables du travail accompli autour de Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Pour tous les détails concernant la genèse, le contenu et les péripéties éditoriales de cette œuvre, nous renvoyons à article qui lui est consacré.
- 5 octobre 1713 : naissance à Langres dans une famille bourgeoise de couteliers. Il est élève au collège des Jésuites de la ville.
- 1728 : à 15 ans, Diderot se refuse à la carrière ecclésiastique à laquelle son père le destinait et se rend à Paris. Les 10 premières années de sa vie parisienne sont mal connues. Il semble qu'il étudie la philosophie au collège d'Harcourt jusqu'en 1732. Il mène une vie de bohème et vit de traductions, de petits emplois et de ruses destinées à forcer le soutien financier de son père.
- 1742 : rencontre avec Jean-Jacques Rousseau.
- 1743 : mariage avec Anne-Toinette Champion, lingère, sans l'accord de ses parents, sollicité quelques mois plus tôt à la faveur d'un voyage à Langres.
- 1745 : rencontre Condillac.
- 1746 : parution des Pensées philosophiques, immédiatement condamnées.
- 1747 : début de l'Encyclopédie, avec Jean d'Alembert.
- 1749 : les positions matérialistes de la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient entraînent son arrestation et incarcération au château de Vincennes pendant quatre mois. Rencontre de Frédéric Melchior Grimm.
- 1750 : Diderot est nommé à l'Académie royale des sciences et des belles lettres de Berlin. Parution du Prospectus de l'Encyclopédie.
- 1753 : naissance de sa fille Marie-Angélique, seul enfant qui lui survivra.
- 1754-1755 : Suit les cours de chimie de Rouelle. Il s'installe rue Taranne.
- 1755 : Diderot rencontre Sophie Volland, amante pour la vie.
- 1759 : décès de son père. Premier séjour au Grandval, sur l'invitation de d'Holbach.
- 1760 : Diderot, sous le nom de Dortidius, est ridiculisé dans la pièce de Charles Palissot de Montenoy Les Philosophes.
- 1762 : Catherine II de Russie achète sa bibliothèque en viager, prétexte pour soutenir son travail philosophique.
- 1765 (juillet) : Diderot termine la rédaction de l'Encyclopédie avec une certaine amertume due au manque de reconnaissance, aux errements de l'édition et au comportement des éditeurs — Le Breton en particulier.
- À partir de 1769, Grimm confie plus largement la direction de la Correspondance littéraire à Diderot et madame d'Epinay.
- Août à mi-septembre 1770 : voyage à Langres pour organiser le mariage de sa fille avec Abel-François Caroillon de Vandeul.
- 9 sept. 1772 : mariage de sa fille.
- 11 juin 1773 - 21 oct. 1774 : voyage à Saint-Pétersbourg. Voyage physiquement éprouvant avec deux longues haltes en Hollande. Rencontre et discussions avec Catherine II. Les conditions de ce voyage auront certainement écourté sa vie de quelques années. Dès son retour, il ralentit sa vie sociale et sa santé se dégrade, progressivement.
- 1776 : longs séjours à Sèvres et au Granval.
- 1778 : vraisemblables mais à tout le moins discrètes rencontres avec Voltaire.
- 1779 : séjour de 3 mois à Sèvres, avec son épouse et sa belle-sœur, Mme Billard. Il s’échappe toutefois trois semaines pour se consacrer à madame de Maux, sa maîtresse.
- 30 avril 1780 : Langres organise un grand banquet inaugural du buste de Diderot réalisé par Houdon, que le philosophe vient d'offrir à la ville.
- 1781 : Il collabore un peu à l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke et Naigeon. Il rassemble ses œuvres, met de l’ordre. Sa santé décline ; il l'accepte mal.
- 1783 : Diderot met de l'ordre dans ses textes. Il travaille à établir trois copies de ses œuvres : une pour lui, une pour sa fille et la dernière pour Catherine II.
- 1784 : séjours à Sèvres.
- 22 février 1784 : décès de Sophie Volland.
- 15 mars 1784 : décès prématuré de sa petite-fille. Cela lui sera peut-être caché.
- 1 juin 1784 : déménagement au 39 rue de Richelieu à Paris, aux bons soins de Grimm et de Catherine II qui souhaitaient lui éviter les 4 étages d'escalier de son logis de la rue Taranne.
- 31 juillet 1784 : décès à son domicile. Il est autopsié à sa demande. Il est inhumé à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge, le 1 août. Les tombes de l'église ont été profanées à la Révolution et les corps jetés à la fosse commune. Sa sépulture a donc disparu.
- juin 1786 : sa bibliothèque et ses archives sont envoyées à Saint-Petersbourg.
- 10 avril 1796 : décès de son épouse.
- 2 décembre 1824 : décès de sa fille Marie-Angélique.

Son entourage

L'analyse de l'entourage de Diderot souligne, autant que la diversité de son œuvre, son côté éclectique. Les personnages repris ici n'entretenaient bien sûr pas tous les mêmes rapports avec Diderot : si tous ont eu un impact sur sa vie ou son œuvre, ces contacts ont pu n'être alimentés que sporadiquement ou ponctuellement.

Les écrivains et philosophes

Jean-Jacques Rousseau

Diderot rencontre Rousseau à la fin de 1742 ; une forte amitié naît entre les deux hommes. C'est sans doute Rousseau qui le présente à Condillac. C'est sur la route qui le conduit en visite à Diderot enfermé à Vincennes qu'il a la fameuse illumination qui lui inspirera le Discours sur les sciences et les arts. Diderot lui-même n'est d'ailleurs pas étranger à certaines idées du texte. À partir de 1757 les idées des deux hommes commencent à diverger entre autres sur la question de la valeur de l'homme dans la société. L'éloignement tourne à la dispute qui s'amplifie jusqu'à la rupture totale en 1770. Rousseau compte désormais Diderot parmi ses ennemis ; Diderot, lui conserva l'amertume d'une amitié perdue comme il l'exprime entre autres dans son Essai sur les règnes de Claude et de Néron: Demandez à un amant trompé la raison de son opiniâtre attachement pour une infidèle, et vous apprendrez le motif de l'opiniâtre attachement d'un homme de lettres pour un homme de lettres d'un talent distingué.

Jean D'Alembert

Il aida Diderot dans la conception de l'Encyclopédie.

Melchior Grimm

Voltaire

Diderot entretient avec lui une correspondance vers 1758 qui témoigne d'un respect mutuel. Voltaire a participé et soutenu l'Encyclopédie mais il n'est pas certain que les deux hommes se soient rencontrés.

Condillac

Artistes

- Étienne Maurice Falconet
- Charles Van Loo
- Jean-Honoré Fragonard

Sa famille

- Son épouse, Anne-Toinette Champion. Diderot avait épousé Nanette sans l'accord de ses parents qu'il était pourtant parti demander à Langres. Il est donc permis d'imaginer un mariage d'amour. La réalité fut pourtant différente. Nanette ne peut manifestement pas suivre la carrière de son mari. Celui-ci ne semble pas heureux en ménage et multiplie les liaisons. Les tensions au sein du couple sont croissantes et les colères de Nanette sans retenues. Diderot a pourtant toujours cherché à protéger les siens. Nanette portera plusieurs enfants dont seule Marie-Angélique survivra.
- Sa fille, Marie-Angélique. Elle est aimée de son père et lui témoigne une grande admiration.
- Son père, Didier. Le coutelier nanti de Langres, intègre et respecté. Malgré les tensions avec Denis, il lui transmettra ses préoccupations morales et un intérêt pour la technique, qui aidera Diderot dans sa rédaction de l'Encyclopédie.
- Son frère, Didier-Pierre, avait embrassé la carrière ecclésiastique et s'y était fortement impliqué. En ce sens les relations entre les deux frères seront toujours tendues, malgré les tentatives de Denis. Didier-Pierre refusera de venir bénir le mariage de sa nièce. À la mort de Denis, il réclame à sa fille ses archives afin de les détruire. À son sujet : Chanoine Marcel, Le frère de Diderot : Didier-Pierre Diderot : chanoine de la cathédrale et grand archidiacre du diocèse, fondateur des écoles chrétiennes de Langres, Paris, Champion, 1913 (disp. à la Bibliothèque nationale de France).
- On sait peu de choses de la soeur et de la mère de Diderot.

Ses liaisons extra-conjugales

- Sophie Volland
- Madeleine de Puisieux
- Madame de Meaux

Le monde politique

Le monde politique n'est pas représenté dans les proches de Diderot (voir ci-dessous ses écrits en ce domaine). Toutefois, Diderot a pu profiter à différentes périodes de soutiens plus ou moins affichés. Lors de sa détention à Vincennes, on notera par exemple de l'intervention de Madame de Pompadour et l'édition de l'Encyclopédie bénéficiera du soutien de Malesherbes.
- Galitzine
- Catherine II de Russie

Autres

Diderot fut par ailleurs lié à Galiani, Damilaville, d'Holbach, Guillaume Le Monnier, l'abbé Raynal, Jacques-André Naigeon, André Le Breton.

Son œuvre : la dialectique

Diderot fut un des grands animateurs intellectuels du par sa curiosité, sa vaste culture, sa connaissance des langues, son esprit critique et sa puissance de travail. Loin de la recherche d’un système philosophique cohérent, Diderot rassemble les idées et les oppose. C’est donc, avant ses idées personnelles, surtout une incitation à la réflexion qui se dégage de son œuvre. Cette démarche, volontaire, se retrouve dans la forme de dialogue qu’il donne à ses œuvres principales (Le Neveu de Rameau, Entretiens entre Diderot et D'Alembert, Supplément au Voyage de Bougainville…) avec cette particularité qu'aucun des personnages ne représente à lui seul la pensée de l'auteur. Cette pluralité se retrouve d’ailleurs dans ses titres (les pensées, les principes, ...). Quand il ne conçoit pas de dialogue, il répond - fut-ce fictivement -, ajoute (Supplément au voyage de Bougainville), réfute (Réfutation d'Helvetius). Diderot retravaille aussi fréquemment ses textes et, même, dans la seconde moitié de sa vie, rédige quelques Additions (aux Pensées philosophiques, à la Lettre sur les aveugles, ...) pour rendre compte de l'évolution de ses propres réflexions. L'essentiel des textes de Diderot sont disponibles dans Wikisource, sur Gallica ainsi que sur les sites externes suivants :
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- Le chapitre consacré à la réception et à la postérité de Diderot sigale également les principales éditions de ses œuvres complètes. Enfin, pour une étude détaillée de la bibliographie matérielle de Diderot, on consultera avec intérêt : David Adams, Bibliographie des œuvres de Denis Diderot 1739-1900, Centre international d’étude du , 2000, 2 vol., ISBN 2-84559-009-1. Cet ouvrage a fait l'objet d'une critique .

Écrivain

En tant qu'écrivain de fiction, Diderot s'est illustré dans le roman et, dans une moindre mesure au théâtre. Dans les romans, Diderot se montre critique de son temps. Il invente un nouveau genre théâtral, le drame bourgeois (dont la paternité a été revendiquée également par Beaumarchais). C'est un genre où prédominent avec un grand réalisme les préoccupations dominantes de la bourgeoisie : le travail et la famille.

Prose : romans, contes et dialogues

- Les Bijoux indiscrets, roman (1748).
- La Religieuse, roman (1760).
- Le Neveu de Rameau intitulée la Satire seconde sur le manuscrit, dialogue philosophique (réd. sans doute étalée de 1761 à 1782 ; éd. 1805).
- Lui et moi (réd. en 1762).
- La Satire première (réd. à partir de 1773).
- Jacques le fataliste et son maître, roman (réd. 1771-1778, Corr. nov.1778-juin 1780, éd. 1796).
- Mystification ou L’Histoire des portraits (1768).

Théâtre

- Le Fils naturel ou les Épreuves de la vertu, comédie suivie des Entretiens sur le Fils naturel (1757)
- Le Père de famille, drame (1758)
- Différents projets non aboutis.

Philosophe

Plutôt que philosophe, Diderot est avant tout un penseur. Il ne poursuit en effet ni la création d'un système philosophique complet, ni une quelconque cohérence : il remet en question, éclaire un débat, soulève les paradoxes, laisse évoluer ses idées, constate sa propre évolution mais tranche peu (voir Dialectique chez Diderot, ci-dessus). Au cœur du travail philosophique de Diderot se trouvent ses réflexions, croisées, sur le matérialisme et la foi.
- Pensées philosophiques, essai (1746)
- De la suffisance de la religion naturelle (1746)
- La Promenade du sceptique (1747)
- Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient (1749)
- Lettre sur les sourds et muets (1751)
- Pensées sur l'interprétation de la nature, essai (1753)
- Addition aux Pensées philosophiques (1762)
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Le Rêve de d'Alembert, essai (1769)
- Principes philosophiques sur la matière et le mouvement, essai (1770)
- Regrets sur ma vieille robe de chambre (réd. 1768, Corr. litt. 1769, éd. 1772)
- Entretien d'un philosophe avec la maréchale de
-
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, dialogue philosophique (réd. 1773-1774, Corr. 1775, éd. 1777)
- Lettre sur l’examen de l’Essai sur les préjugés (1774)
- Réfutation d'Helvétius (1774)
- Lettre apologétique de l'abbé Raynal à Monsieur Grimm (1781)
- Additions à la Lettre sur les aveugles (1782)
- Supplément au voyage de Bougainville (éd. 1796)

Moraliste

La morale est une préoccupation récurrente de Diderot. Le thème apparaît dans ses critiques artistiques (voir ci-dessous), dans son théâtre (voir ci-dessus) et dans quelques textes (contes et dialogues), rédigés en 1771-1772, autour du thème de la morale, inspirés par un retour dans sa région natale, imprégnée de la droiture morale de son père décédé.
- Les deux amis de Bourbonne (Corr. 15-12-1770, éd. 1772)
- Ceci n’est pas un conte (réd. été 1772, Corr. avril 1773)
- Entretien d'un père avec ses enfants ou Du danger de se mettre au-dessus des lois (Corr. 1771, éd. 1772)
- Supplément au voyage de Bougainville (réd. achevée en octobre 1772, Corr. 1773-1774)
- Sur l'inconséquence du jugement public de nos actions particulières ou Madame de La Carlière (réd. durant l'été 1772)
- Est-il bon ? Est-il méchant ? (réd. à partir de 1775]).

Encyclopédiste

À partir de 1747, à 34 ans, Diderot dirige et rédige, avec D'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Il s'investira dans la rédaction, la collation, la recherche, la réalisation des planches de 1750-1765. Il a personnellement rédigé le prospectus (paru en 1750) et plus d'un millier d'articles, parmi lesquels : « Autorité politique », « Capuchon », « Encyclopédie », « Art », « Christianisme », « Citoyen », « Éclectisme », « Philosophie », « Beau », … Certains de ces articles sont repris dans WikiSource.

Critique

Diderot a mené une importante activité de critique publiée surtout dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique. Diderot est convaincu du rôle moral de l'art, du théâtre et de la peinture en particulier.

Peinture : les Salons

En 1759, à la demande de Melchior Grimm, Diderot rend compte pour la Correspondance littéraire des œuvres exposées au Salon de peinture de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Pris au jeu et convaincu de la fonction morale de l'art et du développement du goût, il rédigera en tout neuf Salons de 1759 à 1781. Le développement de ses connaissances techniques enrichiront progressivement la teneur de ces comptes rendus. Ces Salons restèrent confidentiels de son vivant car le ton très libre de sa critique ne permettait pas qu'ils fussent publiés. Aujourd'hui cependant l'importance de ces écrits est largement reconnue et Diderot est considéré comme pionnier de la critique d'art.
- Les Essais sur la peinture sont en fait une annexe du Salon de 1765 (Corr. 1766).
- Pensées détachées sur la peinture, la sculpture, l’architecture et la poésie (Corr., à partir de février 1772). Bibliographie :
- Stéphane Lojkine,
L'Œil révolté : Les Salons de Diderot
, éd. Jacqueline Chambon, Paris, 2007. ISBN 978-2742772513.
- Arnold Julie Wegner, Art Criticism as Narrative : Diderot’s Salon de 1767, New York, Berne, Berlin, Francfort, Paris et Vienne, Peter Lang, coll. «The Age of Revolution and Romanticism : Interdisciplinary Studies», 13, 1995. ISBN 0-8204-2662-8.

Littérature

Diderot a rédigé de nombreux comptes rendus de lectures pour la Correspondance littéraire, philosophique et critique. Mais il a également rédigé plusieurs ouvrages ou « postface » à portée critique qui traitent de ses conceptions du théâtre ou d'auteurs en particulier.
- Discours sur la poésie dramatique (1758), théories sur le théâtre accompagnant le Père de famille.
- Éloge de Richardson, (1762)
- Sur Térence, (par. le 15/07/1765) dans la gazette de Suard.
- Paradoxe sur le comédien (réd. 1773-1777).

Politique

Diderot s'est peu impliqué concrètement dans les débats politiques de son temps. Toutefois quelques œuvres rendent compte de sa philosophie politique. On peut les partager en deux groupes. D'une part les œuvres de commande et les contributions à l'œuvre d'autrui et d'autre part les textes strictement personnels qu'il rédige plutôt à la fin de sa vie, à partir de 1770. Il se fera un devoir de partager ses idées avec Catherine II lors de son voyage à Saint-Pétersbourg. Deux idées principales sont certainement le rejet du despotisme et le rôle de l'enseignement (non religieux) dans le bonheur et le développement de la société.
- Lettre sur le commerce des livres (1763)
- Apologie de l'abbé Galiani, suite aux Dialogues sur le commerce des blés (voir Contributions) (1770)
- Lettre de M. Diderot sur l’Examen de l’essai sur les préjugés, plus connue sous le titre Pages contre un tyran (1770) en réaction à l’ouvrage de d'Holbach L’essai sur les préjugé ou De l’influence des opinions sur les mœurs et sur le bonheur des hommes.
- Abdication d’un roi de la fève ou Les éleuthéromanes (réd. 1772, éd. 1796)
- Pensées détachées ou Fragments politiques échappés du porte-feuille d’un philosophe (Corr. 1772)
- Observations sur le Nakaz, à propos des réformes de Catherine II (1774)
- Principes de politiques des souverains (1774)
- Plan d’une université (réd. 1775). Il s'agit d'un plan idéal des études commandé par Catherine II. Transmis par l'intermédiaire de Grimm, elle semble ne jamais l'avoir lu, au grand regret de Diderot.
- Essai sur la vie de Sénèque ou Essai sur les règnes de Claude et de Néron (éd. 1778, remanié en 1780).
- Aux insurgents d'Amérique (1782) On trouvera aussi, dans le Voyage en Hollande (voir ci-dessous) des réflexions sur l'organisation politique des Provinces-Unies, forcément comparées au système français.

Sciences

- Mémoires sur différents sujets de mathématique (1748)
- Éléments de physiologie (réd. à partir de 1774, non achevé)
- Introduction à la chimie, notes de cours (1757) Bibliographie
-

Contributions

- Système de la nature de d'Holbach
- Dialogues sur le commerce des blés, de l'abbé Galiani (1770)
- Catilina de François Tronchin. Diderot travaille sur ce texte en avril 1775 et en change la focalisation au point de devoir en transformer le titre en Terentia.
- Histoire philosophique et politique des deux Indes, de l'abbé Raynal. Diderot travaillera Avec Raynal dès la première édition de 1770 mais contribuera surtout à la troisième, de 1780. L’accueil est mitigé car l’ouvrage est très engagé contre l’esclavage, le colonialisme et le despotisme. Grimm lui-même critiquera l’ouvrage. Blessé dans son amitié, Diderot rédigera sa Lettre apologétique de l’abbé Raynal à monsieur Grimm.
- Histoire de Madame de Montbrillant de Louise d'Épinay (éd. en 1818).

Traductions

- Essai sur le mérite et la vertu, écrit par Shaftesbury, traduction française et annotations de Diderot (1745). Voir à ce sujet : Rene P. Legros, Diderot et Shaftesbury. In : The Modern Language Review, Vol. 19, No. 2 (Apr., 1924), pp. 188-194.
- Dictionnaire universel de médecine de Robert James, 1746-1748.
- L'apologie de Socrate de Platon (traduction entreprise en captivité à Vincennes, 1749)
- Histoire de Grèce, 1743 de M. Temple Stanyan

Autres

- Voyage en Hollande (réd. 1773-1774, Corr. 1780/1782), récit et notes de voyage.
- Sur les femmes (Corr. 1 juillet 1772)
- Lettre à la comtesse de Forbach sur l’éducation des enfants (réd. vers 1772)
- Réfutation d'Helvétius (réd. 1773-1778, Corr. 1783-1786)
- On découvrira Diderot, homme, écrivain et penseur à travers les 187 lettres conservées de sa correspondance avec son amante, Sophie Volland. Voir à ce sujet : . Dans l'une d'elles, datée du 1er octobre 1768 Diderot enrichi la langue française du mot : calembour (voir Ferdinand BRUNOT t. 6, 2, p. 1315).
- Sur l'immortalité de l'artiste, l'art et la postérité, on lira sa correspondance avec Falconet.
- Lettre apologétique de l’abbé Raynal à monsieur Grimm (réd. 1780).
- On lui attribua à tort, le Code de la nature de Morelly et Mémoire pour Abraham Chaumeix d'André Morellet.

Adaptations des œuvres de Diderot

- Jacques Rivette : La Religieuse, avec Anna Karina… Voir :
- Sandrine Rinaldi : Mystification ou l’histoire des portraits, avec Lucia Sanchez…
- Le cinéaste Robert Bresson a réalisé en 1945 le film Les Dames du Bois de Boulogne, d'après un épisode de Jacques le fataliste, l'histoire de Madame de La Pommeraye. Les dialogues du film ont été écrits par Jean Cocteau.
- Jacques le Fataliste, adapté par Roland Ravez et Daniel Scahaise, mis en scène par Daniel Scahaise, joué par Jaoued Deggouj (Jacques), Jean-Henri Compère (son maître), au Théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles du 10 janvier au 17 février 2007.
- Jacques et son maître, pièce écrite en 1970 par Milan Kundera qui prolonge et rend hommage à Jacques le Fataliste.

Postérité et réception critique

Diderot, travailleur infatigable, n'espérait que la reconnaissance de la postérité. À ce sujet, on lira en particulier sa correspondance avec Falconet. L'image de Diderot a évolué avec le temps en particulier parce que son œuvre a été révélée de façon progressive et l'essentiel (qualitativement) de son œuvre a été publié après sa mort. La date de publication de ses œuvres est parfois fort éloignée de la date de rédaction. Une part importante de son œuvre, dont des textes majeurs comme Jacques le Fataliste et Le Neveu de Rameau, n'a été publiée qu'après son décès ; certains textes n'étant même apparus qu'au . Cet étalement a de multiples causes.

La censure et l'emprisonnement

La censure du et ses sanctions résignaient les auteurs trop audacieux à la prudence. En 1749, sa "Lettre sur les aveugles" lui vaut d'être enfermé 4 mois au château de Vincennes. Après cette expérience éprouvante physiquement et psychologiquement, il distinguera les œuvres respectant, au moins superficiellement, les dogmes de son temps, pouvant être publiées de son vivant, des œuvres destinées uniquement à la postérité. Cette stratégie, courante dans le parti philosophique, est appelée la doctrine intérieure par Rousseau dans ses Confessions.

La Correspondance littéraire

Il faut distinguer la publication limitée assurée au texte parus dans la Correspondance littéraire de Grimm des publication en volumes : le public atteint n'est pas le même. C'est pour cette raison que, pour autant que faire se peut, on distingue pour chaque œuvre la date de rédaction, de parution dans la Correspondance littéraire et l'édition en volume.

Départ des manuscrits en Russie

En 1762, Catherine II de Russie achète à Diderot sa bibliothèque personnelle en viager. Diderot en garda l'usage et une rente de son vivant, en tant que bibliothécaire, mais, à sa mort, ses manuscrits et ses volumes furent transférés à Saint-Pétersbourg. Ce n'est que le travail patient des savants et des passionnés qui a permis de découvrir, progressivement, l'œuvre et la pensée de Diderot. Ainsi, on remarquera que Diderot prépare en 1782 une édition complète de ses œuvres avec son ami Naigeon. Cette édition ne paraîtra qu'en 1798 et ne comptera que 15 volumes. Or les éditions de Brières (1821) et Assézat (1875) dépassent la vingtaine de volumes.

Le rôle de sa fille

Catholique et conservatrice, sa fille a sans doute, malgré l'admiration qu'elle vouait à son père, cherché à orienter la publication de ses œuvres, "corrigeant" si nécessaire les textes qui ne respectaient pas assez ses valeurs.

Les Eleuthéromanes

En 1796 parait Abdication d'un roi de la fève ou Les éleuthéromanes. Le public tient des passages de ce texte pour responsables de certains excès de la Révolution française et se déchaîne contre Diderot. Ce texte ternira donc la réputation de Diderot et le mettra au purgatoire des auteurs pour tout le .

Conclusion

Ses contemporains connaissaient essentiellement Diderot comme l'éditeur de Encyclopédie, le promoteur d'un nouveau genre théâtral (le « drame bourgeois » ou « comédie larmoyante », précurseur du théâtre dramatique) et l'auteur d'un roman libertin (Les Bijoux indiscrets) et de quelques textes philosophiques critiqués. Au , Diderot sera relativement ignoré. Il faut en fait attendre le bicentenaire de sa naissance pour rencontrer un regain d'intérêt et avoir une vision considérée comme complète de ses écrits. Ainsi la connaissance de son œuvre se développe avec le temps et les Œuvres complètes du philosophes, se complètent d'une édition à l'autre.
- 1772, (?) Amsterdam, Chez Marc-Michel Rey, 6 vol.
- 1773, Londres (i.e. Bouillon ?), ? Société typographique, 5 vol.
- An VIII (1800), Jacques-André Naigeon, 15 volumes in-8 (+/-15 cm de haut).
- 1821, J.-L.. Brière, en 22 volumes, avec les Mémoires de Naigeon sur Diderot.
- 1830, Paulin, 4 volumes.
- 1854, François Génin, chez Didot, 2 volumes in-12.
- 1875, J. Assézat, 23 volumes. Consultable via http://gallica.bnf.fr/
- 1975-..., J. Fabre, H. Dieckmann, J. Proust, J. Varloot, Paris, éd. Hermann, (36 vol. prévus)
- 1985, Œuvres, Paris, Gallimard, (coll. Pléiade).
- 1994-1997, Laurent Versini, Paris, Robert Laffont, 1994- 1997, (coll. Bouquin), 5 vol.
- 2005-..., Paris, Gallimard, (coll. Pléiade), (4 vol. prévus).

Les lieux de Diderot

Diderot était un sédentaire. Il n'aimait guère les voyages.

Langres

Diderot est né place Chambeau, n° 9 à Langres. L'immeuble existe toujours. Le rez-de-chaussée est occupé par un marchand de journaux (été 2007). En hauteur, sur la façade, la ville a apposé une plaque signalant la naissance du philosophe. La place a été renommée place Diderot à l'occasion du centenaire de sa mort et décorée de son effigie par Frédéric Bartholdi. Diderot quitte Langres pour Paris en 1728 et n'y reviendra plus que pour quelques raisons impératives :
- 1742/1743 : pour solliciter l'autorisation de se marier - refus.
- 1759 : pour régler la succession de son père décédé.
- 1770 : la préparation du mariage de sa fille.

Paris

- Pauvre durant ses premières années parisiennes, Diderot déménage fréquemment.
- 1743 : il s'installe rue Saint-Victor avec son épouse.
- 1746 : le couple déménage rue Traversière (devenue rue Rotrou).
- Déménagement vers la rue Mouffetard.
- En 1749, c'est au second étage du n°3 de la rue de l’Estrapade qu'il est arrêté et mené pour quelques mois au château de Vincennes.
- De 1754 à 1784 Diderot occupe les 4 et 5 étage d'un logis de la rue Taranne. La maison de Diderot aurait été située au niveau du n°149 de l'actuel boulevard Saint-Germain. Une le rappelle au niveau du numéro 145.
- Quelques semaines avant sa mort, Catherine II lui loue un logement dans l’hôtel de Bezons, 39 rue de Richelieu, près du Palais royal pour lui épargner la montée des 4 étages de l'immeuble de la rue Taranne. La façade de l’hôtel existe toujours.
- A son décès, il repose un temps à l'église Saint-Roch, dans la chapelle de la Vierge. Celle-ci sera pillée à la Révolution et les corps jetés à la fosse commune.

Les séjours

- Château du Grandval à Sucy-en-Brie chez son ami le baron d’Holbach, en octobre 1759, puis en octobre 1760, en novembre 1775 et en août 1780.
- En 1755, il séjourne également au château d’Isle-sur-Marne.
- On le voit aussi au château de la Chevrette à Deuil-la-Barre, propriété de Louise d'Épinay, maîtresse de Grimm et amie de Rousseau.
- Sèvres, rue Troyon 26, dans la maison de son ami le joaillier Belle, où il vient habiter régulièrement pendant les dix dernières années de sa vie.

Le voyage à Saint-Pétersbourg : 11 juin 1773 - 21 oct. 1774

Trajet aller : Bruxelles, La Haye (séj. 15/06-20/08), Amsterdam, Utrecht, Düsseldorf (24/08), Leipzig (02/09), Memel (20/09), Riga (26/09), Narva, Saint-Pétersbourg. Trajet retour : Saint-Pétersbourg (05/03/1774), La Haye (05/04), Anvers, Bruxelles, Valenciennes, Cambrai, Péronne, Roye, Senlis, Paris (21/10).

Iconographie

Célèbre de son vivant, Diderot a souvent été représenté en peinture ou en sculpture. Voici une liste - dont il est difficile de garantir l'exhaustivité - des portraits de Diderot effectués de son vivant. Les références sont complétées par l’avis du modèle sur son image, quand il nous est connu. Sur les commentaires par Diderot de ses propres portraits, voir aussi :
- Marc Buffat, Ecco il vero pulcinella in Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 18-19, oct. 1995, pp. 55-70.
- , rassemblée par Thierry Ottaviani.
- Jean-Baptiste Garand, , 1760 Je n'ai jamais été bien fait que par un pauvre diable appelé Garand, qui m'attrapa, comme il arrive à un sot qui dit un bon mot. Celui qui voit mon portrait par Garand, me voit. (Salon de 1767).
- Claude Bornet, portrait, 1763.
- Étienne Maurice Falconet, buste, antérieur à 1767. Je dirais seulement de ce mauvais buste, qu'on y voyaoit les traces d'une peine d'âme secrète dont j'étais dévoré quand l'artiste le fit. (Salon de 1767)
- Marie-Anne Collot, différents bustes antérieurs à 1767. Du dernier, possédé par Grimm, Diderot dit : Il est bien, il est très bien. Il a pris chez lui la place d'un autre, que son maître M. Falconet avoit fait, et qui n'était pas bien. Lorsque Falconet eut vu le buste de son élève, il prit un parteau, et cassa le sien devant elle.. (Salon 1767).
-
Louis Michel van Loo, portrait, 1767, . Mes enfants, je vous préviens que ce n'est pas moi. (...) J'avais en une journée cent physonomies diverses, selon la choses dont j'étois affecté (...) ; mais je ne fut jamais tel que vous me voyez là. (Salon de 1767).
-
Louis Michel van Loo, dessin sur papier brun, sans date,
- Jean-Baptiste Greuze, dessin, 1767, Tournus, musée Greuze.
- Anna Dorothea Therbusch, représentation de Diderot torse nu, vers 1767. Le portrait original semble être perdu mais il a été reproduit en émail par Pierre Pasquier (artiste) et gravé ensuite par Pierre François Bertonnier pour l’édition Briére des Œuvres de Diderot. Brière a offert l'émail de Pasquier à M. François Guizot. La gravure de Bertonnier est reprise dans M.-C. Sahut, N. Volle, Diderot et l'art de Boucher à David, catalogue exposition Hôtel de la Monnaie, 5 octobre 1984-6 janvier 1985, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux ISBN 2711802833. Ses autres portraits sont froids, sans autre mérite que celui de la ressemblance, excepté le mien, qui ressemble, où je suis nu jusqu'à la ceinture, et qui, pour la fierté, les chairs, le faire, est fort au-dessus de Roslin et d'aucun portraitiste de l'Académie. Je l'ai placé vis-à-vis celui de Van Loo, à qui il jouait un mauvais tour. Il était si frappant, que ma fille me disait qu'elle l'aurait baisé cent fois pendant mon absence, si elle n'avait pas craint de le gâter. La poitrine était peinte très-chaudement, avec des passages et des méplats tout à fait vrais (Salon de 1767).
- Jean Honoré Fragonard, huile sur toile, vers 1769, .
- Jean-Antoine Houdon, buste, 1771,
- Jean-Antoine Houdon, buste, vers 1771,
- Marie-Anne Collot, buste en marbre, 1772, musée de l'Ermitage.
- Jean Huber, (1772 ou 1773). Il s'agit d'une scène fictive mais Diderot est clairement reconnaissable, de profil à droite du tableau.
- Jean Huber, , eau-forte sur papier bleu. Scène fictive. Bien que manifestement inspiré par la tableau précédent (Un dîner de philosophe), Diderot n'est pas aussi clairement reconnaissable, à gauche du tableau.
-Jean-Antoine Houdon, 1773, Langres
- Jean Simon Berthélemy, non daté (18e siècle, sans doute après 1770),
- Anonyme, 18e siècle,
-Dmitri Levitsky, 1773 ou 74, , Genève, Musee d'Art et d'Histoire.
- Jean-Antoine Houdon, buste, 1775, .
- Jean-Baptiste Pigalle, buste, 1777,
- Gabriel-Jacques de Saint-Aubin, portrait d'après Louis Michel van Loo et connu d'après une conservée au musée national de la Coopération franco-américaine (Blérancourt).

Bibliographie

Monographies

- Raymond Trousson, Diderot jour après jour. Chronologie, Paris, Champion, 2006.
- Raymond Trousson, Denis Diderot ou le vrai Prométhée, Paris, Tallandier, 2005.
- Album Diderot, Paris, Gallimard, 2004, coll. La Pléiade.
- Raymond Trousson et Roland Mortier (éd.), Dictionnaire de Diderot, Paris, Honoré Champion, 1999.
- Raymond Trousson, Images de Diderot en France 1784-1913, Paris, Champion, 1997.
- Éric-Emmanuel Schmitt, Diderot ou la philosophie de la séduction, Paris, Albin Michel, 1997.
- Éric-Emmanuel Schmitt, Le libertin dont Gabriel Aghion a extrait son film homonyme.
- Laurent Versini, Denis Diderot alias frère Tonpla, Hachette, 1996, ISBN 978-2012351875
- A. M. Wilson, Diderot : sa vie et son œuvre, Paris, Robert Laffont, 1985.
- Bersot Ernest, Diderot, Paris, 1851.
- Madame de Vandeul, Diderot, mon père Circé 1992 - une biographie brève Voir aussi : .

Revues et sociétés savantes

- , , 1986-... ISSN (e-version) 1955-2416.
- Diana Guiragossian Carr, , Genève, Droz, 1962-... ISSN 0070-4806 ===
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