André Malraux

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André Malraux (Paris 18, rue Damrémont le 3 novembre 1901 - Créteil, le 23 novembre 1976), de son vrai nom Georges André Malraux, fut un écrivain, un aventurier et un homme politique français.
André Malraux

André Malraux (Paris 18, rue Damrémont le 3 novembre 1901 - Créteil, le 23 novembre 1976), de son vrai nom Georges André Malraux, fut un écrivain, un aventurier et un homme politique français.

Parcours

En 1905, les parents de Malraux se séparent, créant un choc dans sa vie. Il passe ainsi son enfance avec sa mère, sa grand-mère et une tante épicière à Bondy dont il ne gardera pas de bons souvenirs (Antimémoires, 1967). À 14 ans, il entre à l'école supérieure de la rue Turbigo (le futur lycée Turgot), période durant laquelle il fréquente déjà assidûment les bouquinistes, les salles de cinéma, de théâtre, d'expositions, de concerts, etc. Ainsi commence sa passion pour la littérature contemporaine. En 1918, il n'est pas admis au lycée Condorcet et abandonne ses études secondaires, il n'obtiendra jamais son baccalauréat ce qui ne l'éloignera pas de la littérature, bien au contraire. Il fréquente les milieux artistiques de la capitale et publie ses premières œuvres en 1920 ; essai de théorie littéraire, comptes rendus critiques et premières proses. Les œuvres de cette époque appartiennent au genre farfelu (c'est Malraux qui ressuscite le terme), proses poétiques influencées par l'expressionnisme allemand et la poésie d'Apollinaire ou de Max Jacob. Le personnage de Clappique, dans La Condition humaine, est directement issu de cette première manière malrucienne. C'est aussi l'époque où il joue au Père Ubu et lit Alfred Jarry. Il s'en souviendra après 1948, en adhérant au Collège de Pataphysique. En 1921 il se marie avec Clara Goldschmidt ; il dirige alors une collection aux éditions du Sagittaire. Après de nombreux voyages à travers l'Europe, il part avec Clara en Indochine pour y voler des statues et les revendre. Cette aventure lui inspirera La Voie Royale. Il est arrêté, puis, après un arrangement diplomatique, il peut retourner à Paris. Impressionné par la vie coloniale, il repart pour l'Indochine et y fonde un journal d'idées anticolonialistes : L'Indochine enchaînée. Le 23 décembre 1923, Malraux est arrêté à Phnom Penh ainsi que son ami, Louis Chevasson. De mauvais placements boursiers ont dilapidé la fortune de son épouse Clara et André a pris la décision de découper un bas-relief du temple de Banteay Srei à Angkor pour le vendre à un collectionneur. Il est condamné, en juillet 1924, à trois ans de prison ferme et son ami Louis à un an et demi. Clara est acquittée. Elle repart pour Paris et mobilise en faveur de son mari les intellectuels de l'époque comme Marcel Arland, Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide et Max Jacob. En appel, la peine de Malraux est réduite à un an avec sursis et il rentre en France en novembre 1924. En 1930, il publie La Voie royale, un roman d’aventures largement inspiré par ces évènements. Dès 1933, il milite contre le fascisme et le nazisme, puis rejoint les républicains espagnols à partir de 1936. Il monte de toutes pièces l'escadrille España avec une vingtaine de Potez et en prend le commandement comme coronel (colonel), jusqu'en 1937. Après s'être inspiré de son combat pour écrire le roman L'Espoir, publié en décembre 1937, il tourne le film Espoir, sierra de Teruel en 1938, puis s'engage en 1939, à la déclaration de guerre. Évadé d'un camp de prisonniers, avec l'aide de son demi-frère Roland, il adopte une attitude attentiste avant d'entrer tardivement en résistance, en mars 1944, après l'arrestation en Dordogne de ses deux frères. Il dit alors être le chef de la région militaire FFI de la région qui s'étend du Limousin au Lot-et-Garonne, un rôle joué indiscutablement à cette époque par un autre. Il organise bien des réunions avec quelques chefs locaux, mais ceux-ci ne le reconnaissent jamais comme leur chef. Le colonel Berger, comme il se fait appeler, apparaît ainsi extrêmement seul lorsqu'il est arrêté par les Allemands à Gramat, avec un officier anglais du SOE (Special Operations Executive). Il est transféré de prison en prison jusqu'à Toulouse pour des interrogatoires au terme desquels il est l'objet d'un simulacre d'exécution. Il se retrouve libre quand les Allemands quittent la ville. Il commande ensuite la brigade « Alsace-Lorraine » pendant la libération du sol français Pour la période 1940-45, voir l'article André Malraux de Pierre Laborie in Dictionnaire historique de la Résistance p.473, Robert Laffont, 2006 . Dès 1945, il s’attache à la personne du Général de Gaulle, dans le gouvernement duquel il est ministre de la propagande et ministre de l'Information, le suit dans l'aventure du RPF, où il s'occupe de la propagande entre 1947 et 1954, et sera sous la Ve République ministre de la Culture de 1959 à 1969. « Entre ici, Jean Moulin… » L'éloge grandiloquent de Malraux à l'occasion de la cérémonie du transfert des cendres du héros de la Résistance fait désormais partie des annales du gaullisme.Manuscrit original du discours, Musée de l'Ordre de la Libération. Hôtel des Invalides, Paris. Ministre, il mêle politique de prestige et œuvre sociale. Sans être un gaulliste de gauche déclaré, il ne renie nullement son passé de gauche : son discours contre François Mitterrand en décembre 1965 le prouve merveilleusement (« vous n’étiez même pas en Espagne »). Renouant avec l'esprit du Front populaire, il fait de la culture une affaire administrée par l’État. Raymond Aron rapporte cependant dans ses Mémoires que Malraux avait changé de façon stupéfiante en 1944 sur la question du communisme auquel il voue désormais une hostilité, presque une haine. S'il n'est pas l’initiateur des Maisons des jeunes et de la culture (issues de "la République des Jeunes", créée à la Libération), il est bien, en revanche, le créateur des "Maisons de la Culture", grandes machines gérées par le ministère du même nom. Tout ce mouvement culturel se réalise au bénéfice des arts (arts vivants, musées, cinéma, musique…) qui ont le plus d’effets sur les masses, d'autres aspects de l'action culturelle comme la littérature se développant parallèlement à la culture de masse. Mais la culture de Malraux en matière d’art et sa fraternité à l’égard de plusieurs artistes de premier plan (Matisse, Braque, Picasso, Giacometti) distinguent plus particulièrement encore l'œuvre du ministre : commandes du plafond de l’Odéon à André Masson, du plafond de l’Opéra de Paris à Marc Chagall, envoi de la Joconde de Vinci aux États-Unis, restauration du château de Versailles, ou encore campagne de ravalement des grands monuments de Paris… Malraux n’a de cesse de faire rayonner la culture française dans le monde. On lui doit notamment le systéme "d'avance sur recettes", mis en place par un décret de Juin 1959, qui reste de nos jours un moteur important de la création cinématographique en France. Cette administration étatique de l’art, cette volonté de produire du culturel en y mettant les moyens budgétaires, a été jugé, par l'historien Marc Fumaroli, comme le grand enterrement nihiliste de la culture française. Selon lui, si l’on compare l’extraordinaire abondance de talents lors de la IIIe République avec l'ère malrucienne et actuelle, on s’aperçoit que l’après-guerre est pour la France un désert artistique, qu’on s’efforce de dissimuler à coup d’évènements culturels. La IIIe République n’avait pourtant pas de politique culturelle. Toutefois, la thèse de Marc Fumaroli est fortement contestée par certains historiens de la politique culturelle (Philippe Poirrier et Philippe Urfalino), qui soulignent plutôt la modestie de la politique culturelle de la période Malraux, tout en pointant ses singularités : rôle initiateur de l'État, volonté de démocratiser la culture consacrée, élargissement de l'État-providence aux questions culturelles. Le Ministère des Affaires culturelles, créé pour conserver Malraux au gouvernement, sera pérennisé après son départ en 1969. Par fidélité au général de Gaulle, il quitte alors le pouvoir en même temps que lui. A aucun moment, il n'aura manqué à cette fidélité, même pendant les évènements de Mai 68, qualifiés par lui de simple "répétition générale", mais aussi de "véritable crise de civilisation". Ainsi l'a t-on vu en tête de la manifestation de ceux qui réclamaient la restauration de l’ordre à l’Arc de Triomphe le 30 mai. Cet ordre, Malraux n’a cessé de l’identifier à la personne et à l'œuvre du général de Gaulle. Il sera d'ailleurs une des rares personnes que ce dernier consentira à recevoir jusqu’à sa mort en 1970. Renouant avec les engagements de sa jeunesse, il prendra parti pour l'indépendance du Bangladesh dès 1971, et témoignera ainsi, en octobre 1973, en faveur de Jean Kay à son procès intenté pour le détournement du Vol 711. Marié à la veuve de son demi-frère Roland Malraux en 1948, il s'en sépare en 1966. André Malraux a aussi vécu auprès de Louise de Vilmorin jusqu'à la mort de celle-ci, et ensuite auprès de la nièce de celle-ci, Sophie de Vilmorin, qui s'est occupé de l'écrivain jusqu'à sa mort le 23 novembre 1976Source INA , d'une congestion pulmonaire à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil). Au cours d'une vie marquée par des épreuves personnelles (il a perdu pendant la Guerre sa deuxième épouse, Josette Clotis, dans des conditions dramatiques, puis les deux fils qu’elle lui avait donnés ; il a été la cible d'un attentat de l'OAS le 7 février 1962, à son domicile de Boulogne-Billancourt, qui a défiguré la petite Delphine Renard, 4 ans), il aura rencontré les grandes personnalités du monde politique (Mao Zedong, John F. Kennedy et Jawaharlal Nehru par exemple) et poursuivi un dialogue constant avec les grands artistes : Pablo Picasso, Marc Chagall, Georges Braque, Maurice de Vlaminck, André Derain, Fernand Léger, Jean Cocteau, André Gide, Max Jacob, Pierre Reverdy. Homme des libertés, Malraux ne s’est jamais cru lié par un dogme et, à travers ses mutations, il est resté fidèle à son besoin de dépassement, à cet héroïsme dur qui exclut tout recours aux utopies consolatrices. Agnostique, il a mis dans l’art, et notamment dans l'idée d'un musée imaginaire qui arracherait les œuvres d’art à leurs fonctions traditionnelles pour les repenser dans leurs relations et leurs métamorphoses, la seule grandeur à la portée de l’homme et ses seules chances d’éternité. C’est pourquoi fraternité et humanisme sont au cœur de sa vie et de son œuvre : « L’humanisme, ce n’est pas dire : « Ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait », c’est dire : « Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (Les Voix du silence, 1951). Dans le cadre de la célébration du 20 anniversaire de sa mort, et à l'instigation de Pierre MessmerSource : Interview de Jacques Chirac, Président de la République, au journal Le Figaro, 23 novembre 1996., les cendres de Malraux ont été transférées au Panthéon en 1996.

Détail des fonctions gouvernementales

- Ministre de l'Information du gouvernement Charles de Gaulle (2) (du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946)
- Ministre sans portefeuille du gouvernement Charles de Gaulle (3) (du 1 au 3 juin 1958)
- Ministre délégué à la Présidence du conseil du gouvernement Charles de Gaulle (3) (du 3 juin 1958 au 8 janvier 1959)
- Ministre chargé de la Radio, de la Télévision et de la Presse du gouvernement Charles de Gaulle (3) (du 12 juin au 7 juillet 1958)
- Ministre d’État du gouvernement Michel Debré (du 8 janvier au 22 juillet 1959)
- Ministre d’État, chargé des Affaires culturelles du gouvernement Michel Debré (du 22 juillet 1959 au 14 avril 1962)
- Ministre d’État, chargé des Affaires culturelles du gouvernement Georges Pompidou (1) (2) (3) (4) (5) (du 14 avril 1962 au 12 juillet 1968)
- Ministre d’État, chargé des Affaires culturelles du gouvernement Maurice Couve de Murville (du 12 juillet 1968 au 20 juin 1969)

Discours célèbres

-Oraisons funèbres, 1971 (repris dans Le Miroir des Limbes, 1976).
- (19 décembre 1964), repris dans Oraisons funèbres.
- (2 septembre 1973), repris dans Oraisons funèbres.

Œuvres


- Lunes en papier, 1921
- Ecrit pour une idole à trompe, textes farfelus donnés en revues entre 1921 et 1927 et repris dans les Œuvres Complètes, vol. 1, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade
- La Tentation de l'Occident, 1926
- Les Conquérants, 1928
- Royaume-Farfelu, 1928
- La Voie royale, 1930, Prix Interallié.
- La Condition humaine, 1933, Prix Goncourt.
- Le Temps du mépris, 1935
- L'Espoir, 1937
- Espoir, sierra de Teruel, 1938 (mise en scène du film)
- La Lutte avec l'ange, ensuite retitré Les Noyers de l'Altenburg, 1943 Suisse - 1948 France
- Le Démon de l'Absolu, 1946
- Esquisse d'une psychologie du cinéma, 1946
- Psychologie de l'Art : Le Musée imaginaire - La Création artistique - La Monnaie de l'absolu, 1947-1948-1950
- Saturne, le destin, l'Art et Goya, Différents titres > 1947 - 1950 - 1978
- Les Voix du silence, 1951
- Le Musée Imaginaire de la sculpture mondiale : La Statuaire - Des Bas-reliefs aux grottes sacrées - Le Monde Chrétien, 1952-1954
- La Métamorphose des dieux, 1957, deviendra le premier volume (Le Surnaturel) de la trilogie qui reprend ce titre (voir plus bas).
- "Entre ici...", 1964, lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon (repris dans Oraisons funèbres).
- Antimémoires, 1967 (Première partie du Miroir des Limbes)
- Les Chênes qu'on abat..., 1971 (repris dans La Corde et les souris)
- Oraisons funèbres, 1971 (8 oraisons reprises dans La Corde et les souris, 1976)
- La Tête d'obsidienne, 1974 (repris dans La Corde et les souris)
- Lazare, 1974 (repris dans La Corde et les souris)
- Hôtes de passage, 1975 (repris dans La Corde et les souris)
- La Corde et les souris, 1976 (seconde partie du Miroir des Limbes)
- Le Miroir des Limbes, 1976 (I. Antimémoires + II. La Corde et les souris + Oraisons funèbres)
- Le Surnaturel, (paru en 1957) sous le titre La Métamorphose des Dieux
- L'Irréel, La Métamorphose des Dieux. II, 1975
- L'Intemporel, La Métamorphose des Dieux. III, 1976
- L'Homme précaire et la littérature, Gallimard, 1977 (posthume)
- Carnet du Front populaire (1935-1936), Gallimard, 2006 (posthume)
- Carnet d'URSS (1934), Gallimard, 2007 (posthume) Les Œuvres complètes d'André Malraux sont disponibles en 5 volumes (6 volumes prévus), dans la collection de la Bibliothèque de La Pléiade (Gallimard, Paris) : les deux premiers tomes sont consacrés aux œuvres de fiction ; le tome III au Miroir des limbes ; les tomes IV et V rassemblent les Écrits sur l'art ; le tome VI les essais littéraires et autres textes à caractère politique (à paraître). Cet ensemble comporte un appareil critique, des index, de nombreux inédits, ainsi que, pour les volumes IV et V, les illustrations des éditions originales. Dans la même collection un Album Malraux (iconographie choisie et commentée par Jean Lescure, 517 illustrations) a été publié en 1986.

Bibliographie générale des œuvres d'André Malraux

- Jacques Chanussot - Claude Travi, Dits et Ecrits d'André Malraux. Bibliographie commentée. Editions Universitaires de Dijon, 2003

Citations

- « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu'ait connu l'humanité, va être d'y réintégrer les dieux. »
- Une très belle et célèbre citation de Malraux, au sujet de la Seconde Guerre mondiale, du nazisme et des camps d'extermination, est la suivante: " Le camp parfait eût été le camp d'extermination des enfants. Faute de mise au point, on les tuait avec leurs parents. Il y a quelque chose d'énigmatique et de terrifiant dans la volonté de déshumaniser l'humain, comme dans les pieuvres, comme dans les monstres. L'idéal des bourreaux était que les victimes se pendent par horreur d'elles-mêmes. … pour la première fois, l'homme a donné des leçons à l'enfer" (Oraisons funèbres). Parvis de la cathédrale de Chartres, 10 mai 1975. (Repris dans Le Miroir des limbes).
- « Il y a des guerres justes. Il n’y a pas d’armée juste. » (L'Espoir)
- « Tout aventurier est né d’un mythomane. » (La Voie royale)
- « Il faut soixante ans pour faire un homme, et après il n’est bon qu’à mourir. » (La Condition humaine)
- « À la maîtrise, l’enfant substitue le miracle. » (Les Voix du silence)
- « Le fou copie l’artiste, et l’artiste ressemble au fou. » (L'Espoir)
- « La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin. » (L'Espoir)
- « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans. » (L'Espoir) (Hernandez à Garcia).
- « La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne. » (La Condition humaine)
- « Le pouvoir doit se définir par la possibilité d’en abuser. » (La Voie royale)
- « Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. » (Les Conquérants)
- « L'esclave dit toujours oui. » ()
- « Ceux qui ne connaissent pas leur passé sont destinés à le revivre » (référence ?)
- « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert » (Hommage à la Grèce, discours du 28 mai 1959 à Athènes) Citations d'André Malraux inscrites sur la statue à l'effigie de Félix Eboué à Cayenne:
- Etranger, va dire à Lacémone que ceux qui sont morts ici sont tombés sous sa loi. Passant, va dire aux Enfants de notre Pays : De ce qui fut le visage désespéré de la France, les yeux de l'homme qui repose ici, n'ont jamais reflété que les traits du courage et de la liberté.

La citation qu'on lui prête

La citation « le sera spirituel ou ne sera pas. » (ou l’une de ses variantes avec les termes "religieux" ou encore "mystique") est attribuée à André Malraux, bien qu'il ne l’ait jamais écrite ni officiellement prononcée. Cette citation est analogue à une phrase célèbre du cardinal Pie « la France sera chrétienne ou elle ne sera pas ». :À ce titre vous pouvez vous reporter à l'article « » du livre d'Odon Vallet, professeur à Paris VII, (Petit lexique des idées fausses sur les religions). On ne trouve pas de trace dans son œuvre d'une telle vision prophétique. La fin de la phrase ("…ou ne sera pas") ne lui ressemble guère au demeurant. Lors d'une interview à Pierre Desgraupes (Le Point, 10 novembre 1975), Malraux lui-même déclara ne jamais l'avoir prononcée : « Vous savez. On m'a fait dire : "Le sera religieux". Je n'ai jamais dit cela, bien entendu, car je n'en sais rien. Ce que je dis est plus incertain : je n'exclus pas la possibilité d'un événement spirituel à l'échelle planétaire. » Deux citations très intéressantes éclairent assez précisément l'esprit de Malraux sur ce sujet, la première dans un échange avec son traducteur et ami japonais Tadao Takemoto, la seconde dans des notes pour l'édition du Miroir des Limbes dans La Pléiade : « Quant au siècle prochain, ce que j’avais dit, c’est qu’il était extrêmement possible que, dans ce domaine que l’on appelle psi, se mêlaient encore pour l’instant des choses sérieuses et d’autres pas. Si le prochain siècle devait connaître une révolution spirituelle, ce que je considère comme parfaitement possible (probable ou pas n’a pas d’intérêt, ce sont des prédictions de sorcières, mais possible), je crois que cette spiritualité relèverait du domaine de ce que nous pressentons aujourd’hui sans le connaître, comme le XVIII° siècle a pressenti l’électricité grâce au paratonnerre. Alors qu’est-ce que pourrait donner un nouveau fait spirituel (disons si vous voulez : religieux, mais j’aime mieux le mot spirituel), vraiment considérable ? Il se passerait évidemment ce qui s’est passé avec la science. » (extrait de « A propos de la réincarnation » in André Malraux, Cahiers de l’Herne, p 396-399). « On m’a fait dire : Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas. La prophétie est ridicule ; en revanche je pense que si l’humanité du siècle prochain ne trouve nulle part un type exemplaire de l’homme, ça ira mal… Et les manifestations et autres ectoplasmes ne suffiront pas à l’apporter. » Cf. Littératures contemporaines, n°1, consacré à André Malraux, Klincksieck, 1996. Brian Thompson de l'Université du Massachusetts Boston (USA) s'est penché par deux fois sur cette fameuse phrase (qu'il affirme avoir entendue de ses propres oreilles lors d'une de ses interviews avec Malraux) dans des communications, d'abord à Brest en juin 2001, ensuite à l'université Harvard en décembre de cette même année centenaire de la naissance de Malraux. Le premier texte est sorti en France : “«Le sera religieux ou ne sera pas»: le sens de cette phrase prononcée, démentie, controversée”. In Ordre et désordre: Schème fondamental dans la vision et l’écriture d’André Malraux. Textes réunis et présentés par Yves Moraud en langue française. (Crozon : Les Editions Buissonnières, 2005), 228-237. Il est accessible sur la Toile, sur le site des Amitiés internationales André Malraux : http://www.andremalraux.com/malraux/articles/21emesiecle.pdf . Le deuxième, en anglais, apportant quelques nouvelles données, a été publié aux États-Unis : "'The 21st Century will be religious or will not be': Malraux's Controversial Dictum", Metamorphoses: André Malraux and the 21st Century, Harvard Colloquium, dans la Revue André Malraux Review, volume 30, numbers 1/2 (2001), 110

Décorations

- Officier de la Légion d'honneur
- Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
- Médaille militaire
- Croix de guerre 1939-1945
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Distinguished Service Order (GB)
- Médaille de la Résistance tchécoslovaque
- Grand Croix de l'Ordre de la Couronne Royale (Belgique)
- Commandeur de la République Espagnole
- Grand Croix de l'Ordre National de la République du Tchad
- Grand Officier de l'Ordre National de Côte d’Ivoire
- Grand Croix de l'Ordre du Soleil (Pérou)
- Grand Croix de l'Ordre de la Couronne de Chêne (Luxembourg)
- Grand Officier de l'Ordre National de Madagascar
- Grand Croix de l'Ordre de Cèdre (Liban)
- Grand Croix de l'Ordre du Lion (Finlande)
- Grand Officier de l'Ordre de la Croix du Sud (Brésil)
- Grand Croix de l'Ordre de l'Eléphant Blanc (Thaïlande)
- Grand Officier de l'Ordre National du Niger
- Grand Officier de l'Ordre du Mérite de Centrafrique
- Grand Croix de l'Ordre de la République (Egypte)
- Grand Croix de l'Ordre Royal du Sahametrei (Cambodge)
- Grand Officier de l'Ordre du Mérite de la République (Italie)
- Grand Officier de l'Ordre de l'Etoile Equatoriale (Gabon)
- Grand Croix de l'Ordre Nichan I Homayoun (Iran)
- Grand Croix de l'Ordre National Honneur et Mérite de la République d'HaÏti
- Grand Officier de l'Ordre du Mérite (Congo)
- Grand Croix de l'Ordre Al Kawrah al Urdini (Jordanie)
- Grand Officier de l'Ordre du Mérite (Sénégal)
- Grand Croix de l'Ordre d'El Quetzal (Guatemala)
- Grand Officier de l'Ordre du Mérite (Mauritanie)
- Grand Croix de l'Ordre du Dannebrog (Danemark)
- Grand Croix de l'Ordre du Mérite de la République (Autriche)
- Grand Officier de l'Ordre National de la République (Haute-Volta)
- Grand Croix de l'Ordre du Ouissam Alaouite (Maroc)
- Grand Croix de l'Ordre de Saint Olaf (Norvège)
- Grand Croix de l'Ordre de Georges 1 (Grèce)
- Grand Croix de l'Ordre de l'Etoile Polaire (Suède)
- Grand Croix de l'Ordre de Saint-Jacques de l'Epée (Portugal)
- Grand Croix de l'Ordre National de l'Aigle Aztèque (Mexique)
- Grand Cordon de l'Ordre du Soleil Levant (Japon)
- Grand Croix de l'Ordre du Libertador (Vénézuéla)
- Grand Croix de l'Ordre du Mérite de Mai (Argentine)
- Grand Croix de l'Ordre du Mérite Fédéral (RFA)
- Grand Officier de l'Ordre National du Mérite (Togo)
- Grand Officier de l'Ordre National de la République du Dahomey

Biographies

- Raphaël Aubert, Malraux ou la Lutte avec l'ange. Art, histoire et religion. Labor et Fides, 2001.
- Marc Fumaroli, L’État culturel, Paris, De Fallois, 1991.
- Rémi Kauffer, André Malraux : le roman d'un flambeur. Hachette, 2001.
- Jean Lacouture, M alraux, une vie dans le siècle. Seuil, 1973
-Jean-Louis Loubet del Bayle, L'illusion politique au XXe siècle, Des écrivains témoins de leur temps, Economica, 1999.
- Denis Marion, André Malraux, Seghers, 1970
-
- Guy Penaud, André Malraux et la Résistance, Fanlac, 1986
- Gaétan Picon, Malraux par lui-même, Seuil, 1958
- Philippe Poirrier, L'Etat et la culture en France au XXe siècle, Paris, Le Livre de Poche, 2006.
- Philippe Poirrier, Art et pouvoir de 1848 à nos jours, Cndp, 2006.
- Olivier Todd, André Malraux, une vie. Gallimard, 2001
- Philippe Urfalino, L'invention de la politique culturelle, Paris, Hachette, 2004.
- Marie-Ange Rauch, "le conquérant de la rue de Valois", in Revue des deux Mondes, numéro spécial : les mille et un visages de Malraux, Paris novembre 1996.

Notes et références

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Sujets connexes
Alberto Giacometti   Alfred Jarry   André Breton   André Derain   André Gide   André Masson   Angkor   Antimémoires   Après-guerre   Arc de triomphe de l'Étoile   Art   Artiste   Aventurier   Bangladesh   Banteay Srei   Bondy   CHU Henri-Mondor   Cayenne   Charles de Gaulle   Château de Versailles   Cinéma   Colonel   Communisme   Compagnon de la Libération   Croix de guerre 1939-1945   Créteil   Culture   Culture française   Denis Marion   Edmond Michelet   Espoir, sierra de Teruel   Fanlac   Fascisme   Fernand Léger   Forces aériennes françaises libres   Forces françaises de l'intérieur   France   François Mauriac   François Mitterrand   Front populaire   Gallimard   Gaétan Picon   Georges Braque   Gouvernement Charles de Gaulle (2)   Gouvernement Charles de Gaulle (3)   Gouvernement Georges Pompidou (1)   Gouvernement Georges Pompidou (2)   Gouvernement Georges Pompidou (3)   Gouvernement Georges Pompidou (4)   Gouvernement Georges Pompidou (5)   Gouvernement Maurice Couve de Murville   Gouvernement Michel Debré   Gramat   Guillaume Apollinaire   Guy Penaud   Hachette Livre   Henri Matisse   Héros   Jacques Chirac   Jawaharlal Nehru   Jean-Louis Loubet del Bayle   Jean Cocteau   Jean Kay   Jean Lacouture   Jean Lescure   L'Espoir   La Condition humaine   La Joconde   La Métamorphose des dieux   La Pléiade   La Tentation de l'Occident   La Voie royale   Lazare   Le Figaro   Le Musée Imaginaire   Le Sagittaire   Les Conquérants   Les Conquérants (André Malraux)   Les Noyers de l'Altenburg   Limousin   Liste des ministres français de la culture   Littérature   Lot-et-Garonne   Louis-Édouard Pie   Louis Aragon   Louise de Vilmorin   Lunes en papier   Lycée Condorcet   Légion d'honneur   Léonard de Vinci   Mai 68   Maison des jeunes et de la culture   Mao Zedong   Marc Chagall   Marc Fumaroli   Marcel Arland   Maurice de Vlaminck   Max Jacob   Ministère de l'Information (France)   Musique   Musée   Médaille de la Résistance   Médaille militaire   Nazisme   Nihilisme   Odon Vallet   Olivier Todd   Opéra Garnier   Oraisons funèbres   Pablo Picasso   Panthéon de Paris   Paratonnerre   Paris   Philippe Poirrier   Phnom Penh   Pierre Messmer   Pierre Reverdy   Prix Goncourt   Prix Interallié   Raphaël Aubert   Rassemblement du peuple français   Raymond Aron   Roland Malraux   Rémi Kauffer   Résistance intérieure française   Seghers   Special Operations Executive   Théâtre de l'Odéon   Toulouse   World Wide Web  
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