Dispositifs tactiques en football

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Le gain ou la perte d'un match de football ne dépend pas seulement de l'habileté des joueurs à manier le ballon. Le football étant un sport d'équipe, les questions d'intelligence collective sont primordiales. L'issue d'un match est aussi et surtout liée à l'aspect tactique du jeu. Le positionnement des joueurs sur le terrain, les phases de jeu répétées à l'entraînement, et, d'une manière générale, la capacité des onze joueurs à pratiquer un football homogène et cohérent entre
Dispositifs tactiques en football

Le gain ou la perte d'un match de football ne dépend pas seulement de l'habileté des joueurs à manier le ballon. Le football étant un sport d'équipe, les questions d'intelligence collective sont primordiales. L'issue d'un match est aussi et surtout liée à l'aspect tactique du jeu. Le positionnement des joueurs sur le terrain, les phases de jeu répétées à l'entraînement, et, d'une manière générale, la capacité des onze joueurs à pratiquer un football homogène et cohérent entrent pour une très grande part dans les résultats de l'équipe. C'est peut-être parce que le football ne requiert pas seulement de l'habileté, de la force ou de la résistance, mais aussi une compréhension subtile des options stratégiques favorables à l'équipe, parfois appelée « intelligence de jeu » ou « lucidité », qu'il est devenu l'un des sports les plus populaires à travers la planète. Le dispositif tactique recouvre le placement des joueurs les uns par rapport aux autres et la synchronisation de leurs actions, qui sont orchestrés à partir du banc de touche par l'entraîneur ou le sélectionneur.

Positionnement des joueurs

Très rapidement, dès le début du jeu, il s'est avéré que la tactique consistant pour tous les joueurs à se diriger vers le ballon était une stratégie perdante: puisqu'un seul joueur peut avoir la maîtrise de la balle, les autres ne servent à rien ou même le gênent. Les partenaires du porteur de balle doivent se répartir sur le terrain de manière à lui offrir le maximum de possibilités de passes, tout en restant aptes à défendre leur camp en cas de perte de balle. Certains joueurs, de par leurs qualités physiques ou intellectuelles, sont plus aptes à aller marquer des buts, ou au contraire montrent une grande efficacité de récupération de balle. Il est donc logique d'affecter les premiers aux tâches offensives, et les seconds aux tâches défensives. Nécessairement, les attaquants vont se placer à proximité du but adverse, et les défenseurs à proximité de leur propre but, de manière à en empêcher l'accès aux attaquants adverses. Cependant, la règle du hors-jeu, en évitant de créer deux groupes de joueurs, chacun devant un but, impose aux uns et aux autres de se déplacer sur le terrain en fonction des actions de jeu. Un joueur ne pouvant pas assurer des allers-retours permanents pendant 90 minutes, la liaison entre les lignes d'attaque et de défense est assurée par les milieux de terrain. Défense, milieu de terrain et attaque sont des concepts constants au cours de l'évolution des dispositifs tactiques, qui sont tous basés sur ce modèle en trois lignes. On appelle tactique l'ensemble des choix de jeu pris par le joueur au cours des trois moments principaux du jeu : la possession du ballon, la possession du ballon par l'adversaire, le changement de possession. La tactique implique l'alternative ; la longueur des séquences de jeu en football amène le joueur à rencontrer une grande variété de situation d'enchaînements offensifs/défensifs.

Le gardien de but

Le rôle du gardien de but a évolué récemment dans le sens d'une participation accrue au jeu (notamment dans la relance et dans les interventions en dehors de la surface). Le gardien est donc, du fait de son positionnement sur le terrain, un élément déterminant sur l'aspect tactique du jeu de son équipe (couverture en phase défensive, choix des relances en phase offensive).

La défense

Les défenseurs sont habituellement des joueurs solides et rigoureux, dont la tâche principale consiste à perturber, ou idéalement empêcher, le jeu de l'attaque adverse. Le ballon peut être récupéré à la suite d'un duel gagné par un défenseur (action individuelle) ou par une déstabilisation des adversaires par une stratégie collective (interception, provocation d'un hors-jeu, etc.). Les qualités requises pour un bon défenseur sont donc le sang-froid, la concentration et l'intelligence de jeu, notamment dans le placement. Pendant longtemps, on a pu estimer que les défenseurs étant des « destructeurs » de jeu, qu'ils n'avaient pas à montrer de capacités techniques particulières. Ce n'est plus le cas actuellement, car ils sont amenés à participer à des tâches offensives. Une ligne de défense est habituellement constituée de quatre joueurs, plus rarement trois ou cinq. La défense à quatre « typique » comprend deux arrières latéraux, qui évoluent chacun sur un côté, et deux arrières centraux. Les arrières latéraux, de par leur position, doivent souvent faire face à des ballons lancés dans la profondeur, car ils n'ont pas de coéquipier dans leur dos. Le football moderne leur impose de couvrir des distances de plus en plus longues. On a donc vu apparaître des défenseurs latéraux aussi aptes à déborder que leurs adversaires d'autrefois, les ailiers, qui eux tendent à disparaître. Quant aux défenseurs centraux, traditionnellement, ils sont différenciés en « stoppeur » et « libéro ». Le libéro est le joueur de champ qui joue le plus bas sur le terrain, et est déchargé de tout marquage individuel. Il est considéré comme le « patron » de l'animation défensive, qui donne les consignes tactiques : placement, montées en vue du hors-jeu. Il est aussi le dernier recours parmi les joueurs de champ, venant suppléer un de ses partenaires débordés, ou anticipant une trajectoire pour intercepter le ballon. C'est un poste qui requiert une grande intelligence de jeu. Le stoppeur est le joueur spécifiquement chargé de neutraliser l'avant-centre. De plus en plus, la différenciation tactique entre ces deux rôles s'estompe, dans le cadre de la « défense en ligne » : les quatre défenseurs jouent à un même niveau, quand leur équipe n'a pas le ballon. Stoppeur et libéro désignent alors plutôt des caractéristiques individuelles. Pendant une grande partie du XX siècle, la défense par marquage individuel était prépondérante : chaque défenseur, à l'exception du libéro, se voit attribuer un attaquant qu'il suivra partout afin de gêner son jeu. Bien qu'efficace et simple à appliquer, cette option tactique montre cependant des faiblesses. Si un défenseur est battu, ce qui a de très fortes chances d'arriver pendant un match, l'attaquant qu'il marquait se retrouve seul et bénéficie donc d'une grande liberté d'action. De plus, les défenseurs « au marquage » ne peuvent pas participer au reste du jeu, au risque de s'éloigner trop de leur adversaire attitré. Enfin, la tactique défensive dépend essentiellement du nombre d'attaquants adverses, ce qui fait qu'au final, le schéma de jeu est imposé par l'équipe adverse qui pourra alors jouer sur ses points forts. Dorénavant, la grande majorité des équipes pratique une défense dite « en zone », beaucoup plus flexible que le marquage individuel. Chaque défenseur couvre une partie du terrain, et il défendra contre l'adversaire qui s'y trouve. La défense en zone des premiers temps était rigide, les joueurs traçant des lignes mentales pour délimiter des endroits du terrain où ils n'allaient pas. Peu à peu, les entraîneurs ont enseigné une défense en zone intégrant les avantages de la défense individuelle. Les défenseurs sont alors amenés à se déplacer en bloc en fonction de la position du ballon et des adversaires. L'arrière droit se retrouve au marquage du joueur le plus à droite sur une action particulière, le défenseur central droit sur le deuxième le plus à droite, et ainsi de suite. Les permutations sont possibles, mais seulement aux moments où une accalmie dans le jeu le permet. En cas de sous-nombre, le porteur du ballon est le premier joueur visé, et le(s) joueur(s) le(s) plus éloigné(s) du ballon est/sont laissé(s) libre(s). Bien que très efficace, la défense en zone est particulièrement difficile à pratiquer, car elle nécessite plus de coordination, de concentration, de lucidité et d'intuition du jeu que le marquage individuel. L'entraînement collectif d'une défense consiste donc à cultiver les automatismes. C'est pourquoi beaucoup d'entraîneurs, une fois qu'ils ont trouvé leurs quatre (ou trois ou cinq) défenseurs, rechignent à en changer.

Le milieu de terrain

Le milieu de terrain est peut-être la ligne de jeu qui propose le plus d'options tactiques différentes. On peut avoir deux, trois, quatre voire cinq milieux de terrain, selon le dispositif choisi et selon la possession du ballon et de l'adversaire. Traditionnellement, un milieu de terrain doit être endurant, c'est le joueur qui parcourt le plus de chemin au cours d'une partie. C'est peut-être d'ailleurs la seule caractéristique commune aux milieux, qui peuvent montrer par ailleurs des aptitudes totalement différentes. Le rôle de milieu de terrain est de réaliser la liaison entre la défense et l'attaque. Après la récupération de la balle, les milieux doivent la transmettre aux attaquants dans les meilleures conditions possibles. Inversement, ils doivent gêner le développement du jeu adverse pour ne pas compliquer la tâche des défenseurs. Il est fréquent d'entendre des grands tacticiens affirmer qu'un match se gagne ou se perd au milieu de terrain. Les milieux de terrain offensifs ont un rôle d'attaquant, mais leur position reste en retrait. Ils doivent pouvoir servir des ballons de buts aux joueurs offensifs, et parfois en marquer eux mêmes. Les joueurs les plus célèbres sont la plupart du temps des milieux offensifs, c'est par exemple le cas de Diego Maradona, de Michel Platini ou de Zinedine Zidane. C'est aussi le poste qui permet la meilleure expression de son potentiel technique. Les milieux défensifs sont eux des défenseurs avancés sur le terrain. Ils doivent empêcher la construction du jeu adverse, avant même que la balle ne soit transmise aux attaquants. Une récupération de balle au milieu de terrain est bien plus intéressante qu'en défense, puisqu'il n'y a plus que la moitié du chemin à faire jusqu'aux attaquants, ce qui permet d'amorcer des contre-attaques souvent décisives. Bien entendu, il existe une continuité entre les milieux défensifs et les milieux offensifs, chaque joueur devant être placé sur le terrain en fonction de ses qualités propres et de ce qu'il est capable d'apporter au dispositif tactique de l'équipe. Souvent, plusieurs milieux défensifs peuvent compenser une faiblesse en défense (par exemple une défense à trois joueurs), et inversement, des milieux jouant très haut peuvent totalement remplacer l'attaque. Outre l'endurance, l'esprit d'anticipation, les qualités techniques, un bon milieu défensif doit avoir d'autres qualités fondamentales pour gérer positivement toutes les balles récupérées sans aucun risque ou danger. Dans une configuration défensive : Dans la zone du milieu défensif, il a des priorités selon les cas, pour se dégager de son camp ou exploiter une balle récupérée:
-S'il n'est pas gêné, il doit :
-contrôler sur son côté et jamais devant lui,
-puis passer en priorité à l'arrière latéral de son côté ;
-si celui-là est chargé, il doit alors remettre sur l'ailier un peu plus loin du côté le plus proche;
-si c'est impossible dans ces deux cas, il progresse en diagonale dans l'espace libre vers le couloir le plus proche pour servir l'ailier ou …
-si ce n'est pas possible, il pivote sur sa balle -- (du côté de la touche et jamais du côté de l'axe) pour remettre en arrière à son soutien (libero ou un autre joueur qui soutient) ou au gardien qui dégage ou qui change d'aile ;
-si ces solutions ne sont pas possibles à cause du pressing des adversaires, il dégage alors plus loin, mais toujours sur l'aile de son côté car l'avant doit alors faire appel pour l'aider à se débarrasser de cette balle vicieuse dans une tentative de contre rapide en profondeur.
-s'il juge à l'avance que toutes ces solutions seraient impossibles, il ne doit même pas effectuer le 1 contrôle mais plutôt dégager plus loin, car la priorité dans ce cas est dans le rôle purement défensif. Toute tentative contraire à ces techniques ne pourrait qu'être regrettablement fatale pour lui et son équipe (Rappel : des mauvais contrôles de Boban et de Jarni exploités par Lilian Thuram - 2 à 1 pour la France lors du Mondial 1998; de Cordoba dans les éliminatoires du mondial 2006 contre l'Uruguay… et les cas sont très nombreux à citer). Outre la forme physique et l'endurance que doit avoir un récupérateur pour exercer le pressing ou contribuer à la récupération, il doit aussi être technicien pour pouvoir contribuer à l'orientation des offensives et assumer un rôle constructif. Dans une configuration offensive, sa position idéale est le soutien constant près des partenaires opérant l'offensive, de façon à créer le surnombre qui fait pression sur l'adversaire (pressing offensif). Le cas d'une perte de balle : grâce à ce pressing, la récupération est facile.
-Lorsqu'il reçoit comme soutien, la balle d'un partenaire, il la joue sur le joueur démarqué (de préférence sur l'aile la plus proche…).
-Et s'il reçoit ou récupère une balle seul dans le milieu axial, il doit avancer en diagonale vers le côté où il est possible de mener une attaque placée…
-S'il ne trouve personne, il centre derrière les adversaires lui faisant obstacle, sur un milieu offensif ou un attaquant de pointe qui doit faire appel dans l'espace libre (généralement en transversale ou en diagonale sur le côté, si le hors-jeu est brisé par une fausse position d'un défenseur adverse.)
-Et si cette solution n’est pas possible, il remet sur un défenseur en soutien — à l'instar d'un milieu défensif — pour aérer le jeu en conservant la balle.
-Lequel défenseur qui lit bien le jeu, choisit le couloir le plus favorable pour la construction d'une tentative offensive (attaque placée). Avec deux milieux récupérateurs :
-Le pressing est plus fort ;
-Dans le rôle offensif, l'un participe à l'action même comme appui dans tout espace profitable (ex : Xavi et Deco (Barça), Frank Lampard et Michael Essien (Chelsea), Gerrard (Liverpool Football Club), Roy Keane (l'ancien joueur de Manchester United), Zé Roberto et Emerson (Brésil), Gennaro Gattuso (Milan AC), Patrick Vieira (Inter Milan et France), Lucas Biglia et Jan Polak (RSC Anderlecht)…) ; le second reste constamment comme soutien (en libéro central) de façon à former sur le terrain plusieurs lignes qui renforcent le milieu (pressing haut : l'équipe adverse en difficulté certaine, nombreuses opportunités de buts, exemples : Brésil-Argentine et Mexique-Brésil — coupe des Confédérations édition 2005 ; Brésil-Chili — éliminatoires retour Mondial 2006… ).

L'attaque

Le rôle d'un attaquant est peut-être le plus beau au football, l'attaquant est celui qui marque les buts. Un attaquant idéal doit être vif, opportuniste et bon en un contre un. Une certaine proportion d'échecs lui est pardonnée à la condition qu'il concrétise certaines de ses occasions. Certains attaquants peuvent avoir une situation désaxée sur le terrain, c'est par exemple le cas des ailiers dans les attaques à trois ou quatre joueurs. Leur rôle est alors de contourner par les côtés la défense adverse, afin d'adresser des centres devant le but aux attaquants axiaux, ou avants-centres. Ces derniers se doivent de concrétiser les passes et les transformer en buts. L'avant-centre est le joueur qui touche le moins de ballons dans une équipe, celui aussi qui est le plus surveillé par les défenseurs. Il est fréquent que pendant les phases offensives, les milieux de terrain viennent s'intégrer à la ligne d'attaque. C'est d'autant plus vrai dans le football moderne, qui a eu tendance à réduire le nombre d'attaquants à deux, voire un seul. Il n'est bien entendu pas possible d'être efficace à un attaquant contre quatre défenseurs, et un tel dispositif impose un soutien appuyé du reste de l'équipe.

Le mélange des rôles

Actuellement, chaque joueur présent sur le terrain se doit de participer au collectif quelle que soit la phase de jeu. Ainsi, un attaquant doit tenter de perturber le jeu adverse quand il n'a pas la balle, par un pressing qui est d'autant plus efficace qu'il est collectif. Inversement, un défenseur peut venir apporter le surnombre au cours des phases offensives. Les milieux de terrain peuvent s'intégrer aux lignes d'attaque ou de défense en fonction des circonstances, si bien que le dispositif tactique peut radicalement changer au cours de la partie. La capacité d'adaptation du dispositif tactique, selon les circonstances (but marqué ou encaissé, changement de joueur dans l'équipe adverse, expulsion ou blessure...) est aujourd'hui souvent déterminante. Par conséquent, la polyvalence d'un joueur est un atout appréciable qu'un bon entraîneur pourra utiliser quand il le jugera nécessaire. Ainsi, de nombreux joueurs professionnels sont capables de jouer à plusieurs postes, et ils sont particulièrement recherchés par les grands clubs.

Évolution tactique

. On pense généralement que cette phrase fut écrite il y a peu, mais elle date en fait des années 1950 ! Ainsi, il conviendra ici de tordre le cou à certains clichés. La première révolution tactique fut de passer du « dribbling » au « passing » entre 1860 et 1880. Avant cette date, le jeu consistait surtout à dribbler en solitaire les adversaires qui se présentaient, tandis qu'ensuite on découvre qu'une passe bien pensée peut mettre en difficulté toute une défense. L'amélioration continue de la qualité des ballons et des terrains va contribuer à ancrer la passe dans la culture du football. Devant cette révolution, le législateur répliqua par la règle du hors-jeu qui empêchait les avants-centres de camper devant le but adverse. Avant les années 1920, il fallait non pas deux (un défenseur et le gardien, par exemple) mais trois joueurs entre la ligne de but et le joueur qui recevait une passe. L'avant-centre devait alors avoir encore de solides qualités de dribbles afin de conclure une action. Cette période fut l'âge d'or des « numéro 9 ». WM Après la réforme du hors-jeu des années 1920 (2 joueurs pour le hors-jeu, et non plus 3), les données du problème changent, et Herbert Chapman met au point une tactique révolutionnaire, dite en « WM » qui lui permet de collectionner les trophées à Portsmouth puis à Arsenal. L'AS Cannes fut l'un des premiers clubs français à adopter cette tactique dès 1931. Le WM régna en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face aux Hongrois. En effet de nombreux entraîneurs ont tentés de trouver une parade au WM, la solution viendra de Hongrie et du Budapest Honvéd avec Gusztáv Sebes. Ce dernier appliquait une tactique basé sur les permutations pendant le jeu - ce qui ne se faisait pas à l'époque -, en effet l'avant centre reculait en proposant une course d'appui et laissait place à la montée des deux milieux offensifs ce qui entraînait un surnombre par rapport à l'adversaire. Les Hongrois furent les premiers a estimé qu'un joueur pouvait dépasser son rôle. Ces principes novateurs pour l'époque favorisèrent le passage au 4-2-4. Les Brésiliens adoptèrent cette formule du 4-2-4 et la fit évoluer progressivement en 4-3-3 durant les années 1960, ce positionnement restera majoritaire jusqu'aux années 1970. En parallèle de cette histoire des tactiques offensives, il existe également une école défensive. Le mis en place dès les années 1930 est le modèle de tous les bétons (français) et autres Catenaccio (italiens) qui prennent le relais après la Seconde Guerre mondiale. En France, les formations qui appliquent quasi religieusement ces stratégies sont Lyon, Strasbourg et surtout Bordeaux, . La montée en puissance de milieux de terrain créatifs à la manière de Cruyff, Platini et autres Maradona exigea une nouvelle adaptation défensive, mais dans ce domaine, tout, ou presque, avait déjà été essayé. De fait, les tacticiens ne trouvèrent jamais vraiment de parade pour maîtriser de tels joueurs. Depuis les années 1980, pourtant, la tendance est nettement à la défensive, et le vieux débat qui opposa longtemps les tenants du jeu ouvert (Nantes ou Reims, par exemple) à ceux du réalisme défensif (Bordeaux ou Lyon, notamment) est obsolète. Le jeu à la nantaise n'est plus qu'une chimère, tandis que les Girondins de Bordeaux et autres OL ne pratiquent plus le jeu fermé de leurs aïeux. Avec la rapidité des transferts de joueurs, les cultures tactiques sont moins le fait de clubs que d'entraîneurs, dont les plus connus et les plus durables au haut niveau développent des préférences pour tel ou tel schéma. On note en fait un certain nivellement tactique, principalement en raison du développement d'une nouvelle arme terriblement efficace en tactique : les images vidéo. Longtemps patrie de la tactique, l'Italie abandonne depuis peu ces anciennes marottes. En Angleterre, la culture tactique n'a jamais vraiment été de mise, et il faudra attendre les années 1960 pour voir les Anglais abandonner définitivement le vieux WM. Aujourd'hui, de nombreux clubs professionnels anglais n'ont toujours pas de séances tactiques au programme de leur préparation d'avant-match… Mais l'arrivée d'entraîneurs étrangers est en train de changer la donne. L'évolution vers toujours plus de joueurs défensifs semble aujourd'hui avoir atteint ses limites. Les défenses à cinq n'ont jamais eu la cote, et descendre en dessous de trois ou quatre joueurs à vocation offensive (milieux et attaquants), comme dans un grand nombre d'équipes actuelles, semble contre-productif. L'accent est mis sur la polyvalence et le resserrement des lignes, souvent résumés dans l'expression de « bloc-équipe », qui aboutit à une contraction du temps et de l'espace disponibles pour l'adversaire. L'animation défensive se standardise autour de fondamentaux invariables (participation des dix joueurs de champ, replacement, pressing raisonné des attaquants, défense en zone et en ligne). L'animation offensive est le terrain de plus d'expérimentations, de créativité (un, deux ou trois attaquants ? meneurs de jeu excentrés ou un meneur central ?), donnant aux stratèges du football du fil à retordre pour les années à venir.

4-4-2

left4-4-2Le 4-4-2 (quatre défenseurs, quatre milieux de terrain, 2 attaquants) est l'un des schémas classiques du football actuel. La défense à quatre évolue généralement en ligne. Le milieu de terrain est d'habitude composé de deux milieux centraux. Ceux-ci soutiennent les attaquant lors de possession de balle, et ont une fonction de premiers défenseurs en cas de perte de balle. Les deux milieux latéraux jouent un rôle d'ailiers. Les hongrois dans les années 1950 ou les Pays-Bas dans les années 1970, par exemple, ont poussé cette tactique à deux ailiers très offensifs au point d'avoir un système de 4-2-4 (deux milieux de terrain et quatre attaquants) en phase d'attaque, pour revenir à un 4-4-2 après la perte du ballon. Cette tactique permet aussi l'application du catenaccio, ou double rideau défensif. Le milieu de terrain opérant en ligne dans sa propre moitié de terrain comme une première ligne de défense. Les quatre défenseurs, en ligne aussi, opérant quasiment dans leurs surface de réparation. Une autre formation possible du milieu de terrain est appelée en anglais (diamant), ou 4-1-2-1-2. Elle implique un milieu de terrain placé devant la défense, deux milieux qui relaient la balle, et un milieu offensif, placé juste derrière les deux attaquants.

4-3-3

4-3-3Le 4-3-3 (quatre défenseurs, trois milieux de terrain et trois attaquants) est une version plus offensive du 4-4-2. Si la défense évolue souvent en ligne comme pour le 4-4-2, le milieu de terrain change de fonction. Il est souvent à vocation plus défensive, et doit faire parvenir la balle rapidement à l'attaque. Celle-ci est généralement composée d'un attaquant de pointe et de deux latéraux. Le profil des joueurs la composant est le suivant: une défense classique avec de préférence des latéraux offensifs, trois milieux de terrains avec un important volume de jeu (pour pallier l'absence du quatrième élément), deux ailiers rapides et bons centreurs et un attaquant de pointe de préférence athlétique et doté d'un bon jeu de tête.C'est cette organisation qui permit à l'Angleterre d'être championne du monde en 1966.

4-2-4

Cette formation (quatre défenseurs, deux milieux de terrain et quatre attaquants) est assez peu répandue comme formation de base de par la faiblesse de son milieu de terrain. Elle est plus souvent une version du 4-4-2 en phase d'attaque, ou formation utilisée en fin de partie (par remplacement de milieux de terrains par des attaquants) par une équipe qui doit absolument marquer. Une équipe menée au score dans un match de coupe, par exemple. La plupart du temps, elle se résume à un 4-4-2 offensif, avec deux attaquants prenant en charge les couloirs et épaulant les deux avants-centres. Cette formation fut popularisée à la suite de l'exploit de l'équipe nationale de Hongrie qui choisit ce 4-2-4 pour contrer le fameux WM des Anglais. Ce choix tactique leur permit de faire chuter l'Angleterre pour la première fois de son histoire à Wembley.

5-3-2

5-3-2Cette formation à vocation défensive se base normalement sur une défense à trois, dont l'un des joueurs peut prendre le rôle de libéro. Les défenseurs latéraux supplémentaires viennent soutenir le milieu de terrain.

3-5-2

3-5-2Cette formation est légèrement plus offensive que le 5-3-2. Au lieu de renforcer la défense par deux joueurs qui viennent soutenir le milieu de terrain, on essaye de créer le surnombre au milieu de terrain avec deux joueurs à vocation plus offensive. Il existe néanmoins des variantes au sein même de ce système. Si le principe demeure le même (gagner la bataille du milieu et ainsi s'assurer la maîtrise du ballon), il en existe deux principales versions: la version offensive, avec deux récupérateurs évoluant devant la défense et un trio d'animation en soutien des deux attaquants ; et la version défensive, constituée d'une ligne de quatre récupérateurs devant la défense et d'un seul meneur axial derrière les deux attaquants.

5-4-1 et 4-5-1

5-4-14-5-1Ces deux formations absolument défensives sont généralement développées durant le cours du match par des équipes ayant déjà marqué suffisamment de buts, ou alors voulant à tout prix éviter la défaite et opérant en contre-attaque. Dans le cas du 5-4-1, on retrouve souvent une défense à quatre avec un libéro. On peut toutefois voir dans le 4-5-1 des possibilités d'attaques. Cela dépend de l'orientation du milieu de terrain (cf.3-5-2), si le milieu se trouve dans sa configuration « offensive », on peut en déduire une volonté de mettre tout le système offensif au service de l'unique attaquant, qui se retrouverait ainsi mieux soutenu. Il y a tout de même un défaut à cette composition : une contre-attaque peu entre autre amener le ballon dans les pieds de l'attaquant de pointe qui se retrouve seul à 30 mètres du goal devant attendre le renfort d'un ou deux joueurs pour continuer l'avancée ce qui, bien sûr, lui fait perdre du temps, temps qui est utilisé par la défense pour se remettre en place. Elle peut tout de même être très efficace quand l'attaquant est un joueur rapide, partant seul (ex.: à la limite du hors-jeu) sur une passe profonde ou du moins précise par un autre joueur. 4-2-3-1 Une stratégie de plus en plus utilisée est une variante du 4-5-1, le 4-2-3-1, dans laquelle l'un des trois milieux joue le rôle de milieu offensif. Ce fut la tactique principalement utilisée par Raymond Domenech lors de la coupe du monde 2006 ; cette tactique est aussi celle avec laquelle l'Olympique lyonnais a conquis ses 6 titres de champion de France.

Les termes libéro et « poste 6-poste 10 »

Les termes libéro et « poste6 - poste10 » sont entrain de disparaître dans le foot moderne. Pour le libéro, le dernier joueur de l'équipe juste devant le portier, est remplacé par deux défenseurs centraux avec une tactique de défense en ligne, hors jeu ou pressing, c'est-à-dire une défense un peu plus haut, un peu plus loin du portier. Il se trouve encore dans les niveaux régionaux (quelquefois) et surtout au niveau départemental, où bien souvent le manque de culture tactique, requit pour appliquer la défense en ligne, des joueurs oblige l'entraîneur à mettre un libéro pour réduire les mésententes entre les deux défenseurs axiaux. Pour le poste 6, un joueur juste devant le libéro est aussi archaïque, on le remplace par le terme milieu défensif qui varie selon la tactique adoptée, il peut être un milieu défensif, il peut être deux milieux défensifs comme le cas de la France avec deux milieux défensifs Makélélé et Vieira. De même, le poste 10qui est un autre axe juste devant le poste 6 et est parfois un milieu des deux avant-centre, juste derrière, remplacé par le terme milieu offensif et le nombre de ce dernier aussi varie selon la tactique adoptée comme le cas du Brésil (seleçao) avec deux milieux offensifs Kakà et Ronaldinho. En fusion de ces deux derniers termes, on parle de joueur qui épaule deux rôles à la fois offensifs et défensifs, on parle à ce terme d'un relayeur-récupérateur, ce terme est créé car c'est à cette axe qui dépend le relai avec les attaquants et défenseurs ainsi à ce lieu aussi qui existe beaucoup la récupération de balle.

Référence

-Benigni, A. et al. - Football. - Paris : Éditions De Vecchi, 1999. - 403 p. - ISBN 2-7328-6739-X. - Cote Dewey : 796.334 F687 1999. - (Les schémas de jeu depuis les origines, pages 271-278). ==
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