Annapurna

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L'Annapurna est un sommet de l'Himalaya du Népal. Il est le dixième sommet le plus haut du monde. L'Annapurna comprend plusieurs sommets secondaires :
- Annapurna I :
- Annapurna II :
- Annapurna III :
- Annapurna IV :
- Gangapurna :
- Annapurna sud : L'Annapurna est le premier sommet de plus de à avoir été gravi, ceci par une expédition française en 1950.
Annapurna

L'Annapurna est un sommet de l'Himalaya du Népal. Il est le dixième sommet le plus haut du monde. L'Annapurna comprend plusieurs sommets secondaires :
- Annapurna I :
- Annapurna II :
- Annapurna III :
- Annapurna IV :
- Gangapurna :
- Annapurna sud : L'Annapurna est le premier sommet de plus de à avoir été gravi, ceci par une expédition française en 1950.

Ascensions

Première ascension

: Maurice Herzog et Louis Lachenal atteignent le sommet, avec une expédition comprenant Lionel Terray, Gaston Rébuffat, Marcel Ichac (cinéaste et le seul à avoir une expérience himalayenne grâce à l'expédition de 1936 au Karakoram), Jean Couzy, Marcel Schatz, Jacques Oudot (médecin) et Francis de Noyelle (diplomate assurant la coordination avec les autorités locales). Cette victoire constitua la première conquête de l'un des 14 sommets de mètres du globe. Cette expédition constituait aussi la première entrée d'Européens dans la région du Népal central (le Népal ne s'était ouvert au monde qu'en 1950). Ses membres seront donc amenés à redessiner la carte du massif de l'Annapurna.

Première de la face sud

La face sud de l'Annapurna fut gravie pour la première fois en 1970 par une expédition britannique emmenée par Chris Bonington. En 1991, la Belge Ingrid Baeyens fut la première femme à conquérir l'Annapurna par la face sud.

L'expédition française à l'Annapurna (1950)

La victoire française à l'Annapurna en 1950 eut un retentissement considérable dans le monde et particulièrement en France. Dépassant largement le petit monde de la montagne, ses vainqueurs devinrent de véritables héros nationaux et cette victoire (le premier « » gravi par l'homme) devint un phénomène de société.

La préparation de l'expédition

L'expédition de 1950 est vécue comme la poursuite, et la revanche, de l'expédition française de 1936 au Karakoram. (La conquête de l’Annapurna, Michel Raspaud, in Le Monde, 3-4 juin 1990) Certains auteurs mettent en avant le volontarisme patriotique de Lucien Devies, patron de la Fédération française de la montagne (FFM), qui aurait voulu « un à tout prix »Les Annales du GHM, articles sur le cinquantenaire de l'Annapurna, 2000.

L'expédition

Comme il s'agit de la première pénétration d'Européens dans le Népal central, la première tâche de l'expédition est d'explorer le terrain et de corriger les cartes existantes. Les explorateurs passent de longues semaines à essayer de trouver les sommets à conquérir, à trouver le moyen d'y accéder et à jauger sur les différentes faces des difficultés à surmonter. Tout cela exige des journées entières de reconnaissance par petits groupes de deux ou trois alpinistes, en réalisant au passage des « petits » sommets de ou . Marcel Ichac trouve la voie vers le massif à conquérir et baptise une vallée imprévue Hidden Valley. Vient ensuite le choix de l'objectif (le Dhaulagiri ou l'Annapurna ? etc.). Le choix se porte finalement sur l'Annapurna, jugé plus facile. Commence ensuite l'assaut de la montagne proprement dite. C'est en général là que commence le travail pour les alpinistes actuels, déposés en bus ou en hélicoptère au pied de voies bien balisées ou étudiées à l'avance. A ce moment, les membres de l'expédition de 1950 ont, pour leur part, déjà des milliers de mètres de dénivelé et nombre de premières dans les jambes. Et pourtant, malgré la fatigue et l'absence d'oxygène, le sommet de l'Annapurna est conquis par Maurice Herzog et Louis Lachenal, le 3 juin 1950. L'opposition entre la conception de Maurice Herzog (le pari mystique de l'alpiniste amateur) et celle de Louis Lachenal (la responsabilité et la prudence de l'alpiniste professionnel) se cristallise au moment du sommet. La victoire se transforme vite en tragédie. Au cours de la descente, Maurice Herzog et Louis Lachenal ont de nombreux doigts gelés. Au cours de la longue marche du retour - un mois de course-poursuite contre la mousson à travers la montagne, la forêt, les rizières d'un pays, le Népal, au niveau de vie médiéval, les blessés étant portés à dos d'homme -, le médecin Jacques Oudot tente de les soigner sans aucun moyen hospitalier.

Un phénomène de société

Michel Raspaud, in Le Monde, 3-4 juin 1990 Au delà de l'exploit sportif (le premier vaincu par l'Homme), cette victoire intervient à un moment où la France a besoin de héros. Avec l'expédition de l'Annapurna, elle les avait trouvé. Michel Raspaud, in Le Monde, idem Le « phénomène Annapurna » sera porté par sa médiatisation, qui rentre parfaitement dans les projets des organismes de la montagne. Grâce à ses recettes, ceux-ci vont en effet pouvoir financer plusieurs expéditions françaises dans les années qui suivent. La médiatisation sera en particulier portée par :
- Le livre (best-seller) de Maurice Herzog Annapurna, premier (1951).
- Le film de Marcel Ichac Victoire sur l'Annapurna.
- Les reportages dans Paris-Match. Le premier reportage de Marcel Ichac sauva littéralement l'hebdomadaire de la faillite qui le menaçait. La photo de Maurice Herzog brandissant le drapeau français sur le sommet de l'Annapurna restera l'une des "Une" les plus célèbres de Paris-Match.
- La conquête de l’Annapurna, Michel Raspaud, in Le Monde, 3-4 juin 1990 Michel Raspaud, in Le Monde, idem

La polémique (1990)

Retour de bâton d'une médiatisation à outrance dans les années 1950, le cinquantenaire de l'expédition victorieuse sur l'Annapurna a donné lieu à une remise en cause du récit officiel (publication des mémoires de Lachenal, un film sur Canal+, etc.). Les principaux points soulevés furent les suivants :
- La différence de point de vue entre les deux vainqueurs Maurice Herzog et Louis Lachenal à l'approche du sommet. Deux éthiques se sont opposés au sein de l'action : le réalisme du professionnel Lachenal contre le volontarisme de l'amateur ou du « politique » Herzog qui souhaitait une victoire nationale ou personnelle (Maurice Herzog aurait été en cela le relais au sein de l'expédition du volontarisme absolu de Lucien Devies).
- Le contrat, signé par tous les membres de l'expédition avant le départ, en vertu duquel ils abandonnaient à la Fédération française de la montagne (FFM) tous leurs droits de publication de souvenirs de l'expédition pendant cinq ans. Les uns ont voulu y voir une censure des membres de l'équipe au profit de la seule voix officielle. Les autres, un moyen indispensable pour financer les expéditions françaises qui suivront.
- La personnalisation de la victoire autour de la seule personne de Maurice Herzog, chef de l'expédition, au détriment en particulier de Louis Lachenal, pourtant lui aussi parvenu au sommet. Pour les uns, c'est le fruit d'une ambition personnelle débordante (Maurice Herzog deviendra ministre des sports). Pour les autres, c'est le reflet d'une époque mettant en avant la figure du « chef ».
- Herzog aurait mis sa vie et celles de ses compagnons en danger en voulant à tout prix parvenir au sommet.
- La conquête du sommet elle-même est parfois remise en cause (Lachenal, Lafaille).
- Certaines de ces polémiques furent mises en exergue dans des livreshttp://www.editionsguerin.com/news_fr_17.html et, portées par les ayants-droit, finirent au tribunalLe Monde du 19 janvier 2006 http://www.ffme.fr/alpinisme/ARTICLE.php?id=436.

Trekking

La région de l'Annapurna est connue pour ses possibilités de trekking (le tour de l'Annapurna, etc.). Le développement rapide et mal maîtrisé des randonnées en altitude, auxquelles s'adonnent chaque année plus de adeptes pose de nombreux problèmes écologiques (le Népal, pauvre et rural, n'a ni le temps ni les moyens de se préparer à une telle ruée de randonneurs), de pollution (de nombreux campeurs abandonnent emballages de plastique et boîtes vides) et d'hygiène (installation de latrines précaires qui se déversent directement dans les torrents).

Notes et références

Sources

Bibliographie

- Annapurna Premier 8000, Maurice Herzog, édition Arthaud .
- Carnets du vertige, Louis Lachenal, édition Guérin . Dans cette autobiographie l'auteur présente l'ascension de 1950 sous un autre aspect que celui de Maurice Herzog.
- Regards vers l'Annapurna, livre de photos de l'expédition de 1950, réalisé notamment par Maurice Herzog et Marcel Ichac.
- Prisonnier de l'Annupurna, Jean-Christophe Lafaille, éditions Guérin .

Filmographie

- Victoire sur l'Annapurna, réalisé par Marcel Ichac (film de l'expédition de 1950).

Articles

- Cinquantenaire de l'Annapurna, dossier in Annales du GHM 2000 (pages 55 à 113) . ===
Sujets connexes
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