Kahena

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Kahena, de son vrai nom Dihya ou Dahia (Tifinaghe : ), est une reine guerrière berbère de la tribu Djrawa Zénète, qui combattit l'expansion islamique en Afrique du Nord au siècle. Elle est la principale figure, avec Kusayla (chef de la tribus des Awarbas), de la résistance berbère en Afrique du Nord à l'avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705. À l'aube de l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berb
Kahena

Kahena, de son vrai nom Dihya ou Dahia (Tifinaghe : ), est une reine guerrière berbère de la tribu Djrawa Zénète, qui combattit l'expansion islamique en Afrique du Nord au siècle. Elle est la principale figure, avec Kusayla (chef de la tribus des Awarbas), de la résistance berbère en Afrique du Nord à l'avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705. À l'aube de l'arrivée des Arabes en Afrique du Nord, l'unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale (les Aurès, actuelle Algérie) était en grande partie réalisée par Kusayla. À son décès en 688, Dihya prend la tête de la résistance. La tribu berbère des Banou Ifren Zénète sera la première à défendre les territoires au côté de la Kahina. La Dihya sortira vainqueur et triomphante de la guerre. Après le renforcement des troupes Musulmaness, Dihya préconisera l'Islam à ses fils avant sa disparition en adoptant un musulman (Khalid). D'après les propos d'Abu Yazid el Ifrini que Ibn Khaldoun raportera par la suite, il dira que les berbères ont apostasié l'Islam douze fois avant de l'adopter surtout dans la tribu de la Kahina (Zénète). peu de temps après la mort de la reine Dihia Kahina, Vers 711, les berbères Zénète de la tribu de la Kahina commandés par leur chef Tarek Ibn Ziad feront la conquête de l'Andalousie au côté de la petite armée musulmane arabe commandée par les Khalifs ommeyades qui restaient en vie au Maghreb. Aussi peu de temps après la mort de la Kahina, Abou Qurra El Ifrini de la même tribu de la Kahina (Zénète) chassera tous les arabes qui restaient au Maghreb. Ibn Khaldou, l'histoire des berbères, traduit par Baron de Slane, édition Berti.

Parcours

Issue de la tribu des Djerouas (Djerawa), une tribu de Zenata implantée dans les Aurès (à l'est de l'actuelle Algérie), comme le furent les premiers rois (agellid, pluriel igelliden) berbères de Numidie - a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus. Dihya procèda également à la réunification des tribus de l'Afrique du Nord orientale. Alors que les musulmans ont déjà conquis un vaste territoire ils butent sur la résistance des byzantins (chrétiens), implantés essentiellement sur les côtes et en particulier à Carthage et Septum, mais aussi celle des Berbères. Les troupes musulmanes dirigés par Hassan Ibn Numan cherchaient à s'emparer de Carthage pour posséder l'Ifriqiya et se frayer un chemin vers l'Ouest. Le roi Kusayla ou AKSIL (Lion en berbère) les Carthaginois et Dihya se liguèrent pour empêcher ce passage. Carthage finit par tomber aux mains des troupes musulmanes en 695 et Hassan Ibn Numan se fait nommer gouverneur d'Ifriqiya. L'empereur Leonitos récupère Carthage pour trois ans. La seule résistance qui demeurait alors était celle de Dihya. À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d'Ibn Numan à Miskyana, entre Tebessa et Aïn Beïda, dans la région constantinoise) : Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d'y dissimuler son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Ibn Numan. Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés. Les Aurésiens les poursuivront jusqu’à Gabès. La Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu'on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu'en Tripolitaine. Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par la Dihya. Ibn Numan reporta ses efforts sur Carthage en 699, qu'il reprend, avec la maitrise des mers et du bassin occidental de la Méditerranée. Il demanda alors un supplément d'hommes au calife Ibn Marwan pour s'attaquer aux Aurès, seul rempart restant. Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l'envahisseur de s'approprier les terres, s'aliénant par là une partie de son peuple : Berbères sédentaires citadins, nomades et des campagnes. Kahena s'engagea une dernière fois dans la bataille en 702 à Tabarqa. La défaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné et adopté selon la coutume de l'anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens BerbèresL'Anaïa était accordée obligatoirement à toute personne qui en faisait la demande. Par exemple, le roi Massinissa l'avait accordée à ceux qui furent au départ ses ennemis (Meztul, Lacumazes, Sophonisbe, etc).. Faite prisionnière, Dyhia fut décapitée, et sa tête apportée au calife. Ses deux fils, Ifran et Yezdia, sont forcés de se convertir à l'islam et rejoignent les troupes maures en partance pour l'Espagne. Elle eut également une fille.

Divergences historiques

Le rôle joué par Dahia a constitué un enjeu considérable pour ses commentateurs. Les sources que nous avons sur La Kahina, symbole indirectement du frein à l'expansion musulmane, proviennent en grande partie des historiens musulmans. C'est donc pour certains d'entre eux, sur des arrière-pensées et vues politiques que sont basées leurs affirmations. Cela est d'autant plus difficiles à vérifier que les autres sources sont rares.

Véritable nom

Son véritable nom reste inconnu. Elle s'appelait peut être Kahena, Kahya, Dihya, Dahya, ou Damya. En effet, cet élément fait objet de nombreuses interprétations idéologiques, ainsi le surnom de Kahina, qui signifierait en un sens « sorcière », car décrite comme un personnage haïssable par certains historiens musulmans, comme Ibn Ben Attir et Le Bayan. Mais le sens n'est probablement pas péjoratif, puisqu'à l'origine, ce terme dérive de l'hébreu "Cahen, Cohen" qui signifie prêtresse et du grec être pure. Ces mêmes historiens rapportent que son vrai nom serait Dihya. De même le surnom Damya, dérivé du verbe tamazight edmy signifie « devineresse », « prophétesse ». Dihya, en Chaouia (tachawit) signifie « la belle ». Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut (« La belle Reine gazelle »).

Religion

La religion de cette Berbère, d'origine noble et descendante probablement d'une longue lignée royale des Aurès, n'est pas établie de manière sûre. Était-elle chrétienne ? Animiste ? Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents. C'est Ibn Khaldoun, réputé l'un des historiens le plus sérieux du Moyen-Âge, qui raconte qu'elle fut Juive; « Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habite l'Aurès, et à laquelle appartient la Kahena ». Aussi, selon l'historien et géographe français, le professeur Émile Félix Gauthier : « Les Djeraouas ne sont plus des chrétiens comme les Aurébas, mais bien des juifs ». Auparavant, Strabon avait témoigné à l'époque romaine que les juifs étaient nombreux en Afrique du Nord. Certains y étaient venus librement au fil des siècles avec les phéniciens, dès le temps des Carthaginois, tandis que d'autres y avaient été déportés par Trajan, après avoir tenu tête en Cyrénaïque aux légions romaines. Ainsi avaient-ils participé à la conversion de nombreuses tribus berbères. (c'est le cas de Gabriel Camps dans son livre Berbères - Au marges de l'histoire, mais il ne cite pas ses sources) pensent que Dihya était chrétienne parce qu'elle était la fille de "Matya" lui-même fils de Tifan. Des noms qui seraient les déformations de Matthieu (comme l'Apôtre) et Théophane (repris par de nombreux Saints chrétiens). Aussi le christianisme était largement répandu, une grande partie des populations berbères du nord avaient été christianisés sous l'empire romain. D'autres laissent entendre que Dihya aurait pû être animiste sans pouvoir pour autant préciser de quel culte il s'agirait, les Berbères ayant été païens avant l'arrivée du christianisme. Ainsi, la signification prêtresse et être pure de son nom Kahena, correspondrait à une tradition animiste en Afrique du Nord, selon laquelle les prêtresses subiraient un rituel de purification. En prenant pour exemple la reine touareg Tin Hinan que l'on supposait, de la même manière, chrétienne, alors que la découverte récente de son tombeau laisse penser qu'elle était animiste.

Politique de la terre brûlée

L'historiographie a également mis l'accent sur la politique de la terre brûlée qui aurait été pratiquée sous la Kahena, d'après Ibn Khaldoun, Ibn El Athir et Le Bayan, ce qui aurait motivé le mécontentement des cultivateurs de la côte. Cette version est contestée par certains selon lesquels, il se serait agi, pour les historiens musulmans, de discréditer la reine berbère hostile à l'expansion musulmane : des villes et des villages auraient certes effectivement été brûlés, mais cela s'expliquerait non par l'invasion arabe, mais par le fait que l'Afrique du Nord, depuis la chute de l'empire romain d'Occident, était le théâtre d'affrontements entre Byzantins et autochtones, voire entre Berbères nomades et sédentaires.

Anecdotes

Entre l'antique Thevest romaine (aujourd'hui Tebessa) et l'agglomération de Bir El Ater se trouve un puits appelé « Bir el kahina » (le puits de la kahina), en référence ou en souvenir du lieu où elle aurait été tuée. À Baghaï, actuellement petit village à une vingtaine de kilomètres de Khenchela, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines du « palais de la Kahina ». Le nom de la rivière Meskian, où Kahina y remporta sa première victoire contre le général Ibn Numan, ainsi que celui du village de Meskiana qu'elle traverse, viendrait des mots berbères Mis n Kahina qui signifie « les fils de Kahina ». Certains berbères chaouis des Aurès disent qu'ils ont le « nez de la Kahina » qui d'une grande beauté aurait eu, un peu comme Cleopâtre, un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d'une petite bosse. Dans toute la region d'Arris jusqu'à la vallée de Ighzer Abdi le nom Diyya est assez courant chez les chaouis « Djebailia ». Aussi, le personnage historique de Dihya est devenue de nos jours un symbole, aux cotés de Massinissa et Jugurtha, du mouvement berbériste.

Notes et références

Voir aussi

- Histoire de l'Algérie • Histoire des Berbères
- Berbères • Aurès Zénète

Bibliographie

: Voir références sur Dihya/Dimya (Kahina) sur
- Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères (traduit de l'arabe par le Baron de Slane), Tome I, Alger, 1852-1856, p.208.
- Émile Félix Gauthier, Les Siècles obscurs du Maghreb, Payot, Paris, 1927, p.245.
- André Chouraqui, "Histoire des Juifs d'Afrique du Nord" PUF, Paris, 1952.
- Nabile Farès, Mémoire de l'absent, Éditions du Seuil, Paris, 1974.
- Tahar Djaout, L'Invention du désert, Éditions du Seuil, Paris, 1987, pp. 31-33.
- Gisèle Halimi, La Kahina (roman), Plon, 5 octobre 2006 Catégorie:Roi berbère Catégorie:Histoire de l'Algérie Catégorie:Reine de:Al-Kahina en:Kahina it:Kahina kab:Dihya
Sujets connexes
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