Pieter Bruegel l'Ancien

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Pieter Bruegel l'Ancien (Brueghel, près de Breda, v. 1525 - Bruxelles, 1569) est un peintre flamand.
Pieter Bruegel l'Ancien

Pieter Bruegel l'Ancien (Brueghel, près de Breda, v. 1525 - Bruxelles, 1569) est un peintre flamand.

Biographie

La biographie de Peter Brueghel l'ancien est extrêmement lacunaire et en l’absence de sources écrites, les historiens en sont souvent réduits aux hypothèses« C'est donc ainsi que cela se passe pour le projet « Breughel » et, à propos, Walter ne serait pas mécontent qu'on s'entende un peu sur l'orthographe, car messieurs les connaisseurs proposent Breugel ou Bruegel, ou encore Brueghel ou Breughel. Si déjà nous ne tombons pas d'accord là-dessus, messieurs, qu'est-ce que ça promet pour l'avenir de ce film, je vous le demande ! » Belladonna, Hugo Claus, Editions de Fallois, 1995, Paris... On sait que Bruegel est mort en 1569, « medio aetatis flore » (dans la fleur de l'âge) donc entre 35 et 45 ans. Il pourrait être né entre 1525 et 1530, ce qui en fait un contemporain de Philippe II d'Espagne. Selon Carel van ManderHet Schilder-Boeck (Le Livre des peintres), Amsterdam, 1604 il serait né près de Breda mais les historiens modernes soupçonnent une confusion possible entre Breda, ville du Brabant septentrional, sur le territoire hollandais et l'actuelle Bree (ou Breede, Brida ou Breda en latin) dans le Limbourg (Belgique) campinois. La première date connue avec certitude est 1551, lorsque le nom de "Peeter Brueghels" apparaît dans les liggeren (registres) de la Guilde de Saint-Luc à Anvers où il a été reçu comme maître. Toujours selon Carel van Mander, il fut l'élève de Pieter Coecke van Ælst, artiste cultivé, doyen de la guilde des artistes, à la fois peintre et architecte. En 1552, il fit un voyage en Italie, poussant jusqu'à Rome où il est possible qu'il ait travaillé avec le miniaturiste Giulio Clovio. Le Port de Naples, le décor de La Chute d'Icare et du Suicide de Saül ainsi que quelques dessins témoignent de son périple. Entre 1555 et 1563, il est établi à Anvers et travaille pour l'éditeur Jérôme Cock, réalisant des dessins préliminaires pour des séries d'estampes. A partir de 1559, il simplifie son patronyme, signant ses œuvres Bruegel au lieu de Brueghel. À Anvers, il fréquente un cercle d'artistes et d'érudits humanistes notamment le mécène Nicolas Jonghelinck qui possédait seize de ses œuvres. On sait qu'il fut l'ami d'Abraham Ortelius qui écrivit quelques lignes émouvantes à sa mémoire. Mais sa vie sociale déborde largement de ce milieu intellectuel. Il fréquente volontiers les noces paysannes auxquelles il se fait inviter comme « parent ou compatriote » des époux. En 1562 il s'installe à Bruxelles (où l'on peut toujours voir sa maison de la rue Haute) et c'est à l'église Notre Dame de la Chapelle qu'il épouse en 1563 "Mayken cocks" (sic), fille de son maître Pieter Coecke van Ælst. En 1564 naît le premier de ses fils, Pieter Bruegel le Jeune, dit Bruegel d'Enfer. La situation politique et religieuse en Flandres se dégrade. En 1567 le Duc d'Albe entreprend une campagne de répression sanglante contre les rebelles, et c'est l'année même de l'exécution des comtes d'Egmont et de Horn que naît en 1568 son second fils, Jan, dit Bruegel de Velours. Il semble certain que Bruegel l'Ancien ait reçu la protection du gouverneur des Pays-Bas espagnols, Perrenot de Granvelle, collectionneur de ses œuvres. Il meurt en 1569 et est enseveli à Notre Dame de la Chapelle à Bruxelles On ignore tout de la personnalité du peintre, en dehors de ces quelques lignes de van Mander : :« C'était un homme tranquille, sage, et discret ; mais en compagnie, il était amusant et il aimait faire peur aux gens ou à ses apprentis avec des histoires de fantômes et mille autres diableries. » On retrouve son effigie dans Les effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson.

Sa descendance

L'art de Bruegel

La peinture

Étude critique

La peinture de Bruegel est généralement présentée en trois périodes : les premières compositions qui fourmillent de personnages pris sur le vif ; le cycle des Mois qui raconte la marche du monde selon les lois de la Nature et les derniers tableaux où quelques grands personnages se détachent d'un paysage qui n'est plus qu'un fond. Le peintre est en rupture avec ses prédécesseurs ou avec le goût italien de ce . En faisant la jonction entre le Moyen Âge et la Renaissance, il dépasse l'art des Primitifs flamands et s'affranchit de celui des Italiens; l'unité de ses compositions, son talent narratif et son intérêt pour les « genres mineurs » en font un artiste inclassable dans l'histoire de l'art. Certains historiens se sont attachés à établir un lien entre Jérôme Bosch et Bruegel, unis par une tradition figurative. Bosch représente la fin du Moyen Âge, il est le dernier « primitif » et Bruegel commence un nouveau siècle, une ère moderne qui s'ouvre à la découverte de l'homme et du monde. Cependant, l'œuvre de Bosch veut inspirer une terreur dévote, totalement absente de celle de Bruegel. Pour l'un, le monde n'est qu'un « rêve de Dieu » ou une tromperie du Diable ; la Nature est une tentation nuisible. Pour l'autre, l'action humaine prend au contraire toute sa valeur : joies ou défis au destin, l'homme doit tenter l'aventure malgré les menaces. Contrairement aux peintres de la Renaissance, Bruegel n'a pas représenté de nu et ne s'est que fort peu intéressé au portrait. Ses personnages ronds sont très éloignés de la glorification des corps bien proportionnés. Dans ses tableaux dominés par la vie populaire, le peintre montre des paysans tels qu'ils sont dans leurs activités et divertissements. Pour la première fois dans l'histoire de la peinture, la classe rurale est humanisée dans une vision objective. Les têtes s'alignent et l'on sent l'artiste sensible aux émotions et aux faiblesses. La tour de Babel Même les scènes bibliques de Bruegel se situent pour la plupart dans un village et la description de la place publique qui fourmille de monde prend plus de place que le thème (voir le Dénombrement de Bethléem). Au , en effet, la rue et la place étaient des lieux de rendez-vous et de divertissements : jeux d'hiver, carnaval, procession et kermesse, danses ou rites campagnards, tout était prétexte aux réjouissances et le peintre a su raconter ces rassemblements que Philippe II, d'ailleurs, voudra interdire. Pour les stoïciens, le monde est une construction bien ordonnée dans laquelle l'homme occupe une place précise et accepte son destin. Cette conception s'exprime dans la série Les Mois qui montre l’union profonde des êtres vivants soumis aux cycles naturels. En revanche, dans d'autres toiles, Bruegel semble craindre l'orgueil et la rébellion de l'homme contre l'ordre de la création (c'est Nemrod et sa folle entreprise, Icare et son rêve ou encore la punition des Anges rebelles). La joie peut cohabiter avec le danger si l'homme se soumet à la fatalité et s'intègre dans la symphonie des éléments naturels.

Liste des œuvres (incomplète)

Sont répertoriés aujourd'hui quarante-cinq tableaux comme étant de sa main, dont le tiers se trouve au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Un grand nombre d'œuvres ont été perdues, et certains tableaux jadis attribués à Bruegel l'Ancien se sont avérés être des copies plus tardives réalisées par ses fils. La Chute d'Icare (c.1558) Le Repas de noce (1568) L'Hiver (1565)
-Le Christ et les apôtres au lac de Tibériade, 1553, en collaboration avec Maarten de Vos, collection privée
- La Tentation de saint Antoine, 1557, National Gallery of Art, Washington (D.C.)
- Paysage fluvial avec la parabole du semeur, 1557, Timken Museum of Art, San Diego
- La Chute d'Icare, c.1558, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles
- Proverbes flamands, 1559, Staatliche Museen zu Berlin – Gemäldegalerie, Berlin
- Le Combat de Carnaval et Carême, 1559, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Bataille navale dans le golfe de Naples, 1560, Galleria Doria-Pamphili, Rome
- Portrait d'une vieille femme, 1560,
- Les Jeux d’enfants, 1560, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Le suicide de Saül, 1562, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Les Deux Singes, 1562, Staaliche Museen, Gemäldegalerie, Berlin
- Le Triomphe de la Mort, c. 1562, Museo del Prado, Madrid
- La Chute des anges rebelles, 1562, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles
- Dulle Griete (Margot la folle), c. 1562, Museum Mayer van den Bergh, Anvers
- La Tour de Babel, 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- La Fuite en Egypte, 1563, Courtauld Institute Galleries, Londres
- La Petite Tour de Babel, c. 1563, Musée Boymans-van Beuningen, Rotterdam
- La Mort de la vierge, 1564, Upton House, Banbury, Oxfordshire, UK
-Tête de paysanne, 1564, Alte Pinakothek, Munich
- Le Portement de croix, 1564, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- L’Adoration des mages, 1564, National Gallery Londres
- La Montée au Calvaire, 1564, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Les mois, cycle de 6 ou 12 tableaux dont il ne reste que cinq pièces :
- Les Chasseurs dans la neige (déc.-jan.), 1565, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- La Journée sombre (fév.-Ma.), 1565, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- La Fenaison (juin-juillet), 1565, Narodni Galeri, Prague
- La Moisson (août.-Sept.), 1565, Metropolitan Museum of Art, New York
- La Rentrée des troupeaux (Oct.-Nov.), 1565, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Le Trébuchet, 1565, Wilton House, Wiltshire
- La Calomnie d’Apelles, 1565, British Museum, Londres
- Le Christ et la femme adultère, 1565, Courtauld Institute Galleries, Londres
- Le Massacre des innocents, c. 1565, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- La Prédication de saint Jean Baptiste, 1566, Szépmüvészeti Muzeum, Budapest
- Le Recensement de Betleehem, 1566, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles
- La Danse de la mariée en plein air, c. 1566, Detroit Institute of Arts, Detroit
- L'Adoration des mages dans un paysage d'hiver, 1567, collection Oskar Reinhart, Winterthur
- La Conversion de Saint Paul , 1567, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Le Pays de cocagne, 1567, Alte Pinakothek, Munich
- La Pie sur le gibet , 1568, Hessisches Landesmuseum, Darmstadt
-
La Perfidie du monde , 1568, Museo Nazionali di Capodimonte, Naples
-
La Parabole des aveugles , 1568, Museo Nazionali di Capodimonte, Naples
-
Le Repas de noces
, 1568, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- La Danse des paysans, 1568, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- Les Mendiants, 1568, Louvre, Paris
- Le Proverbe du dénicheur , 1568, Kunsthistorisches Museum, Vienne
- La Tempête, inachevé, peut-être sa dernière œuvre, Kunsthistorisches Museum, Vienne

Études d'œuvres

Le triomphe de la Mort
- La Chute d'Icare, 1558, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles.
- Le Combat de Carnaval et Carême, 1559, Kunsthistorisches Museum, Vienne.
- Le Triomphe de la Mort, 1562, Museo del Prado, Madrid.
- La Tour de Babel, 1563, Kunsthistorisches Museum, Vienne.
- Le Repas de noce, 1568, Kunsthistorisches Museum, Vienne.
- La Parabole des aveugles, 1568, Galerie nationale de Capodimonte, Naples.

Les gravures

Œuvre gravé

Dès 1556, on trouve le nom de Bruegel associé à celui de l'éditeur Jérôme Cock à l'enseigne Aux quatre vents. Il dessine des planches satiriques comme les gros poissons mangent les petits. L'année suivante sort la fameuse série des Sept péchés capitaux suivies en 1558 des Sept vertus. Bruegel est également l’inventor d'un grand nombre de gravures exécutées par d'autres artistes et publiées chez Jérôme Cock : La cuisine maigre et la cuisine grasse, gravée par Pieter van der Heyden en 1563. Comme celles de Jérôme Bosch, ses œuvres continueront à être gravées après sa mort.
-Suite de douze Grands Paysages (1555-1556)
-Suite de douze Proverbes flamands (vers 1568), d'après Pieter Bruegel, gravés par Jan Wierix
-La suite des Vaisseaux de Mer, Frans Huys (Anvers, 1522 - 1562) vers 1561-1562.
-Le Printemps et L'Été par Pieter van der Heyden, 1570 (les dessins préliminaires des deux autres saisons sont dus à Hans Bol). Il reste un certain nombre de dessins préliminaires de la main de Bruegel conservés notamment à Berlin (cabinet des estampes) et à Vienne (Albertina).

Liste des graveurs ayant travaillé sur des dessins de Bruegel

-Pieter de Baillu (1613-1665 ?)
-Jérôme Cock (1507-1570)
-Johannes van Doetechum (c.1530-c.1608)
-Philippe Galle (1537-1612)
-Pieter van der Heyden, dit Merica (c.1530-1575)
-Franz Hogenberg (c.1540-1590)
- Frans Huys (1522-1562)
-Pieter Perret (1555 - 1639)
- Claes Jansz Visscher, Piscator (c.1550-1612)
- Lucas Vorsterman I (1595-1675)
- Jan Wierix (c.1549-p.1615)

Voir aussi

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