Holisme

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Holisme est la francisation de holism qui est un néologisme forgé en 1926 par l'homme d'État Sud-africain Jan Christiaan Smuts pour son ouvrage « Holism et evolutionSmuts, Jan. Holism and Evolution. Londres: Macmillan & Co Ldt, 1926, 362 p. » La première définition historique du holisme est : « ' », dont une traduction satisfaisante est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs p
Holisme

Holisme est la francisation de holism qui est un néologisme forgé en 1926 par l'homme d'État Sud-africain Jan Christiaan Smuts pour son ouvrage « Holism et evolutionSmuts, Jan. Holism and Evolution. Londres: Macmillan & Co Ldt, 1926, 362 p. » La première définition historique du holisme est : « ' », dont une traduction satisfaisante est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice ». C'est à dire, la tendance de l'univers à construire des unités structurales de complexité croissante mais formant chacune une totalité ('). Un exemple concret et simple à comprendre : une équipe de football est plus forte que la somme des onzes joueurs qui la compose. Smuts a construit ce mot sur une racine grecque ' déclinaison de ' entier, tout. Le grec a deux origines indo-européenne: solwos (solwos a donné les racines latines salus et salvus à l'origine des mots français comme soldat, sain, salut, sauver, sauveur, solide, sollicitude, solennel, santé) et kailo. Kailo (entier, indemne, bon présage) est l'origine indo-européenne de whole (complet, entier) mot central de la démonstration de Smuts ainsi que de health (la santé), du salut « hail » qui signifiait à l'origine « soit sain » et de holy (saint). On emploie actuellement « holisme » soit dans le sens lexical, soit dans le sens que ce terme a pris au sein de différentes disciplines (holisme ontologique, holisme méthodologique, holisme épistémologique, holisme logique, holisme sémantique, holisme philosophique, holisme des sciences humaines, holisme émergentiste, ...), soit par abus de langage comme un synonyme d'approche systémique ou de pensée complexe et très régulièrement comme un buzzword.
- Sens lexical : doctrine ou point de vue qui consiste à considérer les phénomènes comme des totalités.
- Holisme ontologique : système de pensée pour lequel les caractéristiques d'un être ou d'un ensemble ne peuvent être connues que lorsqu'on le considère et l'appréhende dans son ensemble, dans sa totalité, et non pas quand on en étudie chaque partie séparément. Ainsi un être est entièrement ou fortement déterminé par le tout dont il fait partie; il suffit de, et il faut, connaître ce tout pour comprendre toutes les propriétés de l'élément ou de l'entité étudiés. Un système complexe est considéré comme une entité possédant des caractéristiques liées à sa totalité, et des propriétés non-déductibles de celles de ses éléments.
- Holisme sociologique : Le holisme appliqué aux systèmes humains, par essence complexes, consiste à expliquer des faits sociaux par d’autres faits sociaux. La société exerce une contrainte (pouvoir de coercition) sur l’individu qui doit intérioriser (ou « naturaliser ») les principales règles et les respecter. Les comportements individuels sont donc socialement déterminés. Ce point de vue fut en partie initié par Émile Durkheim.
- Sens commun : Régulièrement on utilise abusivement le concept holisme comme synonyme d’approche systémique ou de pensée complexe. Très souvent, les termes holisme, holistique, holiste servent à tenter de faire partager une croyance en une totalité qui dépasse l'expérience humaine limité et peuvent secondairement servir de buzzword pour tenter de justifier des positions peu étayées (l'holisme est devenu un terme marketing pour le charlatanisme, Burton H. Goldstein, Joel B. Epstein, sur le site de l'association dentaire canadienne.).

Polysémie et ambiguïté du holisme

Étymologie de holisme :

En 1926 le général et homme d'état sud-africain Jan Christiaan Smuts a publié le premier ouvrage dont le titre comporte le néologisme « holism ». Concept qu'il définit comme : « the tendency in nature to form wholes1 (...)Smuts, Jan. Holism and Evolution. Londres: Macmillan & Co Ldt, 1926, 362 p. » Holisme vient du grec Ολισμος (olismos) déclinaison de Ολος (olos) entier, tout. Le grec Ολος à deux origines indo-européenne solwos et kailo. La racine proto-indo-européenne – solwos a donné les racines latines salus et salvus à l'origine des mots français : soldat, sain, salut, sauver, sauveur, solide, sollicitude, solennel, santé... Kailo (entier, indemne, bon présage) est l'origine indo-européenne de whole (complet, entier) mot central de la démonstration de Smuts ainsi que de health (la santé), du salut « hail » qui signifiait à l'origine « soit sain » et de holy (saint).

Approche historique :

- L'idée a ses racines antiquesRésumé de : LARGEAULT J., Réductionnisme et holisme, Encyclopédia universalis, (2000) vol. 19, p. 523-527 : La cosmogonie mythologique des anciens Grecs fait surgir l'ordre du chaos primordial. Cette énigme est à l'origine de nombre de supputations métaphysiques. Les débats engagés chez les pré-socratiques se sont poursuivis durant vingt siècles donnant lieu à des courants de pensées opposés : monisme, dualisme, matérialisme, spiritualisme, réalisme, idéalisme, mécanisme, vitalisme ...
- Holisme et réductionnisme s'inscrivent dans cette histoire : Les monistes voient l'univers formé d'une seule réalité fondamentale (les milésiens et les atomistes grecs, Démocrite, Épicure). Alors que les dualistes séparent le monde matériel et le monde spirituel – l'au-delà (PlatonPlaton, Apologie de Socrate, Criton, Phédon, trad. M.-J. Moreau, ed. Gallimard, Folio Essais, 1985. ; AristoteAristote, La Métaphysique, trad. Annick Jaulin, PUF, 1999). Issu du monisme, le matérialisme considère qu'il n'y a pas d'autre substance que la matière. La pensée, la conscience dérivent par transformation de la matière. Le matérialisme rejette l'existence de tout principe non réductible à une substance fondamentale (pas d'esprit transcendant la matière, d'âme, de dieux et d'au-delà). Au contraire pour les spiritualistes, l'univers possède une nature spirituelle, supérieure à la matière. L'homme, par sa conscience, son esprit ou son âme, ne se réduit pas à la seule matière. L'opposition idéalisme - réalisme quant à elle porte sur l'origine de la connaissance (celle du spiritualisme et du matérialisme porte sur la nature de l'Être). Pour les tenants de l'idéalisme, il n'y a pas de réalité indépendamment de la pensée. Le monde réel n'existe qu'à travers les idées et les états de conscience. Le monde et même l'être se réduisent donc aux représentations que nous en avons. À l'inverse pour un réaliste, homme connaît les choses telles qu'elles sont réellement en elles-mêmes et elles n'existent pas en dehors de leur matérialisation. Issus de ces débats, deux courants (et les tentatives de synthèses attenantes) ont traversé les siècles. D'un coté une vision du monde (moniste et causale) où les phénomènes naturels sont produits par le jeu des forces physico-chimiques immanentes à la matière. De l'autre, une conception « dualistique », où l'explication mécanique est tenue pour valable dans le domaine inorganique, mais non valable pour le vivant. « On peut soutenir hardiment qu'il est absurde d'espérer que quelque nouveau Newton viendra un jour expliquer la production d'un brin d'herbe par des lois naturelles auxquelles aucun dessein n'a présidé, car c'est là une vue qu'il faut absolument refuser aux hommes » E. Kant, Critique du jugement, paragr. 74 Le matérialisme moniste explique tout par les causes efficientes. Au contraire, selon les non-matérialistes, des principes différents opèrent selon qu'il s'agit du vivant ou de l'inanimé. Pour le vivant, la doctrine dualistique, introduit des causes finales et met à l'origine des organismes soit un plan de développement, soit la décision d'un créateur qui a disposé chacune des espèces selon un plan ; d'un coté, les mécanistes de l'autre les vitalistes ; d'un coté les déterministes (les formes sont le résultats du jeu des causes efficientes) de l'autre les finalistes (il existe un but, une cause finale qui dirige l'évolution des formes). Certains comme Kant admettent à la fois le déterminisme universel et les causes finales. L'histoire de la biologie tout entière est traversée par un conflit entre les interprétations finalistes (globale, holiste) et mécanistes des phénomènes de la vie. Le holisme est un terme nouveau introduit dans les années 1920. Le mot désigne à l'origine, des doctrines, appelées aussi organicistes, qui visent à échapper à la fois au déterminisme et au finalisme, ou peut-être à les concilier, en insistant sur le caractère spécifique de l'organisme. Pour ces holistes, les corps vivant sont des totalités (wholes en anglais) inanalysables qui ne s'expliquent pas par un assemblage de parties ; il y a quelque chose, selon eux, qui ordonne ces parties et qui n'est pas de l'ordre de la causalité efficiente. Pour Aristote, c'est la forme, organisatrice et conservatrice de l'être vivant (forma est qua ens est id quod est). Ce principe de liaison a porté d'autres dénominations : entéléchie, force vitale, principe directeur. Au début du vingtième siècle, les progrès des sciences physiques et biochimiques ainsi que la théorie darwinienne amenaient un monde où la frontière entre vivant et inanimé semble devoir disparaître (contrairement à ce qu'affirmait Kant). Un mouvement se dégagea d'hommes qui considéraient l'explication mécaniste comme universellement valide mais restaient attachés à la présence d'une cause finale. Ils postulèrent l'existence de formes, de types d'organisation qui tendent à se réaliser ; de potentiels qui guident l'évolution vers un but assigné (principe anthropique ou point Ω de Pierre Teilhard de Chardin). Jan Christiaan Smuts fut de ceux là. Ici point de créationnisme, l'évolution est acceptée et se déroule au sein d'un champ holistique, force organisatrice, qui conduit l'atome vers la conscience.

Jan Christiaan Smuts :

Le premier ouvrage publié dont le titre comporte le mot « holism » fut édité en 1926 par l'homme d'État Sud-africain Jan Christiaan Smuts : « Holism et evolutionSmuts, Jan. Holism and Evolution. Londres: Macmillan & Co Ldt, 1926. 362 p. ». J. C. Smuts (1870-1950) y défini le holisme comme : « the tendency in nature to form wholes that are greater than the sum of the parts through creative evolution », dont une traduction satisfaisante est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice ». C'est à dire, la tendance de l'univers à construire des unités structurales de complexité croissante mais formant chacune une totalité (a whole). Après un travail de contextuallisation biographique et une synthèse des différents chapitres de « holism and evolutionSmuts, Jan. Holism and Evolution. Londres: Macmillan & Co Ldt, 1926. 362 p. » nous pouvons dire que l'holisme de J-C. Smuts est un point de vue métaphysique sur la nature ultime de la réalité. À partir des théories scientifiques émergentes en 1926 (relativité générale, mécanique quantique) et des questions qu'elles laissent en suspend, Smuts développe un argumentaire philosophique. Dans l'opposition, entre le besoin ou non de croire en la finalité chacun a tendance à attribuer à ses thèses spéculatives l'autorité de la certitude qui s'attache aux propositions scientifiques. L'amplitude du sujet traité dans l'ouvrage de Smuts (de l'atome jusqu'à la conscience) fait qu'il remplace les preuves et l'absence de données expérimentales par le raisonnement qui n'est jamais à l'abri d'erreurs, de sophismes, d'inductions ou de déductions hasardeuses. Faire tomber l'évolution dans un « no man's land » entre science et philosophie fait naître une équivoque : où s'arrête le savoir précis et démontré, où commencent la spéculation arbitraire et les inductions plus où moins invérifiables ? Cette ouvrage synthétisa un temps des questions fécondes scientifiquement (et philosophiquement). En filigrane Smuts pose les questions qui aboutiront aux concepts de propriétés émergentes, d'auto-organisation, d'auto-régulation, de système complexe, etc. « Smuts a espéré que le holism pourrait reconstituer l'unité entre WeltanschauungDe l'Allemand « Welt », le monde, et « Anschauung », l'idée, la vue, l'opinion, la représentation. Terme désignant la conception du monde de chacun selon sa sensibilité particulière. La weltanschauung est un regard sur le monde (ou une conception du monde), d'un point de vue métaphysique, notamment dans l'Allemagne romantique. et science. » The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition. Mais au-delà de l'argumentation analytique, la thèse qu'il souhaite démontrer est que l’évolution est orientée vers un dessein providentiel. Smuts n'est pas anti-évolutionniste ; mais il est à coup sûr anti-darwinien. Pour lui, il y a bien eu évolution, mais cette évolution est le fruit d'un « champ synthétique » (en référence à la théorie quantique des champs) qui chapitre après chapitre ressemble de plus en plus à une volonté transcendante. Il présente un univers où l’homme a été désiré. Pour Smuts, comme pour Pierre Teilhard de Chardin, les faits scientifiques ne sont pas récusés mais leur présentation fait apparaître, sans le nommer, un horizon derrière lequel Dieu serait à l'origine de tout (évolution comprise). L'holisme de J-C. Smuts est une direction dans l'univers qui conduit l'atome vers l'holiness (la sainteté) – de « holism » à « holysm » (cf. Étymologie de holisme).

Approche culturelle :

Docteur en sciences sociales, lauréate de l'Académie française, ancien membre de l'O.M.S, Claudine Brelet a publié un ouvrage synthétique fruit de ses recherches anthropologiques : « Les médecine du mondeBrelet Claudine, Médecine du monde, Robert Laffont col. Bouquins, 2002. 923 p. ». Chapitre après chapitre, elle passe en revue, les caractéristiques des systèmes médicaux d'un grand nombre de culture : médecine africaine, art des chamanes, médecine des pyramides et d'Alexandrie, chemin de santé des hébreux, médecine greque du centaure Khiron à Hippocrate, médecine druidique, gnostique, arabe, médecine alchimique et réformes humanistes, médecine des védas, tibétaine, chinoise, amérindienne. À chaque fois elle insiste sur les liens établis par chacune de ces traditions médicales entre santé, maladie, guérison avec ce que nous qualifions actuellement d'étiologie psychologique, sociale, environnementale, spirituelle, culturelle. Ce sont ces liens entre l'homme et son macrocosme qu'elle qualifie d'holistique en les opposant aux liens fait par les mécanistes entre la santé et la physiologie (microcosme de l'homme) : « Les principes d'interaction entre tous les systèmes vivants – que l'écologie a popularisés – remplacent progressivement le schéma mécaniste que depuis la Renaissance, la société occidentale s'était donné du corps et de l'univers. L'homme blanc commence à admettre qu'il n'est plus le « maître et possesseur de la nature » comme Descartes le lui avait appris, mais son humble partenaire... le partenaire d'énergie où le chamane reconnaît des dieux et des espritsBrelet Claudine, Médecine du monde, Robert Laffont col. Bouquins, 2002. p. 125. » Les définitions de holisme : Issue de cette histoire, le sens de holisme n'est pas encore véritablement fixé dans l'usage et il donne lieu à plusieurs acceptions, variant d'un sens presque mystique ou magique à un sens technique, logiquement déterminé. Cette polysémie est la source des ambiguïtés inhérentes à l'emploi de ce terme. Nous devrons donc nous attaquer en tout premier lieu à ce problème de la caractérisation du holisme. Ci-dessous nous essaierons de découvrir à quelles acceptions de l'holisme font référence les articles collectés pendant la revue de littérature.
- Définition lexicales de holisme : Pour le Grand Larousse : « PHILOSOPHIE : En épistémologie ou en sciences humaines, doctrine qui ramène la connaissance du particulier, de l'individuel à celle de l'ensemble, du tout dans lequel il s'inscrit. » Pour le Robert historique : « HOLISME n. m. est un emprunt (attesté en 1939) à l'anglais holism, terme forgé en 1926 par le biologiste sud-africain J. C. Smuts, à partir du grec holos "tout, entier, complet" correspondant au sanskrit sàrva-, au latin salvus -intact» (cf. sauf). Le mot, d'emploi didactique, désigne la théorie selon laquelle l'homme est un tout indivisible qui ne peut être expliqué par ses différents composants isolés les uns des autres (cf. globalisme). » Pour le CNRTL (Centre Nationale de Ressources Textuelles et Lexicales) du C.N.R.S « HOLISME, subst. masc. “Doctrine ou point de vue qui consiste à considérer les phénomènes comme des totalités`` (Sumpf-Hug. 1973). Herskovits a maintenu, contre l'holisme de l'anthropologie culturelle, la valeur de la méthode analytique (Traité sociol., 1968, p. 320). − PSYCHOL. “Conception unitaire et dynamique du fonctionnement cérébral, opposée à la conception atomistique selon laquelle l'intelligence et les fonctions sensori-motrices pouvaient être représentées par une mosaïque d'éléments nerveux`` (Thinès-Lemp. 1975). L'organicisme et l'holisme de Goldstein (Ruyer, Cybern., 1954, p. 68). REM. Holistique, adj. Qui relève de l'holisme, qui s'intéresse à son objet comme constituant un tout.. Théorie holistique, La psychologie globaliste ou holistique qui s'oppose à la conception atomistique de la personnalité (Delay, Psychol. méd., 1953, p. 128). Elle considère les divers aspects de la vie sociale comme formant un ensemble solidaire, dont les diverses parties ne peuvent se comprendre que par le tout, qui leur donne leur signification, ce qui fait qu'à « l'approche » analytique de l'acculturation elle substitue « l'approche holistique » (Traité sociol., 1968, p. 320). Étymol.et Hist.1939 (J. Rostand, La Vie et ses probl., p. 177). Empr. à l'angl. holism, forgé en 1926 par le biologiste sud-africain J.C. Smuts (1870-1950) dans son ouvrage Holism and evolution, sur le gr. όλος «entier». » Pour le Oxford English Dictionary « holism 1 the idea that the whole of sth must be considered in order to understand its different parts—compare atomism 2 the idea that the whole of a sick person, including their body, mind and way of life, should be considered when treating them, and not just the symptoms (= effects) of the disease » Pour le Compact Oxford English Dictionary « (noun) Medicine the treating of the whole person, taking into account mental and social factors, rather than just the symptoms of a disease. » Pour le Cambridge Advanced Learner's Dictionary « holism : the belief that each thing is a whole which is more important than the parts that make it up » Pour le Chambers « holism noun, philos 1 the theory stating that a complex entity or system is more than merely the sum of its parts or elements. 2 the theory that the basic principle of the Universe is the creation of whole entities, ie the evolution of the atom and the cell to complex, complete and self-contained forms of life and mind. holist noun. holistic adj. holistically adverb. ETYMOLOGY: Coined in 1926 by General J C Smuts in his book Evolution and Holism: from Greek holos whole. »
- Définition du « holisme » de J-C. Smuts J-C. Smuts utilise le terme « holisme – holistique » pour exprimer une vision finaliste, téléologique de l'évolution : il existe une tendance synthétique, à l'œuvre dans l'univers, qui fait évoluer de petites unités vers des « tout » supérieurs à la somme de leurs parties.
- Définition du holisme ontologique L'holisme ontologique est une conception (opposée au réductionnisme et à l'atomisme) selon laquelle un « tout » (organisme, société, ensemble symbolique) est plus que la somme de ses parties, ou autre qu'elleGODIN Ch., Dictionnaire de philosophie, FAYARD / édition du temps. (2004) , p. 570-1. Il faut rattacher à cette définition ce que l'on nomme « le principe d'émergence » : un « tout » n'est pas un simple agrégat. À partir d'un certain seuil critique de complexité, les systèmes voient apparaître de nouvelles propriétés, dites propriétés émergentes. Celles-ci deviennent observables lorsqu'elles vont dans le sens d'une auto-organisation nouvelle. De là découle le point de vue selon lequel c'est le tout qui donne sens et valeur à ses parties par la fonction que celles-ci jouent en son sein. C'est cette conception qui est à l'origine du développement des thèses du holisme épistémologique et du holisme méthodologique. Ces thèses rencontrèrent un très vif rejet dans les années 1950 (maccarthysme aux États-unis) des chercheurs libéraux qui trouvaient cette thèse marxiste. Et depuis le débats sociologique entre individualisme et holisme est toujours aussi vif.
- Définition du holisme méthodologique Conception (opposé à l'atomisme logique) selon laquelle : a) l'explication d'un tout n'est pas donnée par la somme des explications de ses parties ; b) une hypothèse n'est jamais ni vérifiable, ni réfutable singulièrement par l'expérience.
- Définition du holisme épistémologique Spécification du holisme méthodologique, il correspond à la thèse de Pierre DuhemDUHEM P., La théorie physique, son objet, sa structure (1906), Vrin, 1981. (1861-1916) chimiste et philosophe des sciences français : les propositions concernant le monde extérieur rencontrent le tribunal de l'expérience sensible non pas individuellement mais en corps constitué, on ne peut pas vérifier les hypothèses d'une théorie une par une, une expérience de physique ne peut pas condamner une hypothèse isolée mais seulement tout un ensemble théorique ; il n'y a pas d'expérience cruciale . Quand au holisme épistémologique du philosophe et logicien américain Willard Van Orman QuineQUINE W. V., « Les deux dogmes de l'empirisme » (1951), De Vienne à Cambridge, l'héritage du positivisme logique de 1950 à nos jours, P. Jacob (éd.), Gallimard, 1980. (1908-2000) il diffère de celui de Duhem sur un point capital : le holisme épistémologique de Quine ne se limite pas à la physique comme celui de Duhem, ni même aux sciences expérimentales comme celui de Carnap mais s'étend à toute la science, logique et mathématique comprise. L'holisme épistémologique de Quine est donc la thèse selon laquelle toutes nos connaissances se soutiennent mutuellement sans qu'il y ait une fondation unique (ce qu'il résumait souvent en reprenant l'image du navire d'Otto NeurathOtto Neurath (1882-1945) est un philosophe, sociologue et économiste autrichien. Il fut un des co-rédacteurs en 1929 de La Conception scientifique du monde plus connu sous le nom de Manifeste du cercle de Vienne. selon laquelle la science est un navire déjà en mer et qu'il faut réparer à partir des matériaux disponibles sans pouvoir le reconstruire sur une terre ferme).
- Définition du holisme logique Conception selon laquelle il n'est pas possible de dissocier les règles de l'inférence de notre pratique inférentielle globale qui les justifie les unes par les autres et non pas isolément. Le holisme logique s'accorde avec la critique que Quine adresse au conventionnalisme (selon laquelle les règles, arbitraires, sont admises une par une selon les besoins du raisonnement) : si les vérités logiques sont conventionnelles, elles ne le sont que moyennant l'acceptation préalable de la logique.
- Définition du holisme sémantique Point de vue selon lequel le sens d'un élément du discours appartient au discours lui même et ne peux pas être considéré isolément : « la signification d'une expression dans une langue de ce qu'un nombre infini d'autres expressions signifient »
- Conceptions du holisme philosophique Voici quelques repères d'un sujet qui inspira de nombreux écrits : En philosophie, Parménide, Spinoza, Hegel ont élaboré des métaphysiques holistes. La tradition spiritualiste, dans son sens métaphysique, remonte à Anaxagore (Ve siècle avant JC) pour qui « l'esprit », c'est l'âme, le souffle qui s'oppose à la matière solide et inerte. Descartes (1596-1650) reconnaît ce dualisme, avec une matière autonome qui obéit à ses propres lois. La philosophie idéaliste, qui passionna tant Jan Smuts, s'inspire des spiritualistes en admettant l'antinomie entre esprit et matière et la suprématie du premier. Pour Bergson, la vie ne peut être réduite à une mécanique physico-chimique et le cerveau n'est qu'un support, un instrument qui permet à l'esprit de s'insérer dans la réalitéDans L'évolution créatrice (1907), Bergson oppose l'élan vital, « force créant de façon imprévisible des formes toujours plus complexes », à une perception mécaniste et finaliste de l'évolution.. Il rédige en 1907 « L'évolution créatriceBERGSON Henri, L'évolution créatrice (1907). Ouvrage originalement publié en 1907. 86e édition. Paris: Les Presses universitaires de France, 1959, 372 pages. Collection Bibliothèque de philosophie contemporaine. ». Dix-neuf ans plus tard Jan Smuts reprendra l'idée d'évolution créatrice au sein même de la définition de son concept central : holism – « the tendency in nature to form wholes that are greater than the sum of the parts through creative evolution »
- Définition du Holisme des sciences humaines En sociologie le holisme prône l'explication de l'inférieur, du local (ex. : les comportements humains) par le supérieur, le global (ex.: les modèles culturels, les institutions). Il accompagne une volonté d'autonomie méthodologique, il privilégie la « compréhension » sur « l'explication » (W. Dilthey), le sociétal sur l'individuel (P. Durkheim), le système sur les acteurs (T. Parsons). Pour Fichte, l'individu est relié à l'État d'une façon organique : il entretient le tout et de cette façon se conserve lui-même. Pour Hegel, l'Etat est une entité collective quasi mystique, une « réalité supérieure invisible », d'où les individus tirent leur identité authentique, et à laquelle ils doivent obéissance et loyauté. Tous les penseurs collectivistes modernes (y compris Karl Marx) s'appuient sur une entité collective supérieure, au détriment de l'individu ; ils insistent sur l'importance du tout social et des forces sociales, qui ont d'une certaine façon un caractère propre et une volonté qui dépassent les caractères et les volontés de leurs membres.
- Définition du Holisme émergentiste Position moyenne défendue par Mario Bunge (1919- ) entre le holisme et l'individualisme méthodologique : conception selon laquelle l'analyse des parties séparées est justifié au même titre que la prise en compte du tout dans sa globalité.
- Définition du réductionnisme Pour bien comprendre la réaction holistique voici la définition de son frère-ennemi le réductionnisme : « Conception selon laquelle une réalité doit être expliquée à partir de ses unités élémentaires constitutives (réductionnisme méthodologique) parce qu'elle-même est faite de ces unités élémentaires (réductionnisme ontologique). Ainsi le réductionnisme analysera-t-il les fonctions biologiques ou mentales à leur niveau physico-chimique. Opposé au holisme, le réductionnisme estime que les termes d'ensemble, de totalité, de système, d'organisme, etc. sont des entités métaphysiques que la science positive doit récuser. Les Américains distinguent un réductionnisme faible (token physicalism, physicalisme par morceaux) et un réductionnisme fort (type physicalism, physicalisme par type) selon lequel il serait possible de traduire sans résidu en langage de la physique tous les phénomènes aujourd'hui décrits et expliqués dans le langage d'autres disciplines. Dans son effort d'unification, le réductionnisme retrouvera l'abstraction qu'il dénonce lui-même dans le holisme. D'un côté (réductionnisme ontologique), il sera tenté de rapporter la diversité infinie du réel à un seul phénomène physique (ainsi l'énergétisme d'Ostwald), de l'autre (réductionnisme méthodologique), il sera poussé à faire d'une science unique (la physique presque toujours) le paradigme de toutes les autres (physicalisme)BLAY Michel (sous la direction de), Grand dictionnaire de la philosophie. Larousse/C.N.R.S édition, Paris (2003). »

« Holism and evolution »

- Biographie résumée de Jan Christiaan Smuts Pour se faire une idée précise de l'holisme de Smuts, un travail de recontextualisation est instructif. La lecture de la biographie de Jan Smuts permet de mieux cerner la vision du monde véhiculer par le concept “holisme”. L' étude de son pincipale ouvrage « Holism and evolution » nous fait découvrir la première définition historique de l'holisme et permet de mieux situer les controverses sans fin entre les "pro" et les "contra" source des glissements sémantiques et de la polysémie actuel du concept "holisme". En 1912, Jan Smuts écrivit un ouvrage « Inquiry into the Whole » où il expose pour la première fois sa conception philosophique du monde. Il tente d'unir ses passions pour la poésie de Goethe ou de de Whitman avec son intérêt pour les théories scientifiques les plus pointues. Il y expose ses premières intuitions, qu'il développera plus tard dans « holism and evolution ». Quelle part accordée à sa passion d'étudiant pour le poète américain Walt WhitmanHancock, sem. et van der Poel, J (eds) - choix à partir des papiers de Smuts, 1886-1950, (7 vols), (1966-73) auquel il consacra son premier ouvrage en 1894 : « Walt Withman : A study in the evolution of personality ». Quels rôles ont joué les influences majeures de sa jeunesse (sa foie calviniste , les principes moraux de sa culture afrikaner, son goût pour la philosophie, les sciences et son amour de la nature« The intimate rapport with nature is one of the most precious things in life. Nature is indeed very close to us; sometimes closer than hands and feet, of which in truth she is but the extension. The emotional appeal of nature is tremendous, sometimes almost more than one can bear. » Smuts, Jan. Holism and Evolution. Londres: Macmillan & Co Ldt, 1926, 362 p.) dans sa description d'un univers holistique ? Pour ses biographes, sa personnalité et ses attirances de jeunesse pour le « transcendantalisme américainA l'age de 32 ans il écrit : « How well I remember the years I spent tending the cattle on the large farm, roaming over all its far expanse of veld, in which every kloof, every valley, every koppie was endeared to me by the most familiar associations. Month after month I had spent there in lonely occupation—alone with the cattle, myself and God. The veld had grown part of me, not only in the sense that my bones were a part of it, but in that more vital sense which identifies nature with man ... Having no human companion, I felt a spirit of comradeship for the objects around me. In my childish way I communed with these as with my own soul; they became the sharers of my confidence. » in SMUTS J. C., Jan Christian Smuts, p12 », pour le romantisme allemand, semble avoir été décisive dans l'idéalisme de Smuts, et se retrouve tout au long de ses choix politiquesUn biographe attache ensemble sa vision politique de grande envergure avec sa philosophie technique CRAFFORD F. S., Jan Smuts: A Biography, (1943)

Exemples d'applications théoriques

C'est un des grands points de vue qu'on peut adopter en science, tout particulièrement
- en sociologie (lorsqu'on cherche à déduire le comportement et les représentations des personnes des conditions sociales dans lesquelles elles se trouvent)
- en écologie (lorsqu'on cherche à comprendre les interactions entre la biologie des êtres vivants et les conditions de milieu). :La valeur d’un élément ou d'une entité (molécule, organite, hormone, organe, organisme, superorganisme, population, écoystème, biome etc.) n’est pas absolue, mais prend une valeur différente selon sa position spatiale dans l'organisme, le paysage ou la biosphère, :changer un élément peut changer le tout, :changer le contexte peut changer la qualité de l’élément étudié. :le holisme trouve une application récente avec l'Écologie du paysage.
- en médecine : McWhinneyMcWhinney Ian R The importance of being different. British Journal of General Practice, 1996, 46, 433-436soulignait le fait que de toutes les disciplines cliniques, la médecine générale opère au plus haut niveau de complexité et donc d’incertitude. Centrer l'approche de la médecine générale sur le patient, c'est accepter une multidimensionnalité des interactions entre des déterminants quantitatifs et qualitatifs de la santé. Les physiciens diraient qu'ils s'agit d'apprendre à décider et à agir en assumant la complexité et l'incertitude d'un milieu chaotique. Ce questionnement est d’actualité dans le champ des sciences fondamentales (Ilya PrigoginePrigogine Ilya et Stengers Isabelle, La nouvelle alliance. 2e éd, Paris : Gallimard (Collection Folio), 1986. 439 p., Joël de RosnayRosnay, J. Le macroscope (Collection : Points Essais), Paris, Seuil, 1 février 1977, 305 p.…) des sciences humaines (Edgar MorinMorin, Edgar. Introduction à la pensée complexe. Réimpr., avril 2005. Paris: Seuil (Collection : Points Essais), 1990. 158 p., …), de la philosophie (Michel Serres, …), et lors des travaux « ontologiques » des sociétés de médecine générale. Ce défi, la médecine générale souhaite le relever. Voici quelles pistes ont été suivies jusqu'à présent : En 1977, Georges L. Engel (1913-1999) a proposé « un modèle biopsychosocial » qui continu à être développé autant sur le plan théorique que dans les adaptation aux pratiques de terrainEngel, G L. “The need for a new medical model: a challenge for biomedicine.” Science (New York, N.Y.). 196.4286 (1977): 129-36.. Une approche similaire a été faite par Bernard GayGay Bernard, What are the basic principles to define general practice, Presentation to Inaugural Meeting of European Society of General Practice/Médecine de famille, Strasbourg, 1995 lors de la réunion inaugurale de la WONCA Europe à Strasbourg en 1995. Il propose un modèle théorique, dans lequel la santé est un considéré comme un phénomène complexe. Ce modèle global ouvert sur l’extérieur, considère la maladie comme la résultante de facteurs organiques, humains et environnementaux. La volonté de centrer l'approche sur le patient est affirmée d'emblée : « 1. Une approche centrée sur le patient – 2. Une orientation vers le contexte familial et communautaire – 3. Un champ d’activités défini par les besoins et les demandes des patients – 4. Une réponse à la majorité des problèmes de santé non sélectionnés et complexes » L'O.M.S dans sa déclaration cadre de 1998Framework for Professional and Administrative Development of General Practice / Médecine de famille in Europe, WHO Europe, Copenhagen, 1998 décrit un système de caractéristiques pour fournir des soins intégrés centrés sur le patient : « Globale : Des soins intégrés impliquant : la promotion de la santé, la prévention des maladies, les soins curatifs, de réhabilitation et de support, des aspects physiques, psychologiques et sociaux, les aspects cliniques, humains et éthiques de la relation médecin – patient. Orientée vers la famille : S’adressant aux problèmes individuels dans le contexte : des circonstances familiales, des réseaux sociaux et culturels, des circonstances liées à l’emploi et au lieu de vie. Orientée vers la communauté : Considérant les problèmes individuels dans un contexte qui prend en compte : les besoins en soins de santé de la communauté, les autres professionnels et les organisations. » En 2002 la WONCA a proposé un « modèle holistique »WONCA EUROPE (La société Européenne de médecine générale – médecine de famille) (Préparé par), La définition Européenne de la médecine générale – médecine de famille. WONCA EUROPE, 2002. Version en ligne (sept 2006) : CNGE : et SSMG : .
- en économie, la vision post-keynésienne se rapproche d'une démarche holiste. À noter qu'il s'agit souvent de domaines particulièrement sensibles, liés à l'être humain, la société, l'environnement, l'éthique, d'où parfois des utilisations à des fins politiques.

Controverse scientifique concernant la théorie holistique

L'existence de deux camps antagonistes

Entre les tenants du holisme et ceux du point de vue symétrique et opposé qu'on appelle réductionnisme (déduction des propriétés du tout à partir de celles des parties : de la sociologie à partir de la psychologie, de l'écologie à partir de la biologie, de la thermodynamique à partir de la physique statistique, etc.) on assiste généralement à des querelles infinies et irréductiblesRésumé de : LARGEAULT J., Réductionnisme et holisme, Encyclopédia universalis, (2000) vol. 19, p. 523-527. Être holiste (ou réductionniste) revient, in fine, à exprimer une opinion à propos des débats métaphysiques relatifs à la nature de la réalité : finaliste contre déterministe, moniste contre dualiste, vitaliste contre mécaniste, agnostique contre gnostique, etcEdlin G. & Golanty E. Health & wellness:A Holistic Approach 4th edn. Jones & Boston. 1992.. En l'absence de preuves scientifiques irréfutables dans un sens ou dans l'autre, il n'est guère possible de trancher entre les deux points de vue. De plus, les tentatives de synthèse par une analyse systémique se heurtent aux convictions des puristes de chaque camp.

En sociologie

N'oublions pas non plus que l'école de Max Weber, est elle aussi une école opposée à celle de Émile Durkheim. En effet, l'individualisme consiste en la compréhension de l'homme selon ses motivations et selon lui-même. Ainsi l'environnement prôné chez Durkheim est totalement abandonné pour laisser place à un homme qui peut changer selon sa volonté et ce qui le pousse à agir. Cette école peut être considérée comme plus optimiste sur la question du libre-arbitre.

En biologie

En Médecine

- Distinguer : Le réductionnisme est la thèse qui affirme la réductibilité du niveau de description supérieur (biologique) au niveau de description inférieur (physico-chimique). Dans son sens fort, il représente l'opinion que l'on peut dériver le supérieur (le conscient, le vital) de l'inférieur (le physico-chimique). Dans son sens faible (ou méthodologique), il représente l'attitude de ceux qui soutiennent qu'une explication scientifique est forcément analytique, réductrice des phénomènes biologiques à des principes physiques et que la question des causes finales (ou téléologie) tombent en dehors de la science. La cause finale est réduite à la cause efficace. Ce courant de pensée et la rationalisation qui s'en suivi a abouti pour la première fois dans l'histoire à des guérisons innombrables. En effleurant l'invisible, les chercheurs ont découvert mille secrets pour produire autant de remèdes. Réaction admirable à la docte ignorance des médecins de Molière, cette méthode a pris peu à peu valeur de dogme. Elle a acquis, parfois, un statut quasi-religieux et a servi de justification à des fins qui n'étaient plus seulement scientifiques. Cette approche réductionniste qui guérit et soigne efficacement composa sa rationalisation avec celle de l'argent qui finance les laboratoires et en tire son profit ; celle des médias qui glorifie ou stigmatise ; et celle de l'administration qui organise et ordonne. Pensée dominante qui privilégie les hypothèses expérimentalement vérifiable, elle marginalisa l'impact des travaux scientifiques d'aspect non-réductionniste (recherches psychosomatiques, impacts environnementaux et déterminants socio-culturels de la santé, études scientifiques de thérapeutiques non-conventionnelles ou issues des médecines traditionnelles, etc.). Malgré la perte de la linéarité provoqué par les révolutions théorique qui eurent lieux dans les sciences fondamentales au début du XXè siècle. Malgré le nombre d'arguments scientifiques pertinents opposés à une vision strictement bio-médicale de la santé. Malgré les attaques médiatiques sur le thème : science sans conscience. Malgré un nombre de patient toujours plus grand qui se tourne vers des méthodes alternatives. Malgré cela, peu d'inflexion à l'horizon, le rééquilibrage attendu entre science et sens peine à venir. Il s 'en suit que des questions pertinentes (travaux scientifiques interdisciplinaires relatifs aux déterminants de nature non biologique) restent sans réponses faute de moyens. Cet état de fait tient d'abord à ce que les travaux issus des méthodes réductionnistes et analytiques ont réussi dans les sciences de l'inanimé et remporté de grands succès dans leurs applications médicales. Cela tient aussi à un facteur d'inertie puissant : notre modèle social médical s'est construit et organisé suivant une approche réductionniste de la santé. Recherches, industries, politiques, enseignement sont orientés vers les étiologies et les réponses biochimiques en matière de santé. La prépondérance de la réponse thérapeutique biochimique est due à cette conception des recherches médicales. Elle est une des source d'insatisfaction des praticiens : « pansement sur une jambe de bois » pour certain. En réaction à cette censure, le point de vue opposé au réductionnisme – le holisme – a fait valoir ses arguments et porté la contradiction.
- Relier C'est toujours faire preuve de courage que de s'engager dans le débat contre la pensée dominante. Des médecins menèrent cette bataille aidé en cela par l'évolution culturelle d'après guerre. L'O.N.U en 1948 promulgue la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ce qui annonce le début d'un changement de paradigme – le passage à la postmodernité – et donc la naissance d'une nouvelle civilisation, multiculturelle, fondée sur le respect de l'unité biologique et psychique de l'espèce humaine et sur celui de la différence. Signée par la quasi-totalité des états membres, la constitution de l'O.M.S stipule : « La possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain », puis donne une définition universelle de la santé : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas en une absence de maladie ou d'infirmité. » Suivant cette voie, les défenseurs d'une approche systémique de la santé ont permis d'élargir le champ des recherches médicales limité alors, pour l'essentiel, à son aspect biologique. À l'instar de l'anthropologie démontrant que " la véritable définition du normal et de l'anormal dépend du cadre culturel auquel on se réfère " HERSKOVITS M., les bases de l'anthropologie culturelle, p. 57-58, la médecine occidentale (en France, grâce à la célèbre thèse du Dr Canguilhem sur le normal et le pathologique) a commencé à s'ouvrir au nouveau paradigme et à admettre, selon les termes du biologiste franco-américain René Dubos que « l'étiologie multifactorielle est la règle plutôt que l'exception DUBOS R., Man, Medicine and Environment, p. 87-113 ». Soulignant que la santé dépend de variables qualitatives, la définition de l'O.M.S invite à prendre en compte la dimension psychique – subjective, culturelle – de l'être humain. Portées pour l'essentiel par la discipline de médecine générale, des études ont vu jour sur ces variables qualitatives de la santé. Ces travaux interdisciplinaires sur les liens complexes de la médecine avec l'éthique, la sociologie, la psychologie, l'anthropologie, la politique, l'économie ont permis le retour des sciences humaines dans les enseignements des facultés médicales. Les conjectures touchant à la santé et à ses déterminants on, alors, offert l'occasion de rencontres entre les sciences biologiques et les sciences humaines. On peut s'en réjouir car le plus souvent elles s'ignorent. Mais erreurs et sophismes se mettent du coup à prospérer.

Le tout et les parties

Les approches systémiques visent à faire la synthèse entre le holisme et son opposé en adoptant une formulation atténuée, qui dit qu'un être est partiellement déterminé par le tout dont il fait partie : il faut connaitre ce tout (mais cela ne suffit pas) pour comprendre les propriétés de l'élément. L'expression consacrée est : « Le tout est plus que la somme de ses parties. » Edgar Morin a expliqué clairement que la "pensée complexe" n'est ni holiste, ni réductionnisteMorin, Edgar. « Le besoin d'une pensée complexe, in 1966-1996, La passions des idées », Magazine littéraire, Hors Série, décembre 1996 : "(...) Il ne s'agit pas d'opposer un holisme global en creux au réductionnisme mutilant; il s'agit de rattacher les parties à la totalité. Il s'agit d'articuler les principes d'ordre et de désordre, de séparation et de jonction, d'autonomie et de dépendance, qui sont en dialogique (complémentaires, concurrents et antagonistes) au sein de l'univers.(...)" Ne conviendrait-il pas de dépasser le débat sans fin des réductionnistes et des holistes ? De proposer une méthode qui n'oppose pas le microscopique au macroscopiqueRosnay, J. Le macroscope (Collection : Points Essais), Paris, Seuil, 1 février 1977, 305 p. ; la fleur au paysage ; la puissance de la vision discriminante qui distingue à la sagesse d'une vision vaste qui relie ?

Utilisations idéologiques du terme "holisme"

Depuis sa naissance, en 1926, sous la plume de l'homme d'état et général sud-africain Jan-Christiaan Smuts pour son livre « holism and evolution », ce concept est et a toujours été éminemment polémique. Adopter une approche holistique revient à se situer dans un camp et à devoir subir les attaques des camps adverses. On ne peut ignorer l'utilisation abondante faite de l'holisme par les milieux antisciences, les mouvements ésotériques et les groupes sectairesRapport n° 3507 commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, Georges Fenech, Philippe Vuilque, 12 décembre 2006.
- Rapport n° 2468, commission d'enquête sur les sectes, Alain Gest et Jacques Guyard, 22 décembre 1995. . Une recherche sur Google de « holistique » fait apparaître l'utilisation fréquente de ce mot à des fins mercantiles, sectaires et obscurantistes. Les héritiers de Jan Christiaan Smuts sont les partisans contemporains du dessein intelligent- « Intelligent design », branche rationaliste du polémique mouvement créationniste américain. Le « holysme » de ces milieux représente une certitude, un « ciel mystique de la totalité », la totalité comme solution finale.

Au delà du débat holisme versus réductionnisme

« Le dogme réductionniste mène à une « intelligence parcellaire, compartimentée, mécaniste, disjonctive, qui brise le complexe du monde en fragments disjoints, fractionne les problèmes, sépare ce qui est relié, unidimensionnalise le multidimensionnel. Qu'il s'agit là, d'une intelligence à la fois myope, presbyte, daltonienne, borgne ; qui finit le plus souvent par être aveugle. Elle détruit dans l’œuf toutes les possibilités de compréhension et de réflexion, éliminant aussi toutes chances d'un jugement correctif ou d'une vue à long terme. Ainsi, plus les problèmes deviennent multidimensionnels, plus il y a incapacité à penser leur multidimensionnalité ; plus progresse la crise, plus progresse l'incapacité à penser la crise ; plus les problèmes deviennent planétaires, plus ils deviennent impensés. Incapable d'envisager le contexte et le complexe planétaire, l'intelligence réductionniste aveugle rend inconscient et irresponsableMorin, Edgar. « Le besoin d'une pensée complexe, in 1966-1996, La passions des idées », Magazine littéraire, Hors Série, décembre 1996. À cette description d'un réductionnisme mutilant, on peut également superposer celle d'un holisme global en creux. Holisme qui mené à son terme rend l'intelligence hypermétrope et la vision floue, éblouie par une lumière homogène. Qui dilue chaque élément dans une globalité molle et rend incapable de penser précisément le distinct. Qui réduit toute pluralité et gomme toute différence en une vision unitaire, uniforme. Qui rend l'action imprécise et conduit à l'impuissance et au totalitarisme.

En médecine

Pour rééquilibrer les excès d'une vision mécaniste de la médecine et considérer les déterminants psycho-socio-culturels de la santé, est-il stratégique d'opposer au réductionnisme, le peu de résultats pratiques de l'holisme ? Les excès du réductionnisme ne seraient-ils pas plus soluble dans une « méta-méthode » qui considèrerait la complexité médicale. Cette nouvelle méthode incorporerait le meilleur des approches réductionnistes et holistiques et saurait faire communiquer le laboratoire et le terrain – des données actuelles de la sciences à leur application en pratique ambulatoire Pouchain Denis. Des données actuelles de la science à leur application en pratique ambulatoire. EBM Journal. 26 (2001): Commentaires : "Les logiques sur lesquelles reposent le savoir médical ont des conséquences profondes sur la pratique clinique et sur les représentations de la santé et du vivant. Les notions de réduction et d’émergence jouent un rôle capital dans ces logiques. La microréduction constitue la stratégie d’analyse prédominante dans une biomédecine dont le savoir repose sur des interactions moléculaires. De même, selon la macroréduction, la partie est définie en fonction de son appartenance au tout, comme dans l’épidémiologie génétique. Quant à l’émergence, elle décrit les propriétés d’un tout absentes chez ses parties constituantes, notion qui renvoie à la définition du vivant s’accordant avec la notion d’évolution. Le succès apparent de la réduction comme modalité d’analyse a engendré chez les scientifiques et dans l’opinion un micro-réductionnisme idéologique, qui correspond ontologiquement au physicalisme (les choses peuvent être expliquées à partir de la compréhension de leur parties constituantes) et à l’atomisme (les choses évoluent de façon autonome, isolée, indépendamment de l’évolution des autres choses). Les conceptions réductionnistes génétiques donnent une nouvelle représentation totalisante du vivant où le passé, le présent et le futur des organismes se trouvent traduits dans la fausse linéarité de leurs génomes, pouvant fournir des bases quantitatives à la définition de standards de normalité génétique et à l’établissement de hiérarchies. La pratique de la recherche devrait intégrer les contraintes, les limites et l’intérêt de la réduction comme méthode. Elle devrait aussi tenir compte des risques d’un réductionnisme idéologique étendu à tous les aspects de l’existence, dont la légitimité reste problématique et dont les conséquences éthiques, philosophiques et politiques dépassent largement la simple portée du choix d’une stratégie de recherche." In Boury, D. Recherche biomédicale : le débat autour des notions de réduction et d’émergence. Annales de Biologie Clinique. 63.6 (2005): 573-9. Certains auteurs Sturmberg, Joachim P. “Systems and complexity thinking in general practice. Part 2: application in primary care research.” Australian family physician. 36.4 (2007): 273-5. “Systems and complexity thinking in general practice: part 1 - clinical application.” Australian family physician. 36.3 (2007): 170-3. tentent de dépasser le clivage de l'holisme qui s'oppose au réductionnisme et se réfèrent à la « systémique ». Dans ce courant on peut citer la « systémique » telle que définie dans les travaux publiés par Humberto Maturana Maturana, Humberto. The origin of the theory of autopoietic systems. in Fischer, H. R. (ed.), 1991 et son équivalent français « la pensé complexe » d'Edgar Morin. Ne faudrait-il pas, pour porter la volonté de répondre aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle, offrir une bannière plus consensuelle qui assurerait la complémentarité et le dialogue entres les conceptions réductionnistes (plus linéaire) et holistique (plus systémique) ? Ne serait-il pas plus sage de fonder une méthode propre à la médecine générale qui intègre et dépasse les héritages du réductionnisme et de l'holisme ? Une méthode apte à relier, contextualiser, globaliser, et en même temps à reconnaître le singulier, l'individuel, le concret. Apte à concevoir l'organisation tout en traitant avec l'incertitude. Apte à centrer sur le sujet l'exercice de la médecine générale.

Carl Jung

Cf. creatura

Confucius

L'homme idéal (Ren) de Maitre Kong : Il devait réussir à mener sa vie entre terre et ciel. Le nez assez près de la terre pour distinguer (réductionnisme). Mais pas trop près au risque de ne plus rien y voir. Ses actes gagnaient alors en précision et distinction, la stratégie devenait possible, et l'action puissante. Il devait aussi savoir lever le nez vers le ciel pour relier (holisme). Mais pas trop au risque de s'envoler vers des altitudes ou plus rien d'humain n'est distinguable et ou l'atmosphère devient de plus en plus incompatible avec la vie. Il devenait alors aptes à faire des choix avec sagesse et efficience et devenait un maître dans l'entretien de la vie. Ce « Ren » était un but à atteindre car il était censé offrir « la longue vie qui procure la vision sans fin ». À partir de cette solidité de l'expérience consciente en nous, se déverse, déborde ses propres prolongements que sont les techniques, les recettes, les arts. Faut-il alors comprendre le savoir-faire, purement et simplement, comme un savoir être ? Agir avec maîtrise n'est-il pas le propre de celui qui, de tout les savoir, ne retient que le savoir qui égalise le faire et l'être ?

Voir aussi

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Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
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