Henri III de France

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Henri III (19 septembre 1551 à Fontainebleau - 2 août 1589 à Saint-Cloud) est le quatrième fils d'Henri II, roi de France et de Catherine de Médicis. Il est, dans un premier temps, baptisé sous les prénoms d'Alexandre-Édouard, et titré duc d'Angoulême. En 1560, à l'avènement de son frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Lors de sa confirmation à Toulouse, le 17 mars 1565, il prend le prénom dHenri. Le 8 février 1566, il devient
Henri III de France

Henri III (19 septembre 1551 à Fontainebleau - 2 août 1589 à Saint-Cloud) est le quatrième fils d'Henri II, roi de France et de Catherine de Médicis. Il est, dans un premier temps, baptisé sous les prénoms d'Alexandre-Édouard, et titré duc d'Angoulême. En 1560, à l'avènement de son frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Lors de sa confirmation à Toulouse, le 17 mars 1565, il prend le prénom dHenri. Le 8 février 1566, il devient duc d'Anjou. Le 11 mai 1573Le jour de la Pentecôte, ce qui explique le choix du roi de créer plus tard l'ordre du Saint Esprit., il est élu roi de Pologne sous le nom d'Henryk Walezy (en polonais, Henri de Valois). Il règne sur la Pologne du 24 janvier au 18 juin 1574. Le 30 mai 1574, son frère Charles IX étant mort, il quitte la Pologne en catimini pour le trône de France. Il est sacré à Reims le 13 février 1575 sous le nom d'Henri III et le 15 février il épouse Louise de Lorraine. En montant sur le trône de France, Henri III a hérité d'un royaume divisé où son autorité n'est que partiellement reconnue. Son règne est marqué par de sérieux problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de religion se déroulent sous son règne. Henri III doit faire face à des partis politiques et religieux soutenus par des puissances étrangères, qui finissent par venir à bout de son autorité, le parti des Malcontents, le parti des protestants et pour finir celui de la Ligue qui parvient à le faire assassiner. Il meurt à Saint-Cloud le 2 août 1589 après avoir été poignardé par le moine Jacques Clément. Son emblème est constitué de trois couronnes symbolisant les royaumes de France et de Pologne ainsi qu'une devise qui explique la troisième couronne : "Manet ultima caelo", "La dernière se trouve au ciel".

Biographie

Jeunesse

Jusqu'à la mort de son père, Henri grandit avec ses frères et sœurs au château de Blois et d'Amboise. Il est éduqué par deux précépteurs connus pour leur ouverture d'esprit : Jacques Amyot et François de Carnavalet. Mis en valeur par sa mère Catherine de Médicis qui l'affectionne, il exerce très tôt son rôle de prince royal, comme en témoigne sa présence officielle aux États généraux de 1561. En 1565, lors de l'entrevue de Bayonne, il est chargé d'aller en Espagne chercher sa sœur la reine Elisabeth. Il n'a alors que quatorze ans.
Henri, duc d'Anjou Portrait par François Clouet (1570) Le jeune prince se fait remarquer par son élégance et son goût pour le luxe Catherine de Médicis désire qu'Henri devienne le plus ferme appui de la royauté. À seize ans, Henri devient donc lieutenant général. Cette très haute charge militaire fait de lui le second du royaume après le roi son frère. Malheureusement, les ambitions politiques de Louis, prince de Condé, qui convoitait cette charge, entraîne une rivalité entre eux. Un violent incident entre Henri et Condé incite le prince à quitter la cour et, subséquemment, à rouvrir les hostilités entre les protestants et le roi. Henri s'investit alors personnellement durant les deuxième et troisième guerres de religion. Adroitement conseillé par le maréchal Gaspard de Saulx-Tavannes, il s'illustre en remportant les batailles de Moncontour et de Jarnac, au cours de laquelle le prince de Condé est tué. Henri ridiculise la dépouille du prince en la promenant pendant deux jours sur une ânesse, ce qui lui vaut la rancœur d'Henri Ier de Bourbon-Condé, le fils et successeur de Louis. Les hauts faits militaires d'Henri, ainsi que son allure de prince idéal, entretiennent sa popularité et rendent jaloux son frère Charles IX, à peine plus âgé que lui. Blason de Henri, duc d'AnjouTrès tôt, le duc d'Anjou est confronté à la politique. Plus proche des Guise que des Montmorency, il prône au sein du conseil royal - où sa mère l'a introduit - une politique de rigueur contre les protestants. Son ambition de gouverner et ses aptitudes à le faire font de lui, aux yeux de ses contemporains, un successeur potentiel très attendu. Catherine de Médicis a l'ambition de lui faire épouser une haute princesse, mais Henri n'a d'yeux que pour la belle Marie de Clèves. La reine mère aimerait donner à son fils une couronne royale en Europe, mais les tractations avec Élisabeth , reine d'Angleterre, échouent à cause des exigences religieuses du prince. Durant les épisodes de la Saint-Barthélemy, Henri se tient du côté du duc de Guise par haine du duc de Montmorency, mais rien ne vient prouver une quelconque participation du prince au massacre. En janvier 1573, le roi lui confie le commandement de l'armée pour s'emparer de la ville de La Rochelle, capitale du protestantisme français. Le siège qui dure plusieurs mois est un échec. Il s'arrête quand le duc d'Anjou apprend de sa mère qu'il a été élu roi de Pologne.

La période polonaise

Blason de Henryk Walezy, roi de Pologne Henri III, roi de Pologne sous le nom d'Henryk Walezy, par Jan Matejko, peintre polonais (XIX siècle) La reine Catherine avait envoyé l'évêque de Valence, Jean de Monluc, en ambassade extraordinaire pour soutenir devant la Diète, la candidature de son fils au trône polonais. Grâce à son talent de diplomate, Montluc réussit à la convaincre et Henri est élu Roi de la
Rzeczpospolita de Pologne-Lituanie sous le nom d'Henri IV de Valois (Henryk IV Walezy). Le 19 août 1573, une grande délégation polonaise composée de 10 ambassadeurs et 250 gentilshommes est envoyée en France pour aller le chercher. Le nouveau roi fut obligé de signer la première Pacta Conventa, appelé « Les Articles du Roi Henry » (une sorte de Magna Carta), que tous les souverains polono-lituaniens de l’avenir auront à respecter. Henri n'étant pas pressé de partir, fit traîner son départ. Henri dût s'exécuter devant les exigences du roi son frère à qui Henri fit ses adieux en décembre 1573. Parti de Fontainebleau, il arrive à Cracovie le 18 février 1574 après une traversée assez difficile des pays allemands. Il est accompagné par une troupe nombreuse de gentilhommes de qualité : Albert de Gondi, Louis de Gonzague, Charles de Guise, François d'O ... Le 21 février, il est sacré, mais refuse d'épouser Anna Jagellon, sœur de Sigismond II Auguste, de 24 ans son aînée qu'il juge "laide". Il apprend par une lettre le 14 juin 1574 la mort de son frère Charles, et songe alors à quitter la Pologne qui ne lui convient pas. Un roi de Pologne n'a pas autant de pouvoir qu'un roi de France et Henri regrette la cour de France réputée dans l'Europe pour ses fêtes. Sans la permission de la Diète Polonaise, il s'échappe de nuit, le 16 juin 1574 du Château de WawelAprès un interregnum de dix huit mois, la Diète élira comme nouveau Roi le souverain de la Transylvanie, Étienne Bathory (1575)..

Retour en France

Louise de Lorraine (1575) Henri arrive à Vienne en Autriche, le 23 juin où il rencontre l'empereur Maximilien II. La capitale autrichienne l'accueille avec faste et il y dépense près de 150 000 écus. Puis atteint l'Italie où il s'arrête plus longuement. La République de Venise l'accueille avec beaucoup de pompe et de faste qui émerveillent le jeune souverain. Il fait la rencontre de la courtisane Veronica Franco avec qui il aura une courte relation. Il passe ensuite à Padoue, Ferrare et Mantoue. En août, Il est à Monza où il rencontre Charles Borromée qui l'impressionne vivement. À Turin, Henri III retrouve sa tante Marguerite de France, puis, le duc de Savoie vient le chercher pour l'emmener à Chambéry. Il traverse donc les Alpes à bord d'une litière vitrée. Il arrive à Chambéry le 2 septembre 1574 où il retrouve son frère François d'Alençon et son cousin Henri de Navarre. Le 6 septembre il est accueilli à Lyon par sa mère. Il souhaite l'annulation du mariage de Marie de Clèves afin de l'épouser, mais le 30 octobre, alors qu'il vient d'arriver à Avignon, il apprend sa mort. Cette nouvelle l'anéantit et il refuse de s'alimenter pendant dix jours. Le 13 février 1575, Henri troisième du nom, est sacré dans la cathédrale de Reims par le cardinal de Guise. Le 15 février, il épouse Louise de Vaudémont-Nomény, princesse de Lorraine. Il n'aura pas d'enfants de ce mariage.

Le début d'un règne marqué par la guerre

Henri IIIPortrait équestre d'avènement (1574) Le roi apparaît sur un fond de ruines comme l'élu qui restaurera la France Dès son avènement, Henri III est confronté à la guerre menée par Henri de Montmorency comte de Damville, dit roi du Languedoc. À la Cour, il doit faire face aux complots fomentés par son frère François d'Alençon, qui mène le parti "des Malcontents" et le roi de Navarre, le futur Henri IV, lesquels finissent par s'enfuir de la cour et prendre les armes. Tandis qu'Alençon s'allie avec le parti protestant, le roi de Navarre retourne à la religion calviniste. La campagne qui s'engage alors est désastreuse pour le roi. Le prince de Condé a fait appel au fils du comte palatin du Rhin Jean Casimir, qui vient avec ses mercenaires menacer Paris. Malgré la victoire du duc de Guise à Dormans sur l’avant-garde, Henri III doit s'incliner. Le 6 mai 1576, il accorde l'édit de Beaulieu, autrement appelé la paix de Monsieur dont son frère François est le principal gagnant. Henri III lui accorde le titre de duc d'Anjou. Les protestants obtiennent quant à eux de très nombreux avantages, ce qui renforce la rancœur des catholiques et contribue à faire naitre les premières ligues. Humilié, Henri III ne cherche qu'à reprendre sa revanche. Il doit tout d'abord réunir à la fin de l'année les États généraux à Blois dans le but de combler les déficits budgétaires causés par la guerre. Sous la pression des députés catholiques, Henri III décide de reprendre la guerre contre les protestants. Auparavant, il a pris soin de se réconcilier avec son frère qui, comblé de bienfaits, marche à ses côtés. Henri de Montmorency se rallie également à la cause royale. Ainsi débute la 6 guerre de religion dont le déroulement aura lieu principalement en Languedoc. La ville de Montpellier, prise par les protestants, voit sa citadelle rasée par les troupes catholiques. Le 17 septembre 1577, la paix de Bergerac est signée entre les belligérants et l'édit de Poitiers restreint quelque peu les libertés accordées aux protestants dans l'édit précédent.

Une puissance encore fragile

La flotte française se fait écraser par la flotte espagnole le 26 juillet 1582 aux Açores Henri III laisse à sa mère Catherine de Médicis le soin de parfaire la paix. Elle effectue un séjour à Nérac où elle réconcilie le couple Navarre et signe le 28 février 1579, un édit accordant aux protestants trois places de sûreté en Guyenne et onze places en Languedoc, pour une durée de six mois. Elle entame ensuite un grand tour de France. Les efforts de la reine-mère n'empêche pas la guerre de se rallumer très brièvement. En 1580, la 7 guerre de religion appelée "Guerre des Amoureux", éclate en France. Elle sera de très courte durée et François d'Alençon négocie la paix de Fleix le 26 novembre 1580. Les négociateurs prévoient une trève de six ans. Toujours sur les conseils de sa mère, Henri III soutient les ambitions de François d'Anjou aux Pays-Bas, tout en le désavouant devant l'ambassadeur espagnol. Conscient des fragilités du pays, le roi ne veut pas se risquer à un conflit ouvert avec l'Espagne. Ses relations avec Philippe II d'Espagne sont alors au plus bas. En 1582, La France soutient Antoine, prétendant au trône du Portugal, alors que Philippe II occupe le pays. Commandée par Strozzi, la flotte française est lourdement mise en échec aux îles Canaries, à la Bataille des Açores. Les Français sont exécutés sans pitié et Strozzi trouve la mort. La même année, les Français échouent également aux Pays-Bas avec la retraite désastreuse de François d'Anjou. Après la furie d'Anvers, le prince français doit se retirer faute de moyens, ce qui amène les Espagnols à reprendre le contrôle de la Flandre qu'ils avaient perdu. Devant la montée en puissance de l'Espagne, Henri III resserre plus que jamais l'alliance avec la reine d'Angleterre et reçoit l'ordre de la jarretière.

Sa manière de gouverner

Le Ballet comique de la reineHomme intelligent, Henri III connaît l'art de gouverner. Il reprend la politique qui fut celle de sa mère Catherine de Médicis, en écartant des affaires de l'État les nobles des grandes familles qui n'ont cessé, depuis le début des guerres de religion, de se quereller pour le pouvoir. Le roi va promouvoir à la cour des hommes de petite noblesse à qui il va donner de très hautes responsabilités. Henri III entend s'appuyer sur ces hommes neufs pour gouverner. La cour d'Henri III voit donc apparaître des favoris qui connaissent, grâce au roi, une fortune fulgurante et qu'on va appeler vulgairement les mignons. Le roi a l'intention d'avoir autour de lui des hommes qui lui sont complètement dévoués. Pour concrétiser ce projet, il crée, en 1578, l'Ordre du Saint-Esprit, un ordre de chevalerie qui unit tous ses membres autour de lui. Pour s'imposer, le roi entend impressionner ses sujets. Il organise des fêtes somptueuses, comme celles données en l'honneur du duc de Joyeuse en 1581. À cette occasion, on donne à la cour le somptueux Ballet comique de la reine. Le roi donne également d'importantes sommes d'argent, en récompense, aux serviteurs les plus zélés. Toutes ces dépenses ne manquent pas d'approfondir la dette du royaume, mais, pour le roi, la restauration de la puissance royale demeure la priorité. Par ailleurs, Henri III organise plusieurs réformes importantes, notamment des réformes monétaires devant régler les problèmes financiers du royaume. Henri III rend aussi l'étiquette de la cour plus stricte, préfigurant ainsi celle de Versailles un siècle plus tard. Comme Louis XIV plus tard, Henri III cherche à mettre sa majesté en valeur.

La Ligue

Henri III Portrait par Quesnel (vers 1588) Marqué par les malheurs de son temps, le roi adopte une vie austère et consacrée à la prière La paix relative qui s'est installée pendant quelques années dans le royaume est minée lorsque François d'Alençon meurt de tuberculose en 1584 sans enfants. Henri III lui-même ne parvient pas à avoir d'enfants. Enceinte au début de son mariage, la reine Louise n'a eu que de faux espoirs. La dynastie des Valois est donc condamnée à s'éteindre. Selon la loi salique, l'héritage de la couronne reviendrait à la maison de Bourbon dont le chef est Henri, roi de Navarre. Le fait que celui-ci soit protestant cause un énorme problème pour les consciences catholiques pour qui il est impossible de voir un protestant monter sur le trône. Pour les catholiques, la réconciliation entre le roi de France et le roi de Navarre est en elle-même inacceptable. Le duc de Guise, craignant l'arrivée sur le trône d'Henri de Navarre, signe avec l'Espagne un traîté secret. Contre 50 000 écus mensuel, le duc s'engage à empêcher Henri de devenir roi de France et à placer plutôt le cardinal de Bourbon, catholique, sur le trône. Sous la pression de la Ligue et de son chef, le très puissant et très populaire duc de Guise, Henri III se voit contraint de signer le traité de Nemours le 7 juillet 1585. Le roi doit bouter les hérétiques hors du royaume et faire la guerre à Henri de Navarre, son propre héritier. La huitième et dernière guerre de religion commence. Elle est appelée "Guerre des trois Henri" car Henri de Guise, Henri III, et Henri de Navarre en sont les trois belligérants.

La Guerre des trois Henri

Le 20 octobre 1587, à Coutras, les troupes catholiques du roi dirigées par le duc de Joyeuse rencontrent celles d'Henri de Navarre, en route depuis La Rochelle pour ralier une armée de huguenots afin de marcher sur Paris. C'est une catastrophe pour l'armée catholique qui perd soldats tandis qu'Henri de Navarre n'en a perdu que 40. Le duc de Joyeuse décède avec son frère Claude de Saint-Sauveur. Les ambitions de la Ligue catholique et son ampleur font ombrage au roi qui prend en haine ce mouvement. Henri III tente par tous les moyens de freiner son expansion. Très vite, un fossé se creuse entre lui et les milieux catholiques urbains. Les catholiques lui reprochent son manque de vitalité et d'utilité dans la guerre contre les protestants. Henri III, en effet, est plus préoccupé des ambitions de la Ligue que des protestants. L'image du roi, ridiculisé par les pamphlets de la Ligue et par les sermons des curés parisiens, se détériore considérablement dans les milieux populaires. Le 8 mai 1588, le duc de Guise entre à Paris. Craignant un prise de pouvoir des ultra-catholiques, Henri III fait entrer les Suisses et les Gardes-Françaises à Paris le 12 mai, ce qui provoque une insurrection p 348. C'est la journée des barricades. Le 13 mai 1588, le roi quitte Paris pour Tours. Le 1 août 1588, Catherine de Médicis et Henri de Guise arrivent à Tours et demandent au roi de revenir à Paris, ce qu'il refuse. Le roi n'a plus rien à perdre. Il convoque les États généraux à Blois. Le 23 décembre au soir, il fait assassiner le duc de Guise : devant sa dépouille le roi prononça ces paroles "il est encore plus grand, mort que vivant". Le 5 janvier 1589, le roi est au chevêt de sa vieille mère qui meurt dans la nuit, lassée des confits et des difficultés du pouvoir. L'assassinat du duc de Guise provoque le soulèvement immédiat de la France ligueuse. À Paris, la Sorbonne délie de son serment de fidélité le peuple de France, alors que les prêcheurs appellent au meurtre. Toutes les villes et les provinces suivent, à l’exception de Tours, Blois et Beaugency, proches du roi, et Bordeaux (tenue par Matignon), Angers (d’Aumont) et le Dauphiné (d’Ornano) p 352. Isolé, traqué même après la victoire du duc de Mayenne près d’Amboise, Henri III se voit contraint de se réconcilier avec le roi de Navarre. Les troupes royales et les troupes protestantes s'unissent alors pour mettre fin à la Ligue. Les royalistes se rallient peu à peu, et permettent aux rois de France et de Navarre de faire campagne pour aller assiéger Paris, plongé dans un délire fanatique p 353. Les deux rois ont réunis une armée de plus de hommes qui s'apprête à assiéger la capitale. Paris est alors défendue par hommes de la milice bourgeoise, armée par le roi d'Espagne Philippe II. Jacques Clément, ligueur fanatique, assassine le roi à coup de couteau Le 1589, Henri III, alors installé à Saint-Cloud dans l'attente du siège de Paris, est assassiné par Jacques Clément, moine dominicain ligueur. Au moment d'être poignardé, il s'exclame plein de rage: "
Méchant moine, tu m'as tué !"L'Histoire de France pour les nuls, Jean-Joseph Julaud, p 287. Après une lente et douleureuse agonie, il décède au matin du 2 août 1589. Son cousin Henri de Navarre lui succède sous le nom d'Henri IV. Henri III est le dernier souverain de la dynastie des Valois qui a régné sur la France de 1328 à 1589.

Le mystère Henri III

Sa personnalité

Henri III est un homme de contrastes qui présente plusieurs facettes : celle d'un homme fier aux manières distinguées et solennelles, mais aussi celle d'un homme extravagant qui aime les divertissements et ses plaisirs. Sa personnalité est complexe. Son apparente douceur cache un esprit souvent nerveux qui l'entraîne parfois vers des colères noires et violentes. Avant toute chose, Henri III possède la grâce et la majesté d'un roi. Toujours à la recherche de l'élégance, Henri III aime mettre en valeur son apparence. C'est un homme qui aime la mode et ses extravagances (boucles d'oreilles et fraise imposante). Henri III est aussi un homme d'une grande douceur. Il déteste la violence et évite toute confrontation belliqueuse. Il délaisse les activités physiques, bien qu'il soit une des plus fines lames du royaume. Son dégoût de la chasse et des activités guerrières, privilèges des nobles, lui vaut des critiques acerbes de la part de ses contemporains. Henri III est un roi plus apte à s'affairer dans son cabinet avec ses ministres qu'à guerroyer sur un champ de bataille. C'est un homme très intelligent, mais de nature faible. Son principal défaut reste sa trop grande mansuétude. Enfin, Henri III est un homme pieux, profondément catholique. Avec l'âge, sa piété se développe. Les malheurs qui l'accablent à la fin de son règne lui donnent un goût pour le macabre. Il s'adonne de manière ostentatoire aux processions des pénitents. De nature nerveuse, le roi est un très grand malade. Henri III croit que ses malheurs (dont l'absence d'héritiers) et ceux de son royaume sont causés par ses péchés. Il passe donc son temps à se mortifier dans des monastères où, pendant quelques jours, il prend une retraite sprituelle.

La passion des femmes

Les contemporains d'Henri III nous ont décrit le roi comme un homme aimant beaucoup les femmesP. Champion s'est basé sur la correspondance des ambassadeurs espagnols du début des années 1570. Il nous apprend que des jeunes gens avaient tenté en vain de corrompre Charles IX, que François d'Alençon avaient des mœurs épouvantables, mais rien concernant Henri d'Anjou hormis ses nombreuses aventures féminines. Certains évoquent une possible bisexualité mais personne ne confirme l'homosexualité du roi, pas même Pierre Chevallier.. Si celles-ci furent moins connues que celles d'Henri II ou de François I, c'est que, par respect pour son épouse et pour sa mère, Henri III ne leur conféra jamais le titre de maîtresse officielle. Dans sa jeunesse, sa passion pour les femmes est telle, que ses aventures ternissent sa réputation et ruinent sa santéPierre Chevallier, Henri III : roi shakespearien, Paris, Fayard, 1985, p.442.. En 1582, un ambassadeur italien disait : « Le roi a aussi eu quelques maladies pour avoir fréquenté dans sa jeunesse trop familièrement les femmes »Lorenzo Priuli dans Pierre Champion, p.709.. Plusieurs noms sont connus, en particulier Renée de Rieux et Louise de La Béraudière, issues de la petite noblessePierre Chevallier, Op. cit., p.442. Quid 2005, p.753. Il fréquente également lors de son périple italien qui le ramène de Pologne en juin 1574, la belle Veronica Franco, une courtisane vénitienne fort renommée à l'époque. Enfin, il ne se remit pas de la mort de la princesse de Condé Marie de Clèves avec qui il entretenait une relation platonique, passionnée. On connait moins le nom des femmes entretenues après son mariage. Par respect pour son épouse Louise de Lorraine qu’il aimait, il se fit plus discret, organisant ses rendez-vous avec les dames galantes dans des hôtels particuliers parisiens. L’amour d’un roi pour sa reine est un fait rare, mais fait exceptionnel, Henri III avait choisie Louise de Lorraine pour sa beauté et son esprit et non pas pour des raisons politiques. Catherine de Médicis les surprend un jour en intimité, la reine sur les genoux du roiPierre Chevallier, Op. cit., p.448.. Cela n'empêche pas le roi d'avoir des aventures furtives avec une multitude de jeunes filles belles et enjouées: mesdemoiselles de La Mirandole, de Pont, de StavayQuid 2005, p.753..

La légende rose d'Henri III

Vision romantique de l'assassinat du duc de Guise, par un peintre du Longtemps, l'image véhiculée d'Henri III a été indissociable de celle de ses favoris plus couramment appelés mignons. Au , c'est un thème à la mode et plusieurs peintres et auteurs romantiques s'y sont essayés. Henri III est alors décrit et représenté entouré d'éphèbes efféminés, aux costumes excentriques et grotesques. Cette image caricaturale du roi, très éloignée de la réalité, est demeurée très populaire. Aujourd'hui, l'homosexualité du roi n'est plus vraiment admise. Les seules sources qui évoquent des aventures masculines sont des sources partisanes comme celle du diplomate savoyard Lucinge, ennemi de la France, qui écrit que le roi a été initié aux amours masculines par René de Villequier"Il a été imbu par lui du vice que la nature déteste (...) Je dirai seulement que le cabinet a été un vrai sérail de lubricité et de paillardise, une école de sodomie où se sont achevés les sales ébats que tout le monde a pu savoir." Pierre Chevallier, Henri III, page 366. Ces sources décrivant les moeurs du roi sont en général des pamphlets rédigés par des extrémistes protestants (Théodore Agrippa d'Aubigné), mais surtout des extrémistes catholiques appartenant à la Ligue. À la cour, et d'une manière générale, les contemporains les tenaient pour des calomnies. Les écrivains comme L'Estoile ou Brantôme, connus pour leurs informations scabreuses n'y accordent aucun crédit et mettent en exergue la passion débordante du roi pour les femmes. Ce qui peut encore faire douter les historiens et peut faire penser qu'Henri III était bisexuel, c'est son comportement maniéré et son goût effréné pour les artifices de la mode (costume, l'apparence physique, les petites chiens, etc.). Henri III est aussi souvent décrit comme un roi très pieux. Il s'est souvent livré à de spectaculaires démonstrations d'expiations, ce qui prouve que, même s'il a été très pieux, il ne se considérait pas comme immaculé, au contraire. Parmi les historiens récents, Pierre Chevallier réfute l'homosexualité exclusive du roi, mais M. Solnon, quant à lui, tout en insistant sur les aventures féminines d'Henri III emploie l'expression d' pour qualifier l'orientation sexuelle du souverain, admettant par là-même que cette question reste malgré tout problématique. L'image déformée du roi Henri III trouve son origine dans l'intense propagande véhiculée par la Ligue. L'appel des curés au soulèvement a été accompagné dans les dernières mois de son règne, d'une violente vague de propagande destiné à pervertir l'image royal dans l'esprit des Français. Le changement de dynastie n'a pas vraiment permis la réhabilitation de ce roi diffamé et la fausse image d'Henri III a continué de se perpétuer. En dépit des efforts de la reine Louise et de la duchesse d'Angoulème pour obtenir un soutien en faveur du défunt roi, ni Henri IV, trop soucieux de complaire les Guise, ni l'Eglise n’examinèrent une réhabilitation du personnage et une punition des coupables qui l’avaient fait tuer.

Notes et références

Voir aussi

Personnalités du règne d'Henri III (1574 - 1589)

Bibliographie

Biographies :
- Pierre Champion, La jeunesse d'Henri III, 2 tomes, Paris : Bernard Grasset, 1941-1942.
- Pierre Champion, Henri III, roi de Pologne, Paris : Bernard Grasset, 1943-1951.
- Philippe Erlanger, Henri III, Paris : Gallimard, 1948. Un ouvrage apologétique, pour le grand public.
- Pierre Chevallier, Henri III : roi shakespearien, Paris : Fayard, 1985.
- Jean- François Solnon, Henri III : un désir de majesté, Perrin, 2001. Dans la lignée des ouvrages consacrés à la réhabilitation du roi, une biographie synthétique n'apportant pas d'éléments nouveaux par rapport à l'étude de Pierre Chevallier.
Études :
'
- Jacqueline Boucher, Société et mentalités autour de Henri III, Lille : Atelier Reproduction des thèses, Université de Lille III ; Paris : Honoré Champion, 1981. In-8°, 4 volumes, 1603 pages.
- Jacqueline Boucher, La cour de Henri III, Rennes : Ouest France, 1986. 224 p.
- Henri III et son temps : actes du Colloque international du Centre de la Renaissance de Tours, octobre 1989, Paris : J.Vrin, 1992.
- Xavier Le Person, "Practiques" et "practiqueurs" : la vie politique à la fin du règne d'Henri III (1584-1589), Genève : Droz, 2002.
- Nicolas Le Roux, La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547 - vers 1589), Champ Vallon (coll. « Époques »), 2001.
- Nicolas Le Roux, Un Régicide au nom de Dieu. L'assassinat d'Henri III, Paris : Gallimard (coll. « Les journées qui ont fait la France », 2006.
- Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (s.d.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris : Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), 2006.

Théâtre

- Pierre Matthieu, La Guisiade (1589).
- Alexandre Dumas, Henri III et sa cour (1829).

Cinéma

Peu de films traitent du roi Henri III. Parmi eux, on peut citer :
- L'Assassinat du duc de Guise, film d'André Calmettes réalisé en 1908
- L'Assassinat d'Henri III, film de Henri Desfontaines réalisé en 1912
- La Reine Margot, film de Jean Dréville réalisé en 1954, où il n'est encore que duc d'Anjou. L'acteur Daniel Ceccaldi incarne un prince outrageusement efféminé, fidèlement à la tradition populaire. Le duc d'Anjou est également dépeint comme un comploteur brouillon ligué avec Henri de Navarre ; son personnage reprend ainsi des traits et caractères propres à François, duc d'Alençon (personnage absent de cette version cinématographique mais tenant un rôle plus important que celui de son frère aîné dans le roman d'Alexandre Dumas).
-Elizabeth, film britannique réalisé en 1998 par Shekhar Kapur. Le duc d'Anjou (Vincent Cassel) est l'un des prétendants à la main de la reine d'Angleterre (Cate Blanchett) mais, à l'opposé du viril duc de Foix (personnage fictif interprété significativement par Éric Cantona), le prince Valois n'est qu'un personnage maniéré et sans-gêne ; son goût pour le travestissement finit d'ailleurs par détourner Élisabeth I de son projet d'alliance matrimoniale. Par ce portrait de prétendant falot, le film contribue à l'idéalisation de son héroïne en dédouanant la "reine vierge" de la responsabilité de la rupture.

Littérature

Henri III apparaît d'abord comme duc d'Anjou, puis comme roi de Pologne, et enfin comme roi de France dans la série de romans historiques d'Alexandre Dumas qui commence par La Reine Margot, 1845, La Dame de Monsoreau, 1846, Les Quarante-cinq, 1847. Il apparaît également dans certains volumes de Fortune de France de Robert Merle. ===
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