Kabyles

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:Cet article traite du peuple Kabyle. Pour la langue, voir l'article Kabyle ---- Les Kabyles sont un peuple berbère (amazigh) habitants la Kabylie, région montagneuse à l'est d'Alger en Algérie. Les habitants de cette région densément peuplée ont massivement émigré vers différentes parties du pays (notamment AlgerSelon les estimation, 50 à 70% de la population d’Alger est Kabyle. ( par Zahia Ouadah-Bedidi (INED), 8 Octobre 2002).) et vers
Kabyles

:Cet article traite du peuple Kabyle. Pour la langue, voir l'article Kabyle ---- Les Kabyles sont un peuple berbère (amazigh) habitants la Kabylie, région montagneuse à l'est d'Alger en Algérie. Les habitants de cette région densément peuplée ont massivement émigré vers différentes parties du pays (notamment AlgerSelon les estimation, 50 à 70% de la population d’Alger est Kabyle. ( par Zahia Ouadah-Bedidi (INED), 8 Octobre 2002).) et vers la FranceLes Kabyles y représenteraient environ un million de personnes (, article de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco, et directeur du Centre de Recherche Berbère).. Depuis 1871, ce peuple tente de faire face à une assimilation culturelle, linguistique (arabe dialectal et français) et à une mutation de son organisation sociale. Berger kabyle, d'Eugène Fromentin

Étymologie

Le terme « kabyle » serait originaire du mot arabe qabā'il , pluriel de al-qabīla , « tribu » (Centre national de ressources textuelles et lexicales) — article « Kabyle »., - Dictionary of the English Language: Fourth Edition. 2000. Appendix II: Semitic Roots.. Il est utilisé pour la première fois vers le d'abord sous la forme de Cabeilles, puis Cabaïls par les explorateurs occidentaux pour désigner les population Berbères de l’Algérie septentrionale, alors même que l'arabe est déjà présent sur une partie du pays. C'est donc le terme que les Européens utilisaient pour désigner ces montagnards qui portaient des noms différents en fonction des tribus auxquelles ils appartenaient. Aussi, il pouvait aussi bien désigner les berbères des Aurès, de l'ouest algérien, et même du Maroc. On parlait alors de Kabylie de l'Ouarsenis, ou encore des Kabylies du Maroc. Le nom s'est ensuite restreint à l'ensemble formé de la Kabylie du Djurdjura et celles des Bibans-Babors, du fait notamment de la plus grande attention que la France a fixé à cette région qui opposait une résistance plus tenace. Certains lui attribuent une origine phénicienne, de la liaison du K, comparatif dans la langue hébraïque, et de Baal, nom de divinités syriennes ; k-Ball, adorateur de Baal« Mœurs et coutumes de l'Algérie - Tell, Kabylie, Sahara » par Eugène Daumas, éd. Hachette, 1855, p.156-158. Seul l'historien Hérodote mentionne les « cabales » - , « L'Enquête », Hérodote., tribus libyques de Cyrénaïque, mais aucun des nombreux autres auteurs de l'époque romaine, géographes ou historiens, n'en font mention.

Autres appellations

Les arabophones utilisaient le mot Zwawa (sg. Zwawi), selon certains c'est une déformation du berbère Agawa, un massif au cœur de la Grande Kabylie, dont le pluriel IgawawenIl semblerait que dans l'Antiquité, les Igawawen aient porté le nom de Quiquegentiani, appellation administrative désignant cinq tribus (
quinque gente). Une vieille légende rapporte en effet que les montagnards descendent d'un géant qui eut cinq fils, lesquels formaient les cinq tribus antiques (Boulifa, 1925), les fameux Quinquegentiani qui donnèrent tant de mal aux Romains. était le nom d'une tribu très puissante et ancienne confédération composée de huit tribus organisées en deux confédérations : At Betrun (At Yanni, At Budrar, At Bu Akkach, At Wasio) et At Mengellat (At Mengellat, At Bu Yusef, At Weqbil, At Attu). Toutefois selon le professeur Salem Chaker le terme Zwawa/Zwawi utilisé par les arabophones ne doit pas être relié à agawa/igawawen mais plutôt à azwaw/izwawen (prénom kabyle et nom de clan répandu en Kabylie). Salem Chaker démontre que Izwawen est le véritable nom ancien et autochtone des Kabyles qui « comble de la dépression historique ont presque oublié leur véritable nom »Salem Chaker, notes à propos de l'article Les Zwawa (Igawawen) d'Algérie centrale par Jacques Lanfry.. En outre, dans l’Ouest algérien, les Kabyles sont toujours désignés sous le nom de Zwawa/ZwawiMalha Benbrahim, professeur à l'Inalco, Documents sur Fadhma N’Soumeur (1830-1861), Clio, numéro 9/1999, Femmes du Maghreb. Zwawa a donné en français zouave, puisque les premiers fantassins indigènes étaient originaires de cette confédération.

Langue

La langue kabyle (
taqbaylit) se rattache au groupe berbère qui comporte plusieurs variantes.Cette langue est très proche du chenoui (parlé dans le Chenwa à l'ouest d'Alger) et du chaoui (tachaouit) parlé dans les Aurès au sud-est de la Kabylie. Très attachés à leur identité berbère, les Kabyles revendiquent la reconnaissance du pluralisme linguistique, notamment par la consécration pour la langue Tamazight (Berbère) dans la Constitution algérienne d'un statut de langue officielle, en plus de celui de nationale déjà accordé - , adopté le 10 avril 2002, attribuant notamment à tamazight le statut de langue nationale.. Taqbaylit signifie, dans la sémantique berbère en général, la référence au système de valeurs ancestrales (code de l'honneur) non contradictoire de l'esprit du clan (çof) qui régulent et gèrent la vie collective à l'échelle d'un village ou d'une tribu ou confédération.

Société ancienne

L'organisation sociale des Kabyles, autrefois éleveurs et agriculteurs sédentaires a été abondamment étudié, notamment par le sociologue français Pierre BourdieuUne grande partie de son œuvre anthropologique se base sur l'analyse de la société kabyle (
Esquisse d'une théorie de la pratique (1972), Le sens pratique (1980), La domination masculine (1998), …) (Voir : Bourdieu : Passage à la sociologie).. Ce modèle a été largement modifié par la forte émigration qui a bouleversé les rapports sociauxL'exil kabyle, Mohand Khellil, éd. L'Harmattan, 2000, p.173-176 ., l'urbanisation, mais on peut tracer les grands traits de la société traditionnelle. Chaque village formait tajmaât (« une assemblée » en kabyle), une petite ou grande organisation selon l'importance numérique du village, semblable à la république démocratiqueDictionnaire de la culture berbère en Kabylie , Camille Lacoste-Dujardin, La Découverte, Paris, 2005 .. Elle était composée de tous les hommes ayant atteint la majorité, et où en principe tout citoyen, quelle que soit sa condition socio-économique, pouvait prendre la parole pour exposer ses idées et prendre position lors des propositions de résolutions. Les vieillards, à qui l'on attribuaient le titre d’imgharen, parce qu'ils étaient chef de famille, ou même de la lignée vivante, bénéficiaient d'un respect particulier et d'une grande écoute, aussi l'on accordait à leur décisions dans la jamaâ une plus grande importance, et la démocratie kabyle s'apparentait parfois plus à une gérontocratie. On y nommait l’amin (« chef ») (ou ameqqran; « ancien », suivant les régions) qui était chargé du bon déroulement de l'assemblée et de la mise en application de ses décisions. Pour les plus grandes tajmaât, le chef était parfois assisté dans ses fonctions par un uqil et plusieurs t'emenLa Kabylie et les coutumes kabyles - A. Hanoteau et A. Letourneux, éd. Bouchène, Paris, 2003, Chap. VI-VIII .. L'uqil avait la responsabilité des revenues de la tajmaât, et avait en plus un droit de regard sur les décisions du chef. Il appartenait en général à un çof (« ligne », alliance de plusieurs tribusLes çofs étaient d'avantage assimilables à des partis politiques, car il n'était pas rare que ces çofs divisent les tribus voir même des villages.) opposé à celui du chef, constituant un véritable contrepoids au pouvoir exécutif, ce qui assurait un certaine stabilité politique. Le t'emen, sorte de « député-maire », représentait son çof lors des réunions et transmettait les décisions. Conseil municipal, cour de justice et cour souveraine, la tajmaât se référait, en cas de litige ou de problème, à des textes de lois, les « qanôun kabyles »À propos "des qanouns kabyles" de Belkassem Bensedira, Mustapha Gahlouz, Awal, Cahiers d’Études Berbères n° 16, 83-99., la plus haute autorité juridique, qui définissaient le moindre manquement et sa sanction, exemple de qanôun, celui de la tribu des Beni Mansour (extrait du Cahiers du centenaire de l'Algérie, édité par le Comité national métropolitain du centenaire de l'Algérie en 1930).. Le code de l'honneur protégeait « la maison, les femmes, les fusils », et stipulait que le meurtre devait être vengé par les liens du sang (les auteurs de ces actes étaient rejetés de la communauté). La filiation est patrilinéaire agnatique. Le patronyme de l'ancêtre commun se transmettait. La tajmaât vivait sous l'autorité du groupe, où l'esprit de solidarité était fort développé. Pour exemple le terme tiwizi (« solidarité ») désignait l'activité collective consistant à aider un villageois dans une de ses tâches comme le ramassage des olivesTiwizi'' de nos jours fait encore partie intégrante de la société kabyle. Lire à ce sujet : reportage de Rachid Oulebsir (3 Mars 2007)., à laquelle il contribuait directement ou en nourrissant les participants.

Annexes de l'article

Notes et références

Bibliographie

- « La Kabylie et les coutumes kabyles » - A. Hanoteau et A. Letourneux, éd. Bouchène, Paris, 2003 .
- « Hommes et femmes de Kabylie » - Salem Chaker, éd. Edisud, 2000 .
- « Berbères aujourd’hui » - Salem Chaker, éd. L’Harmattan, 1999 .
- « Les Kabyles. Éléments pour la compréhension de l'identité berbère en Algérie » - Tassadit Yacine, GDM, Paris, 1992 .
- « Les kabyles propos d'un témoin » - Jean Morizot, éd. L'Harmattan, Paris, 2003 .
- « De la question berbère au dilemme kabyle, A l'aube du » - Maxime Ait Kaki, éd. L'harmattan, mars 2004 .
- « L’émigration kabyle en France : une chance pour la culture berbère ? » - Nadia Belaïdi, U21-Editions universitaires de Dijon, Dijon, 2003 .

Voir aussi

Sujets connexes
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