François Ier de France

Infos
François I (1494 - 1547), dit le père et restaurateur des Lettres, le roi guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nezquid 2005 - François I, est sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims, et règne jusqu'à sa mort en 1547. Fils de Charles d'Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la b
François Ier de France

François I (1494 - 1547), dit le père et restaurateur des Lettres, le roi guerrier, le Grand Colas, le Bonhomme Colas ou encore François au Grand Nezquid 2005 - François I, est sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims, et règne jusqu'à sa mort en 1547. Fils de Charles d'Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne. François I est considéré comme le monarque emblématique de la période de la Renaissance françaiseMichelet, Renaissance et Réforme. Son règne permet un développement important des arts et des lettres en France. Sur le plan militaire et politique, le règne de François I est ponctué de guerres et d'importants faits diplomatiques. Il a un puissant rival en la personne de Charles Quint et doit compter sur les intérêts diplomatiques du roi Henri VIII d'Angleterre toujours désireux de se positionner en allié de l'un ou l'autre camp. François I enregistre succès et défaites mais ne permet pas à son ennemi impérial de concrétiser ses rêves, dont la réalisation toucherait l'intégrité du royaume. Les efforts des deux souverains catholiques pour se combattre l'un l'autre ont de lourdes conséquences pour l'Occident chrétien en limitant la répression de la Réforme naissante.

Biographie

Jeunesse et éducation

François I est né le 12 septembre 1494 à Cognac (Charente). Son prénom lui vient de son parrain, François de la RochefoucauldD'après Antoine Roullet (chargé de travaux dirigés à l'université de Paris-IV-Sorbonne) dans Historia mensuel n° 727 : « Son nom lui vient déjà d'Italie, en référence à François de Paul, ermite italien arrivé en France en 1482 ». Son père Charles d'Angoulême, que François n'a pas connu, était le cousin germain du roi Louis XII et le petit-fils de la duchesse de Milan Valentine Visconti. Le château d'Amboise où François I grandit Faute d'héritier, Louis XII avait fait venir à la cour d'Amboise le petit François, accompagné de sa mère Louise de Savoie et de sa sœur aînée Marguerite. C'est dans ce château et sur les bords de la Loire que François grandit. Louise de Savoie, veuve à dix-neuf ans en 1495 alors que François n'a que 2 ans, élève seule ses deux enfants. Enfant, il s'entoure de compagnons qui resteront influents dans sa vie adulte tels Anne de Montmorency, Martin de Montchenu, Philippe de Brion et Robert de La Mark, seigneur de FleurangesRené Guerdan, François I, p. 46, à qui l'on doit une description de leurs jeux et activités. En 1502, François tombe de cheval et se retrouve dans un état critique. Sa mère en tombe presque malade et ne vit que pour la guérison de celui qu'elle appelle son « César ». Quand François accède au trône en 1515, il a 20 ans et la réputation d'être un humaniste. Il choisit comme emblème la salamandre. Son entrée dans Paris le 15 février 1515, donne le ton de son règne. Vêtu d'un costume en toile d'argent et incrusté de joyaux, il fait cabrer son cheval et jette des pièces de monnaie à la foule. Alors que ses deux prédécesseurs, Charles VIII et Louis XII, ont consacré beaucoup de temps à l'Italie, ils n'ont pas saisi le mouvement artistique et culturel qui s'y développait. Ils ont néanmoins planté le décor qui permet l'épanouissement ultérieur de la Renaissance en France. Le contact entre les cultures italienne et française pendant la longue période des campagnes d'Italie introduit de nouvelles idées en France au moment où François reçoit son éducation. Nombre de ses précepteurs, notamment François Desmoulins, son professeur de latin (langue que François aura beaucoup de mal à assimiler), l'italien Gian Francesco Conti, et Christophe Longueuil inculquent au jeune François un enseignement très inspiré de la pensée italienne. La mère de François s'intéresse également de près à l'art de la Renaissance et transmet cette passion à son fils qui, durant son règne, maîtrise la langue italienne à la perfection. On ne peut affirmer que François reçoit une éducation humaniste; en revanche, il reçoit une éducation qui le sensibilise, plus que tout autre de ses prédécesseurs, à ce mouvement intellectuel.

Un prince de la Renaissance

Les artistes

Guillaume Budé par Jean Clouet, portrait datant de 1536, Metropolitan Museum of Art, New York, USA À l'époque où François I accède au trône, les idées de la Renaissance italienne se sont diffusées en France et le roi contribue à cette diffusion. Il commande de nombreux travaux à des artistes qu'il fait venir en France. Plusieurs travaillent pour lui, dont les plus grands comme Andrea del Sarto et Léonard de Vinci. François I manifeste une véritable affection pour le vieil homme, qu’il appelle « mon père » et qu'il installe au Clos Lucé, à portée du château royal d'Amboise. Léonard apporte dans ses malles ses œuvres les plus célèbres tels La Joconde, La Vierge, l'Enfant Jésus et Sainte-Anne, le Saint Jean-Baptiste. Le roi lui confie diverses missions comme l’organisation des fêtes de la Cour à Amboise, la création de costumes ainsi que l’étude de divers projets. Vinci reste en France jusqu'à sa mort, dans les bras du roi selon une légende battue en brèche par certains documents historiquesDans une exposition de peinture du début du , on a vu un tableau de Gigoux, représentant Léonard de Vinci expirant dans les bras de François I, sujet déjà traité, en 1781, par François-Guillaume Ménageot. La tradition à laquelle le peintre a emprunté son sujet repose uniquement sur une épitaphe latine conçue en termes fort amphibologiques. Elle est, il est vrai, rapportée par Vasari, mais jamais vue sur aucun monument. Léonard de Vinci meurt au château de Cloux, à Amboise, le 2 mai 1519. Or, à cette époque, la Cour est à Saint-Germain-en-Laye, où la reine accouche du roi Henri II de France le 31 mars, et les ordonnances royales données le sont datées de cet endroit. De plus, le journal de François I ne signale aucun voyage du roi jusqu'au mois de juillet. Enfin, l'élève de Léonard de Vinci, Francesco Melzi, auquel il lègue ses livres et ses pinceaux, et qui est dépositaire de son testament, écrit au frère du grand peintre une lettre où il raconte la mort de son maître. Pas un mot n'y fait allusion à la circonstance mentionnée plus haut, qui, si elle eût été vraie, n'aurait certainement pas été oubliée. Source:. On peut citer aussi l'orfèvre Benvenuto Cellini et les peintres Rosso Fiorentino et Le PrimaticeDictionnaire Larousse de la Peinture; Fontainebleau (école de)., chargés de nombreux travaux dans les différents châteaux de la couronne. François I emploie de nombreux agents comme Pierre l'Arétin, chargés d'amener en France les œuvres de maîtres italiens comme Michel-Ange, Titien et Raphaël. C'est pendant le règne de François I que la collection d'œuvres d'art des rois de France, aujourd'hui exposée au Louvre, commence réellement.

Le protecteur des Lettres

Imprimerie du . Grâce à François I, les imprimeries françaises vont se perfectionner et atteindre une importance de premier ordre dans l'univers intellectuel Les progrès de l'imprimerie favorisent la publication d'un nombre croissant de livres. En 1518, François I décide la création d'un grand « cabinet de livres » abrité à Blois et confié au poète de la Cour Mellin de Saint-Gelais. En 1536, interdiction est faite de Claude Dufresne, Historia n° 107, bibliothèque dont il nomme intendant l'humaniste Guillaume Budé avec mission d'en accroître la collection. C'est en 1540 qu'il charge Guillaume Pellicier, ambassadeur à Venise, d'acheter et faire reproduire le plus possible de manuscrits vénitiens. A l'instigation de Guillaume Budé, il fonde le corps des « Lecteurs Royaux », qui sera abrité dans le « Collège Royal » (ou « Collège des trois langues », qui deviendra le « Collège de France »). La construction du bâtiment, bien que décidée par François I et confiée à l'architecte Jean-François Chalgrin, ne se concrétisera pas avant la régence de Marie de Médicis, près d'un siècle plus tard. Parmi les lecteurs royaux, on compte Barthélemy Masson, qui enseigne le latin, et le géographe et astronome Oronce Fine, en charge des mathématiques. Il favorise le développement de l'imprimerie en France et fonde l'Imprimerie Royale dans laquelle œuvrent des imprimeurs comme Josse Bade et Robert Estienne. En 1530, il nomme l'imprimeur Geoffroy Tory « imprimeur du roi », charge qui passe en 1533 à Olivier Mallard, puis en 1544 à Denys Janot. Grâce au graveur et fondeur Claude Garamond, l'imprimerie royale innove dans une écriture à caractères de type romain plus lisible. De nombreuses bibliothèques privées voient ainsi le jour : Emard Nicolaï, président de la chambre des comptes possède une vingtaine d'ouvrages. Cinq cents volumes appartiennent au président du parlement, Pierre Lizet, 579 livres constituent la bibliothèque de son confrère André Baudry, 775 chez l'aumônier du roi, Gaston Olivier, 886 pour l'avocat Leferon, au moins 3 000 chez Jean du Tillet et plusieurs milliers chez Antoine Duprat. François I subventionne des poètes tels Clément Marot et Claude Chapuys et compose lui-même quelques poésies - bien que Mellin de Saint-Gélais soit soupçonné d'être l'auteur de certains poèmes dont François I s'attribue la paternité - qui sont publiées ainsi que quelques-unes de ses « Lettres ». Il existe à la Bibliothèque nationale de France un manuscrit des poésies de François I, manuscrit provenant de la succession Chatre-Imbert de Cangé. On y remarque une lettre en prose et en vers que ce prince adressa de sa prison à l'une de ses maîtresses, une églogue intitulée Admetus, et un très grand nombre de petites pièces. Nous en extrayons quelques-unes : : Le mal d'amour est plus grand que ne pense : Celui qui l'a seulement ouï dire ; : Ce qui nous semble ailleurs légère offense, : Et amitié se répute martyre. : Chacun se plaint, et gémit, et soupire. : Mais s'il survient une seule heure d'aise, : La douleur cesse, et le tourment s'apaise. : Elle jura par ses yeux et les miens, : Ayant pitié de ma longue entreprise. : Que mes malheurs se tourneraient en biens, : Et pour cela me fut heure promise. : Je crois que Dieu les femmes favorise, : Car de quatre yeux qui furent parjures, : Rouges les miens devinrent sans feintise, : Les siens en sont plus beaux et azurés. Les vers qu'il fit sur Agnès Sorel sont plus connus. Le manuscrit dont nous avons parlé, les reproduit ainsi avec quelques variantes : : Ici dessoubz des belles git l'eslite, : Car de louanges sa beauté plus mérite, : Estant cause de France recouvrer, : Que tout cela que en cloître put ouvrer : Clause nonnain, ou en désert hermite. Source: Sa sœur ainée, Marguerite, mariée au roi de Navarre, est également une fervente admiratrice des lettres et protège de nombreux écrivains comme Rabelais et Bonaventure Des Périers. Elle figure aussi dans la liste des lettrés de la cour, étant l'auteur de nombreux poèmes et essais tels La Navire, et Les Prisons. Elle publie également un volumineux recueil intitulé Les Marguerites de La Marguerite des princesses qui reprend l'ensemble de ses écrits. Mais son œuvre maîtresse reste l'Heptaméron, un recueil de contes inachevés qui seront publiés après sa mort.

Le bâtisseur

L'escalier monumental du château de Blois François I est un bâtisseur acharné et dépense sans compter dans la construction de nouveaux bâtiments. Il poursuit le travail de ses prédécesseurs au château d'Amboise, mais surtout au château de BloisHistoria, n°107, p56. Par des travaux qui durent dix ans, il fait ajouter deux nouvelles ailes à ce dernier, dont l'une abrite le fameux escalier, et modernise son intérieur avec des boiseries et des décorations à base d'arabesques propres à la nouvelle mode italienne. Au début de son règne, il entame la construction du château de Chambord, sur un domaine de chasse acquit par Louis XII. Il est fortement influencé par la renaissance italienne : Léonard de Vinci participe vraisemblablement à ses plans, ainsi que l'architecte italien Boccador, à qui on doit le donjon de ce château. François I tente de reconstruire le Louvre, faisant détruire la tour médiévale de la sombre forteresse de Philippe Auguste. Il demande la construction d'un nouvel Hôtel de Ville pour Paris dans le but d'influencer les choix architecturaux, qui seront d'ailleurs mis en œuvre par Boccador et Pierre Chambiges. En 1528, dans le bois de Boulogne, il fait édifier le château de Madrid, sous la direction de Girolamo de Robbia, qui évoque par sa structure la demeure que François I a occupée pendant son emprisonnement en Espagne. Il fait également construire, sous la direction de Pierre Chambiges, le château de Saint-Germain-en-Laye ainsi qu'un château de chasse, le château de la Muette, dans la forêt de Saint-Germain. Il fait aussi ouvrir les chantiers des châteaux de Villers-Cotterêts vers 1530, de Folembray en 1538, et de Challuau en 1542. En tout, près de 7 châteaux seront construits et remaniés en 15 ansHistoria n°101, p64. La galerie François I du château de FontainebleauLe plus grand des projets de François I est la reconstruction quasiment complète (seul le donjon du château antérieur est conservé) du château de Fontainebleau, qui devient rapidement son lieu de résidence favori. Les travaux s'étendent sur une quinzaine d'années pour constituer ce que François I veut être l'écrin de ses trésors italiens (tapisseries dessinées par Raphaël, bronze d'Hercule réalisé par Michel-Ange, décoration de la galerie François I par Rosso Fiorentino, autres décorations de Giovanni Battista Rosso et Le Primatice autour desquels s'est formée la prestigieuse école de Fontainebleau). Il confie également à Léonard de Vinci l'élaboration des plans du nouveau château de Romorantin dans lesquels l'artiste reprend les plans de sa cité idéale de Milan. Le projet est néanmoins abandonné en 1519, les ouvriers du chantier étant atteints par une épidémie. Chacun des ambitieux projets royaux bénéficie de somptueuses décorations tant extérieures qu'intérieures. Il décide en 1517 de la fondation d'un nouveau port, initialement appelé « Franciscopolis » mais que l'existence d'une chapelle sur le site choisi pour sa construction fera renommer « Le Havre de Grâce ».

Politique extérieure

Les armes de Charles Quint qui donnent une idée du nombre de territoires qu'il gouvernecoupé:'en chef parti en 1 écartelé en 1 et 4, de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et en 2 et 3 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or, en 2 parti en 1 d'or à quatre pals de gueules et en 2 écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et d'argent à l'aigle de sable, accompagné en pointe d'argent à une pomme grenade de gueules, tigée et feuilleté de sinople en pointe écartelé en 1 de gueules à la fasce d'argent, en 2 d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules, en 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules et en 4 de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules, sur le tout parti d'or au lion de sable armé, couronné et lampassé de gueules et d'argent à l'aigle éployé de gueules, membré et becqué d'or La politique extérieure de la France sous François I est toute entière dominée par la rivalité avec la maison de Habsbourg, en la personne de Charles Quint, héritier de l'empereur Maximilien, son grand-père, et de l'empire espagnol par sa mère Jeanne la Folle. Il faut admettre que durant la période pendant laquelle s'affrontent la maison de France (François I puis Henri II), les autres pays européens font figure de comparses: l'Angleterre d'Henri VIII, les États pontificaux et autres principautés italiennes comme les duchés de Ferrare et de Modène (sous les Este), le duché de Parme-et-Plaisance, le duché d'Urbin (sous les Médicis). Charles de Habsbourg, est à la tête d'un véritable empire:
- Par son père Philippe le Beau, lui-même fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne (fille de Charles le Téméraire), il possède l'Autriche, les Dix-sept Provinces (Pays-Bas bourguignons, Flandre, Artois, Franche-Comté, etc.).
- Par sa mère Jeanne la Folle (fille des rois catholiques), il hérite de l'Espagne (unification des royaumes de Castille, d'Aragon et de Grenade) et de ses possessions américaines, ainsi que du Royaume de Naples.
- A la mort de son grand-père Maximilien Ier en 1519, Charles est le favori pour sa succession au titre d'empereur romain germanique. Une fois empereur (1519), Charles a deux ambitions complémentaires:
- Une ambition personnelle qui lui tient particulièrement à cœur depuis sa jeunesse flamande, la récupération du duché de Bourgogne possession de son arrière-grand-père Charles le Téméraire. Cette revendication, pour laquelle il n'obtiendra jamais satisfaction, ne repose sur aucune base juridique : le duché de Bourgogne avait été reçu en apanage par Philippe le Hardi de son père Jean le Bon. À partir du moment où ce fief ne pouvait être hérité par un descendant mâle de l'apanagiste, et que Charles le Téméraire, descendant de Philippe le Hardi, n'avait eu qu'une fille, le duché revenait automatiquement au domaine royal dont il était un démembrement.
- Une ambition impériale d'une Europe dominée par les Habsbourg, dans lequel il jouera le rôle de défenseur de l'Église Romaine. Ces deux ambitions ne pouvaient que se heurter à l'hostilité de François I, gardien de l'intégrité du domaine royal et roi d'une France aux fortes ambitions héritées de ses prédécesseurs, en particulier sur le territoire morcelé de l'Italie de la Renaissance. Comme Charles VIII et Louis XII, François n'aura de cesse de tenter d'installer son pouvoir sur la péninsule en commençant par la reconquête du duché de Milan dont il estime tenir les droits par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, duchesse de Milan et épouse de Louis d'Orléans.

Conquête du Milanais

François I à la bataille de Marignan Louis XII avait dû reculer face aux attaques de la Sainte Ligue. Peu de temps avant le règne de François I, deux des éléments essentiels de cette ligue reviennent à de meilleures sentiments envers le royaume de France: Henri VIII signe en 1514 le traité de paix et d'alliance de Tournai et le pape Léon X, élu en 1513, envisage des relations avec la France moins tumultueuses que celles de son prédécesseur Jules II. Le traité de Dijon n'ayant jamais été ratifié par Louis XII, François I ne s'estime pas tenu par les clauses prévoyant la renonciation des droits de sa famille sur le duché de Milan et passe une alliance avec la république de Venise. Du côté du Saint Empire Romain Germanique, le futur Charles Quint est alors seigneur des Pays-Bas bourguignons et l'empereur Maximilien I est concentré sur sa diplomatie vers l'est (Bohême, Hongrie, Pologne et Lituanie). L'opposition aux visées du roi de France se limite donc en réalité au duc de Milan Maximilien Sforza, officiellement mais faiblement soutenu par le pape, et son allié le Cardinal Matthieu Schiner, artisan de l'alliance entre les cantons suisses et Jules II, et futur conseiller de Charles Quint. Au printemps 1515, François I ordonne la concentration des troupes à Grenoble et une armée de 30 000 hommes marche sur l'Italie. Solidement établis à Suze, les Suisses tiennent la route habituelle du Mont-Cenis et l'armée franchit les Alpes par une route secondaire proche d'Argentière, y compris les chevaux et l'artillerie (60 canons de bronze) avec l'aide technique de l'officier et ingénieur militaire Pedro Navarro. Dans la plaine du Piémont, une partie de l'armée suisse prend peur et propose, le 8 septembre à Gallarate, de passer au service de la France. Schinner réussit à regagner les dissidents à sa cause et s'avance à leur tête jusqu'au village de Melegnano (en français, Marignan), à 16 kilomètres de Milan. La bataille qui s'engage reste longtemps indécise mais l'artillerie française, efficace contre les fantassins suisses, les forces d'appoint vénitiennes et la furia francese finissent par faire pencher la balance du côté de François I, qui emporte cet affrontement décisif. Contrairement à une légende tenace mais malheureusement apocryphe (développée à partir de 1525 pour des raisons de prestige d'une royauté chancelante), il ne se fait pas armer chevalier par Bayard sur le champ de bataille. Cette victoire apporte renommée au roi de France dès le début de son règne. Les conséquences diplomatiques son nombreuses :
- François I prend rapidement le contrôle de la Lombardie.
- Il signe la paix perpétuelle de Fribourg le 29 novembre 1516 avec les cantons suisses. Ce traité restera en vigueur jusqu'à la fin de la monarchie en France.
- Le 13 août 1516, François I et le jeune roi des Espagnes Charles I, futur Charles Quint, signent le traité de Noyon qui confirme à François I la possession du Milanais, qui restitue la Navarre à Henri d'AlbretLa Navarre avait été envahie en 1512 par Ferdinand le Catholique avec la complicité du pape Jules II, qui avait excommunié la famille régnante au motif qu'elle entretenait des liens coupables aves le protestantisme qui se répandait au sud de l'hexagone. La Haute-Navarre ne sera pas restituée mais intégrée au royaume de Castille et qui promet à Charles la main de la file ainée du roi de France, Louise, alors âgée d'un an (mais qui ne survivra pas à son troisième anniversaire). Dans la dot de la future mariée sont inclus les droits sur le royaume de Naples.
- Antoine Duprat signe en son nom le concordat de Bologne le 18 août 1516. Ce concordat régira les relations entre le royaume de France et la Papauté jusqu'à la Révolution française. Désormais, le roi nomme les évêques, archevêques et cardinaux, qui sont par la suite confirmés par le pape.

La compétition pour la couronne impériale

L'empereur Charles Quint vers 1520, l'éternel rival de François I; portrait de Bernard van Orley, Musée du Louvre Le 12 janvier 1519, la mort de Maximilien ouvre la succession à la couronne impériale. Cette couronne apporte à son titulaire un surcroît de prestige et un certain poids diplomatique mais n'ajoute aucun contrôle territorial. Charles I d'Espagne, élevé dans cette perspective, est le candidat naturel à la succession de son grand-père et doit affronter le roi Henri VIII d'Angleterre, le duc albertin Georges de Saxe, dit le Barbu, et François I. La candidature de ce dernier répond à une double ambition :
- Éviter que le souverain qui contrôle déjà plus de la moitié de l'Europe et le Nouveau Monde ibérique se voie auréolé d'un prestige diplomatique supplémentaire et parvienne à réaliser son rêve avoué de constituer un nouvel empire de Charlemagne.
- Revendiquer ce surcroît de prestige pour lui-même, comme l'ont tenté avant lui Philippe le Hardi et Charles de Valois. La compétition se résume vite à un duel François contre Charles. Pour convaincre les 7septprinces-électeurs allemands, les rivaux useront tour à tour de la propagande et d'arguments sonnants et trébuchants. Le parti autrichien présente le roi d'Espagne comme issu du véritable "estoc" (lignage), mais la clef de l'élection réside essentiellement dans la capacité des candidats à acheter les princes-électeurs. Les écus français s'opposent aux florins et ducats allemands et espagnols mais Charles bénéficie de l'appui déterminant de Jakob Fugger, richissime banquier d'Augsburg, qui émet des lettres de change payables après l'élection et '. Charles Quint est élu Roi des Romains le 28 juin 1519 et est sacré empereur à Aix-la-Chapelle le 23 octobre 1520Le pape le sacrera pour sa part le 2 mars 1530 à Bologne, une fois apaisés ses différends avec Charles Quint. Sa devise ' correspond à son ambition de monarchie universelle d'inspiration carolingienne alors qu'il est déjà à la tête d'un empire ' mais néanmoins très hétérogène.

Bourgogne, Italie et Provence

Le camp du drap d'or, gravure de James Basire de 1774, d'après une peinture à l'huile du Bien entendu, l'élection impériale n'apaise en rien les tensions continuelles entre François I et Charles Quint. D'importants efforts diplomatiques sont déployés pour constituer ou consolider le réseau d'alliance de chacun. En juin 1520, François I organise la rencontre du Camp du Drap d'Or avec Henri VIII mais échoue, vraisemblablement par excès de faste et manque de subtilité diplomatique, à concrétiser un traité d'alliance avec l'Angleterre. De son côté, Charles Quint, neveu de la reine d'Angleterre, avec l'aide du cardinal Thomas Wolsey à qui il fait miroiter l'élévation au pontificat, obtient la signature d'un accord secret contre la France au traité de Bruges. Comme aima à le souligner Henri VIII, . Toujours dans l'objectif de conquérir la Bourgogne, les armées de l'empereur mènent l'offensive au nord et au sud. En 1521, Franz von Sickingen et le comte Philippe Ier de Nassau obligent Bayard à s'enfermer dans Mézières assiégée qu'il défendra sans capituler malgré les canonnades et les assauts Dans le tome X de son Histoire de France, le père Daniel rapporte une lettre curieuse qu'il transcrit de l'original, écrite par François I à sa mère, lorsque les Impériaux lèvent le siège de Mézières. Le « Père des Lettres », comme on peut le voir, traite assez cavalièrement l'orthographe. Madame, tout asetheure (à cette heure), ynsy que je me vouoys mettre o lyt, est aryve Laval, leque m'a aporté la serteneté (la certitude) deu lèvement du siège de Mésyères. Je croy que nos anemys sont en grant pène, vu la honteuse retrète qu'yl ont fet: pour tout le jour de demayn, je soré le chemin qu'ys prandront. Et selon sela, il nous fodra gouverner. Et s'yl on joué le pasyon, nous jourons la vanganse. Vous suplyant vouloyr mander partout pour fère remercier Dieu : car sans poynt de foie, il a montré se coup qu'yl est bon François. Et fesant fyn à ma lettre, remettant le tout seur le porteur, pry à Dieu qu'il vous doynt très bonne vye et longue. Vostre très-humble et très-obéyant fyls. François.. Le sort des armes est moins favorable sur le front italien où les troupes du maréchal Odet de Foix, vicomte de Lautrec, sont décimées par l'armée commandée par François II Sforza et Prospero Colonna lors de la bataille de la Bicoque. Toute la province se soulève alors en réaction au gouvernement oppressif du maréchal: la France perd le Milanais en avril 1522. L'année 1523 est également le théâtre d'une affaire initialement franco-française mais dont les conséquences dépassent les frontières du royaume. Le connétable Charles de Bourbon, en butte depuis son veuvage (1521) aux manœuvres de François I pour satisfaire les revendications de Louise de Savoie sur le Bourbonnais et la vicomté de ChâtelleraultCharles de Bourbon avait épousé sa cousine Suzanne de Bourbon, fille d'Anne de Beaujeu. Il se trouve donc à la tête d'un des plus vastes ensembles de territoires non encore réunis à la couronne. Suzanne meurt en 1521, sans héritier. Les biens en apanage (Auvergne, Montpensier, Clermont-en-Beauvaisis) reviennent à la couronne et Louise de Savoie, cousine de Suzanne et petite-fille du duc Charles I de Bourbon revendique le Bourbonnais et Chatellerault. De procès en confiscation puis en ordres d'arrestation, le connétable finit par s'enfuir, rejoint l'empereur et meurt à Rome sans récupérer ses fiefs, qui sont définitivement rattachés à la couronne., s'accorde avec Charles Quint et passe à son service pour devenir lieutenant général de ses armées. Charles III de Bourbon, gravure de Thomas de Leu Cette défection retarde la contre-offensive de François I. En 1524, Guillaume Gouffier de Bonnivet prend la tête de l'armée qui doit reconquérir Milan mais trouve Charles de Bourbon sur son chemin, doit se retirer sur la Sesia. Blessé, il confie son arrière-garde à Bayard, qui succombe lui-même le 30 avril 1524. La voie est ouverte aux armées impériales pour une invasion par la route de Lyon, offensive préconisée par Charles de Bourbon. Charles Quint préfère attaquer par la Provence et, en août et septembre 1524, fait mettre le siège devant Marseille, qu'il échoue à prendre. François I en profite pour reprendre l'initiative et conduit lui-même son armée au-delà des Alpes pour arriver le 28 octobre sous les murs de Pavie. La ville est défendue par Antonio de Leiva et reçoit les renforts du vice-roi de Naples, Charles de Lannoy. Mal conseillé par Bonnivet et malgré l'avis de Louis de la Trémoille, François I engage la bataille dans la hâte. L'artillerie, mal positionnée, doit cesser le feu sous peine de tirer dans les rangs français. L'armée ne peut résister aux troupes impériales; Bonnivet, La Palice et La Trémoille sont tués. François I remet son épée à Charles de Lannoy et reste prisonnier jusqu'à la signature, Jusqu'au commencement du , on a imprimé et réimprimé que François I, après la bataille de Pavie, écrivit immédiatement à sa mère cette seule phrase : Tout est perdu, fors l'honneur et l'on ne manquait pas de se récrier sur la simplicité et sur l'énergie de cet apophtegme à la laconienne, comme le dit le docteur Pancrace. On montre longtemps à la Chartreuse de Pavie, la table sur laquelle François I aurait écrit ce billet. Il est juste de dire que cette table est d'époque. Par malheur pour la mémoire du « roi chevalier », on a retrouvé, dans les registres manuscrits du Parlement, le texte de la lettre adressée par ce prince à Louise d'Angoulême. La voici telle qu'elle est rédigée : Pour vous advertir comment se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m'est demouré que l'honneur et la vie, qui est sauve ; et pour ce que, en nostre adversité, cette nouvelle vous peu de resconfort, j'ay prié qu'on me laissât vous escripre ces lettres, ce qu'on m'agréablement accordé. Vous suppliant de volloir prendre l'extremité de vous meismes, en usant de vostre accoustumée prudence ; car j'ay espoir en la fin que Dieu ne m'abandonnera point ; vous recommandant vos petits-enfans et les miens, vous suppliant de faire donner seur passage et le retour pour l'aller et le retour en Espaigne et à ce porteur, qui va vers l'empereur, pour savoir comme il faudra que je sois traicté. Et sur ce très humblement me recommande à vostre bonne grâce. Registres manuscrits du Parlement, 10 novembre 1525 le 14 janvier 1526, du traité de Madrid. Aux termes de ce traité, François Ier doit céder le duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toute revendication sur l'Italie, les Flandres et l'Artois, réintégrer Charles de Bourbon au sein du royaume de France et restituer ses terres, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles. François est libéré en échange de ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II). Charles Quint ne tire pas grand profit de ce traité, que François avait d'ailleurs jugé bon de déclarer inexécutable la veille de sa signature. Le 8 juin, les états de Bourgogne déclarent solennellement que la province entend rester française. De surcroît, Louise de Savoie n'étant pas restée inactive pendant sa régence, une ligue contre l'empire est scellée à Cognac, à laquelle participent la France, l'Angleterre, le pape et les principautés italiennes (Milan, Venise et Florence). Le 6 juin 1527, Charles de Bourbon meurt à Rome lors de son sac par les troupes impériales sous son commandement. Ces circonstances qui semblent rééquilibrer les forces amènent Charles Quint et François I à laisser Marguerite d'Autriche, tante de l'empereur, et Louise de Savoie, mère du roi, négocier un traité qui amende celui de Madrid: le 3 août 1529, à Cambrai, est signé la "Paix des Dames", qui sera ratifiée par les deux souverains. François I épouse Éléonore veuve du roi du Portugal, sœur de Charles, recouvre ses enfants moyennant une rançon de 2 000 000 écus et garde la Bourgogne; en revanche, il renonce à l'Artois, à la Flandre et à ses vues sur l'Italie.

Nouvelles alliances : les princes protestants et l'Empire ottoman

Louise de Savoie, ici représentée en 1525, alors que son fils François I lui confie la régence (symbolisée par le gouvernail), elle tente de prendre contact avec Soliman Le magnifique, (représenté ici couché à ses pieds, avec son turban) En fait, François I n'abandonne pas ses prétentions et s'ouvre à de nouvelles alliances quelques peu surprenantes pour un roi très chrétien. François I entend profiter des dissensions internes de l'Empire et signe, le 26 octobre 1531 à Saalfeld, un traité d'alliance avec la ligue de Schmalkalden. La France ne rejoint pas la ligue mais promet une aide financière. À l'extérieur de l'Empire, François I s'entend avec les Ottomans de Soliman le Magnifique pour combattre Charles Quint. Aucun traité d'alliance proprement dit n'est signé entre la France et les Ottomans, mais une coopération étroite permet aux deux puissances de combattre efficacement la flotte espagnole en Méditerranée au grand scandale de l'Europe chrétienne. Soulignons que François I use d'un intermédiaire pour discuter avec le sultan : il s'agit d'un des premiers cas connus de l'usage de diplomates pour négocier et non transmettre un simple message. Celui-ci, par précaution, est quand même emprisonné pendant un an à IstanbulHistoria n°700, p24 à 28. En 1535, la France devient la première puissance européenne à obtenir des privilèges commerciaux en Turquie dits capitulations. Ceux-ci autorisent les navires français à naviguer librement dans les eaux ottomanes sous le pavillon fleurdelisé et chaque navire appartenant aux autres pays a l’obligation de battre pavillon français et demander la protection des consuls français pour commercer. Outre cela, la France obtint le droit de posséder une chapelle d'ambassadequi deviendra l'actuel lycée Saint-Benoît à Istanbul dans le quartier Galata. Ces privilèges assurent également une certaine protection de la France sur les populations catholiques de l'Empire ottoman.

Dernières tentatives italiennes et bourguignonnes

François I et Charles Quint se réconcilient sous l'impulsion du pape Paul III. Peinture de Sebastiano Ricci, 1687. L'empereur et le pape finissent par aplanir leur différends: en 1530, à Bologne, Charles Quint reçoit la couronne impériale des mains de Clément VII. Le 7 août, François I épouse la sœur de Charles Quint, Éléonore de Habsbourg, veuve du Roi Emmanuel I de Portugal. En 1535, à la mort du duc de Milan François II Sforza, François I revendique l'héritage du duché. Au début de 1536, 40 000 soldats français envahissent le duché de Savoie et s'arrêtent à la frontière lombarde, dans l'attente d'une éventuelle solution négociée. En juin, Charles Quint riposte et envahit la Provence mais se heurte à la défense du connétable Anne de Montmorency. Grâce à l'intercession du pape Paul III, élu en 1534 et partisan d'une réconciliation entre les deux souverains, le roi et l'empereur signent en 1538 à Nice une trêve de deux ans et promettent de s'unir face au danger protestant. En signe de bonne volonté, François I autorise même le libre passage à travers la France afin que Charles Quint puisse aller mater une insurrection à Gand. Charles Quint ayant refusé, malgré ses engagements, l'investiture du duché de Milan à un des fils du roi, une nouvelle guerre éclate en 1542. Le 11 avril 1544, François de Bourbon-Condé, comte d'Enghien, à la tête des troupes françaises, défait le marquis Alfonso de Avalos, lieutenant général des armées de Charles Quint à la bataille de Cérisoles. Cependant, les troupes impériales, avec plus de hommes et 62 pièces d'artillerie, ont traversé la Lorraine, les Trois-Évêchés et franchi la frontière. Mi-juillet, une partie des troupes assiège la place forte de Saint-Dizier, tandis que le gros de l'armée poursuit sa marche vers Paris. De graves problèmes financiers empêchent l'empereur de solder ses troupes, où se multiplient les désertions. De son côté, François I doit également faire face au manque de ressources financières ainsi qu'à la pression des Anglais qui assiègent et prennent Boulogne-sur-Mer. Les deux souverains finissent par consentir à une paix définitive en 1544. Le traité de Crépy-en-Laonnois reprend l'essentiel de la trêve signée en 1538. La France perd sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et renonce à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples, mais conserve temporairement la Savoie et le Piémont. Charles Quint abandonne la Bourgogne et ses dépendances et donne une de ses filles en mariage, dotée du Milanais en apanage, à Charles, duc d'Orléans et deuxième fils du roi.

Les relations personnelles avec Charles Quint

François I, Charles Quint et le cardinal Farnèse à Paris en 1540, fresque de Taddeo Zuccaro, achevée en 1565-1566 représentés sur une fresque du château de Caprarola Bien que François I et Charles Quint ne s'apprécient guère, ils se témoignent en public tout le respect qui s'impose lors de visites officielles. Ainsi, François I reçoit plusieurs fois Charles Quint, notamment au Louvre, juste avant que les travaux du nouveau Louvre ne commencent. En janvier 1540, Charles Quint demandant à François I de le laisser traverser la France pour mater une révolte en Flandres, est reçu par le roi et, accompagné de celui-ci, fait une entrée à Paris, après être passé par Bordeaux, Poitiers, et Orléans. Il visite ainsi Fontainebleau, où François I lui fait découvrir la nouvelle galerie récemment achevée. La communication politique et la diplomatie sont ainsi érigées en outil de parade visant à impressionner l'adversaire. Les deux chefs d'état cherchent aussi à créer des liens familiaux pour donner un sentiment de paix et d'entente. François I offre sa fille Louise (morte en bas âge) en mariage à Charles Quint, et ce dernier est à l'origine du mariage de sa sœur Éléonore avec François I en 1530. Mais ce conflit entre la France des Valois et l'Espagne des Habsbourg va perdurer plusieurs générations jusqu'en 1756. l'impopularité de Marie Antoinette viendra en partie de cette longue rivalité entre les Maisons de France et d'Autriche.

L'Amérique du Nord

François I par Joos van Cleve, détail d'un double portrait mettant en scène François I et Éléonore d'Autriche, sa seconde épouse. Lorsque François I accède au pouvoir, le France ne s'intéresse guère aux grandes découvertes et limite ses périples maritimes aux actions de contrebandes et aux actes de piraterie sur la côte africaine. Pourtant, la France possède tous les atouts d'une grande puissance coloniale et navale : dotée d'une longue façade maritime, de nombreux ports et de marins de qualité. Néanmoins, les prédécesseurs de François I privilégieront les conquêtes méditerranéennes. C'est donc sous le règne de François I que s'opère le premier engouement français pour les Amériques. Ainsi, le Dieppois Jean Ango, muni d'une trentaine de navires, reconnaît les côtes de Terre-Neuve, descend au Brésil, puis en Guinée, et continue jusqu'à Sumatra. En 1522, l'un de ses capitaines, Jean Fleury, intercepte deux caravelles espagnoles venant du Mexique transportant les trésors offerts par Cortès à Charles Quint. Cette découverte fait prendre conscience à la cour de France de l'importance du nouveau monde et des richesses qu'il peut contenir. En 1524, François I commence à encourager les explorations outre-Atlantique. Il prend sous son égide le Florentin Giovanni da Verrazano et met à sa dispositions le vaisseau royal "La Dauphine", laissant aux capitaux florentins le soins de financer l'expédition. Verrazano atteint l'Amérique du Nord et la Floride, cartographie Terre-Neuve, puis fonde la Nouvelle-Angoulême (la future Nouvelle-Amsterdam, plus connue sous le nom de New York) en hommage à la famille du roi de France avant de poursuivre vers de Brésil et les Antilles. Son but premier est de trouver un passage vers le nord-ouest menant directement aux Indes. Ses conclusions sont éloquentes : . En 1534, Jean Le Veneur, évêque de Lisieux et grand aumônier du roi conseille à François I d'envoyer le Malouin Jacques Cartierhttp://www.quid.fr/2007/Histoire_De_France/Les_Valois_Indirects_1498_1589/2?refnum=6226300 Site du quid en expédition pour découvrir . C'est la naissance de la Nouvelle-France. Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534, Cartier traverse l'Atlantique en seulement trois semaines. Le 24 juillet, il prend possession de la côte de Gaspé, puis revient à Saint-Malo le 5 septembre. Soutenu par François I, il repart le 15 mai 1535 à la tête de trois navires. Il arrive à l'embouchure du Saint-Laurent, remonte le fleuve et fonde le poste de Sainte-Croix (future Québec), puis atteint une colline qu'il nomme Mont-Royal (future Montréal). Remontés à Sainte-Croix, les Français y restent bloqués par les glaces entre novembre 1535 et avril 1536. Cartier repart pour la France considérablement affaibli et arrive à Saint-Malo le 16 juillet 1536. La guerre avec Charles Quint ne facilite pas la mise en place d'une nouvelle expédition. Pour gouverner cette province d'outre-mer, François I choisit le Languedocien Jean-François de La Rocque de Roberval, militaire expert en fortification. Jacques Cartier quitte Saint-Malo le 23 mai 1541 à la tête de cinq navires chargés de vivres pour deux ans et transportant plusieurs centaines d'hommes. Il fonde une colonie qu'il nomme Charles-Bourg à une quinzaine de kilomètres de Sainte-Croix. Après des complications avec les populations indiennes et un hivernage difficile, Cartier décide de regagner la France. Le 8 juin, il croise, à Terre-Neuve, Roberval qui arrive seul à la colonie en juillet. En octobre 1543, il est de retour en France. Cette tentative française au Canada est donc un échec, mais la prise de possession de territoires nord-américains remet en cause le monopole colonial espagnol et ouvre des perspectives pour l'avenir, notamment pour Samuel de Champlain au début du .

Politique intérieure

Henri forme à la cour de son père un parti d'opposition contre la maîtresse en titre, Anne de Pisseleu.Tableau de Corneille de Lyon, 1550, Galleria Estense, ModèneAlors que le roi érige en France de nombreux châteaux, il déséquilibre sérieusement le budget du royaume. À la fin de son règne Louis XII s'inquiétait déjà d'un François très dispendieux. Le beau-père du roi avait laissé une France en bonne santé économique avec une monarchie au pouvoir renforcée sur le pouvoir des féodaux. François I continue de consolider l'emprise de la couronne sur le pays mais, en même temps, détériore la situation économique du royaume. Lorsque François I accède au trône de France, son royaume compte environ 18 millions d'habitantsHistoire du monde de 1492 à 1789, Larousse, p.57., ce qui en fait le pays unifié le plus peuplé d'Europe. 85% de la population française est paysanne, mais la productivité de l'agriculture, basée essentiellement sur la polyculture et les céréales, est faible (5 quintaux à l'hectare), et la pénurie, fréquente. En revanche, l'horticulture progresse avec notamment la culture des carottes, betteraves, artichauts, melons, choux-fleurs et mûriers. Quant aux villes, leur croisance suit le développement de l'artisanat.

Le gouvernement de François I

Le règne de François I voit un renforcement de l’autorité royale jetant les bases de l’absolutisme tel qu'il sera pratiqué plus tard par Louis XIV. La cour que le roi rétablit à Paris, en édifiant le nouveau Louvre, est le véritable cœur du pouvoir. Bien qu'entouré de conseils - le Grand Conseil, le Conseil des parties ou Conseil privé et le Conseil étroit, ce dernier chargé des décisions importantes de l'État -, le roi, apparaît de plus en plus comme la source unique de l'autorité, arbitrant en dernier ressort les initiatives de l'administration judiciaire et financière, choisissant et disgraciant ses favoris, ses ministres et ses conseillers. Au début de son règne, le roi maintient en faveur plusieurs serviteurs de son prédécesseur : La Palisse et Odet de Foix, seigneur de Lautrec font passer à 4 le nombre de maréchaux. La Trémoille prend de hautes responsabilités militaires. Il confirme également Florimond Robertet comme étant le "père des secrétaires d'État". La Palisse cède l'office de grand maître à Artus Gouffier de Boissy, ancien gouverneur du roi. Guillaume Gouffier de Bonnivet devient amiral de France en 1517. Le cardinal Antoine Duprat, magistrat d'origine bourgeoise devient chancelier de France. Enfin, Charles III de Bourbon reçoit l'épée de connétable. La mère du roi, Louise de Savoie a une influence non négligeable sur les affaires du pays. Élevée au rang de duchesse, elle fait partie du conseil privé du roi et sera nommée par deux fois régente du royaume. Jusqu'en 1541, Anne de Montmorency, nommé premier gentilhomme de la chambre du roi, va connaître la faveur royale et une carrière politique éclatante. François I compte aussi sur ses conseillers l'amiral d'Annebaut et le cardinal de Tournon pour l'exécution des décisions financières.

La religion

François I et sa sœur, Marguerite de Navarre, peinture de Richard Parkes Bonington, 1827, Wallace Collection de Londres François I est vu comme un roi très chrétien et bon catholique d'après l'article d’Historia de Liliane Crété, Historienne du protestantisme et auteur de Coligny (Fayard, 1995). Ce trait de caractère de François I est confirmé par Robert Knecht (professeur en histoire de France à l'université de Birmingham qui écrit : « En tant que roi "très chrétien", qui a juré le jour de son sacre de défendre l'église et de chasser toute hérésie de son royaume, il ne peut pas agir autrement. Mais est-il aussi pieux que sa sœur ? Aucune certitude à ce sujet mais tous les indices montrent que le roi se comporte en bon catholique ». . Bien qu'il ne soit peut-être pas aussi pieux que sa sœur Marguerite, il prie chaque matin dans sa chambre, communie régulièrement dans les deux espèces et se rend bien sûr à la messe après le conseil des affaires. François I prend également part aux pèlerinages : dès son retour d'Italie en 1516, il se rend à la Sainte-Baume en Provence sur le tombeau de Marie-Madeleine. Plus tard, il part à pied avec ses courtisans rendre hommage au Saint-Suaire à Chambéry. Alors que les idées de la Réforme commencent à se répandre en France, François I garde initialement une attitude plutôt tolérante, sous l'influence de sa sœur Marguerite de Navarre, portée sur l'Évangélisme, sans rupture avec l'Église catholique. Le roi protège les membres du groupe de Meaux, persécutés durant son absence par les théologiens de la Sorbonne et sur les conseils de sa sœur nomme même précepteur de son fils Charles, Lefèvre d'Étaples qui s'était exilé à cause de ces persécutions. En revanche, dès 1528, l'Église de France entreprend des actions contre le développement de la nouvelle religion et propose aux réformés le choix entre l'abjuration et le châtiment. L'influence de Marguerite de Navarre est contrariée par celle de deux puissants conseillers proches du roi: les cardinaux Antoine Duprat et François de Tournon. Devant les actes de vandalisme perpétrés contre les objets du culte romain, François I se montre implacable et favorise la poursuite en justice des réformésLa répression déclenchée par François I commence bien avant l'affaire des Placards. Depuis le mois d'août jusqu'au 15 septembre 1534, soit deux mois avant cette affaire, le Roi diligente une commission afin de poursuivre les réformés sous la conduite de Bonaventure Thomassin, conseiller au parlement de Paris depuis 1521 et qui sera nommé en 1534, président du Parlement de Grenoble. L'action de cette commission initiée par des lettres patentes du roi données en Arles le 19 septembre 1533, plus d'un an avant l'exécution, aboutira à plusieurs condamnations à mort et à diverses autres peines. Le registre criminel du Parlement de Paris (côté 72) est malheureusement incomplet les vingt dernières feuilles ayant été arrachées (probablement à cause de l'implication de certains familiers de la Reine de Navarre, son aumônier Caroli et Michel d'Arande devenu précepteur du fils cadet du roi) ; le registre original a disparu, subsiste les extraits ; les lettres patentes ne sont mentionnées nulle part ailleurs. Cette commission fut envoyée et procéda à Alençon, fief de la « bonne sœur du Roi », de sa « mignonne », duchesse d'Alençon par son premier mariage. François I usurpe ainsi le pouvoir de la justice locale qu'il trouve trop molle à son goût. Références disponible via Gallica :
- Extraits inédits des registres du Parlement de Paris dans Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français 1859 (An 8) p. 62 et s.
- ibidem dans Bulletin historique et littéraire de la Société de l'histoire du protestantisme français 1884 t33 (An 3) p. 162 et s.
- B. Robert, La réforme à Alençon dans le Bulletin de la Société d'histoire du protestantisme français 1934 (An 83) p 92 et s.. Face aux actes iconoclastes, le roi participe personnellement aux cérémonies destinées à effacer ce qui est considérée pour l'époque comme un crime. Survient en octobre 1534 l'affaire des Placards, dans laquelle François I estime l'autorité royale bafouée et qui accélère en réaction le processus de persécution des protestants et l'amorce des guerres de religion en France. L'épisode le plus douloureux de cette répression, qui ternit la fin de règne de François I, est le massacre des Vaudois du Luberon, ralliés aux thèses de Calvin, des villages de Cabrières, Mérindol et Lourmarin, villages situées sur les terres de l'Église. Après publication d'un édit du Parlement d'Aix en 1540, resté lettre morte, François I décide de réprimer dans le sang les désordres de cette communauté. Grâce aux galères de Paulin de La Garde qui amènent des troupes du Piémont, Jean Maynier, président du Parlement d'Aix, et Joseph d'Agoult, baron d'Ollières, exécutent les ordres royaux avec un tel enthousiasme que même Charles Quint en exprime son émotion. Le durcissement de la politique de François I à l'égard de la religion réformée est vraisemblablement également liée aux accords secrets passés avec Charles Quint à l'occasion de la signature du traité de Crépy-en-Laonnois, accords qui obligent le roi de France à participer activement à l'éradication de la menace protestante en Europe et donc en France. Nonobstant ces accords, François I persiste dans sa politique de soutien aux princes protestants d'Allemagne.

Le français comme langue officielle

Éxtrait de l'ordonnance de Villers-Cotterêts Dans son château de Villers-Cotterêts dans l'Aisne, en 1539, François signe l'ordonnance royale qui fait du français la langue officielle exclusive de l'administration et du droit en lieu et place du latin. Le même document impose aux prêtres d'enregistrer les naissances et de tenir à jour un registre des baptêmes. C'est le début officiel de l'état civil en France et les premiers enregistrements avec filiation au monde.

La politique financière

Les constructions se révèlent être un gouffre financier alors que l'effort de guerre contre Charles Quint mobilise des sommes énormes. Pour faire face à la situation, le roi augmente les taxes: la taille, payée par les paysans, est plus que doublée, et la gabelle, payée sur le sel, est tripléeprovoquant des émeutes, notamment à la Rochelle en 1542.. Contrairement à la plupart de se prédécesseurs, en particulier pour les décisions à caractère fiscal, François I ne convoque pas les états généraux durant son règne. François I utilise aussi de nouveaux moyens pour lever des fonds. Il se sépare de pierres précieuses appartenant à la couronne et aliène des territoires royaux qui lui apportent les fonds nécessaires au financement de sa politique. Le roi innove également avec la vénalité des charges et offices gouvernementaux et fonctionnariaux. Ainsi, de nombreux bourgeois et nobles de grandes familles accèdent aux plus hautes charges de l'État par leur seule fortune. Les postes les plus prisés sont les notaires et secrétaires de la Chancellerie de Paris, qui rédigent et authentifient les lois. Bien qu'il n'abuse pas de ce dernier moyen, c'est certainement le début d'un phénomène destiné à s'amplifier et donc à affaiblir plus tard l'administration du pays malgré un pouvoir de plus en plus centralisé. Par l'édit de Châteauregnard (21 mai 1539), François I crée également la première loterie d'État, sur le modèles des blancques existant déjà dans plusieurs villes italiennes. Enfin, comme lors de l'affaire du connétable Charles de Bourbon, François I ne recule pas devant les procédés douteux pour résoudre les problèmes financiers de la couronne. L'exemple le plus frappant en est le procès intenté à Jacques de Beaune, baron de Semblançay, principal intendant des finances depuis 1518 et accusé lors d'un procès intenté par le roi en 1524, de détournement des fonds destinés à la campagne d'Italie. Bien qu'ayant réussi à se justifier lors de ce procès, il est arrêté en 1527, accusé de concussion, condamné à mort et exécuté à Montfaucon. Lors de sa réhabilitation, il apparaît qu'il avait surtout eu le tort d'être un créancier important de François I.

Fiefs réunis à la couronne

La France sous François I, ses acquisitions et les demeures royales. La majeur partie des acquisitions du domaine royal se limitent aux fiefs de la famille de François I et de son épouse, réunis à la couronne lors de son sacre, tel le comté d'Angoulême, érigé en duché et offert à Louise de Savoie, qui le redonnera à la couronne à sa mort en 1531. En 1523, le domaine du roi s'étend au duché de Bourbonnais, au comté d'Auvergne, de Clermont, de Forez, de Beaujolais, de la Marche, de Mercœur et du Montpensier (la plupart de ces terres sont confisquées au connétable de Bourbon en 1530 après sa trahison). En 1525, la couronne acquiert le duché d'Alençon, le comté du Perche, d'Armagnac, du Rouergue et en 1531, le Dauphiné d'Auvergne. La Bretagne était déjà en cours de rattachement à la couronne de France depuis 1491, la duchesse de Bretagne Anne ayant épousé Charles VIII puis Louis XII. Le duché entre alors dans une ère assez prospère, dont la paix n'est perturbée que par quelques expéditions anglaises, telle celle de Morlaix en 1522. François I en hérite en épousant la fille d'Anne de Bretagne, Claude de France, puis cède le duché à son fils après le décès de sa femme en 1524. François, conscient que la Bretagne fut toujours hostile à tout rattachement au royaume de France, y envoie Antoine Duprat qui devient ainsi chancelier de Bretagne en 1518. En 1532, année de la majorité du duc-dauphin, François I réunit les états à Vannes le 8 décembre en demandant une union réelle et perpétuelle moyennant le respect de leurs droits et privilèges fiscaux. Le 6 août, il fait couronner son fils à Rennes qui devient François III de Bretagne. Le 13 août, il signe l'édit d'union du duché à la couronne. La Bretagne est ainsi rattachée définitivement au royaume, elle sera le symbole de la réussite de François I dans son agrandissement territorial du domaine royal. Claude de France, lors de son mariage apportera également en dot le comté de Blois, le Soissonnais, les seigneuries de Coucy, Asti et Montfort. À part les conquêtes du Milanais au début du règne de François I et l'acquisition temporaire de la Savoie et du Piémont, le règne de François I sera relativement pauvre en conquêtes étrangères, ayant échoué dans sa revendication du royaume de Naples.

Mort du Roi

Urne contenant le cœur de François I à la Basilique de Saint-Denis, France François I meurt d'une septicémie le 31 mars 1547 au château de Rambouillet et est enterré le 23 mai avec sa première femme la duchesse de Bretagne Claude de France à la basilique Saint-Denis. Son deuxième fils Henri II lui succède. Anne de Pisseleu, sa maîtresse, est contrainte de quitter la cour. La tombe de François I fut profanée pendant la Révolution, le 20 octobre 1793, en même temps que celle de sa mère et de sa première épouse.

Portrait de François I

François I anonyme, vers 1515

Physionomie de François I

L'image la plus courante de François I, visible dans ses nombreux portraits tels celui de Jean Clouet de 1530, présente un visage calme avec un nez proéminent tout en longueur. Un autre portrait de profil réalisé par Titien confirme cette silhouette, avec une petite bouche lançant un sourire malicieux et des yeux en amandes. Nous devons à un soldat gallois, présent au camp du Drap d'Or en 1520, une des meilleures descriptions du roi : Sa taille atteint un mètre quatre-vingt. Sa tête est bien proportionnée, malgré une nuque fort épaisse. Il a des cheveux châtains, bien peignés, une barbe de trois mois d'une couleur plus foncée, un nez long, des yeux noisette injectés de sang, le teint laiteux. Ses fesses et cuisses sont musclées, mais, au-dessous des genoux, ses jambes sont maigres et arquées, ses pieds longs et complètement plats. Il a une voix agréable mais il a la manie « peu royale » de rouler ses yeux continuellement vers le ciel. Il mesure en réalité entre 1m 95 et 2mquid 2005, p.750. ce qui est tout à fait inhabituel pour l'époque.

Psychologie de François I

D'après les différents portraits de ses contemporains, par son éducation rigoureuse et par sa correspondance avec sa famille, on sait d'ores et déjà que François I est assez intelligent, curieux et largement ouvert d'esprit, s'intéressant à tout sans être pour autant érudit, prêt à discuter de toutes sortes de sujets avec une assurance souvent mal fondée, et très courageux, se rendant lui-même sur le champ de bataille et combattant avec bravoureBrantôme donne une explication des traits de caractères du roi: Le grand roy François, ce nom lui fut donné, non tant pour la grandeur de sa taille et corpulence, qui estoit très belle, et majesté royale très riche, comme pour la grandeur de ses vertus, valeurs, beaux faicts et hauts merites, ainsi que jadis fut donné à Alexandre, à Pompey et à d'autres. Il fait toutefois preuve d'un égoïsme marqué d'enfant gâté, d'un manque d'implication et d'un tempérament impulsif qui lui vaut certains déboires dans l'art militaire. Tout en sachant l'autorité qu'il doit à Dieu et l'image qu'il représente, François I marque un certain rejet pour un protocole souvent trop rigoureux et prend quelques libertés, ce qui fait de la cour de France un lieu assez décontracté. Il impose parfois des conventions mais peut passer outre l'étiquetteRobert Knecht, article "Un souverain en toute intimité". Historia n°101.. La légèreté de François I dans sa vie curiale ne doit pas occulter un véritable sens de ses responsabilités royales. Marino Cavalli, ambassadeur de Venise de 1544 à 1546Niccolo Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens sur les affaires de France au , t.1, Paris, Impr. royale, 1838, insiste, dans un rapport au sénat, sur la volonté du roi français: A noter que Marino Cavalli était un fervent admirateur de François I: . Dans la victoire comme lors des revers militaires, François I se distingue par un courage vif mais mal maîtrisé. C'est en revanche un médiocre stratège, tirant mal parti des innovations technologiques de son temps. L'exemple de la bataille de Pavie est édifiant: François I place son artillerie, pourtant l'une des plus performantes d'Europe, derrière sa cavalerie, et lui ôte ainsi toute efficacité.

Un homme aimant beaucoup les femmes

Françoise de Foix Durant son règne, François I ne cache pas son goût pour les plaisirs courtois et l'infidélité. On prête au roi cette phrase : « Une cour sans femmes, c'est comme un jardin sans fleurs », montrant à quel point le roi comptait sur la présence féminine à la cour de France, imitant ainsi les cours italiennes dans lesquelles le féminin était un symbole de grâce. Parmi ses maîtresses, on peut citer Françoise de Foix, comtesse de Châteaubriant, supplantée par Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes et demoiselle d'honneur de Louise de Savoie au retour de François I après sa captivité espagnole, ou encore la femme de l'avocat Jean Ferron, surnommée "la belle ferronière". On peut aussi citer la comtesse de Thoury et même une dame inconnue, dont le roi aura un fils, Nicolas d'Estouteville. Certaines de ces femmes ne joueront pas seulement le rôle de maîtresse du roi. Quelques unes d'entre-elles auront également une influence politique, telle Anne de Pisseleu ou encore la comtesse de Thoury, à l'origine de la construction du château de Chambord.

Mariages

Éléonore de Habsbourg par Joos van Cleve
- Le 18 mai 1514, il épouse Claude de France (1499-1524), fille du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne. Elle apporte en dot le duché de Bretagne, les Comtés de Blois, Coucy, Ast et Monfort ainsi que les droits à la succession du duché de Milan et une cassette de 100 000 écus d'orRené Guerdan, François I, p53.. Elle est sacrée Reine de France à Saint-Denis le 10 mai 1517.
- Le 7 août 1530, il épouse en secondes noces Éléonore de Habsbourg (1498-1558) sœur de Charles Quint, veuve du roi Emmanuel I de Portugal et fille de Philippe I de Habsbourg et de la reine Jeanne I de Castille. Sacrée à Saint-Denis en 1531, elle ne donnera pas d'enfants à François I.

Descendance

Claude de France, I épouse de François I, donnera naissance à sept enfants dont deux décèderont en bas âge.
- Louise (1515-1518), promise en mariage à Charles Quint.
- Charlotte (1516-1524).
- François (28 février 1518 - 10 août 1536) 1 dauphin dit "de Viennois", duc de Bretagne.
- Henri (31 mars 1519 - 10 juillet 1559). Second dauphin, il succède à son père sous le nom d'Henri II.
- Madeleine (10 août 1520 - 2 juillet 1537). Elle épouse Jacques , roi d'Écosse (1512-1542).
- Charles (22 janvier 1522 - 9 septembre 1545), duc d'Angoulême puis duc d'Orléans.
- Marguerite (5 juin 1523 - 14 septembre 1574). Elle épouse en 1559 Emmanuel-Philibert (1528-1580), duc de Savoie. Certains attestent d'un huitième enfant, Philippe, né en 1524 et mort en 1525, ce qui laisserai croire que Claude de France serait morte en couches.
Descendance illégitime :
François I eut également d'une dame inconnue un fils qui ne fut pas légitimé par la suite.
- Nicolas d'Estouteville, seigneur de VillecouvinGénéalogie complète des rois de France, Jean-Charles Volkmann, p40.

Emblème

La salamandre, emblème de François I au château de Chambord Plusieurs sources diffèrent quant à l'origine de la salamandre comme symbole de François IMarie Holban: De la guivre des Visconti à la salamandre de François I. Extrait de la revue Archilevor, III, Bucarest.: Une tradition voudrait que François ait reçu cet emblème de son précepteur, Artus de Boisy, qui avait observé dans son élève, . Mais c'est oublier qu'on trouve déjà une salamandre dans l'emblème du comte Jean d'Angoulême, frère cadet de Charles d'Orléans, et qu'un manuscrit exécuté pour Louise de Savoie en 1504, porte lui aussi une salamandre. La thèse selon laquelle l'animal fut apporté à François I par Léonard de Vinci est une version romancée. La salamandre, symbolise généralement le pouvoir sur le feu, donc sur les hommes et sur le monde. La devise Nutrisco & extinguo (« Je m'en nourris et je l'éteins »), qui accompagne parfois cet emblème, prend tout son sens lorsqu'on se réfère au pouvoir sur le feu. On la retrouve sur énormément de plafonds et de murs du château de Chambord et de celui de Fontainebleau, et sur les armes de la ville du Havre et sur celles de Vitry-le-François ainsi que sur le logo du département de Loir-et-Cher. Cet animal un peu magique est censé éteindre les mauvais feux et attiser les bons.

Toponymie

- La ville de Vitry-le-François conserve le souvenir de François I, qui la fit rebâtir, d'où son nom.
- Franciscopolis est le premier nom donné à l'actuelle ville du Havre, dont François I décida la construction.
- Il existe de nombreux lycées François-I, tels les lycées du Havre et de Fontainebleau ainsi que des collèges comme ceux de Villers-Cotterêts et Vitry-le-François.

Citations

Le blason de François I, roi de France. François retire les caractéristiques de la famille de Valois-Angoulême en haut du blason, lors de son couronnement.
- .
- On lui prête cette formule qu'il redira à maintes reprise durant son règne, mais on sait désormais qu'il ne l'a pas dit en premier: en effet, l'expression trouve son origine dans le droit romain : quod principi placuit legis habet vigorem= « ce qui plaît au prince a force de loi ». Là ou François I innove, c'est qu'il le rédige en français et d'une manière plus familière. Le roi s'exprime à la première personne du pluriel, ce qui est l'usage depuis les débuts de la royauté.
-
-
- après la bataille de Pavie
- d'après Nicolas Le Roux, maître de conférences à Paris IV-Sorbonne dans son article "La cour devient le théâtre de sa majesté".

Cinéma

François I a inspiré de nombreux cinéaste et acteurs.
- François I et Triboulet, le rôle est tenu par un acteur inconnu. Ce film a été réalisé par Georges Méliès en 1907 et sorti en 1908, il s'agit du premier film dans lequel ce roi fut représenté.
- Claude Garry reprend le rôle en 1910
- Aimé Simon-Girard en 1937
- Fernandel en 1937 dans le film François I n'interprète pas le rôle du roi mais il le rencontre à la Cour.
- Sacha Guitry en 1937 dans le film Les Perles de la couronne
- Gérard Oury en 1953
- Jean Marais en 1955 dans le film Si Paris nous était conté
- Pedro Armendáriz en 1956
- Claude Titre en 1962
- Bernard-Pierre Donnadieu en 1990

Voir aussi

Sources partielles

-
- Les Revues Historia-Thématique n°101 et 107 ayant pour nom Le grand siècle de François I et Éducation, culture, Écologie, Ces rois qui ont tout changé ont servi à la quête de données et d'informations, notamment dans les parties Biographie et Relation avec Charles Quint.
- Michelet, Renaissance et Réforme, dans son édition "Bouquins", pour "Portrait de François I", notamment "Psychologie de François I".
- Niccolo Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens sur les affaires de France au , t.1, Paris, Impr. royale, 1838. pour "Portrait de François I".
- Roger Doucet, Étude sur le gouvernement de François I dans ses rapports avec le parlement de Paris, Paris, Champion, 1921-1926, II. pour "Politique financière", et en grande partie pour "fiefs réunis à la couronne".
- Lucien Romier, Les Origines politiques des guerres de Religion, Paris, Perrin, 1914, t.2. pour "Politique intérieure, Religion".
- Arlette Jouanna (sous la direction), Histoire et dictionnaire des guerres de Religion, Bouquins, 1998. pour "Politique intérieure, Religion".
- René Guerdan, François I, J'ai lu, 1986.

Bibliographie

Ouvrages anciens

- Sa Vie a été écrite par Antoine Varillas, 1655, et par Gabriel-Henri Gaillard, 1766.

Ouvrages contemporains

- Auguste Bailly, François I, Paris, 1954.
- P.Bellet, François I, roi de France, restaurateur des lettres et des arts, Paris, 1936.
- Bosquet, François I et son siècle, Rouen, 1873.
- André Castelot, François I, Librairie Académique Perrin, 1983.
- A. Champollion-Figeac, La Captivité de François I, Paris, 1847.
- Dr L.Cullerier, De quelle maladie est mort François I ?, Paris, 1962.
- L.Dimier, Le Château de Fontainebleau et la cour de François I, Paris, 1930.
- Dolet, Les Gestes du roi Françoys, Lyon, 1540.
- Roger Doucet, Étude sur le gouvernement de François I dans ses rapports avec le parlement de Paris, Paris, Champion, 1921-1926, II.
- J. Duhamel, La Captivité de François I, Paris, 1981.
- B.Fillon, La Jeunesse de François I et ses premières amours, Paris, 1923.
- Gachard, La Captivité de François I et le traité de Madrid, Bruxelles, 1860.
- G.H.Gaillard, Histoire de François I, Paris, 1766, 1769.
- René Guerdan, François I, J'ai lu, 1986.
- Christiane Gil, Les Femmes de François I ; Mère, sœur, épouses, maîtresses, Pygmalion, 332p.
- Francis Hackett, François I 1494-1547, Payot, 1984.
- M.Heim, François I et les femmes, Paris, 1956.
- A.Huillard-Breholles, Documents sur François I, 1886.
- Jean Jacquart, François I, Paris, Fayard, 1981.
- Robert-Jean Knecht, Un Prince de la Renaissance : François I et son royaume, 1998.
- Jack Lang, François I ou le Rêve Italien, Pocket, 1999.
- Collectif dirigé par Denis Lavalle, De l'Italie à Chambord; la chevauchée des princes français, Somogy, 2004.
- Sylvie Le Clech, François I, Tallandier, collection: "Les rois de France".
- Mathurin Lescure, François I, 1494-1547, P.Ducrocq, 1878.
- L.Madelin, François I, le souverain politique, Paris, 1937.
- Michelet, Renaissance et Réforme.
- F.Mignet, Rivalité de François I et de Charles Quint, Didier et cie, 1876.
- Lévis, duc de Mirepoix, François I, Paris, 1931.
- M.Rey, Histoire de la captivité de François I, Paris, 1837.
- R.Rudler, François I, Paris, 1980.
- Charles Terrasse, François I, le roi et son règne, 3 vol, Paris, 1943, 1970.
- Ion Ursu, La Politique orientale de François I, (1515-1547), H. Champion, 1908.

Revues

- « Le grand siècle de François I », Historia thématique, n° 101, mai-juin 2006. ===
Sujets connexes
Absolutisme   Affaire des Placards   Agnès Sorel   Aisne (département)   Aix-la-Chapelle   Alfonso de Avalos   Aliénor de Portugal   Alpes   Amboise   Andrea del Sarto   André Castelot   Angleterre   Angoulême   Anne de Bretagne   Anne de Montmorency   Anne de Montmorency (1492-1567)   Anne de Pisseleu   Antoine Duprat   Antoine Varillas   Antonio de Leiva   Apanage   Arabesque (architecture)   Archevêque   Argentière   Artisanat   Artus Gouffier de Boissy   Asti   Autriche   Baptême   Bataille de Cérisoles   Bataille de Pavie   Bataille de la Bicoque   Beaujolais   Benvenuto Cellini   Bernard-Pierre Donnadieu   Bernard van Orley   Bibliothèque nationale de France   Blois   Boccador   Bohême   Bois de Boulogne   Bologne   Bonaventure Des Périers   Bordeaux   Boulogne-sur-Mer   Bourbonnais   Bourbonnais (duché)   Bretagne   Bruges   Brésil   Cabrières-d'Avignon   Cambrai   Camp du Drap d'Or   Cantons suisses   Capétiens   Cardinal (religion)   Chambéry   Chancelier de France   Charlemagne   Charles III de Bourbon   Charles II d'Orléans (1522-1545)   Charles Quint   Charles VIII de France   Charles d'Orléans (1459-1496)   Charles de Lannoy   Charles de Valois (1270-1325)   Charles le Téméraire   Charolais   Château   Château d'Amboise   Château de Blois   Château de Chambord   Château de Fontainebleau   Château de Madrid   Château de Rambouillet   Château de Saint-Germain-en-Laye   Châtellerault   Civray (Vienne)   Claude Chapuys   Claude Garamond   Claude Titre   Claude d'Annebaut   Claude de France (1499-1524)   Clos Lucé   Clément Marot   Clément VII   Clément VII (pape)   Cognac   Cognac (Charente)   Collège de France   Comtes et princes de la Maison de Nassau   Comté d'Artois   Comté d'Auvergne   Comté de Flandre   Comté de la Marche   Concordat de Bologne   Connétable   Corneille de Lyon   Coucy   Crépy (Aisne)   Cénacle de Meaux   Daniel   Dix-sept Provinces   Donjon   Droit   Duc d'Enghien   Duc d'Orléans   Ducat   Duché de Bourgogne   Duché de Milan   Duché de Parme   Duché de Savoie   Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580)   Empire colonial espagnol   Empire ottoman   Espagne   Famille Robertet à la Renaissance   Ferdinand II d'Aragon   Fernandel   Ferrare   Filiation   Floride   Florin   Fontainebleau   Forez   France   Francesco Melzi   Franz von Sickingen   Français   François II Sforza   François II de Tournon   François Ier (film)   François de Bourbon (1519-1546)   François de France (1518-1536)   Françoise de Foix   Frédéric III du Saint-Empire   Fère-en-Tardenois   Gabriel-Henri Gaillard   Galata   Gallarate   Galère   Gaspé   Geoffroy Tory   Georges Méliès   Giovanni da Verrazano   Girolamo de Robbia   Grand Conseil (France)   Grand maître de France   Grenoble   Guerres d'Italie   Guerres de religion (France)   Guillaume Budé   Guillaume Gouffier de Bonnivet   Guillaume Pellicier   Guinée   Guy XVI de Laval   Gérard Oury   Habsbourg   Haute-Navarre   Henri II de France   Henri VIII d'Angleterre   Histoire de la Franche-Comté   Hongrie   Hôtel de ville de Paris   Imprimerie   Intendant des finances   Isabelle de Bourbon   Isabelle de Portugal (1428-1496)   Italie   Jack Lang   Jacob Fugger   Jacques Cartier   Jacques II de Chabannes de La Palice   Jacques Lefèvre d'Étaples   Jacques V d'Écosse   Jacques de Beaune   Jean-François de La Rocque de Roberval   Jean Ango   Jean Calvin   Jean Clouet   Jean II d'Aragon   Jean II de Castille   Jean II de France   Jean Jacquart   Jean Marais   Jean Maynier   Jean du Tillet   Jeanne Enríquez   Jeanne Ire d'Espagne   Joos van Cleve   Joseph d'Agoult   Josse Bade   Jules II   Jules Michelet   La Belle Ferronière   La Comtesse de Thoury   La Rochelle   Langue officielle   Languedoc   Latin   Lautrec   Le Havre   Les Perles de la couronne   Lisieux   Liste des comtes et ducs d'Angoulême   Liste des souverains de Milan   Liste des souverains du Saint-Empire   Loire (fleuve)   Londres   Lorraine   Loterie   Louis II de La Trémoille   Louis Ier d'Orléans   Louis XII de France   Louise de France (1515-1518)   Louise de Savoie   Lourmarin   Lycée François-Ier   Lycée Saint-Benoît   Lyon   Léon X   Léonard de Vinci   Madeleine de France (1520-1537)   Marguerite d'Autriche   Marguerite de France (1523-1574)   Marie de Bourgogne   Marie de Médicis   Marseille   Maréchal de France   Matthieu Schiner   Maximilien Ier   Maximilien Ier du Saint Empire   Maximilien Sforza   Maîtresse royale   Melegnano   Mellin de Saint-Gelais   Mercœur   Mexique   Michel-Ange   Milan   Modène   Monde (univers)   Mont-Cenis   Montfaucon   Montfort   Montpensier   Montréal   Morlaix   Musée du Louvre   Mérindol   Naissance   Naples   New York   Nice   Nicolas d'Estouteville   Nouvelle-Amsterdam   Nouvelle-France   Odet de Foix   Ordonnance de Villers-Cotterêts   Orléans   Oronce Fine   Paix des Dames   Palais du Louvre   Pape   Paris   Parlement d'Aix   Parme   Paul III   Paulin de La Garde   Pavie   Pays-Bas bourguignons   Pedro Armendáriz   Pedro Navarro   Philippe III de France   Philippe II de Bourgogne   Philippe Ier de Castille   Philippe Ier de Nassau   Pierre Chambiges   Pierre Terrail de Bayard   Piémont   Poitiers   Productivité   Prospero Colonna   Provence   Prêtre catholique   Québec   Raphaël (peintre)   Reims   Renaissance (période historique)   Renaissance artistique   Renaissance française   Rennes   Richard Parkes Bonington   Robert Estienne   Rois catholiques   Rosso Fiorentino   Royaume d'Aragon   Royaume de Castille   Royaume de Grenade   Royaume de Naples   Royaume de Navarre   Royaume de Pologne (1385–1569)   Réforme protestante   Régence   République de Venise   Révolution française   Saalfeld   Sacha Guitry   Sacre   Saint-Dizier   Saint-Germain-en-Laye   Saint-Malo   Salamandre (créature fantastique)   Samuel de Champlain   Saxe   Sebastiano Ricci   Septicémie   Sesia   Si Paris nous était conté   Siège de Mézières   Soliman le Magnifique   Sumatra   Suzanne de Bourbon   Suze   Taille (impôt)   Terre-Neuve   Thomas Wolsey   Thomas de Leu   Titien   Tombe   Tournai   Traité de Dijon   Traité de Fribourg   Traité de Madrid (1526)   Traité de Noyon   Trois-Évêchés   Turquie   Urbin   Valentine Visconti   Valentine Visconti (1368-1408)   Vannes   Vaudois du Luberon   Vice-roi   Villa Farnèse   Villers-Cotterêts   Vitry-le-François  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^