Urartu

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Représentation du roi urartéen Sarduri II sur un char. Urartu fut un royaume constitué vers le autour du lac de Van, dans l'actuelle Turquie ; son territoire s'étendait également sur les pays voisins : Arménie, nord-ouest de l'Iran, nord de la Syrie et de l'Irak, sud de la Géorgie (expansion maximale). Cet état est appelé Biai ou Biainili par ses habitants mais Uruatri et Urartu dans les sources assyri
Urartu

Représentation du roi urartéen Sarduri II sur un char. Urartu fut un royaume constitué vers le autour du lac de Van, dans l'actuelle Turquie ; son territoire s'étendait également sur les pays voisins : Arménie, nord-ouest de l'Iran, nord de la Syrie et de l'Irak, sud de la Géorgie (expansion maximale). Cet état est appelé Biai ou Biainili par ses habitants mais Uruatri et Urartu dans les sources assyriennes.

Constitution

Le processus d'unification des tribus montagnardes dure longtemps et n'aboutit qu'au . C'est en -855, qu'apparaît pour la première fois l'Urartu dans les tablettes assyriennes, avec la mention d'un roi, un certain « Aramu d'Urartu ». Les conflits armés et la rivalité entre les puissances assyrienne et ourartéenne vont s'alterner avec des périodes d'entente. Le monde connaît le nom de l'Urartu, car c'est lui qui se cache, dans la Bible, sous celui d'Ararat. La civilisation de l'Urartu, brillante mais éphémère, reste souvent mal connue. Ce royaume, qui exista du , constitué par un peuple apparenté aux Hourrites sur un territoire centré sur le lac de Van, s'étendait à son apogée jusqu'en Arménie. Sa capitale s'appelait Tushpa. Certains rois ont fait composer des annales, à l'image de leurs homologues assyriens où ils commémoraient leurs exploits militaires et leurs grands travaux. Les textes les plus anciens sont rédigés en langue assyrienne, les plus récents en urartéen ; cette langue n'est ni sémitique, ni indo-européenne. Elle appartient à la même famille que le hourrite. Dès le départ, la dette des Urartéens à l'égard de leurs voisins assyriens est importante, mais leur dépendance culturelle va diminuer sous les règnes d'Ishpuhini (ou Ishpuinis) et de Menua (ou Menuas) qui mettent en place les fondations du royaume.

Histoire

Origines

Le peuple urartéen semble être tout comme les Hourrites un descendant de la culture du Kuro-Araxe, qui s'épanouit en Transcaucasie dans le courant du - millénaire (datation mal connue), avant de s'étendre vers le sud. Le fait que la langue urartéenne présente de nombreux traits communs avec la langue hourrite de la fin du millénaire (ou du moins de ce que l'on en connaît) semble indiquer que la séparation des deux groupes est alors récente, et a dû se faire vers le milieu de ce millénaire. La civilisation urartéenne telle qu'on la connaît par la suite prend naissance dans la seconde moitié du millénaire dans la région du lac de Van, qui reste longtemps le centre politique du royaume d'Urartu. En face d'eux, les Urartéens ont vite été confrontés aux Assyriens, dont ils subissent une forte influence. Ceci explique que la civilisation de ce pays ait des traits communs avec celles des Hourrites et d'Assyrie. L'Urartu de 860 à 840. Dans les premiers temps, l'Urartu est un adversaire insignifiant pour la puissance assyrienne. Il est mentionné pour la première fois par Salmanazar Ier au siècle, sous le nom d'Uruartri. Les Assyriens ne se privaient néanmoins pas de campagnes punitives en direction des pays situés au nord de leur royaume, dans la région qu'ils nomment Naïri, dont l'Urartu fait partie. Tukulti-Ninurta Ier y mène une campagne victorieuse. Pendant l'affaiblissement de l'Assyrie au siècle, un royaume se forme après la réunion des principautés urartéennes et prend petit à petit de l'importance au début du siècle. Vers 850, Salmanazar III attaque le faible roi Arame (850-840) et le chasse de sa capitale, Arsashku, avant de piller la ville et le pays alentour.

La montée en puissance

Inscription de Sarduri Ier, Tushpa. Le successeur d'Arame (qui ne semble pas être son fils), Sarduri Ier (840-830), pose les bases de la future extension de son royaume malgré son court règne, en transférant sa capitale à Tushpa et en s'étendant sur la région environnante, devenant maître du lac de Van. L'Urartu suit l'exemple assyrien, et se lance dans des campagnes depuis les environs du lac de Van. Il peut même repousser une offensive de ses voisins du sud. Il se proclame alors dans une inscription en assyrien retrouvée à Tushpa « roi de l'Univers, roi des rois, roi de la terre de Naïri ». L'Urartu de 820 à 785. Ishpuhini (830-810) conquiert la région de Musasir, à l'est, la ville sainte de la région, résidence du dieu national Haldi. L'Urartu possède maintenant ses deux principaux centres, Tushpa, sa capitale politique, citadelle bâtie sur les bord du lac de Van sur un site idéalement placé, dur à assiéger, et sa capitale religieuse, Musasir (dont la localisation est encore incertaine), grand lieu de pèlerinage et de ce fait ville très riche. L'organisation du royaume autour de ce type de forteresses, lieux de stationnement de troupes, d'échanges et d'entrepôt importants, se dessine à cette période. Ishpuhini poursuit sur sa lancée en s'emparant du lac d'Orumieh (pays de Parsua), où résident notamment les Mèdes. Il se nomme sobrement « roi de Biainili ». Son fils Menua (810-785), associé au trône vers la fin du règne d'Ishpuini (820-810), s'empare de l'Alzi, au nord de l'Assyrie et oblige le roi de Milid à lui payer un tribut. Il prend possession de la vallée de la Murat, puis commence à imposer la puissance urartéenne dans la riche vallée de l'Araxe au nord. Les règnes d'Ispuhini et de Menua marquent un grand changement pour l'Urartu, qui devient un royaume puissant. C'est à cette époque que le panthéon du royaume s'établit. Les souverains commencent aussi à entreprendre de grand travaux, dont le plus remarquable est le canal de Menua, qui existe encore de nos jours, et amène de l'eau depuis le sud du lac de Van vers Tushpa sur plus de 80 km. Menua est un grand bâtisseur, qui construit ou répare des forteresses, et embellit divers temples. Son successeur Argishti Ier (785-756) s'avère un redoutable guerrier. Il continue la poussée vers le nord, en direction du Caucase, et s'empare totalement de la riche vallée de l'Araxe, menant des campagnes jusque dans la région de l'actuelle Erevan. Il fonde d'autres villes destinées à servir de relais commerciaux entre les régions riches en minéraux du nord de l'Anatolie et les cités du lac de Van, notamment Erebouni dans la vallée de l'Araxe. Argishti I combat aussi vers l'ouest, en Métilène, puis au Tabal, où il substitue son influence à celle de l'Assyrie, qui traverse alors une période difficile. Le général Shamshi-ilu, principale personnalité assyrienne de l'époque, mène six campagnes contre Argishti, mais il ne réussit pas à l'affaiblir. L'Urartu, situé au carrefour de régions riches, devient ainsi le maître d'un commerce très lucratif, qui va l'aider à gagner de la puissance. Inscription de Sarduri II en urartéen. L'Urartu à son extension maximale en 743. Le royaume continuera son ascension sous le règne de Sarduri II (756-730), qui monte des expéditions visant à s'emparer de régions situées au nord-est de la Syrie, dans la vallée du haut Euphrate, et soumet définitivement le royaume de Milid. Il soumet la Métilène et la Commagène (Kummuhu), coupant la route amenant des métaux à l'Assyrie depuis le Taurus. Il finit aussi d'assurer sa domination dans la vallée de l'Araxe, et s'empare de la région autour des lacs de Çildir et de Sevan. Au nord-ouest, il affronte le roi de Qulha (Colchique). Le royaume est alors le plus puissant de la région, et constitue un rival dangereux pour une Assyrie au plus mal, qui va devoir réagir face à cet ennemi qu'elle n'avait pas vu venir, et qui commence à l'encercler par son expansion vers l'ouest et l'est. Quelques petites troupes assyriennes sont défaites au cours d'affrontements de moyenne importance. Mais quand Sarduri II prend des alliés de son contemporain Assur-Nerari V, le véritable affrontement entre ces deux puissances s'annonce inévitable, et il tourne en la faveur de l'Urartéen, qui réussit à mettre en déroute son adversaire vers 753. C'est alors l'apogée de la puissance de l'Urartu.

L'opposition Urartu-Assyrie

L'Urartu de 735 à 715. Mais les dix dernières années du règne de Sarduri II coïncident en Assyrie avec l'avènement de Teglath-Phalasar III, qui rétablit la puissance de l'Assyrie, et cherche à abattre l'Urartu, devenu un rival trop dangereux. Peu de temps après son intronisation, il attaque les alliés et vassaux de Sarduri II, Arpad, le Milid, Gurgum, Kummuhu, Karkemish, et Que. Ceux-ci sont mis à mal, et appellent au secours le roi d'Urartu. Ce dernier intervient, mais est battu à plate couture par les Assyriens en Commagène, et bat en retraite. Les alliés des Urartéens en Syrie tombent les uns après les autres, et Teglath-Phalasar III raffermit la puissance de son pays. L'Urartu n'est plus de taille à lutter. Sarduri II aura même à subir vers la fin de son règne une intervention de son impétueux adversaire, qui se glissera dans son pays jusqu'au portes de Tushpa, cependant trop bien gardée pour qu'il puisse s'en emparer. Tablette relatant la Huitième campagne de Sargon II, trouvée à Assur. Rusa Ier (730-714), porté au pouvoir par une révolution de palais après la défaite de son père, hérite d'une situation peu avantageuse, les ambitions de l'Urartu ayant été réduites par leur ennemi. Mais Teglath-Phalasar laisse l'Urartu tranquille après la leçon qu'il lui a infligée. C'est Sargon II qui va porter un coup de grâce au royaume du nord, affaibli mais toujours gênant. Il s'empare de Karkemish, du Kummuhu, de Milid, puis du Tabal. Rusa I voit sa tâche compliquée par un nouvel adversaire qui se présente : les Cimmériens, venus du nord du Caucase. Ils battent le dernier allié de l'Urartu, la Phrygie du roi Midas (Mita de Mushku dans les sources assyriennes), puis mettent en déroute Rusa I, et le forcent à battre en retraite. Sargon II a été informé de ses évènements par des espions postés en pays urartéen (des rapports envoyés par certains d'entre eux, postés jusqu'en Transcaucasie, ont d'ailleurs été retrouvés), et il juge le moment propice pour passer à l'offensive. C'est sa « huitième campagne » de 714, relatée dans un texte adressé par le roi à son dieu Assur. L'Urartu, qui n'a plus les moyens de se défendre, est mis à feu et à sang, la ville de Musasir est pillée, et la statue du dieu Haldi est emmenée en Assyrie. Sargon n'arrive néanmoins pas à frapper au cœur du pays urartéen, et Tushpa reste intacte. Dans le récit de Sargon, il est dit que Rusa s'est suicidé après sa défaite.

Les dernières années

L'Urartu de 680 à 610. L'Urartu dans ses dernières années. Après la défaite infligée par Sargon II, une sorte de paix s'instaure entre les deux puissances, qui restent alors chacune de leur côté. La présence de nouveaux dangers dans la région (Scythes, Cimmériens, Mèdes) paraît avoir entraîné cette paix entre les deux anciens rivaux. Alors que les Assyriens vont s'étendre vers le Proche-Orient, les Urartéens poussent vers le nord, en direction du Caucase. Le successeur de Rusa I, Argishti II (713-c.680), fait construire la forteresse d'Altintepe en Anatolie orientale près de Erzinçan. Les Cimmériens ravagent le pays sous son règne, l'affaiblissant encore plus, en le plongeant dans une période de troubles intérieurs. Rusa II, fils et successeur d'Argishti II, raffermit sa puissance et bâtit de grandes citadelles à Rusahinili/Toprakkale près de Van, et à Teishebani/Kamir Blur dans le vallée de l'Araxe après l'abandon d'Erebouni. Les évènements de la seconde moitié du siècle sont très mal connus. On sait que les Scythes pillent la région avant de dominer les Mèdes. Les citadelles urartéennes disparaissent toutes dans des destructions à cette période, mais la cause de ces évènements reste incertaine. Vers 590, le roi mède Cyaxare, après avoir abattu l'Assyrie, prend probablement l'Urartu qui n'était plus qu'un royaume faible et ne constituait qu'un obstacle dérisoire sur sa route vers l'Anatolie.

Art

Figurine urartéenne. Ce peuple est connu pour la qualité de son travail du bronze et la construction complexe de leurs citadelles, adaptées aux contraintes du terrain. De très belles pièces archéologiques sont présentées au musée des civilisations anatoliennes à Ankara ainsi qu'au musée d'histoire d'Arménie à Erevan. L'Urartu nous a laissé beaucoup d'objets, nous renseignant sur son activité artistique. Le royaume exportait ses productions, entre autres ses chaudrons, jusqu'en Grèce. Le chaudron d'Altintepe, portant quatre têtes de taureau à la place des poignées, date du . Les Urartéens contrôlaient de nombreuses mines de cuivre et de fer. Dans les villes, une importante activité métallurgique pouvait se développer. Le travail de l'ivoire a été aussi très développé par les Urartéens. Dans les pièces que l'on a découvertes, décorant le mobilier, on retrouve des motifs de griffon, de visage humain, des statuettes de lions, etc.

Les forteresse urartéennes

La forteresse de Van Kalesi, sous laquelle se trouvent les ruines de Tushpa. L'architecture urartéenne avait connu un développement très important. Dans ce domaine, l'influence de la tradition hittite/anatolienne semble avoir été aussi importante que celle venue de Mésopotamie du nord. Certains palais de cette région ont ainsi repris le modèle des mégarons anatoliens. L'architecture des édifices urartéens était avant tout adaptée à la configuration du pays, très montagneux. On a retrouvé plusieurs édifices de ce type répartis sur tout le territoire dominé par l'Urartu : Tushpa, la citadelle de Van Kalesi, est représentative du plus ancien stade des forteresses urartéennes, puisqu'elle a été érigée par Sarduri I, mais rénovée par la suite ; un second élan est représenté par Erebouni (Arin Berd), Argishtihinili (Armavir) et Sardurihinili (Cavustepe) ; Teishebani (Kamir Blur), Rusahinili (Toprakkale), Rusahinili Eidurukai (Ayanis), Rusai-urutur (Bastam) sont elles parmi les dernières forteresses dressées par les souverains d'Urartu. La plus récente paraît être Altintepe (nom antique inconnu). Maquette de la citadelle d'Erebouni (Arin Berd). Quelle était la fonction de ces forteresses ? Il s'agissait avant tout de centres administratifs, militaires destinés à administrer le territoire. Ces citadelles servaient à défendre la région (les habitants de la ville se réfugiaient dans la forteresse en cas de siège) et à en assurer le contrôle. Les bastions étaient ceints d'une muraille cyclopéenne constituée avec des blocs de pierre de plus de 20 tonnes. Certaines salles de la zone résidentielle de la citadelle d'Altintepe avaient un système d'évacuation des eaux, témoignant de la maîtrise dont faisaient preuve les bâtisseurs urartéens. On trouvait aussi dans ces citadelles des temples importants, comme les sanctuaires de Haldi retrouvés à Altintepe, à Erebuni. Mais elles avaient aussi un rôle économique, car elles contenaient d'importantes zones de stockage, où étaient emmagasinés les produits des impôts. Elles renfermaient aussi des ateliers, ou on travaillait notamment les métaux, ainsi que des pièces où on transformait les produits agricoles (pour faire de l'huile et du vin). Elles avaient donc un rôle certain dans les échanges, et on comprend mieux l'intérêt que les souverains urartéens avaient à bâtir autant de forteresses de ce type dans leur royaume, dont elles étaient une composante majeure, assurant son équilibre politique et économique, grâce à une gestion très stricte. Le pillage du sanctuaire de Musasir par Sargon II témoigne de la richesse des forteresses urartéennes : le palais a livré un équivalent de plus d'une tonne d'or et de 5 tonnes d'argent en objets précieux, et le temple de Haldi a livré une quantité impressionnante d'armes (plus de 300 000 pièces selon le texte !). L'architecture urartéenne a exercé une forte influence sur les peuples voisins, Mannéens (Hasanlu), Mèdes (Godin Tepe, Nush-i Jân) et Perses (Pasargades), qui reprennent une partie de cet héritage pour développer leur art.

Religion

Les dieux de l'Urartu

Bas-relief représentant le dieu Haldi se tenant sur un lion. Le grand dieu de l'Urartu est Haldi, qui est à l'origine une divinité obscure originaire du pays de Musasir. Lorsque Ishpuini s'empare de cette cité, il élève Haldi au rang de divinité tutélaire du royaume, à l'imitation de ce qu'est Assur en Assyrie. Le choix de cette divinité comme maître de l'Urartu peut paraître comme la volonté de ce peuple de se donner une divinité principale qui lui soit propre. Haldi était représenté comme un homme debout sur un lion. Son temple principal était situé dans la ville de Musasir. Sa parèdre est Bagbartu. Il est le dieu le plus révéré en Urartu, celui à qui s'adressent en priorité les souverains du royaume. Il est le dieu national du pays, qui guide les armées vers la victoire. Le couple Haldi/Bagbartu est propre au panthéon urartéen. Les autres divinités sont quant à elles communes avec le panthéon hourrite. On trouve ainsi en haut du panthéon le dieu Teisheba, équivalant du hourrite Teshub, dieu de l'orage, se tenant sur un taureau (il est proche du dieu syro-mésopotamien Addu/Adad), célébré dans la cité de Teishebani. Sa parèdre est Huba, l'équivalente de la déesse hourrite Hebat. Ensuite vient le dieu soleil Shiwini, (à rapprocher du hourrite Shimigi, et identifiable au mésopotamien Shamash). On trouve aussi d'autres divinités mineures.

Les lieux de culte

Représentation du temple de Haldi à Musasir d'après un bas-relief assyrien retrouvé à Dur-Sharrukin. Les temples urartéens avaient une forme particulière. Il s'agissait de tours (c'est le sens du mot susi, désignant ces temples), constituées d'une seule cella de plan quadrangulaire. Le temple le plus représentatif est celui du dieu Haldi à Altintepe. Il était situé au centre d'une cour carrée de 27 mètres de côté entourée par des galeries de colonnes en bois. Sa cella, ceinte par un mur de pierre épais, avait une longueur approchant les 14 mètres. À l'intérieur, ont été retrouvées de nombreuses armes offertes à Haldi : fers de lance, sceptres, masses d'armes, casques, boucliers. Elles étaient probabement accrochés au mur, comme on le voit dans la représentation du temple de Musasir que donne un bas-relief assyrien commémorant le pillage de celui-ci. Les dieux étaient aussi vénérés dans des sanctuaires en plein air, dans des niches taillées dans la roche. C'est d'ailleurs à l'une d'elles, retrouvée dans le sanctuaire rupestre de Meher-Kapesi, que l'on doit de nombreux renseignements sur le panthéon urartéen, puisqu'on y a retrouvé une liste de divinités vénérées dans ce pays ainsi que des sacrifices qu'on leur consacrait gravées sur le rocher.

Langue et écriture

Tablette inscrite en urartéen cunéiforme, règne de Sarduri III (milieu siècle). L'urartéen est une langue appartenant au même rameau linguistique que le hourrite. Il s'agit d'une langue agglutinante, peut-être apparentée à d'autres langues parlées à l'origine dans la Transcaucasie orientale. Pour la transcrire, les Urartéens ont utilisé l'écriture cunéiforme, en s'inspirant de sa forme néo-assyrienne. Ils écrivaient d'ailleurs aussi en assyrien, avant d'écrire dans leur propre langue. Ils ont aussi utilisé une écriture hiéroglyphique inspirée de celle des Hittites. La langue urartéenne a pu être traduite par l'Allemand Johannes Friedrich dans les années 1930 grâce à des inscriptions bilingues urartéen-assyrien.

Liste des rois d'Urartu

-Arame (v.855-833 ou 850-840)
-Sarduri (833-825 ou 840-830)
-Ishpuhini (825-806 ou 830-820)
-corégence d'Ishpuhini et de Menua (820-810)
-Menua (806-788 ou 810-785)
-Argishti (788-766 ou 785-756)
-Sarduri II (766-733 ou 756-730)
-Rusa (733 ou 730-714)
-Argishti II (714-685)
-Rusa II (685-645)
-Sarduri III (645-635) (dernier roi urartéen mentionné par les Annales royales assyriennes)
-Sarduri IV (635-625
-Erimena (625-605)
-Rusa III (605-590)
-Rusa IV (590-585)

Sites archéologiques

-Tushpa (Van Kalesi)
-Erebouni (Arin Berd)
-Teishebani (Karmir Blur)
-Toprakkale
-Altintepe
-Bastam

Voir aussi

Lien externe

- par Dominique Charpin, Directeur d'études à l'École pratique des hautes études.

Bibliographie

- M. Salvini, « L'Urartu », in B. Holtzmann (dir.), L'Art de l'Antiquité, 2. l'Égypte et le Proche-Orient, Gallimard, R.M.N, 1997, p. 320-351
- M. Salvini, Geschichte und Kultur der Urartäe, Darmstadt, 1995
- A. Kalantar, Materials on Armenian and Urartian History (with a contribution by Mirjo Salvini), Civilisations du Proche-Orient, Neuchâtel, Paris, 2004 Catégorie:Histoire de l'Arménie Urartu Catégorie:Région du Proche-Orient ancien ar:أرارات ca:Urartu cs:Urartu da:Urartu de:Urartu el:Ουραρτιάνοι en:Urartu es:Urartu fa:اورارتو fi:Urartu he:אוררטו hu:Urartu hy:Ուրարտու it:Urartu ja:ウラルトゥ ka:ურარტუ ku:Urartû lt:Urartija nl:Urartu no:Urartu pl:Urartu ru:Урарту simple:Urartu sk:Urartu sr:Урарту sv:Urartu tr:Urartular
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