Périurbanisation

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Les limites urbain/rural se déplacent régulièrement, toujours au détriment du rural. La ville « renouvellée sur elle-même » vise sa stabilisation (Colline de Voméro, Naples, Italie) La périurbanisation accélérée des capitales (ici stockholm, banlieu de Viksjö) se fait au détriment des espaces naturels et/ou agricoles périphériques, février 2007 Insularisation (par encerclement) de la forêt de Kabacki par la banlieue de Varsovie (Pologne, Février 2007) La ville de Londr
Périurbanisation

Les limites urbain/rural se déplacent régulièrement, toujours au détriment du rural. La ville « renouvellée sur elle-même » vise sa stabilisation (Colline de Voméro, Naples, Italie) La périurbanisation accélérée des capitales (ici stockholm, banlieu de Viksjö) se fait au détriment des espaces naturels et/ou agricoles périphériques, février 2007 Insularisation (par encerclement) de la forêt de Kabacki par la banlieue de Varsovie (Pologne, Février 2007) La ville de Londre a connu un phénomène d'étalement urbain particulièrement important, qui explique l'empreinte écologique élevée de cette conurbation L'habitat touristique privé et de loisir est parfois assimilé à une forme de périurbanisation éloignée. Lotissement périurbain, San José (Californie) La Périurbanisation est un processus d'extension spatial de la ville. Il s'inscrit dans le processus de métropolisation et peut s'expliquer par la conjecture de Zahavi. La périurbanisation (comme plus généralement toute séparation du lieu de travail et du lieu d'habitation) entraine d'importantes migrations pendulaires (déplacement quotidien entre l'habitat du citadin et son lieu de travail, s'effectuant toujours aux mêmes horaires). Elle a d'importants impacts environnementaux. Dans les contextes où seule la circulation routière a été favorisée ou soutenue, la périurbanisation est source d'une importante augmentation de la consommation d'espace, de fragmentation éco-paysagère du territoire, d'énergie et de gaz à effet de serre. Elle contribue fortement à l'augmentation de l'empreinte écologique des zones concernées. Bien que plus riches en espaces verts privés, les zones périurbanisées patissent des pics d'ozone, parfois plus qu'en centre ville d'où viennent les précurseurs photochimiques de l'ozone. L’INSEE appréhende le processus de périurbanisation au travers de la notion statistique d’Aire urbaine et de «couronne périurbaine» (Somme des communes d'une aire urbaine, à l’exclusion de son pôle urbain)

MécanismeD'après le cour de Géographie Urbaine de Paul Boino dispensé à l'Institut d'Urbanisme de Lyon

On pourrait croire que la périurbanisation relève essentiellement de la mythification dans l’esprit des français de la maison avec jardin, Graal ultime de la propriété foncière, mais pas seulement. En effet, les origines, puis l’essor de la périurbanisation relève avant tout des domaines politiques et économiques.

Facteurs politiques

Premier élément déterminant : le changement dans la politique du logement opéré sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, au milieu des années 1970. La politique de construction de logements collectifs par l’état menée jusque là a été remplacée par une politique d’aide à l’accession à la propriété, notamment par la bonification des taux d’intérêt pour les particuliers. Cette mesure a deux objectifs principaux : faire perdurer le soutien habituel au secteur de la construction et du BTP, mais aussi lutter contre l’influence du Parti communiste français, en embourgeoisant les classes ouvrières. Malgré la mise en évidence des les années 1970 des dérives possibles, cette aide restera non zonée – attribuable partout en France – et non typée – ne dépendant pas du type de construction. En augmentant la solvabilité des ménages les plus modestes, l’Etat subventionne directement la périurbanisation.

Facteurs économiques

Deuxième élément, les facteurs économiques. Face au prix de l’immobilier dans les centres urbains, il est communément admis qu’une maison individuelle en zone périurbaine est moins chère à l’achat. En effet, lors de la construction les dépenses sont de deux ordres : les coûts de construction, qui restent stables voire diminuent dans le temps et dans l’espace, et les coûts d’acquisition du terrain, qui en parallèle à la hausse des prix du marché immobilier ont connu une forte hausse dans les 20 dernières années. Cette hausse du prix des terrains n’est bien sûr pas uniformément répartie géographiquement, c’est donc sur ce poste que s’effectue l’arbitrage financier entre coûts et distance : si dans un premier temps les terrains situés dans une première couronne autour des agglomérations étaient attractifs, c’est désormais dans une deuxième voire une troisième couronne que se situent les secteurs encore abordables. Pour Lyon, cet impact est aujourd’hui de l’ordre de 50 km. Néanmoins, cette logique relève d’une analyse économique à court terme : on ne prend pas en compte le coût dans la durée d’une tel localisation : la mobilité peut ainsi représenter jusqu’à 30% des revenus du ménage, à travers l’achat et l’entretien impératif de deux voitures notamment.

Logique d'acteurs

Ce phénomène se trouve par ailleurs renforcé par les politiques d’acteurs. En effet, les municipalités, compétentes dans l’attribution des permis de construire, ont le rôle principal pour ce qui est de la dispersion des logements :
- Dans un premier temps, l’ouverture à la construction permet l’arrivée de nouveaux habitants et donc le maintien dans les communes rurales proches des villes de l’école, des commerces, ... De plus dans un contexte de crise agricole, la vente de terrains nouvellement constructibles par les agriculteurs leur permet de financer leur retraite.
- Dans un deuxième temps, on observe une collusion entre anciens et nouveaux habitants qui ne souhaitent pas se retrouver à terme en milieu urbain : c’est la fermeture des autorisations de construction, qui en diminuant l’offre contribue à la hausse des prix. Le phénomène se reporte ainsi de proche en proche de plus en plus loin des centres urbains.

Voir aussi

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Sujets connexes
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