Grande Dépression

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Évolution du PIB de quelques pays entre 1929 et 1939 La Grande Dépression est la période de l'histoire américaine qui suivit le Jeudi noir du 24 octobre 1929, jour où survint le krach boursier (les marchés boursiers new-yorkais s'effondrèrent de manière durable le lundi 28 octobre 1929 -le lundi noir-). Les événements de cette journée déclenchèrent une crise économique mondiale qui mena à la déflation et à un accroissement significatif du chômage.
Grande Dépression

Évolution du PIB de quelques pays entre 1929 et 1939 La Grande Dépression est la période de l'histoire américaine qui suivit le Jeudi noir du 24 octobre 1929, jour où survint le krach boursier (les marchés boursiers new-yorkais s'effondrèrent de manière durable le lundi 28 octobre 1929 -le lundi noir-). Les événements de cette journée déclenchèrent une crise économique mondiale qui mena à la déflation et à un accroissement significatif du chômage.

Histoire

Après le Jeudi noir, aux États-Unis, le président Herbert Hoover, tenta sans grand succès de remédier à la crise. L'un des problèmes principaux était qu'avec la déflation, une même somme d'argent permettait d'acquérir de plus en plus de biens au fur et à mesure de la chute des prix. Ses adversaires démocrates le surnommaient le « Do nothing ». Un autre problème fut qu'il n'y avait eu aucune surveillance des marchés boursiers, et qu'au moment de l'effondrement des cours, beaucoup d'actions et plans d'investissements se sont avérés insolvables, voire frauduleux. Malheureusement, de nombreuses banques avaient misé leurs capitaux dans ces affaires douteuses, ce qui entraîna l'effondrement du système bancaire, en 1932. Avec la déconfiture du système bancaire, et la population s'accrochant au peu de monnaie qu'elle possédait encore, il ne resta pas assez de liquidités sur le marché pour qu'une quelconque activité économique puisse inverser la tendance. Comme les banques américaines ont alors des interêts dans de nombreuses banques européennes et qu'elles rapatrient d'urgence leurs avoirs aux États-Unis, par un phénomène de cascade, la crise se propage dans toute l'Europe, plus tardivement semble t-il en France (fin 1930 ?) mais certains historiens remettent en cause cette hypothèse. En Allemagne, le taux de chômage atteindra des sommets (plus de 25 % de la population active en 1932), alimentant la désillusion et la colère de la population, et c'est en promettant de régler le problème de la crise qu'Adolf Hitler parvint au pouvoir (30 janvier 1933). En Amérique du Sud, en Asie et en Afrique, se produit la « crise des produits de dessert » liée à la forte baisse du pouvoir d'achat en Europe et en Amérique du Nord. Au Brésil, pour limiter la mévente et faire grimper les cours, le café est brûlé dans les locomotives. La France et le Royaume-Uni tentent de se replier sur leurs colonies, mettant au point la « préférence impériale », interdite lors de la Conférence de Berlin (1885) mais largement pratiquée après 1914. Le monde entier est touché excepté l'Union soviétique de Staline, protégée par son système économique autarcique. Dorothea Lange, Mère migrante (Migrant Mother), 1936. Cette photographie est devenue un des symboles de la Grande Dépression. En novembre 1932, les États-Unis élirent Franklin Delano Roosevelt pour remplacer Hoover à la tête de l'État. Avec un taux de chômage approchant les 25% de la population active, Roosevelt qui prend ses fonctions en mars 1933 lança plusieurs programmes nationaux afin d'accroître le volume de liquidités et réduire le chômage (c'est ce que l'on nomma le New Deal). La cour suprême s'opposa dans un premier temps à cet interventionnisme économique très fort, contraire à sa jurisprudence précédente, avant de s'y rallier en 1937, par l'arrêt West Coast Hotel Co. v. Parrish. Le New Deal est souvent crédité d'avoir permis de surmonter la crise. Ce point de vue est contesté, notamment par les économistes classiques, surtout à partir des années 1960. Il permit en tout cas de limiter les conséquences sociales dramatiques de la crise, décrites par des œuvres comme Les Raisins de la colère, ou Des souris et des hommes. Il fournit aussi aux États-Unis des infrastructures - routes, aménagements hydroélectriques - encore utilisées à l'heure actuelle. Il redonne espoir aux Américains et Roosevelt sera réélu en 1936, 1940 et 1944, dans le contexte de la guerre il est vrai pour 1944. Par la première forte intervention d'un État dans l'économie, certains pensent même qu'il a sauvé le capitalisme lui-même. Étant donné que les États-Unis étaient encore en pleine crise lorsque survint la Seconde Guerre mondiale, il est difficile de se prononcer de façon fiable sur le succès qu'eut le New Deal sur l'économie américaine. Le débat reste ouvert. Certains affirment que l'instabilité inhérente des marchés économiques causa une crise si profonde, que même les interventions du New Deal, aussi pertinentes soient-elles, n'auraient pas pu rétablir rapidement la situation. D'autres estiment que, la crise de 1929 correspondant à la période de l'histoire américaine où l'intervention du gouvernement fut la plus forte, on pourrait raisonnablement penser que l'action du gouvernement n'a fait qu'accentuer la dépression, plutôt que d'y remédier. Ils tirent entre autres arguments du fait qu'après un redressement initial, l'économie a replongé à partir de 1936, à peu près au moment où la Cour suprême a permis au New Deal de prendre plus d'ampleur. Beaucoup pensent que ce sont les dépenses de guerre des gouvernements qui relancèrent la croissance économique mondiale, mais en fait, cette affirmation n'est qu'à moitié vraie. L'Allemagne et l'Italie étaient sorties de la crise avant la Seconde Guerre mondiale en se lançant dans des dépenses massives en infrastructure et en armement. Les États-Unis revinrent à un taux d'activité normal durant la guerre grâce aux importants investissements militaires, mais également en employant une part importante de la population active dans l'armée. Bien que cette situation fût dictée par les événements, cela ne signifiait pas - au contraire - que l'Amérique était sortie de la crise. Et lorsque la guerre arriva à son terme, le retour des millions de soldats dans leurs foyers imposa une période de réajustement de l'économie. C'est cette transition qu'était censée faciliter le G.I. Bill. Dans d'autres pays, tels que la France, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, la guerre avait bien sûr causé des dégâts considérables, plutôt que d'être un moteur de la relance économique. Si la guerre put s'avérer profitable pour certains secteurs de l'économie, elle causa généralement une dislocation économique et sociale telle qu'elle contrecarra le moindre de ses effets positifs. Par contre, la mésentente entre les États sur les règlements financiers et économiques de la crise est un facteur favorable à l'éclosion du repli sur soi des États capitalistes.

Les causes

De nombreux économistes pensent que la Grande Dépression fut à la fois causée et prolongée par l'attitude du gouvernement américain. Bien que l'événement déclencheur de la crise ne soit peut-être pas dû à une action du gouvernement, beaucoup estiment que la politique économique incorrecte a transformé ce qui aurait dû être un krach passager en une crise économique qui dura une décennie. Deux politiques ont particulièrement été montrées du doigt par les économistes :
- la première est la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine, qui restreignit la quantité de monnaie sur le marché, après l'avoir laissé s'étendre de façon douteuse (notamment avec le passage de l'étalon or "gold exchange" au "gold standard exchange" consistant à ne pas ajuster les stocks d'or des banques centrales avec les devises quittant les pays, alors même qu'à l'issue de lère guerre mondiale des capitaux immenses regagnaient l'Europe),
- la seconde est le recours à des mesures protectionnistes telles que le Hawley-Smoot Tariff Act, qui augmenta les tarifs à l'importation dans le but de protéger les producteurs locaux mis en danger par la compétition internationale. En réponse à cette politique, d'autres pays augmentèrent à leur tour leurs tarifs, mettant en très mauvaise posture les sociétés américaines qui vivaient de l'exportation. Ce qui conduisit à une suite d'augmentations des tarifs qui fragmenta l'économie mondiale. L'aveuglement des acteurs économiques est assez remarquable. Bien que le taux de croissance du PIB ait été nul de janvier à août, le président de la Bourse de Wall Street s’exprime ainsi (septembre 1929) : « Bien des gens n’ont pas compris que c’est apparemment fini des cycles économiques tels que nous les avons connus. Quant à moi, je suis convaincu de l’essentielle et fondamentale solidité de la prospérité américaine. »… La hausse des taux d'intérêts en Grande-Bretagne semble avoir eu un effet psychologique sur l'optimisme des courtiers et des brokers des différentes Bourses, ce qui aurait pu également être une cause du krach.

Voir également

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Sujets connexes
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