Georges Brassens

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Georges Brassens, né le 22 octobre 1921 à Sète (alors Cette) et mort à Saint-Gély-du-Fesc le 29 octobre 1981, est un auteur-compositeur-interprète français.
Georges Brassens

Georges Brassens, né le 22 octobre 1921 à Sète (alors Cette) et mort à Saint-Gély-du-Fesc le 29 octobre 1981, est un auteur-compositeur-interprète français.

Biographie

Enfance

Brassens passe son enfance à Sète dans la maison familiale, entouré de sa mère Elvira Dagrosa, de son père Jean-Louis Brassens, de sa demi-sœur Simone, fille d'Elvira et de son premier mari, mort à la guerre, et de son grand-père paternel, Jules. Sa mère, d'origine napolitaine est une catholique d'une grande dévotion. Son père est un homme paisible, généreux, libre penseur, anticlérical et doté d'une grande indépendance d'esprit. Georges va grandir entre ces deux caractères très différents, qu'une chose réunit pourtant : le goût de la chanson. Chez les Brassens, on chante toute la journée. Entre sa mère, que Brassens qualifiera de « militante de la chanson », et Simone et Jules, tout le monde a un air à la bouche. Brassens aura tout naturellement le goût de la chanson. Il écoute inlassablement à cette époque ses premières idoles : Charles Trenet, Tino Rossi ou encore Ray Ventura et se forge une culture chansonnière, aussi abondante qu'hétéroclite, que sa mémoire conservera comme un héritage précieux. Ce qui plaît au jeune Brassens c’est surtout la musique, sa première passion. C’est par elle qu’il est venu à la chanson. Elle lui procure une sensation qu'il ne trouvera nulle part ailleurs ; il déclarera, dans un entretien accordé à son ami André Sève : . Il souhaite s'inscrire au conservatoire, mais sa mère y met une condition : il faut que son carnet de notes soit de meilleure qualité. Brassens n'apprendra jamais le solfège… En effet, à l'école, Georges est plus proche du cancre que de l'élève modèle et passe son temps à faire le pitre, préférant, aux devoirs qui l'ennuient, les jeux et les bagarres avec les copains du quartier. Pourtant, en classe de troisième, il s'ouvre à la poésie grâce à son professeur de littérature Alphonse Bonnafé. Auparavant il écrivait déjà des petites chansons et essayait de faire le poète. Cette année-là, le jeune garçon décide de soumettre ses premiers petits travaux à Bonnafé qui juge les premières œuvres mauvaises ; mais loin de le décourager, l'enseignant lui conseille plus de rigueur et une étude approfondie des poètes. Il l'intéresse à la technique de versification et à l'approche de la rime. Son influence sur Brassens est énorme : . Brassens délaisse alors un peu la chanson et rêve déjà de devenir poète. Mais, à cette époque, c'est encore les copains qui priment sur tout le reste pour Georges. Il fait avec eux les quatre cents coups et se voit impliqué à l'âge de dix-sept ans dans une aventure qui le marque pour le restant de sa vie. Dans le but de se faire un peu d'argent de poche, ils commettent quelques larcins dont les principales victimes sont leur famille et leurs proches. Georges vole ainsi une bague et un bracelet à sa sœur. Lorsque la police découvre les coupables, la petite affaire fait scandale. On parle de « pègre collégienne », de « racailles ». Certains des coupables, reniés par les leurs, restent un mois en prison préventive. Mais Jean-Louis, indulgent, vient chercher son fils sans tarder et rien ne décrit mieux la scène que ces quelques vers des Quatre bacheliers que lui inspira la mésaventure : : Quand il vint chercher son voleur : Sans vergogne, : On s'attendait à un malheur, : À un malheur. : Mais il n'a pas déclaré, non, : Sans vergogne, : Que l'on avait sali son nom, : Sali son nom. : Dans le silence on l'entendit, ' : Sans vergogne, : Qui lui disait : « Bonjour, petit, : Bonjour petit. » : On le vit, on le croirait pas, : Sans vergogne, : Lui tendre sa blague à tabac, : Blague à tabac. Commentaire de Brassens : Brassens est renvoyé de son lycée, et une mauvaise réputation lui colle à la peau dans la petite ville de Sète. Il décide de partir pour Paris, projet qui se concrétisera après une courte expérience d'apprenti maçon dans l'entreprise de son père, en février 1940, alors que la guerre a éclaté.

Pendant la guerre

Apprentissage
Brassens est hébergé, dans le 14 arrondissement, par sa tante Antoinette, chez qui il trouve un piano sur lequel il fait son premier apprentissage musical en autodidacte. Il obtient aussi un travail chez Renault. En mai 1940, l'usine Renault est bombardée et la France est occupée. Brassens est obligé de quitter Paris et retrouve avec beaucoup de bonheur Sète, sa famille et ses amis. Mais il sent que son avenir n'est pas là et, après un été passé dans sa ville natale, il retourne à la capitale… et au piano de sa tante. Il n'est plus question de travailler car tout travail profite à l'occupant. Georges, conscient de ses énormes lacunes en poésie, passe ses journées dans la bibliothèque (il se lève à cinq heures du matin et se couche avec le soleil, rythme qu'il gardera la majeure partie de sa vie) à étudier, avec méticulosité et méthode, les plus grands maîtres : Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo… Son approche de la poésie est presque scientifique. Prenant un poème de Verlaine, il le « décortique » image par image, en saisit les moindres variations de cadence et en analyse les rimes et la manière dont elles alternent. Il acquiert ainsi un énorme bagage littéraire et il écrit ses premiers recueils de poésies : Des coups d'épée dans l'eau dont la conclusion annonce déjà l'anarchisme des chansons à venir : : Le siècle où nous vivons est un siècle pourri. : Tout n'est que lâcheté, bassesse, : Les plus grands assassins vont aux plus grandes messes : Et sont des plus grands rois les plus grands favoris. : Hommage de l'auteur à ceux qui l'ont compris, : Et merde aux autres.
À la venvole est également publié grâce à l'argent de ses proches et de ses amis et, de façon plus surprenante, de celui d'une certaine Jeanne Planche, voisine d'Antoinette, sans doute la première « fan » de Brassens. Commentaire de Brassens sur ces recueils :
Exil
En mars 1943, Brassens est réquisitionné pour le STO (Service du travail obligatoire) et doit se laisser conduire à BasdorfBasdorf est un hameau de la commune de Wandlitz dans le Land allemand de Brandebourg, à une trentaine de kilomètres au nord de Berlin. Voir sur WP germanophone : Basdorf (Wandlitz).Brassens y travaille dans la fabrique de moteurs d'avions Bramo (Brandenburgischen Motorenwerken), fournisseur de la Luftwaffe., en Allemagne. Il trouve le temps d'écrire mais se laisse aller à la facilité et considère cette période comme une perte de temps. C'est pourtant en Allemagne que sont écrits Bonhomme et Pauvre Martin, ainsi que plusieurs centaines de chansons qui termineront au feu ou seront modifiées à de nombreuses reprises avant d'atteindre leur forme définitive (comme Le Mauvais Sujet repenti) et le début de son premier roman Lalie Kakamou. Il y rencontre certains de ses plus grands amis comme Pierre Onténiente qu'il surnomme « Gibraltar » car il est « solide comme un roc », et il deviendra son homme de confiance et son secrétaire particulier. Un an exactement après son arrivée à Basdorf, il obtient une permission de dix jours. Il est clair pour lui comme pour ses nouveaux amis qu'il ne reviendra pas en Allemagne. À Paris, il doit trouver une planque, mais Brassens qui y a mené une vie extrêmement solitaire ne connaît presque personne (il ne fréquentait qu'un ami qui l'avait suivi de Sète et quelques filles avec qui il a vécu ses premières amours). Finalement Jeanne Planche vient à son aide et lui propose de l'héberger aussi longtemps qu'il le faudra. Jeanne habite avec son mari Marcel un taudis au 9, impasse Florimont, sans gaz, sans eau ni électricité. Brassens accepte et restera chez elle vingt-deux ans : . Selon Pierre Onténiente, « Jeanne s'est éprise de Georges et Marcel n'y voyait rien puisqu'il commençait à prendre sa première biture à huit heures du matin …».
Influences anarchistes
Arrivé chez Jeanne Planche, Brassens doit rester caché cinq mois en attendant la fin de la guerre. Il ne perd pas de temps et continue d'écrire des poèmes, des chansons, de composer, avec comme seul instrument un petit meuble qu'il appelle « mon tambour », sur lequel il tape le rythme. Il poursuit aussi l'écriture de son roman commencé à Basdorf, car il n'envisage alors qu'une carrière de célèbre romancier. La fin de la guerre et la liberté soudainement retrouvée modifient peu ses habitudes, sauf qu'il peut récupérer sa carte de bibliothèque et reprendre son apprentissage de la poésie. La fin de la guerre marque aussi le retour à Paris des copains de Basdorf, avec qui Brassens projette la création d'un journal à tendance anarchiste, Le Cri des gueux, qui, faute de financement suffisant, ne verra jamais jour. Parallèlement, il monte — avec Émile Miramont (copain de Sète surnommé « Corne d'Aurochs » qui inspira la chanson du même nom lorsque celui-ci décidera d'abandonner l'équipe pour la sécurité d'une vie plus bourgeoise) et André Larue (rencontré à Basdorf) — le « Parti préhistorique », qui vise surtout à tourner en dérision les autres partis politiques et qui préconise un retour à un mode de vie plus simple. Il sera rapidement délaissé en raison du départ de Miramont. Après l'échec du Cri des gueux, il se lie à la Fédération anarchiste et écrit quelques articles virulents teintés d'humour noir (comme l'attestent ses pseudonymes : « Gilles Corbeau » et « Pépin Cadavre ») pour leur journal Le Libertaire (aujourd'hui Le Monde libertaire). Mais la fantaisie du futur chansonnier n'est pas du goût de tous et il est vite amené à rompre, sans rancune ni fracas, avec la Fédération. Il dira plus tard en entrevue : Et :  Citations sur sa qualité d'anarchiste pouvant se passer des lois : tiré du , section 5 (La mauvaise réputation) de la « Visite » (avec son).
Fin de l'apprentissage
Brassens se remet entièrement à l'écriture et finit son roman en automne 1947, publié sous le titre La Lune écoute aux portes. L'œuvre n'aura aucun succès, mais les talents de versificateur et de musicien de son auteur sont arrivés à maturité. Des chansons, qui deviendront célèbres, sont déjà écrites comme Le Parapluie, La Chasse aux papillons, J'ai rendez-vous avec vous, Brave Margot, Le Gorille et la mise en musique du poème d'Aragon Il n'y a pas d'amour heureux. Ce poème ne reflète en rien sa vie sentimentale car, après avoir filé de nombreuses amourettes avec des « nymphes de ruisseau » et des « Vénus de barrière » (
Les Amours d'antan) et vécu un véritable mélodrame avec Josette, qui lui inspira entre autres P… de toi, Une jolie fleur et La Première Fille, Brassens rencontre la femme de sa vie : Joha Heiman, surnommée « Püppchen » (« petite poupée » en allemand). Ils ne se marieront jamais (il lui écrit la Non-demande en mariage), ni ne cohabiteront, mais on ne connaîtra pas d'autres aventures féminines au fidèle Brassens. Comme le dit si joliment la chanson, il a condamné la porte de son cœur « en marquant dessus : fermé jusqu'à la fin des jours, pour cause d'amour » (Embrasse-les tous). À cette époque, Brassens acquiert sa première guitare, qu'il achète avec l'aide de Jeanne, à un ami. Il travaille l'instrument avec cette obstination appliquée qui lui est caractéristique et il fait très vite des progrès spectaculaires, perfectionnant sa technique de compositeur et surtout de mélodiste. Scandant les mots sur son « tambour », il invente des lignes mélodiques libres de toute contrainte harmonique puis il les transcrit au piano, établissant alors une grille d'accords riche et harmonieuse qui sera par la suite transposée (difficilement) sur la guitare. On peut dire que la personnalité de Brassens a déjà ses traits définitifs : la dégaine d'ours mal léché, la pipe et les moustaches, le verbe libre, imagé et frondeur et pourtant étroitement soumis au carcan d'une métrique et d'un classicisme scrupuleux, le goût des tournures anciennes, le culte des copains et le besoin de solitude, une culture littéraire et chansonnière ahurissante, un vieux fond libertaire, hors de toute doctrine établie, mais étayé par un individualisme aigu, un antimilitarisme viscéral, un athéisme profond, et un total mépris du confort, de l'argent et de la considération. Il ne changera plus.

Succès fulgurant

En 1951, il rencontre Jacques Grello, chansonnier et pilier du cabaret le Caveau de la République, qui après avoir écouté Brassens tente de l'introduire dans les cabarets parisiens. Malgré plusieurs apparitions dans différentes petites salles, Brassens, qui entonne pourtant les chansons qui feront ses premiers succès (cf. La Mauvaise Réputation) ne s'impose pas. Sur scène il est particulièrement mal à l'aise et préférerait de beaucoup avoir des interprètes. Essuyant échec sur échec, Brassens n'est pas loin de tout abandonner. Mais Roger Thérond et Victor Laville, deux copains sétois, continuent de croire en lui, et vont lui obtenir une audition qui le lancera dans le monde de la chanson : un rendez-vous avec Patachou dans son cabaret. Comme pour chaque audition, Brassens hésite, , mais ses deux copains insistent et le 6 mars 1952, ils se rendent tous les trois au cabaret. Il chante pour Patachou, qui est immédiatement séduite. La chanteuse l'invite à venir dès le lendemain, pour sa première prestation ; les échecs successifs de Brassens ne lui font pas peur le moins du monde : . De petites protestations de Georges, qui avait dans l'idée de prendre Patachou comme interprète et non pas de chanter lui-même, sont très vite étouffées par celle qu'il surnommera plus tard la « tigresse » : . Le lendemain, Brassens est mort de trac. Lorsqu'il monte sur scène, il n'a pas un salut, pas même un regard pour le public, ses premiers mots sont : (
Le Gorille). Pierre Nicolas, le voyant si seul, empoigne sa contrebasse, pour souligner le rythme et les changements d'accords. Une collaboration de trente ans commence... Après six chansons, Brassens sort de scène comme il est entré : sans un mot, ni même un regard. Mais le succès est là. Pour la première fois, le public l'a écouté et apprécié. Dix-huit mois plus tard, il sera en tête d’affiche à Bobino. Le succès est fulgurant. Patachou le présente très vite à Jacques Canetti, génial découvreur de talents (Charles Trenet, Édith Piaf, Jacques Brel, Félix Leclerc et bien d’autres) et qui est à l’époque l’homme le plus influent dans le milieu de la chanson. Pendant l’été, Brassens fait sa première tournée en compagnie des Frères Jacques et de Patachou. Avant la fin de l’année 1952, il a enregistré chez Philips, dont Jacques Canetti est le directeur artistique, une dizaine de chansons destinées à sortir progressivement au rythme de deux titres par 78 tours. Suivront trois ans pendant lesquels Brassens, le casanier, sillonne la France, la Suisse et la Belgique, de cabarets en music-halls, de casinos en salles de theâtre : c'est la consécration ! Brassens, qui a longtemps hésité entre une carrière de poète et celle de chanteur (ou du moins d’auteur-compositeur), est maintenant lancé dans la chanson. Mais ce n’est pas par dépit qu’il a fait ce choix, contrairement à Serge Gainsbourg, qui aurait voulu devenir peintre et qui disait considérer la chanson comme un art mineur. Il considère que la chanson est une chose bien différente de la poésie, un équilibre entre le texte et la musique, et que c’est un don qu’il possède, que de placer un mot sur une note. Ainsi, Brassens, ne croyant pas en son talent pour devenir poète, se lance corps et âme dans la chanson et, loin de la considérer comme une expression poétique au rabais, s’attache à écrire les meilleures qu'il en soit possible. Extrêmement exigeant lorsqu'il s'agit de son travail, il écrit ses chansons très lentement, les maniant et les remaniant, changeant un mot, remplaçant une image, jusqu'à ce qu'il considère qu'il ne puisse aller plus loin. Ceci ne l'empêche pas de publier en 1954 son second roman, qu’il avait fini d’écrire depuis 1950, et un ultime recueil de poèmes : La Mauvaise Réputation qui réunit en fait quelques textes de chansons (inédites pour certaines) et un long poème : Les Amoureux qui écrivent sur l’eau. Georges Brassens est toujours considéré comme un des plus grand anarchiste du (avec Rimbaud et Ferré).

René Fallet et les copains

Le succès amène Brassens à se constituer un nouveau cercle d’amis. Après les copains de Sète et les fidèles de l’époque des vaches maigres, (anciens de Basdorf, anars du Libertaire, amis de Jeanne et Marcel Planche) arrivent les copains de métiers. De parfaits anonymes, mais aussi quelques célébrités : Lino Ventura, Jacques Brel, Boby Lapointe, Raymond Devos, et surtout René Fallet, qui n’est pas encore connu à cette époque. Amateur de chansons, ce Fallet écrit au Canard enchaîné un article dithyrambique sur le premier album de Brassens : . Brassens veut aussitôt rencontrer ce journaliste qui lui chante tant de louanges. Et ce sera un coup de foudre réciproque, une amitié qui durera toute la vie, faite de promenades silencieuses, de longues parties de pêche et de soirées bien arrosées. C’est Fallet qui amène son compagnon à faire, en 1957, son unique apparition au cinéma. Brassens interprète le rôle de « L'Artiste » dans le film Porte des Lilas de René Clair, tiré du roman de Fallet, La Grande Ceinture. On peut à peine parler d'un rôle, tant le personnage ressemble à Brassens. Il en composera la bande originale avec les titres Le Vin, Au bois de mon cœur et L'Amandier. Mais cette expérience ne lui plaît guère et on ne le reverra plus au cinéma. — Fallet a aussi écrit les notes de pochettes de la collection complète des disques de Brassens.

Crespières

Brassens se sent de plus en plus à l'étroit chez Marcel et Jeanne, à qui il avait offert leur logement de l'impasse Florimond en 1955, et ne veut plus les déranger (Jeanne a 67 ans), après 15 années de cohabitation. En 1958, il achète une propriété à Crespières dans les Yvelines : le moulin de la Bonde. Plaque commémorativeapposée sur le moulin de la Bonde à Crespières (78) À la fin des années 1960, au duo de scène, Pierre Nicolas à la contrebasse et Georges Brassens à la guitare, s'ajoute pour l'enregistrement des disques un jeune guitariste, Joël Favreau. L'une de ses chansons, Les Deux Oncles, où il renvoie dos à dos les deux camps de la seconde Guerre mondiale, lui vaut des inimitiés. Il en fera état dans une chanson ultérieure, Mourir pour des idées, oui mais... de mort lente.... En attendant, il a clairement exprimé le peu de bien qu'il pensait des mouvements politiques de toutes sortes dans Le Pluriel (voir l'étude faite sur l'). Jeanne Planche meurt le 24 octobre 1968, âgée de 77 ans. Le 6 janvier 1969, à l'initiative du magazine Rock & Folk et de la radio RTL, Georges Brassens participe à un entretien historique... avec Léo Ferré et Jacques Brel, deux géants de la chanson française.

Le « zèle imbécile » de la camarde

Début 1980, malade, il est opéré d'un cancer : il passe l'été 1981, à Lézardrieux, dans sa maison au bord du sillon du Trieux avec la famille du Dr Bousquet. Après un passage à Paris, il demande à ce Maurice Bousquet de venir le chercher à Paris : il "débarque" à St Gely début septembre. Son état de santé lui permet de profiter du parc entourant la demeure de son ami. Ce n'est que dans les dernieres 48 h que l'état de Georges Brassens se dégrade. Le jeudi 29 octobre 1981 à 23 heures 14, alors qu'il vient seulement d'avoir soixante ans, la mort, qu'il a si souvent chantée avec moquerie, l'emporte dans le petit village de Saint-Gély-du-Fesc près de Montpellier, chez son ami le médecin Maurice Bousquet. Tombe de Georges BrassensCimetière du Py, Section 9 Allée A Georges Brassens est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré à la plage de Sète (voir l'album éponyme), non pas au cimetière marin de Sète comme Paul Valéry, le maître en poésie de l'humble troubadour, mais au cimetière du Py (section 9 Allée A), juste au-dessus de l'étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis », car c'est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer.

Anecdotes

-Des archives sonores montrent que la chanson Les Copains d'abord a fait l'objet de trois mélodies successives très différentes (que l'on put entendre lors d'une émission sur l'auteur réalisée de son vivant) avant qu'il ne se décide pour la dernière.
-Brassens a déclaré au chanteur Renaud que ses chansons étaient : « merveilleusement bien construites ». Ce dernier lui laissera une place de choix dans sa chanson Mon bistrot préféré (2002) et enregistrera en 1995 un album entier de ses morceaux favoris.
-Il était également proche de l'équipe de Charlie Hebdo, dont il demanda et obtint la présence pour le tournage d'un clip pour sa chanson Le Roi.
- Georges Moustaki a composé une chanson en son honneur et en celui de son cercle d'intimes : Les Amis de Georges. À son arrivée en France, lorsqu'il francise son nom, il choisit le prénom de Georges en hommage à Brassens.
- Jean Ferrat a également composé une chanson en son honneur : À Brassens (1964).
- Supplique à Brassens (pour qu'il n'entre pas à l'Académie française) par Jean-Marie Vivier , 1972.
- Maxime Le Forestier lui rend hommage en donnant une suite à la Supplique… dans sa chanson La Visite (album Né quelque part) ; Joël Favreau — le compositeur — n'étant pas en reste puisqu'il garde quasiment la rythmique originelle et, inversant subtilement deux accords et les passant en mode majeur, « guillerise » la chanson tout en donnant à la mélodie un air proche de l'original.
- Les paroles de la chanson intitulée Pauvre Martin de Georges Brassens ont fait l'objet d'une adaptation en langue Kabyle par l'écrivain et poête Muhya. Le pauvre Martin devient alors "Muh n Muh" et les paroles furent chantées par le groupe Djura.
- Hommage décennal ou éternel ? — En 1991, à l'occasion des 10 ans de la disparition du poète, Télérama confiait la conception de son numéro hors série à Bernard Mérigaud qui lui rendait ainsi hommage dans son éditorialBrassens, hors série T2096 d’octobre 1991. : ::

Discographie

Georges Brassens a vendu environ vingt millions d'albums de son vivant, de 1953 à 1981, ce qui constitue un record pour quelqu'un ayant commencé à vendre de la musique dans les années 1950 et dont le style était largement (et volontairement) hors mode en 1970. Avec Moustache et quelques autres amis, Brassens fit néanmoins une petite incursion dans le jazz avec Elégie pour un rat de cave, créée en hommage à la femme de Moustache, dans le disque Giants of jazz play Brassens.

L'« intégrale » de ses œuvres

Albums parus de son vivant (i.e. à partir de 1964 pour les 30 cm originaux, et à partir de 1965 pour les rééditions en 30 cm des premiers enregistrements) et constituant ce qu'il est convenu d'appeler intégrale de Brassens indépendamment des enregistrements en public, des chansons qu'il n'a pas enregistré lui-même, des duos, etc. :
- chansons parues vers 1953 : La Mauvaise Réputation
- chansons parues vers 1954 : Les Amoureux des bancs publics
- chansons parues vers 1955 : Chanson pour l'Auvergnat
- chansons parues vers 1957 : Je me suis fait tout petit
- chansons parues vers 1958 : Le Pornographe
- chansons parues vers 1960 : Le Mécréant
- chansons parues vers 1961 : Les Trompettes de la renommée
- 1964 : Les Copains d'abord
- 1966 : Supplique pour être enterré à la plage de Sète
- 1969 : La Religieuse
- 1972 : Fernande, Mourir pour des idées
- 1976 : Don Juan : Avertissement : selon la législation française en matière d'œuvres phonographiques, les droits économiques des enregistrements des trois premiers albums, qui ont été faits il y a plus de 50 ans, sont dans le domaine public (les héritiers de Brassens ne touchent plus de droits). Mais les textes et les partitions, eux, ne sont pas dans le domaine public : ils restent protégés jusqu'en 2051 (70 ans après le décès de l'auteur), selon le Code de la propriété intellectuelle. Il n'est donc pas possible de reproduire librement ces enregistrements sans l'autorisation des ayant-droit de l'artiste.

Autres disques

Inédits

- Les débuts de Brassens, en privé, 1952-1955
- Inédits, archives 1953-1980

Enregistrements publics

- 1964 : Bobino 64
- 1966 : Brassens au TNP
- 1972 : Tour de chant à Bobino (DVD)
- 1973 : Georges Brassens in Great-Britain

Autres enregistrements

- 1979 : Giants of jazz play Brassens
- 1980 : Georges Brassens chante les chansons de sa jeunesse
- 1984 : Brassens chante Bruant, Colpi, Musset, Nadaud, Norge

Entretiens

- 1971 : Radioscopie de Jacques Chancel, 1995, Radio France
- 1952-1979 : J'ai rendez-vous avec vous, Documents et entretiens, 2001, France Inter

Brassens chanté ou joué

- 1963 : Barbara chante Brassens et Brel
- 1977 : André Chiron canto Brassens en provençau
- 1979 : Paco Ibañez canta Brassens
- 1982 : Dernières chansons par Jean Bertola
- 1983 : Hampton, Salvador, Clark Terry, Moustache et leurs amis jouent Brassens
- 1985 : Le Patrimoine de Brassens par Jean Bertola
- 1992 : Chantons Brassens
- 1993 : J'ai rendez-vous avec vous, par Renée Claude
- 1996 : Renaud chante Brassens
- 2000 :
Georges Brassens en kantari : Anje Duhalde chante Brassens en basque
- 2001 : Les Oiseaux de passage
- 2006 : Putain de toi
- Ils chantent Brassens
- Salut Brassens : Joël Favreau et Jean-Jacques Franchin (Harmonia Mundi)
-Hommages de Maxime le Forestier
- 2007 : Kristo Numpuby chante
- 2007 : chante Le Petit Cheval sur le CD Les Allumeurs De Rêves

Les textes d'autres auteurs

Tout au long de sa carrière, Brassens aura repris, mis en chansons et interprété ou simplement dit les textes de nombreux poètes. Parmi eux :
- Louis Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux ;
- Paul Fort, Le Petit Cheval, Si le bon Dieu l'avait voulu, La Marine, Comme hier !, L'Enterrement de Verlaine, Germaine tourangelle, À Mireille dite « Petit-verglas » ;
- Victor Hugo,
La Légende de la nonne
, Gastibelza ;
- Francis Jammes, La Prière ;
- Alphonse de Lamartine, Pensées des morts ;
- Antoine Pol, Les Passantes ;
- Jean Richepin, Les Oiseaux de passage, Philistins ;
- François Villon, La Ballade des dames du temps jadis ;
- Paul Verlaine, Colombine ;
- Alfred de Musset, Ballade à la lune, À mon frère revenant d'Italie ;
- Théodore de Banville, Le Verger du roi Louis ;
- Gustave Nadaud, Carcassonne, Le Roi boiteux ;
- Géo Norge et Jacques Yvart, Jehan l'advenu ;
- Pierre Corneille, pour les stances et Tristan Bernard pour la conclusion, Marquise ;
- Henri Colpi, pour les paroles et Georges Delerue pour la musique, Heureux qui comme Ulysse (chanson du film éponyme d'Henri Colpi).

Aujourd'hui

Lui qui avait comme modèle de réussite Paul Misraki, parce qu'il était chanté partout sans être connu du grand public, ne se doutait pas qu'un jour il accéderait à la renommée internationale. On lui a consacré aujourd'hui plus de cinquante thèses, on le chante partout : au Japon, en Russie, en Amérique (où il possède même un fan club !), en Italie, en Espagne, etc. Au total, il est traduit dans une vingtaine de langues. De nombreux chanteurs ont interprété des traductions de ses textes, notamment Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole, Paco Ibáñez en espagnol, Fabrizio De André en italien, Nanni Svampa en milanais, Yossi Banai en hébreu ou encore Jacques Yvart en espéranto. Plusieurs tentatives ont été faites en allemand On doit citer en premier lieu Franz Josef Degenhardt qui fut qualifié (exagérément) de « Brassens allemand » et qui enregistra un album dont les traductions contiennent principalement le message social sans la composante lyrique. Plus fidèle à l'ambition littéraire de Brassens sont les traductions de Ralf Tauchmann (voir lien ext.). Il existe actuellement une association internationale des amateurs de Georges Brassens. En Allemagne, une association appelée "Brassens in Basdorf" a été créée en 2004. Elle organise des festivals en Septembre. Brassens a composé au total environ 250 chansons, dont il n'a enregistré que 200. Les cinquante restantes sont restées inachevées. Le bel album « hommage » de Renée Claude, grande dame de la chanson québécoise : J'ai rendez-vous avec vous (1993).

Lieux de mémoire

De nombreux établissements scolaires, salles de spectacle, parcs et jardins, espaces publics, portent le nom de Georges Brassens et rendent hommage à l'homme et à son œuvre. On peut citer :
- À Paris : Plaque commémorativeapposée au 9, impasse Florimont(Paris XIV)
- Le parc voulu par la ville de Paris dans le 15 arrondissement, à l'emplacement des anciens abattoirs de Vaugirard, a été baptisé « parc Georges-Brassens », ainsi que le marché au livre au côté du parc. Le chanteur a vécu l'essentiel de sa vie parisienne à quelque distance de là, au 9, impasse Florimont (14), puis au 42, rue Santos-Dumont (15).
- La Bibliothèque Georges Brassens, rue Gassendi dans le (14)
- Une fresque en mosaïque représentant Georges Brassens figure sur un des murs de la station de métro Porte des Lilas, à Paris.
- Une des stations du Tramway n°3 à Paris récemment inaugurée porte le nom de Georges Brassens.
- À Sète (Hérault)
- L'Espace Georges Brassens, musée dédié au poète en face du cimetière où il repose.
- Rue Georges Brassens, la rue dans laquelle est né le chanteur.
- Et ailleurs :
- La place du marché de Brive-la-Gaillarde est devenue « place Georges-Brassens » en l'honneur de « quelques femelles gendarmicides qui y ont fait la plus belle de toutes les hécatombes » !
- Le collège Georges-Brassens de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), baptisé quelques mois seulement après sa disparition.
- Le lycée Général, Technologique et Professionnel Georges Brassens de Bagnols-sur-Cèze (Gard)
- Le restaurant, Les Copains d'abord, à Toulouse, rue du pont Guilhemery ; également dédié à la mémoire du chanteur.
- Le Centre Culturel Georges Brassens à Avrillé (49)
- Le collège Georges-Brassens de Lattes (Hérault).

Prix

Lui qui ne recherchait pas la reconnaissance officielle et ne s'estimait pas poète, obtint deux prix importants :
- le prix de l'Académie Charles-Cros pour son premier album ;
- le grand prix de poésie de l'Académie française en 1967.

Bibliographie de Georges Brassens

-60 Chansons de Georges Brassens illustrées par Daniel Vanderdriessche. Éd. Éditions De Buck. Belgique, 1986. ISBN 2-87153-001-7.
-La mauvaise réputation , introduction de René Fallet Éditions Denoël 1954 (repris en Folio en 1986). Cet ouvrage regroupe un recueil de ses premières chansons (donc un couplet non chanté du mauvais sujet repenti) et une pièce de théâtre en vers Les amoureux qui écrivent sur l'eau.
-Georges Brassens présentation par Alphonse Bonnafé, choix de textes, discographie, portraits. Éd. Pierre Seghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui » n° 99, 1963
-Georges Brassens, Les Chansons d'abord, toutes ses chansons, Éd. Le Livre de Poche, 1993, 287 p.,
-Brassens, Poèmes et Chansons, Éd. Seuil, 1993, 638 p., et coll. « Points » (format poche), 2003, 416 p.
-Brassens par Brassens, publié par Loïc Rochard, prologue de René Fallet Éd. le Cherche Midi, coll. « Autoportraits imprévus », Paris 2005, 269 p., 24 cm.
-Entretiens avec trois géants de la chanson, Brel, Brassens, Ferré. Sinclair Dumontais, éditeur: Hurtibise HMH.
-Le temps ne fait rien à l'affaire, Alain Poulanges, editions Textuel, coll. PASSION, 2001.
-Les manuscrits de Georges Brassens, édition établie et commentée par Alain Poulangeset André TILLEU éditions Textuel, 2001.
-Lettres à Toussenot, 1946-1950
-Georges Brassens, Recueil composé par Janine Marc-Pezet, éditions Textuel, 2001
-Parlez-vous le Brassens ?, Jean-Louis Garitte, Editions Le bord de l'eau, coll. Musique & Chansons, 2007.

Partitions de Georges Brassens

-L'œuvre intégrale Georges Brassens en 2 volumes pour Piano-chant-guitare, Éd. Capte Note (mai 2007).
-Anthologie Georges Brassens en 5 volumes pour Piano-chant, Éd. Universal.

Notes et références

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