Plume

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Une plume en gros plan. Une plume est, chez les oiseaux, un appendice tégumentaire complexe constitué de β-kératine qui recouvre la quasi-totalité du corps. La plume est un élément caractéristique de la classe des oiseaux. Comme les poils, les écailles, les ongles, les griffes, les sabots, les dents, les plumes sont des phanères. Schéma d'une plume. Plumes.(Larousse pour tous, )Claude Augé (dir.) ; Alillot (ill.), Le Larousse pour tous : Nouveau dic
Plume

Une plume en gros plan. Une plume est, chez les oiseaux, un appendice tégumentaire complexe constitué de β-kératine qui recouvre la quasi-totalité du corps. La plume est un élément caractéristique de la classe des oiseaux. Comme les poils, les écailles, les ongles, les griffes, les sabots, les dents, les plumes sont des phanères. Schéma d'une plume. Plumes.(Larousse pour tous, )Claude Augé (dir.) ; Alillot (ill.), Le Larousse pour tous : Nouveau dictionnaire encyclopédique, vol.2, Librairie Larousse, Paris, , p.465. L'ensemble des plumes, généralement plusieurs milliers, forme le plumage, dont les fonctions sont de protéger le corps de l'oiseau du milieu ambiant, notamment contre l'eau et le froid, de permettre le vol, de se camoufler. Mais elles ont aussi une fonction sociale et reproductive.

Structure

1 Rachis2 Calamus3 étendard ou vexillum (3a Vexillum externum, 3b Vexillum internum)4 Hypopène5 Umbilicus superior6 Umbilicus inferior7 Barbe8 - 9 barbule (8 Barbula proximalis, 9 Barbula distalis) La structure d'une plume détaillée. Une plume se compose d'un axe central, creux à sa base, le calamus qui naît dans l'épiderme et plein dans sa partie principale, le rachis. Le rachis porte des « barbes », insérées en deux séries de part et d'autre de l'axe dans un seul plan, et enchevêtrées par des « barbules » perpendiculaires munis d'innombrables crochets minuscules. Ce réseau est appelé vexille.

Développement

La plume pousse sur une dépression de la peau appelée follicule. Des cellules germinatives commencent à proliférer très rapidement. Celle-ci forment une gaine rigide entouré d'une gaine qui sort rapidement du follicule. Le tube appelé papille contient de vaisseaux sanguins et de nerfs appelé pulpe. Après quelques jours la gaine stoppe sa croissance et la plume commence à sortir. Cette gaine va ensuite disparaître par usure, laissant apparaître le calamus qui à son extrémité n'est plus qu'une structure morte appelé rachis. La plume est alors maintenu par des tissus musculaires implantées d'un même côté sur le rachis. Le pigment de mélanine des plumes est due aux organites appelés mélanosomes, organites siégeant dans le cytoplasme des mélanocytes situés dans le calamus. Ces cellules transmettent leurs mélanosomes aux cellules médullaires présentent dans la partie centrale des barbes. Les mélanosomes migrent durant toute la croissance de la plume. La plume ayant une durée de vie limitée, ce processus recommencera à la prochaine mue.

Différents types de plume

rémiges d'un Martinet noir On distingue plusieurs types de plumes :
- les plumes utilisées pour le vol : rémiges (plumes des ailes) et rectrices (plumes caudales appelés aussi pennes),
- les plumes tectrices ou plumes de couverture,
- le duvet, formé de plumes légères dont les barbes ne sont pas enchevêtrées,
- l'alula
- les plumules sont des très petites plumes sur les tarses,
- les camails sont les plumes garnissant l'arrière et les côtés du cou.
- les filoplumes sont réduites à un rachis filiforme porteur de quelques barbes au sommet. Elles sont mêlées aux autres plumes et leur base est bien innervée; elles aident vraisemblablement l'oiseau à mettre ses plumes en place lors de sa toilette.
-les vibrisses ou plumes sétiformes sont des plumes très fines disposées le plus souvent sur le front et les commissures des yeux et au coin du bec. Lorsque la base inférieure du rachis peut comporter une plume secondaire, celle-ci est appelée hyporachis.

Implantation

Implantation des ptérilies L'implantation des plumes ne se fait pas au hasard mais sur des zones de la peau appelées ptérilies. Les zones ou les plumes ne poussent pas sont appelées aptéries. Seul les Spheniscidae et les ratites ne répondent pas à ce schéma. Le plumage parait uniforme du fait de la différence de taille des plumes. Ceci est particulièrement visible chez les juvéniles. Les petits Trochilidae éclosent avec une rangée de plume dorsale, qui leur permettent de détecter par vibration l'arrivée de leur parent. Tous les oiseaux ne disposent pas de la même quantité de plumage. Le plumage représente jusqu'à 50 % du poids chez les Fregatidae, 30% chez les passereaux. Le nombre de plume peut également beaucoup varié selon les saisons. Le Bruant à gorge blanche passe de 2600 env. en février à 1500 env. en octobre. Le cygne américain, dispose lui, lors de sa saison la plus couverte, de près de 25000 plumes tandis que les oiseaux mouche ne disposent que d'environ 1000 plumes dans sa saison la moins couverte.

Plumage

Les différences de plumage d'un Guiraca bleu, de haut en bas, un mâle reproducteur, un mâle non reproducteur, une femelle (plumage de base) et un Passerin indigo mâle Le terme plumage fait référence, à la fois aux coloris des plumes à leur disposition. Les motifs et les couleurs de son plumage varient entre les espèces et sous-espèces, et peuvent également varier entre les différentes classes d'âge, de sexe, et les saisons. C'est une des manières les plus usuelles de reconnaître les espèces.

Région de plumage

On distingue plusieurs régions du plumage avec des noms en rapport avec le vêtement :
- la cape ou le manteau : la partie supérieure (le dos) du plumage,
- la huppe est formé de plume sur la tête (on l'appel quelque fois improprement crête)
- le bonnet : la partie supérieure de la tête,
- la bavette : la partie sous le bec. Les oiseaux changent de plumage au cours de mues, les couleurs peuvent changer en fonction des saisons pour certaines espèces. Ces différents variantes de plumage sont appelées « formes » et ces espèces sont dites polymorphiques.

Couleurs des plumages

Les mélanines diffusent les courtes longueurs d'onde : il y a donc des plumes bleues sans pigments bleus! Les pigments des plumes sont de deux types, les mélanines (noir) et les caroténoïdes (jaune au rouge). Cependant certaines couleurs, dites structurales, ne sont pas dues à la pigmentation. Ainsi, bien que de nombreux oiseaux disposent de plumes vertes ou bleues, comme les espèces du Pavo ou les Psittacidae, ils ne synthétisent pas de pigments de ces couleurs. De nombreuses espèces ont des plumes blanches comme les aigrettes, mouettes, spatules. Le blanc résulte de l'absence de pigmentation mais également de la réflexion totale du spectre lumineux.

Couleurs pigmentaires

Les pigments obtenus à partir des mélanines peuvent aller du noir, comme pour le choucas au brun clair voir au jaune comme pour certaines espèces de Corvidae. Ils sont directement synthétisés par l'oiseau. Il n'en est pas de même pour les pigments caroténoïdes qui peuvent, suivant les espèces être soit synthétisés soit obtenus par la nourriture. Les Psittacidae synthétisent la Psittacine tandis que les flamants, certains serins ... trouvent ces pigments dans leur alimentation. Dans ce dernier cas, les caroténoïdes ne subissent pas ou peu de transformations chimiques avant de se déposer dans les plumes. La couleurs peuvent alors variées en fonction de leurs alimentations et donc de la saison. L'accumulation des pigments varie avec l'âge de l'oiseau.

Couleurs structurales

200px C'est grâce un phénomène optique expliquée dans le cadre de la diffusion Rayleigh, que ces couleurs sont visibles. Ce phénomène est identique à celui qui permet la coloration des yeux chez l'homme. Les couleurs bleues ou vertes, grâce à l'effet Tyndall, se visualisent sur les barbules sans que celle-ci ne contiennent de pigment. Les rayons incidents aux barbules rencontrent des microgranules de mélanine (noire) de très petite taille et peu concentrées, ces microgranules réfléchissent donc les ondes bleues et laissent filtrer les rayons à grande longueur d'onde. La combinaisons des différents pigments et de ces phénomènes optiques permettent une très grande variété de couleur. Les éleveurs d'oiseaux de compagnie mettent en place des sélections de reproduction afin de produire les teintes désirés.

Irisation

Certaines espèces sont connues pour avoir des plumes iridescentes, comme les oiseaux-mouche mais aussi les guêpiers, quelques canards, les corbeaux... Comme pour les teintes bleues et vertes, c'est la structure du réseau de barbules qui est responsable du phénomène. Une partie des rayons est réfléchie par des pigments situés sous les microgranules (cas des plumes vertes qui contiennent des pigments jaunes), le reste des longueurs d'onde est absorbé par des microgranules très concentrées. Ainsi la plume selon l'angle ne présente pas le même ton de couleur. Les barbules des rectrices des Pavo sont limitées par 3 couches fines (0, 4 µm) de kératine. La lumière blanche est décomposée et peut donner toutes les couleurs de l'arc en ciel.

Variations des plumages

On observe des variations de plumages entre les individus d'une même espèces. Ces variations sont dues à plusieurs facteurs, la production d'hormones, des facteurs d'ordre génétique, et le moins connu et le plus discuté, des facteurs nutritionnels.

Variations endocriniennes

Les plumages peuvent beaucoup variés en fonction des sexes, des saisons ou de l'age des individus. Les juvéniles ont dans la plupart des cas un plumage différent ou semblable à ceux des femelles. Les mâles sont, en générale, plus colorés au moins, de la période des parades nuptiales à la fin de la période de reproduction. La mue automnale (pour les espèces nordiques) leur permettant d'acquérir une livrée plus discrète. Les femelles de certaines espèces sont connues pour choisir leur mâle en fonction, entre autre, de la couleurs de leur plume, les mâles aux couleurs les plus chatoyantes sont supposés être en meilleur santé. Les femelles et les juvéniles, aux couleurs plus ternes, sont en générale plus ternes et mieux camouflés quoique certains mâles incubent également. Les espèces dites polymorphiques, sédentaires ou non, peuvent connaître des mues saisonnières, leur plumage changeant selon les saisons. Le chardonneret jaune est un exemple de toutes ces variations de plumage. Ces variations sont d'origine endocrinienne.

Variations génétiques

Leucisme Certaines espèces disposent d'une importantes variations de plumages en fonction des individus comme chez les Cuculidae ou les Strigiformes. Elles sont principalement dues à des raisons génétiques et peuvent s'étendre à l'ensemble du plumage ou à quelques zones. Une des plus célèbre de ces anomalies est l'albinisme comme chez le merle blanc, un oiseau quasi-mythique. L'albinisme, relativement rare, est liée à l'absence de l'enzyme tyrosinase. Une autre anomalie ne causant que des taches blanches est appelée leucisme et semble héréditaire et parfois liées aux sexesSage 1962. Une pigmentation rouge ou jaune anormale étant respectivement l'érythrisme et la xanthochromie. On a observé pour les hirondelles de cheminée exposées aux radiations de la catastrophe de Tchernobyl que 13% d'entre elles présentent des taches de dépigmentation liées à des mutations. Les éleveurs d'oiseaux de compagnie, de Psittacidae et de serins notamment, cherchent à reproduire ces anomalies génétiques, des mutations naturelles, par croisements sélectifs afin de rendre les oisillons produits plus rares et plus chers.

Variations alimentaires

On observe dans le cas de sous-nutrition des marques blanches sur le dessous des ailes et un manque de barbes sur les rémiges dans de nombreuses études sans pour autant permettre de conclure avec certitude. Par exemple, la présence de lysine dans l'alimentation favorise la croissance des plumes et l'absence des tachesFritz et al. (1946) et Klain et al. (1956), la lysine influant la production de tyrosinase. Certains auteurs pensent que d'une part les privations alimentaires entraînent assez rapidement des dépigmentations au niveau des jeunes plumes et que d'autre part on observe une proportionnalité entre la durée de la famine et la taille des marques. Ces marques dans ce cas, seraient liées à la diminution du flux sanguin causant un moindre d'afflux des produits chimiques précurseurs des couleurs dans le calamus. Ceci expliquerait la différences de positions et de formes de ces marques entre les juvéniles et les adultes, pour qui la pousse est plus étalée.

Rôle

On connaît de multiples fonctions du plumage chez les oiseaux modernes. La fonction d'isolation thermique est la plus évidente mais elles jouent aussi un rôle primordiale dans la communication visuelle tout au long des cycles de vie de l'oiseau. En outre, il joue un rôle vis à vis des prédateur, comme signal de dissuasion (cas du Cuculus varius) ou comme camouflage (cas du Petit-duc africain).

Cas des oiseaux aquatiques

La plupart des oiseaux vivant sur l'eau (canards, etc.) ont des plumes graissées qui assurent une étanchéité et empêchent le corps de se mouiller lors de l'immersion. Cette graisse est sécrétée par une glande située dans le bec et les oiseaux enduisent régulièrement leurs plumes (comme ont rénove le calfatage d'un bateau...) en les faisant glisser une à une dans leur bec. Seul le cormoran se mouille et doit se sécher après la pêche. On peut alors les observer, alignés côte à côte sur les rochers, ailes écartées face au vent et au soleil. Certains duvets des rapaces ou des Ardeidae poussent continuellement sans muer. Les extrémités de ses plumes se désagrègent en poudre que ces oiseaux répandent lors de leur toilette pour imperméabiliser leur plumes. Les oiseaux marins s'en servent pour enlever le mucus des poissons. Par ailleurs ces derniers sont vulnérables aux plaques d’hydrocarbure dues aux marées noires qui détruisent l’imperméabilité de leur plumage et entraînent leur mort par noyade ou hypothermie.

Cas des oiseaux coureurs

Si elles ne servent pas à voler, leur rôle aurait pu être uniquement protecteur. Or, en observant la nature aujourd'hui et la faune aviaire, il est possible d'observer que l'autruche possède des plumes (caractéristique des oiseaux) mais ne vole pas. Celles-ci lui servent à équilibrer sa trajectoire pendant les phases de course.

Cas des oiseaux volants

Les plumes constituent la partie la plus importante du corps des oiseaux, les ailes, qui leur permettent de voler. Selon le type de vol spécifique à chaque catégorie d'oiseau, les plumes des ailes et de la queue auront une forme et un fonctionnement différent.
- Les oiseaux au vol très rapide (par ex. l'hirondelle) ont des ailes courtes aux extrémités très fines et pointées vers l'arrière en forme de serpe (flèche importante des chasseurs).
- Les ailes des oiseaux effectuant des vols planés sur de longues distances (albatros) ont un allongement important (planeurs).
- Certains oiseaux conjuguent le vol plané et le vol en piqué lorsqu'ils observent d'abord le paysage à la recherche d'une proie puis fondent sur elle. Leur aile est d'abord entièrement déployée puis se replie ensuite pour offrir une moindre résistance. Les fous de Bassan qui plongent à plusieurs mètres de profondeur dans l'eau pour pêcher allongent même leurs ailes le long du corps.
- Les aigles et les condors au vol plané lent ont en extrémité de leurs ailes quelques plumes écartées comme les doigts de la main qui permettent de profiter de la portance créée par le tourbillon (ailerette ou winglet). En outre, ils ont sur le bord d'attaque de leurs ailes, quelques plumes qui rabattent sur l'extrados l'écoulement d'air qui tend à se décoller en vol très lent à grande incidence (bec contre le décrochage, slat en anglais).
- Certains oiseaux migrateurs volent en triangle, chacun profitant du tourbillon créé par l'animal qui le précède, l'animal placé en tête venant régulièrement se reposer en queue (comme au volley-ball).
- Certains oiseaux se dirigent à l'aide de leur bec plat situé loin en avant du corps (plan canard) et ont par conséquent des plumes rectrices de très faibles dimensions.
- Des alulas permettent des vols demandant moins d'énergie.

Rôle des plumes dans la reproduction

paon bleu mâle En outre, on sait que les femelles de certaines espèces évaluent la teinte du plumage des mâles qu'elles choisissent. C'est le cas par exemple de la mésange bleue ou du gorge-bleue. Le mâle de gorge-bleue ne disposant de plume réfléchissant moins l'ultra violet met plus de temps à former un couple et a moins de copulations hors couple. D'après la théorie de Ronald Aylmer Fisher, inspirée de Charles Darwin 1871, les femelles cherches les mâles avec qui elles auront le plus de descendants parce que les plus beau. cependant, certaines les femelles de certaines espèces préfèrent les mâles avec un ornement handicapant. Amotz Zahavi explique, avec sa théorie du handicap, qu'elle choisissent le mâle avec le plus lourd handicap car celui-ci doit avoir de bons gènes pour survivre malgré cela. Ainsi, pour les espèces du genre Pavo, plus les plumes de queues sont longues, plus le mâle a du succès.

Contrainte du plumage

Le toilettage

Le toilettage est l'activité de confort la plus gourmande en temps de l'oiseau; C'est aussi une activité sociale, certains oiseaux se toilettant en couple. Par exemple, il lissent leurs plumes avec les sécrétions cireuses de leur glande uropygienne. L'utilité de cette pratique est discutée mais il semble que cette cire agit sur la flexibilité des plumes et comme un agent antimicrobien en inhibant la croissance de bactéries dégradant les plumes. Plus de 250 espèces complètent ces sécrétions avec de l'acide formique tirées de fourmis. Ainsi les séances de toilettage peuvent être mutuelles. Certains oiseaux aiment également se baigner.

La mue

La mue est un processus coûteux en énergie et ressources pour l'oiseau. Le mécanisme, la manière dont elle se déroule et sa durée varie d'une espèce à l'autre. On peut ainsi observer d'une à quatre mue par ans. Au sein d'une même espèce elle dépend des saisons, de l'âge de l'oiseau et de l'état général de celui-ci. Certains oiseaux s'enlèvent eux-même les plumes ou se grattent durant cette période. Toute perte de plume n'est pas nécessairement liée à une mue.

Maladie

La perte de plume peut être due à des maladies ou des problèmes d'alimentation. On appel picage chronique, le fait d'arracher les plumes, en dehors du phénomène de la mue. Certaines alopécies sont dues à des levures ou des champignons mais aussi à des facteurs génétiques (dans ce cas un traitement hormonal peut régler le problème). Les oiseaux peuvent aussi souffrir de kystes folliculaires qui sont des plumes qui pousse sous la peau causant ainsi des amas de peau.

Utilisation humaine

La production de plume est importante à cause des volumes de volailles produites en aviculture. Des volailles terrestre, on tire essentiellement de la farine animale tandis qu'on exploite les duvets et plumules des oiseaux aquatiques. La production de plume ornementale est aujourd'hui marginale.

Utilisation ornementale

Amérindien Pataxó Les (quetzal, oiseaux-mouches) (aigle) ont utilisé les plumes comme élément décoratif ou comme signe distinctif du rang social. Cet usage existait aussi dans l'Antiquité européenne : les grecs ou les romains décoraient leur casques avec). Au cours des siècles, différentes vagues de mode apparurent. Les grandes plumes colorées de certains oiseaux (autruche, casoar...) servent d'éléments de décoration dans le vêtement et le costume de scène ainsi que pour les chapeaux et la coiffure. Sous Henri VIII, les plumes étaient petites et mettaient en valeur les autres accessoires ; sous Charles II et Henri IV, elles ornaient les couvre-chefs en panache. Vers la fin du , cette tendance était si grande que l'activité, connue sous le nom de « plumasserie », avait acquis un statut industriel. En Amérique cinq millions d'oiseaux étaient tués annuellement pour cet usage. Les plumes des oiseaux de mer étaient particulièrement prisées en raison de leur résistance ; de ce fait, l'industrie de la plume a été considérée comme l'un des facteurs responsables du déclin des populations d'oiseaux marins dans bon nombre de régions de l'Atlantique Nord à cette époqueRatcliffe, N.. Causes of seabird population change. In Mitchell, P. et al. 2004. Seabird populations of Britain and Ireland. Poyser, London, pp.407-441. De tels chiffres mobilisèrent l'opinion publique et des mouvements anti-plume furent créés afin que seules les plumes d'oiseaux domestiques soient utilisées.

Utilisation industrielle

Récoltes des plumes après abattage

Toutes les plumes utilisées ne sont pas obtenues après abattage des oiseau. La pratique de récupération des plumules ou duvet pour les palmipèdes, récupérations des plumes d'autruche, etc. sont marginales. Dans les abattoirs, les plumes peuvent être arrachée à sec mais il est plus facile et rapide d'échauder les oiseaux à environ 70°C pendant 1 à 3 minutes. Les plumes sont arrachées manuellement, quelques fois avec l'aide d'une machine appelée « plumeuse ». Les plumes sont ensuite séchées dans des tambours pour qu'elles prennent du volume. Elles sont ensuite triées, industriellement par des machines à flux d'air. Le plumage à sec, n'impliquant pas de processus industriel est plus rentable pour les éleveurs. Pour les palmipèdes en France, 70 à 55% des plumes sont utilisables.

La Filière duvet

La fabrication de vêtements isolants (anorak, doudoune...) ainsi que des sacs de couchage, édredons, duvets, oreillers, couettes est la principale utilisation des plumes. Le duvet est la plume la plus utilisée et celle qui à le plus de valeur. Le duvet provient aujourd'hui essentiellement des volailles de la filière avicole. Les duvets de certaines espèces sont plus réputé que d'autre, aussi plusieurs pays ont mis en place des législation protégeant les consommateurs. Au Canada, il est obligatoire de faire figuré de quel oiseau les plumes proviennent mais ce terme désigne est équivoque puisqu'il désigne en fait toutes les plumes secondaires des oiseaux aquatiques, comme les oies, les canards et les cygnes, constitué des barbes se ramifiant à partir du penne, mais n'ayant pas de rachis. La plupart des produits du commerce sont fabriqués à partir d'un mélange de plumules et de duvet; plus la quantité de duvet est importante et plus la valeur du produit est élevée. La production est importante à cause des volumes de volailles produites en aviculture. Les plumes des espèces fournissant le duvet et plumules peuvent être valorisées industriellement en étant inclues dans des articles textiles, le reste étant transformées en farine animale, en cystéine, en engrais ou traité comme déchet. En France, la production de plume de palmipède représente 12 000 tonnes par an dont 5 000 tonnes sont des déchets. Les vêtements et produits à base de plume sont perçus par la clientèle comme des produits de qualité, la demande en qualité augmentant, la quantité de déchet devrait aussi augmenter. Les plumes blanches sont les plus recherchées. La récolte continue, dans les pays industriels, d'être une source de revenue non-négligeable. Elle est principalement pratiquée sur les canards ou les oies en Europe. Les revenus proviennent des animaux abattus et des récoltes des mues naturelles à partir l'age de 9 à 10 semaines puis toutes les six semaines pour produite 100g de plumes (8 à 15% de duvet) environ chez les oies et enfin les plumes à l'abattage. En 1994, les échanges internationaux ont porté sur plus de 67 000 tonnes de plumes et duvets bruts, soit 650 millions de dollars dont 30% en masse et 40% en valeur pour les oies. 93% de la demande internationale ce concentre sur les États-unis, la France, l'Allemagne, le Japon, Taïwan et l'Italie tandis que 25 pays, surtout en Europe, Amérique du Nord et Asie, détiennent une une production significative à l'échelle du marché mondial. En 2002, la demande était grande et le marché n'était pas saturé. Le prix en 2001 sont en France :
-15 à 40 € du kilo le duvet
-10 à 15 € du kilo le « duvet plumeux »
-1, 5 à 2 € du kilo la plume et plumette.

Production de cystéine

La β-keratin est obtenue par dialyse d'une solution aqueuse d'urée et de 2-mercaptoethanol dans laquelle sont trempées les plumes. Une agrégation de protéine à lieu et le résidu est soumis à plusieurs acides et agents chimiques. L'acide L-cystéique est ensuite transformé en cystéine (E910 (L-cystéine), E920 (L-cystéine hydrochloride), E921 (L-cystéine hydrochloride monohydrate) ). La cystéine est par exemple utilisée en boulangerie comme correcteur de la force des pâtes à pain. Si, historiquement, la cystéine a été extraite de plumes d’oiseaux et de cheveux, la législation européenne interdit l'usage de cystéine d’origine humaine.

La poudre de plume

La farine ou poudre de plume est une farine animale. Elle est produite avant tout avec les plumes des volailles terrestres. Ces farines ont la composition des plumes c'est à dire que la kératine représente 85, 9% de la teneur en protéines et 70% de la matière sèche totale. La poudre, pour amélioré sa digestibilité, est hydrolysé par traitement enzymatique ou physiquo-chimique. Si la digestibilité apparente atteint 65% pour les volailles, et 85% pour les ruminants, l'apport nutritif est faible car elle ne contient que 0, 5% de méthionine, 2, 2% de Lysine, 0, 8% de histidine et 0, 7% de tryptophane mais sont riches en cystéine. Elles ont en revanche un relativement bon apport énergétique, comparable à la farine de sang toutes deux pauvres en matières minérales. La production de farine animal représentait 531 000 tonnes en 1997 en France, la production de farine de plume représentait 34 370 tonnes. 31 000 tonnes en 1996 et 28 000 tonnes en 1994 pour 742 000 tonnes au total. La production de farine de plume est en constante augmentation, même sans débouché et alors que la production générale est en baisse. En principe, en France:
- 39% est incinérées,
- 1% environ est transformées en aliments pour l'aquaculture.
- 13% pour l'alimentation animale mais cet usage est limité du fait des odeurs de cette farine.
- 5% environ ont été incorporées dans la fabrication d'engrais en Agriculture biodynamique,
- 47 % sont stockées « en attente » et gérées par la Mission Interministérielle sur les farines animales. Mais en fait, en 2001, 10% seulement on été incinéré du fait de la saturation des sites d'incinération. Moins de 5% de la production est utilisé pour l'alimentation animale.

Déchets et recyclage

Les déchetteries peuvent recycler certaines plumes. Cet usage est fort ancien, les selliers-garnisseur ou bourreliers récupéraient les vieux matelas, pour en produire des nouveaux. Bon nombre de plumes, comme celles des Gallus gallus domesticus qui n'ont pas de valeurs commerciales suffisantes sont considérées comme des déchets encombrants. Des chercheurs de l'Université Hébraïque de Jérusalem ont produit un OGM appelé « bare chicken » qui ne possèdent pas de plumes, ce qui a des implications religieuses, Y.D. 68:10. Les plumes de récupération représentent 10 000 tonnes par an dont 30 % à 50 % seraient retraitées ce qui généreraient 2 500 à 3 000 tonnes par an de coutils, 500 à 1 500 tonnes par an de déchets et 100 à 200 tonnes de poussières.

Rôle symbolique

Maât Le terme plume garde un rôle symbolique, il désigne l'écriture, un écrivain, etc... La plume, attribut exclusif des oiseaux, symbolise aussi l'oiseau. Cet usage se retrouve dans l'expression « gibier à plume » pour désigner les gibiers oiseaux. Plumer signifie enlever les plumes des oiseaux mais aussi dérober tous les biens d'un individu, tandis que plumard désigne un lit, sens en relation avec les matelas autrefois fait en plume. La plume symbolise également un objet léger, expression que l'on retrouve dans l'expression poids plume, une catégorie de boxe. Dans des usages plus anciens :
-Dans les religions antiques, les plumes étaient aussi associées à la symbolique des oiseaux qui les portaient. Dans la religion de l'Égypte antique, lors de la pesée de l'âme, Maât représentée par une femme coiffée d'une plume d'autruche ou simplement par cette plume elle-même, aussi légère qu'une plume, est le contrepoids du cœur qui doit être aussi léger qu'elle pour que le Ka, l'âme du défunt, puisse accéder au monde des bienheureux.
-Dans la Religion romaine antique, des bijoux à base de plume ou des plumes étaient déposés dans les sanctuaires de Junon. Cette tradition, venue vraisemblablement d'Orient, était équivalente à celle retenue pour le culte grec d'Héra. Dans la mythologie, c'est Junon/Héra qui a placé les ocelles sur les plumes du paonOvide, Les Métamorphoses. A Rome, les plumes de paon symbolisait Junon (IVNO REGINA) puisque justement sa beauté résidait, paraît-il surtout dans ses yeux.
-La plume est représente quelques fois l'air dans la théorie des Quatre éléments.
-Pour les civilisation mésoamériquaine, les plumes, et plus particulièrement celle des Quetzal étaient le symbole du pouvoir et de la richesse. Huitzilihuitl (« Plume de colibri »), Quetzalcoatl (« serpent à plume ») ne sont que deux exemples de divinité de leurs panthéons avec des attributs en plumes.

Autre usages

- L'usage des plumes d'oies comme instrument d'écriture est assez ancien et désuet mais à la portée symbolique importante.
- Plumes et duvets constituent un des matériaux de base de la fabrication des mouches utilisées par les pêcheurs à la mouche. La première trace écrite que l'on ait de cette utilisation se trouve dans une description de Claudius Aelianus au IIe siècle.
-Les première balles dont celles de golf, étaient des poches circulaires en cuir bourrées de plumes.

Évolution

Mahakala, un Dromaeosauridae, vue d'artiste On a longtemps pensé que seuls les oiseaux modernes avaient des plumes. Mais la découverte de dinosaures à plumes en Chine démontre le contraire. Ces spécimens soulèvent également des questions quant au rôle préadaptatif des plumes. Ces dinosaures ne pouvaient pas voler car ils ne possédaient que quelques touffes de plumes symétriques dispersées sur leurs mains et leur longue queue osseuse. Le corps était également couvert de duvet, d'autres enfin avaient un plumage bien plus développé sur les pattes arrière, ce qui leur permettait peut-être de planer avec leurs 4 membres étendus. Ces dinosaures à plumes non volants, contemporains d'Archaeopteryx confirment l'utilisation des plumes pour diverses fonctions ainsi que leur apparition bien avant le vol, ce qui était prédit par la théorie de l'évolution : l'organe crée les fonctions.

Voir aussi

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