Histoire de France

Infos
Le nom de France est apparu vers 1190, quand la chancellerie du roi Philippe Auguste a commencé à employer le terme de rex Francie à la place de rex Francorum pour désigner le souverain. Dès 1204, le territoire est appelé regnum Francie, c’est-à-dire royaume de FranceEncyclopaedia universalus, article capétiens, Jacques Le Goff. L'occupation humaine du territoire correspondant aujourd'hui à la France est fort ancienne. Aux groupes présent
Histoire de France

Le nom de France est apparu vers 1190, quand la chancellerie du roi Philippe Auguste a commencé à employer le terme de rex Francie à la place de rex Francorum pour désigner le souverain. Dès 1204, le territoire est appelé regnum Francie, c’est-à-dire royaume de FranceEncyclopaedia universalus, article capétiens, Jacques Le Goff. L'occupation humaine du territoire correspondant aujourd'hui à la France est fort ancienne. Aux groupes présents depuis le Paléolithique sont venus s'ajouter, jusqu'au premier millénaire de notre ère, des vagues de peuplement successives composées de CeltesGeorges Duby, Histoire de la France des origines à nos jours, Larousse In extenso., de Romains, de peuples germains, principalement des Francs. À partir du début du second millénaire, c'est la monarchie capétienne qui assure l'unité territoriale du pays. La période révolutionnaire achève son unité administrative et politique. La période contemporaine est marquée par la fin de l'unité territoriale au prix de conflits meurtriers, par des efforts d'unification culturelle, par un enrichissement du pays et par l'arrivée de millions d'immigrants d'Europe, d'Afrique et d'Asie qui ont profondément modifié la structure de la population.

Des origines à la fin de la Gaule romaine

Des premiers groupes humains à l'arrivée des Celtes

Les occupants du Paléolithique

Feuille de laurier solutréenne La plus ancienne trace d'occupation de Hominini du territoire français date de -1, 8 Ma. Il s'agit de galets aménagés trouvés à Chilhac en Haute-Loire, dont le caractère anthropique est contesté par certains auteurs. Vers 1 Ma, lors de la glaciation de Günz, la grotte du Vallonnet près de Roquebrune dans les Alpes-Maritimes est habitée par des petits groupes dHomo erectus venus d'Afriquehttp://www.memo.fr/article.asp?ID=PRE_ORG_005. Ils occupent ensuite de nombreux sites jusque dans la vallée de la Somme. Vers - 400 000 ans, une seconde vague de peuplement arrive d'Asie. À Terra Amata près de Nice, les chercheurs ont trouvé des vestiges acheuléens ainsi que l'un des plus anciens foyers attestés. Vers - 280 000 ans, les atlanthropes d'Afrique du Nordhttp://pythacli.chez-alice.fr/lespremiershommes.htm s'installent en Espagne et en France et passent en Angleterre à pied sec ; ils façonnent des outils bifaciaux en amande, à la pointe acérée, fixé au bout d'un manche ou servant de hache. Ils occupent des vallées fluviales jusqu'à celle de la Somme. Du , les hommes de Néandertal sont présents sur l'ensemble du territoire correspondant à la France actuelle. Ils taillent le silex selon la méthode Levallois. Sur les sites des Eyzies et du Moustier en Dordogne, de nombreux outils ont été retrouvés: racloirs, bifaces, pics, ciseaux. Ils chassent le bison, l'aurochs, le cheval, le loup et le renne. Ils ont laissé les plus anciennes trace de sépulture en France : les morts sont ensevelis dans des fosses de 1, 40 × 1 × 0, 30 m ; des offrandes sont déposées à côté des corps (rations de viande, objets en silex, etc.). À partir de -33 000, l'homme de Cro-Magnon, venu du Moyen-OrientBernard Vandermeersh, « Cro-Magnon (homme de) » in Dictionnaire de la Préhistoire, sous la Dir. d'André Leroi-Gourhan, Presses universitaires de France, Paris, 1988, peuple les régions occupées par les hommes de Néandertal et le remplace progressivement. Les hommes de Cro-Magnon sont de remarquables artisans. Ils ont laissés des pointes de sagaies en os longues et finement travaillées, des spatules, des poinçons, des lissoirs décorés. Les sites attestant de leur activité sont très nombreux : Pincevent, la grotte de Lascaux célèbre pour ses 150 peintures et 1 500 gravures, celles de Cosquer, de Gargas et de Chauvet... Le site de La Madeleine en Dordogne habité vers le par des chasseurs de rennes et des pêcheurs a livré des harpons à pointe mobile et a donné son nom à la civilisation de cette période : le Magdalénien. Vers , le climat se réchauffe. La fin des grandes glaciations amène la disparition du renne et du phoque. Une civilisation magdalénienne finale se répand du sud-ouest français vers le nord-est plus froid à la poursuite du gibier.

Le Néolithique

Vers dans le Sud-Est, entre -5700 et - 5500 dans l'Est de la France apparaissent progressivement la culture des céréales, la domestication des animaux et les nouvelles techniques artisanales comme la poterie, le tissage, le polissage des pierres. Les groupes humains se sédentarisent donnant naissance aux premiers villages et aux premiers tombeaux mégalithiques : tumulus, cairns, dolmens et menhirs. Les menhirs sont très présents en Bretagne, isolés ou en alignement comme à Carnac (4 km, 2 935 menhirs) ou en cromlech comme au pic de Saint-Barthélemy, près de Luzenac en Ariège. Selon Fernand Braudel, c'est à la fin du Néolithique que «l'identité biologique» de la future France avec déjà les diversités raciales qui la caractérisent aujourd'hui (Alpins, Nordiques, Méditerranéens, Norico-Lorrains...) se met en place. Les nombreux mélanges ethniques y demeureront et les invasions qui suivront, Celtes, Romaines, Germaniques, etc se perdront peu à peu dans la masses des populations déjà installéesFernand Braudel, L'identité de la France , Les hommes et les choses, pp. 64-66 Flammarion, 1990.

Le temps des Celtes

La conquête de la Gaule par les Celtes s'est déroulé en deux phases. La première commence vers -1500 et se termine vers -700Georges Duby, Histoire de la France des origines à nos jours, Larousse In extenso.. Les Celtes colonisent l'est du territoire le plus souvent de manière pacifique. Pasteurs nomades à leur arrivée, ils deviennent des agriculteurs sédentaires entre -1200 et -900. C'est à cette époque qu'apparaissent les premières agglomérations permanentes fortifiées. Vers la fin du , la métallurgie du fer se répand (Âge du fer). Une nouvelle aristocratie guerrière se constitue grâce à l'apparition des épées de fer et au combat à cheval. Elle bouleverse l'organisation sociale des Celtes jusque là agraire et égalitaire. Ces « princes et princesses de la Celtique » (Patrice Brun) se font enterrer avec armes et chariots d'apparat, comme à Vix en Côte-d'Or (Bourgogne). Leurs tombes ont également révélé la présence de luxueux objets provenant du pourtour méditerranéen (notamment d'Égypte), ce qui atteste la dimension commerciale de la richesse de ces aristocrates. char gaulois d'apparat Les relations commerciales lointaines se développent. Vers -600, est fondé le comptoir grec de Massalia (Marseille) sur les bords de la Méditerranée par des marins grecs venus de Phocée. D'autres comptoirs du même type, avant et après cette date, voient le jour surtout le long du rivage (Antibes dès -680). La cité phocéenne prend toutefois un ascendant décisif sur ses rivales vers -550 avec l'arrivée en masse de réfugiés phocéens, Phocée étant tombé aux mains des Perses. L'influence grecque se manifeste le long des grandes voies commerciales grâce au rôle actif de Massalia. La seconde phase commence à la fin du . Les Celtes continuent alors leur progression vers l'ouest de la Gaule. C'est le second âge de fer ou période de la Tène. Cette nouvelle période d'expansion correspond à des transformations économiques et sociales. Les guerriers aristocrates peu nombreux sont remplacés par des paysans-soldats regroupés autour d'un chef de clan. L'araire à soc de fer remplace l'araire en bois. Il permet de labourer les terres lourdes du centre et du nord de la France actuelle. Ceci explique en grande partie la colonisation de terres nouvelles, la croissance démographique et les nouvelles invasions qui en ont résulté. Celles-ci interrompent pour un siècle les routes commerciales de Marseille. À la fin du , la cité a retrouvé toute son influence commerciale sur la Gaule. À cette période, on trouve des céramiques et des pièces de monnaies grecques dans toute la vallée du Rhône, dans les Alpes et même en Lorraine. Au début du , les tribus belges originaires du Sud et d'ouest de l'Allemagne actuelle envahissent la Gaule. Vers -250, elles font la conquête du Massif central et du Languedoc. La civilisation gauloise de la période précédant immédiatement la conquête romaine est particulièrement florissante. L'émergence de véritables villes fortifiées (
oppida) de dimensions bien plus importantes que les forteresses des périodes antérieures, en effet, ou encore l'usage de la monnaie y sont des traits caractéristiques de cette civilisation. La Gaule à la veille de la conquête de Jules César Au , se met en place une relative hégémonie arverne caractérisé par une forte puissance militaire et une grande richesse de ses chefs. Au même moment l'emprise romaine augmente dans le Sud de la Gaule. Elle se manifeste d'abord sur le plan commercial. Les fouilles archéologiques ont montré qu'au cours du , les amphores italiennes remplacent peu à peu celles venant de Grèce dans le commerce marseillais. À plusieurs reprises les Marseillais font appel à Rome pour les défendre contre les menaces des tribus celto-ligures et les pressions de l'empire arverne. Le sud-est de la France, notamment le Languedoc et la Provence sont conquis par Rome dès avant la fin du . C'est la province romaine de Narbonnaise qui va des Pyrénées aux Alpes en passant par la vallée du Rhône, territoire stratégique pour relier l'Italie à l'Hispanie conquise lors de la seconde guerre punique. La conquête de ces régions s’achève en -118 après la défaite des Arvernes et des Allobroges et l'alliance de Rome avec le peuple gaulois des Éduens. Après la chute de l'hégémonie arverne sous la pression des Romains, les grands peuples de Gaule - Eduens et Séquanes en particulier - connaissent une forte rivalité. Une image d’Épinal : Vercingétorix dépose les armes aux pied de Jules César à l'issue du siège d'Alésia En -58, Jules César utilise la menace que fait peser la pression germanique sur les Gaulois pour intervenir à l'appel des Éduens, alliés de Rome. La guerre est longue et meurtrière et en janvier -52, avec l'accession au pouvoir de Vercingétorix, les Arvernes et leur clientèle se soulèvent contre l'armée du proconsul. Jules César fait face à la détermination des Gaulois dont le soulèvement est quasi général. Sièges, incendies de cités, politique de la terre brûlée et massacres sont alors au programme qui s'achève par une victoire romaine face à la fougue gauloise désorganisée. En -50, Jules César laisse une Gaule exsangue400 000 morts selon Velleius Paterculus, un million de morts et autant de prisonniers selon Plutarque qui écrivit plus tard emmenant avec lui l'élite des guerriers gaulois. Il laisse aux villes une grande autonomie.

La Gaule romaine

L'empereur Auguste organise la Gaule en quatre provinces : à la Narbonnaise suffisamment romanisée pour devenir une province sénatoriale, il ajoute la Gaule aquitaine, la Gaule lyonnaise et la Gaule belgique. Il est à noter que les limites des Gaules dépassent largement celles de la France actuelle, principalement en ce qui concerne la Gaule Belgique. Les provinces gauloises dans l'empire romain L'assimilation des Gaules est rapide. En 48, l'empereur Claude donne accès au Sénat romain aux notables gaulois, comme le montrent les Tables de Lyon. Le développement du réseau routier, la pacification sur le Rhin et en Bretagne favorisent l'essor économique. Pierre Gros résume ainsi l’impact de la présence romaine Pierre Gros, La France gallo-romaine, Nathan, 1991, . L’urbanisation généralisée voit le développement de nombreuses cités, organisées sur le mode des municipes italiens, villes qui toutes perdurent encore de nos jours, tandis que les campagnes se couvrent de bourgades (
vici) et de grandes exploitations agricoles (villae). La Gaule est alors avec l’Égypte le secteur le plus peuplé de l’Empire romain, avec une population estimée entre 10 et 15 millionsPaul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, . Le développement économique bénéficie des siècles de pax romana : l’extension des vignes en Aquitaine, dans la vallée du Rhône et de la Saône et même en Moselle est telle qu’elle concurrence les vins italiens. Des artisans italiens installés en Gaule créent une industrie de la céramique sigillée prospère (par exemple à La Graufesenque). L’artisanat gaulois produit aussi en abondance des objets en bois, des vêtements de laine et exporte vers les grands centres de consommation en Italie, sur le Rhin et le haut DanubePaul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, . Les échanges ne se limitent pas aux biens matériels : à côté des cultes populaires du nombreux panthéon gaulois, apparaissent dans les villes d’autres religions d’origine orientale : culte de Mithra, de Cybèle, de Jésus, attesté à partir de 177 (cf. les Martyrs de Lyon). Ce dernier culte deviendra prépondérant dans les milieux urbains à partir du . Le voit se succéder les crises et les guerres civiles sur le sol gaulois. À partir du milieu du , en 258, Francs et Alamans franchissent le Rhin et pillent la Gaule à plusieurs reprises. Un éphémère empire des Gaules (terme impropre), sans que celui-ci ait un caractère national, est créé par Postumus, bientôt assassiné par ses soldats. Dès le la Gaule est touchée par l'affaiblissement démographique, le déclin des villes, le ralentissement du commerce et de la circulation monétaire. La situation militaire est rétablie à la fin du , et le dispositif défensif sur le Rhin incorpore de plus en plus de contingents germaniques installés avec leurs familles. Des groupes de Francs en Gaule Belgique et d'Alamans en Alsace servent comme troupes auxiliaires fédérées, et certains officiers francs mènent de brillantes carrières au sein de l'Empire romain. Cinq siècles de romanisation laissent de profondes marques sur les Gaules : des langues (occitan et français), un droit écrit et dégagé de tout principe religieux, des villes, une religion (le catholicisme), et même des habitudes quotidiennes (le pain, la vigne et le vin). Malgré ces apports fondamentaux qui rangent la France dans les pays de culture latine, l'Histoire de France a longtemps négligée cette période, et la néglige parfois encorePar exemple, la récente Histoire de France de Max Gallo traite ces cinq siècles en 4 pages (L'âme de la France : Une histoire de la nation des origines à nos jours, Fayard, 2007).

Les invasions germaniques

Dans la nuit du 31 décembre 406 les peuples Vandales, Suèves, Alains et d'autres peuples germaniques franchissent la frontière sur le Rhin), malgré la défense des auxiliaires Francs, puis en 412 les Wisigoths franchissent les Alpes et atteignent l'Aquitaine. Le pouvoir impérial romain leur cède des territoires puis disparaît en 476. Les structures de l'Empire se défont en Gaule, le pouvoir politique passe aux mains de royaumes barbares avec leurs propres lois, leur propre religion, l'arianisme ou le polythéisme. Le danger des Huns permet une alliance temporaire des occupants de la Gaule. En 451, Aétius prend la tête une coalition romano-barbare qui stoppe le raid de pillage des Huns commandés par Attila aux Champs catalauniquesAnne Logeay
, maître de conférences à l'université de Rouen, « Aux champs Catalauniques, en 451 Attila prend une déculottée à la romaine », dans Historia, juin 2007 . Cette bataille qui fut bien loin d'anéantir les Huns fut magnifiée par les historiens, et enrichie de l'épisode de sainte Geneviève encourageant les Parisiens à la résistance face à AttilaMoins anecdotique et déjà significatif des influences culturelles mutuelles est le nom tout à fait germanique que portait cette pieuse gallo-romaine, "Genovefa". Au milieu de ces royaumes barbares, wisigoth, alaman, burgonde ou franc, un Romain, Syagrius, parvient à maintenir entre Seine et Loire une portion détachée de l'Empire comme son bien propre et se fait donner le titre de roi des Romainsréférence, I. Gobry, Les Premiers Rois de France. Des réfugiés venus de Bretagne (l'actuelle Angleterre) s'installent en Armorique, qu'ils rendent indépendante du reste de la Gaule pour plusieurs siècles. Les élites gallo-romaines encore présentes dans les villes en assurent la direction locale, et fournissent de nombreux évêques, protecteurs de leur communauté face aux malheurs de l'époque, interlocuteurs du pouvoir militaire des rois germaniques qui se partagent la Gaule et derniers représentants de la culture romaine. Citons parmi ceux-ci Avit de Vienne, Nizier de Lyon, Remi de Reims, Grégoire de Tours.

Le Moyen Âge et la formation de la France

Les Francs, Mérovingiens et Carolingiens

Les Mérovingiens

Le baptême de Clovis, un élément fondateur de l'histoire de France. Au milieu de ces enchevêtrements de peuples, les Francs saliens installés sur les bouches du Rhin font la conquête d'une grande partie de la Gaule sous l'autorité de leur roi Clovis Ier (481-511). La grande intelligence de Clovis est d'avoir compris que son pouvoir ne pourrait pas durer sans l'assentiment des peuples romanisés. Son baptême catholique par Remi de Reims vers 496La chronologie du règne de Clovis est incertain, vu la médiocrité des sources historiques. Cette date se base sur Historia Francorum, livre II de Grégoire de Tours, mais est discutée (Lucien Musset, Les Invasions, les vagues germaniques, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1965, 2 édition 1969, p 390-391) permet la collaboration des Francs avec les élites gallo-romaines. Clovis est le fondateur de la première dynastie durable sur le territoire de la France actuelle, la dynastie mérovingienne. La conversion de Clovis, quant à elle, a été exploitée plus tard par les Capétiens pour affirmer le principe de la monarchie de droit divin, c’est-à-dire de l'origine divine du pouvoir royal. Ils popularisent la légende de la sainte ampoule, apportée par le Saint-Esprit pour oindre le roi baptisé, ampoule qui sera utilisée pour les sacres des Capétiens jusqu'à la Révolution. Les Francs ont une vision patrimoniale de leur royaume. Clovis partage son royaume entre ses quatre fils, ce qui favorise les guerres entre les héritiers. La carte du pays évolue au gré des guerres, des crises et des héritages : le royaume de Clovis est vite divisé entre Neustrie et Austrasie et Aquitaine, qui deviennent avec la Bourgogne conquise par les fils de Clovis, les divisions politiques majeures de la « Gaule » au et au . Les Francs s'étendent à l'est. Sous les Mérovingiens la période de régression amorcée dès le Bas-Empire continue. La population diminue aux s sous le coup des épidémies, notamment celles de la peste. La désorganisation liée aux invasions barbares contribue à la disparition des artisans spécialisés qui avaient fait la renommée de la Gaule romaine. Les routes romaines ne sont plus entretenues. Le rare transport des marchandises se fait par voie fluviale. Le grand commerce s'arrête presque totalement et une économie autarcique autour des grands domaines, les vici, se développe. Beaucoup de paysans perdent leur liberté car ils se « donnent » aux puissants en échange de leur protection. Le terme franc finit par désigner les hommes libres, qu'ils soient d'origine germaniques ou gallo-romaines, mais ils sont de moins en moins nombreux. À partir du début du , le pouvoir royal s'affaiblit au profit de l'aristocratie franque, et surtout aux « maires du palais », sorte de premier ministre. En effet les rois mérovingiens n'ont plus de terres à distribuer à leurs guerriers et sont donc abandonnés par ceux-ci. La famille des Pippinides originaire d'Austrasie, se rend maître des mairies du palais d'Austrasie puis de Neustrie. Elle remet la Provence et la Bourgogne, devenues quasi-indépendantes, dans l'orbite mérovingienne et entame la conquête de la Frise au nord du royaume. L'un des plus fameux maires du palais, Charles Martel, repousse en 732 une armée musulmane non loin de Poitiers. Pour récompenser ses fidèles, il confisque les immenses biens fonciers de l'Église qu'il leur redistribue. Ceci lui permet de s'assurer de leur fidélité sans se défausser de ses propres biens. Son fils Pépin le Bref fait enfermer dans un couvent le dernier roi mérovingien puis se fait élire roi par les guerriers francs en 751. Il prend aussi la précaution de se faire sacrer en compagnie de ses deux fils en 754 par le pape. Cela lui donne une légitimité nouvelle, celle de l'élu de Dieu, comme le roi David, élection supérieure à celle des guerriers francs. La dynastie mérovingienne a vécu. Commence le règne de la dynastie carolingienne.

Les Carolingiens

Le Royaume franc sous Charlemagne. Pépin le Bref fait la conquête de l'Aquitaine, devenue indépendante et de la Septimanie aux mains des musulmans entre 719 et 759http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Territoires/Septimanie.php. Il intervient même hors de ses frontières en créant notamment les États pontificaux après une campagne contre les Lombards. À sa mort, il partage selon la tradition franque, son royaume entre ses deux fils, Carloman et Charles mais la mort précoce de Carloman permet à Charles de régner sur un royaume des Francs unifié. Le royaume des Francs (
regnum francorum) connaît sa plus grande expansion sous Charlemagne. Celui-ci étend le royaume jusqu'en Saxe à l'est, au prix de 20 années de guerre, en Bretagne, au Pays basque, en Lombardie, en Bavière et chez les Avars. Cette politique de conquête a pour conséquence le couronnement impérial de Charlemagne le 25 décembre 800 par le pape Léon III. Les contemporains ont voulu y voir une renaissance de l'Empire romain d'Occident. Mais l'empire carolingien est centré sur la Gaule et la Germanie. Charlemagne se considère d'abord comme un roi franc. Les règnes de Charlemagne et de son fils Louis le Pieux restent cependant, entre deux vagues d'invasions, une période de renforcement du pouvoir royal, de renaissance des arts et de la culture qui a durablement marqué les esprits. Charlemagne entouré de deux papes. Louis le Pieux renonce à confisquer les terres de l'Église pour les donner en récompense à ses fidèles. Ce faisant, il est obligé de puiser dans ses propres biens et affaiblit ainsi la puissance foncière des Carolingiens. Ses fils se disputent pour le partage de l'héritage carolingien. Finalement ils arrivent à un accord lors du partage de Verdun de 843. C’est à cette occasion que la Gaule est appelée pour la première fois Francie occidentale. La Francie occidentale, concédée à Charles le Chauve, le plus jeune fils de Louis le Pieux donnera naissance à la France. La Francie occidentale s'étend de la mer du Nord à la Méditerranée. Elle a pour avantage l'extrême diversité de ses paysages et de ses ressources naturelles. Cependant aux s, la Francie occidentale est menacée d'éclatement. Sous Nominoë la Bretagne reprend son indépendance. Le rattachement de l'Aquitaine au royaume n'est que purement théorique. La seconde vague d'invasion de Vikings, des Sarrasins et des Hongrois accentue la désagrégation de l'autorité royale. Les souverains impuissants à défendre leurs sujets doivent se résigner à voir passer le pouvoir de commandement de leurs mains à celles de puissants seigneurs qui se sont constitués des principautés, vastes territoires quasi indépendants. Pour stopper la menace viking, le roi Charles le Simple est obligé de céder la Normandie au chef Rollon par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Le titre de roi devient électif et les Carolingiens doivent céder leur couronne à Eudes, comte de Paris entre 888 et 898, à Robert Ier] de 922 à 923, et à Raoul en 923 à 936. En 987, Hugues Capet, duc des francs, descendant d'Eudes, est préféré au prétendant carolingien, Charles de Basse-Lorraine, oncle du défunt roi Louis V, grâce au soutien actif de l'archevêque Adalbéron de Reims. Son élection marque la fin de la dynastie carolingienne et le début d'une nouvelle dynastie, la dynastie capétienne qui construira la France pendant le second millénaire.

Les Capétiens et la consolidation de l'État

L'évolution du pouvoir royal

Le règne des premiers Capétiens est marqué par la faiblesse du pouvoir royal face aux grands seigneurs à la tête de principautés. Hugues Capet n'intervient jamais au sud du royaume. Son autorité est limitée au domaine royal, les biens matériels et les vassaux directs sur lesquels il exerce un pouvoir direct. Les premiers Capétiens ne possèdent qu'un domaine peu étendu, réduit pour l'essentiel à entre Beauvais et Orléans, vestige du duché de France de Robert le Fort. Par une politique habile de la plupart d'entre eux, ils assureront la croissance du domaine royal. Face aux grands du royaume quasi-indépendants ils possèdent cependant trois atouts :
-Ils parviennent à rendre héréditaire leur lignage faisant élire et sacrer en associant leurs fils de leur vivant (usage suivi jusqu'à Philippe Auguste).
- les rois de France sont au sommet de la hiérarchie féodale et ne rendent hommage à personne pour leurs possessions. Mais, féodalité oblige, tous les grands féodaux du royaume doivent l'hommage au roi. Les plus prestigieux vassaux du roi de France étaient les souverains d'Anjou et d'Angleterre. Par les domaines sous son administration directe, le Roi de France était plus faible que bien des vassaux, mais en terme de vassalité, c'était bien le roi de France qui se trouvait au sommet de la pyramide du pouvoir du système féodal. Un adage dit que le roi est empereur en son royaume
-Le sacre à Reims permet aux Capétiens d'acquérir un caractère sacré. L'onction avec l'huile de la Sainte ampoule, don du Saint-Esprit lors du baptême de Clovis, selon la légende, fait du roi, un roi de droit divin qui ne tient son pouvoir que de Dieu. Depuis Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, on attribue aux Capétiens de pouvoirs de guérison miraculeuse, par simple touché, des écrouelles et des scrofules. Philippe-Auguste mène une lutte victorieuse pour abaisser la puissance des Plantagenêts et agrandir le domaine. Le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le comte d'Anjou, devenu roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II Plantagenêt, fait de ce dernier un vassal du roi de France bien plus puissant que son suzerain, comme le montre la première carte. Philippe II, dit Philippe-Auguste a comme objectif principal l'abaissement des Plantagenêts. Entre 1202 et 1205, il fait la conquête de la Normandie, du Maine, de l'Anjou, de la Touraine, du Nord du Poitou et de la Saintonge sur Jean sans Terre. Jean tente de réagir en réunissant une coalition réunissant également l'empereur allemand Othon IV et le comte de Flandre. Le dimanche 27 juillet 1214, Philippe II triomphe de la coalition lors de la bataille de Bouvines. Sur le plan intérieur, Philippe-Auguste augmentent les ressources royales par une bonne administration, ce qui lui permet de rétribuer des mercenaires, de construire des nouveaux remparts autour de Paris, de paver la ville et d'édifier la forteresse du Louvre. À sa mort, le domaine royal est considérablement agrandi. Ses successeurs continuent son œuvre. Son petit-fils, Louis IX, signe enfin la paix avec les Plantagenêt. Il affirme le droit du roi de légiférer dans tout le royaume, y compris dans les grands fiefs quand l'intérêt commun l'exige. Il met en circulation une monnaie royale stable et fiable, le gros d'argent valable dans tout le royaume. Il place définitivement la monarchie au-dessus du bien commun. Ses légistes affirment que rien ne peut justifier la rébellion d'un vassal et qu'aucun évêque ne peut excommunier le roi. Louis IX se croise par deux fois, de 1248 à 1254 pour combattre les musulmans en Égypte et à Tunis où il meurt de la peste en 1270. Philippe IV le Bel (1285-1314) est le dernier des grands capétiens directs. Il est connu pour le rôle qu'il a joué dans la centralisation administrative du royaume. Il organise définitivement les parlements. Pendant tout son règne, il cherche à améliorer les finances royales. Comme il échoue à instaurer un impôt régulier, le budget de l'État fonctionne au moyen d’expédients : confiscation des biens des juifs, des marchands italiens, diminution du poids en métal précieux par rapport à leur valeur nominale des pièces frappées par le roi. Pour trouver de subsides, il organise la première réunion de représentants des trois ordres ou états du clergé, de la noblesse et du tiers-état. Ce type de réunion sera appelé plus tard états généraux. Il s'entoure de légistes originaires de toute la France. Mais Philippe le Bel est surtout connu pour son affrontement avec la papes et l'installation de ceux-ci à Avignon pour échapper aux troubles romains, mettant pour trois quarts de siècle, la papauté sous influence directe de la France. Quand il meurt en 1314, la monarchie capétienne semble consolidée et forte.

Les transformations économiques et sociales

le bas de cet extrait de la tapisserie de Bayeux, , montre des travaux agricoles avec herse et charrue Même si les sources écrites manquent, plusieurs indices montrent que la vitalité démographique de la France est très importante à partir du . Des hommes venus du royaume de France tiennent le premier rang dans la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066. Les chevaliers francs jouent un rôle prépondérant dans la reconquista de l'Espagne musulmane dès le milieu du . Ils sont si nombreux à participer à la première croisade à la fin du , que les États créés après la prise de Jérusalem en 1099 sont appelés États francs d'Orient. L'augmentation de la population accompagne les grands défrichements. Des nouvelles techniques agricoles se diffusent permettant de cultiver les terres riches et lourdes du bassin parisien : charrues à roue et à versoir qui aèrent le sol, herses qui brisent les mottes. Villages, églises et châteaux-forts façonnent le paysage des campagnes. Le retour à une paix relative favorise la circulation des marchandises et des hommes, la circulation monétaire et la renaissance des villes. Les artisans et les marchands se révoltent bien vite contre l'autorité tatillonne des seigneurs laïcs ou ecclésiastiques et parviennent à obtenir des chartes de libertés leur permettant de s'administrer elles-mêmes. Dans les villes, les artisans se regroupent en métiers, des organisations professionnelles très rigides et protectionnistes qui comprennent les artisans d'une même activité. Le consacre le rayonnement français. Les historiens pensent qu'au cours de ce siècle la population passe de 12 millions à 20 millions d'habitants, grâce aux améliorations des pratiques culturales qui permettent l'augmentation des rendements. Ceci n'empêche pas les campagnes d'être secouées par des révoltes, le plus souvent locales contre les droits féodaux ou la dime. Pourtant le est celui des chartes d'affranchissement qui permettent aux paysans d'améliorer grandement leurs conditions juridique et fiscale. Paris devient la ville la plus importante de l'Occident chrétien avec près de 200 000 habitants, soit le double de Venise. Son rayonnement est assuré par son université, ses monuments célèbres dans toute la chrétienté, la Sainte-Chapelle où sont conservées les reliques de la couronne d'épine et du bâton de Moïse, la cathédrale Notre-Dame de Paris, ses ateliers de miniature et d'ivoire. Pourtant dès le milieu du , des signes d'essoufflement économique apparaissent. Les petits seigneurs s'appauvrissent. La croissance de la population a abouti à un fractionnement des tenures. L'écart s'élargit dans les villes entre les riches et les pauvres entraînant des révoltes du "menu" peuple contre le peuple "gras" entraînant des grèves et des conflits à Douai, Paris, Ypres…

La fin des Capétiens directs

La lignée des Capétiens directs se termine par le règne successif de trois fils de Philippe IV qui meurent sans héritier mâle Lorsque Charles IV le Bel, le dernier fils de Philippe le Bel, meurt en 1328, c'est la première fois depuis l'élection d'Hugues Capet que le défunt roi n'a pas d'héritier mâle. Deux prétendants sont en lice, Édouard III, roi d’Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel et Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel. L'assemblée des grands du royaume préfère Philippe car il est de France et plus mûr que son jeune rival anglais. Cet événement marque le début de la dynastie des Capétiens-Valois, branche collatérale des Capétiens directs.

Crises et mutations du bas Moyen Âge ( - s)

Tout l'Occident est affecté par les famines, la Grande Peste et de nombreux conflits. Mais la France, État le plus peuplé d'Europe, est davantage touché par les malheurs, d'autant plus qu'elle est le cadre d'une guerre interminable entre 1337 et 1453, la guerre de Cent Ans.

Le temps des crises

A la fin du XIIIe siècle, on assiste en France à un retournement de conjoncture. Il n'y a plus de terres à défricher. La production agricole stagne alors que la population continue à augmenter. L'épuisement de mines d'or et d'argent freine le développement de la monnaie et par là même des échanges commerciaux. Du début du à la fin du , l'Europe entière connaît un petit âge glaciaire, les hivers sont plus longs et plus froids, les étés plus frais et plus humides, pourrissant les récoltes sur pied. Les crises économiques qui en résultent entraînent des troubles politiques et sociaux accentués par la faiblesse de certains rois pendant la Guerre de Cent Ans. Dans les années 1315-1317, le mauvais temps entraîne des récoltes insuffisantes. Le prix de céréales augmente entraînant une surmortalité des plus pauvres. Les famines persistent jusqu'à la fin du . La situation des paysans est catastrophique : soit ils mangent la part de grains réservée aux semailles et la famine s'accentue l'année suivante, soit ils préservent les grains à semer et, dès la fin de l'hiver, la mortalité augmente, faute de nourriture suffisante. Les textes de l'époque font aussi état de loups entrant dans les villes pour se nourrir, car privés de gibiers par la rigueur des hivers. Des victimes de la peste bénies par un prêtre À partir de 1348, la peste qui avait déjà ravagée la France dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge, fait un retour en force tuant presque un tiers de la population française. À partir elle fait des ravages en 1363 et en 1418. Les révoltes se multiplient principalement à Paris : révolte d'Etienne Marcel, révolte cabochienne. Dans les campagnes les jacqueries sont nombreuses. Les différentes crises ont eu aussi des aspects positifs. Les paysans et les artisans qui survivent aux famines et à la peste voient leur condition de vie s'améliorer du fait de la hausse des salaires causée par la raréfaction de la main-d’œuvre. La noblesse décimée lors des grandes batailles de la guerre de Cent Ans se renouvelle. Les bourgeois achètent des seigneuries.

La guerre de Cent Ans

La guerre de Cent Ans oppose la France et l'Angleterre de 1337 à 1453. Elle n'est pas continue. Elle compte 55 années de trêve pour 61 années de combats. Elle ne touche pas tout le royaume mais là où elle a lieu, elle apporte la désolation et la mort : pillages, épidémies et désertification accompagnent les bandes de mercenaires qui, en l'absence d'intendance et de solde régulière, se servent sur les régions où ils stationnent, même celles du prince qui les emploie. Pendant cet interminable conflit, le territoire français est le champ de combats épisodiques mais acharnés entre rois de France et rois d'Angleterre. Les Anglais bénéficient de la supériorité tactique de leur armée (et particulièrement de leurs archers) et infligent à la chevalerie française pourtant très supérieure en nombre, deux cuisants revers à Crécy en 1346 et Poitiers, bataille durant laquelle le roi de France, Jean II le Bon est fait prisonnier. Le dauphin Charles est contraint de signer le traité de Brétigny en 1360 qui concède aux Anglais un bon tiers du royaume de France, prévoit le paiement d'une énorme rançon de trois millions de livres pour la libération de Jean II le Bon (équivalent à la totalité des recettes du roi pendant deux ans). Celui-ci meurt à Londres en 1364 sans que la rançon ait été versée. Son fils, Charles V est un bon tacticien : la paix obtenue permet de lui redonner les capacités de reconquérir les territoires cédés. Charles V sait éviter les grandes batailles rangées et confie à de grands capitaines tel Du Guesclin la reconquête du territoire en reprenant les places fortes de l'ennemi une à une par une stratégie de sièges successifs. En 1377 les Anglais ne contrôlent plus que la Guyenne, Bayonne, Calais et Cherbourg. La France en 1435 Le redressement est provisoire. La folie de Charles VI plonge le pays dans la guerre civile entre deux familles proches du roi, les Armagnacs et les Bourguignons. Le duc de Bourgogne fait appel aux Anglais qui lancent une chevauchée dévastatrice à travers la France. Après avoir évité Paris ils traversent la Picardie en direction de Calais. Ils sont rejoints à Azincourt en 1415 par la fine fleur de la chevalerie française. Les Français subissent de nouveau une défaite meurtrière face à une armée anglaise épuisée et moins nombreuse. Par le traité de Troyes de 1420, Charles VI déshérite le dauphin Charles. . À sa mort, le royaume doit revenir au fils du roi d'Angleterre Henri V qui a épousé la fille du roi fou, Catherine de France. Lorsque Charles VI meurt en 1422, la France est divisée en trois: le Nord et l'Ouest sous le contrôle du régent du jeune roi anglais, Henri VI c'est-à-dire le duc de Bedford, (frère d'Henri V); Le Nord-Est où le duc de Bourgogne est quasi-indépendant; Le Sud de la Loire où le dauphin, prendre le titre de Charles VII mais est surnommé le « roi de Bourges » par la propagande anglaise qui met en doute sa légitimité (dans la mesure où le château de Bourges est la demeure favorite de Charles). Mais la clé du conflit est celle du choix de la nationalité. Les Anglais par leur stratégie de pillage (les fameuses chevauchées) se sont fait haïr par le peuple et ne sont soutenus que par les artisans et les universitaires des grandes villes. Le rôle de Jeanne d'Arc est plus politique et psychologique que militaire : elle catalyse cette volonté "de bouter les Anglais hors de France". Elle participe au siège d'Orléans et après la bataille de Patay insiste pour que le sacre de Charles VII ait lieu à Reims (ce qui est extrêmement symbolique et interprété à l'époque comme un nouveau signe de volonté divine car la ville est en plein territoire bourguignon). Elle permet de justifier la naissance légitime du roi, faisant oublier les rumeurs prétendant qu’il était le fils illégitime du duc d'Orléans et permet son sacre. La voie est alors libre pour la reconquête du territoire français. Le rôle militaire propre de Jeanne d'Arc est faible : durant l'hiver 1429, elle s'empare du village de Saint-Pierre-le-Moûtier, échoue devant la bourgade de La Charité-sur-Loire avant d'être fait prisonnière devant Compiègne (24 mai 1430). La fin du conflit est proche : Charles VII fait la paix avec les Bourguignons en 1435 (traité d'Arras et privés de leur puissant allié et sans soutien sur le terrain, les Anglais sont chassés de France en 1453. La France à la fin du Les rois de France regagnent prestige et autorité. Ils ont toujours affaire à forte partie, en particulier avec les ducs de Bourgogne, les Grands Ducs d'Occident Philippe le Bon et Charles le Téméraire, qui sont les principaux rivaux de Charles VII et de son fils Louis XI. À leurs possessions bourguignonnes, ils ont joint les Pays-Bas, et se posent parmi les plus puissants souverains d'Europe. À la mort du Téméraire, une partie de ses possessions revient à sa fille, Marie de Bourgogne, épouse de Maximilien d'Autriche : un nouveau danger se précise. Le Moyen Âge s'achève sur la disparition des grandes principautés qu'étaient le duché de Bourgogne (1482) et le duché de Bretagne (vaincu en 1488 puis uni au Royaume en 1532).

L’Époque moderne

Évolutions et bouleversements du

L’affirmation de la puissance royale

De la fin du à la fin de la première moitié du , la politique extérieure française est largement dominée par les guerres d'Italie. Les Valois veulent faire valoir les droits hérités de leurs ancêtres sur le royaume de Naples, et le duché de Milan. En 60 ans, ils conquièrent et perdent quatre fois Naples, six fois le duché de Milan. Finalement, ils abandonnent toute ambition en ItalieArticle formation territoriale (1498-1789) de l'Encyclopaedia Universalis, Yves Durant. On peut se poser la question de l'utilité de telles expéditions, sans cesse recommencées et se terminant à chaque fois par des échecs. Il existe plusieurs facteurs explicatifs : l'attrait des richesses et de la culture des prestigieuses villes italiennes, la volonté d'avoir le contrôle de passages qui permettent de menacer les intérêts de Habsbourg par la Sud. Au XVI, les stratégies militaires se nouent, entre autres, autour de l'idée de frontière offensive. Il s'agit d'occuper des points d'appui pour en priver l'adversaire, plus que d'agrandir le territoire du royaume. François Ier peint par Clouet En 1519, Charles Quint, roi d'Espagne depuis 1516, hérite des possessions des Habsbourg (Empire d'Autriche, Pays-bas, Franche-Comté). La France est l'obstacle à abattre pour unifier territorialement ses possessions. Il dispose aussi des inépuisables réserves d'or et d'argent des colonies espagnoles d'Amérique. François I se présente en vain à l'élection du Saint Empire romain germanique pour limiter l'influence du Habsbourg. Il échoue aussi à s'assurer l'alliance d'Henri VIII d'Angleterre. À partir de 1521, la France entame une guerre longue et difficile. Celle-ci commence par le désastre de Pavie en février 1525. François I, imprégné des valeurs chevaleresques refuse de reculer et est fait prisonnier. Il est contraint de signer le traité de Madrid en 1526, qui ampute la France d'un tiers de son territoire mais reprend la guerre aussitôt libéré. En 1529, il doit abandonner la suzeraineté de la Flandre et de l'Artois, deux possessions de Charles Quint. Ce dernier renonce à revendiquer la BourgogneMalet et Isaac, l'âge classique. Bien que combattant la Réforme dans le royaume, François I s'allie aux princes protestants allemands et même au sultan de l'Empire Ottoman, Soliman le Magnifique pour desserrer l'étau habsbourgeois. Henri II continue la lutte. Il reprend le Boulonnais et le Calaisis aux Anglais. En échange de son soutien aux princes réformés allemands en guerre contre l'empereur Charles Quint, il obtient le droit d'occuper Calais, Metz, Toul et Verdun. En 1559, le traité du Cateau-Cambrésis signe enfin la paix entre la France et l'Espagne. Sous le règne d'Henri IV, la Bresse, le Bugey, le pays de Gex intègrent le domaine royal. Dans un premier temps, il refuse d'unir à la couronne ses fiefs personnels sous prétexte de préserver les intérêts de sa sœur. Le parlement de Paris refuse, en 1590, d'enregistrer les lettres séparant les biens patrimoniaux de la famille de Navarre et le domaine royal. Après la mort de sa sœur, Henri IV accepte l'union de ses fiefs et du domaine royal. C'est aussi au , que se forge la théorie de l'inaliénabilité de domaine royal. Le roi ne peut plus donner en apanage des fiefs à ses fils cadets. La Renaissance italienne gagne la France depuis, notamment par le biais des Guerres d'Italie. François I amène Léonard de Vinci à sa cour. C'est l'époque de la construction des châteaux de la Loire : Blois, Chambord, Chenonceau, qui sont autant de lieu où triomphe la vie de cour. La sculpture, la peinture et l'architecture françaises se transforment sous l'influence du modèle italien donnant naissance à la Renaissance française dont la forme la plus aboutie est l'école de Fontainebleau. François Ier est le premier roi de France à avoir compris que le rayonnement artistique d'un pays est un élément de gloire et de puissance. Comprenant l'importance des possessions coloniales, François Ier finance des expéditions lointaines. En 1535 Jacques Cartier découvre le Québec. Au , la guerre s'est considérablement transformée. L'artillerie dont le rôle est déterminant dans les batailles navales et dans les sièges commence à être utilisée pour les combats en rase campagne. La France, pour maintenir sa puissance dans le jeu européen, doit non seulement entretenir une armée permanente (les compagnies d'ordonnance créées par Charles VII), mais aussi posséder une solide artillerie et construire des forteresses capables de résister aux nouvelles techniques de guerre. Tout ceci coûte fort cher. La taille est multipliée par quatre au cours du siècle ; elle passe de 5 à 20 millions de livresEugénio Battisti, article Renaissance de l'encyclopaedia universalis. Mais les ressources fiscales sont insuffisantes pour financer les dépenses. Les rois de France ont recours à l'emprunt, - la dette double entre 1522 et 1550 -, à la banqueroute en 1558 et 1567 qui permet d'annuler certaines dettes mais surtout d'en rééchelonner le paiement et à la vénalité des offices. Un office est une fonction publique dont le titulaire est inamovible depuis 1467 et qu'il achète. Si la vénalité existait déjà au , Louis XII et François Ier l'ont systématiquement développée. Avec elle s'instaure peu à peu l'hérédité officialisée avec la création de la paulette en 1604, une taxe annuelle 1/60 de la valeur d'achat de l'office. Si les avantages sont évidents, procurer aux rois des rentrées d'argent rapides, les inconvénients le sont aussi.

Les guerres de religion

Le Massacre de la Saint-Barthélemy, d'après François Dubois Les règnes des trois fils d'Henri II, François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574) et Henri III (1574-1589) sont marqués par les Guerres de religion entre protestants et catholiques. La Réforme s'est progressivement répandue en France à partir de 1520, au point qu'en 1562, date du début des huit guerres de religion, un dixième de la population était devenue protestanteArlette Jouanna (dir.), Histoire et dictionnaire des guerres de religion, 1559–1598, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998, p. 42. La guerre civile est une grande menace pour l'unité territoriale. Les protestants et les ligueurs font des promesses aux souverains étrangers pour obtenir leur aide. Par exemple, les réformés promettent à Elisabeth Ière d'Angleterre de lui restituer le Calaisis en échange de son intervention. De plus les troubles permettent chacun des partis en présence de s'arroger des parcelles du pouvoir régalien. Les princes catholiques sont tout puissants dans les régions dont ils ont obtenu le gouvernement comme les Guise en Bourgogne, les Montmorency en Languedoc. L'édit de Beaulieu de 1576 permet aux protestants de célébrer leur culte publiquement partout sauf à Paris. Ils peuvent occuper huit places fortes et bénéficient de chambres mi-partie dans les parlements. Ils constituent alors un véritable État huguenot dans l'État. L'édit de Nantes de 1598 ne revient qu'en partie sur ses privilèges. À la mort d'Henri III, assassiné par un moine fanatique, et faute d'héritier, le trône passe à une branche cadette, les Bourbons, en la personne d'Henri IV, auparavant roi de Navarre. Mais celui-ci étant protestant, il n'est pas reconnu par les ultra-catholiques de la Ligue. Il lui faut reconquérir son royaume et se convertir au catholicisme, ce qu'il fait en 1593. Une fois son pouvoir consolidé, Henri IV met un terme aux Guerres de religion en promulguant l'édit de Nantes de 1598. Aidé de son ministre Sully, Henri IV tâche de remettre sur pied le royaume durement éprouvé par les guerres de religion. Lorsque Henri IV est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique en 1610, il lègue à son fils Louis XIII un royaume considérablement renforcé.

L'âge classique :

Le grand siècle

Aux et , la théorie de la monarchie absolue prend de l'ampleur. Elle a comme principal relais dans les provinces les officiers de justice qui cherchent à réduire les droits de justice seigneuriale. La justice est en effet un puissant moyen d'unification du pays. Tous les cas peuvent aller en appel auprès du conseil du roi par le moyen des évocations. La coutume de Paris a tendance à s'imposer comme droit commun coutumier. Territoire sous règne français et conquêtes de 1552 à 1798. Louis XIII (1601-1643) a neuf ans quand son père Henri IV est assassiné en 1610. Sa mère Marie de Médicis assure la régence avec ses favoris et néglige l'éducation du jeune roi. Louis XIII l'écarte du pouvoir en 1617 en faisant assassiner son favori Concini. À partir de 1624, il règne en étroite collaboration avec son principal ministre, le cardinal de Richelieu qu'il soutient contre les intrigues des nobles, furieux d'être écartés du pouvoir. Sous son règne, l'Auvergne et quelques places lorraines rejoignent le domaine royal. Il mène une politique de domestication des grands seigneurs du royaume (affaire du comte de Chalais en 1626), de durcissement envers les protestants à qui il parvient à retirer les places-fortes que l'édit de Nantes leur octroyait. Il installe des intendants de justice police et finance dans les provinces. Contrairement aux officiers ceux-ci sont des commissaires révocables. Ils sont indispensables dans les régions frontières ou occupées par les Français. Ils y assurent l'ordre en luttant contre les pillages des soldats français et en s'assurant de la fidélité des sujets, particulièrement des nobles et des villes. Le roi accentue la centralisation en favorisant l'atelier de frappe monétaire de Paris aux dépens de ceux de provinces. L'augmentation considérable de la pression fiscale, nécessitée par la guerre, provoque de nombreux soulèvements populaires : en 1636-1637 celui des Croquants de Saintonge-Périgord, en 1639 celui des Nu-Pieds de Normandie, sévèrement réprimés. En effet, dès 1635, Louis XIII et le cardinal de Richelieu s'engagent dans la guerre de Trente Ans auprès des princes allemands protestants pour réduire la puissance de la dynastie des Habsbourg, d' Espagne, la première puissance européenne à cette époque et de ceux d'Autriche qui sont à la tête du Saint Empire romain germanique. Pour affaiblir les Habsbourg, les Français occupent des places fortes et s'assurent des passages qui les relient à leurs alliés, en Alsace, en Lorraine et dans le Piémont. Louis XIV a quatre ans et demi quand son père meurt en 1643. Sa mère Anne d'Autriche assure la régence avec le cardinal Mazarin. Jusqu'en 1661, date de sa mort, c'est ce dernier qui gouverne effectivement, même après la majorité de Louis XIV. Il poursuit l'effort de guerre entamé par Richelieu. Les troupes françaises remportent des victoires décisives qui permettent de mettre fin à la guerre de Trente Ans (1618-1648). Le traité de Münster d'octobre 1648 accorde à la France presque toute l'Alsace, confirme la possession des trois évêchés et donne trois forteresses à la France sur la rive droite du Rhin, Landau, Philippsbourg et Brisach. Mazarin poursuit ainsi la politique de passage vers le Saint Empire romain germanique entreprise par le cardinal de Richelieu. Le conflit se poursuit cependant avec l'Espagne jusqu'en 1659. Avec la paix de Pyrénées, le domaine royal s'agrandit du Roussillon, de l'Artois et de certaines places du Hainaut comme Thionville et Montmédy. Louis XIV épouse l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse d'Autriche. Pour la première fois, dans un traité signé par la France, la frontière entre la France et l'Espagne est définie par la nature : "les crêtes des montagnes qui forment les versants des eaux"cité dans l'article France, formation territoriale (1498-1789) de l'Encyclopaedia Universalis. Louis XIV en manteau de sacre par Rigaud. À la mort de Mazarin, en 1661, Louis XIV déclare qu’il gouvernera désormais seul, c’est-à-dire sans premier ministre. Il réclame de ses secrétaires d'État une stricte obéissance et leur interdit de décider sans lui. Pour être sûr d'être obéi de ses ministres, il les choisit parmi la bourgeoisie comme Colbert ou Le Tellier. Le règne de Louis XIV marque une centralisation extrême du pouvoir royal. Les grandes décisions sont prises par le conseil d'en haut qui se réunit deux ou trois fois par semaine et où ne siègent que 3 à 5 ministres. Les intendants sont plus que jamais la voix du roi dans les provinces. Dès le début de son règne personnel (1661-1715), Louis XIV amorce le redressement de l'autorité royale. Les gouverneurs des provinces, issus de la haute noblesse n'ont plus d'armée à leur disposition et doivent résider à la cour, ce qui rend plus difficile le clientélisme. En 1665, Louis XIV interdit aux parlements de délibérer sur les édits et leur ordonne de les enregistrer sans vote. Les états provinciaux de Normandie, Périgord, Auvergne, Rouergue, Guyenne et Dauphiné disparaissent. Avec Colbert, il entreprend de réformer la justice et fait rédiger toute une série d’ordonnances ou codes applicables dans tout le royaume. N'étant pas sûr de la fidélité des officiers propriétaires de charges héréditaires, il confie leurs fonctions à des commissaires révocables. Ce procédé finit par contraindre les officiers à l'obéissance. La noblesse perd tout pouvoir politique. Elle est domestiquée à Versailles où son plus grand souci est de se faire remarquer du roi. Pour cela, elle doit faire des dépenses excessives et en est réduite à quémander des pensions au roi pour assurer son train de vie fastueux. Louis XIV pense que la guerre est la vocation naturelle d'un roi. Mais au début de son règne, l'armée est encore une entreprise privée monopolisée par la noblesse. Sous l'égide de Le Tellier puis de son fils Louvois, les officiers sont contrôlés par des administrateurs civils qui appliquent des réglementations strictes, les dépouillant d'une grande partie de leur pouvoir. Les efforts faits pour moderniser et discipliner l'armée permettent à Louis XIV de remporter d'éclatantes victoires dans la première partie de son règne personnel. La guerre de Dévolution (1667-1668) lui permet de conquérir de nouvelles places fortes au nord de la France parmi lesquelles Dunkerque, Lille et Douai. Le traité de Nimègue de 1678 mettent fin à la guerre de Hollande. Des échanges de places fortes permettent de régulariser la frontière au nord. En 1680-1681, Louis XIV, fort de sa domination sans partage sur l'Europe procède à la politique des « réunions ». Le but est de relier le chapelet de places fortes élaborées par Vauban. En pleine paix il annexe entre autres Nancy et Strasbourg. Cette violation du droit international indigne les États d'Europe. Louis XIV s'aliène les États protestants en révoquant l'édit de Nantes en 1685. Ses rapports avec l'Angleterre se tendent. En effet la France commence à peupler le Québec, entre 1635 et 1654 la Guadeloupe est conquise par Léonard de l’Olive et Duplessis d’Ossonville, en 1682 Cavelier de la Salle découvre ce qu’il appelle la Louisiane, les Français fondent des comptoirs commerciaux en Inde, ce qui concurrence les projets britanniques. Les 25 septembre 1688 Louis XIV lance un ultimatum exigeant que la trêve qui lui accordait l'occupation des "réunions" pour 20 ans soit transformée en traité définitif. Il fait occuper et dévaster le Palatinat dont il revendique la succession. Ceci entraîne la guerre de la ligue d'Augsbourg dirigée par Guillaume d'Orange, Stathouder de Hollande, devenu roi d'Angleterre avec sa femme Marie II. La guerre est indécise et coûte très cher alors que la France connaît une période de disette en 1693. Louis XIV accepte de négocier, il rend les "réunions" mais conserve Strasbourg par le traité de paix de Ryswick de 1697. La guerre de succession d'Espagne, menée par une coalition européenne pour empêcher le comte d'Anjou second fils du dauphin de devenir roi d'Espagne commence en 1703. La France après quelques victoires connaît de nombreux revers. La paix est signée à Utrecht en 1714. Le vieux roi qui meurt en 1715, voit son fils et son petit-fils mourir avant lui. Son héritier est donc son arrière-petit-fils né en 1710.

Le siècle des Lumières

Louis XV Louis XV règne de 1715 à 1774. N'ayant que 5 ans à la mort de son arrière-grand-père, Louis XIV, le pouvoir est confié à un conseil de régence dirigé par le duc d'Orléans. Celui-ci a pris de soin de faire casser le testament du roi défunt, qui limitait son pouvoir, par le parlement de Paris en échange d'un retour au droit de remontrance. Un des pouvoirs autonomes muselés par Louis XIV retrouve ainsi un pouvoir de contestation de la monarchie dont il se servira tout au long du . L'époque est au relâchement des mœurs, au boom économique, à la spéculation. Le goût pour les produits exotiques favorise le développement des ports de l'Atlantique. Les marchands de produits coloniaux, la monarchie et les trafiquants d’esclaves font d’éclatantes fortunes et les colons importent des produits manufacturés de France. Le port de Nantes se développe et les négriers se font construire à Nantes, à Bordeaux et à La Rochelle d’imposants bâtiments. La Nouvelle-Orléans est fondée en 1718. Quand le régent meurt en 1723, Louis XV règne personnellement. Jusqu'en 1743, il s'appuie sur un premier ministre Fleury, son ancien précepteur en qui il a toute confiance. Sous son règne, la France s'agrandit. En 1735, la Lorraine, principauté souveraine, plusieurs fois occupée par la France, est donnée à Stanislas Leszczynski, roi malheureux, chassé du trône de Pologne par les Russes et les Autrichiens, et beau-père de Louis XV. À sa mort en 1766, elle entre dans le domaine royal. La Corse est cédée par la République de Gênes en 1768. Auparavant en 1762, la région des Dombes avait, elle aussi, rejoint le domaine. Pendant son règne, Louis XV refuse plusieurs fois les propositions qui lui sont faites d'annexer les Pays-Bas autrichiens (la Belgique actuelle) en échange de son alliance ou de sa neutralité, sans que les historiens en comprennent bien la raisonarticle France, formation territoriale (1498-1789) de l'Encyclopaedia Universalis. En perdant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la France perd son importance politique outre-mer, notamment en Amérique (perte du Canada) et en Inde (où elle ne conserve que Yanaon, Chandernagor, Karikal, Mahé et Pondichéry) en cédant ses territoires à la rivale Grande-Bretagne par le traité de Paris de 1763. Le règne de Louis XV est très brillant sur le plan culturel, avec l'apparition des philosophes des Lumières tels Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot et d'Alembert. Le plus grand problème de l'État est alors le déficit budgétaire chronique qui conduit à rendre le roi dépendant des financiers et des manieurs d'argent. Autre source de paralysie des systèmes de gouvernement, l'opposition des parlements, se posant en défenseur des lois du royaume et en contre-pouvoir. S'opposant à toute tentative de réformes du royaume, elle contribue à la crise de la monarchie absolue sous le règne de Louis XVI. Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, est entreprise une politique de simplification et de régularisation des frontières. Il s'agit de procéder à des échanges de places avancées avec les États voisins pour éviter les enclaves aussi bien françaises en dehors des frontières qu'étrangères à l'intérieur du territoire. En 1789, il n'existe plus que trois enclaves étrangères en territoire français, Avignon et le Comtat qui appartiennent au pape, la principauté de Montbéliard et la République de Mulhousearticle France, formation territoriale (1498-1789) de l'Encyclopaedia Universalis. C'est d'ailleurs au que se forge la théorie des frontières naturelles. Un mémoire adressé au roi précise : « La France effectivement doit se tenir bornée par le Rhin et ne songer jamais à faire aucune conquête en Allemagne. Si elle se faisait une loi de ne point passer cette barrière et les autres que la naturel lui a prescrites du côte de l'occident et du midi : mer céane, Pyrénées, mer Méditerranée, Alpes, Meuse et Rhin, elle deviendrait alors l'arbitre de l'Europe et serait en état de maintenir la paix au lieu de la troubler. »article France, achèvement de l'unité, 17889-1944 de l'Encyclopaedia universalis Le refus de Louis XV d'annexer les Pays-Bas autrichiens montre que cette idée n'est pas, à ce moment, la doctrine officielle de l'État. Louis XVI en costume de sacre Le petit-fils de Louis XV, Louis XVI arrive au pouvoir en 1774. Il est gauche et timide. Il vit dans une cour traversée par les intrigues et les coteries. Son règne est marqué par une politique velléitaire. Face aux pressions de la cour, des parlements, de la noblesse, il est incapable de prendre les mesures nécessaires pour combler une dette publique et un déficit budgétaire démesurés. L'aide apportée aux insurgés américains permet de récupérer la Louisiane mais elle aggrave encore le déficit. Plusieurs autres facteurs expliquent les difficultés de la monarchie absolue. Malgré les tentatives de centralisation administrative, le pays est loin d'être unifié. Il existe des douanes intérieures entre les provinces, il n'y a pas d'unité des poids et mesures. Tout ceci entrave le développement économique de la France à un moment où l'Angleterre est en plein décollage industriel. Les impôts ne sont pas perçus de la même manière dans tout le pays, même si les intendants en supervisent la répartition et la levée. Malgré les efforts entrepris depuis François I avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts, les lois ne sont pas les mêmes dans tout le royaume. Le nord est encore soumis au droit coutumier, à peu près 300 coutumes, alors que le sud est régi par un droit écrit, inspiré du droit romain. L'Ancien Régime avait l'habitude de ne rien supprimer mais de superposer. De ce fait dans les années 1780, il existe un enchevêtrement de circonscriptions de tailles et de fonctions différentes, diocèses de l'Antiquité, baillages et sénéchaussées du Moyen Âge, généralités du . Par exemple : "Un habitant de Saint Mesnin résidait sans le baillage de Semur, payait ses impositions à la recette de Semur, avait affaire au subdélégué de Vitteaux et à l'évêque de Dijon. si quelque affaire des eaux et forêts le retenait, c'était à la maîtrise d'Avallon qu'il devait se rendre; s'il avait besoin de la justice consulaire, c'est à Saulieu que son voyage le menait".Regine Robin, La société française en 1789, Semur en Auxois Cette confusion s'explique par la manière dont le domaine royal s'est formé. À chaque acquisition, les rois promettaient de respecter les privilèges et les coutumes des provinces et des villes. À l'aube de la Révolution les particularismes régionaux restent très vifs.

La période révolutionnaire

La période révolutionnaire commence vers 1787. À cette époque la monarchie absolue est incapable de conduire les réformes, notamment fiscales, indispensables à la modernisation de la France face à la contestation des groupes privilégiés, parlements et noblesse en tête. D'autre part, les idées nouvelles portées par les philosophes des Lumières et les économistes anglais ont pénétré les couches aisées de la population qui réclament une monarchie parlementaire, la rationalisation des institutions et la libéralisation d'un système économique archaïque. La réaction nobiliaire et la crise économique jouent un rôle non négligeable dans l'ébranlement populaire. La période révolutionnaire se termine en 1814-1815, quand l'empereur Napoléon Ier est envoyé en exil d'abord à l'île d'Elbe et ensuite dans l'île de Sainte-Hélène. Napoléon Bonaparte, en consolidant certains acquis révolutionnaires, en exportant certains de ses aspects aux cours de guerres et des conquêtes qui marquent son règne, en mettant fin à la guerre civile entre les Français, est considéré, aux yeux de ses contemporains, comme le continuateur de la Révolution. Traditionnellement les historiens distinguent deux temps majeurs pendant la période révolutionnaire : la Révolution française de 1789 à 1799 et la période napoléonienne (Consulat et Premier Empire) de 1799 à 1815.

La Révolution française (1789-1799)

La naissance d’une France nouvelle

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789. L'année 1789 est riche en événements. Incapable d'établir un impôt universel, Louis XVI a convoqué les États généraux pour le 1 mai 1789 à Versailles. Les députés du tiers état parviennent en deux mois et sans violence à mettre fin à la monarchie absolue avec l’aide d'une partie du clergé et de la noblesse. Le 14 juillet 1789, les parisiens exaspérés par la crise économique et l'arrivée de troupes autour de Paris prennent d'assaut la Bastille. Cet événement est à l'origine de deux symboles de la République, la fête nationale et le drapeau tricolore. En effet le 17 juillet le roi, venu à Paris entériner les nouvelles institutions parisiennes nées de la prise de la Bastille, accepte de porter la cocarde tricolore, le blanc, la couleur royale, entouré des deux couleurs de Paris, le bleu et le rouge. À la fin du mois de juillet 1789, les campagnes sont agitées par la Grande Peur, une révolte contre les droits féodaux. Pour mettre fin à l'agitation les députés votent dans la nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges et des droits féodaux. Même si ces derniers sont déclarés rachetables lors de la rédaction des décrets, entre le 5 et le 11 août, cette date marque la fin de l'Ancien Régime et le début d'une nouvelle société. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen votée le 26 août 1789 en est l'acte de baptême. Ce texte reconnaît l'égalité des citoyens devant la loi, consacre la souveraineté nationale et légitime le droit à la résistance à l'oppression. Avec le retour forcé du roi à Paris, les 5 et 6 octobre 1789, la Révolution semble avoir atteint ses buts : faire naître une monarchie parlementaire en rabaissant le prestige du roi. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793. L'abolition des privilèges et de la féodalité pousse les Constituants, pétris de rationalisme et des idées de Lumières à réorganiser la France pour lui donner l'unité qui lui faisait défaut. L'assemblée décide de supprimer l'enchevêtrement des anciennes circonscriptions administratives et décide le 15 janvier 1790 de créer une circonscription administrative unique pour la justice, l’administration, la religion, la collecte des impôts, gérant la chose publique de manière très décentralisée. Il s'agit des départements, 83 en tout, divisés eux-mêmes en districts, en cantons et en communes. La suppression des douanes intérieures, des corporations et de leurs privilèges pointilleux, la décision de créer de nouvelles unités de poids et mesures basées sur le système décimal et valables dans toute la France, la rédaction de codes unifiant le droit à l'échelle nationale, l'égalité en droit pour les protestants et les juifs sont autant d'initiatives propres à consolider l'unité nationale à mettre au crédit des Constituants. L'affaire des princes possessionnés d'Alsace et de l'annexion d'Avignon et du Comtat Venaissin en 1790 permet aux révolutionnaires de poser un nouveau principe du droit international, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Par contre, la réorganisation du clergé catholique sans l'autorisation de la papauté suscite une profonde division dans le royaume. La constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790 transforme les évêques et les curés en fonctionnaires élus et devant prêter serment de fidélité à la Nation. Cette loi est condamnée par le pape, ainsi que la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. La France est alors divisée en deux : le monde rural soutient plutôt les prêtres réfractaires, ceux qui refusent de prêter serment pour obéir au pape, les gens des villes plutôt les jureurs, ceux qui acceptent le serment à la Nation. L'hostilité du roi et d'une immense majorité de la noblesse aux changements est un autre élément fondamental de division. De nombreux nobles émigrent formant à la frontière allemande une armée d'émigrés prête à intervenir. Louis XVI louvoie, espère la guerre et une défaite française pour retrouver son pouvoir absolu. Celle-ci est déclarée le 20 avril 1792 par la toute nouvelle assemblée législative issue de la Constitution de 1791, la première jamais votée en France. Les défaites des premiers combats et l'invasion du territoire national ont pour conséquence la chute de la monarchie, le 10 août 1792 et la proclamation de la République, le 22 septembre 1792. Deux jours avant le 20 septembre 1792, une armée composée de jeunes volontaires patriotes avait arrêté l'avance prussienne à Valmy. Si la victoire militaire est minime, son impact symbolique est très fort.

Crises et succès de la République

L'exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793. À l'automne les armées de la Révolution occupent les Pays-Bas autrichiens, la rive gauche du Rhin, la Savoie et Mulhouse. Danton fait sienne la théorie des frontières naturelles et encourage les guerres de conquête bien loin de l'idéal révolutionnaire de libération des peuples opprimés. À Paris, la nouvelle assemblée élue au suffrage universel pour voter une nouvelle constitution, la Convention, est occupée par le procès du roi à partir de décembre 1792. Son exécution le 21 janvier 1793 soulève l'indignation de l'Europe monarchiste et entraîne la formation de la première coalition en février. La jeune république est vite assaillie de toutes parts par les coalisés qui franchissent les frontières aux printemps 1793. À partir de mars 1793, l'ouest de la France est la proie d'une insurrection catholique et royaliste, appelée guerre de Vendée. Les Girondins, l'aile droite de la Convention, qui dirigent le pays depuis la proclamation de la République, veulent respecter les institutions en place et veulent réduire Paris où l'agitation et la pressions des sans-culottes sont permanentes, à 1/83 de la France. Ils tiennent à maintenir des institutions décentralisées face à l'aile gauche de la Convention qui réclame des mesures d'exception face aux difficultés. Robespierre, l'âme de la Terreur Sous la pression des sans-culottes les Girondins sont chassés de la Convention par les journées révolutionnaires des 31 mai et 2 juin 1793. Les Montagnards qui forment la partie la plus radicale de l'assemblée arrivent au pouvoir. Ils n'hésitent à satisfaire certaines revendications du peuple parisien pour garder le pouvoir et surtout la sauver la République menacée de chaos face au menées contre-révolutionnaires des royalistes en Vendée et ailleurs, de la révolte des Girondins contre la "
dictature parisienne" appelée révolte fédéraliste et l'avancée des coalisés sur le territoire français. Les Montagnards instaurent un gouvernement révolutionnaire, c’est-à-dire un gouvernement extrêmement centralisé dans lequel les décisions sont prises par un organe issu de la Convention, Le Comité de salut public dominé par la forte personnalité de Robespierre. Ces mesures extraordinaires doivent sauver la révolution par la Terreur (envers les ennemis de la République) et la vertu (des patriotes). Le 23 août 1793, la levée en masse est décrétée. C’est le premier exemple dans l'histoire de France d'une conscription obligatoire de tous les jeunes hommes célibataires. C'est aussi la première fois que l'économie nationale est presque entièrement tournée vers l'effort de guerre. Cette mesure exceptionnelle permet de vaincre les révoltes et de dégager les frontières dès l'automne 1793. Les armées françaises, commandées pour la plupart par des généraux issus du rang, passent de nouveau à l'offensive. Les régions conquises deviennent des départements, celui du Mont-Blanc, des Alpes-Maritimes et du Mont-Terrible (Mulhouse-Bâle).En 1794, la Belgique est reconquise ainsi que la rive gauche du Rhin. Robespierre qui veut renforcer la Terreur, alors que la situation ne le justifie plus est renversé le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et exécuté le lendemain. Les Conventionnels mettent fin à ce régime d'exception qu'a été la Terreur. Ils rédigent une nouvelle constitution, celle du Directoire, qui partage le pouvoir exécutif entre 5 directeurs et le pouvoir législatif entre deux assemblées. Le suffrage censitaire est rétabli. Mais la constitution ne permet pas de résoudre les conflits entre les différents pouvoirs. Le Directoire est donc une période d'instabilité politique où les multiples élections et les coups d’État se succèdent. L'insécurité est très grande ainsi que la misère populaire. Par contre, sur le plan extérieur, les conquêtes et les annexions sont nombreuses. La Belgique et une partie de la Hollande sont transformés en 9 départements français le 1 octobre 1796.Article France, l'achèvement de l'unité, 1789-1944 de l'Encyclopaedia Universalis. En 1798, c'est au tour de la rive gauche du Rhin et de Genève d'être organisés en 5 départements. Les frontières naturelles sont largement atteintes. Si on ajoute que les Provinces-Unies, la Suisse et l'Italie sont transformées en républiques sœurs avec des institutions calquées sur celles du Directoire et une politique étrangère inféodée à celle de la France, les frontières naturelles sont même dépassées. Si les républiques soeurs bénéficient des acquis révolutionnaires comme la suppression de la féodalité et l'égalité en droit, elles doivent fournir des réquisitions et des œuvres d'art, ce qui rend vite la présence française impopulaire. La lassitude des Français induite par les désordres intérieurs permet au général Napoléon Bonaparte d'être favorablement accueilli, quand par le coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799), il met fin au Directoire. Celui-ci est en effet très populaire depuis ses éclatantes victoires lors de la campagne d'Italie (1796-1798). Il bénéficie de plus de puissants appuis politiques. Son frère Lucien Bonaparte est président du conseil des cinq-cents, une des deux assemblées du Directoire. Sieyès fait appel à lui pour renverser le régime et pouvoir ainsi en établir un autre plus stable. Mais dès qu'il est au pouvoir Napoléon Bonaparte le confisque à son profit et établit un régime personnel le Consulat

Le Consulat (1799) et le Premier Empire (1804)

L'installation du conseil d’État Bonaparte fait rapidement rédiger une constitution, la Constitution de l'An VIII. Napoléon y est désigné comme premier consul donc de fait à la tête de l'exécutif. Il a le pouvoir de nommer aux principales fonctions publiques et il a le pouvoir d'initiative des lois et du budget. Il y a trois consuls en tout mais les deux autres, Cambacérès et Lebrun, n'ont qu'un pouvoir consultatif. Bien que Bonaparte possède une grande partie du pouvoir législatif, il prend soin de créer quatre assemblées mais aucune n'est élue par les citoyens. Leurs membres sont choisis par le premier consul ou par le Sénat, une des quatre chambres. Parmi elles on peut signaler le Conseil d'État qui doit préparer, rédiger les projets de loi et interpréter les lois. Il est à l'origine du conseil d'État actuel. Le suffrage universel est rétabli mais il n'y a plus d'élections. Les Français sont juste consultés pour des plébiscites. Le pouvoir personnel de Napoléon Bonaparte est renforcé par la constitution du 16 thermidor an X (4 août 1802). Il est consul à vie et peut nommer son successeur de son vivant. Les pouvoirs des assemblées, déjà bien minces sont réduits au profit des senatus-consulte acte émanant du Sénat. Les élections sont rétablies mais elles se déroulent à plusieurs degrés et seuls les 600 citoyens les plus imposés peuvent faire partie du collège départemental
Institutions et vie politique, la documentation française, 2003. De plus, les citoyens ne choisissent pas des représentants, ils proposent des candidats dans ce qui est appelé des "listes de confiance". De plus les libertés publiques sont supprimées, liberté de presse, de réunion, censure dans l'édition et le théâtre. Napoléon renforce la centralisation administrative. À partir de 1800, il nomme à la tête de chaque département, un préfet et un sous-préfet par arrondissement. Il prend soin aussi de nommer ou faire nommer les maires. Les préfets sont chargés de mettre fin aux divisions nées de la Révolution et de briser tout ce qui reste de particularismes locaux. Les institutions financières et judiciaires sont organisées de la même manière, les juges étant nommés par le premier Consul. Napoléon Bonaparte rétablit progressivement la stabilité financière. Il crée la Banque de France en 1800, la seule institution à pouvoir émettre de la monnaie. En 1803, le décret de Germinal, crée le franc, dit franc germinal. La pièce d'un franc est d'un poids invariable de 5 g d'argent. Elle gardera la même valeur jusqu'en 1914. La promulgation de code civil de 1804 permet l'achèvement de l'unité du pays. Ce code, en projet depuis 1789, traite de la famille, de la propriété et des contrats. Il mélange les règles de droit écrit et les coutumes des différentes régions dans un texte applicable à tous les Français. La loi du 16 septembre 1807, sous l'Empire donc, crée la Cour des comptes, un corps unique centralisé de contrôle des comptes publics. Le premier consul met aussi fin au brigandage et à l'insécurité dont souffraient beaucoup de départements. En 1804, les Français acceptent par plébiscite que Napoléon Bonaparte devienne empereur héréditaire sous le nom de Napoléon Ier. On sait aujourd'hui qu'il a choisi le titre d'empereur pour ne pas se mettre à dos une partie de la population anti-monarchiste et par référence à l'Antiquité. Ce n'est qu'après la flamboyante victoire d'Austerlitz le 4 décembre 1805, qu'il envisage de créer un Empire continental. La bataille de la Bérézina en 1812 Sous la domination de Napoléon Bonaparte, la France est presque sans arrêt en guerre. En 1810, à l'apogée de l’Empire, elle compte 130 départements qui englobent la Hollande, une partie de l'Allemagne jusqu'au Danemark et une partie de l'Italie. Les annexions sont en grande partie dues à la nécessité pour Napoléon de faire respecter le blocus continental qui vise à asphyxier le Royaume-Uni économiquement De plus, un grand nombres d'États sont inféodés à la France, la Confédération du Rhin, la Confédération helvétique, les royaumes d'Italie, de Naples et d'Espagne. En tout près de la moitié de l'Europe est sous influence française. Mais cette domination est de plus en plus contestée. En effet, la France favorise son économie aux dépens des États vassaux. En 1812, pour contraindre la Russie à respecter le blocus continental qu'elle a rompu, Napoléon I l'envahit. Mais il s'avance de manière trop imprudente jusqu'à Moscou et doit effectuer une retraite en subissant les rigueurs de l'hiver et les assauts des troupes et des partisans russes. Il perd 90% de ses effectifs. Le désastre de la campagne de Russie en 1812-1813 précipite la fin du grand Empire. Une nouvelle coalition se noue contre la France. En octobre 1813, à la suite de la défaite de Leipzig, les Français doivent évacuer l'Allemagne. La Hollande et l'Espagne sont perdus. En 1814, la France est envahie. Napoléon abdique en avril et devient roi de l'île d'Elbe. Le frère du roi, le comte de Provence devient roi sous le nom de Louis XVIII. La France garde ses frontières de 1792, c’est-à-dire la Savoie et le comté de Nice et peut conserver toutes les œuvres confisquées à l'étranger. Mais en 1815, Napoléon Ier s'enfuit de l'île d'Elbe et revient au pouvoir à partir du 20 mars jusqu'au 18 juin 1815, date à laquelle il est définitivement vaincu à Waterloo et envoyé en exil dans l'Atlantique Sud, sur l'île de Sainte-Hélène. La France paie durement les cent jours. Elle doit rendre une grande partie des œuvres pillées et perd les acquisitions de 1792 plus la Sarre. Elle doit en outre payer l'entretien d'une force d'occupation de soldats.

Le (1815-1914)

La Restauration (1814-1830) et la monarchie de juillet (1830-1848)

Louis-Philippe Ier La restauration est la période allant de la chute de l'Empire le 6 avril 1814 à la Révolution de 1830. Les Bourbons reviennent au pouvoir. Après la Première Restauration et l'arrivée au pouvoir de Louis XVIII, Napoléon revient de son exil sur l'île d'Elbe. Le roi s'enfuit de Paris pour Gand en Belgique. Après la Bataille de Waterloo, Louis XVIII revient en France, le 8 juillet 1815 en même temps que les armées européennes arrivent en France. Le 4 juin 1814, Louis XVIII a accordé une charte. Cette formulation signifie que le roi consent volontairement à limiter son pouvoir. Il affirme par la même la souveraineté de droit divin du monarque. De ce fait, la charte de 1814 accorde un pouvoir important au roi, personnalité "inviolable et sacrée"
Institutions et vie politique, la documentation française, 2003. L'initiative des lois lui est réservée mais celles-ci sont votées par un Parlement composée de deux chambres : la Chambre de pairs nommés à vie par le roi et dont le nombre est illimité ; la Chambre des députés élue pour 5 ans au suffrage censitaire. Les députés parviennent à obliger les ministres à venir justifier leur politique devant eux et à répondre à leurs questions. En 1815, ce sont les députés les plus réactionnaires, les "ultras" qui obtiennent la majorité et paradoxalement ce sont eux qui mettent en pratique la responsabilité politique des ministres devant la chambre, ce que la charte de 1814 ne prévoyait pas. À la mort, sans héritier de Louis XVIII, son frère Charles X lui succède. Contrairement à son frère, ce dernier n'a pas compris que certains changements étaient irréversibles. Il se fait sacrer à Reims en 1825 dans la pure tradition capétienne et tente de rétablir l'Ancien Régime en favorisant la noblesse et la catholicisme. Il fait voter une loi sur l'indemnisation des nobles émigrés pendant la Révolution et dont les propriétés ont été vendues comme biens nationaux. Une autre loi, dite loi sur le sacrilège punit de mort le vol des ciboires contenant des hosties consacrées ou la profanation de ces dernières. Il s'appuie sur les ultras, c'est-à-dire les députés partisans d'un retour à l'Ancien Régime. Mais sa politique réactionnaire se heurte à l'opposition déterminée de la bourgeoisie libérale. En 1830, le ministre Polignac publie quatre ordonnances réactionnaires. Elles prévoient le rétablissement de la censure pour la presse, la dissolution de la chambre, la modification du cens électoral pour réserver le droit de vote aux grands propriétaires fonciers, la fixation de la date des nouvelles élections. La publication de ces ordonnances le 27 juillet 1830 provoque une révolution dite des Trois Glorieuses en juillet 1830. Dans un Paris couvert de barricades, on crie vive la République ou vive l'empereur. Mais dans les coulisses du pouvoir, des bourgeois modérés comme Adolphe Thiers ou Casimir Périer, parviennent à imposer le duc d'Orléans comme nouveau souverain. La branche aînée de la famille royale, celle des Bourbons, est donc remplacée par la branche cadette, celle des Orléans. La bourgeoisie libérale a su utiliser la révolution populaire pour mettre sur le trône un roi conforme à ses intérêts. La révolution de juillet ne constitue donc pas une rupture avec le régime précédent. Le principal changement est le fait que la souveraineté nationale remplace la souveraineté de droit divin. Ce changement se manifeste dans le titre donné au roi : Louis-Philippe devient roi des Français, c’est-à-dire qu'il détient son pouvoir de la volonté du peuple, alors que ses prédécesseurs portaient le titre de roi de France. La chambre des pairs perd son influence. Le drapeau tricolore remplace définitivement le drapeau blanc. Sous le règne de Louis-Philippe, La France commence à s'industrialiser. Les grandes dynasties bourgeoises, liées aux banques ou aux grandes entreprises se constituent et affirment leur volonté de dominer la vie politique. Le suffrage censitaire étant très restreint, ils sont les seuls, avec l'aristocratie traditionnelle, à pouvoir voter et être élus à la chambre des députés. Cela se traduit par l'apparition de deux partis politiques, les conservateurs, les représentants de la vieille noblesse, et les libéraux, les représentants du monde des affaires. Mais ces deux groupes s'entendent sur la conservation du régime tel qu'il est, puisqu'il sert leurs intérêts. Le roi se présente comme un bon père de famille bourgeois mais en réalité, c'est un homme autoritaire et un habile manœuvrier. La faiblesse du corps électoral, l'autorité du roi et la révélation d'une grande corruption au sein du gouvernement finissent par discréditer totalement le régime. De plus, à la suite de mauvaises récoltes, le pays connaît une crise économique profonde à partir de 1846. L'opposition républicaine en profite pour s'agiter à nouveau. La monarchie de juillet correspond aux débuts de l'industrialisation de la France. Le développement des chemins de fer est spectaculaire. Le premier ministre Guizot lance le credo d'une nouvelle société : « enrichissez-vous ! » La loi Guizot de 1833 oblige chaque commune à entretenir une école élémentaire. Cependant la révolution industrielle crée une nouvelle classe sociale, celle des ouvriers en proie à la misère. Les théories socialistes de Louis Blanc et de Proudhon cherchent à remédier aux injustices sociales dont le prolétariat est la victime. La monarchie de juillet est aussi marquée par un nouvel essor de la colonisation française. Un incident diplomatique mineur, un coup d’éventail donné par le dey d’Alger au consul français en 1827, sert de prétexte à la France pour la conquête de l’Alger en juillet 1830. La colonisation s'étend progressivement à toute l'Algérie. En 1842 les généraux Binger, Crozat et Marchand se lancent à la conquête de la Côte d’Ivoire, mais doivent faire face à la résistance de Samory.

Deuxième République (1848-1852)

Victor Schoelcher En 1847, l'opposition portée par une vague de mécontentement due à la corruption du régime en place et la crise économique organise dans tout le pays des banquets pour demander l'élargissement du corps électoral. La liberté de réunion n'existant pas, la présence à ces banquets républicains permet aux opposants au régime de se réunir sans enfreindre la loi. Le 22 février 1848, le pouvoir interdit la tenue d'un banquet. Ceci entraîne des manifestations qui se poursuivent le lendemain. C'est alors que la troupe tire sur les manifestants. Quand la nouvelle de cette fusillade est connue, tout le Paris populaire s'embrase. Le roi abdique le lendemain car il ne veut pas être responsable d'un massacre de la foule parisienne. Les insurgés ont retenu la leçon de 1830. Ils exigent que des républicains siègent dans le gouvernement provisoire. Celui-ci proclame la République le soir même. La seconde République commence. La Deuxième République institue définitivement le suffrage universel en France. Elle abolit l'esclavage sur proposition de Victor Schœlcher . Ceci n'empêche pas l’armée française de commencer la conquête du Sénégal la même année. Sous la pression du peuple et des socialistes des mesures sociales sont prises: proclamation du droit au travail, limitation de la journée de travail à 10 heures à Paris et à 11 heures en province. Des ateliers nationaux sont créés pour donner du travail aux parisiens touchés par la crise économique. Mais aux élections d'avril 1848, les français élisent majoritairement des modérés hostiles aux mesures novatrices (500 députés) ou des monarchistes (300). Les socialistes qui défendent les mesures sociales ne sont qu'une centaine. Le gouvernement provisoire qui découle de cette assemblée décide de fermer les ateliers nationaux. L'est parisien se révolte à l'annonce de cette décision. Le général Cavaignac est muni des pleins pouvoirs pour mater la rébellion. Il brise la rébellion dans un bain de sang après trois jours de combats de 23 au 25 juin 1848. Ces "journées de juin" discréditent la jeune République. Les ouvriers victimes de la répression s'en désintéressent, les paysans et les possédants ont peur des désordres sociaux et recherchent un régime stable et autoritaire. Pour décider des nouvelles institutions les constituants s'inspirent des États-Unis dont le modèle a été popularisé par Alexis de Tocqueville dans son livre De la démocratie en Amérique publié en 1835. La constitution du 4 novembre 1848 choisit de confier le pouvoir exécutif à un président élu au suffrage universel direct pour une durée de 4 ans. Il peut se représenter après un intervalle de 4 ans. Comme aux États-Unis, l'Assemblée et le président sont totalement indépendants. Mais contrairement aux États-Unis le président n'a pas le droit de veto. Louis Napoléon Bonaparte, Lamartine, Cavaignac et le socialiste Raspail sont candidats à l'élection présidentielle, la première au suffrage universel masculin en France. Le neveu de Napoléon Ier est élu pour quatre ans le 10 décembre 1848, avec près de 75 % des voix, issues notamment du parti de l'Ordre, profitant de la division des gauches et de la faiblesse du niveau d'instruction, certains paysans ayant cru voter pour Napoléon Ier. La nouvelle assemblée élue en mai 1849 est dominée par les monarchistes. Elle mène une politique extrêmement conservatrice. Elle envoie à Rome des troupes pour maintenir le pape dans ses États pontificaux menacés par les révolutionnaires. Elle vote la loi Falloux qui met l'école sous le contrôle de l'Église catholique. Le 31 mai 1850, l'Assemblée vote une loi électorale qui exclut du corps électoral ceux qui ne peuvent pas justifier de trois ans de résidence continue dans la même commune, ce qui élimine 3 millions de personnes du corps électoral, principalement des artisans et des ouvriers saisonniers. En s'opposant à cette réforme, Louis-Napoléon fait figure de héros pour le peuple. Au début de l'année 1851, Louis Napoléon Bonaparte demande une révision de la constitution pour lui permettre de se représenter dès la fin de son mandat. Devant le refus de l'Assemblée Nationale, il exécute un coup d'État minutieusement le 2 décembre 1851. Le 2 décembre est en effet une date fétiche pour les Bonaparte: Napoléon Ier a été couronné un 2 décembre et l'année suivante il a remporté l'éclatante victoire d'Austerlitz le 2 décembre 1805 , qu'il entérine par un référendum. La seconde République finit par un régime autoritaire.

Second Empire (1852-1870)

200px Le coup d'état du 2 décembre 1851 entraîne peu de réactions. Seules quelques personnalités s'opposent ouvertement au nouveau régime. C'est le cas de Victor Hugo qui part en exil à Guernesey d'où il ne cesse de fustiger celui qu'il appelle Napoléon le petit. Le plébiscite du 20 décembre 1851 donne au nouvel homme fort les pleins pouvoirs pour rédiger une nouvelle constitution. Après un nouveau plébiscite, il est proclamé empereur sous le nom de Napoléon III. Napoléon met en place un régime autoritaire. La liberté de presse est limitée, les opposants sont pourchassés. La pratique des candidatures officielles réduit l'opposition au silence. Seuls quelques républicains parviennent à se faire élire. Mais comme le pays bénéficie d'une bonne conjoncture économique, il y a peu de protestations. . A partir de 1860, l'Empire se libéralise. Napoléon III a perdu une grande partie du soutien des catholiques car il aide le roi de Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel II à réaliser l'italienne, ce qui va à l'encontre des intérêts de la papauté. De plus, la signature d'un traité de libre échange avec le royaume uni, alors première puissance industrielle mondiale, mécontente les industriels qui craignent la concurrence de produits anglais. L'empereur cherche donc de nouveaux soutiens en allant vers les libéraux et les classes populaires. Le droit de grève est accordé en 1864. Les ouvriers ont le droit de constituer des caisses d'entraide. Le corps législatif obtient peu à peu des droits. Il peut critiquer le gouvernement, voter le budget. Il a même l'initiative des lois à partir de 1869. Le second empire a peu à peu évolué vers un régime parlementaire, les ministres étant responsables devant le parlement. Cette libéralisation du régime est approuvée massivement par un plébiscite en mai 1870. L'empire semble consolidé sur des bases plus démocratiques. Il est cependant balayé par la guerre franco-prussienne en quelques semaines. Le décollage industriel de la France se fait sous le second Empire. Le crédit se libéralise, la création de SARL et de SA est facilitée. L'État montre lui-même l’exemple. Des grands travaux de modernisation sont entrepris dans Paris sous la houlette du baron Haussmann. La Sologne et les Landes sont bonifiées. Sur le plan international, la France opère un retour spectaculaire. Napoléon III est très influencé par l'épopée napoléonienne. Il veut donner à la France un rôle prépondérant en Europe et dans le monde. En 1854 commence sous l’impulsion de Faidherbe la conquête du Sénégal. Celui-ci forme les fameux tirailleurs sénégalais. Le France commence à s'intéresser à l'Indochine, pèse ainsi de tout son poids dans la guerre de Crimée aux côtés des Britanniques. Les troupes françaises interviennent même au Mexique pour soutenir l'archiduc d'Autriche Maximilien qui tente d'y instaurer un grand empire latin et catholique. L'aventure mexicaine est un échec. Maximilien est fusillé par les révolutionnaires mexicains. Il soutient les processus d'unité italienne et allemande. En échange de ses bons offices, la France reçoit de la jeune Italie les États de Savoie et le Comté de Nice intégrés à la France en 1861 après un plébiscite par les populations concernées. En échange de sa neutralité bienveillante lors de la guerre austro-prussienne de 1866, il réclame des compensations territoriales que Bismarck, le chancelier prussien refuse de lui accorder. Au contraire, il multiplie les provocations envers la France pour la pousser à déclarer la guerre à la Prusse. À la suite de la publication de la dépêche d'Ems, la France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. L'empire ne peut opposer que 265 000 hommes aux 500 000 prussiens et alliés allemands. La guerre tourne rapidement au désastre. Le 6 août, l'Alsace est prise. Napoléon capitule à Sedan. Le 2 septembre 1870. À cette annonce, les parisiens proclament la république le 4 septembre 1870. Encore une fois le régime impérial ne survit pas à la défaite.

La Troisième République de 1870 à 1940

Des débuts difficiles

La république naît dans des conditions difficiles. Le gouvernement provisoire décide de continuer la guerre. Les Allemands atteignent rapidement Paris qu'ils assiègent. Gambetta, ministre de l'intérieur du gouvernement de défense nationale quitte Paris en ballon pour appeler la province à la levée en masse. Mais les troupes ainsi constituées ne parviennent pas à rompre l'encerclement prussien. La ville subit des bombardements réguliers et souffre du manque de nourriture. Pour permettre aux parisiens de ne pas tomber dans la misère le gouvernement décrète le moratoire des dettes et des loyers. Des armes sont distribuées aux volontaires qui forment une garde nationale. Le 28 janvier 1871, le gouvernement doit se résoudre à signer l'armistice. Les Allemands laissent se dérouler des élections. Celles-ci donnent la majorité aux monarchistes. La nouvelle assemblée signe une paix qui ampute le pays de l'Alsace et du nord de la Lorraine et oblige les Français à payer au vainqueur une lourde amende de guerre. Thiers, un ancien premier ministre de Louis-Philippe est nommé chef du pouvoir exécutif en attendant que l'assemblée statue sur la nature du régime et son organisation. Les Parisiens qui ont vaillamment résisté pendant le siège de Paris, sont scandalisés par l'armistice et les conditions imposées par la Prusse. Ils se méfient d'une assemblée monarchiste qui par peur des périls révolutionnaires préfère s'installer à Versailles plutôt que dans la capitale. Alors que la situation économique des parisiens est toujours précaire, le gouvernement provisoire abroge le moratoire des loyers et des dettes. Le 18 mars 1871 Thiers ordonne de désarmer les parisiens. Cette annonce déclenche une émeute. Thiers se retire de la capitale et décide de la reprendre par la force. À Paris, le comité central des gardes nationaux décide de l'élection d'un conseil municipal. La Commune de Paris se met en place à partir du 26 mars 1871. Les principaux animateurs de la Commune de Paris viennent d'horizons différents. Ils prennent des mesures radicales pour soulager la misère populaire: réquisition des logements, instruction gratuite, laïque et obligatoire. Ils inventent une démocratie participative en permettant aux citoyens d'intervenir dans les affaires de la commune. À côté de revendications issues du mouvement sans-culotte de 1793 comme l'anticléricalisme et le respect de la liberté de conscience, des revendications de type socialistes sont portés par les insurgés avec la condamnation du militarisme et du capitalisme. La commune ne dure que 70 jours. Le 21 mai 1871, les troupes du gouvernement surnommées les versaillais par les communards investissent Paris. Les révoltés mènent un combat désespéré. Ils incendient des monuments comme le palais de Tuileries ou l'hôtel de ville pour ralentir l'avance des versaillais. Après l'exécution de l’archevêque de Paris par les communards, la répression tourne au bain de sang. Entre 20 000 et 30 000 communards sont exécutés en une semaine. Des milliers de révoltés sont envoyés dans des bagnes en Algérie ou en Nouvelle Calédonie.

La mise en place des institutions

Organigramme de la Troisième République Née de la défaite, aux prises à la révolte parisienne, dominée pendant 5 ans par une assemblée monarchiste, la République a peu de chances de survivre. Elle doit son installation à la mésentente des monarchistes. En effet les royalistes sont divisés en deux groupes, les légitimistes, partisans du descendant de Charles X, le comte de Chambord, et les orléanistes. Après de nombreuses tractations les orléanistes et les légitimistes s'entendent sur le nom du comte de Chambord. Mais ce dernier exige le rétablissement du drapeau blanc, ce que refusent les orléanistes. En attendant la loi Rivet donne au chef de l'exécutif, Thiers, le titre de président de la République. Les républicains qui ont prouvé grâce à la répression de la Commune de Paris qu'ils ne sont pas des révolutionnaires et savent maintenir l'ordre, gagnent la plupart des élections partielles. Faute de mieux, les orléanistes rompent avec les légitimistes et se rallient à l'idée d'un régime républicain. En 1875, toute une série de lois constitutionnelles est votée. Elle fera office de constitution pendant toute la durée de la troisième République. Le régime républicain est un régime parlementaire bicaméral. Le président de la République est élu pour 7 ans par les deux chambres, le Sénat et l'Assemblée nationale réunis en congrès à Versailles. Il est politiquement irresponsable. En 1876, les républicains gagnent les élections. Le président Mac-Mahon, un monarchiste convaincu dissout la nouvelle assemblée mais le pays reconduit une majorité républicaine au pouvoir. Devant l'impossibilité d'imposer ses vues aux deux chambres, Mac-Mahon démissionne en 1879. Son successeur, le républicain Jules Grévy renonce volontairement à exercer ses prérogatives constitutionnelles (principalement le droit de dissolution) et s'interdit d'intervenir contre les vœux de l'Assemblée. Le président de la République se cantonne donc à une fonction représentative, laissant le pouvoir au président du Conseil et au Parlement. Les présidents de la IIIe République suivent cette pratique. En 10 ans la France est devenue républicaine.

L’enracinement de la République

La dégradation d'Alfred Dreyfus Les républicains s'attachent à enraciner la République en établissant les grandes libertés : la liberté et de réunion de la presse en 1881, le droit de se syndiquer par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, la possibilité de divorcer la même année. La République se dote de ses grands symboles : le buste de Marianne, la Marseillaise que redevient l'hymne national en 1878 et le 14 juillet comme fête nationale. En même temps, des grands républicains comme Victor Hugo ou Léon Gambetta reçoivent a leur mort des obsèques nationales. Toutes ces lois sont en partie l'œuvre de Jules Ferry qui poursuit trois objectifs : étendre les libertés, soustraire l'école à l'emprise de l'Église catholique et relever la France de la défaite grâce à la colonisation. Cependant le nom de Jules Ferry évoque pour tous les Français l'instauration de l'école gratuite, obligatoire et laïque. En effet, pour rendre la république irréversible, la formation de jeunes générations parait indispensable. Or l'école est placée depuis la loi Falloux sous l'autorité de l'Église qui s'est toujours montrée une adversaire de la République. Jules Ferry fait voter toute une série de lois portant sur la question scolaire : création de lycées publics pour jeunes filles par Camille Sée en 1880 même si ceux-ci ne permettent pas de passer le baccalauréat, instauration de l'école gratuite laïque et obligatoire par les lois Ferry de 1881-1882, laïcisation de personnel enseignant des écoles publiques. L'instituteur devient un des piliers de la république. C'est à lui que revient le devoir d'inculquer aux jeunes élèves la morale républicaine et l'amour de la patrie. La lutte contre l'influence de l'Église est un thème qui permet l'émergence d'un nouveau parti à gauche de l'échiquier politique, le parti radical. L'attachement des Français à la République n'empêche pas celle-ci d'être secouée par de nombreuse crises dues à la montée de l'extrême droite et du nationalisme, le boulangisme dirigé par le général Georges Boulanger, la montée de l'antisémitisme et l'affaire Dreyfus. Ces événements montre qu'il existe deux France, l'une conservatrice et revancharde, l'autre acquise aux idéaux révolutionnaires et au progrès social. Ce sont finalement les progressistes qui l'emportent. Les républicains forment un gouvernement d'union national dirigée par Waldeck-Rousseau entre 1899 et 1902.L'arrivée au pouvoir du parti radical en 1902 accentue la laïcisation de la société. En 1904, les congrégations religieuses n'ont plus le droit d'enseigner et un grand nombre d'entre elles sont expulsées de France. En 1905, sous l'impulsion du président du conseil Émile Combes, L'Assemblée nationale vote la loi de séparation de l’Église et de l'Etat. Les ministres du culte cessent d'être rétribués par l'État. Les biens mobiliers et immobiliers du culte sont nationalisés et mis à la disposition d'associations cultuelles religieuses après un inventaire de tous les biens nationalisés. Dans quelques régions, les inventaires ont donné lieux à des affrontements violents entre les catholiques et les forces de l'ordre, mais le phénomène reste marginal même s'il a beaucoup frappé les esprits. À partir de 1905, la religion devient une affaire privée.

La France coloniale

Faidherbe forme les fameux tirailleurs sénégalais qui accompliront la conquête des régions du Niger en 1898 avec des officiers comme Gallieni, Voulet-Chanoine, Fourreau-Lamy, Monteil et Gentil. Les tribus touaregs opposeront une sérieuse résistance. En 1872, la France confère le statut de "commune française de plein exercice" à Saint-Louis, à Gorée et à Dakar et en 1880 à la ville de Rufisque. À compter de ces dates, les habitants de ces quatre communes sont citoyens français avec tous leurs droits et tous leurs devoirs, représentés dans les Assemblées parlementaires de France. À tout cela viendront s’ajouter la conquête du Gabon, du Congo, de la Mauritanie, de la Guinée, de la Haute-Volta, du Tchad, du Dahomey et de l’Indochine. En 1914 l’empire français est alors 22 fois plus grand que l’Hexagone
- Les conquêtes coloniales sont effectuées en partie pour des raisons économiques, apporter des matières premières des territoires colonisés à l’industrie française, créer des débouchés grâce aux colonats ou aux colonisés et sont faite sous la pression de lobby coloniaux comme Afrique française ou Asie française dans lesquelles on trouve des banquiers, des hommes d’affaires, des journalistes, des parlementaires et des militaires. Les protestations contre cette expansion coloniale sont nombreuses c’est pour cela qu’on va mettre en place une propagande raciste pour montrer le bien fondé de la colonisation ; la France apporte la « civilisation » aux peuples "sauvages" mais aussi une vision romantique de l’Asie ou l’Afrique. L’exposition coloniale de 1931 vit la reconstruction du temple d’Angkor Vat à Paris, mais aussi des zoos humains. Au total cette exposition attira à peu près 8 millions de visiteurs (dont 1 million d’étrangers).

D'une guerre à l'autre

250px Soldats australiens portant des masques à gaz.Ypres, 1917 La Grande Guerre est un élément pivot de l'Histoire de France. Le émerge de ce conflit hors normes qui voit la victoire des Alliés sur les forces des empires centraux. On attendait une guerre éclair, faite de mouvements rapides (train oblige), mais c'est au contraire une guerre de position et de tranchées. Au sortir de la Grande Guerre, la France est victorieuse mais exsangue suite aux sacrifices humains, financiers et matériels concédés pendant la guerre. La joie de (sur)vivre prend alors le pas sur les heures sombres de la guerre : ce sont les Années folles. Tout, ou presque, paraît possible à cette période pour les personnes aisées citadines (la grande majorité des Français de l'époque sont encore des villageois-agriculteurs qui ont d'autres soucis que de s'amuser, comme par exemple assurer la récolte après que les hommes de la famille soient rentrés blessés ou morts sur le champ de bataille). En 1929, avec le krach boursier de Wall Street, le système économique capitaliste américain s'effondre, entraînant dans son sillage nombre d'autres économies occidentales. En raison de sa solide assise agricole et en s'appuyant sur son empire colonial, la France n'est touchée qu'en 1932 par cette crise qui n'atteint jamais les extrêmes observés aux États-Unis ou en Allemagne. Jusqu'en 1932, la France se considère comme "un îlot de prospérité dans un océan de misère". Moins touchée que ses voisins, la France, comme le Royaume-Uni, évite ainsi le glissement vers un nationalisme étroit sur lequel se forgent le fascisme et le nazisme. À contre courant de cette évolution, la France se dote même d'un gouvernement de gauche en 1936, le « Front Populaire ». Des progrès significatifs sont à enregistrer en matière de droits sociaux (congés payés au premier chef), mais la France tente toutefois de rester neutre face aux bouleversements en cours en Europe, Guerre d'Espagne notamment. Cet état d'esprit de neutralité se retrouve jusqu'en 1938 avec la signature des accords de Munich autorisant Adolf Hitler à faire main basse sur la Tchécoslovaquie. La paix à tout prix était alors le mot d'ordre, mais la signature des accords de Munich marque la dernière concession faite à Hitler par les diplomaties française et britannique, plus que jamais unies sur ces sujets. Il ne faut pas oublier que si la France semble être moins soumise aux extrêmes de la crise, elle s'y enlise et mettra beaucoup plus de temps que les États-Unis ou le Royaume-Uni à en sortir. Contrairement à ces deux derniers pays, elle ne saura pas mettre en place des politiques de relance (New Deal aux États-Unis par exemple), ce qui l'handicapera. Elle restera donc très marquée par cette crise, et n'en sortira que très tardivement.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Après avoir déclaré la guerre le 3 septembre à l'Allemagne suite à son entrée en Pologne, la France tente avec le Royaume-Uni de secourir la Norvège victime d'un même assaut allemand ; sans succès probant. Cette drôle de guerre où il ne se passe pas grand-chose sur le front prend fin le 10 mai 1940 avec une offensive éclair (blitzkrieg) de l'Axe qui conquiert le pays (directement la partie nord) en cinq semaines. Les mots sont trop faibles pour relater l'état d'esprit des Français et même du reste du monde à l'occasion de cet effondrement. « L'Abîme », pour reprendre De Gaulle, apparaît le plus cohérent. En effet, avant le déclenchement des hostilités, la France avait, sur le papier, la plus puissante armée du monde… Mais le chef d'état-major français Philippe Pétain, qui aurait pu moderniser un tant soit peu son armée et la mobiliser correctement pour résister à l'envahissement allemand n'a rien fait alors que le chef du gouvernement l'avait tenu informé de la situation militaire outre-Rhin. Convaincu que la guerre qui se prépare sera un "Verdun bis", il fait construire la Ligne Maginot le long de la frontière franco-allemande (il aurait voulu la construire également le long de la frontière belge mais le roi Léopold III voulait conservait la neutralité de son pays). Les Allemands pouvaient donc envahir la Belgique et foncer ensuite sur une France certes courageuse et dont les soldats se sont battus tant qu'ils le pouvaient mais désemparée car non préparée.

Gouvernements concurrents du Régime de Vichy et de la France libre

150px La victoire allemande imposa aux Français un gouvernement remanié pour la circonstance : le 10 juillet 1940, le Gouvernement de Vichy était mis en place. Le pays, amputé de l'Alsace-Lorraine, était pillé soit directement soit en devant payer une forte indemnité d'occupation, subissait des bombardements et construisait des blockhaus. Une grande partie de sa force vive était prisonnière et au travail forcé en Allemagne (STO). Un semblant de souveraineté, « l'État français » fut toléré pendant deux ans. De son côté le général de Gaulle s'oppose à l'armistice annoncé le 17 juin par le Maréchal Pétain et lance son fameux appel du 18 Juin au peuple français, via la radio BBC depuis Londres, incitant au ralliement aux côtés des alliés britanniques afin de poursuivre la lutte à mort contre les nazis. De Gaulle redoute un bain de sang en cas de révolte populaire en France et il n'appellera jamais aux résistances armées dans l’Hexagone préférant privilégier les missions d’informations, vitales pour la victoire finale. Il prend dès lors la tête de la France libre qui s'appuie sur les Forces Françaises Libres. Obtenant le ralliement rapide de plusieurs possessions coloniales françaises, surtout en Afrique, la France reste bien présente dans le camp allié, en poursuivant le combat sur les différents fronts.

La France depuis 1945

Le Gouvernement provisoire de la République française (1944-1946)

Roosevelt avait envisagé de mettre la France sous tutelle de l'administration américaine. De Gaulle refuse cette situation et, le 14 juin, il déclare : « Nous combattons aux côtés des alliés, avec les alliés, comme un allié. Et la victoire que nous remporterons sera la victoire de la France ». De fait, les Américains déchantent rapidement, et dès la mi-juin 1944, de Gaulle s'impose à tous comme l'homme fort français. Même Roosevelt qui détestait de Gaulle se résout à le recevoir en grandes pompes à Washington en juillet 1944. De Gaulle a gagné la partie et fort de l'accord secret conclu avec Winston Churchill le , la France retrouve bien vite sa position de « grande puissance ». Fin août 1944, le Gouvernement provisoire de Charles de Gaulle s'impose sur le terrain. Il est composé des communistes, des socialistes et des gaullistes. L'engagement des communistes français dans la résistance, le courage des soldats soviétiques et la victoire finale de l'URSS et des alliés procurent aux dirigeants communistes un prestige important dans l'opinion publique. Il faudra attendre mi-octobre pour qu'il soit officiellement reconnu par les États-Unis. Le gouvernement provisoire (GPRF) accorde notamment le droit de vote aux femmes le 21 avril 1944, dans l'article 17 de l'ordonnance d'Alger : elles voteront pour la première fois aux élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945. Le gouvernement provisoire sera ensuite conduit par Félix Gouin et Georges Bidault.

La IV République (1946-1958)

Vincent Auriol, premier président de la République En 1946, le gouvernement provisoire céda la place à la Quatrième République, instaurée par une nouvelle constitution approuvée par référendum. Mais les tensions internes suite à l'épuration et les divergences concernant les problèmes coloniaux en Indochine et en Algérie conduisirent à des crises successives, et à plusieurs remaniements ministériels. Vincent Auriol (1947-1954) fut le premier président de la IV République. René Coty lui succéda (1954-1958). Le régime parlementaire de la Quatrième République permet toutefois la mise en place de programmes sérieux de reconstruction et de modernisation de la France. C'est à cette période que les fameuses Trente Glorieuses prennent leurs sources. En matière de politique étrangère, la France se soumet totalement aux Américains, acceptant même le maintien des bases américaines sur le territoire national. En 1956, la Quatrième République reçoit une ultime gifle américaine à l'occasion de l'intervention franco-britannique sur le canal de Suez… La Constitution de 1946 crée l'Union française. L'Union, outre la métropole, comprend l'Algérie formée de trois départements (Alger, Oran et Constantine) et les territoires du sud (Sahara), les départements d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Réunion, Guyane), les territoires d'outre-mer (ex-AEF, AOF, Océanie), les territoires associés (Cameroun et Togo) et les États associés (Indochine, Maroc, Tunisie). Il faut y rajouter : Saint-Pierre-et-Miquelon, la côte française des Somalis, Madagascar et les Comores, la terre Adélie, les comptoirs des Indes et les protectorats sur la Syrie et le Liban. Plus de 12 000 000 km² en tout répartis en colonies, protectorats et états sous mandat. Le statut politique de chaque territoire découle de l'histoire et des conditions de la conquête. Au lendemain de la guerre des fissures apparaissent.La décolonisation sera marquée par deux grands conflits.

La guerre d'Indochine

Légionnaires en Indochine française en 1954 Dès 1940, les japonais qui occupent l'Indochine française encouragent le mouvement de décolonisation qui aboutira le 2 septembre 1945 à la proclamation de l'indépendance du Viêt-nam par Hô Chi Minh. À partir des années 1950, le Viêt-minh, mouvement nationaliste d'inspiration communiste est aidé par l'URSS et la Chine communiste. Dans le contexte de la guerre froide, la France se trouve placée au premier rang mondial de la lutte contre l'avancée communiste en Asie. Le conflit indochinois se développe et s'amplifie dans un contexte général d'indifférence pour cette guerre lointaine et ruineuse. En 1954, le général Navarre, commandant en chef des forces françaises en Indochine, espérant attirer le Viêt-minh sur un terrain où il pourrait le combattre de façon classique, concentre ses troupes dans la cuvette de Diên Biên Phu. Le camp retranché de Diên Biên Phu, commandé par le général de Castries, comporte les meilleures unités du corps expéditionnaire. Après 55 jours de combats, les Français, épuisés par huit années de guérilla menée par le général Giap, sont noyés sous un déluge de feu. Cette puissance exceptionnelle est alimentée par la mobilisation de tout un peuple. Diên Biên Phu tombe le 7 mai 1954. Pierre Mendès France signe les accords de Genève le 21 juillet qui mettent fin à la guerre. Ils prévoient la séparation du Viêt Nam en deux États de part et d'autre du 17 parallèle : le Nord revient au Viêt-minh communiste tandis que le Sud devient un état indépendant. Le 7 août, le cessez-le-feu est total en Indochine. La guerre aura provoqué du côté français près de 100 000 morts et coûté environ 300 milliards de francs.

Les débuts de la guerre d'Algérie

350px La guerre d'Indochine est à peine terminée que commence la guerre d'Algérie. Le 1 novembre 1954, une poignée de nationalistes algériens regroupés en Front de Libération National déclenchent l'insurrection en organisant en Kabylie et dans les Aurès une série d'attentats qui feront 8 morts. La métropole qui semblait avoir oublié la répression de la manifestation musulmane de Sétif le 8 mai 1945 réagit immédiatement. Le gouvernement (Pierre Mendès France) envoie des renforts militaires et prend des mesures répressives. Le 12 novembre, Mendès-France proclame sa détermination de rétablir l'ordre alors que François Mitterrand, ministre de l'intérieur, affirme que l'Algérie c'est la France et qu'il faut tout tenter pour que le « peuple algérien se sente chez lui, comme nous et parmi nous » et propose même, le 5 janvier 1955, que l'Algérie soit intégrée à la France. Cette intégration remettrait en cause le statut de l'Algérie voté en 1947 qui avait institué une assemblée algérienne comprenant deux collèges de 60 membres - l'un élu par les français minoritaires, l'autre par les musulmans majoritaires en nombre - qui envoyait six députés à l'assemblée de l'Union française. Ainsi l'idée de remettre en cause les avantages et privilèges de la communauté française provoque un profond mécontentement et le renversement du gouvernement Mendès-France le 5 février 1955. Les forces armées, effectivement, augmentent rapidement. Jacques Soustelle est nommé gouverneur général de l'Algérie. La situation s'aggrave et l'état d'urgence et la censure sont proclamés le 3 avril. Cependant l'intégration semble encore possible jusqu'au déclenchement de la grève générale organisée par le FLN qui marque la coupure définitive entre les deux communautés. Guy Mollet, chef de la SFIO, est pressenti, après les élections législatives de 1956 pour former le gouvernement. Il se rend à Alger le 6 février pour investir le général Catroux à la place de Soustelle. Il est accueilli par un climat insurrectionnel (Lagaillarde, Ortiz) et se soumet. Il remplace Catroux par Robert Lacoste, bien vu des militaires. Le 12 mars 1956, l'Assemblée vote les pouvoirs spéciaux au gouvernement. Désormais, Guy Mollet et Robert Lacoste peuvent mettre en place la politique de maintien de l'ordre en Algérie. La spirale des attentats et de la répression s'amplifie. Le pouvoir progressivement passe la main aux militaires. Face à la recrudescence des attentats les parachutistes du général Massu livrent la bataille d'Alger (janvier 1957) au cours de laquelle la torture est parfois utilisée pour avoir des renseignements sur les réseaux. Ce recours à la torture est légitimé par la destruction de plusieurs de ces réseaux de poseurs de bombe. En métropole, le fossé se creuse entre partisans de la guerre et opposants (communistes, intellectuels et journaux d'avant-garde). La fraction la plus ultra des partisans est conduite par l'extrême droite (Tixier-Vignancour) relayée par Soustelle et Bidault au sein de l'Union pour le salut et le renouveau en Algérie française (USRAF) qu'ils créent. Les positons se durcissent lors de la prolongation du service militaire porté à 27 mois(1957) et du rappel du contingent libéré. De violentes manifestations et des blocages de convois en partance pour l'Algérie ont lieu à l'initiative de la CGT et des communistes. Sur le terrain, le quadrillage et la répression ainsi que la surveillance des côtes par la marine rendent difficile le ravitaillement en armes du FLN. L'audience du FLN diminue cependant que les désertions dans ses rangs et les engagements dans l'armée française se multiplient. Les militaires obtiennent le droit de poursuite sur le sol tunisien et effectue un bombardement sur Sakiet Sidi Youssef. Mais la France est aussitôt condamnée par l'ONU, ce qui va l'affaiblir politiquement. Félix Gaillard président du conseil par intérim confi les pleins pouvoirs en Algérie au général Salan, puis au général Massu qui constitue un Comité de salut public. Félix Gaillard est remplacé par Pierre Pflimlin. Mais celui-ci jugé trop libéral n'a pas la confiance des militaires. Le général Massu, lance alors un appel au général de Gaulle lui demandant de former un gouvernement de salut public. De Gaulle répond au cours d'une conférence de presse, le 19 mai, qu'il est prêt à assurer les responsabilités du pouvoir.

La V République (depuis 1958)

La fin de la guerre d’Algérie et les débuts de la Cinquième République

Le 28 mai 1958 (cf. ci-dessous), une grande manifestation, rassemblant toute la gauche se déroule à Paris pour s'opposer à l'investiture du général de Gaulle. En effet, le général est considéré par les socialistes et surtout les communistes comme un risque d'établissement d'un pouvoir personnel. Ce même 28 mai, Pierre Pflimlin démissionne et le président René Coty demande au parlement d'investir de Gaulle. Celui-ci reçoit les pleins pouvoirs et obtient de l'assemblée le droit de préparer une réforme des institutions. Le premier souci du général est de constituer un gouvernement d'union allant des socialistes (Guy Mollet, Jules Moch, Max Lejeune) à la droite (Michel Debré, Jacques Soustelle) en passant par les radicaux et le MRP. Le 4 juin, de Gaulle se rend à Alger et au balcon du gouvernement général prononce le célèbre "je vous ai compris" que les français d'Algérie et les partisans de l'Algérie française interpréteront comme une adhésion du général à leur thèse. La politique algérienne de De Gaulle s'inscrira toutefois dans le contexte plus global d'indépendance concrétisé par le discours de Brazzaville (23 août 1958) où il affirmera l'engagement de la France à organiser des référendums dans les anciennes colonies afin de choisir soit l'indépendance, soit le maintien dans la communauté. L'opinion française comprend mal la politique algérienne du Général. La mise en place du plan de Constantine (3 octobre 1958) visant à une modernisation de l'Algérie financée par la métropole et l'intensification des opérations militaires redonnent confiance aux partisans de l'Algérie française. Après l'élection Charles de Gaulle à la présidence de la République (21 décembre 1958), ce dernier reste peu explicite sur ses intentions, oscillant entre positions pro-Algérie française et favorables à l'autodétermination. Le 16 septembre 1959, Charles de Gaulle annonce à la télévision qu'il est favorable à l'autodétermination afin de permettre aux algériens de décider de leur sort. Les français d'Algérie, indignés, comprennent qu'ils ont été trompés. L'activisme plus ou moins en sommeil se réveille (Pierre Lagaillarde et Joseph Ortiz) et la semaine des barricades (24 janvier - 1960) marque le début d'une opposition forte à la politique du Général. Si les positions militaires sont nettement à l'avantage des français ainsi que le contrôle du terrain (démantèlement du réseau Jeanson d'aide au FLN), la gauche (syndicats, UNEF, intellectuels) demande une négociation et proclame le droit à l'insoumission. À la fin 1960, les événements s'accélèrent : le GPRA demande un référendum sous contrôle de l'ONU, le général de Gaulle évoque de plus en plus l'Algérie algérienne et organise le 8 janvier 1961 un référendum qui donne au oui une forte avance. Le 22 avril 1961, un putsch se produit à Alger. Les généraux Raoul Salan, Edmond Jouhaud, André Zeller et Challes s'emparent du pouvoir et neutralisent les pouvoirs civils. L'opération montée avec certains régiments de la légion (1 REP notamment) ne recueille pas les ralliements souhaités et de Gaulle prend les mesures d'urgence pour barrer la route à ce quarteron de généraux en retraite.

La présidence du général de Gaulle : la République gaulienne

Organigramme de la V République Finalement, le 28 mai 1958, suite aux manifestations nationalistes du 13 Mai en Algérie, le gouvernement Pflimlin favorable à une négociation fut renversé. Le Parlement légitima le coup d'État et le président René Coty demanda fin mai au général de Gaulle de prendre la direction du pays, afin d'éviter une éventuelle guerre civile. De Gaulle devint président du Conseil en juin 1958, obtint les pleins pouvoirs et fut chargé de rédiger une Constitution qui fut celle de la Cinquième République. Il fut élu président de la République en décembre de la même année. Si les régimes de la Troisième et de la Quatrième République ont été qualifiés de régime des partis, c'est que l'élection à la Chambre des députés relevait de la proportionnelle. D'où l'impossibilité d'avoir une majorité stable et durable. Pour former une majorité ou une coalition il fallait les fameux apparentements. Le scrutin majoritaire à deux tours mis en place dans la constitution de la cinquième République, met fin à cette pratique. Il est assez proche des régimes des grandes démocraties anglo-saxonnes où s'opposent conservateurs/républicains et travaillistes/démocrates. En revanche, ce système n'assure pas la représentation des petits partis. De Gaulle mit en œuvre plusieurs fois la procédure du référendum, et notamment celle qui décida de l'élection du président de la République au suffrage universel. En 1965, lors de la première élection au suffrage universel direct, de Gaulle fut réélu avec 55% des suffrages contre son adversaire François Mitterrand. Les événements de mai 1968 démarrèrent sur des campus universitaires et rallièrent les partis de gauche. Le régime sembla vaciller, avec apparence de vacance du pouvoir pendant quelques jours. Mais de Gaulle reprit la main et une grande manifestation d'un million de personnes sur les Champs-Élysées en sa faveur marqua cette reprise en main du pouvoir. Les accords de Grenelle furent conclus par Georges Pompidou, bientôt remplacé comme Premier ministre par Maurice Couve de Murville. En avril 1969, le gouvernement de De Gaulle lança un référendum national sur la création de 21 régions ayant des pouvoirs politiques limités et sur la transformation du Sénat en chambre corporative. Le « non » l'emporta lors du référendum et de Gaulle préféra démissionner conformément à son éthique et à sa vision du pouvoir.

La présidence de Georges Pompidou (1969-1974)

L'élection présidentielle de 1969 fut anticipée. Dans sa campagne électorale Georges Pompidou voulut se démarquer de l'héritage de Charles de Gaulle, prônant « le changement dans la continuité ». Le second tour de scrutin vit la nette victoire, malgré un important taux d'abstentions, de Georges Pompidou sur le président par intérim Alain Poher, avec 58, 21 % des suffrages exprimés. Le nouveau président nomme Jacques Chaban-Delmas à Matignon. Le pays connaît alors une forte croissance. Georges Pompidou réaffirme la prééminence absolue du président de la République, fait du secteur industriel la priorité du gouvernement; c'est notamment sous son mandat que vole pour la première fois le Concorde. Mais Jacques Chaban-Delmas exprime alors son désaccord, et démissionne; il est remplacé par Pierre Messmer au poste de Premier ministre. Le choc pétrolier de 1973 assombrit la fin de son mandat, qui s'achève avec son décès brutal le 2 avril 1974, suite à la maladie de Waldenström.

La présidence de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981)

Les années Mitterrand (1981-1995)

200px
Premier septennat
François Mitterrand est élu Président de la République, le 10 mai 1981, avec 51, 76 % des suffrages exprimés contre le président sortant, Valéry Giscard d'Estaing, qui l'avait battu 7 ans auparavant. Son élection vient apporter à la V République son alternance obligatoire pour exister. Refusant de toucher aux institutions, François Mitterrand choisit de gouverner avec les mêmes moyens que ses prédécesseurs et nomme le socialiste Pierre Mauroy Premier ministre, sur la base d'une union avec les communistes et les radicaux de gauche, dont le gouvernement entreprend de grandes réformes comme la décentralisation ou l'abolition de la peine de mort sous l'égide de Robert Badinter, alors Garde des sceaux. Après le tournant de 1983, la crise s'installe et amène en 1984 Laurent Fabius au poste de Premier ministre pour mettre en pratique les premières politiques de rigueur économique. Cela n'empêchera pas la droite de remporter les élections législatives de 1986, les députés RPR et UDF devenant majoritaires de justesse. Mitterrand est contraint de nommer le leader du RPR Jacques Chirac au poste de Premier ministre. Celui-ci forme un gouvernement de droite : c'est la Première cohabitation (la majorité parlementaire n'est pas de la même tendance politique que le Président).
Second septennat
Deux ans plus tard, François Mitterrand est réélu président de la République avec 54, 02 % des voix face au Premier ministre sortant Jacques Chirac ; il dissout alors l'Assemblée nationale, mais le succès des socialistes reste très en dessous de la vague rose de 1981 : seuls un peu moins de 48 % des sièges sont occupés par des députés de la majorité présidentielle. Prônant une ouverture vers le centre (le PCF, alors en pleine phase de déclin, refusant toute participation au gouvernement depuis 1983), il nomme Michel Rocard Premier ministre, puis, à la suite de graves tensions avec ce dernier, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. En 1993, la Seconde cohabitation oblige François Mitterrand à nommer Édouard Balladur à Matignon. Son second mandat s'achève en 1995 avec l'élection de Jacques Chirac (élection à laquelle il n'a pas participé). François Mitterrand aura marqué l'histoire de la V République, demeurant pour l'instant son seul président de gauche.

Les années de présidence de Jacques Chirac (1995-2007)

Premier mandat : septennat (1995-2002)
Jacques Chirac Le 7 mai 1995, Jacques Chirac est élu président de la République au second tour de l'élection présidentielle face au socialiste Lionel Jospin. Il nomme Alain Juppé Premier ministre, qui s'efforcera de poursuivre les politiques de privatisations et de réforme des retraites entreprises par Édouard Balladur. L'impopularité de ces réformes entraînera dès 1995 la formation de vastes mouvements sociaux à l'ampleur jamais vue depuis mai 68 qui paralysent un temps le secteur public. Soucieux de réaffirmer sa légitimité et de conserver une majorité à l'Assemblée nationale, Chirac dissout cette dernière, sans succès, puisque la Gauche plurielle, alliant les forces de la gauche parlementaire aux écologistes autour de Lionel Jospin, emporte plus de 55 % des sièges. Lionel Jospin est nommé Premier ministre et forme un gouvernement composé de ministres issus des composantes de la coalition électorale victorieuse : c'est la Troisième cohabitation. Mettant fin à l'instabilité politique et au vote de rejet de la majorité en place en vigueur depuis lesannées 1980, la Gauche plurielle obtient de bons résultats aux élections régionales de 1998 (les meilleurs de la gauche depuis l'instauration des conseils régionaux) et surtout aux élections européennes de 1999.
Le 21 avril 2002
thumb Au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, le candidat frontiste Jean-Marie Le Pen suscite une surprise historique en éliminant Lionel Jospin. Tous les sondages créditaient le président du Front national de « troisième homme », avec entre 9, 5 et 14 % d'intentions de vote. Il arrive finalement en 2 position avec 16, 86 % des suffrages, devançant de justesse Lionel Jospin (16, 18 %). Au second tour le 5 mai, profitant du vaste sursaut républicain (l'abstention passe de 28, 40 à 20, 29 %) et du reports exceptionnel des voix de la gauche, Jacques Chirac est massivement réélu avec 82, 21 % des voix, un score sans précédent dans l'histoire de la V République; il entame un second mandat, qui dure cette fois-ci 5 ans, en obtenant dans la foulée la majorité à l'Assemblée nationale à l'issue des élections législatives. Il peut ainsi nommer un Premier ministre de droite : Jean-Pierre Raffarin.
Second mandat : quinquennat (2002-2007)
Il y eut trois gouvernements Raffarin, jusqu'au 31 mai 2005. Jean-Pierre Raffarin démissionna en fait à cause du non au référendum sur la Constitution européenne. Six mois plus tard, après la mort de deux jeunes poursuivis par la police nationale, et réfugiés pour leur échapper dans un transformateur EDF (un troisième ne sera heureusement que blessé), des émeutes éclatent dans des banlieues en novembre 2005 par le manque de l´intégration des immigrés en provenance des anciennes colonies et ce sont eux les plus touchés par le chômage. Au niveau international, la France est décrite comme vivant un climat insurrectionnel. Un couvre-feu provisoire sera mis en place en décembre. Après l'instauration sans heurts en septembre 2005 du CNE (déclaré en juillet 2007 illégal par les Instances Internationales), le Premier ministre Dominique de Villepin doit faire face au printemps 2006 à la crise du CPE. À la fin de ces événements agités, le Pouvoir se contentera de gérer les affaires courantes, et sera principalement occupé par l'affaire Clearstream, puis par la présidentielle de 2007. Les grands faits de la présidence de Jacques Chirac concernent principalement la politique étrangère avec l'opposition française à une nouvelle guerre en Irak par les États-Unis (discours remarqué de Dominique de Villepin à la tribune de l'ONU) ; et le travail de Mémoire à travers la reconnaissance de la responsabilité de l'État français du régime de Vichy pour la déportation de juifs (17 juillet 1995), tout comme la reconnaissance de la responsabilité historique à propos de l'esclavage. Par ailleurs, sur le plan intérieur, Jacques Chirac se sera préoccupé de grandes causes nationales, comme la lutte contre le cancer, ou la diminution du nombre de morts sur les routes.

La présidence Sarkozy (2007-…)

L'élection présidentielle de 2007 se solde par une victoire du candidat de la majorité sortante (UMP), Nicolas Sarkozy, au second tour face à la candidate socialiste Ségolène Royal avec 53, 06 % des suffrages exprimés. Le nouveau président de la République française succède à Jacques Chirac pour un mandat de cinq ans (2007-2012). Il nomme le 17 mai François Fillon au poste de Premier ministre, reconduit dans sa fonction le 18 juin suivant afin de recomposer un gouvernement marqué par le remplacement de son seul ministre d'État, Alain Juppé, battu aux élection législatives. Nicolas Sarkozy se concentre, dans les trois premiers mois de son mandat, sur la politique étrangère, étant invité par Angela Merkel à Berlin le soir qui suit son entrée en fonction, dans le cadre de l'Union européenne; il propose à ses partenaires la signature d'un « traité simplifié », qui est adopté le 23 juin, en compensation du « non » français au traité constitutionnel; autre compensation avec le refus de l'adhésion de la Turquie à l'UE, le président de la République préconise une « Union méditerranéenne » dans laquelle ce pays serait compris. Mais aussi lorsqu'il négocie la libération du mari d'Ingrid Bétancourt; puis en envoyant sa femme Cécilia en Libye, pour négocier avec Mouammar Kadhafi la libération des infirmières bulgares: ces dernières sont rapatriées le 24 juillet. Puis, fraîchement divorcé, il doit faire face, avec son gouvernement à la grève du 18 octobre, grève déclenchée par les syndicats, en désaccord avec la réforme des régimes spéciaux de retraite. Le mouvement est momentanément interrompu, avant de reprendre un mois plus tard. La CGT, conduite par Bernard Thibault, la SNCF et autres organisations syndicales de transports ont participé à cette grève; en conséquence, les Français ont éprouvé des difficultés à se rendre à leur travail. Parallèlement, plusieurs lycées et universités protestent contre la loi sur l'autonomie des universités, proposée par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse. La grève syndicale dure dix jours avant de s'achever le 23 novembre. Certains journalistes ont comparé cette grève à celle de 1995 contre le plan Juppé. Les manifestations étudiantes, quant à elles, continuent.

La France dans la construction européenne

La construction européenne a débuté dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, notamment sous l'impulsion de Robert Schuman et de Jean Monnet, par la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Elle a été poursuivie sous la V République par tous les présidents, qu'ils soient de droite ou de gauche. En effet, bien que la France reste très attachée à sa riche histoire et à son indépendance, le pouvoir se situant au moins autant au niveau économique qu'au niveau politique, les dirigeants français travaillent à lier de plus en plus l'avenir du pays au développement de l'Union européenne. Le créateur de la Cinquième République, Charles de Gaulle, était assez sceptique quant à la construction européenne et bloqua par exemple l'entrée dans la CEE du Royaume-Uni qu'il considérait comme le cheval de Troie de l'Amérique par la politique des chaises vides. La construction européenne s'accélère donc pendant la présidence de Pompidou et surtout de Giscard d’Estaing. Pendant la présidence de François Mitterrand, celui-ci insista sur l'importance de l'intégration européenne, et poussa à la ratification du traité de Maastricht sur l'union économique et politique européenne. Cette ratification fut approuvée par l'électorat français en septembre 1992. En 2003, la France et l'Allemagne ont par plusieurs aspects renforcé leurs liens, le fait le plus marquant étant peut-être la représentation des intérêts de l'Allemagne par le président de la République française au Conseil européen, attestant de la confiance mutuelle que se portent les deux pays et montrant l'exemple à leurs partenaires européens. Jacques Chirac fut obligé, pour satisfaire aux critères de l'Union économique et monétaire, de mener plutôt une politique de réformes économiques et de rigueur. Fin 1995, la France connut d'ailleurs les plus importantes grèves de la décennie, lorsque les fonctionnaires protestèrent contre l'alignement de leur régime de retraite sur celui du privé, dans la lignée de cette politique de rigueur. En politique étrangère, Jacques Chirac mit l'accent sur la protection de la force d'interposition française en ex-Yougoslavie, et aida à promouvoir les accords de paix négociés à Dayton, et signés à Paris en décembre 1995. Avec l'Allemagne et la Russie, la France fut l'un des opposants les plus fermes à la deuxième guerre d'Irak menée par George W. Bush et ses alliés. Après une mémorable sortie de l'OTAN, les gouvernements français se sont montrés défenseurs de la politique de l'ONU et de l'Union européenne au Kosovo, puis dans les Balkans. Drapeau européen|175px Le 29 mai 2005, le peuple français rejette (54, 87% des voix exprimées en faveur du non et de 45, 13% pour le oui) par référendum le « Traité établissant une Constitution pour l'Europe », qui avait été adopté par les chefs d’État et de gouvernement des 25 pays membres de l'Union européenne le 19 juin 2004 au Conseil européen de Bruxelles et formellement signé à Rome le 29 octobre suivant. Nicolas Sarkozy, l'actuel président de la République, s'est rendu, dès après sa prise de fonctions le 16 mai 2007, à Berlin en Allemagne rencontrer la chancelière Angela Merkel, pour tenter de « laver le non français du référendum de 2005 » et réaffirmer l'amitié franco-allemande et la place de la France dans l'Europe. Le 23 mai, le président Sarkozy s'est rendu à Bruxelles en Belgique pour discuter, avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, à propos d'un « traité simplifié » entre la France et ses partenaires européens.

Annexes

Notes et références

Bibliographie

Encyclopédies

- Quid, article la préhistoire en France
- Encyclopaedia universalis, divers articles, DVD, édition 2007

Principaux livres utilisés

- André Alba, L'âge classique, 1492-1789, Hachette, 1959
-
Alain Decaux raconte l'Histoire de France aux enfants'', Perrin, 1995
- Georges Duby, Histoire de la France des origines à nos jours, Larousse
- Pierre Gros, La France gallo-romaine, Nathan, 1991, (ISBN 2.09.284376.1)
- Pierre Goubert et Daniel Roche, Les Français et l'Ancien Régime, Armand Colin, 1984
- Marcel Marion, Dictionnaire des institutions de France , Picard, 1923
- Hubert Méthivier, Le siècle de Louis XIV, PUF collection Que-sais-je, 1988
- Sous la direction de Jean-Luc Parodi, Institutions et vie politique, la documentation française, 2003
- Albert Soboul, Histoire de la révolution française, idées/Gallimard, 1962

Revues spécialisées

-
-
-
-

Sujets connexes
Abolition de la peine de mort   Abstention   Accords de Genève   Accords de Grenelle   Acheuléen   Adalbéron de Reims   Adolf Hitler   Adolphe Thiers   Affaire Dreyfus   Affaire des infirmières bulgares   Afrique   Alain Decaux   Alain Juppé   Alain Poher   Alains   Alamans   Alexis de Tocqueville   Alfred Dreyfus   Alger   Algérie   Aliénor d'Aquitaine   Allemagne   Allobroges   Alphonse de Lamartine   Alsace   Alsace-Lorraine   Amérique   Ancien Régime   André Hercule de Fleury   André Leroi-Gourhan   André Zeller   Angela Merkel   Angleterre   Anjou   Anne d'Autriche (1601-1666)   Années -250   Années -550   Années -600   Années 1950   Années 1980   Années folles   Antibes   Antiquité   Antisémitisme   Apanage   Appel du 18 Juin   Aquitaine   Aquitaine seconde   Araire   Arianisme   Aristocratie   Armand Jean du Plessis de Richelieu   Armorique   Armée   Arrondissement français   Artillerie   Arvernes   Assassinat de Jean sans Peur   Atlanthropus   Attila   Auguste   Aurochs   Australie   Austrasie   Autriche   Auvergne   Avallon   Avars   Avignon   Avit de Vienne   Azincourt   Balkans   Banque de France   Bas-Empire   Basse-Navarre   Bastille (Paris)   Bataille d'Austerlitz   Bataille de Bouvines   Bataille de Crécy   Bataille de Patay   Bataille de Poitiers (1356)   Bataille de Verdun   Bataille de Waterloo   Bavière   Belgique   Berlin   Bernard Thibault   Bertrand du Guesclin   Biface   Bison   Blitzkrieg   Blocus continental   Bombardement de Sakiet Sidi Youssef   Bordeaux   Boulangisme   Boulonnais   Bourbons (dynastie française)   Bourgogne   Brazzaville   Bresse   Bretagne   Bretagne (province romaine)   Brisach   Bruxelles   Bugey   CCCe millénaire av. J.-C.   CDLe millénaire av. J.-C.   Cairns   Calais   Camille Sée   Campagne électorale   Canada   Canal de Suez   Cancer   Capétiens   Carloman Ier   Carnac   Carolingiens   Catholicisme   Cathédrale Notre-Dame de Paris   Celtes   Censure   Challes   Chancelier   Charlemagne   Charles-François Lebrun   Charles III de France   Charles IV de France   Charles IX de France   Charles Martel   Charles Quint   Charles VII de France   Charles VI de France   Charles V de France   Charles X de France   Charles de Gaulle   Charles le Téméraire   Chef d'État   Cheval   Cheval de Troie   Chevauchée   Chilhac   Choc pétrolier   Chronologie de la France   Château de Blois   Château de Chambord   Cinquième République   Cité nationale de l'histoire de l'immigration   Clergé   Clovis Ier   Code civil (France)   Colonisation   Comité de salut public   Commerce   Commission européenne   Communauté européenne du charbon et de l'acier   Communauté économique européenne   Commune de Paris (1871)   Compiègne   Comtat Venaissin   Comté de Nice   Comté du Maine   Concorde   Confédération du Rhin   Confédération générale du travail   Conseil d'État (France)   Conseil du roi   Conseil européen   Constitution   Constitution civile du clergé   Constitution de 1791   Consulat (histoire de France)   Contrat première embauche   Contre-pouvoir   Convention nationale   Corse   Coup d'État   Coup d'État du 18 brumaire   Cour des comptes (France)   Coutume (droit)   Crise de mai 1958   Croisade   Croissance économique   Cromlech   Culture latine   Curé   Cybèle   Cécilia Sarkozy   Céramique sigillée   Côte-d'Or   Danemark   Dauphiné   David (Bible)   Deuxième République (France)   Dijon   Diocèse   Directoire   Dolmen   Domaine royal français   Dombes   Dominique de Villepin   Dordogne (département)   Douai   Drapeau européen   Droit international public   Droit romain   Droite (politique)   Drôle de guerre   Duché de Bourgogne   Duché de Bretagne   Dunkerque   Décembre 2005   Décentralisation   Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789   Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793   Défrichement   Déportation   Dépêche d'Ems   Dîme   Edmond Jouhaud   Emmanuel-Joseph Sieyès   Empire d'Autriche   Empire des Gaules   Empire romain d'Occident   Esclavage   Espagne   Eudes Ier de France   Europe   Extrême droite   Fascisme   Fernand Braudel   Fontainebleau   Formation territoriale de la France   Franc (unité monétaire)   Franc sous la Révolution   France   France libre   Franche-Comté   Francie occidentale   Francs   Francs saliens   Français   François Dubois   François Fillon   François II de France   François Ier de France   François Michel Le Tellier de Louvois   François Mitterrand   Front de libération nationale (Algérie)   Front national (parti français)   Front populaire (France)   Félix Gaillard   Félix Gouin   Féodalité   Gauche (politique)   Gauche plurielle   Gaule   Gaule belgique   Gaule lyonnaise   Gaule romaine   Gaullisme   Genève   George W. Bush   Georges Bidault   Georges Boulanger   Georges Catroux   Georges Duby   Georges Jacques Danton   Georges Pompidou   Gironde (Révolution française)   Glaciation de Günz   Gouvernement François Fillon (2)   Gouvernement Jacques Chaban-Delmas   Gouvernement Jacques Chirac (2)   Gouvernement Jean-Pierre Raffarin   Gouvernement Lionel Jospin   Gouvernement Pierre Pflimlin   Gouvernement provisoire de la République française   Grande-Bretagne   Grande Peur   Grotte Chauvet   Grotte Cosquer   Grotte de Lascaux   Grottes de Gargas   Grève   Grégoire de Tours   Guadeloupe   Guerre d'Algérie   Guerre d'Indochine   Guerre de Cent Ans   Guerre de Crimée   Guerre de Dévolution   Guerre de Hollande   Guerre de Sept Ans   Guerre de Trente Ans   Guerre de Vendée   Guerres d'Italie   Guerres de religion (France)   Guillaume le Conquérant   Guy Mollet   Guyenne   Habsbourg   Harpon   Henri III de France   Henri II de France   Henri IV de France   Henri VIII d'Angleterre   Henri d'Artois   Henri de Talleyrand-Périgord, comte de Chalais   Hispanie   Histoire de l'Europe   Histoire militaire de la France   Histoire économique de la France   Historique des gouvernements de la France   Hollande   Hominini   Homme de Cro-Magnon   Homme de Néandertal   Homo erectus   Hostie   Huguenot   Hugues Capet   Huns   Hô Chi Minh   Hôtel Matignon   IXe siècle av. J.-C.   Inde   Indochine française   Intendant (Ancien Régime)   Irak   Italie   Italie (époque romaine)   Jacquerie   Jacques Cartier   Jacques Chaban-Delmas   Jacques Chirac   Jacques Soustelle   Jean-Baptiste Colbert   Jean-Jacques Rousseau   Jean-Marie Le Pen   Jean-Pierre Raffarin   Jean Monnet   Jeanne d'Arc   Joseph Gallieni   Joseph Ortiz   Journaliste   Juifs   Juillet 2007   Jules César   Jules Ferry   Jules Grévy   Jules Moch   Jérusalem   Kabylie   Kosovo   LVIIe siècle av. J.-C.   LVe siècle av. J.-C.   La Charité-sur-Loire   La Graufesenque   La Marseillaise   La Rochelle   Landau (ville)   Languedoc   Laurent Fabius   Leipzig   Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil   Levée en masse   Libye   Ligne Maginot   Ligue catholique (France)   Lille   Lionel Jospin   Liste des histoires nationales   Liste des monarques de France   Liste des présidents de la République française   Liste des reines de France   Liste des épouses des présidents de la République française   Loi Falloux   Loi Rivet   Loi Waldeck-Rousseau   Loire (fleuve)   Lois Jules Ferry   Lois constitutionnelles de 1875   Lombardie   Lombards   Londres   Lorraine   Louis-Philippe Ier   Louis Blanc   Louis Eugène Cavaignac   Louis Ier d'Orléans   Louis XIII de France   Louis XI de France   Louis XVIII de France   Louis le Pieux   Louisiane   Loup   Lucien Bonaparte   Lycée   Légion étrangère   Légitimisme   Léon Gambetta   Léon III (pape)   Léonard de Vinci   Léopold III de Belgique   Magdalénien   Mai 68   Maire du palais   Maladie de Waldenström   Manifestation   Marianne   Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683)   Marie II d'Angleterre   Marie de Bourgogne   Marseille   Martyrs de Lyon   Massalia   Maurice Couve de Murville   Max Lejeune   Maximilien Ier du Saint Empire   Maximilien de Robespierre   Me millénaire av. J.-C.   Menhir   Mer du Nord   Metz   Mexique   Michel Debré   Michel Le Tellier (1603-1685)   Michel Rocard   Milan   Million d'années   Ministre d'État   Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche   Mithra   Monarchie   Montagne (Révolution française)   Moscou   Mouammar Kadhafi   Mouvement anti-CPE   Mouvement républicain populaire   Moyen-Orient   Moyen Âge   Moïse   Mulhouse   Munich   Municipe   Mérovingiens   Méthode Levallois   Nancy   Nantes   Naples   Napoléon III   Napoléon Ier   Nationalisme   Nazisme   Neustrie   New Deal   Nicolas Sarkozy   Nizier de Lyon   Noblesse   Nominoë   Normandie   Norvège   Novembre 2005   Néolithique   Occitan   Occupation   Oppidum   Ordonnance de Villers-Cotterêts   Organisation des Nations unies   Organisation du traité de l'Atlantique Nord   Orléanisme   Otto von Bismarck   Palais du Louvre   Palatinat   Paléolithique   Paris   Parlement (Ancien Régime)   Parlement de Paris   Parti communiste français   Parti radical de gauche   Parti radical valoisien   Parti socialiste (France)   Patrice de Mac-Mahon   Paul Petit   Paulette (impôt)   Pays-Bas autrichiens   Pays-Bas bourguignons   Pays basque   Pays de Gex   Peste   Petit âge glaciaire   Peuple   Peuplement   Peuples germaniques   Philippe II de France   Philippe Pétain   Philippe d'Orléans (1674-1723)   Philippsbourg   Philosophie   Phocée   Pierre Bérégovoy   Pierre Lagaillarde   Pierre Mauroy   Pierre Mendès France   Pierre Messmer   Pierre Pflimlin   Pincevent   Piémont   Place forte   Plantagenêt   Plutarque   Plébiscite   Poitiers   Poitou   Politique étrangère   Pologne   Polythéisme   Premier Empire   Premier ministre   Premier ministre français   Première Restauration   Première cohabitation   Presses universitaires de France   Princes possessionnés d'Alsace   Principauté   Prise de la Bastille   Privatisation   Provence   Provinces-Unies   Prusse   Préfet de département   Président de la République   Président de la République française   Pépin le Bref   Périgord   Quinquennat   Québec   Racloir   Raoul Salan   Raoul de France   Raspail   Rassemblement pour la République   Reconquista   Reims   Remi de Reims   Renaissance française   Renne   René Coty   Restauration française   Rhin   Robert Badinter   Robert Lacoste   Robert Schuman   Robert le Fort   Roi   Rollon   Rome   Rome antique   Roquebrune   Rouergue   Royaume-Uni   Royaume de France   Royaume de Naples   Royaumes burgondes   Royaumes francs   Référendum   Référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe   Référendum sur l'autodétermination en Algérie   Régime de Vichy   Régimes spéciaux de retraite   République française   République sœur   Réseau Jeanson   Révolution française   Sacre   Sacrilège   Sagaie   Saint-Esprit   Saint-Pierre-le-Moûtier   Sainte-Chapelle   Sainte Geneviève   Saintonge   Sarre   Saxe primitive   Seconde Guerre mondiale   Seconde cohabitation   Section française de l'Internationale ouvrière   Sedan   Septembre 2005   Septimanie   Service du travail obligatoire   Siècle des Lumières   Siège (militaire)   Siège d'Orléans   Société d'Ancien Régime   Soliman le Magnifique   Solutréen   Somme (fleuve)   Sondage d'opinion   Souverain   Stathouder   Strasbourg   Stratégie   Suffrage censitaire   Suffrage universel   Suisse   Suèves   Syagrius   Syndicat   Ségolène Royal   Sénat (France)   Sénat romain   Sénégal   Séparation des Églises et de l'État en 1905   Séquanes   Sétif   Tables Claudiennes   Tapisserie de Bayeux   Tchécoslovaquie   Terme   Terra Amata   Terreur (Révolution française)   Territoire   Tiers état   Tirailleurs sénégalais   Tombe de Vix   Toul   Touraine (province française)   Traité d'Arras (1435)   Traité de Maastricht   Traité de Münster   Traité de Nimègue   Traité de Paris (1763)   Traité de Ryswick   Traité de Saint-Clair-sur-Epte   Traité des Pyrénées   Traité modificatif   Traités d'Utrecht (1713)   Transport   Trente Glorieuses   Trois Glorieuses   Troisième République   Troisième cohabitation   Troupes auxiliaires   Tumulus   Tunis   Turquie   Union de la Bretagne à la France   Union des républiques socialistes soviétiques   Union européenne   Union méditerranéenne   Union pour la démocratie française   Union pour un mouvement populaire   Union économique et monétaire   Université   VIIe siècle av. J.-C.   Valmy   Valois   Valérie Pécresse   Valéry Giscard d'Estaing   Vandales   Velleius Paterculus   Venise   Vercingétorix   Verdun (Meuse)   Versailles   Victor Hugo   Vicus   Villa rustica   Vincent Auriol   Vitteaux   Voie romaine   Voltaire   Winston Churchill   Wisigoths   XIIIe siècle   XIIe siècle av. J.-C.   XVe siècle av. J.-C.   Yougoslavie   Ypres  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^