Orschwiller

Infos
Haut du village d'Orschwiller - Au loin le château du Haut-Koenigsbourg Mairie d'Orschwiller Orschwiller est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace.
Orschwiller

Haut du village d'Orschwiller - Au loin le château du Haut-Koenigsbourg Mairie d'Orschwiller Orschwiller est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace.

Géographie

Le village est traversé du nord au sud par la Route des Vins et est situé à une centaine de mètres environ de la frontière entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. Le village d'Orschwiller est situé entre les communes de Kintzheim et de Saint-Hippolyte. Le village se trouve sur une antique route du pied des Vosges déjà fréquentée à l'époque des Celtes et réutilisée puis aménagée par les Romains. Aujourd'hui, cette route ne se trouve plus tout à fait au même endroit, puisqu'elle a été déplacée un peu plus au nord, non loin des collines couvertes de vignes. Du côté du Bas-Rhin la route est baptisée départementale 35, et à quelques pas plus au sud, dans le département du haut-Rhin, elle porte le nom de D 1 bis. Orschwiller est en quelque sorte la porte du Bas-Rhin, tout comme son grand voisin, Saint-Hippolyte peut se targuer d'être la porte du Haut-Rhin. La première vue que le visiteur aura du village, quand il arrive de loin, est l'imposante silhouette du château du Haut-Koenigsbourg. Le village n'a cependant aucune liaison routière avec le château. Les centaines de touristes qui chaque année montent au château, passent par Kintzheim ou Saint-Hippolyte.Cependant les promeneurs, ou amoureux de la nature peuvent se rendrent au château depuis Orschwiller, grâce à des sentiers bien balisés par le Club Vosgien.

Accès

En entrant dans le village, en venant de Sélestat par la départementale D 201, on trouve sur la gauche un panneau où est indiqué l'inscription "Voie Romaine". Ensuite il faut descendre par cette petite route qui serpente à travers le vignoble jusqu'au carrefour de la Croix de la Peste. A cet endroit nous sommes sur le "Römerweg" ou "Römerstrasse" que l'on nomme encore "Überstrasse" ou "Viehweg". C'est un ancien tracé de la voie romaine qui vient du ban de Saint-Hippolyte et qui se prolonge jusqu'à Kintzheim. Cette voie très ancienne était déjà connue à l'époque des Celtes. Dans la partie qui passe à côté du ruisseau du Burnenbach, la route a été empierrée sur une largeur de six mètres et on peut imaginer le trafic qui passait par là il y a deux millénaires. Le ruisseau forme d'ailleurs à partir de cet endroit, les limites entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. A quelques pas du petit pont que l'on découvre un peu plus loin on aperçoit une borne milliaire romaine. Elle se trouve au bord de la route. Les Romains avaient l'habitude d'installer de telles bornes tous les 1 478, 5 mètres qui étaient rondes, hautes d'environ 1, 40 mètres. Aujourd'hui ces bornes sont devenues très rares et on en trouvent encore à Scherwiller et Saint-Hippolyte.

Ecarts et lieux-dits

Cours d'eau

- Le Steinbach

Blason

Armoiries de la ville d'Orschwiller Les armoiries d'Orschwiller: parti au premier d'azur, à la fasce d'or accompagnée de deux étoiles du même, l'une en chef et l'autre en pointe, et au deuxième de gueules à trois triangles d'argent renversés et mal ordonnés. Ce qui signifie que le blason d'Orschwiller est coupé en deux avec une première moitié bleue (azur) et une séparation jaune (fasce d'or) et deux étoiles jaunes. L'autre moitié a un fond rouge (gueule) avec trois triangles blancs (argent).

Population

Les habitants et habitantes de Orschwiller sont connus sous le nom de Orschwillérois et Orschwilléroises.

Sobriquet

Les habitants du village sont qualifiés de Gugugg (coucous). On raconte qu'au printemps, le conseil municipal local fait une sortie solennelle, pour attraper le premier coucou, messager de la belle saison. Une tradition certainement perdue, ou alors perpétuée dans le plus grand secret Hans Lienhart: Surnoms et sobriquets des villes et villages, traduit et adapté par Gérard Leser, Editions du Rhin .

Histoire

Origine du nom

L'origine du nom proviendrait probalement de l'anthroponyme germanique Audald.

Un village déjà connu au temps de Charlemagne

Fontaine de 1889 et banc reposoir Ancienne maison d'habitation de François Ignace Koebel, dernier bailli du Haut-Koenigsbourg (1726) Orschwiller est mentionné pour la première fois en 768 sous le nom d'Andaldovillare qui était sans doute rattaché avec Saint-Hippolyte comme il apparaît dans une charte de Pépin le Bref. On sait grâce au testament de l'abbé Fulrad (rédigé en 777) que le comte Widon (Widonides), de la dynastie franque, futur marquis de Bretagne a cédé au prieuré de Lièpvre des comtés en Alsace et dans le Saulnois. En Alsace le comte Widon possédait des terres à Guémar (Ghamari), à Orschwiller (Andaldoville), Ribeauvillé (Ratbertovillare) et d'autres villages proches de Colmar Ce document se trouve aux Archives Nationales sous le cote K7, n°1 . Ces terres ont été données à l'abbé Fulrad, abbé de Saint-Denis de Lièpvre et de Saint-Hippolyte le 23 septembre 764. Le 26 février 754, le pape Étienne II accorde l'autorisation à l'abbé Fulrad de bâtir des monastères sur ses propres terres.Il créé un monastère à Saint-Hippolyte vers 760 et dix ans plus tard à Lièpvre. Fulrad, malade, pensant qu'il allait mourir, avait donné les terres reçues du comte Widon à Pépin le Bref pour les mettre à l'abri de toute usurpation après sa mort. Le 23 septembre 768, la veille de sa mort, Pépin le Bref redonne à Fulrad les terres en Alsace que lui avaient données Widon. A cette époque l'abbaye de Saint-Denis possède des biens dans la commune à travers les prieuré de Lièpvre et de Saint-Hippolyte fondés par l'abbé Fulrad.

Le domaine d'Orschwiller est aussi revendiqué par d'autres fondations religieuses

Des fondations religieuses, si l'on en croit l'histoire, possèdent divers biens dans la commune. Vers 1031 l'abbaye d'Ebersmunster énumère divers biens lui appartenant, dont une cour colongère Une cour colongère est un vaste domaine qui relève d'un propriétaire et qui rassemble en général de nombreux exploitants agricoles (Huber) auxquels sont concédées des terres pour lesquels ils doivent des comptes au gestionnaire (Dinghof) à Oleswilre. Mais d'autres fondations religieuses possèdent des biens, notamment le prieuré Sainte-Foy de Sélestat qui cite en 1094, son domaine d'Onolterweilre qui lui est donné par Hildegarde d'Eguisheim , épouse de Frédéric von Bûren, le fondateur de la lignée des Hohenstaufen. Enfin vers 1250, l'abbaye de Honcourt, dans le Val de villé rend public des biens qu'elle possède à Orsweyler. L'abbé Meyblum qui rédigea en 1934 un ouvrage sur Orschwiller avance l'hypothèse que la cour colongère d'Ebersmunster se situait au lieu-dit "Hofreben". Une cour colongère est un vaste domaine qui relève d'un propriétaire, qui rassemble en général de nombreux exploitants agricoles auxquels sont concédés des terres pour lesquelles ils doivent rendre des compte aux gestionnaires. Toutes ces familles obéissent à des règles (rotules) de justice et administratifs. Mais Ebersmunster n'est pas le seigneur des lieux, mais seulement un gros propriétaire de terres.

Orschwiller un fief relevant du château du Haut-Koenigsbourg

On ne sait pas exactement pas quels biais le village de Orschwiller est devenu un fief du château du Haut-Koenigsbourg. Le château existe depuis 1147 et il a été édifié par les Hohenstaufen sur une terre appartenant à l'abbaye de Saint-Denis qui ont usurpé les droits des moines de Saint-Denis, mais aussi ceux du prieuré de Lièpvre auxquels ils enlève une partie des terres situées sur la commune de Rombach-le-Franc. Mais à l'époque les Hohenstaufen ne tiennent pas compte des réclamations de l'abbaye de Saint-Denis. Ils estiment necessaire d'ériger une forterresse pour lutter contre la puissance des comptes d'Eguisheim, alliés du pape et ennemis des empereurs. A partir de 1250, l'influence des Hohenstaufen va en diminuant qui correspond à l'interrègne où le Saint Empire Romain Germanique n'a plus de pouvoir central. Le duc de Lorraine en profite, en vertu de l'advocatie des moines de Saint-Denis, pour revendiquer et occuper le Haut-Koenigsbourg. Le duc de Lorraine fait savoir que ces terres appartiennent depuis Charlemagne au prieuré de Lièpvre qui ont été donnés après le décès de l'abbé Fulrad en 784 à la puissante abbaye de Saint-Denis qui ont été nommés avoués par les moines pour défendre les droits de l'abbaye. Les ducs admettent qu'Orschwiller peut faire valoir ses droits et lui octroie un finage dans lequel sera englobé le château. A partir de 1276, les ducs de Lorraine donnent le château à garder à divers nobles dont les sires de Hohenstein. En 1343 ils sont reconnus comme seigneurs d'Orschwiller et reconnaissent à l'abbaye d'Ebersmunster le droit de poursuivre en justice les gens du village qui commettent des dégâts dans la cour colongère appartenant à cette dernière. De fréquentes querelles tournent autour du droit de propriété sur le château. En 1369, un tribunal composé de onze chevaliers, reconnaît à l'évêque de Strasbourg la propriété sur le Haut-Koenigsbourg et le village d'Orschwiller alors que Saint-Hippolyte est reconnu comme faisant partie des biens des ducs de Lorraine. Depuis ce jour Orschwiller est séparée de la tutelle de son puissant et encombrant voisin, Saint-Hippolyte.

La période des Hohenstaufen

La montagne sur laquelle s'élève le Haut-Koenigsbourg est mentionnée pour la première fois sous le nom de "Stophanberg" (Staufenberg) dans l'acte de donation de Charlemagne au prieuré de Lièpvre, daté de 774 et conservé aux Archives Nationales de Paris. Au commencement du XIIe siècle un Hohenstaufen s'empara de la montagne dont la situation stratégique le tentait et en fortifia la crête: c'est le "castrum Estufin" mentionné dans un manuscrit du XIIIe siècle suivant lequel la forteresse aurait été en 1147, à l'époque de la 2e croisade l'objet de négociations entre le roi de France, Louis VII, protecteur du prieuré de Lièpvre et le roi Conrad III d'Allemagne. Il paraît ressortir de cette pièce qu'il se trouvait alors au haut de la montagne deux donjons enveloppés dans la même dénomination, "castrum in Kunegsberg" appartenant au même système de défense et dont l'un se serait élevé sur l'emplacement de ce qui fut jusqu'à la restauration le petit château, amas de ruines situées à 200 mètres environ du château principal. Cette partie du château qui commandait la vallée de la Liepvrette, c'est-à-dire les domaines du prieuré de Lièpvre aurait été atribuée au roi de France, tandis que l'autre partie, dominant la plaine à l'est serait restée en possession des Hohenstaufen. Le nom de Koenigsberg, remplaçant celui de Staufenberg, paraît alors pour la première fois dans une charte de 1192 et les châtelains, qui furent peut-être des feudataires, peut-être de simples gouverneurs de l'Empereur, figurent sous ce nom: " die Herren von Koenigsberg" dans plusieurs documents des années 1192 et 1214.

La période Lorraine

Dans la première partie du XIIIe siècle, alors que la dynastie des Hohenstaufen penchait vers son déclin, le château passa entre les mains des ducs de Lorraine possesseurs de la prévôté de Lièpvre. Ceux-ci l'inféodèrent d'abord à titre provisoire à Cuno de Bergheim, puis définitivement aux comtes de Werd, landgraves de la Basse Alsace. Après la mort du landgrave Henri (1238) le château passa temporairement de nouveau aux mains de Cunon de Bergheim, puis revint aux Werd qui, tout en restant titulaires du fief jusque bien avant dans le XIVe siècle, le cédèrent à de vieiles et nobles familles alsaciennes des Rathsamhausen et Hohenstein. Des documents de 1267 et 1276 établissent qu'à cette époque trois familles de Rathsamhausen et quatre de Hohenstein posédaient en commun le château sous la forme du ganerbinat et qu'elles s'étaient engagées mutuellement à n'en céder aucune partie sans le consentement général.

La période des évêques de Strasbourg

Dans la seconde moitié du XIVe siècle, la famille des Werd ayant disparu, leurs héritiers, les comtes d'Oettingen, contestèrent la suzeraineté des ducs de Lorraine sur le Haut-Koenigsbourg et vendirent en 1359 le château et la ville de Saint-Hippolyte à l'évêque de Strasbourg à Jean de Liechtenberg moyennant la somme de 10.000 florins d'or Les Lichtenberg étaient une famille noble et puissante d'Alsace du Nord. Elle comptait dans ses rangs trois évêques de Strasbourg dont les célèbres, Conrad de Lichtenberg (1240-1299) et Jean de Lichtenberg . Cette transaction n'était pas du goût du duc Jean de Lorraine qui en plus n'avait même pas été consulté sur la légalité de cet acte. Il en résulta une période de tiraillements qui dura une vingtaine d'années entre l'épiscopat de Strasbourg et la maison de Lorraine. L'Empire se mêla de l'affaire et mis les deux parties d'accord en reprenant la possession de cet antique manoir des Hohenstaufen. A la fin du XIVe siècle le petit château fit retouir aux nobles des Rathsamhausen, mais sera bientôt détruit. Quant au château principal, suivant une charte de 1442 il est de nouveau cédé aux aux Hohenstein en même temps que le village d'Orschwiller. C'est lui qui porte dorénavant le nom de Haut-Koenigsbourg; le petit château, depuis sa destruction, antérieure à 1417 , n'est plus désigné que sous le nom d'Oedenburg Ce petit château se trouvait sur la même ligne de crête que le Haut-Koenigsbourg. Il sera longtemps nommé château d'Oedenberg ou le "Petit Koenigsburg". Actuellement cette ruine est interdite au public car on y effectue des fouilles archéologiques. On peut juste s'en rapprocher sur les trois côtés. La ruine s'étend sur environ 60 mètres de longueur et 30 mètres de largeur. Ces ruines datent du XIIIe siècle . Le XVe siècle étant une période d'anarchie inouïe, le Haut-Koenigsbourg ne devait pas échapper aux secousses de cette période plus que troublée. Les Hohenstein s'y étaient établis en maîttres obsolus, conjointement avec des aventuriers tels que les Westernach, les Lambsheim, et le transformèrent en un repaire de bandits redoutés dans tout le pays, depuis Bâle jusqu'à Strasbourg. le château fort bien situé sur le bord et au-dessus de la grande voie de communication entre la Suisse et la vallée moyenne du Rhin, se prêtait aux plus audacieux coups de main. Dès 1450 s'ouvre donc une ère de brigandages dont le pays a gardé le souvenir. Les malandrins ayant finalement eu la malencontreuse idée de s'attaquer à une société de notables citoyens de la ville de Strasbourg qui se rendaient à Bâle, ce fut un cri de réprobation universelle. Tout le pays prit le armes pour mettre à la raison cette poignée de sacripants qui bravaient les lois de la société du haut de leur repaire inaccessible à des forces isolées. La ville de Bâle prit l'initiative du mouvement auquel s'associèrent les seigneurs et les villes de tout le Haut-Rhin. Strasbourg fournit sa formidable artillerie et du haut d'une éminence située au sud du château on se mit à le cononner pendant cinq jours (du 22 au 27 octobre 1462). La garnison s'enfuit par un souterrain, les assiégeants s'emparèrent du château et le détruisirent. On a la déposition de l'un d'eux qui, d'après la prise du château, courut droit aux prisons. Il en trouve de deux sortes: l'une dans le donjon en forme d'oubliettes avec une ouverture pour communiquer avec les prisonniers, l'autre à ciel ouvert dans laquelle, suivant ses propres expressions, il pleuvait et il neigeait. Une tour et deux cachots, c'est au point de vue de la construction, tout ce qu'on l'on sait de l'ancienne forteresse. Les gens du château avaient pris la fuite devant les confédérés, mais en apprenant ce qui venait de se passer, Antoine de Hohenstein qui était absent à ce moment là, envoya à la ville de Bâle, instigatrice du mouvement, une sommation en règle à reconstruire le manoir de ses pères ou lui accorder un dédommagement. De concert avec les deux Lambsheim, il se mit à guerroyer contre la ville jusqu'à ce que l'évêque de Strasbourg intervenant, il fut conclu au bout de quatre ans un compromis mettant fin au différend, mais qui ne s'explique poas sur le sort réservé à la ruine. Les Hohenstein dans tous les cas l'abandonnèrent. En 1446, elle est inféodée, toujours avec Orschwiller, au comte de Werdenberg, mais l'investiture n'est suivie d'aucun effet.

Le village est lié à celui du Haut-Koenigsbourg

Ancienne forge de 1793 Franz von Sickingen Eglise Saint-Maurice vue depuis la route entre Orschwiller et Saint-Hippolyte Vers 1140, l'Alsace fait partie du Saint Empire Romain Germanique. Le duc de Souabe et d'Alsace, Frédéric Hohenstaufen fait construite deux châteaux à l'emplacement de l'actuel Haut-Koenigsbourg. À l'extinction de la lignée des Hohenstaufen, les ducs de Lorraine, et l'évêque de Strasbourg se disputent le fief. C'est finalement l'évêque de Strasbourg qui sortira vainqueur de ce bras de fer. Orschwiller et le Haut-Koenigsbourg passèrent à l'évêque de Strasbourg, tandis que Saint-Hippolyte restait entre les mains des ducs de Lorraine. Ils firent entourer le village d'un rempart et en firent une ville. A partir de cette période Orschwiller resta le seul propriétaire du fief du Haut-Koenigsbourg. Le sort du village est ensuite lié à celui du Haut-Koenigsbourg situé sur la commune. Plusieurs seigneurs se disputèrent ensuite le sort du village. Les Hohenstein sont encore au XVe siècle les châtelains au Haut-Koenigsbourg mais ils se sont entourés d'une bande de chevaliers-brigands qui écume le pays. Commandés par les frères Mey von Lambsheim, nos soudards perturbent la tranquilité du pays (Lanfrieden). Du 26 au 29 octobre 1462, les troupes épiscopales de Strasbourg et Bâle viennent assiéger le château. La garnison, profitant de la nuit parvient à s'échapper en empruntant un passage souterrain. Se sentant fustrés, les coalisés mettent le feu au château. En 1466, le village aura un nouveau seigneur, le comte de Werdenberg, un suisse. A partir de 1479 apparaît un autre seigneur de la famille des Thierstein originaire de Suisse. Ils reçoivent des mains des Habsbourg les ruines et le village en fief et font reconstruire le château. Ils vont le doter d'une tour et y ajouter un gros bastion d'artillerie. Le Haut-Koenigsbourg devînt ainsi la forteresse telle que nous la voyons actuellement. En 1517 Maximilien Ier d'Autriche rachète le village, puis vers 1571 le château qui devînt ainsi village impérial. Au Moyen âge ce sont les Hohenstein qui dispose de la moitié du village, puis en 1535 le village dans son entier passe sous le contrôle des troupes du chevalier Franz von Sickingen (1481-1523) et y effectue de nombreux travaux. En 1605 c'est la famille noble de Nicolas de Bollwiler qui devient le véritable maître d'Orschwiller, puis il cède le village en fief aux Fugger vers 1617. Les Fugger d'Augsbourg était une riche famille de banquiers à la fin du Moyen âge. Elle fut anoblis pour services rendus par l'empereur Maximilien Ier de Bavière (1573-1651).

La guerre de trente ans

En juillet 1633 le village d'Orschwiller est incendié par les Suédois ainsi que le château qui est enlevé aux Impériaux après un long siège. Le château restera en ruine jusqu'en 1899. Le sort des habitants d'Orschwiller est terrible. Ils sont contraints d'accomplir pendant 39 semaines des corvées, comme abattre des arbres, tailler des pierres. Ils doivent en outre monter la garde au château à titre bénévole. Lors des bombardements suédois, les habitants d'Orschwiller ont obligation d'aller se réfugier hommes, femmes et enfants à l'intérieur du château. Le gouverneur du château, Philippe de Lichtenau, s'empressa de dénoncer les villageois auprès de la régence autrichienne, estimant qu'ils étaient prêts à négocier avec les Suédois. L'épreuve s'éternise jusqu'au 7 septembre. La garnison capitule, les haibitants d'Orschwiller sont libres. Quatre semaines plus tard, après avoir pillé les lieux les Suédois mettent le feu au Haut-Koenigsbourg. En 1648 les Français deviennent les maîtres des territoires autrichiens en Alsace, mais les Sickingen, après un accord avec les Fugger, redeviennent les seigneurs d'Orschwiller et du château en ruine.

La ville de Sélestat offre le château à l'Empereur Guillaume II

La famille des Sickingen reprennent le village vers 1672 pour le repasser le 5 mars 1770 au chevalier Henri François Boug pour la somme de 62 000 livres. Du coup le chevalier prend le nom de Boug d'Orschwiller. En 1775 il décède, mais le château reste à sa femme (fille de l'ancien bailli d'Orschwiller Kieffer) et à ses enfants jusqu'après la Révolution. Ensuite c'est la ville de Sélestat qui devînt propriétaire des ruines du Haut-Koenigsbourg.Il fit don des ruines du château à l'empereur Guillaume II qui fit reconstruire le château entre 1900 et 1908. La même année c'est l'inauguration du nouveau château relevé par l'architecte Bodo Ebhardt. Le coût de l'opération se montait à l'époque à 1 400 000 marks. En 1918, le château redevenait une propriété de l'Etat Français et était remis en gestion à la Caisse nationale des monuments historiques. C'est aujourd'hui l'un des monuments les plus visités de France!

Administration

Démographie


- population provisoire pour 2006 : 564

Vivre à Orschwiller

culture

Festivités et évènements

Chaque année, début décembre, le village tient son traditionnel marché de Noël, un vrai, avec ses artisans d'autrefois, la joie et les jeux des enfants, la musique, les décors, concerts. Des mains du boulanger sortent alors les plus jolis "maennelé" que l'on puissent imaginer...

Sport

Economie

Lieux et monuments

-château du Haut-Kœnigsbourg Château du Haut-Kœnigsbourg

Eglise Saint-Maurice (1779)

L'église Saint-Maurice construite en 1778 L'église Saint-Maurice se trouve sur un ancien sanctuaire érigé au Moyen âge. L'église primitive est incendiée par les Suédois en 1633. Elle sera reconstruite rapidement et accueille à nouveau les fidèles dès 1660 jusqu'à 1778. On y honorait tout particulièrement la Vierge du Langenberg, une sculpture qui montre la madonne donnant un baiser sur la bouche de son enfant. L'oeuvre est toujours conservée dans l'église actuelle. Une légende auréole la statue. La tradition rapporte que la statue fut retrouvée sur le Langenberg après la démolition de l'ancienne église. On transporta donc la statue dans la nouvelle église. Mais dès le lendemain, la statue avait disparu et on la retrouva à la même place, sur le Langenberg, près d'une source. La statue fut, une nouvelle fois rapportée. On comprit alors qu'il fallait placer la statue de telle sorte qu'elle puisse se tourner vers le Langenberg. Chose faite aussitôt. Depuis la statue est restée fidèlement à sa place. Quand on édifia la nouvelle église Saint-Maurice, les gens d'Orschwiller allèrent récupérer quelques pierres sur les ruines du Haut-Koenigsbourg, ce qui suscita une vigoureuse protestation du chevalier de Boug propriétaire du château. Avec l'augmentation de la population après la guerre de trente ans, le sanctuaire en ruine fut recontruit mais ne pouvait plus accueillir l'ensemble des villageois. Il a été décidé alors de construire une église plus grande en 1778. En 1985, le clocher de l'église est détruit par un incendie, ainsi que les vitraux du XIXe siècle, les tableaux et retables. On craignit la destruction de la statue de la Vierge, mais elle avait été heureusement épargnée par le feu. Les flammes avaient léché la niche qui abritait la Madone, mais celle-ci fut épargnée. Deux années plus tard, l'église était reconstruite.

La Vierge du Langenberg

Bois polychrome du XVIIe siècle. Cette statue a été retrouvée sur les flancs de la montagne à une date indéterminée. Elle est citée pour la première fois en 1660 et se trouve déjà, à cette date dans l'ancienne église. Détail rare et curieux, la Vierge embrasse l'Enfant Jésus sur la bouche.

Pieta

Bois polychrome du XVIIIe siècle. La polychromie de cette statue date sans doute du XIXe siècle. La Vierge de pitié est un thème classique de l'iconographie religieuse. La position du Christ, presque assis sur les genoux de Marie est originale. Le traitement des personnages correspond bien au sentimentalisme qui règne alors dans le domaine artistique.

Chapelle Saint-Joseph

Chapelle Saint-Joseph L'ancienne chapelle se trouvait à l'entrée du village et s'adossait à une tour-porte qui fermait le village au XVe siècle. En 1633, les hordes suédoises, engagées par le parti protestant lors de la guerre de trente ans, pillent le village et y mettent le feu. La chapelle n'échappera pas au pillage et au saccage. Elle sera reconstruite en 1728. On y conserve les statues de Saint-Dominique et de Sainte Agathe qui est réputée pour éloigner le feu, les incendies. La chapelle conserve quatre tableaux du peintre Lucas Neysser originaire de Soultz peints en 1825.

La Sainte Famille

Bois polychrome du XVIIIe siècle situé dans la chapelle Saint-Joseph. Cette statue représente Marie et Joseph en manteaux fleurdelisés, tenant par la main Jésus enfant.

La croix de la Peste

Ce calvaire se trouve sur le carrefour à l'entrée du village d'Orschwiller .Il s'agit d'une haute croix en pierre délimité par une grille en fer forgé qui a reçu le nom de "Croix de la Peste" . Elle a été érigée en 1628 pendant la guerre de trente ans alors que le village fut pillée et dévastée par de nombreuses troupes étrangères engagées dans des conflits interreligieux. Aux misères et aux récoltes dévastés s'ajoutent les épidémies de peste qui déciment alors une grande partie de la population. Pour conjurer le sort, il est alors d'usage de dresser à l'entrée des villages des calvaires pour demander au ciel d'épargner la cité ou pour remercier Dieu d'avoir préservé la population de l'épidémie. Une inscription ajoutée plus tard nous révèle que le calvaire a été restaurée en 1704, et depuis, régulièrement les habitants entretiennent amoureusement le petit monument. Une autre croix, existait à proximité du petit carrefour de chemins, c'était le gibet du "Galgen". En 1730 la communauté d'Orschwiller consolident le gibet qui menace de s'écrouler. Le bailli du village avait pris pour habitude de prendre les malendrins sur le gibet du "Gelgen". Les habitants du village lassés par des expositions prolongées de cadavres pendus à leur corde, près du gibet commençaient à trouver l'affaire comme de mauvais goût. Le conseil souverain d'Alsace prend la décision dans sa séance du 21 mai 1731 de réfectionner le gibet.

Personnalités liées à la commune

Notes et références

Bibliographie

- Baridon, Laurent, Nathalie Pintus: Le château du Haut-Koenigsbourg à la recherche du Moyen âge, Editions CNRS, Paris, 1998, 127 p. - ISBN: 2-271-05409-5
- Danger Antoine, Nobel Antoine: Orschwiller et Saint-Hippolyte. Leurs relations jusqu'à la Révolution. Annuaire des amis de la Bibliothèque de Sélestat, p.125-134, 1991
- Danger Antoine, Nobel Adolphe: Le sieur de Boug, seigneur du Haut-Koenigsbourg et d'Orschwiller. Annuaire des amis de la Bibliothèque de Sélestat, p.125-134, 1990
- Dietsch, Gustave: Le château du Hoh-Koenigsbourg, D. Cellarus, Sainte Marie-aux-Mines, 1904
- Imbs, Marcel, curé d'Orschwiller : Die Ortsgeschichte von Orschwiller, d'après le livre de Wendelin Meyblum, Imprimerie Sélestat, 1979, 93 pages
- Lehni, Roger: Le château du Haut-Koenigsbourg, Caisse nationale des monuments historiques, Editions Ouest-France, Paris, 1996, 32 pages
- Meyblum, Wendelin: Die Ortsgeschichte von Orschwiller, Imprimerie Alsatia, Colmar, 1934, 217 pages
- Trendel, Guy: Le Haut-Koenigsbourg et sa région, Sarreguemines, Perron, 1998, 127 pages, ISBN: 2.7085-0183-6

Voir aussi

- Communes du Bas-Rhin ==
Sujets connexes
Abbaye   Abbaye de Honcourt   Alsace   Anarchie   Arrondissement de Sélestat-Erstein   Artillerie   Augsbourg   Aventurier   Bailli   Bandit   Bas-Rhin   Boulanger   Bretagne   Bâle   Calvaire   Canton de Sélestat   Celtes   Charlemagne   Charte   Château   Château du Haut-Kœnigsbourg   Ciel   Colmar   Communauté de communes de Sélestat   Communes du Bas-Rhin   Comté   Concert   Conrad III   Conseil souverain   Croisade   Croix   Ebersmunster   Eguisheim   Empire   Enfant   Feu   Finage   Florin   France   Franz von Sickingen   Français   Fugger   Fulrad   Garnison   Gouverneur   Guillaume II d'Allemagne   Guémar   Habsbourg   Haut-Rhin   Hohenstaufen   Jean de Lorraine   Kintzheim   Liepvrette   Lièpvre   Loi   Lorraine   Louis VII   Madone   Manoir   Marie de Nazareth   Maximilien Ier   Maximilien Ier de Bavière   Montagne   Musique   Nord   Noël   Orschwiller   Pape   Prieuré de Lièpvre   Prisonnier   Pépin le Bref   Rathsamhausen   Rhin   Ribeauvillé   Romain   Rombach-le-Franc   Révolution   Saint-Denis   Saint-Dominique   Saint-Hippolyte   Saint-Maurice   Sainte Agathe   Sanctuaire   Saulnois   Scherwiller   Souabe   Soultz   Souterrain   Strasbourg   Suisse   Suédois   Sélestat   Vigne   Village   Voie romaine   Vosges   Widonides   XIVe siècle   XIXe siècle   XVe siècle  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^