Perron (symbole)

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Perron de Liège, sur la place du Marché Le perron est le symbole de la justice du prince-évêque de Liège. Siècle après siècle, le perron s'est aussi affirmé comme le symbole des libertés et d'autonomie communale sous l'ancien Régime. C'est un pilori, devant lequel la justice était rendue, devant lequel on promulguait les règlements, les mandements et les edits, devant lequel on publiait les prix ou l'on proclamait les bannissements, etc. Il est constitué d'une co
Perron (symbole)

Perron de Liège, sur la place du Marché Le perron est le symbole de la justice du prince-évêque de Liège. Siècle après siècle, le perron s'est aussi affirmé comme le symbole des libertés et d'autonomie communale sous l'ancien Régime. C'est un pilori, devant lequel la justice était rendue, devant lequel on promulguait les règlements, les mandements et les edits, devant lequel on publiait les prix ou l'on proclamait les bannissements, etc. Il est constitué d'une colonne sur un socle, surmontée d'une pomme de pin et d'une croix. L'origine en est obscure et probablement païenne. En Principauté de Liège, il fut le lieu où les lois et les règlements devaient avoir été proclamés en public pour être d'application. Il était ainsi le symbole de l'autorité et de l'autonomie, d'abord du Prince-Évêque, puis plus tard de la ville. Au cours du , les « Bonnes Villes » (en possession d'une charte communale) de la principauté ont aussi pu ériger leur propre perron. Huy, première ville d'Europe du nord à s'être vu attribué une charte communale, possédait un perron dès 1235. Dès le , le perron figurait sur les pièces de monnaie du Prince-Évèque de Liège Henri de Leez (ou de Leyen).

Le perron liégeois

Les armoiries de la ville de Liège, ornées du perron Au , il fut intégré aux armoiries de la ville (il l'est toujours à ce jour). L'interprétation des lettres L et G "accotant" le perron dans l'héraldique liégeoise à partir de la Renaissance est née du désir bien humain de donner un sens à tout. A l'origine, ces deux lettres servent simplement à distinguer le perron de Liège de celui de Saint-Trond (S et T) et de quelques autres perrons d'autres bonnes villes du pays de l'Evêque (le Liège). Au Moyen Age, on voit quelquefois des perrons liégeois entourés non pas des seules lettres L et G, mais de Lie Ge ou Ly Ge. Une légende relativement récente veut y lire Libertas Gentis, "Liberté du Peuple" puisque que le perron symbolise, dans tout le pays de Liège, depuis le Moyen Age, la droiture de la justice et la fierté des libertés. Cette interprétation plaît beaucoup aux Liégeois...

Le désastre de 1468

Charles le Téméraire, s'étant, après la bataille de Brustheim, emparé une première fois de la ville de Liège, impose la paix de St-Laurent par laquelle "le duc voulut que plus rien ne restât debout de l'antique constitution liégeoise, ni des libertés publiques, héritage d'un long passé". Le Perron, symbole des libertés et privilèges qu'il entendait ainsi anéantir, fut enlevé de son socle pour être transporté à Bruges, avec défense aux vaincus de le rétablir à jamais. Arrivé dans cette ville, le Perron fut exposé au point le plus apparent de la Bourse, pour témoigner vis-à-vis des foules étrangères qui y affluaient, de l'anéantissement de la nation liégeoise, coupable de s'être insurgée contre les visées dominatrices du puissant Duc d'Occident. Et pour que nul n'en ignorât, Charles le Téméraire fit graver sur le piédestal : N'ELEVEZ PLUS VOS FRONTS SI HAUTAINS VERS LE CIEL ! PAR MA CHUTE, APPRENEZ QU'IL N'EST RIEN D'ETERNEL SYMBOLE DE COURAGE ET DE GLOIRE, NAGUERE JE I'ROTEGEAIS UN PEITPLE INVINCIBLE A LA GUERRE, ET J'ATTESTE AUJOURD'HUI, VIL JOUET MEPRISE QUE CHARLES M'A VAINCU, QUE CHARLES M'A BRISE ! Erection du perron le 10 juillet 1478 Le 5 janvier 1477, Charles le Téméraire trouve la mort devant Nancy. Le Prince-Evêque, Louis de Bourbon, qui s'était réconcilié avec les Liégeois, profita, peu après, de son séjour à Bruges, où il assistait au mariage de Marguerite de Bourgogne, pour obtenir le retour du Perron à Liège. Le 10 juillet 1478, après 10 ans d’exil, la population reçut le Perron avec de chaleureuses démonstrations d'allégresse qui atteignirent leur comble lorsqu'il réapparut sur le piédestal dont il avait été enlevé. Sur une des faces de ce dernier fut gravée une inscription commémorative en latin qui traduite dit : LE PERRON QUE LIEGE REGARDE AVEC ORGUEIL COMME L'EMBLEME SACRE DE LA PATRIE FUT REPLACE SUR CE PIEDESTAL LE 10 JUILLET 1478. LIEGE OU YIVENT LES ARTS, LIEGE NOUVELLE ATHENES, CHARLES T'A RUINEE ET COUVERTE DE CHAINES ! LOIN DE TOI, PAR SON ORDRE A BRUGES EXILE, J'Y SUIS RESTE DIX ANS, D'OUTRAGES ACCABLE. MAIS CES TEMPS SONT PASSES DE SERVITUDE AMERE : ME VOICI DE NOUVEAU SUR TON SEIN, O MA MERE !

Le perron dans d'autres villes

Outre le perron de Liège, il en existe toujours notamment à Huy, Herve, Stokkem, Bree, Verviers, Sart (dans la commune de Jalhay), Stavelot, Theux, Visé, Tongres et Saint-Trond.

Conseil de lecture

Le Perron de Liège, Albert Dandoy (1885-1977), Art et folklore, 1954. ==
Sujets connexes
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