Paul Wolfowitz

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Paul Wolfowitz Paul Dundes Wolfowitz, né le 22 décembre 1943, est un homme politique américain, secrétaire adjoint à la Défense entre 2001 et 2005 dans le gouvernement de George W. Bush. Il a été président de la Banque mondiale le et a posé sa démission le suite à son implication dans une affaire de népotisme. Il a quitté ses fonctions le .
Paul Wolfowitz

Paul Wolfowitz Paul Dundes Wolfowitz, né le 22 décembre 1943, est un homme politique américain, secrétaire adjoint à la Défense entre 2001 et 2005 dans le gouvernement de George W. Bush. Il a été président de la Banque mondiale le et a posé sa démission le suite à son implication dans une affaire de népotisme. Il a quitté ses fonctions le .

Biographie

Paul Wolfowitz est le fils du mathématicien juif polonais Jacob Wolfowitz, lui-même immigré aux États-Unis en 1920 alors qu'il n'est âgé que d'une dizaine d'années. Né le 22 décembre 1943 à New York, Paul Wolfowitz fait d'abord des études de physique-chimie avant de se tourner vers les sciences politiques à l'université de Chicago. Il est alors politiquement un jeune trotskiste. C'est à l'Université Cornell, où enseigne son père, que Paul Wolfowitz rencontre le professeur Allan Bloom, un des disciples du théoricien Leo Strauss et référence des néo-conservateurs. Auprès de Bloom, Wolfowitz devient lui-même un disciple de Strauss et rejette la philosophie du relativisme alors en vogue dans les années 1960 et qui nierait la « légitimité universelle des valeurs américaines et s'accommoderait de la tyrannie ». À l'université de Chicago, c'est auprès d'Albert Wohlstetter, théoricien de la stratégie nucléaire, que Wolfowitz rédigea sa thèse sur le danger de prolifération nucléaire au Moyen-Orient. En 1972, Wolfowitz entame une carrière dans l'administration fédérale américaine. On le retrouve aussi bien auprès des démocrates comme Dean Acheson qu'auprès de républicains. Il s'oppose dès le début à la realpolitik de Henry Kissinger et entre au Pentagone en 1977 sous l'administration de Jimmy Carter. Il souligne dès cette époque le facteur d'instabilité régionale causé par l'Irak de Saddam Hussein, alors que le gouvernement de Carter veut en faire un contrepoids à l'Iran de l'ayatollah Khomeiny . Le démocrate Wolfowitz est déçu par l'administration de Jimmy Carter et c'est avec enthousiasme qu'il accueille la victoire de Ronald Reagan en novembre 1980. Celui-ci incarne mieux à ses yeux son idéal démocratique. Entre 1982 et 1985, il se retrouve secrétaire d'État adjoint aux affaires de l'Est asiatique et du Pacifique dans le gouvernement de Reagan. C'est à cette fonction qu'il organise la transition politique des Philippines après le renversement de Ferdinand Marcos, ancien allié des États-Unis. En 1986, il est nommé ambassadeur en Indonésie où il s'ouvre à la civilisation islamique. De 1989 à 1993, sous la direction de Dick Cheney, il est sous-secrétaire à la Défense chargé de la planification, où il élabore une nouvelle définition de la stratégie et de l'organisation de la force militaire américaine après la fin de la guerre froide. En 1991, Paul Wolfowitz organise le financement de la guerre du Golfe et parvient à convaincre Israël de ne pas intervenir militairement pour maintenir la cohérence interne de la coalition qui comprend de nombreux pays arabes. Il prêcha également mais sans succès la loyauté envers les chiites du sud et les Kurdes du nord de l'Irak que le gouvernement américain a poussé à se révolter contre Saddam Hussein. Durant la présidence de Bill Clinton, Paul Wolfowitz est doyen de l'École d'études internationales avancées de l'université Johns-Hopkins à Washington DC de 1994 à 2001. Le quotidien israélien anglophone The Jerusalem Post l'élut l'homme de l'année 2003, The Jerusalem Post, 2003.

Rôle auprès de l'administration Bush

Le président George W. Bush et Paul Wolfowitz Paul Wolfowitz et Joschka Fischer, le 19 septembre 2001 au Pentagone. En février 2001, il est nommé par George W. Bush au poste de secrétaire adjoint à la Défense, sous les ordres de Donald Rumsfeld. C'est à ce poste qu'il se fait l'artisan et l'ardent défenseur du renversement du régime de Saddam Hussein et de l'invasion militaire de l'Irak dès le lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Catalogué comme un des plus radicaux des néo-conservateurs, il est chargé de trouver les justifications juridiques de l'invasion de l'Irak et est considéré comme le principal responsable des déconvenues de l'armée américaine notamment dans sa recherche des armes de destruction massive. Il affirmait alors que « les revenus du pétrole irakien au cours des deux ou trois prochaines années allaient apporter 50 à 100 milliards de dollars, qui viendraient rembourser la propre reconstruction du pays et plus encore », CADTM, Mohamed Hakki, . Le 15 avril 2002, devant des supporters d'Ariel Sharon lors d'une réunion publique à Washington DC, il reconnaît, sous les huées, les souffrances endurées par le peuple palestinien sous occupation israélienne ; Voir aussi Sharon Samber and Matthew E. Berger, United Jewish Communities, , 15 avril 2002 . Le 26 octobre 2003, au cours d'une visite à Bagdad, il échappe de justesse à un attentat. Une trentaine de roquettes sont tirées contre l'hôtel Al Rachid où il logeait. Un colonel américain meurt au cours de cette attaque et dix-sept autres personnes sont blessées. Paul Wolfowitz est indemne. En janvier 2005, il s'engage personnellement dans le déploiement de l'aide américaine aux victimes du tremblement de terre du 26 décembre 2004, en particulier en Indonésie.

Rôle à la Banque mondiale

En mars 2005, George W. Bush préfère l'éloigner de son administration en lui offrant une promotion, la succession de James Wolfensohn à président de la Banque mondiale (en règle générale, celle-ci est laissée aux États-Unis quand le Fonds monétaire international est laissé aux Européens). Il devrait son élection au soutien des Européens, qui l'acceptèrent en échange de la nomination de Pascal Lamy à la tête de l'OMC, Libération, Esther Duflo, . Il a fait l'objet de vives critiques au sein de la Banque mondiale pour s'être entouré de collaborateurs venus avec lui du Pentagone et de la Maison blanche, La Tribune, . Il a par exemple nommé l'ancien porte-parole du vice-président des États-Unis Dick Cheney, Kevin Kellems au poste de directeur de la stratégie de la communication. Dès son entrée en fonction en , Paul Wolfowitz va dresser une liste de pays en voie de développement à privilégier et confirme l'Afrique comme zone prioritaire .

Crise tchadienne

Le l’Assemblée nationale tchadienne, sous la présidence de Idriss Déby adopte plusieurs amendements à la loi sur le pétrole de 1999. À la suite de cette modification, Paul Wolfowitz, alors président de la Banque mondiale, annonce l’arrêt des programmes de financement au Tchad, soit 124 millions de dollars, RFI, . La Banque mondiale conteste certains des amendements opérés tels la suppression du fonds pour les générations futures, l'inclusion de la sécurité et de l’administration comme secteur prioritaire ainsi que l'augmentation de la part revenant au Trésor. À la demande du département d'État, il abandonna, la lutte contre la corruption au Tchad pour permettre à cet État d'utiliser l'argent du pétrole pour contrer les attaques venues du Soudan, Le Monde, .

Planning familial en Afrique

Juan Jose Daboub, un haut fonctionnaire proche de Paul Wolfowitz aurait ordonné que toute référence au Planning familial soit effacée du plan d’assistance à long terme concernant Madagascar.

Affaire Wolfowitz à la Banque mondiale

Héraut de la lutte anti-corruption dans les pays en développement, Paul Wolfowitz a été impliqué dans une affaire de favoritisme au sein de la Banque mondiale concernant Shaha Riza, une collaboratrice avec laquelle il entretenait une liaisonLe président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, accusé de népotisme, Le Monde, 11 avril 2007 Paul Wolfowitz reconnaît son implication dans une affaire de favoritisme au sein de la Banque mondiale, Le Monde, 12 avril 2007 . En 2003, selon l'association américaine luttant contre la corruption dans les administrations publiques Government Accountability Projet, Paul Wolfowitz, alors secrétaire à la Défense, aurait insisté pour que Shaha Riza obtienne un contrat de consultant pour une firme de conseil privée entre mars et mai 2003, au moment du déclenchement de la guerre et ce alors qu'elle travaillait pour la Banque mondiale, 24 Heures, . Trois mois après son arrivée à la tête de la Banque mondiale en 2005, Paul Wolfowitz obtenait un poste au Département d'Etat pour son amie Shaha Riza. Ex-responsable de la communication de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, elle restait néanmoins encore payée par la Banque mondiale. Lors de ce transfert, elle aurait reçu, selon des documents internes révélés par la presse, une promotion et plus de 60 000 dollars d'augmentation de salaire portant ses émoluments à quelque 200 000 dollars par an. Lors de son retour à la Banque mondiale, elle bénéficierait également de promotions la portant, à terme, au grade de vice-président, Le Monde, . Le Financial Times a révélé le que c'est Paul Wolfowitz lui-même qui avait ordonné les augmentations. Lorsque Paul Wolfowitz est nommé au poste de président de la Banque mondiale, sa liaison avec Shaha Riza, une cadre de la banque, est contraire à la charte éthique de l'institution. Il en informe immédiatement les directeurs mais le comité d'éthique refuse la solution qu'il propose, laisser les choses en place en se voyant retirer tout pouvoir de décision concernant le salaire et la position de la collaboratrice . La commission propose au contraire de donner un poste à M Riza hors de la banque, seul moyen de la mettre « à l'abri » de l'autorité de son président, et de lui donner une promotion pour compenser cet accident de carrière. Mais ils laissent au président le soin de régler les détails de cette recommandation, salaire compris. Aussi, le conflit naît non du principe de l'augmentation de salaire mais de son montant, qui revient à une augmentation annuelle de 8% au lieu des 3, 7% habituels . Concernant les accusations de népotisme, Paul Wolfowitz a déclaré qu'elles étaient une campagne de dénigrement menée par des opposants à l'intervention en Irak, et à sa lutte contre la corruption dans les pays en voie de développement, Le Monde, . Son conseiller Kevin Kellems avait assuré que les augmentations de salaires octroyées à M Riza sur ordre de Paul Wolfowitz – portant le salaire de l'intéressée à près de 200.000 dollars par an – avaient reçu l'assentiment du conseil d'administration (de ). Pourtant le , les administrateurs de la Banque mondiale ont démenti cette affirmation et appelé à la démission le président de la Banque mondiale, dont le mandat n'expirait normalement qu'en 2010, RTBF, , Swissinfo, . Lui est également reproché le recrutement de deux collaborateurs de la Maison Blanche (dont Kevin Kellems) sans expérience sur les questions de développement, avec des appointements supérieurs à 200.000 dollars par an, Nouvel Obs, . Le , afin de l'aider dans sa défense, il engage Robert Bennett, avocat célèbre ayant défendu l'ancien président des États-Unis d'Amérique Bill Clinton lors de l'affaire Paula Jones ainsi que la journaliste américaine Judith Miller lors de l'affaire Valerie Plame, Financial Times, . Le l'un des ses plus proches conseillers, l'ancien journaliste Kevin Kellems donne sa démission. À la Banque mondiale, il était responsable de l'image du président et avait assuré à la presse que Paul Wolfowitz avait reçu l'aval du conseil d'administration avant de décider l'augmentation du salaire de Shaha Riza. Paul Wolfowitz accepte finalement, le , de renoncer à ses fonctions, qu'il quittera le , au terme d'une longue crise. Certains, au sein même de son entourage, n'hésitaient pas à dire que son action a "complètement sapé les principes de bonne gouvernance". Paul Wolfowitz accepte finalement de démissionner de la présidence de la Banque mondiale, Le Monde, 18 mai 2007 Robert Zoellick, l'ancien numéro deux du département d'Etat américain, a été choisi par le président Bush pour lui succéder.

Canular

Dans son édition de le magazine anglophone Foreign Policy publie une lettre envoyée par Paul Wolfowitz au personnel de la Banque mondiale dans laquelle il met en garde le personnel de la banque de fréquenter le site internet TradeSports.com, sur lequel se tient un pari dont le titre est 'démission de Paul Wolfowitz', Le Monde, . De nombreux journaux internationaux tel le quotidien français Le Monde relaient l'information. Il s'est avéré que cette lettre était un faux réalisé par le professeur en économie de Harvard, ancien économiste en chef du FMI, Kenneth Rogoff, Le Monde, .

Vie familiale

Paul Wolfowitz est séparé depuis 2002 de son épouse Clare Wolfowitz, anthropologue, spécialiste de l'Indonésie. Ils ont eu ensemble trois enfants. Il vit aujourd'hui avec Shaha Riza, une féministe britannique d'origine libyenne, précédemment chargée des droits des femmes arabes à la Banque mondiale puis intégrée au département d'État des États-Unis.

Références

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