Napoléon III et la question italienne

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Arrivé au pouvoir par son coup d'État de 1851, Napoléon III, ex-Carbonari, demeure préoccupé par la question de l'unité italienne. La nation italienne reste en effet divisée en de nombreuses petites entités territoriales qu'il a désormais — en tant que maître d'une puissance militaire d'importance — le pouvoir d'unifier. Malgré sa volonté propre, il doit d'abord gérer la situation française et s'allier les catholiques. Il décide finalement de s'engager pour la cause italienne
Napoléon III et la question italienne

Arrivé au pouvoir par son coup d'État de 1851, Napoléon III, ex-Carbonari, demeure préoccupé par la question de l'unité italienne. La nation italienne reste en effet divisée en de nombreuses petites entités territoriales qu'il a désormais — en tant que maître d'une puissance militaire d'importance — le pouvoir d'unifier. Malgré sa volonté propre, il doit d'abord gérer la situation française et s'allier les catholiques. Il décide finalement de s'engager pour la cause italienne et contre l'empire autrichien en 1859, gagne, mais doit finalement modérer son action du fait d'une situation diplomatique inquiétante, notamment la menace prussienne. La France y gagne la Lombardie, la rend à Victor-Emmanuel II, mais reçoit en échange la Savoie et le Comté de Nice. La paix de Villafranca est signée, mais laisse la France dans une situation diplomatique particulièrement inquiétante.

Motivations de Napoléon III

Ce n'est pas l'attaque d'Orsini du 14 janvier 1858 qui influença Napoléon III sur la question de l'unification italienne. Elle n'avait jamais cessé de le préoccuper depuis qu'il avait pris part à des conspirations patriotiques en Italie dans sa jeunesse. La victoire de ses armées en Crimée lui donna l'envergure nécessaire pour accomplir cette mission qui lui tenait à cœur. Le muselage de l'opinion publique en France l'empêcha d'être éclairé sur le conflit entre les intérêts du pays et ses visions généreuses. La sympathie de toute l'Europe était avec l'Italie, partagée depuis des siècles entre de si nombreux maîtres ; la Russie d'Alexandre II, gagné depuis un entretien à Stuttgart par la générosité de l'Empereur plutôt que par la force armée, n'offrit aucune opposition à cet acte de justice ; tandis que le Royaume-Uni applaudit. L'empereur, divisé entre l'impératrice Eugénie, qui en tant qu'Espagnole et dévote catholique était hostile à tout ce qui pourrait menacer la papauté, et le prince Napoléon, qui en tant que beau-frère de Victor-Emmanuel II d'Italie favorisait la cause du Piémont, espérait concilier les deux côtés en mettant en place une fédération italienne, avec l'intention d'en réserver la présidence au pape Pie IX en tant que marque de respect devant l'autorité morale de l'Église. De plus, la grande difficulté de la tâche plaisait à l'Empereur, encouragé par son récent succès en Crimée. Lors d'une réunion secrète entre Napoléon et le comte Cavour, le 20 juillet 1858 à Plombières, l'éventualité d'une intervention armée de la France, demandée par Orsini avant qu'il ne monte son attentat, fut promise.

La guerre franco-autrichienne

L'ultimatum mal avisé de l'Autriche exigeant la cessation immédiate des préparations du Piémont à la guerre précipitèrent l'expédition italienne. Le 3 mai 1859, Napoléon III déclara son intention de libérer l'Italie « des Alpes à l'Adriatique. » Comme il l'avait déjà fait quatre ans plus tôt en Crimée, il lança ses généraux dans une guerre surprise face à laquelle l'état major n'avait ni plan établi, ni préparation. L'empereur avait de grands espoirs mais sans penser aux efforts nécessaires pour les réaliser. Deux mois plus tard, malgré les victoires de Montebello, de Magenta et de la Solférino, il y mit fin brutalement et signa la paix de Villafranca avec François Joseph d'Autriche (9 juillet 1859). L'Autriche cédait la Lombardie à Napoléon III qui à son tour la céda à Victor-Emmanuel II ; Modène et la Toscane furent rendues à leurs ducs respectifs et la Romagne au pape, à présent président de la fédération italienne. La montagne avait accouché d'une souris.

Raisons de la modération française

Les raisons de cet abandon de la part de l'Empereur au milieu d'un triomphe apparent étaient nombreuses. Ni Magenta ni Solférino n'ont été des batailles décisives. De plus, son idée d'une fédération était menacée par le mouvement révolutionnaire qui semblait effrayer tous les princes de l'Italie centrale et qui l'entraînait dans une dispute malvenue avec le parti clérical français. Pire, Napoléon avait oublié de tenir compte de la Confédération germanique qui était liée par un accord d'assistance avec l'Autriche. La mobilisation de la Prusse sur le Rhin, combinée avec les difficultés militaires et le risque d'une défaite en Vénétie, modérèrent assez son enthousiasme et le décidèrent à mettre fin à cette guerre.

Une paix précipitée par la situation française

L'armistice prit les Italiens par surprise, les convainquant qu'ils avaient été trahis ; de toutes parts le désespoir les conduisait à sacrifier leur indépendance jalousement gardée à l'unité nationale. D'un côté les catholiques s'agitaient de toute part en Europe pour obtenir l'indépendance des territoires papaux ; et de l'autre côté les républicains français protestaient contre l'abandon de ces traditions révolutionnaires dont ils avaient approuvé le renouveau avec enthousiasme. L'empereur, non préparé au tour des évènements, essaya de résoudre la confusion en suggérant un autre congrès des puissances, pour réconcilier les intérêts dynastiques avec ceux du peuple. Après un temps, il abandonna l'effort et se résigna à garder sa position, ses actions ayant plus d'impact que voulu. Le traité de Zurich proclama le fallacieux principe de non-intervention (10 novembre 1859) ; et alors, par le Traité de Turin du 24 mars 1860, Napoléon abandonna sa confédération malvenue. Il composa avec la méfiance du Royaume-Uni en remplaçant Walewski, qui était hostile à sa politique, par Thouvenel, un anticlérical et un défenseur de l'alliance avec le Royaume-Uni, et il contrebalança la montée du nouveau royaume italien par l'acquision du comté de Nice et du duché de Savoie. Napoléon, comme tous les gouvernements français, ne trouva qu'une solution provisoire au problème italien. La solution ne pouvait tenir qu'aussi longtemps que l'empereur était dans une position de puissance. Mais cette guerre italienne, dans laquelle il avait donné son soutien à la révolution au-delà des Alpes, et, bien que non intentionnellement, qui a compromis le pouvoir temporel des papes, avait grandement offensé les catholiques, auxquels l'établissement de l'Empire était pourtant largement dû.

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