Diable de Tasmanie

Infos
Le diable de Tasmanie ou sarcophile (littéralement: qui aime la viande) (Sarcophilus harrisii) est un marsupial ne vivant plus que sur l'île de Tasmanie en Australie. Il avait disparu du « continent » australien environ 400 ans avant l'arrivée des premiers colons européens en 1788. Longtemps considéré comme une menace pour le bétail, il a été chassé impitoyablement jusqu'à ce qu'il soit protégé en 1941. Depuis les années 1990, il es
Diable de Tasmanie

Le diable de Tasmanie ou sarcophile (littéralement: qui aime la viande) (Sarcophilus harrisii) est un marsupial ne vivant plus que sur l'île de Tasmanie en Australie. Il avait disparu du « continent » australien environ 400 ans avant l'arrivée des premiers colons européens en 1788. Longtemps considéré comme une menace pour le bétail, il a été chassé impitoyablement jusqu'à ce qu'il soit protégé en 1941. Depuis les années 1990, il est victime d'une tumeur (Devil facial tumour disease) cancéreuse transmissible par morsure qui réduit fortement sa population. Il est caractérisé par sa fourrure noire, l'odeur forte qu'il dégage lorsqu'il est stressé, son hurlement fort et inquiétant et son tempérament agressif envers ses congénères quand il mange. Sarcophilus harrissii est la seule espèce du genre Sarcophilus.

Taxonomie

Le naturaliste George Harris a décrit pour la première fois le diable de Tasmanie en 1807. Il lui avait donné le nom de Didelphis ursinaHarris, G. P. 1807. Description of two species of Didelphis for Van Diemen's Land. Transactions of the Linnean Society of London, Volume IX. En 1838, Richard Owen le renomma Dasyurus laniarius avant que Pierre Boitard ne le déplace dans le genre Sarcophilus en 1841 en lui donnant le nom de Sarcophilus harrisii. Plus tard, une proposition de révision de son nom a été faite en 1989 en se basant sur l'étude de quelques fossiles continentauxWerdelin, L. 1987. Some observations on Sarcophilus laniarius and the evolution of Sarcophilus. Records of the Queen Victoria Museum, Launceston, 90:1–27. Cette proposition n'a pas été acceptée par la communauté scientifique internationale et le nom de S harrissii doit s'appliquer à l'espèce actuelle, celui de S. laniarius à une espèce fossile. Des études phylogénétiques récentes montrent que le diable de Tasmanie est plus proche du genre Dasyurus que du Tigre de Tasmanie ou thylacine disparu récemmentKrajewski, C. et al. 1992. Phylogenetic relationships of the thylacine (Mammalia:Thylacinidae) among dasyuroid marsupials: evidence from cytochrome b DNA sequences. Proceedings of the Royal Society B-Biological Sciences 250:19–27 PMID 1361058.

Description physique

Le diable de Tasmanie est devenu le plus grand marsupial carnivore en Australie après la disparition du loup de Tasmanie - connu sous le nom de thylacine - en 1936. De la taille d'un chien, il est de constitution trapue et épaisse, avec une grande tête et une queue boudinée. La graisse corporelle étant emmagasinée dans la queue, cette dernière sera souvent plus étroite chez un sujet malade. Fait inhabituel pour un marsupial, ses pattes antérieures sont légèrement plus longues que les postérieures. Le diable peut courir en rafales à l'impressionnante vitesse de 13 kilomètres par heure. La fourrure est habituellement noire, bien que des taches blanches irrégulières sur la poitrine et le croupion soient communes. Les mâles sont habituellement plus grands que les femelles : une longueur de 652 mm (tête comprise), avec une queue de 258 mm et un poids moyen de 8 kg. Les dimensions respectives de la femelle sont de 570 mm, 244 mm et 6 kg. L'espérance de vie moyenne, de six ans dans la nature, peut être plus longue en captivité. Diable de Tasmanie humant l'air à la recherche d'une proie De longues moustaches se trouvent autour de la gueule et en touffes sur le dessus de la tête. Elles lui permettent de localiser des proies lorsqu'il fourrage dans l'obscurité et de situer les autres diables lors du repas. Agité, le diable peut produire une odeur forte dont l'âcreté rivalise avec la mouffette. L'ouïe étant son sens dominant, il jouit également d'un excellent odorat. Puisque qu'il chasse la nuit, sa vision semble meilleure en noir et blanc. Dans ces conditions, il peut détecter des objets en mouvement, mais il a des difficultés pour voir les objet statiques. Proportionnellement à sa taille, le diable est le mammifère aux mâchoires les plus puissantes. Ceci étant dû en partie à la longueur de sa tête. (Cela a été possible grâce à la néoténie) Un diable de Tasmanie a également un jeu de dents qui croissent doucement sur toute une vie.

Reproduction

Diable de Tasmanie Les femelles commencent à procréer avec la maturité sexuelle, typiquement dans leur seconde année. À ce moment-là, elles deviennent fertiles une fois par an, produisant de multiples ovules pendant leur période de chaleurGuiler, E.R. 1970. Observations on the Tasmanian Devil, Sarcophilus harrisii II. Reproduction, Breeding and Growth of Pouch Young. Australian Journal of Zoology 18:63–70. La saison des amours survient en mars. Les animaux s'accouplent, dans des lieux abrités, aussi bien la nuit que le jour. À cette occasion, les mâles se disputent les femelles, ces dernières optant pour le mâle dominant. Les diables sont polygames: à moins qu'elle ne soit gardée après l'accouplement, une femelle s'accouplera avec d'autres mâles. La gestation dure trente et un jours, pour une portée de vingt à trente individusDepartment of Primary Industries, Water and Environment. , chacun pesant approximativement 0, 18–0, 24 grammesFisher, D.O. et al. 2001. The ecological basis of life history variation in marsupials, . Ecology 82:3531–3540. À la naissance, les jeunes gagnent la poche ventrale depuis le vagin. Là, ils se fixent à un mamelon pour les cent jours à venir. Chez cette espèce, à l'instar du wombat, la poche s'ouvre vers l'arrière, rendant difficiles les interventions de la mère. En dépit de la taille de la portée, la femelle ne dispose que de quatre à six mamelons. Il en résulte dès le début de leur existence, une lutte fratricide dans la poche maternelle qui aboutit très rapidement à la mort de la plupart des petits et seuls trois ou quatre parviennent à survivre. Statistiquement, il subsiste davantage de femelles. La croissance est rapide. À quinze jours, l'oreille externe est visible. Les paupières sont apparentes à seize jours, les moustaches à dix-sept et les lèvres à vingt. Le jeune commence à développer de la fourrure à quarante-neuf jours et possède un pelage complet à quatre-vingt-dix jours. Juste après s'ouvrent les yeux — entre quatre-vingt-sept et quatre-vingt-treize jours — et la bouche peut relâcher son emprise sur le mamelon à cent jours. C'est cent cinq jours après la naissance que les jeunes quittent la poche, apparaissant comme de petites copies du parent et pesant environ deux cents grammes. Contrairement aux petits kangourous, ils ne regagnent pas la poche : ils restent dans la tanière pour trois mois supplémentaires, s'aventurant pour la première fois à l'extérieur entre octobre et décembre, avant de gagner leur indépendance en janvier. Les diablesses sont fécondables six semaines par an environ.

Écologie et comportement

Répandu et assez courant à travers la Tasmanie, on le trouve dans tous les habitats de l'île, notamment aux abords de zones urbaines. Il affectionne particulièrement les côtes boisées et les forêts sclérophylles sèches. Chasseur nocturne et crépusculaire, il passe les journées dans un buisson touffu ou un trou. Jeune, il peut grimper aux arbres, mais cela devient plus difficile lorsqu'il croît. Il peut également nager. Il est essentiellement solitaire et ne vit donc pas en meute. Son territoire à une étendue qui varie de huit à vingt kilomètres carrés et peut considérablement en chevaucher d'autres. Un diable peut capturer jusqu'à un petit wallaby. En pratique, il est cependant opportuniste et se contente de charognes. Bien que le wombat soit sa nourriture préférée, il mangera tous les mammifères indigènes, mammifères sauvages ou domestiques (y compris mouton) : oiseaux, poissons, insectes, grenouilles et reptiles. Le régime est largement varié et fonction de la nourriture disponible. Il mange quotidiennement environ 15% de sa masse corporelle dont 40% en trente minutes si nécessaire. Le diable élimine toute trace d'une carcasse, dévorant os et fourrure en sus de la viande et des organes internes. Les fermiers lui en sont reconnaissants : la rapidité avec laquelle il fait disparaître les charognes aide à prévenir la propagation d'insectes ou de maladies nuisibles au bétail. Se nourrir est un évènement social pour le diable de Tasmanie : un repas peut réunir jusqu'à douze individus autour d'une carcasse mais les affrontements sont alors fréquents. On peut entendre les hurlements des animaux qui s'affrontent à des kilomètres à la ronde. La domination s'établit habituellement par le son ou des postures physiques. Toutefois des combats peuvent survenir avec des morsures parfois très graves.

État de conservation

Depuis 1996 une maladie mortelle dont un des stades est une tumeur de la face évoluant en cancer semble se transmettre à un nombre croissant de diables de Tasmanie, qui en meurent systématiquement. La Tasmanie a longtemps été le dernier refuge des grands marsupiaux carnivores. Ils se sont éteints en Australie continentale peu après l'arrivée des premiers chasseurs préhistoriques, en commençant par les plus gros. Seuls les plus petits (ce critère est devenu un facteur d'adaptation pour échapper à l'homme) ont survécu. Les fossiles de l'Ouest de l'état de Victoria attestent de l'existence du diable de Tasmanie jusqu'à il y a environ 600 ans (soit 400 ans avant l'immigration européenne). Son extinction est attribuée à la prédation des dingos (introduits par l'homme) et à la chasse par les indigènes. L'extermination du Thylacine à l'arrivée des Européens est connue, le diable de Tasmanie était lui aussi menacé. Les premiers colons tasmaniens mangeaient du diable, qui aurait le goût de veau. Par crainte pour le bétail, un schéma de primes pour en débarrasser les propriétés rurales a été introduit dès 1830. Les cent années suivantes, les pièges et l'empoisonnement amenèrent l'espèce au bord de l'extinction. Cependant, à la mort du dernier Thylacine en 1936, la menace a été reconnue. Le diable de Tasmanie a été légalement protégé en 1941 et la population s'est doucement rétablie. Les petites populations fragmentées sont plus sensibles aux maladies, notamment exotiques importées par l'Homme ou ses espèces domestiques. Au moins deux déclins majeurs de la population sont survenus, peut-être dus à des épidémies : en 1909 et 1950. La population actuelle est estimée entre 100 000 et 150 000 individus, pour une densité approximative de vingt diables par zone de 10–20 km². La Tasmanie et l'Australie interdisent l'exportation. Depuis 1996 une maladie (Tasmanian devil facial tumour disease ou DFTD) dont une des composantes est une tumeur de la face évoluant en cancer semble se transmettre à un nombre croissant d'individus (via des blessures, suppose-t-on). Cette maladie provoque une mutation génétique ; la disparition d'un des quatorze chromosomes, et la mort entre trois et huit mois du sujet touché. La gravité de la situation, notamment dans les secteurs affectés, a fait placer l'espèce comme menacée et pourrait devoir être clonée (sans donc préserver la diversité génétique relictuelle des populations survivantes). Des sujets sains ont été transférés en Australie et des mesures strictes de quarantaine entre réserves imposées. L'AusVet Plan (2005) le plan australien vétérinaire inclue une stratégie de réponse à la maladie, qui a fait l'objet d'un Workshop (29–31 aout 2005) et d'un rapport final du Department of Primary Industries, Water, and Environment. L'introduction récente du renard roux (Vulpes vulpes) pour tenter d'éradiquer le lapin également introduit s'est ensuivi d'invasion de renards, probablement facilitée par le recul du Diable de Tasmanie.

Diable de Tasmanie célèbre

Taz, personnage de dessins animés créé par Robert McKimson et célèbre pour son agressivité et sa gloutonnerie, est directement inspiré du diable de Tasmanie.

Voir aussi

-Faune de l'Australie

Notes

Références

-
-

Liens

- Catégorie:Mammifère (nom vernaculaire) Catégorie:Dasyuridé Catégorie:Faune endémique d'Australie ca:Diable de Tasmània cs:Ďábel medvědovitý da:Tasmansk djævel de:Beutelteufel en:Tasmanian Devil es:Sarcophilus harrisii he:שד טסמני hu:Erszényes ördög id:Setan Tasmania is:Tasmaníuskolli it:Sarcophilus harrisii ja:タスマニアデビル la:Sarcophilus harrisii lt:Sterblinis velnias nl:Tasmaanse duivel nn:Tasmansk djevel no:Tasmansk djevel pl:Diabeł tasmański pt:Diabo-da-tasmânia ru:Тасманский дьявол simple:Tasmanian Devil sl:Tasmanski vrag sv:Tasmansk djävul tr:Tazmanya canavarı zh:袋獾
Sujets connexes
Australie   Cancer   Dasyurus   Dingo   Europe   Extinction des espèces   Faune de l'Australie   Forêts, bois et broussailles méditerranéens   Genre (biologie)   George Harris   Grenouille   Insecte   Kangourou   Kilomètre carré   Mouffette   Mouton   Mâle dominant   Néoténie   Oiseau   Oreille externe   Ovule   Pierre Boitard   Poisson   Polygamie   Quarantaine   Renard roux   Richard Owen   Robert McKimson   Tasmanie   Taz (Looney Tunes)   Thylacinus cynocephalus   Victoria (État)   Wallaby  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^