Roumain

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Le roumain (limba română ) est une langue appartenant au groupe des langues romanes orientales de la branche romane de la famille des langues indo-européennes. Il est parlé par plus de 30 millions de locuteurs, principalement en Roumanie et en République de Moldavie (sous le nom de moldave). Une grande partie du vocabulaire roumain de base est issue directement du latin (75% du vocabulaire total). Mais il existe également un substrat thrace - ~60 ou 300 mots - ant
Roumain

Le roumain (limba română ) est une langue appartenant au groupe des langues romanes orientales de la branche romane de la famille des langues indo-européennes. Il est parlé par plus de 30 millions de locuteurs, principalement en Roumanie et en République de Moldavie (sous le nom de moldave). Une grande partie du vocabulaire roumain de base est issue directement du latin (75% du vocabulaire total). Mais il existe également un substrat thrace - ~60 ou 300 mots - antérieur à la conquête romaine (voir Origine du peuple roumain), un superstrat slave - 10% ou 20% des mots, et un apport de mots français entre 1850 et 1950 encore plus superficiel que le superstrat slave. Le fond de base est latin avec des influences multiples. Pourtant les mots latins ont évolué différemment que dans la branche occidentale des langues romanes. Par rapport aux autres langues latines, le roumain est "asymétrique": il est très facile pour un Roumain de comprendre l'italien, le français et l'espagnol, mais l'inverse n'est pas le cas en raison des influences slaves et de mutations phonétiques multiples. L'orthographe du roumain est, à l'instar de celle de l'italien, très simple, car phonétique : à chaque phonème correspond une lettre. Pour des phonèmes que d'autres langues écrivent avec plusieurs lettres, le roumain utilise des diacritiques. Il y a cependant quelques exceptions : les sons , , et s'écrivent che, chi, ghe et ghi - trois lettres pour seulement deux phonèmes. Pour les deux premières il est possible d'utiliser la lettre k au lieu de ch mais elle ne fait pas normalement partie de l'alphabet, sauf pour kilogramme, kilomètre et autres mots de la même famille. Pétition des Valaques de Transylvanie (en latin)

Classification et langues apparentées

Le roumain est une langue romane ou langue latine, qui appartient à la branche italique de la famille des langues indo-européennes, et a beaucoup de traits en commun avec le français, l'italien, l'espagnol et le portugais. Malgré cela, les langues les plus proches du roumain sont les autres langues romanes de l'est parlées au sud du Danube : aroumain / macédo-roumain, mégléno-roumain et istro-roumain, qui sont quelquefois classées comme des dialectes roumains. Un autre nom que les linguistes utilisent pour bien distinguer le roumain est daco-roumain, qui fait référence à la zone où il est parlé (correspondant pratiquement à l'ancienne province romaine de Dacie). La variété de roumain parlée en République de Moldavie a été appelée moldave par les autorités soviétiques. Les autorités post-soviétiques l'ont reconnu comme étant du roumain. Quelques années plus tard et après l'échec du référendum d'unification avec la Roumanie, les autorités moldaves sont revenues à l'appellation soviétique de 'moldave', mais les linguistes ne la reconnaissent pas comme une langue différente.

Origine du vocabulaire

- 75.57% mots romans
-30, 33% directement du latin, les mots de base de la langue
-15, 26% directement du latin, mais des mots savants
-22, 12% du français, les mots plus modernes
-3, 95% de l'italien
-3, 91% formations internes (la plupart d'origine latine)
- 14, 17% slaves
-9, 18% slave ancien
-2, 6% bulgare moderne
-1, 12% russe
-0, 85% serbe et croate
-0, 23% ukrainien
-0, 19% polonais
- 2, 47% allemand
- 1, 7% grec ancien
- 0, 96% substrat dace probablement
- 1, 43% hongrois
- 0, 73% turc
- 0, 07% anglais (en croissance rapide)
- 0, 19% onomatopées
- 2, 71% origine incertaine ou inconnue (beaucoup plus de 2, 71% selon certains)

Exemples

Exemples de mots

Voici quelque mots intéressants qui se retrouvent en français aussi avec la même significations ou pas: (
-) homme au sens de "être humain" seulement; homme

Exemples de phrases

en français : : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. ::(Déclaration Universelle des Droits de l'Homme) Roumain contemporain - les mots en surbrillance sont des emprunts au français ou à l'italien: : Toate fiinţele umane se nasc libere şi egale în demnitate şi în drepturi. Ele sunt înzestrate cu raţiune şi conştiinţă şi trebuie să se comporte unele faţă de altele în spiritul fraternităţii. Roumain, avec des mots en surbrillance qui sont des emprunts slaves : : Toate fiinţele omeneşti se nasc slobode şi deopotrivă în destoinicie şi în drepturi. Ele sunt înzestrate cu cuget şi înţelegere şi trebuie să se poarte unele faţă de altele după firea frăţiei. Roumain, sans emprunts avec les mots d'origine latine : : Toate fiinţele omeneşti se nasc nesupuse şi asemenea în preţuire şi în drepturi. Ele sunt înzestrate cu cuget şi înţelegere şi se cuvine să se poarte unele faţă de altele după firea frăţiei.

Mots et phrases communes

Le terme moderne de "roumain" (milieu du XIXè siècle)

Un document écrit de 1521 serait le premier document en valaque, l'ancêtre du roumain moderne. La Valachie y est nommée Ţeara rumânească (Ţara Românească en roumain moderne). Historiquement, c'est la première apparition de la forme "rumân" pour désigner la langue parlée romane. Les formes "rumân" et "român" coexistent jusqu'en 1746 quand le prince Constantin Mavrocordat décide de choisir "român" qui sera utilisé de façon unique par la suite. Place du roumain dans la famille des langues romanes Le territoire roumain fut anciennement habité par les Daces, un peuple indo-européen. Ils furent vaincus par l'Empire romain en 106 et les régions de la Dacie (Olténie, Banat, Transylvanie) devinrent provinces romaines. Dans les 165 années qui suivirent, il est prouvé qu'il y eut une colonisation romaine importante dans la zone, qui était en communication étroite avec le reste de l'Empire. Le latin vulgaire devint le langage de l'administration et du commerce. Sous la pression des Daces libres et des Goths, l'administration romaine et les légions se retirèrent de la Dacie entre 271 et 275. La question de savoir si les Roumains sont les descendants de ces peuples qui abandonnèrent la zone et s'installèrent au sud du Danube, ou bien de la population qui resta en Dacie, est encore sujette à débat (voir Origine du peuple roumain). Du fait de son isolement géographique, le roumain fut certainement la première langue qui se sépara du latin, et qui, jusqu'aux temps modernes, n'a pas été influencée par les autres langues romanes, ce qui expliquerait pourquoi c'est l'une des langues les plus uniformes d'Europe. Concernant la morphologie des noms, il apparaît plus conservateur que les autres langues romanes. Le roumain a gardé la déclinaison, mais tandis que le latin a six cas, le roumain en a cinq : le nominatif, l'accusatif, le datif, le génitif et le vocatif, et il a aussi gardé un neutre. Cependant, la morphologie du verbe roumain a évolué vers un parfait et un futur composés, comme dans les autres langues romanes. Carte des Balkans avec les régions habitées par les Roumains, les Istro-roumains, les Aroumains et les Mégléno-Roumains On pense que le roumain était unitaire jusqu'à la période située entre le et le , lorsque la zone fut influencée par l'Empire byzantin et le roumain subit l'influence des langages slaves. L'aroumain possède très peu de mots slaves. En outre, les variations dans le dialecte daco-roumain (parlé dans toute la Roumanie et en République de Moldavie) sont très faibles, ce qui est vraiment remarquable. L'usage de ce dialecte daco-roumain dépasse largement les frontières de l'État de Roumanie : un roumanophone de la République de Moldavie parle la même langue qu'un roumanophone du Banat serbe, ce qui indique une migration relativement récente vers les territoires du nord. Le roumain s'est développé isolé par rapport aux autres langues romanes. C'est la raison pour laquelle il a été influencé par les langues slaves (pour cause de migration/assimilation, et de relations féodales/religieuses), par le grec (Byzantin, et Phanariote), le turc, et le hongrois, alors que les autres langues romanes ont adopté des mots et des caractéristiques germaniques. C'est tardivement, à partir du , que les termes de "Roumain" et "langue roumaine" ont été adoptés internationalement. Avant la création de l'État Roumain moderne au milieu du les habitants romanophones des principautés historiques de Transylvanie, de Moldavie et de Valachie, ainsi que les ceux des régions voisines et des Balkans, étaient appelés "Valaques" (Walachen, Wallachians, Valacchi, Volokhs, Vlaques, Vlahi, Olahok...), jusqu'à ce qu'Émile Ollivier et Élisée Reclus imposent la dénomination de Roumains (Rumänen, Romanians, Rumeni, Rumynyi, Roumanoi, Romanok...) dans un contexte où la France soutenait la constitution d'un état-"tampon" et "tête-de-pont" francophile entre l'Autriche-Hongrie, la Russie et l'Empire ottoman. Cet ancien terme de Valaques constituait un exonyme souvent péjoratif. Appeler un peuple par le nom non-péjoratif qu'il se donne lui-même, est le principe de base de l'ethnonymie "politiquement correcte" (Rrôms plutôt que Tziganes ou Gitans, Inuits plutôt Esquimaux, Roumains ou roumanophones plutôt que Valaques, Moldaves ou Moldovalaques). Toutefois, encore aujourd'hui, des auteurs tels Jacques Bertin dans son "Atlas historique universel", s'obstinent à refuser d'employer le terme "roumain" avant 1878 et écrivent: Moldovalaques.

Contacts avec les autres langues

La langue dace

La langue dace était une langue indo-européenne parlée par les anciens Daces. Elle pourrait être la première langue à avoir influencé le latin parlé en Dacie, mais il y a peu de certitude. Il n'y a qu'à peu près 300 mots daces en roumain (dans tous les dialectes), qui se retrouvent aussi en albanais, beaucoup liés à l'activité pastorale (par exemple brânză = fromage), puis balaur = dragon, ou mal = rive; voir : substrat roman de l'est). Quelques linguistes ont supposé que les Albanais étaient des Daces non romanisés, et qu'ils avaient migré au sud. Une autre façon de voir est que ces mots non latins ne sont pas forcément daces, mais qu'ils ont été plutôt apportés sur le territoire de la Roumanie moderne par des bergers parlant une langue romane, les Thraco-Romains, migrant depuis l'Albanie, la Serbie et le nord de la Grèce et qui sont devenus le peuple roumain. De toutes façons, le substrat roman de l'est apparaît comme avoir été une langue satem, alors que les langues paléobalkaniques parlées dans le nord de la Grèce (ancien macédonien) et en Albanie (illyrien) étaient plutôt des langues centum. Un possible rapprochement du dace avec la langue latine n'a pas pu être confirmé non plus, car le latin est une langue centum. La vue communément admise est que le dace était une langue satem, comme l'était le thrace. Le dace était soit proche de l'albanais (qui est satem) voisin, ou des branches indo-européennes balto-slaves, soit un membre d'une branche distincte.

Union linguistique balkanique

Alors qu'une grande partie de la grammaire et de la morphologie du roumain est basée sur le bas latin, certaines caractéristiques ne sont partagées qu'avec d'autres langues des Balkans, et ne se retrouvent pas dans les autres langues romanes. Les langues de ce groupe linguistique appartiennent à des branches de différentes langues indo-européennes : le bulgare et l'albanais, et dans certains cas le grec et le serbe. Parmi ces similarités, il y a la postposition de l'article défini, la confusion entre cas génitif et datif, la formation du futur et du passé, et l'évitement de l'infinitif.

langues slaves

L'influence slave fut d'abord due à la migration des tribus slaves, qui traversèrent le territoire de la Roumanie d'aujourd'hui pendant la formation de la langue roumaine. Il est intéressant de noter que les Slaves furent assimilés au nord du Danube, alors qu'ils assimilèrent complètement les populations roumaines (valaques) qui vivaient au sud du Danube. Une partie importante de cette population était encore valaque au , pour disparaître ensuite en même temps que la puissance politique valaque. Voir aroumain et mégléno-roumain pour plus de détails. L'influence slave continua pendant le Moyen Âge, particulièrement parce que le slavon était la langue liturgique jusqu'au . Les autres langues environnantes (toutes slaves, sauf le hongrois) ont aussi influencé le roumain. Jusqu'à 20% du vocabulaire a une origine slave, y compris des mots comme : a iubi=aimer (on utilise aussi le nom "amor", emprunt relativement récent au latin ou à l'italien, et "a preţui"=apprécier, dérivé de "preţ"=prix, hérité du latin pretium, ou "a ţine la", hérité du latin tenem); glas=voix (on utilise "voce" d'habitude); nevoie=besoin (on utilise aussi "necesitate", emprunté au latin ou au français, et "cerinţă", dérivé du verbe "a cere", hérité du latin quaerere); prieten=ami (on utilise aussi "amic", emprunté au latin ou à l'italien); Malgré cela, de nombreux mots slaves sont devenus des archaïsmes et on estime à seulement 10% de mots slaves en roumain moderne . D'autres influences slaves se rencontrent sur le plan phonétique et sur le plan lexical, par exemple le roumain a pris le da slavon pour dire oui.

Autres influences

Bien avant le , le roumain vint en contact avec d'autres langues. Les plus notables sont :
- le grec (par exemple :drum < drommos = route; folos < ófelos = utilité; buzunar < buzunára = poche; proaspăt < prósfatos = frais)
- le hongrois (par exemple : oraş < város = ville; a cheltui < költeni = dépenser; a făgădui < fogadni = promettre)
- le turc (par exemple : cafea < kahve = café; cutie < kutu = boîte; papuc < papuç = pantoufle)
- l'allemand (par exemple : cartof < Kartoffel = pomme de terre; bere < Bier = bière; şurub < Schraube = vis) ;

Mots internationaux

Depuis le , de nombreux mots ont été empruntés aux autres langues romanes, particulièrement le français et l'italien (par exemple : birou < bureau ; pireu < purée ; avion ; exploata = exploiter, etc.) Il a été estimé que près de 38% des mots roumains sont d'origine française ou italienne. Avec les vocables hérités du latin et les mots empruntés à cette langue, on arrive à un total de 75 à 85% des mots roumains originaires directement ou indirectement du latin. Certains mots sont même passés deux fois du latin au roumain, une fois au début de la formation de la langue (souvent des substantifs), la deuxième fois en tant que mots savants (souvent des adjectifs qui tiennent la place de dérivés inexistants de ces substantifs). Ainsi a-t-on, d'une façon analogue aux français "frère / fraternel":
-frate = frère / fratern = fraternel
-apă = eau / acvatic = aquatique
-frig = froid / frigid = frigide
-ochi = œil / ocular = oculaire Plus récemment, un nombre important de mots anglo-saxons ont été empruntés (comme : gem < jam; interviu < interview; meci < match; manager < manager). Ces mots ont un genre assigné en roumain, et respectent les règles du roumain : "le directeur" se dit "managerul"

Distribution géographique

Le roumain dans le monde On parle roumain surtout en Roumanie, en République de Moldavie, en Ukraine, en Hongrie, en Serbie et Monténégro, en Bulgarie, mais il y a des locuteurs roumains dans des pays comme le Canada, les États-Unis, l'Allemagne, Israël, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, principalement à cause de l'immigration après la Seconde Guerre mondiale.

Statut officiel

Le roumain est la langue officielle de Roumanie. En Voïvodine les droits des langues officielles sont les mêmes, mais en fait le statut du roumain est inférieur à celui du serbe. La langue officielle de la République de Moldavie est appelée moldave, mais la forme officielle de cette langue est identique au roumain, avec quelques différences de prononciation. Dans d'autres parties de la Serbie et en Ukraine, les communautés roumaines ont très peu de droits quant à l'usage et à la conservation de leur langue dans les écoles, la presse, l'administration et les institutions. Le roumain est l'une des cinq langues dans lesquelles se déroulent les services religieux au Mont Athos, parlé dans le sketae de Prodromos et Lacu (un sketa est une communauté de moines; sketae est le pluriel).

Dialectes et variétés régionales

On pense généralement que le roumain est apparu sur les rives nord et sud du Danube et qu'il comporte quatre dialectes, résurgences de la langue romane parlée au nord et au sud du Danube, avant l'installation des Slaves : le daco-roumain au nord, l'aroumain (ou macédo-roumain), le mégléno-roumain et l'istro-roumain, au sud. Certains linguistent considèrent ceux-ci comme trois autres langues romanes orientales proches du daco-roumain. Dans la vision de la plupart des linguistes, les variétés du "roumain de Roumanie" (appelé aussi daco-roumain) ne sont donc pas des dialectes, mais des parlers. Les différences entre ces variétés sont très minces, consistant en quelques douzaines de mots régionaux et quelques différences phonétiques. Deux locuteurs de parlers différents se comprennent très facilement entre eux. Parlers de la langue roumaine (graiuri)en bleu : parlers du suden rouge : parlers du nord Ce sont :
- le parler valaque (graiul muntenesc), surtout en Valachie et dans le sud de la Dobroudja;
- le parler moldave (graiul moldovenesc), surtout en Moldavie, au nord de la Dobroudja et en République de Moldavie ( écrit se prononce comme /k/; écrit se prononce comme /ʃ/ devant une voyelle frontale, écrit en position finale est palatisé);
- le parler du Maramureş (graiul maramureşean), surtout dans cette région;
- le parler transylvain (graiul ardelean), surtout en Transylvanie;
- le parler du Banat (graiul bănăţean), parlé surtout dans cette région ( écrit se prononce comme /ʧ/ devant une voyelle frontale);
- le parler d'Olténie (graiul oltenesc), parlé surtout dans cette région et par la minorité roumaine de la région de Timok, en Serbie. La caractéristique notable de ce parler est l'usage du passé simple plutôt que celui du passé composé dans les autres parlers. Les parlers régionaux ont bien sûr tendance à s'amenuiser du fait des communications de masse et de la mobilité croissante de la population.

La langue moldave

Le moldave est la langue officielle de la République de Moldavie, comme défini dans sa constitution. De toutes façons, comme le constate Vasile Stati (linguiste et fervent défenseur de l'identité moldave), les formes littéraires du moldave et du roumain sont identiques. La graphie du moldave est identique à celle du roumain d'avant la réforme de 1993. La prononciation est celle du parler moldave de Roumanie. Il n'y a aucune division linguistique documentée sur le Prout qui divise les deux pays. Des différences plus notables se trouvent dans l'usage linguistique des zones russifiées de la République de Moldavie, comme Chişinău et la Transnistrie. Le parler de ces zones utilise des mots et des expressions empruntés au russe, que n'utilise pas un locuteur natif de Roumanie (qui a tendance, lui, à utiliser des mots empruntés à l'anglais ou au français). Les locuteurs qui utilisent ces mots le font sciemment, et pourraient s'exprimer aisément sans les utiliser. De tous les Moldaves qui déclarent le "roumain" ou le "moldave" comme étant leur langue maternelle, 45, 2% déclarent leur langue naturelle être le "moldave", et 54, 8% la déclarent le "roumain".

Grammaire

Les substantifs roumains sont variables en genre (féminin, masculin et neutre), en nombre (singulier et pluriel) et en cas (nominatif/accusatif, datif/génitif et vocatif). Les articles, de même que les adjectifs et les pronoms, s'accordent en genre avec les substantifs auxquels ils font référence. Le roumain est la seule langue romane où les articles définis sont enclitiques, c'est-à-dire attachés à la fin du mot qu'ils déterminent (substantif ou adjectif), comme dans d'autres langues balkaniques (bulgare, macédonien, albanais), ou dans les langues germaniques du nord (uniquement sur les substantifs), au lieu de les placer devant (proclitique). Ils se sont formés, comme dans d'autres langues romanes, à partir des pronoms démonstratifs latins. Le roumain a quatre conjugaisons du verbe, qui se séparent en plusieurs formes de conjugaison. Les verbes peuvent être mis à cinq modes personnels (indicatif, conditionnel/optatif, impératif, subjonctif, présomptif) et quatre modes impersonnels (infinitif, gérondif, supin et participe passé).

Phonétique

Le roumain a sept voyelles : //, //, //, //, //, //, et //. En plus, la voyelle // peut apparaître dans certains mots. En position finale après une consonne (rarement au milieu d'un mot) un court // non syllabique peut apparaître, marqué comme /ʲ/ et qui produit une palatalisation de la consonne précédente. Un son similaire, le u muet, existait en vieux roumain, mais a disparu dans le langage standard. Il y a aussi quatre semi-voyelles et vingt consonnes.

Diphtongues

Diphtongues descendantes : ai, au, ei, eu, ii, iu, oi, ou, ui, ăi, ău, îi, îu. Diphtongues ascendantes : ea, eo, ia, ie, io, iu, oa, ua, uă.

Triphtongues

Modèle S-V-S (voyelle principale entre deux semi-voyelles) : eai, eau, iai, iau, iei, ieu, ioi, iou, oai. Modèle S-S-V (deux semi-voyelles glissées avant la voyelle principale) : eoa, ioa.

Évolutions phonétiques

En raison de son isolement des autres langues romanes, l'évolution phonétique du roumain a été assez originale, mais il partage certains changements avec l'italien, comme > (Lat. clarus > Roum. chiar, Ital. chiaro) et quelques-uns avec le dalmate, comme > (Lat. cognatus > Roum. cumnat, Dalm. comnut). Parmi les évolutions notables, le roumain connaît :
- la confusion de i bref et de e long latins en e, comme dans la plupart des langues romanes
-: Lat. i'go > Roum. e'g (je lie)
-: Lat. e'ge(m) > Roum. e'ge (loi)
- la confusion de u long et bref latins en u et de o long et bref latins en o, comme en sarde et en lucanien
-: Lat. cruce(m) > Roum. cruce (croix)
-: Lat. mensura > Roum. măsură (mesure)
-: Lat. ovu(m) > Roum. ou (oeuf)
-: Lat. populus > Roum. plop (peuplier) à quelques rares exceptions près, restées sans explication : Lat. autumnus > Roum. toamnă (automne), Lat. cogito > Roum. cuget (je pense)
- la diphtongaison, spontanée, comme en castillan, de ae et de e bref latins : , bref → , en syllabe ouverte comme en syllabe fermée
-: Lat. haedus > Roum. ied
-: Lat. herbae > Roum. ierbii (de l'herbe)
-: Lat. e'pore(m) > Roum. iepure (lièvre), bloquée toutefois par l'entrave nasale, ainsi que, dans les mots proparoxytons, par la position nasale ; dans quelques autres cas d'exception on peut invoquer l'action dissimilatrice de iot ou l'analogie : Lat. dente(m) > Roum. dinte, Lat. teneru(m) > Roum. tânăr (jeune), Lat. vetulus > Roum. vechi (vieil) (si l'on avait eu diphtongaison, on aurait eu comme résultats
-zinte,
-tsiner,
-viechi)
- la diphtonguaison métaphonique des e, o accentués, suivis par a, e ou ă
-: Lat. cera > Roum. ceară (cire)
-: Lat. o'le > Roum. oa're (soleil)
- confusion, en syllabe atone, des timbres et en , ainsi que des timbres et en et passage de à ; le timbre se trouve parfois rétabli analogiquement en daco-roumain
- en initiale absolue et long se sont toutefois gardés, tandis que (et bref ?) passe à ; long garde également son timbre en finale absolue, pour sauvegarder la flexion
- les vélaires , (?), → labiales , (?), dans les groupes consonantiques latins , , , (?), ,
-: Lat. octo > Roum. opt (huit)
-: Lat. sancti > Roum. Sâm(p)ţi (Toussaint)
-: Lat. coxa > Roum. coapsă (serré)
-: Lat.
-rig(i)dare > ? Roum. răbda (tolérer, supporter, endurer)
-: Lat. signum > Roum. semn (signe)
- , + a → , , comme en sarde ; dans les autres environnements phonétiques et partagent le sort de et
-: Lat. lingua > Roum. limbă (langue)
-: Lat. aa > Roum. a'pă (eau)
-: Lat. ietus > Roum. (în)'cet (lentement, faiblement) Exception: les particules relatives : Lat. alis > Roum. 'care (quel)
- le rhotacisme : entre voyelles →
-: Lat. caelum > Roum. cer (ciel)
- les dentales et palatalisées en > et , devant bref ou long, ou bien devant iot en syllabe posttonique
-: Lat. deus > Roum. zeu (dieu)
-: Lat. terra > Roum. ţară (pays) Le roumain est la seule langue romane moderne répandue qui a gardé le phonème original . (Le normand aussi. Dans de nombreux dialectes espagnols, en particulier aux Amériques, est prononcé comme , mais ce n'est pas une "rétention" : le phonème castillan original est . Dans certains dialectes portugais, en fonction des phonèmes environnants, est prononcé comme , mais pareillement le phonème originel est . Dans ces dialectes, correspond à deux phonèmes, un pour , et un pour .)

Prononciation

La prononciation du roumain est assez simple, comme en français sauf :

Règle d'orthographe pour â et î

Les lettres â et î (accent circonflexe) notent le même phonème . Leur emploi est maintenant fixé :
- î se trouve en première lettre ou en dernière lettre d'un mot, comme dans începe (« commencer ») ou coborî (« descendre ») ;
- î est maintenu si on ajoute un préfixe : reîncepe (« recommencer ») ;
- â ne peut se trouver qu'au milieu des mots : vânt (« vent »), sârba (danse populaire roumaine). Les règles ont changé au cours du temps. Avant 1948, on écrit vânt, de 1948 à 1993, vînt, et depuis 1993 retour à l'ancienne orthographe vânt. Entre 1948 et 1993, selon les normes imposées par l'URSS, seul î était utilisé, excepté (depuis 1964) pour le mot român et les dérivés (românesc, România, româneşte, etc.), ainsi que pour les noms de personnes (Pârvu, Câmpeanu etc). Remarque : même à présent il reste encore un bon nombre d'habitants et plusieurs journaux roumains qui préfèrent continuer à respecter la règle d'avant 1993, non pour des raisons politiques, mais pour la simplicité de cette règle.

Système d'écriture

La lettre de Neacşu est le plus vieux document en valaque Un exemple de valaque écrit en cyrillique, encore en usage au La première trace écrite d'une langue romane parlée au Moyen Âge dans les Balkans est laissée par un chroniqueur byzantin, Théophane le Confesseur au , au sujet d'une expédition militaire contre les Avars en 587. Il y est noté qu'un soldat de l'armée byzantine remarque que le chargement de l'animal devant lui est en train de tomber, et crie à son compagnon "Torna, torna fratre" ("retourne-toi, retourne-toi frère!", interprété par d'autres comme "Alerte ! Alerte, compagnons !"), ce qui provoque la panique dans les rangs. Le texte valaque le plus ancien est une lettre de 1521, dans laquelle un certain Neacşu de Câmpulung prévient Johannes Benkner, maire de Braşov, que "les Turcs préparent une attaque surprise sur toute la Transylvanie et la Valachie" . Elle a été écrite en cyrillique, comme la plupart des écrits proto-roumains anciens. L'écrit le plus ancien en lettres latines est un texte de Transylvanie de la fin du , écrit avec les conventions d'écriture hongroises. Fin 1700, les lettrés roumains de Transylvanie prirent conscience de l'origine latine du roumain, et lui adaptèrent l'alphabet latin, en utilisant quelques règles de l'italien, qui est très proche du roumain. L'alphabet cyrillique resta en usage jusqu'en 1860, quand les règles d'écriture du roumain furent officiellement établies. En république socialiste soviétique de Moldavie, une version spéciale de l'alphabet cyrillique, dérivée de la version russe, a été utilisée jusqu'en 1989. L'alphabet latin fut ensuite en usage.

Alphabet roumain

L' alphabet roumain est le suivant : A, a (a); Ă, ă (ă); Â, â (â din a); B, b (be), C, c (ce); D, d (de), E, e (e); F, f (fe / ef); G, g (ghe / ge); H, h (ha / haş); I, i (i); Î, î (î din i); J, j (je), K, k (ka de la kilogram), L, l (le / el); M, m (me / em); N, n (ne / en); O, o (o); P, p (pe); R, r, (re / er); S, s (se / es); (e); T, t (te); (e); U, u (u); V, v (ve); X, x (ics); Z, z (ze / zet). L'alphabet roumain est basé sur l'alphabet latin, et possède cinq lettres additionnelles (celles-ci ne sont pas des signes diacritiques, mais des lettres au sens propre). Initialement, il y en avait 12 de plus, mais certaines disparurent suite aux différentes réformes. Un marqueur de voyelle courte était aussi utilisé jusqu'au début du . Aujourd'hui, l'alphabet roumain est largement phonétique. Par contre, le "â" (à l'intérieur des mots) et "î" (au début ou à la fin des mots) représentent la même voyelle voyelle non-arrondie centrale fermée , qui a une prononciation entre le "i" et le "ou" français. Jusqu'en , il y avait quatre lettres pour représenter ce son : â, ê, î et û. À l'époque communiste en Roumanie, (plus précisément entre 1953 et 1993) seule la lettre î était utilisée pour transcrire ce son (avec quelques exceptions). Selon l'usage courant accepté par l'Académie roumaine, est transcrit soit î en début ou en fin de mot, soit â au milieu. En pratique, les deux usages sont acceptables, et quelques publications gardent l'orthographe de l'ère communiste. Une autre exception du système complètement phonétique est le fait que les voyelles et leur semi-voyelle respective ne se distinguent pas à l'écrit. Dans les dictionnaires, la différence est notée en séparant le mot en syllabes pour les mots qui contiennent un hiatus qui pourrait être mal prononcé comme une diphtongue ou une triphtongue. Les voyelles accentuées ne sont pas non plus marquées à l'écrit, à part dans des cas très rares où un accent mal placé pourrait changer le sens du mot. Par exemple, "trei copíi" signifie trois enfants et "trei cópii" signifie trois copies. Q, W et Y ne font pas partie de l'alphabet roumain de base; ces lettres ne sont utilisées que pour écrire les mots importés, tels que quasar, watt, et yoga. L'écriture des lettres Ș et Ț avec une cédille à la place d'une virgule souscrite (c.à.d., Ş, Ţ) est incorrecte mais très répandu, surtout dans des environnements informatiques.

Règles de lecture

La lecture du roumain met en jeu certaines règles semblables à la lecture de l'italien
-Les lettres c et g représentent les fricatives et avant i et e, et et avant a, o, u, ă, et â/î. Les digraphies ch et gh avant voyelles représentent et palatisées légèrement.
-h représente
-j représente
-La lettre avec virgule souscrite, et représente et , bien que les allographies avec cédille, ş et ţ soient devenues répandues quand les jeux de caractères avant Unicode et l'Unicode initial ne comprenaient pas la forme standard.
-une finale orthographiée i après une consonne représente une palatisation de la consonne (c.à.d. lup "loup" et lupi "loups").
-ă représente le schwa, .

Groupes de lettres

Les lettres c et g ont des prononciations spéciales quand on les utilise dans des groupes de caractères, qui sont les mêmes qu'en italien

Ponctuation et majuscules

Les seules caractéristiques du roumain communes avec les autres langues qui utilisent l'alphabet latin sont :
- les guillemets utilisent le même format qu'en allemand;
- les dialogues utilisent les guillemets;
- il n'y a qu'un seul niveau de paragraphes entre guillemets;
- on ne met pas de virgule avant le "et" (exemple : "rouge, jaune et bleu");
- les signes de ponctuation qui suivent un texte entre parenthèses sont toujours écrits après la parenthèse fermante;
- dans les titres, seule la première lettre est en majuscules (les noms propres gardent leur majuscule initiale).

Exceptions et tendances

Les dialogues sont écrits entre guillemets, bien que le tiret ("-") les remplace dans une communication électronique informelle. L'usage des guillemets a considérablement décru en faveur du format anglo-saxon (avec le tiret), au moins dans les messages informels.

Note

(1) La constitution de la république de Moldavie fait référence à la langue du pays comme le moldave. Pour plus de détail, voir moldave.

Références

¹ Rosetti, Alexandru, Istoria limbii române, 2 vols., Bucharest, 1965-1969. ² Uwe, Hinrichs, Handbuch der Südosteuropa-Linguistik

Voir aussi

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