Soufisme

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Le soufisme (arabe : ) est un mouvement de spiritualité de l'islam, désigné par le mot tassawwuf, lequel est rendu par "soufisme" en français. Les soufis se regroupent en confréries. Le mot soufisme aurait été forgé à partir du mot el-soufiya qui désigne en arabe l'homme qui a réalisé pleinement sa spiritualité et qui est arrivé au terme de la Voie. Tous les gens qui suivent le chemin du "tassawwuf" ne sont pas des "soufis" mais des "aspirants" à la
Soufisme

Le soufisme (arabe : ) est un mouvement de spiritualité de l'islam, désigné par le mot tassawwuf, lequel est rendu par "soufisme" en français. Les soufis se regroupent en confréries. Le mot soufisme aurait été forgé à partir du mot el-soufiya qui désigne en arabe l'homme qui a réalisé pleinement sa spiritualité et qui est arrivé au terme de la Voie. Tous les gens qui suivent le chemin du "tassawwuf" ne sont pas des "soufis" mais des "aspirants" à la voie spirituelle, guidés par des "soufis", ou encore des maîtres spirituels. Les musulmans soufis privilégient l'intériorisation, l'amour de Dieu, la contemplation, la sagesse. Faisaient figure de notables, ils combattent au nom de l'islam le vice sous toutes ses formes : boissons alcoolisées - vin surtout -, haschisch, prostitution... Leurs luttes se sont souvent tournées contre ceux qui menacent de dévoyer la spiritualité des croyants, y compris des émirs licencieux. Dès le début de l'islam, Abû Dharr, par exemple, un compagnon de Muhammad, s'est distingué par sa condamnation des puissants, qui lui a valu l'emprisonnement. Vraisemblablement, le soufisme a partie liée avec l'ascétisme monastique chrétien, la religion zoroastrienne, voire bouddhiste ou hindou, et les idées platoniciennes. La présence invisible de Dieu dans le cœur du croyant, est poursuivie à travers l'expérience ascétique et l'union extatique (dans l'amour physique notamment) permettant d'atteindre à l'amour et à la Connaissance du Créateur suprême.

Brève approche

Le soufisme a pour objectif la proximité avec l'unité divine, le tawhîd, et il combine avec une double polarité : celle de la charia et celle de la al-haqîqa, la vérité. L'adhésion au Coran n'est qu'un préalable à la compréhension du monde. Les rites sont inutiles si on ignore le sens caché. Il cultive volontiers le mystère, un idéal d'austère pauvreté et de combat intérieur contre le vice, l'idée étant que Mahomet aurait reçu en même temps le Coran des révélations ésotériques qu'il n'aurait pas fait partager à tous ses compagnons. L'Être suprême est un Dieu d'amour auquel on accède par l'Amour. Le symbolisme de l'arbre de la connaissance représente les progrès de la méditation et de la sagesse ; et la barrière qui sépare l'homme de Dieu est symbolisée par la montagne cosmique (Qâf).

Les pratiques

d'après jamal.b : La pratique de l'islam est l'un des principaux pré-requis du tassawwuf ; mais si pour certains, le soufisme consiste à "en faire plus" que les autres musulmans, en matière de prières et de jeûne, pour d'autres "il se situe uniquement au niveau de l'orientation intérieure et ne vise ni à rajouter des rites ni à en retrancher" (Ahmad Al Alawi). Il se caractérise parfois par des pratiques ascétiques visant à purifier l'ego, mais l'élément commun à tous les soufis sans exception c'est le dhikr, qu'on pourrait traduire par « rappel » ou "invocation", qui consiste à se remémorer Dieu notamment en répétant des noms divins ou des formules traditionnelles tirées du Coran, telles que la shahâda, le témoignage de foi. Il est à noter qu'il existe plusieurs modalités de "dhikr". Une autre pratique régulière que l'on retrouve dans le tassawwuf, c'est la récitation, souvent chantée, de poèmes à caractère spirituel, notamment à la louange du Prophète Muhammad. Le tassawwuf a pour but de conduire au degré de l'excellence de la foi et du comportement (al-ihsân) qui, par la purification du cœur, conduit à la sincérité spirituelle (ikhlâs) permettant d'accueillir la Lumière divine, par laquelle on connaît, par laquelle on voit ; mais peu arrivent à ce but. Celui qui arrive au but - le soufi -, après avoir mené le grand combat, dépouillé de son individualité (ego) - ou plutôt l'ayant domestiqué - et délivré de toutes les visions partielles et illusoires qui y sont attachées, prend vie en Dieu, et n'agit que par Lui ainsi qu'Il l'a dit : « Mon Serviteur ne s'approche de Moi par rien que J'aime plus que les actes que Je lui ai prescrits ; puis Il ne cesse de s'approcher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime. Et lorsque Je l'aime, Je suis l'ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main par laquelle il saisit… » (Hadith qudsî rapporté par Al-Boukharî). Pour les soufis eux-mêmes, leur voie est reconnue par les quatre écoles juridiques (madhhab) sunnites, et les quatre fondateurs sont reconnus pour être eux-mêmes des soufis, au sens véritable du mot, c'est-à-dire des saints et par les chiites comme une expression de la foi islamique. Ibn Khaldûn et Ghazâlî (Ihya', I, Livre 1, bâb 2, bayân 2) rappellent par exemple que « Shâfi‘î s'asseyait devant Shaybân al-Râ‘î, comme un enfant s'accroupit à l'école coranique, et lui demandait comment il devait faire en telle et telle affaire. » Les gens du tassawwuf, souvent critiqués par ignorance ou par envie, ont écrit tout au long de l'histoire des ouvrages destinés à démontrer l'orthodoxie de leurs pratiques, citant en exemple les générations passées, parmi lesquelles un même personnage était à la fois un savant reconnu et un adepte du soufisme, et mettant en évidence les sources traditionnelles (versets ou hadiths) justifiant leurs pratiques, comme ce verset coranique, un parmi tant d'autres : Reste en compagnie de ceux qui, matin et soir, invoquent leur Seigneur ne désirant que sa Face. Voici le propos d'un maître spirituel actuel :L'islam est la religion de l'unicité de Dieu, de l'amour et de la paix. Il symbolise l'effort permanent, le combat incessant pour l'excellence du comportement, et la sincérité du culte ; le soufisme en est le cœur. C'est la voie de la connaissance de Dieu, et de la sérénité de l'âme. Les orientalistes de la fin du et du début du ont souvent voulu voir dans le soufisme un courant attestant d'une influence extérieure à l'islam, notamment du christianisme, et à l'intérieur de celui-ci, du courant monastique chrétien, donnant bien involontairement aux courants hostiles au soufisme des arguments à charge. Les travaux de nombreux islamologues du ont dans l'ensemble plutôt contribué à réfuter cette thèse. Concernant la vie monastique, si le hadith, dont l'objet est dans ce cas l'instauration d'un modèle comportemental, est particulièrement normatif à cet égard ("pas de monachisme en islam"), le Coran, dans une formule dont certains commentateurs comme Ibn Arabi ont relevé la grande complexité, tout en l'écartant en tant que pratique, en souligne l'intention positive initiale :Nous lui avons donné (à Jésus) l'Evangile. Nous avons établi dans les cœurs de ceux qui l'ont suivi la mansuétude, la compassion et la vie monastique qu'ils ont instaurée - Nous ne leur avions pas prescrite - uniquement poussés par le désir de plaire à Dieu. Mais ils ne l'ont pas observée comme ils auraient dû le faire.

Étymologie

Ce que l'on nomme généralement « étymologies » concernant ce mot ne sont en fait que des similitudes phonétiques. La première similitude viendrait de l'arabe safa ou safw clair ; limpide) qui signifie pureté cristalline, une autre de Ahl al-Soufa, , les gens du banc), en référence à ceux qui vivaient dans la Mosquée du Prophète à Médine, et qui furent mentionnés dans le Coran comme « la compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa Face » et qu'on aurait désignés par le mot Suffiyya. Cette deuxième similitude est parfois comparée à ahl al-Saff, (les Gens du Rang), dans le sens de «premier rang » béni et élite de la communauté. La troisième de ces équivalences serait tirée de al-souf (la laine), du fait que les gens pieux de Koufa s'en revêtaient. Quant à la quatrième, elle dériverait de souffat al-kaffa ou éponge molle en référence au cœur du soufi pur et réceptif. L'hypothèse la plus courante est que le mot soufi et ses dérivés viennent de l'arabe souf signifiant laine (صوف , laine). C'est celle que retient Ibn Khaldoun. Le soufi porte en général un vêtement de laine en signe de modestie comme le prophète et les pauvres. La modestie et la pauvreté sont évoquées dans d'autres noms donnés à certains d'entre eux : derviche (farsi : , mendiant) ou fakir (arabe : , pauvre). Certains ont fait remarquer qu'à part la première dérivation, toutes les autres sont incorrectes du point de vue de la grammaire arabe (par exemple, l'attribution à safâ se dit safawiy et non soufi). Conformément à la langue arabe dont les lettres correspondent à des nombres, le sens véritable du mot ne peut être donné que par « l'addition des valeurs numériques des lettres dont il est formé ». Le sheikh René Guénon (Abdel Wahid Yahya) nous livre le résultat : « le mot soufi a le même nombre que El-Hekmah el-ilahiyah, c'est-à-dire la « Sagesse divine » ; le soufi véritable est donc celui qui possède cette sagesse, ou, en d'autres termes, il est el-ârif bi'llah, c'est-à-dire « celui qui connaît par Dieu » (Esotérime islamique et Taoïsme, René Guenon, p. 21.) En toute rigueur, le terme soufi désigne un individu parvenu à la réalisation spirituelle totale, et non un aspirant à une telle réalisation intérieure, qui devrait être appelé moutaçawwif (مُتَصَوِّف ). Mais en pratique, les maîtres eux-mêmes emploient le terme "soufis" d'une façon beaucoup plus globale et indistincte, conformément à un principe général qu'exprime bien le hadith suivant: "Celui qui ressemble à des gens est des leurs."

L'histoire

Les soufis se sont organisés en confréries (turuq, pluriel de tarîqa; chemin, voie) fondées par des maîtres spirituels (chaykh) qui furent souvent mais pas toujours des descendants du prophète Muhammad par son cousin Ali et sa fille Fâtima. Chaque soufi se rattache à une « chaîne » (silsilah) qui représente sa généalogie spirituelle, grâce à laquelle il est relié par différents intermédiaires au Prophète. A quelques exceptions près (comme certaines voies naqshbandies), toutes les voies spirituelles remontent au Prophète par l'intermédiaire d'Ali ibn Abi Talib. L'exercice spirituel que les soufis privilégient est le dhikr (remémoration, souvenir); il s'agit d'une pratique consistant à évoquer Allah (Dieu) en répétant Son nom de manière rythmée et en restant centré sur Sa pensée. Le dikhr est considéré comme une pratique transformatrice de l'âme, car on juge que le nom d'Allah possède une sorte de valeur théurgique qui agit sur l'âme. Si pour les soufis, c'est le Prophète Muhammad qui est le premier d'entre eux, l'Histoire ne trouve trace des premiers groupes de soufis qu'à Koufa et Bassorah à partir du de l'ère chrétienne, puis à Bagdad au . Les et marquent pour le soufisme le passage à une structuration et une organisation beaucoup plus formelle : c'est ce qu'on appelle les confréries (turuq, pluriel de tarîqa). Cette organisation formelle et donc en quelque sorte sociale ne veut évidemment pas dire que la nature du soufisme, qui est une voie spirituelle (sens originel du mot tarîqa), soit fondamentalement transformée. Mais cette évolution se traduit par une visibilité plus grande et un impact historiquement mesurables du soufisme sur les sociétés musulmanes. Cet impact est particulièrement évident dans certains cas où le soufisme représente à lui seul l'expression de la religion musulmane : les exemples d'islamisation de l'Afrique de l'Ouest par la Tidjaniyya et la Qâdiriyya, ou de la résistance menée contre les Russes aux et par une population musulmane majoritairement rattachée à la Naqshbandiyya le montrent abondamment. Cette influence socio-politique de certains secteurs du soufisme se voit surtout dans les régions tardivement converties à l'islam : en Asie centrale, en Inde, où il fut l'un des fers de lance de l'islamisation, et dans le monde turc. Il est donc évident que la notion de soufisme recouvre des réalités très variables : certaines sont purement spirituelles et métaphysiques tandis que d'autres représentent les conséquences de l'implication des maîtres soufis et de leurs disciples dans le domaine politico-social. Les confréries soufies furent persécutées par certaines autorités du sunnisme car jugées hétérodoxes par certains docteurs de la loi musulmane et car alliées au chiisme. Aujourd'hui encore, certains courants salafî ou wahhabî, qui prétendent représenter l'islam orthodoxe, cherchent à diminuer l'influence des confréries soufies dans le monde, le soufisme étant considéré comme un instrument pour sortir du cadre d'une forme d'orthodoxie stricte et littérale et, surtout, comme une dérive superstitieuse et, parfois, païenne. En Perse la dynastie des Séfévides était issue d'une dynastie soufie.

La doctrine

Du point de vue des idées, le soufisme est un courant ésotérique qui professe une doctrine affirmant que toute réalité comporte un aspect extérieur apparent (exotérique ou zahir) et un aspect intérieur caché (ésotérique ou batin). Il se caractérise par la recherche d'un état spirituel qui permet d'accéder à cette connaissance cachée. Cette importance accordée aux secrets a même mené jusqu'à l'invention des langues artificielles par les confréries, dont le plus important exemple est le Baleybelen. La première phase est donc celle du rejet de la conscience habituelle, celle des cinq sens, par la recherche d'un état d'"ivresse" spirituelle, parfois assimilé à tort à une sorte d'extase ; les soufis eux-mêmes parlent plutôt d'« extinction » (al-fana'), c'est-à-dire l'annihilation de l'ego pour parvenir à la conscience de la présence de l'action de Dieu en soi : Le moi individuel doit être sacrifié pour laisser place à l'Esprit, étincelle divine en l'homme : :Il l'a formé harmonieusement puis lui a insufflé de Son esprit. ::Le Coran (XXXII; 9) Cette première étape réalisée, le soufi doit revenir au monde extérieur qu'il avait dans un premier temps rejeté ; le lexique des soufis désigne cette phase par différents termes qui correspondent à autant d'aspects de ce second voyage : al-baqâ, la "subsistance ou la permanence", la lucidité (sahw), le retour (rujû') vers les créatures. Cette description sommaire a forcément un caractère très schématique : comme le montre la littérature soufie, ce processus est bien plus cyclique que linéaire, et l'interprétation des termes du lexique soufi est par nature ésotérique. Comme le dit le maître soufi algérien Ahmad Al Alawi : " Que de fois on a employé ces expressions, alors que les gens ignorent ce que le Peuple entend par là ! Les soufis parlent d'union et de distinction, sans que les autres ne sachent de quoi il retourne, ce que sont l'union et la réalisation (tahqîq), autrement que théoriquement et par foi. Tout ce qu'ils peuvent affirmer à ce sujet dépend de leur capacité à imaginer, par des constructions conceptuelles (wahm), ce à quoi se réfèrent ces expressions, puisqu'il est impossible de le savoir tant que l'on n'a pas rejoint Dieu." Par exemple, une autre façon de présenter le même processus, à partir de la terminologie coranique, consiste à décrire différents degrés de réalisation spirituelle. Les maîtres soufis distinguent trois phases dans l'élévation de l'âme vers la connaissance de Dieu : d'abord l'âme gouvernée par ses passions. Le postulant à l'initiation, qui est considéré comme étant à ce stade, est appelé mourîd (مُريد , novice; nouvel adepte; disciple). Vient ensuite le degré de l'âme qui se blâme elle-même, c'est-à-dire qui cherche à se corriger intérieurement, l'initié qui parvient à ce stade est appelé salîk (farsi : سالك , voyageur) itinérant, allusion au symbolique « voyage intérieur ». Puis le troisième et dernier niveau est celui de l'âme apaisée, réintégrée à l'Esprit.

Organisation des confréries

Chaque maître du soufisme (shaykh) s'entoure d'un groupe de disciples et anime une confrérie, fondée par un grand maître des siècles passés. Il possède une méthode pour l'accession à l'unité divine, et nul ne peut remettre en cause la validité de son enseignement du moment qu'il se réfère à l'islam. Les maîtres du soufisme ont donné l'exemple d'une vie religieuse qui n'a pas besoin de s'attacher aux formes officielles du culte, évitant ainsi l'éclatement de l'islam sunnite entre les diverses écoles juridiques. L'ascension vers Dieu passe par les exercices pratiqués dans les confréries : veilles (sahar), jeûnes (siyâm), danses (derviches, tourneurs), litanies (dhikr, littéralement, « rappel » du nom de Dieu), contrôle respiratoire ; mais ce mouvement individualiste fut condamné par cet islam traditionnel (wahhâbisme), entraînant la mise à mort de al-Hallâdj en 922.

Principales figures du soufisme

Parmi les grandes figures du soufisme, on peut citer, l'Irakien Muhasibi (781-837), l'égyptien Dhû al-Nûn, mort en 861, l'Iranien Abû Yazîd al-Bistâmî et enfin l'un des plus célèbres, Ibn al-'Arabî (1165 en Espagne-1240 à Damas), à côté duquel Abd el-Kader a voulu être enterré. Sa méthode « la science et la balance », permet de mesurer l'énergie spirituelle immanente d'un être. Historiquement, le soufisme a largement influencé des dissidences chiites, tels l'ismaïlisme ou les Druzes. On pense également qu'il a influencé Les Mille et Une Nuits et le poème d'amour de Laylâ Wa al-Majnûn, un équivalent de Roméo et Juliette. Voici une liste des principales figures du soufisme :
-Abi Mohammed Salih Soufi du début du dont l'action déborda les frontières du Maroc.
-Abdessalam Ibn Machich al-Alami (maître du fondateur de la tariqa Chadhiliyya).
-Abou Hassan al-Chadhili (fondateur de la tariqa Chadhiliyya).
-Abou Madyane
-Ahmad ibn Idris
-Richard Francis Burton
-Nazim Haqqani
-Hisham Kabbani
-Muhyi Ud Din Ibn Arabi
-L'émir Abd El-Kader
-Jalal Ud Din Rumi
-Rûzbehân
-Hafez
-Farid Al-Din Attar
-Muhyi-i Gülşeni
-Saadi
-Abu Hamid Al Ghazali
-A'd od-Din Mahmoud Chabestari
-Nûruddîn Abdurrahmân Isfarâyinî
-Abd al Qadir al-Jilani
-Ahmad Ibn 'Ata Allah
-Hamza al Qâdiri al Boutchichi
-Javad Nurbakhsh
-Abou al-Abbas Ahmed at-Tijani
-Ahmadou Bamba
-Muhammad Ben Aissa (fondateur de la tariqa Aissawa)
-Umar Al Futiyu Tall
-Al Hajj Malick Sy
-Ahamad Hamahoullah Shérif de Nioro (Mali)
-Muhammad Al Ghaly
-Abu Talib Al Makki
-Ahmad Al Alawi
-Ahmad Ar-Rifa^iyy
-Bayazid al-Bistami
-Bahloul ben Assem (ou Acem)
-Al-Jounayd Al-Baghadiyy
-Abul-Hassan al-Kharaqani
-Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan
-Sid Tahar el Tlemcen
-Mouhamad Lakhdar (élève de Sid Tahar)
-Ahmad ibn ‘Ajiba
-Mouhamédou ould Cheikhna

Martyrs

- Ibn Mansour al Halladj, soufi de Bagdad, fut crucifié en 922.
- A'd od-Din Mahmoud Chabestari, brûlé sur un bûcher
- Abdessalam Ibn Machich al-Alami, assassiné.Zakia Zouanat "Ibn Mashîsh maître d'al-Shâdhilî", Al-Najah al-Jadida, Casablanca, 1998
-Baba ould Cheikhna Ahamada Hamahoullah
-Cheikh Sid Mouhamed ould Cheikhna Si certains pensent que « pratiquement tous les martyrs soufis ont trouvé la mort aux mains d'autorités fanatiques religieuses ou légalistes littérales, toutes convaincues d'avoir raison et de représenter officiellement l'Islam » (Federico Gonzalezhttp://www.geocities.com/symbolos_fg/esxxi01.htm), d'autres font remarquer que, notamment dans le cas d'al-Hallâj, c'est le fait de divulguer les vérités ésotériques qui fut la cause de son exécution (cf. notamment le commentaire de la Râ'iyya de Shârishî, qui cite Ibn Khaldûn à ce sujet).

Critique du soufisme

- Ibn Al-Jawzî consacre certes une petite partie de son livre Talbîs Iblîs à la critique du soufisme de son temps, mais parmi bien d'autres cibles comme les philosophes, les théologiens du kalam, certains savants de hadiths, des juristes, des prêcheurs, des philologues, des poètes. Le Talbîs Iblîs, souvent cité comme l'archétype de la critique du soufisme n'est en réalité qu'une critique très générale de toutes les doctrines et pratiques qu'Ibn al-Jawzi considérait à tort ou à raison comme des innovations injustifiées. Il rapporte également les propos du hanbalite Ibn 'Aqîl qui était également très opposé au soufisme, notamment aux dérives hétérodoxes et aux exagérations.
- Ibn Taymiyyah et son élève Ibn Al-Qayyim ont dénoncé plusieurs dérives du soufisme, mais ils avaient non seulement de l'estime pour certains soufis qu'ils jugeaient conformes à l'orthodoxie, tels que Al-Junayd, mais plusieurs sources attestent qu'ils étaient eux-même rattachés au cheikh soufi 'Abd al-Qâdir al-Jîlânî (cf. notamment, du savant Yûsuf Ibn 'Abd al-Hâdî (m. 909H), l'ouvrage intitulé Bad' al-'ûla bî labs al-khirqa).
- L'école rationaliste et réformiste de l'égyptien Muhammad Abduh et de son élève syrien Mohammed Rachid Rida (fin du - début du ) s'opposait radicalement au soufisme, considéré comme une des principales raisons de la décadence des musulmans, par son supposé encouragement du fatalisme et de l'inertie, et par les superstitions et les mythes qu'il est censé avoir introduits. En revanche, il est bien connu que le fondateur du mouvement des "Frères Musulmans", Hassan al-Banâ était rattaché au soufisme.
- Les salafis contemporains rejettent le soufisme hétérodoxe le considérant comme une innovation dans la religion (bid'ah) et comme une superstition.
- L'accusation de panthéisme concernant la doctrine de la (wahdat ul-wujûd) ou de hulûl (incarnation du divin dans les créatures) à l'égard de certains soufis comme Al-Hallâj qui ont eu des paroles telles que : "Dans la djubbah , il n'y a que Dieu". Mais les écrits de certains maîtres soufis comme l'émir AbdelKader donnent une explication qui récuse cette accusation
- Un défaut de monothéisme à cause du culte des saints et de la croyance aux aqtâb qui sont censés avoir un rôle dans la gestion de l'univers.
- L'adoption d'actes d'adorations qui ne seraient pas attestés par des hadiths authentiques.
- Le chant et la danse comme pratique religieuse. Ibn Al-Qayyim dit, dans un poème, à cet égard : "Lorsque le Livre (Coran) leur était récité, ils baissèrent la tête, non par crainte , Mais c'est l'attitude du distrait négligent. Et quand vint le chant, ils se mirent à braire comme des ânes. Par Allah, ils ne dansèrent pas pour Lui. Une tambourine, une flûte et la mélodie d'un faon… As-tu jamais vu une adoration par du divertissement ?"
- L'exagération dans l'ascèse. Il est rapporté, par exemple, que certains soufis ne mangeaient qu'une datte tous les quarante jours. Cette critique s'appuie sur un hadith rapporté dans Sahîh Al-Bukhâriy et Sahîh Muslim, il est dit que trois hommes sont venus se renseigner sur la pratique religieuse du Prophète. L'un d'entre eux a dit : "Moi, je prie toute la nuit", le deuxième a dit : "Moi, je jeûne pendant toute ma vie" et le troisième a dit : "Moi, je ne m'approche pas des femmes, et je ne me marierai jamais". Le Prophète est venu les voir et leur a dit : "C'est vous qui disiez telle et telle chose ? Par Allah, je crains Allah et je le vénère plus que vous, mais je jeûne parfois et je mange d'autres fois, je prie et je dors, et je me marie avec des femmes. Et celui qui n'apprécie pas ma voie, ne peut se prévaloir de moi".
-Les pratiques exagérées de certaines sectes, comme se rouler sur des braises, avaler des serpents, se flageller jusqu'au sang, etc. Evidemment, pour les soufis-mêmes, il n'y a pas une seule des accusations portées à leur encontre qui soit sérieuse, concernant le soufisme authentique, même s'ils reconnaissent souvent qu'il y a des déviations effectivement condamnables. Tout au long de l'histoire, de nombreux savants se sont attachés à répondre à ces critiques (qui sont toujours les mêmes, chaque censeur plagiant ses prédécesseurs), comme par exemple le grand savant Suyûtî (notamment concernant l'utilisation du rosaire, que les opposants au soufisme dénoncent comme une innovation d'origine chrétienne). Parmi les ouvrages les plus récents qui présentent en détail à la fois les critiques et leur réfutation, on peut citer le Qawl al-ma'rûf de l'algérien Ahmad Al Alawi (m. 1934), traduit en français sous le titre "Lettre ouverte à celui qui critique le soufisme". Cet affrontement permanent entre soufis et anti-soufis continue de nos jours et même de manière accentuée, car il s'agit d'un conflit ancien et permanent à l'intérieur même des milieux religieux de l'islam, mais qui était dans le passé limité à un "conflit d'experts". Les moyens modernes de communication donnant évidemment la possibilité à tous de s'exprimer, et certaines notions du soufisme étant par nature inaccessibles à la "raison qui tranche", ne relevant que du domaine de "l'intuition spirituelle" (c'est la caractéristique même d'une doctrine "ésotérique"), la confusion, le conflit et les mêmes sempiternelles discussions ne peuvent aller qu'en augmentant.

Notes et références

Voir aussi

Liens connexes

-Derviche
-Confréries soufies
-Aissawa
-Naqchabandiyya
-Confrérie des Mourides
-Qawwali
-histoire enseignement ===
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